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vendredi 21 février 2014

Plaintes pour torture: le Maroc "avertit" la France

Par h24info.ma, 22/2/2014 


Le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, est accusé de "complicité de torture" par une ONG française.
Le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, est accusé de "complicité de torture" par une ONG française. ©DR


Un incident diplomatique entre le Maroc et la France a été provoqué par la plainte, cette semaine, d'une ONG française réclamant l'audition du patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, sur des accusations de "complicité de torture".
 L'ambassadeur de France au Maroc a été convoqué vendredi soir au ministère des Affaires étrangères à Rabat. Le Maroc "proteste vigoureusement" contre la plainte d'une ONG française concernant le patron de la DGST, Abdellatif Hammouchi, accusé de complicité de torture. 


Un communiqué des Affaires étrangères publié ce samedi matin indique que la ministre déléguée Mbarka Bouaida vendredi soir au siège du ministère, l'ambassadeur de France à Rabat, Charles Fries, "pour lui signifier la protestation vigoureuse du Royaume du Maroc, à la suite des informations faisant état d'une plainte contre le Directeur général de la surveillance du territoire (DGST) pour une prétendue complicité de torture au Maroc".


Un avertissement envoyé à la France

Après avoir rejetté "catégoriquement, aussi bien la procédure cavalière et contraire aux usages diplomatiques utilisée et davantage encore les cas judiciaires, sans fondements, évoqués", Mbarka Bouaida a même ajouté que "cet incident grave et inédit dans les relations entre les deux pays est de nature à porter atteinte au climat de confiance et de respect mutuel qui a, toujours, existé entre le Maroc et la France". Ce qui sonne indéniablement comme un avertissement.

L'association Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat) avait demandé jeudi aux autorités françaises de profiter de la présence en France du patron de la DGST, Abdellatif Hammouchi, pour l'auditionner dans le cadre de plaintes déposées à Paris concernant notamment des faits présumés de torture au sein du centre de détention marocain de Temara, qui dépendrait de la Direction générale marocaine de la surveillance du territoire (DGST).

M. Hammouchi accompagnait jeudi le ministre marocain de l'Intérieur Mohamed Hassad pour un G4 avec ses homologues français, espagnol et portugais.


Des policiers à la résidence de l'ambassadeur à Paris

L'ambassade du Maroc en France a rapporté dans un communiqué que sept policiers français s'étaient rendus jeudi à la résidence de l'ambassadeur à Paris"pour notifier une convocation émanant d'un juge d'instruction" au directeur général de la surveillance du territoire, en ignorant "le recours au canal diplomatique".
 
L'ambassade a exprimé  "son étonnement face à l'absurdité de cette affaire" et a dénoncé la démarche qui viole "les règles et usages diplomatiques universels" et  "les conventions entre les deux pays" et qui "suscite de nombreuses interrogations sur les motivations réelles de cette affaire et ses véritables commanditaires".
 
D'après l'ambassade, les cas évoqués par l'ONG et qui motivent sa demande d'audition "concernent des affaires dans lesquelles la DGST, conformément à ses attributions, n'a été nullement et de quelque manière que ce soit concernée".
 

Accusations de torture à Temara et Laayoune

L'une des plaintes, déposée avec constitution de partie civile par Adil Lamtalsi, un Franco-Marocain de 33 ans, avait donné lieu à l'ouverture fin 2013 d'une information judiciaire à Paris, selon une source proche du dossier. Adil Lamtalsi affirme avoir été arrêté en octobre 2008 près de Tanger (nord), puis torturé pendant trois jours à Temara, près de Rabat, avant qu'on ne l'oblige -selon lui- à signer des aveux.


Il a nié devant le tribunal marocain les faits qui lui étaient reprochés mais a été condamné en novembre 2008 à 10 ans de prison pour détention et trafic de cannabis. Il a par la suite été transféré en France pour y purger sa peine. M. Hammouchi est visé dans cette plainte pour complicité de torture.

La deuxième plainte est plus récente puisqu'elle a été déposée cette semaine (le 20 février) par l'avocat d'un militant indépendantiste sahraoui, Naâma Asfari. Un des condamnés du procès Gdim Izik (30 ans de prison), Naâma Asfari, a porté plainte en France et à l'ONU contre le Maroc: il aurait été frappé et affamé dans les prisons de Laâyoune.
A.C. avec agences
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Point de vue de la MAP : 

Charles Fries (Photo MAP)
Charles Fries (Photo MAP)

La ministre déléguée aux Affaires étrangères et à la Coopération (MAEC), Mbarka Bouaida, a convoqué hier soir l’ambassadeur de France à Rabat, Charles Fries, pour lui signifier la colère du régime pour les plaintes pour « complicité de torture au Maroc » déposées contre Abdellatif Hammouchi, le patron de la DST, la police politique marocaine. 

Selon une dépêche de la MAP, l’agence de presse officielle, Mme Bouaida a convoqué l’ambassadeur Fries « pour lui signifier la protestation vigoureuse du Royaume du Maroc, à la suite des informations faisant état d’une plainte contre le Directeur général de la surveillance du territoire (DGST) pour une prétendue complicité de torture au Maroc« .
Toujours selon la MAP, un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération indique que Mme Bouaida a, en outre, précisé que « le Maroc rejette, catégoriquement, aussi bien la procédure cavalière et contraire aux usages diplomatiques utilisée et davantage encore les cas judiciaires, sans fondements, évoqués ».
La ministre déléguée a affirmé que « cet incident grave et inédit dans les relations entre les deux pays est de nature à porter atteinte au climat de confiance et de respect mutuel qui a, toujours, existé entre le Maroc et la France ».
Le royaume du Maroc, ajoute le communiqué, « exige, avec insistance, que des explications urgentes et précises soient données à cette démarche inadmissible et que les responsabilités soient identifiées ».
Bien sûr ! Que la France arrête les victimes et qu’elle les renvoie au Maroc pour qu’elles soient soumises à la question. C’est-à-dire qu’elles passent à la gégène pour donner des « explications urgentes et précises soient données à cette démarche inadmissible et que les responsabilités soient identifiées ». 
Quelques heures après la convocation de l’ambassadeur français, l’ambassade du Maroc à Paris, dont le second est impliqué dans une affaire policière en France, commettait un communiqué dans lequel elle exprimait son étonnement face à « l’absurdité » de cette affaire.
Dans ce communiqué, qui avait tout l’air d’avoir été rédigé au ministère marocain de l’intérieur, l’ambassade s’en prend d’une manière extraordinairement véhémente aux victimes.

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