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mardi 10 décembre 2013
Christiane Taubira sera notre invitée en direct sur Mediapart le mercredi 18 décembre
vendredi 22 novembre 2013
Une autre vision des bonnets rouges
Des révoltés bretons mettent les points sur les i face aux délires médiatico-partidaires parisianistes
Le
tea-party à la française, des identitaires, nazis, fascistes, des
chiens du patronat, des esclaves qui défendent leurs maîtres, et ci et
ça. Que de haine face au peuple qui était dans la rue samedi à Quimper,
des personnalité-e-s politiques jusqu’aux citoyens de gauche, le risible
n’a pas manqué de côtoyer le pitoyable.
Les médias aussi
n’étaient pas en reste dans cette course à l’absurde, pendant et après
la manifestation ils ne parlaient que des « casseurs ». Là-dessus il
faut dire qu’on commence à avoir l’habitude, mais notons au passage que
les « casseurs » n’ont rien cassé, pas de pillage, pas de mobilier
urbain détruit si ce n’est quelques morceaux de trottoirs qui ont servi à
faire des projectiles pour attaquer la préfecture. Par contre, le plus
inquiétant est le traitement du mouvement des bonnets rouges avant la
manifestation. Une sainte alliance s’est formée de Rue89 et l’Huma en
passant par Le Monde jusqu’au Figaro, pour critiquer un mouvement qu’ils
disent de droite et/ou d’extrême droite, à la solde du patronat, etc.
Étrange comme alliance non ?
Sur la manifestation
Rue89 a ainsi publié un
article qui compare les bonnets rouges à la manif pour tous. Avec
quelques camardes nous sommes allés à Quimper samedi et nous n’avons pas
vraiment la même vision des choses, en même temps ce témoin se dit PS
et nous anar. Mais au delà de ça, il raconte être arrivé sur le lieu de
rassemblement en longeant des rangées de 4×4. Nous, nous sommes arrivés
sur la place de la résistance avec un cortège de salarié de Lampaul qui
se battent pour leurs emplois, sous des drapeaux Force Ouvrière et qui
scandaient « Breton, français, un patron reste un patron ».
Ensuite une fois sur
place nous avons noté quelques points de détails qui peuvent tout de
même avoir leur importance. Comme d’habitude en manif, une sono envoyait
de la musique avant les prises de paroles. Qu’est ce qu’on écoute donc
dans les manifestations « du patronat et de l’extrême droite » ? Keny
Arkana, Gilles Servat1,
Manu Chao, les Ramoneurs de Menhirs qui reprennent la bellaciao avec le
chant de l’Armée Révolutionnaire Bretonne. Très fasciste tout ça en
effet… A noter aussi que pendant la manifestation on a entendu chanter
bien fort « la jeunesse emmerde le front national ».
Autre détail, les
couleurs affichées : en plus des nombreux drapeaux breton il y avait
donc FO, Lutte Ouvrière, CGT, Front de Gauche, UDB, Breizhistance, SLB
(trois organisations de la gauche bretonne), NPA, Les Alternatifs. Le
plus à droite que nous avons vu était le Parti Breton. Pas de drapeaux
français, sauf un qui a été déchiré devant la préfecture, pas de l’UMP,
pas de FN. Pas de signe non plus des groupuscules fachos d’Adsav et
Jeunes Bretagne, s’ils étaient là ils devaient être bien cachés. En même
temps vu les antifascistes présents c’était peut être pas plus mal pour
eux. La grande, et très ridicule, banderole « Hollande démission »
était apparemment celle de fascistes, on le saura pour la prochaine
fois. Des témoignages racontent aussi que les discours de gauche étaient
hués pendant les prises de paroles. Aucune idée, nous pendant ce temps
on essayait de forcer le passage vers la préfecture. D’ailleurs pour
l’anecdote on a même vu un vieux au lance-pierre qui nous disait que ça
lui rappelait Mai 68. Par contre quand le représentant du collectif pour
l’emploi a fait un discours en fin de manifestation, pour réclamer plus
de liberté d’entreprendre et pour cracher sur l’écologie et la
décroissance, il se faisait huer aussi.
Sur le mouvement des bonnets rouges
Alors oui, c’est un
mouvement complexe, mais non ce n’est pas qu’un mouvement de droite,
tout comme il n’est pas malheureusement que de gauche. Le seul trait
idéologique commun est sûrement l’hostilité face à l’Etat jacobin
centralisateur et la demande d’un pouvoir plus local, donc plus proche
du peuple. Vous semblez nombreux à craindre ou à croire que ce mouvement
soit de droite, mais pourquoi donc n’avez vous pas espoir qu’il
devienne de gauche ? Mes camarades et moi qui étions à Quimper sommes de
ceux qui ont cet espoir. Cinq heures d’affrontements pour attaquer une
préfecture, symbole du centralisme et de la répression d’État, c’est
quand même pas tous les jours dans une manif. Sans compter que ce
n’était pas « une dizaine de casseurs » mais des jeunes, des vieux, des
ouvriers, des pêcheurs, des paysans, des étudiants, etc. Le risque si
cet espoir se perd, et c’est déjà le cas avec la contre manifestation de
Carhaix, est de voir une prophétie-autoréalisatrice qui en effet
servira le patronat. C’est à dire que les forces de gauche en disant que
ce mouvement est de droite déserte la mobilisation, laissant la place
aux forces de droite pour qu’il devienne de droite.
Sur les raisons de notre engagement
A ceux qui disent que
tous les bonnets rouges défendent l’agroalimentaire, le patronat et les
paysans accrocs à la monoculture et gavés de subventions, NON. Avec mes
camarades nous étions de ces manifestants hostiles à ces façons de
produire, mais nous avons vu qu’il faut faire une différence entre le
court et le long terme. Nous étions mobilisés samedi car il y a des
milliers de travailleurs qui vont perdre leurs emplois en Bretagne, des
familles entières qui vont plonger dans la misère. Il y a une véritable
urgence sociale, l’écotaxe n’en est pas la responsable mais elle ne va
faire qu’accentuer ce phénomène. A long terme nous sommes nombreux à
réclamer une autonomie politique et économique locale pour tourner la
page de ce système capitaliste destructeur en vie humaines et en
richesses naturelles. C’est évidement à long terme pour cela que nous
nous battons, hier à Quimper et demain de nouveaux aux côtés des
zadistes de Notre Dame des Landes, comme de nombreux bretons de gauche.
Mais à court terme nous refusons de voir des milliers de travailleurs,
qui triment au quotidien, être condamnés à la misère, c’est avec ces
gens là que nous sommes allés manifester samedi, pas aux cotés du
patronat.
Sur notre colère
Nous nous demandons
donc : depuis quand le peuple de gauche se drape-t-il dans une pureté
idéologique -aussi exécrable que la pureté ethnique- qui l’empêche de se
battre aux cotés des classes laborieuses sous prétexte qu’elles
s’opposent à une mesure dite écologique ( ce qui n’est pas le cas).
Nous, et je pense que nous pouvons parler au nom de tous ces bonnets
rouges de gauche, nous en avons assez de ces réflexions de petits
bourgeois qui pensent avoir les plus belles idées sur la meilleur des
sociétés à mettre en place et qui ne voient pas la misère à leurs pieds.
Descendez donc de vos tours d’ivoires et détruisez les à coup de
masse ! Oui à l’idéalisme mais n’oubliez pas les réalités du peuple au
nom duquel la gauche porte un idéal.
Cette révolte des
bonnets rouges est peut être le moyen de créer un vaste mouvement contre
les politiques d’austérités. Peut être même cela va-t-il aboutir, comme
la révolte de 1675, sur la contestation des privilèges de la noblesse,
non plus de sang mais économique. Nous l’avons dit ce mouvement est
complexe, rien n’y est joué, tout y est donc possible. Peut être ne fait
il que commencer, c’est alors à nous peuple de gauche de s’en saisir au
lieu de le critiquer en relayant les idées nauséabondes des chiens de
garde médiatiques. Si vous voulez vous abstenir d’y prendre part,
abstenez-vous donc par la même de nous traiter de capitalistes et de
fachos, car pour les bonnets rouges qui sont comme nous bien à gauche et
antifascistes c’est difficile à entendre.
Nous savons bien que
tous les bonnets rouges n’ont pas nos idées, ainsi en va de la diversité
populaire, mais nos idées ont leur place dans ce mouvement. Le fait est
tout de même que les bretons sont aujourd’hui en révolte et nous
souhaitons ardemment que ce feu dans la lande ne devienne pas feu de
paille, mais au contraire un vaste incendie qui brûlera le patronat et
l’État centralisateur. Nous souhaitons continuer le combat et nous vous
invitons à le rejoindre pour y faire grandir ses forces de gauche. Vive
les bonnets qui sont profondément rouges et que vive l’insurrection !
Des révoltés bretons
1) Avec
le morceau très connu ici La blanche hermine, que des fafs ont essayé
de récupérer dans le passé, d’où la réponse de l’auteur dans Touche pas à
la blanche hermine, chant révolutionnaire et antifasciste.
Source: Actualutte, 4/11/2013
Source: Actualutte, 4/11/2013
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vendredi 15 novembre 2013
8 décembre "La Marche des Républicains" : je soutiens ce sursaut républicain contre les extrémismes
Par Giuseppe Di Bella, 11/11/2013
Historien, citoyen engagé
LE PLUS. Près de 100.000 invitations Facebook ont été envoyées pour participer à une "Marche Républicaine". Cette manifestation se tiendra le 8 décembre prochain place de la Bastille à Paris et a pour but de "raviver l'esprit républicain". Notre contributeur Giuseppe Di Bella y participera. Il nous donne ses raisons.Historien, citoyen engagé
| La Marche des Républicains organise une manifestation le 8 décembre prochain. (Capture Facebook) |
"Appel à une grande Marche des Républicains le dimanche 8 décembre.
Les manifestations d’intolérance se multiplient depuis plus d’un an. Le racisme ordinaire, l’homophobie, la haine à l’égard des institutions garantes de notre République, et la stigmatisation de certaines communautés, sont désormais trop flagrantes pour que le citoyen ne se sente pas agressé dans sa conscience républicaine.
L’initiative de la Marche des Républicains est née d’une exaspération croissante à l’égard de comportements choquants [...]. La perturbation de la commémoration nationale du 11 novembre a agi comme un électrochoc et nous a fait ressentir le besoin de nous engager plus avant et d’être à l’origine d’un mouvement d’ampleur destiné à réaffirmer le soutien populaire à la République.
Notre action, spontanée, est ouverte à tous ceux qui pensent que la République est menacée par la banalisation et la multiplication d’actes racistes qui nuisent à l’image et aux valeurs de tolérance que nous entendons promouvoir. [...] Notre démarche n’est pas affiliée à un parti politique."
Je marcherai le 8 décembre J’ai décidé d’apporter mon soutien à "La Marche des Républicains" qui pour défendre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les miennes et celles de nombreux Français. Je marcherai le 8 décembre à Paris pour dire que je refuse que notre République se fasse piétiner et humilier en permanence par les ennemis de la démocratie, ceux qui prétendent que nous sommes dans une "dictature socialiste" (sic), ceux qui comparent une ministre de la République à une "guenon", ceux qui manquent de respect aux morts qui sont tombés pour la France, ceux qui considèrent les homosexuels comme des citoyens de seconde zone qui ne doivent bénéficier d’aucun droit. Nous aurions tort de rester silencieux Depuis un an, je ne reconnais plus mon pays, celui où je suis né. La patrie des Lumières et des droits de l’homme dont nous devrions tous être fiers. Combien de temps encore allons-nous continuer à supporter de telles attaques et de telles provocations immondes, sans broncher ? Nous aurions tort de ne pas prendre les prendre au sérieux. Nous aurions tort de rester silencieux. Réveillons-nous ! Cessons de laisser la rue et la parole à ceux qui propagent la haine. Nous devons montrer que la République est plus forte que toute forme d’obscurantisme et d’exclusion. Oui, la France est une véritable démocratie, n'en déplaise à ceux qui en doutent encore et qui feraient bien d'aller faire un petit séjour en Corée du Nord pour s'en rendre compte. Elle doit le rester. Il faut que ce mouvement – porteur d'espérance – perdure et devienne une réponse efficace, bien au-delà des clivages politiques, à toutes les dérives dont nous avons été les témoins impuissants jusqu'à présent. Il est temps d'agir, tous unis derrière une même bannière : la République.
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