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vendredi 22 novembre 2013

Une autre vision des bonnets rouges


Des révoltés bretons mettent les points sur les i face aux délires médiatico-partidaires parisianistes

Nous publions avec plaisir cette mise au point salutaire, signée  Des révoltés bretons, 17/11/2013


Le tea-party à la française, des identitaires, nazis, fascistes, des chiens du patronat, des esclaves qui défendent leurs maîtres, et ci et ça. Que de haine face au peuple qui était dans la rue samedi à Quimper, des personnalité-e-s politiques jusqu’aux citoyens de gauche, le risible n’a pas manqué de côtoyer le pitoyable.
Les médias aussi n’étaient pas en reste dans cette course à l’absurde, pendant et après la manifestation ils ne parlaient que des « casseurs ». Là-dessus il faut dire qu’on commence à avoir l’habitude, mais notons au passage que les « casseurs » n’ont rien cassé, pas de pillage, pas de mobilier urbain détruit si ce n’est quelques morceaux de trottoirs qui ont servi à faire des projectiles pour attaquer la préfecture. Par contre, le plus inquiétant est le traitement du mouvement des bonnets rouges avant la manifestation. Une sainte alliance s’est formée de Rue89 et l’Huma en passant par Le Monde jusqu’au Figaro, pour critiquer un mouvement qu’ils disent de droite et/ou d’extrême droite, à la solde du patronat, etc. Étrange comme alliance non ?
Sur la manifestation 
Rue89 a ainsi publié un article qui compare les bonnets rouges à la manif pour tous. Avec quelques camardes nous sommes allés à Quimper samedi et nous n’avons pas vraiment la même vision des choses, en même temps ce témoin se dit PS et nous anar. Mais au delà de ça, il raconte être arrivé sur le lieu de rassemblement en longeant des rangées de 4×4. Nous, nous sommes arrivés sur la place de la résistance avec un cortège de salarié de Lampaul qui se battent pour leurs emplois, sous des drapeaux Force Ouvrière et qui scandaient « Breton, français, un patron reste un patron ».
Ensuite une fois sur place nous avons noté quelques points de détails qui peuvent tout de même avoir leur importance. Comme d’habitude en manif, une sono envoyait de la musique avant les prises de paroles. Qu’est ce qu’on écoute donc dans les manifestations « du patronat et de l’extrême droite » ? Keny Arkana, Gilles Servat1, Manu Chao, les Ramoneurs de Menhirs qui reprennent la bellaciao avec le chant de l’Armée Révolutionnaire Bretonne. Très fasciste tout ça en effet… A noter aussi que pendant la manifestation on a entendu chanter bien fort « la jeunesse emmerde le front national ».
Autre détail, les couleurs affichées : en plus des nombreux drapeaux breton il y avait donc FO, Lutte Ouvrière, CGT, Front de Gauche, UDB, Breizhistance, SLB (trois organisations de la gauche bretonne), NPA, Les Alternatifs. Le plus à droite que nous avons vu était le Parti Breton. Pas de drapeaux français, sauf un qui a été déchiré devant la préfecture, pas de l’UMP, pas de FN. Pas de signe non plus des groupuscules fachos d’Adsav et Jeunes Bretagne, s’ils étaient là ils devaient être bien cachés. En même temps vu les antifascistes présents c’était peut être pas plus mal pour eux. La grande, et très ridicule, banderole « Hollande démission » était apparemment celle de fascistes, on le saura pour la prochaine fois. Des témoignages racontent aussi que les discours de gauche étaient hués pendant les prises de paroles. Aucune idée, nous pendant ce temps on essayait de forcer le passage vers la préfecture. D’ailleurs pour l’anecdote on a même vu un vieux au lance-pierre qui nous disait que ça lui rappelait Mai 68. Par contre quand le représentant du collectif pour l’emploi a fait un discours en fin de manifestation, pour réclamer plus de liberté d’entreprendre et pour cracher sur l’écologie et la décroissance, il se faisait huer aussi.

Sur le mouvement des bonnets rouges
Alors oui, c’est un mouvement complexe, mais non ce n’est pas qu’un mouvement de droite, tout comme il n’est pas malheureusement que de gauche. Le seul trait idéologique commun est sûrement l’hostilité face à l’Etat jacobin centralisateur et la demande d’un pouvoir plus local, donc plus proche du peuple. Vous semblez nombreux à craindre ou à croire que ce mouvement soit de droite, mais pourquoi donc n’avez vous pas espoir qu’il devienne de gauche ? Mes camarades et moi qui étions à Quimper sommes de ceux qui ont cet espoir. Cinq heures d’affrontements pour attaquer une préfecture, symbole du centralisme et de la répression d’État, c’est quand même pas tous les jours dans une manif. Sans compter que ce n’était pas « une dizaine de casseurs » mais des jeunes, des vieux, des ouvriers, des pêcheurs, des paysans, des étudiants, etc. Le risque si cet espoir se perd, et c’est déjà le cas avec la contre manifestation de Carhaix, est de voir une prophétie-autoréalisatrice qui en effet servira le patronat. C’est à dire que les forces de gauche en disant que ce mouvement est de droite déserte la mobilisation, laissant la place aux forces de droite pour qu’il devienne de droite.
Sur les raisons de notre engagement
A ceux qui disent que tous les bonnets rouges défendent l’agroalimentaire, le patronat et les paysans accrocs à la monoculture et gavés de subventions, NON. Avec mes camarades nous étions de ces manifestants hostiles à ces façons de produire, mais nous avons vu qu’il faut faire une différence entre le court et le long terme. Nous étions mobilisés samedi car il y a des milliers de travailleurs qui vont perdre leurs emplois en Bretagne, des familles entières qui vont plonger dans la misère. Il y a une véritable urgence sociale, l’écotaxe n’en est pas la responsable mais elle ne va faire qu’accentuer ce phénomène. A long terme nous sommes nombreux à réclamer une autonomie politique et économique locale pour tourner la page de ce système capitaliste destructeur en vie humaines et en richesses naturelles. C’est évidement à long terme pour cela que nous nous battons, hier à Quimper et demain de nouveaux aux côtés des zadistes de Notre Dame des Landes, comme de nombreux bretons de gauche. Mais à court terme nous refusons de voir des milliers de travailleurs, qui triment au quotidien, être condamnés à la misère, c’est avec ces gens là que nous sommes allés manifester samedi, pas aux cotés du patronat.
Sur notre colère
Nous nous demandons donc : depuis quand le peuple de gauche se drape-t-il dans une pureté idéologique -aussi exécrable que la pureté ethnique- qui l’empêche de se battre aux cotés des classes laborieuses sous prétexte qu’elles s’opposent à une mesure dite écologique ( ce qui n’est pas le cas). Nous, et je pense que nous pouvons parler au nom de tous ces bonnets rouges de gauche, nous en avons assez de ces réflexions de petits bourgeois qui pensent avoir les plus belles idées sur la meilleur des sociétés à mettre en place et qui ne voient pas la misère à leurs pieds. Descendez donc de vos tours d’ivoires et détruisez les à coup de masse ! Oui à l’idéalisme mais n’oubliez pas les réalités du peuple au nom duquel la gauche porte un idéal.
Cette révolte des bonnets rouges est peut être le moyen de créer un vaste mouvement contre les politiques d’austérités. Peut être même cela va-t-il aboutir, comme la révolte de 1675, sur la contestation des privilèges de la noblesse, non plus de sang mais économique. Nous l’avons dit ce mouvement est complexe, rien n’y est joué, tout y est donc possible. Peut être ne fait il que commencer, c’est alors à nous peuple de gauche de s’en saisir au lieu de le critiquer en relayant les idées nauséabondes des chiens de garde médiatiques. Si vous voulez vous abstenir d’y prendre part, abstenez-vous donc par la même de nous traiter de capitalistes et de fachos, car pour les bonnets rouges qui sont comme nous bien à gauche et antifascistes c’est difficile à entendre.
Nous savons bien que tous les bonnets rouges n’ont pas nos idées, ainsi en va de la diversité populaire, mais nos idées ont leur place dans ce mouvement. Le fait est tout de même que les bretons sont aujourd’hui en révolte et nous souhaitons ardemment que ce feu dans la lande ne devienne pas feu de paille, mais au contraire un vaste incendie qui brûlera le patronat et l’État centralisateur. Nous souhaitons continuer le combat et nous vous invitons à le rejoindre pour y faire grandir ses forces de gauche. Vive les bonnets qui sont profondément rouges et que vive l’insurrection !
 Des révoltés bretons
1) Avec le morceau très connu ici La blanche hermine, que des fafs ont essayé de récupérer dans le passé, d’où la réponse de l’auteur dans Touche pas à la blanche hermine, chant révolutionnaire et antifasciste.
Source: Actualutte, 4/11/2013

jeudi 7 novembre 2013

Mélenchon : "À Quimper, les esclaves manifestent pour les droits de leurs maîtres"




Par Le Point.fr, 

Le leader du Parti de gauche accuse le patronat et "les cléricaux des départements bretons" de manipuler les "nigauds". Florilège.

Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon
Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon © Sipa

Des laquais à la solde de leurs maîtres, c'est ainsi que Jean-Luc Mélenchon regarde les manifestants bretons. Le coprésident du Parti de gauche a appelé pour sa part les salariés à manifester à Carhaix avec leurs syndicats. Deux manifestations pour l'emploi sont en effet prévues ce samedi : une à Quimper à l'appel de plusieurs organisations professionnelles et patronales, de FO et du maire divers gauche de Carhaix, Christian Troadec, et une à Carhaix à l'appel de la CGT, Solidaires et FSU.

"Faire manifester les nigauds"

"Encouragé par la timidité et la pleutrerie du gouvernement qui leur cède tout, le patronat et les cléricaux des départements bretons vont faire manifester les nigauds pour défendre leur droit de transporter à bas coût des cochons d'un bout à l'autre de l'Europe dans des conditions honteuses", écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué.
"À Quimper manifestent ceux qui veulent que continue la souillure de notre belle Bretagne par les nitrates de l'agriculture productiviste. À Quimper manifestent ceux qui veulent les salaires de misère pour les agriculteurs et le règne de la grande distribution. À Quimper, les esclaves manifesteront pour les droits de leurs maîtres", juge le député européen.
"Les salariés des départements bretons ne doivent pas se tromper de colère ! Ils ne doivent pas aller baiser la main qui les frappe. Ils doivent manifester à Carhaix avec leurs syndicats de salariés et leur classe, leur camp, leur famille. S'ils aiment les symboles historiques, les Bretons qui réfléchissent préfèreront se souvenir de leurs ancêtres qui déclenchèrent la grande révolution de 1789 contre les privilèges des riches et créèrent le club des jacobins plutôt que de marcher derrière les seigneurs de leur époque !" conclut-il.
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L'Humanité,  le 2 /11/ 2013

Plus de 3 000 manifestants à Carhaix" pour l'emploi et contre la loi de l'argent"

À l'appel de la CGT, FSU et Solidaires et soutenue par le Front de gauche et les Verts, la manifestation pour l'emploi à Carhaix (Finistère) s'est déroulée dans le calme. À Quimper, des incidents ont eu lieu entre les "bonnets rouges" et les forces de l'ordre.
Alors que tous les yeux sont braqués sur la manifestation des "bonnets rouges", soutenue par la droite, l'extrême-droite et le Medef, une autre manifestation avait lieu dans le Finistère, à l'appel des syndicats CGT, FSU et solidaires et soutenue par le Front de gauche et les Verts. Plus de 3 000 personnes selon l'intersyndicale, ont défilés dans les rues de Carhaix dans le calme et la bonne humeur pour dénoncer la casse sociale organisée et le dumping social, particulièrement dans la filière agroalimentaire.

Des salariés de Gad, Marine Harvest ou encore de Tilly Sabco, ces derniers viennent d'apprendre qu'un millier d'emplois est en jeu après l'annonce de l'arrêt de la production de poulets vers l'export, se sont joints au cortège.


Du côte des soutiens politiques, on distinguait, notamment, Richard Ferrand, le député PS du Finistère, la représentante du Front de gauche, Raquel Garrido ou encore le secrétaire national d'EELV, Pascal Durand pour qui a déclaré que "la FNSEA et le Medef sont à l'origine de la crise bretonne. Ils instrumentalisent la taxe poids lourd et la détresse des salariés".

Violentes échauffourées à Quimper
De violentes échauffourées ont éclaté samedi lors de la manifestation contre l'écotaxe, soutenue par la droite, l'extrême droite et le patronat. Peu après15 heures à Quimper, un petit groupe de manifestants s'est opposé aux forces de l'ordre en leur jetant des projectiles, pierres, pavés, barres de fer, pots de chrysanthèmes et fusées de détresse. Les policiers ont répondu en faisant usage d'un canon à eau et de grenades lacrymogènes. Les "bonnets rouge" ont tenté d'escalader les grilles de la préfecture et ont mis le feu à des palettes. Depuis la tribune, les organisateurs, qui revendiquent 30 000 manifestants, ont lancé des appels au calme. La préfecture a estimé la manifestation à au moins 10 000 personnes.
Un peu plus tôt dans la journée, sur la RN24 ans le Morbihan, une route à quatre voies qui relie Lorient à Rennes, des bonnets rouges ont fait un feu de pneus au pied du portique de Saint-Allouestre, qui a cédé et s'est écroulé. Des manifestants avaient déjà détruit un portique le 2 août à Guiclan (Finistère). Jeudi, la préfecture du Finistère avait fait procéder au démontage du portique de Pont-de-Buis. Par ailleurs, des manifestants à bord de camions et de tracteurs, bravant l'interdiction des autorités, se sont approchés du centre ville mais ont été immobilisés par les forces de l'ordre.
Lire aussi :
www.humanite.fr

jeudi 30 mai 2013

Festival Debout tout le monde pour la justice, la paix et le désarmement nucléaire, qui aura lieu à Crozon le dimanche 9 juin 2013

Demande de soutien pour le festival Debout tout le monde pour la justice la paix et le désarmement nucléaire qui aura lieu à Crozon le dimanche 9 juin 2013
Nous, associations et organisations de Bretagne et de l'Ouest, membres du réseau ICAN France, avons décidé à l'issue du Forum pour la paix tenu à Brest en Septembre 2012 d'engager une grande opération de ré-information de l'opinion publique dans cette région qui accueille sur la base des sous-marins nucléaires de l'île longue de l'ordre de 90 % des armes nucléaires françaises.
Cette campagne va connaître une étape décisive le dimanche 9 juin 2013 à l'occasion du festival dénommé : « festival debout tout le monde, pour la justice, la paix et le désarmement nucléaire »
Ce festival se déroulera le dimanche 9 juin sur le petit port du Fret, face la base de sous-marins nucléaires de l'île longue où est mis en œuvre actuellement le programme de modernisation des armes nucléaires dénommé programme M 51, dont un spécimen d'un coût de 120 à 150 millions d'Euros a récemment explosé en plein vol au large de Penmarc'h.
Nous avons inscrit ce festival dans le cadre des campagnes du réseau ICAN (campagne internationale pour l'élimination des armes nucléaires).
Nous avons lancé une campagne massive d'information et d'éducation populaire sur tous les départements de l'Ouest.
Cette initiative répond à la volonté de créer un événement ou pour le moins, un acte politique fort pour lancer le débat sur ces questions quelques semaines après la publication du Livre blanc de la Défense et à quelques semaines du dépôt du projet de loi de programmation militaire.
A ce stade de leur mobilisation, dont vous pourrez prendre connaissance de l'ampleur par consultation du site Web que nous avons créé à cet effet, nous sollicitons le soutien de tous ceux qui partagent notre souhait que la France s'engage résolument, avec les autres puissances nucléaires, dans la mise en œuvre d'une convention internationale d'élimination des armes nucléaires.
Nous espérons que votre soutien puisse s'exprimer de 3 manières:
  • politique en demandant à chaque personne de partager l'information sur ce festival à travers ses réseaux sociaux et sites web etc, en participant à ce festival
  • en apportant un soutien financier à cette opération conduite entièrement par des bénévoles. Les versements peuvent se faire par chèque à adresser à "mouvement de la paix- festival" ; ou paiement par Paypal
    Vous recevrez pour chaque versement une attestation vous permettant de déduire 66% de la somme versée du montant des vos impôts.
En espérant votre soutien nous vous invitons à prendre connaissance de notre travail à travers la consultation, de notre site internet http://culturedelapaix.org/festivaljusticepaix/
Cordialement
Pour le collectif d'organisation
Roland NIVET - Mouvement de la paix
Hervé Cadiou (université européenne de la paix)