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jeudi 7 novembre 2013

ATTAC : Ce n'est pas l'écotaxe qu'il faut geler, c'est la TVA !



La mobilisation contre l'écotaxe en Bretagne manifeste sous une forme contestable et pour partie dévoyée la colère populaire qui monte contre une politique économique et écologique dramatiquement inadaptée aux enjeux actuels. S'il poursuit dans cette voie le gouvernement de François Hollande va dans le mur. Un premier signe de réorientation passerait par la suspension de la hausse prévue de la TVA au 1er janvier.

La révolte bretonne contre l'écotaxe est elle une manipulation patronale ou une juste lutte pour l'emploi ? Selon certains, le Medef et la FNSEA, principaux responsables de l'échec du « modèle breton » avec leurs choix productivistes et polluants, réussiraient ainsi à se dédouaner tout en torpillant toute fiscalité écologique. Pour d'autres, le mouvement veut légitimement défendre l'emploi et le pouvoir d'achat contre la politique économique et fiscale désastreuse du gouvernement.

Ces thèses apparemment contradictoires sont en réalité toutes deux exactes. Dans la récente manifestation de Quimper, où agriculteurs, patrons et ouvriers de l'agro-alimentaire défilaient ensemble contre l'écotaxe, c'est le recours aux symboles historiques et culturels (le bonnet rouge, le drapeau breton) qui a fait tenir ensemble, peut-être provisoirement, ces deux dynamiques.

Le grand responsable de cette confusion, c'est le gouvernement de François Hollande. Il fournit sur un plateau à la droite et aux oligarques de Bretagne (et d'ailleurs) foison d'arguments pour capitaliser sur la colère populaire. En cause : une politique fiscale aberrante et une politique de transition écologique inexistante.

François Hollande s'est rallié au credo du Medef sur la compétitivité : 20 milliards d'exonérations supplémentaires (le « crédit d'impôt compétitivité-emploi ») seront financés par la hausse de la TVA au 1er janvier prochain et par de nouvelles coupes dans les dépenses publiques. Pour réduire à marche forcée les déficits publics comme l'impose le Traité budgétaire européen accepté par la France, il a alourdi l'impôt sur le revenu (gel du barême, suppression d'avantages pour les familles) et va augmenter les cotisations sociales (réforme des retraites). Au moment où les salaires stagnent et où le chômage explose, les ménages aux revenus moyens ou faibles perçoivent toutes ces hausses comme une agression fiscale.

Dans ce contexte l'écotaxe est le bouc-émissaire idéal pour le patronat. Elle avait pourtant au départ d'excellentes justifications : accroître le coût du transport routier pourrait aider une démarche cohérente de relocalisation des productions et de transition écologique. Mais l'écotaxe issue du Grenelle de Sarkozy n'est qu'une caricature de taxe écologique.

D'abord parce qu'elle ne touche que les transports sur les routes et autoroutes gratuites, épargnant l'essentiel du trafic de longue distance qui passe par les autoroutes à péage – privatisés à bas prix par la droite en 2006. Ensuite parce que le partenariat public-privé confié dans des conditions douteuses à l'entreprise Ecomouv est une véritable spoliation, puisque 20% des recettes attendues iront au partenaire privé. Et ce, même si l'écotaxe n'entre pas en vigueur, du fait des pénalités prévues au contrat. Enfin parce que ces recettes n'iront pas au financement d'une politique de transition écologique dans le domaine des transports.

Car l'écotaxe illustre aussi la démission du gouvernement en matière de transition écologique. On prétend vouloir décourager le transport routier, mais où est le plan de développement massif du ferroutage et de transport ferroviaire de marchandises ? Dans les faits la SNCF poursuit son désengagement accéléré du fret ferroviaire via sa filiale Geodis. En Allemagne au contraire la Deutsche Bahn le développe massivement : les modes alternatifs au routier représentent 11% du trafic de marchandises en France contre 30% Allemagne.

Pour Attac la crise sociale et écologique impose une réorientation radicale :

  • une politique fiscale à la fois fortement redistributive (renforcer l'impôt progressif sur le revenu et les grandes fortunes, taxer la finance) et écologique (taxe sur les émissions de CO2 et les transports au long cours)
  • une politique de l'emploi axée sur la réduction du temps de travail et des investissements massifs dans la transition écologique : transport ferroviaire, énergies renouvelables, économies d'énergie...
  • un soutien à la relocalisation des productions

Dans l'immédiat ce n'est pas d'abord l'écotaxe qu'il faut suspendre mais la hausse de la TVA au 1er janvier 2014, qui va amputer le revenu des catégories populaires et aggraver la récession.


Attac France,
Paris, le 6 novembre 2013


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Mélenchon : "À Quimper, les esclaves manifestent pour les droits de leurs maîtres"




Par Le Point.fr, 

Le leader du Parti de gauche accuse le patronat et "les cléricaux des départements bretons" de manipuler les "nigauds". Florilège.

Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon
Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon © Sipa

Des laquais à la solde de leurs maîtres, c'est ainsi que Jean-Luc Mélenchon regarde les manifestants bretons. Le coprésident du Parti de gauche a appelé pour sa part les salariés à manifester à Carhaix avec leurs syndicats. Deux manifestations pour l'emploi sont en effet prévues ce samedi : une à Quimper à l'appel de plusieurs organisations professionnelles et patronales, de FO et du maire divers gauche de Carhaix, Christian Troadec, et une à Carhaix à l'appel de la CGT, Solidaires et FSU.

"Faire manifester les nigauds"

"Encouragé par la timidité et la pleutrerie du gouvernement qui leur cède tout, le patronat et les cléricaux des départements bretons vont faire manifester les nigauds pour défendre leur droit de transporter à bas coût des cochons d'un bout à l'autre de l'Europe dans des conditions honteuses", écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué.
"À Quimper manifestent ceux qui veulent que continue la souillure de notre belle Bretagne par les nitrates de l'agriculture productiviste. À Quimper manifestent ceux qui veulent les salaires de misère pour les agriculteurs et le règne de la grande distribution. À Quimper, les esclaves manifesteront pour les droits de leurs maîtres", juge le député européen.
"Les salariés des départements bretons ne doivent pas se tromper de colère ! Ils ne doivent pas aller baiser la main qui les frappe. Ils doivent manifester à Carhaix avec leurs syndicats de salariés et leur classe, leur camp, leur famille. S'ils aiment les symboles historiques, les Bretons qui réfléchissent préfèreront se souvenir de leurs ancêtres qui déclenchèrent la grande révolution de 1789 contre les privilèges des riches et créèrent le club des jacobins plutôt que de marcher derrière les seigneurs de leur époque !" conclut-il.
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L'Humanité,  le 2 /11/ 2013

Plus de 3 000 manifestants à Carhaix" pour l'emploi et contre la loi de l'argent"

À l'appel de la CGT, FSU et Solidaires et soutenue par le Front de gauche et les Verts, la manifestation pour l'emploi à Carhaix (Finistère) s'est déroulée dans le calme. À Quimper, des incidents ont eu lieu entre les "bonnets rouges" et les forces de l'ordre.
Alors que tous les yeux sont braqués sur la manifestation des "bonnets rouges", soutenue par la droite, l'extrême-droite et le Medef, une autre manifestation avait lieu dans le Finistère, à l'appel des syndicats CGT, FSU et solidaires et soutenue par le Front de gauche et les Verts. Plus de 3 000 personnes selon l'intersyndicale, ont défilés dans les rues de Carhaix dans le calme et la bonne humeur pour dénoncer la casse sociale organisée et le dumping social, particulièrement dans la filière agroalimentaire.

Des salariés de Gad, Marine Harvest ou encore de Tilly Sabco, ces derniers viennent d'apprendre qu'un millier d'emplois est en jeu après l'annonce de l'arrêt de la production de poulets vers l'export, se sont joints au cortège.


Du côte des soutiens politiques, on distinguait, notamment, Richard Ferrand, le député PS du Finistère, la représentante du Front de gauche, Raquel Garrido ou encore le secrétaire national d'EELV, Pascal Durand pour qui a déclaré que "la FNSEA et le Medef sont à l'origine de la crise bretonne. Ils instrumentalisent la taxe poids lourd et la détresse des salariés".

Violentes échauffourées à Quimper
De violentes échauffourées ont éclaté samedi lors de la manifestation contre l'écotaxe, soutenue par la droite, l'extrême droite et le patronat. Peu après15 heures à Quimper, un petit groupe de manifestants s'est opposé aux forces de l'ordre en leur jetant des projectiles, pierres, pavés, barres de fer, pots de chrysanthèmes et fusées de détresse. Les policiers ont répondu en faisant usage d'un canon à eau et de grenades lacrymogènes. Les "bonnets rouge" ont tenté d'escalader les grilles de la préfecture et ont mis le feu à des palettes. Depuis la tribune, les organisateurs, qui revendiquent 30 000 manifestants, ont lancé des appels au calme. La préfecture a estimé la manifestation à au moins 10 000 personnes.
Un peu plus tôt dans la journée, sur la RN24 ans le Morbihan, une route à quatre voies qui relie Lorient à Rennes, des bonnets rouges ont fait un feu de pneus au pied du portique de Saint-Allouestre, qui a cédé et s'est écroulé. Des manifestants avaient déjà détruit un portique le 2 août à Guiclan (Finistère). Jeudi, la préfecture du Finistère avait fait procéder au démontage du portique de Pont-de-Buis. Par ailleurs, des manifestants à bord de camions et de tracteurs, bravant l'interdiction des autorités, se sont approchés du centre ville mais ont été immobilisés par les forces de l'ordre.
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