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lundi 21 septembre 2015

Affaire Hammouchi

Par FS, 20/9/2015 
Que dire quand tout semble avoir été dit ? – Que dire quand on n’appartient à aucun des deux protagonistes en présence ?... Qu’oser dire lorsqu’on est ni Français ni Marocain mais simplement un être humain soucieux de justice quelle que soit son appartenance…appartenance équivalant toujours à une aliénation.
Je me permets donc de dire qu’aujourd’hui même la France vient de commettre  une grave atteinte aux principes fondateurs de la démocratie à savoir la séparation des pouvoirs et, en l’occurrence, l’intrusion de l’exécutif, de son président, de son ministre des Affaires étrangères et de celui l’intérieur dans le domaine judiciaire français.
L’attribution programmée du titre d’Officier de la Légion d’honneur à un individu mis directement en cause pour faits de torture et crime de guerre avérés sur base de trois plaintes actées par le Tribunal de grande instance de Paris et soutenu par le témoignage du rapporteur général de l’O.N.U., éclabousse, dévalue et discrédite les instances républicaines.
Aujourd’hui même, en visite à Rabat, le Président de la République française s’est réjoui de l’heureuse résolution des incompréhensions réciproques entre la France et le Maroc, c'est-à-dire de la mise sous le boisseau de l’affaire Abdellatif Hammouchi.
Il y a lieu de se demander quels sont les éminents services rendus à la France par le récipiendaire Hammouchi qui lui confèrent le droit aux palmes de la Légion d’honneur alors que la charte fondamentale de l’Ordre stipule que tout candidat doit avoir un casier judiciaire vierge. Or il se fait que le sieur Hammouchi fait l’objet d’inculpation pour crime de guerre par le Tribunal de grande instance de Paris. Cette accusation étant étayée par le témoignage de Monsieur Juan Mendes, rapporteur général de l’O.N.U.-
Ce soir même, sur la 4e chaine de télévision française, monsieur Hollande se félicitait du rétablissement des relations diplomatiques et judiciaires entre les deux Etats parce qu’il assurera la réalisation de perspectives économiques.
Une fois encore les droits humains sont bafoués au nom d’intérêts financiers.
La République française ne sort pas grandie en rendant les honneurs à un tortionnaire.

                            

vendredi 18 septembre 2015

Au royaume des lignes rouges, la presse indépendante marocaine et sahraouie étouffe



18/9/2015


A l’occasion de la visite du président François Hollande au Maroc les 19 et 20 septembre, Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de la situation actuelle de la liberté d’information dans le pays, où la critique de sujets tabous tels que la monarchie ou l’intégrité territoriale peut amener à de lourdes condamnations.
mohamed-IV-0006Au Maroc, les journalistes sont toujours confrontés aux mêmes lignes rouges : l’islam, l’intégrité territoriale (Sahara occidental) et la monarchie, sujets hautement sensibles.
Depuis le début de l’année, RSF a recensé de nombreuses exactions envers les journalistes, objets de pressions diverses, souvent accusés de diffamation ou d’allégations mensongères dès lors qu’ils critiquent la politique du palais ou des affaires en lien avec des membres du gouvernement. Certains sont dans le collimateur des autorités depuis des années.

Visite de François Hollande au Maroc : la Légion d’honneur pour un responsable soupçonné de complicité de torture ?


Alors qu’un déplacement du président et du ministre des affaires étrangères français au Maroc est prévu les 19 et 20 septembre, l’ACAT, Euromed Droits – REMDH, la FEMED, la FIDH, la LDH et Survie sont vivement préoccupées par la possibilité qu’Abdellatif Hammouchi, le directeur de la DGST marocaine, soit élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur, conformément à une déclaration du ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve [1].
La Légion d’honneur distingue des personnalités ayant « rendu des services (culturels, économiques…) à la France ou encouragé des causes qu’elle défend (défense des droits de l’homme, liberté de la presse, causes humanitaires…) [2]».
Il est inacceptable qu’elle soit remise à une personnalité mise en cause pour complicité dans une affaire de torture. M. Hammouchi, qui dirige les services de sécurité marocains, dont le recours à la torture est notoire, documenté [3] et impuni, est mis en cause pour complicité de torture dans trois plaintes déposées en France.
Le 20 février 2014, un juge d’instruction français chargé d’enquêter sur l'une des plaintes déposées par l’ACAT [4] aux côtés de victimes alléguant avoir été torturées au Maroc avait requis l’audition de M. Hammouchi, mis en cause dans deux affaires et alors présent sur le territoire français.
Une troisième plainte pour faits de torture déposée au pôle crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre du Tribunal de grande instance de Paris a de surcroît donné lieu à la délivrance par le Parquet d’une dénonciation officielle aux autorités marocaines à l’encontre de M. Hammouchi.
A la suite de ces procédures, les autorités marocaines ont interrompu toute coopération judiciaire avec la France, adopté des mesures de rétorsion [5] contre les victimes ayant porté plainte en France, et entamé contre elles des poursuites judiciaires pour diffamation et dénonciation calomnieuse devant la justice marocaine.
Signe de la volonté du gouvernement français de protéger M. Hammouchi, la France et le Maroc ont toutefois rétabli leur coopération judiciaire le 31 janvier 2015 et adopté un amendement à la convention franco-marocaine d'entraide pénale qui prévoit désormais que toute plainte pénale visant un Marocain se trouvant en France soit aussitôt transférée au Maroc.
Bien que vivement dénoncé par les organisations de défense des droits humains [6], par les associations de magistrats et d’avocats ainsi que par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, cet accord est entré en vigueur en juillet 2015.
Pour nos organisations, la remise de la Légion d’honneur à M. Hammouchi serait un symbole désastreux et ne servirait qu'à blanchir les autorités marocaines et à encourager l'usage de la torture dans ce pays.
Ces dernières semaines, plusieurs militants des droits humains au Maroc ont été convoqués, interrogés ou interdits de territoire.
Nous appelons le président François Hollande à affirmer son engagement inconditionnel contre la torture et en faveur des droits humains dans l'ensemble des pays arabes sans distinction, condition sine qua non de la stabilité régionale et internationale.
Contacts :
· ACAT : Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94, pierre.motin@acatfrance.fr
· EuroMed Droits – REMDH : Hayet Zeghiche : +32 488 08 00 41, hze@euromedrights.net
· FEMED : Emmanouil Athanasiou, 01 42 05 06 22, eathanasiou@disparitions-euromed.org
· FIDH : presse@fidh.org
· LDH : Virginie Péron, 01 56 55 51 07, virginie.peron@ldh-france.org
· Survie : Julien Moisan, 01.80.89.58.23, julien.moisan@survie.org

Note aux rédactions :
· [1] Le 14 février 2015, Bernard Cazeneuve avait déclaré : « La France avait déjà eu l’occasion de distinguer M. Hammouchi en 2011 en lui attribuant le titre de chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur. Elle saura prochainement lui témoigner à nouveau son estime en lui remettant cette fois les insignes d’officier »
· [3] « La Justice marocaine en chantier », rapport de la FIDH, novembre 2014 https://www.fidh.org/IMG/pdf/maroc645f2014.pdf
· [4] Récapitulatif des plaintes déposées par l’ACAT : http://www.acatfrance.fr/…/plaintes-pour-torture-et-convoca…
· [5] Voir le communiqué : 10 ONG inquiètes des mesures d’intimidation exercées contre les victimes de torture et une ONG qui les représente : http://www.acatfrance.fr/…/9-ong-inquietes-des-mesures-dint…
· [6] Pour plus d’informations sur la convention d’entraide judiciaire : http://www.acatfrance.fr/…/non-a-l-accord-judiciaire-entre-…

dimanche 14 avril 2013

Maroc, l’envers du décor


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Par Said Rabian 13/4/2013
Rabat © Photo : AFP

Rabat 4 avril. La capitale du royaume chérifien recevait le président français, François Hollande. Dans son discours devant les deux chambres du Parlement réunies en séance commune, l’invité du roi Mohammed VI appuie les réformes politiques lancées par le palais royal. Il en vante la substance et salue «les avancées démocratiques» du Maroc.
 

Rabat et Casablanca (Maroc).
De notre envoyé spécial


Le président français décline la cartographie de la présence française dans ce pays du Maghreb occidental. Une centaine d’entreprises dans le secteur de l’aéronautique se trouvent à Casablanca, où Airbus fabrique certaines pièces pour ses appareils, une usine du constructeur automobile Renault à Tanger qui est déjà à sa première année de production, et des investissements dans l’agro-industrie, sans compter le traitement de l’eau et bien évidemment le tourisme qui capte des milliers de visiteurs européens et français. Le tout a été enrobé par François Hollande dans deux maîtres mots : la colocalisation et l’amitié. Son discours a mis le Maroc en émoi.
Le chef de l’Etat français a offert un cadeau à son hôte en soutenant le plan de large autonomie proposé en 2007 par le palais en guise de solution au problème du Sahara occidental, pourtant pris en charge par les instances de l’Organisation des Nations unies. Le lendemain, toute la classe politique en parlait ; la presse marocaine en première ligne. Hollande a été applaudi. Et tout le monde acquiesce ; la droite et la gauche, l’on se demande à présent comment rendre pratique l’appui de la France au plan de l’autonomie marocain et surtout comment faire pression sur l’Algérie ?

Le makhzen omniprésent

Il y a un tel endoctrinement que le Marocain lambda suit l’actualité et répercute le discours officiel. Dans les cafés de Casablanca, capitale industrielle du Maroc, dans les taxis, on ne manque pas de vous faire la remarque dès que l’on sait que vous venez d’Alger. «Pourquoi vous nous empoisonnez la vie avec le problème du Sahara occidental ?» «Si les Algériens nous laissaient tranquilles, on leur ouvrirait un couloir sur l’Océan», soutient un chauffeur de taxi au centre-ville de Casablanca. Et les Sahraouis ? Une simple question et notre transporteur change d’humeur et se tait pendant tout le reste du trajet. Dans ces contrées, la cause des Sahraouis, qui ne demandent rien de plus que de vivre dans leur pays colonisé par le Maroc après le départ des Espagnols, est un vain mot. Les plus progressistes des Marocains refusent la justesse même de la lutte des Sahraouis pour l’indépendance.
De l’Istiqlal aux islamistes du Parti pour la justice et le développement (PJD) au gouvernement depuis plus d’une année, on entend presque les mêmes propos. Ils attendent tous l’évolution et les conséquences du discours de François Hollande. Une certaine élite marocaine, la presse et tout ce que compte Mohammed VI comme cour font pression et demandent avec insistance aux Français d’aller plus loin que ce qui a été dit. Il y a une sorte d’acharnement contre l’Algérie qui, selon le discours ambiant, est à l’origine de tous les maux du royaume. Un jeune Casablancais, Jawad, pense qu’il y a deux problèmes majeurs entre les deux pays : la question du Sahara et la fermeture de la frontière. «Cela nous pénalise», dit-il. Mais allez lui expliquer que les Sahraouis veulent leur indépendance et que les frontières ce sont les Marocains eux-mêmes qui sont à l’origine du problème ! Il refuse même d’en discuter. Quid des questions des libertés publiques dans le royaume ?
Depuis que l’allié français distribue les bonnes notes à Mohammed VI, il y a de moins en moins de voix qui s’élèvent au Maroc pour dénoncer la répression qui frappe le monde de la presse, la société civile et les organisations des droits de l’homme.

Que reste-t-il du Mouvement du 20 février ?

Le makhzen a pu imposer une véritable omerta. Aucune voix ne discorde. Il a transformé, comme le soutient un militant des droits de l’homme, la devise «Dieu, le roi et la patrie» en «le roi est le dieu du Maroc». Cela semble marcher, puisque tout le monde se refuse de critiquer Mohammed VI, tant que le business marche bien. Un membre des jeunes du Mouvement du 20 février, mouvement né dans la foulée du Printemps arabe en 2011, est totalement «désespéré de voir un jour son pays progresser vers plus de liberté et de démocratie». «Notre organisation, qui a pu mobiliser les Marocains pour exiger une monarchie parlementaire et réduire les pouvoirs exorbitants du palais royal qui a procédé à des réformettes, s’est effilochée au fil du temps.» «La propagande officielle a réussi à démobiliser plus d’un», ajoute notre interlocuteur qui pense que le mouvement est en hibernation, il dort, soutient-il, avant d’être interrompu par son camarade. Catégorique, celui-ci tempête : «Il ne dort pas, notre mouvement est tout simplement mort.» La raison ?
Les Marocains ne suivent plus. Le makhzen a réussi à mettre «dans la poche» quelques-uns de ses membres en les convaincant par divers moyens, certains par le fric, d’autres par la trique. Selon des confrères marocains, d’autres raisons sont à l’origine du recul de la contestation.
Dès le début, elle a été infiltrée par des éléments d’El Aadl wal ihssan et des militants du PJD qui n’ont pas manqué au moment voulu de planter un coup de couteau dans le dos d’un mouvement spontané de jeunes déterminés à remettre en cause l’ordre monarchique. Plus que cela, le Mouvement du 20 février a été, selon des journalistes marocains rencontrés à Casablanca, constitué de figures emblématiques, de leaders qui auraient pu émerger de la contestation. Il faut le dire, le makhzen est omniprésent dans la société. Nous avons eu à le vérifier et voir comment la persécution peut inhiber l’action politique.
Au lendemain de notre arrivée à Casablanca via Rabat où nous avions passé trois jours, des policiers en civil se présentent sur le lieu de notre résidence. «Il est où l’Algérien qui a loué ici ?», avaient-ils demandé à la réception. Nous savions que les journalistes algériens qui se rendent au Maroc sont particulièrement surveillés, mais pas au point d’épier le moindre de leurs mouvements, comme par exemple aller prendre un café.
Nous nous présentons alors à la sûreté de wilaya de Casablanca pour demander pourquoi des policiers en civil cherchaient après nous ? Ils ne savaient en réalité rien de la «visite» et de l’identité des visiteurs. Nous avons pris alors la décision de nous présenter au consulat d’Algérie à Casablanca pour informer les responsables de la situation, qui ont montré toute leur disponibilité à nous rassurer et surtout à apporter de l’aide. L’«algérophobie» de la police parallèle marocaine faisant le pied de grue devant l’immeuble où nous avons loué peut produire des effets inattendus.

L’«ennemi algérien»

L’expérience nous donne une idée sur le niveau de souffrance des persécutés marocains et sahraouis. Et combien pèse le fait seulement d’être poursuivi par des inconnus dont la police marocaine elle-même ignore l’existence. Un citoyen de Casablanca trouve cela «normal». Selon lui, «c’est cela qui a rendu le Maroc plus sûr et a fait de lui une destination préférée des touristes étrangers». «Si ce n’était pas la sécurité qui règne partout dans le royaume, dit-il, Chirac, Hillary Clinton et toute la nomenclature européenne, notamment française, n’auraient pas eu des résidences de luxe à Marrakech.» C’est vrai que les investissements étrangers, surtout français ainsi que la coopération dans le domaine de la formation, l’ouverture sur le monde avec une diversité effective en matière de culture et de religion, sont une réalité, mais derrière ce décor, il y en a une autre plus poignante de répression, de régression des libertés, notamment d’une incommensurable misère sociale : chômage, et pauvreté.
Derrière les grands buildings de Casablanca et ses vastes avenues se cache une véritable détresse humaine. Des enfants de 15 ans, parfois moins, sillonnent les artères de la ville pour glaner quelques dirhams en proposant de cirer les chaussures des passants. Les mendiants quémandant le prix d’un repas aux «gawris» (Occidentaux). Le Maroc est en réalité en pleine crise.
Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Al Ancer, le reconnaît lui-même dans ses déclarations publiques : «La situation économique du Maroc est très difficile, et ce n’est certainement pas avec des paroles en l’air qu’on va régler les problèmes.» Le chef du parti Istiqlal, Hamid Chebat, n’en dira pas moins. Pour lui, «la situation est très dangereuses». Tous les indicateurs économiques sont au rouge. Le gouvernement de Abdelilah Benkirane, du parti islamiste PJD, vient d’ailleurs de décider l’arrêt de l’exécution de 15 milliards de dirhams des dépenses de l’investissement au titre de l’exercice de 2013, alors que l’économie marocaine a besoin de 25 milliards de dirhams pour rester à flot.
La coalition au gouvernement ne cesse de subir les contrecoups de cette situation. L’équilibre est tellement fragile que l’édifice chérifien peut tomber en ruine à n’importe quel moment. Mais le roi compte sur le soutien de l’«ami», qui pense que le palais est sur la bonne voie et tente même de lui ouvrir des perspectives en soutenant son plan de large autonomie comme solution au conflit du Sahara occidental. L’acharnement du palais royal sur l’Algérie à travers sa cour et sa presse participe de cette vieille recette de vouloir désamorcer la bombe interne en faisant endosser tous les problèmes de la monarchie au prétendu «ennemi algérien».
 http://www.elwatan.com//international/maroc-l-envers-du-decor-13-04-2013-210129_112.php
 

samedi 13 avril 2013

"Monarchie: Semaine horribilis"




Ces derniers jours, la monarchie de Mohammed VI nous a gâtés. Au moins à trois occasions, elle a montré tour à tour son coté moyenâgeux, sa propension démesurée à la prédation économique et son mépris royal du citoyen marocain.

Acte Un :
La visite au Maroc de François Hollande, président de la république française, a constitué une belle occasion pour que le protocole royal confirme ses capacités légendaires à faire ridiculiser le pays entier. Entre baisemain obséquieux au roi et son fils le prince héritier et l'orgie de tapis déroulés un jour de pluie devant des chaussures et des pneus, le spectacle est parfait. Les médias de l'hexagone n'ont pas raté l'occasion pour montrer à leurs téléspectateurs à quel point le pouvoir marocain s'entête à perpétuer des pratiques d'arrogance et de faste dignes des milles et une nuit alors que nous sommes en 2013 et que le monde vit au rythme du déclin des régimes despotiques et que les monarchies en Europe, pourtant non impliquées dans l'exercice du pouvoir car ce dernier revient à des élus des peuples, se font de plus en plus humbles et respectueuses de la dignité et de la liberté des citoyens. L'émission « Le petit journal » de la chaine Canal Plus, diffusée le soir du jeudi 4 avril à une heure de grande écoute, à mis en relief ces aspects en parlant de « majesté majestueuse » et aussi de « sainteté majestueuse ». En moins de cinq minutes de la bande vidéo que l'on peut voir sur dailymotion, l'animateur Yann Barthes a prononcé dix fois le mot baisemain et douze fois le mot tapis. Ce matin du 12 avril, soit une semaine après les faits, la vidéo enregistre déjà plus de 171.000 vues.
Quel gâchis pour l'image d'un pays entier, gâchis entretenu par un pouvoir qui ne veut pas comprendre que le culte de la personnalité n'est que le triste reflet de son indigence intellectuelle et de sa misère morale.
Quelques jours après, c'est autour d'un autre animateur Eric Zemmour d'affirmer sur une autre chaine, Paris Première  : on a l'impression que le roi du Maroc « achète » toute la classe politique française.
En face de lui, Michèle Alliot Marie, ne dément pas. Elle rajoute même « et médiatique ».
Cet aveu tardif de la part d'une ex-ministre de la défense, de l'intérieur, de la justice et des affaires étrangères de la république, en dit long sur la connivence et les relations malsaines que le Palais royal entretient avec les cercles d'influence parisiens.

Acte Deux :
L'article publié récemment par le prince Hicham Benabdallah Al Alaoui dans le dernier numéro de la revue française Pouvoirs, sous le titre « L'autre Maroc » comporte une affirmation plutôt gênante pour son royal cousin et ses courtisans. En effet, il parle à la page 61 du « groupe immobilier Addoha, lié au palais ».
Cette information en soi n'est pas un scoop. La récente enquête menée par Ali Anouzla pour Lakome illustre comment la CDG, dirigée par Anas El Alami (un proche de Hassan Bouhemou, bras droit de Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi) joue le rôle de "rabatteuse" foncière pour Addoha.
Quelques lignes avant d'évoquer Addoha, le prince dévoile une phrase d'une lettre qu'il a adressée au roi Mohammed VI le 14 aout 2011 et qui illustre le drame du pouvoir absolu et ses ravages : « je crois que s'il m'est difficile de réaliser un projet au Maroc, c'est que vos instructions ont toujours été interprétées à la lumière de vos sentiments à mon égard, réels ou supposés ». Or, dans un Etat de droit, les décisions se prennent sur la base de l'intérêt général, et non pas sur la base des sentiments, des états d'âme ou des humeurs.
Cette accusation princière de « liaison » royale avec un groupe privé s'ajoute au coup de colère de l'homme d'affaire Miloud Chaabi, concurrent direct de Addoha dans le domaine de la promotion immobilière, qui, dans une interview publiée récemment par l'hebdomadaire Al Ousboue Assahafi, avait comparé Anas Sefrioui, le PDG du groupe Addoha au clan Trabelsi, famille de l'épouse du dictateur tunisien Benali chassé de son pays en janvier 2011.
Jeudi 11 avril, le président tunisien Moncef Marzouki s'est vu remettre un chèque de 28,818 millions de dollars d'avoirs détournés au Liban par la famille du chef de l'Etat déchu, après avoir été saisis sur un compte en banque au Liban au nom de Leïla Trabelsi, dont la famille avait placé l'économie tunisienne sous coupe réglée. Ces fonds ont été remis par le procureur général du Qatar, Ali Ben Fetaïs Al Marri, chargé par l'ONU de coordonner les enquêtes sur les avoirs détournés par les dirigeants renversés par le printemps arabe.
Moncef Marzouki a indiqué récemment que la famille Ben Ali-Trabelsi et d'autres dignitaires du régime déchu avaient détourné, après 23 ans de règne sans partage, entre 15 et 50 milliards de dollars.
La comparaison de Miloud Chaabi serait-elle prémonitoire ? L'avenir le dira...

Acte Trois :
En raison de la crise économique et financière dans laquelle s'enfonce le pays lentement mais surement, le gouvernement a décidé par décret de geler 15 milliards de dirhams sur les 58.9 milliards alloué par la loi de finances 2013 au budget d'investissement.
Ce chiffre est à mettre en regard d'un autre. Le dernier rapport du Conseil Economique et Social, au demeurant d'une grande qualité, est consacré au système fiscal Marocain. Il mentionne un montant de dépenses fiscales en 2011 de 32,07 milliards de dirhams, dont en partie 4,29 milliards de dirhams dont bénéficie le secteur de l'agriculture et de la pêche sous forme d'exonérations diverses. Or, l'un des plus grands opérateurs dans le domaine agricole est la holding royale. Fidèle a sa doctrine qui consiste à ne pas indisposer le palais, le gouvernement Benkirane n'ose pas puiser dans ces gisements de recettes et choisit la solution de facilité.
Cette coupe d'environ 25 pour cent dans les investissements a touché tous les départements ministériels et les institutions de l'Etat.
Tous ? Pas vraiment. Par un tour de passe-passe dont seule la gouvernance au Maroc a le secret, la Cour royale est épargnée par cette mesure d'austérité et ne participe donc pas à cet effort de solidarité nationale devant l'adversité. Pourtant, la nouvelle constitution, mentionne bien dans son article 39 : « Tous supportent, en fonction de leur faculté contributive, les charges publiques que seule la loi peut, dans les formes prévues par la présente Constitution, créer et répartir », alors que l'article 40 mentionne : « Tous supportent solidairement et proportionnellement à leurs moyens, les charges que requiert le développement du pays, et celles résultant des calamités et des catastrophes naturelles ».
La pauvre constitution n'est pas à une entorse près depuis juillet 2011. Que vaut-elle devant des pièces d'or sonnantes et trébuchantes ?
Pourtant, l'enjeu reste très modeste pour le palais, dont le budget d'investissement s'élève à seulement 131.000.000 dirhams (13 milliards de centimes) en 2013, alors que son budget de fonctionnement pour la même année s'élève à 2,44 milliards de dirhams (244 milliards de centimes) et qui n'est pas concerné par le gel de dépenses décidé par le gouvernement. En conséquence, une réduction de 25 pour cent sur les 131.000.000 de dirhams n'aurait privé le palais que de 32.700.000 dhs.
Cette petite miette aurait eu pourtant valeur de symbole de solidarité.

Maroc : de l'affaire aux affaires…Hollande goute à la diplomatie Mamounia

 En pleine tourmente liée à l'affaire Cahuzac et à ses suites, François Hollande vient de rendre visite à Mohammed VI au Maroc. L’agenda est sans surprise : faire des affaires et soutenir un pouvoir politique qui défend à merveille les intérêts des entreprises du CAC 40…
Accompagné d’une soixantaine de patrons, le chantier des accords avait déjà été préparé par la visite de Ayrault en décembre. Il s’agit de rattraper le retard accumulé par la France sur l'Espagne qui lui a pris la moitié des parts du marché marocain.
La France, qui compte réaliser le TGV, ne cache pas son ambition de remporter la deuxième tranche de la centrale solaire de Ouarzazate, et de réaliser et gérer le plus grand parc éolien à Tarfaya… en plus des contrats dans le domaine ferroviaire, tramway, métro, de l'agro-alimentaire et de l'épuration des eaux ! Une station d'épuration construite par une filiale de GDF-Suez a d'ailleurs été inaugurée. Enfin, des discussions exploratoires ont eu lieu sur le programme de la prospection et de l'exploitation éventuelle du gaz de schiste.

Des oublis fâcheux
La visite de Hollande avait également un versant politique. Dans son discours devant le Parlement, il s'est contenté de dire qu'il y a au Maroc « des impatiences à apaiser et des inégalités à réduire » tout en précisant que le Maroc accomplit « chaque jour » des « pas décisifs » vers la démocratie et s’affirme comme « un pays de stabilité et de sérénité »… occultant le passage pourtant distribué aux journalistes concernant la nécessité « des réformes à poursuivre dans le sens du respect des droits humains ».
Pas un mot donc sur les étudiants de l’Unem et militants du 20 février en grève de la faim à Fès, Taza et Meknès ou les 22 ressortissants français également en grève de la faim et torturés pour un certain nombre d’entre eux. Rien non plus de la répression quasi systématique que rencontrent les mouvements populaires, des procès préfabriqués ou des atteintes multiples à la liberté d’expression.
Il n’a également pas parlé de l’occupation du Sahara occidental ou du jugement par un tribunal militaire de civils sahraouis dont nombre d’entre eux ont été condamnés à perpétuité. Sur ce sujet, il a juste rappelé la position classique de l’État français de soutien à une solution négociée, considérant le plan d’autonomie marocain comme une « base sérieuse et crédible » et donnant ainsi des gages sur le refus d’étendre les missions de la Minurso à l’observation de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.

Des réseaux franco-marocains
D’une manière moins officielle, les discussions ont également porté sur la crise syrienne mais aussi sur le Mali où le Maroc, pièce centrale dans le soutien de longue date de la Françafrique, y compris sur le plan militaire, a apporté un large soutien logistique et matériel.
Depuis très longtemps, quels que soient les gouvernements, comme le note le journaliste Ali Amar, « il existe des relations construites sur des réseaux anciens et qui sont dans la continuité des relations incestueuses entretenues par les élites françaises avec les cercles du pouvoir marocain ». Ces cercles de connivence, se retrouvent aussi bien auprès des élites médiatiques, les grands patrons de presse, du show business, des élus « mais aussi et surtout auprès du patronat français ». Il rajoute que ce sont des « relations basées sur la compromission et la corruption ».
C'est ce que l’on appelle la diplomatie Mamounia, où « se cachent des intérêts particuliers personnalisés, où on donne des avantages en nature ou financiers à ceux qui apportent ces affaires ». Najat Vallaud-Belkacem était membre du Conseil royal consultatif de la diaspora marocaine, une makhzenienne déclarée. Manuel Valls est un des principaux Ouissamistes du gouvernement français (l’ordre du Ouissam el Alaouite, la plus haute distinction du Maroc, est décerné aux personnalités qui ont rendu des services éminents au royaume) et la liste est longue… La raison pour laquelle on n’entend jamais de critiques émanant du gouvernement français contre le pouvoir marocain.
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 La visite de François Hollande au Maroc fâche l’Algérie 

Par Bladi, 9/4/2013

La visite de François Hollande au Maroc fâche l'AlgérieLa visite du président français François Hollande au Maroc, a froissé les responsables algériens, qui voient d’un mauvais œil le fait que Hollande ait encouragé la proposition marocaine d’autonomie avancée au Sahara.

D’après la presse française, le voyage de François Hollande au Maroc est une réussite économique. Les médias algériens y voient plutôt une nouvelle victoire diplomatique du Royaume, malgré le choix de Hollande de se rendre d’abord en Algérie, puis au Maroc, contrairement aux habitudes de l’Elysée. A Rabat pourtant, "nul n’a semblé s’offusquer de ce que François Hollande ait choisi d’aller en visite officielle en Algérie, en décembre, avant de venir dans le royaume", écrit Le Point.
Un responsable algérien cité par TSA estime que l’on "ne peut pas se proclamer porteur de l’ambition et de l’idéal du Maghreb arabe, et en même temps, s’acharner à tout faire pour perpétuer un statu quo avec, pour unique dessein fantasmatique, la consolidation virtuelle de la marge de son action diplomatique sur la question du Sahara occidental".
La France bloque toutes les résolutions défavorables au Maroc, explique la même source, affirmant que la droite et la gauche françaises sont convaincues que la monarchie marocaine ne survivrait pas à la "perte" du Sahara. La relance de la construction de l’Union du Maghreb Arabe ne saurait se faire au détriment des intérêts de l’Algérie, poursuit le même responsable. En clair, l’édifice maghrébin ne s’achèvera pas si le Polisario ne recouvre pas son indépendance.
Ce qui est le plus décrié dans la presse algérienne, est le fait que François Hollande ait désigné le Maroc comme allié stratégique de la France en Afrique, et qualifié la question du Sahara d’impasse tout en soutenant la proposition marocaine d’autonomie. Lors de son voyage, France Hollande est devenu l’ami du Maroc et le VRP de son pays dans le Royaume.
Le locataire de l’Elysée aurait même demandé au Roi Mohammed VI "ce qu’il pouvait faire pour faciliter la réconciliation maroco-algérienne", affirme Le Point, selon qui les deux chefs d’Etat seraient à court d’idées à ce sujet. Pour le quotidien algérien Achourouk, "Hollande a poignardé l’Algérie au Maroc. Le président français est un excellent comédien qui a réussi à tromper l’Algérie, à laquelle il aurait fait des promesses qu’il n’a pas honoré".
 http://www.bladi.net/visite-hollande-maroc-algerie.htmlhttp://www.bladi.net/visite-hollande-maroc-algerie.html


vendredi 5 avril 2013

Le Petit Journal 04/04/2013 - François Hollande en visite au Maroc.

Baise Sa sainte Main juvénile. La monarchie à l'épreuve de la satire.(en France, au Maroc une telle satire coûte très cher !)