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vendredi 23 janvier 2015

Zakaria Moumni s'explique


Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi Mohammed VI est le commanditaire des actes de tortures que j'ai subies. Ce criminel m'avait reçu dans le Palais royal Rabat Touargua le lendemain de ma rencontre avec le roi Mohammed VI, mais il n’a pas appliqué les ordres du roi et m'a même interdit de rappeler faute d'avoir de "sérieux problèmes". Pour qui se prend ce Mounir Majidi qui n'applique pas les ordres du roi ? Ce criminel m'a empêché de voir le roi Mohammed VI et m'a menacé de mort devant la résidence royale en France.

 Tout le monde connait le palmarès glorieux dans la corruption de ce secrétaire vraiment particulier.
 Rappelons nous  l'escroquerie du terrain Habous de 4,5 ha situé dans la zone touristique de la ville de Taroudant, et l’affaire du terrain de 2,5 hectares, situé en plein centre de Rabat que Mounir Majidi voulait racheter à la ville de Rabat pour un dirham symbolique. Et rappelons nous le Mouvement du 20 Février et ces milliers de Marocains qui ont manifesté presque toutes les semaines en 2011 dans de nombreuses villes du pays pour que cessent la corruption et les passe-droits et que s’instaure une véritable démocratie. Ces manifestants ont dénoncé la corruption du directeur du secrétariat du roi Mounir Majidi qui incarne aux yeux de tous les dérives du régime. Ce personnage est connu pour être le principal chef d’un petit groupe d’affairistes qui a entrepris de faire main basse sur le Maroc.
Rappelons nous aussi  l’affaire Wikileaks et la note secrète envoyée en décembre 2009 par le consulat américain au Maroc faisant état de pratiques frauduleuses au plus haut niveau du royaume. Les diplomates américains décrivent des cas concrets ou les conseillers de Mohamed VI dont ce Mounir Majidi demandent des commissions pour autoriser des projets immobiliers.
Même le chef du gouvernement actuel Abdelilah Benkirane avait dénoncé la corruption de Majidi dans une vidéo sur youtube dans laquelle on l’entend expliquer que ce Majidi "insulte le directeur de la police national" et "donne les instructions au juge par téléphone". Quand on voit la convocation signée du procureur du roi Ilias Saloub, ce même procureur impliqué dans la fabrication du complot contre moi en septembre 2010 et visé aussi dans ma plainte pour torture à Paris auprès du Pôle spécialisé Crimes contre l'Humanité / Crimes de Guerre et Génocide, on se demande vraiment qui l’a appelé pour lui ordonner cette mascarade.
Majidi voyait toujours gros déjà avec ce grand palmarès glorieux dans la corruption et l'abus du pouvoir, cela ne lui a pas suffi, et a préféré changer de catégorie et décrocher le titre universel en s'inscrivant dans l'Histoire pour un Crime contre l'Humanité, le crime le plus grave qui peut exister. C'est lui qui m'a menacé de mort et c'est lui le commanditaire des actes de tortures que j'ai subies. Lorsque j’étais torturé, je ne cessais d’entendre de mes bourreaux : « Tu dois rayer de ta mémoire ta rencontre avec le roi et avec Mounir Majidi et ça, ça t'apprendra à aller manifester devant la résidence royale et de citer Mounir Majidi dans les médias". Ces tortures que j’ai subies durant quatre jours dans le centre de Temara, c’était sous la supervision du directeur de la DGST marocaine, Abdellatif Hammouchi, que j’ai pu voir et identifier.
Le roi a informé la Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Mme Navanethem Pillay « qu’il ne pouvait pas tolérer la torture, bien qu’il ne puisse pas exclure qu'il existe des cas isolés ». Ce sont ces « cas isolés » dont je fais partie.
Le roi Mohammed VI cautionnera t-il et gardera à ses côtés ce criminel qui à commandité les actes de tortures que j'ai subis, Mounir Majidi, qui a commis un crime contre l’Humanité. Il est le secrétaire particulier du roi mais il ne cesse de salir l'image du roi et l'image du royaume dans le monde entier. Je dispose d’enregistrements d’échanges dans lesquels on me demande de « composer" avec ce criminel Mounir Majidi parce qu'il est "intouchable", en me disant que "même le roi ne peut rien faire" !
Le roi Mohammed VI est entouré d'incompétents qui s'enfoncent jour après jour dans le mensonge au lieu d'assumer leurs erreurs et salissent ainsi l'image du royaume, et c’est d’ailleurs ces dérives qui ont conduit à la grave crise franco-marocaine actuelle. Après ma plainte déposée à Paris par mes avocats Maître Patrick Baudouin, Président d’honneur de la FIDH, et Maître Clémence Bectante, auprès du Pôle spécialisé Crimes contre l’Humanité / Crimes de Guerre et Génocide, le pouvoir marocain a commencé un odieux chantage par des méthodes de voyou pour m’intimider avec des photomontages à caractère pornographique tirées de séquences vidéos filmées à notre insu dans la chambre de l’hôtel La Tour Hassan, où le ministre Mohand Laenser nous a fait séjourner du 3 au 6 mars 2013 en vue d’une audience avec le roi, et des menaces pour que je retire mes plaintes. Mais ça ne fonctionne pas avec moi. Le 02 décembre 2014, mes avocats ont alors déposé une nouvelle plainte au TGI de Nanterre pour « menace, intimidation » et « atteinte à l’intimité de la vie privée » suite à ce sordide chantage et ces menaces.
Ces pratiques démontrent une dérive inadmissible de hauts responsables marocains, ce sont des méthodes de basse police qui renvoient une image négative du royaume.
De plus, les proches collaborateurs du roi mènent depuis le début une campagne de diffamation à mon encontre, afin de me faire passer selon des versions toutes plus farfelues les unes que les autres soit pour un escroc et un traitre qui travaille pour le Polisario, soit pour les services algériens, soit encore pour le Prince Hicham.
Je tiens à préciser que je me bats depuis la grâce royale, le 04 Février 2012, pour que justice me soit rendue et pour ma réhabilitation et que je ne reçois d'instructions de quiconque.
Le monde entier voit aujourd'hui qui sont les vrais escrocs, les véritables criminels et les vrais traîtres.
Je me demande à qui revient la responsabilité politique de ce qui m’est arrivé et de ce que je vis aujourd'hui. Si je me suis rendu au Maroc, et surtout accompagné de mon épouse, c'est parce je pensais être reçu en toute sécurité suite à l'invitation royale. A aucun moment, je n'ai pensé que je serais à nouveau victime d’une trahison et d’un piège organisé par l’entourage du roi, d’autant qu’il était question de réparer une injustice existante.
Le roi acceptera t-il cela ? ou va t-il faire cesser cette mascarade dévoilé devant au monde entier.
J’ai adressé une lettre à l'ambassade du Maroc à Paris accompagnée de la copie des enregistrements de mes échanges avec Mohand Laenser, Hamid Chnouri, Adil Belgaid et Abdeljaouad Belhaj, qui parlent tous au nom du roi. L’ambassade a refusé la réception de ma lettre ! Je dispose également de cet enregistrement dans lequel on entend un émissaire du roi me dire avec aplomb que "même le roi ne peut rien faire face a ces gens-là". Maintenant je transmettrai mon message et ces enregistrements au roi par voie publique et par tous les moyens. Croyez moi, je me ferai bien entendre.
Majidi ne jouira pas de l’impunité, je le poursuivrai partout même s'il change de planète. C'est le combat de ma vie. Je ne lâcherai rien jusqu'à qu'on me rende justice et quand Majidi sera à sa vraie place : derrière les barreaux.
Mounir Majidi tu as face à toi un VRAI Marocain, FIER, qui aime son pays, qui a levé son drapeau fièrement devant toutes les nations, qui ne se laisse ni faire ni impressionner par quiconque, qui ne baissera jamais les bras, et qui ne s'inclinera devant personne.Ces pratiques de voyou de ces hauts responsables sont indignes d'un État où le souverain est Commandeur des Croyants. Si ce Mounir Majidi et Abdellatif Hammouchi n’avaient rien à se reprocher pourquoi arrêter la coopération judiciaire avec la France et faire tout ce scandale? Pourquoi ne viennent-ils pas se présenter face à moi devant la justice française, et comme ça on mettra fin à cette crise que les autorités marocaines ont créée pour protéger les criminels et tortionnaires.
C'est en luttant contre l’impunité qu’on mettra fin à la torture.
J

dimanche 7 décembre 2014

Clash entre le chef du gouvernement et Zakaria Moumni à Paris

7/12/2014
benkirane
Lors d’une conférence à la Maison des mines de Paris, le chef du gouvernement marocain, l’islamiste Abdellilah Benkirane, a été interpellé par l’ancien prisonnier politique Zakaria Moumni.
Ce dernier a pris la parole pour parler longuement des faits de torture dont il a été victime au Maroc et de l’impunité dont bénéficient les deux responsables qu’il dénonce : le patron de la DST (police politique marocaine), Abdellatif Hammouchi, et le directeur du cabinet particulier du roi, et son homme à tout faire, Mohamed Mounir Majidi. 
L’ancien du monde de boxe thaïe a rappelé comment il a été enlevé en septembre 2010 à l’aéroport de Rabat, séquestré et torturé au centre clandestin de détention de la DST à Temara, avant d’être condamné suite à un procès fabriqué, puis incarcéré pendant 18 mois en prison. Il a expliqué comment il a obtenu sa grâce en février 2012, après qu’un émissaire du roi se soit présenté pour lui demander que son épouse lève le pied sur les médias et qu’elle cesse d’alerter les associations de défense des droits de l’homme. Puis, comment, après sa libération et son retour en France, il avait demandé audience au roi pour lui raconter ce qui se pratique dans son pays. Et enfin, la médiation du ministre de l’intérieur de l’époque, Mohand Laenser, qui avait pris contact avec lui se présentant comme « mandaté par le roi » et l’a invité lui et son épouse, le 3 mars 2013, à séjourner au Maroc en vue d’une audience avec le roi.
 http://youtu.be/5lCr-tDqraQ
Alors qu’il racontait son histoire, des individus ont tenté violemment de lui couper la parole, et d’autres lui ont promis que le chef du gouvernement lui parlerait « en privé » à la fin de la conférence.
Comme on le voit sur la video, l’audience a alors hué et protesté pour que Moumni  puisse continuer de parler. Certains ont même menacé de quitter la salle si on ne l’autorisait pas à terminer son exposé.
Moumni a dû expliquer sans micro (qui s’est « cassé » dans sa main) qu’il est depuis le mois d’octobre victime d’un odieux chantage par les autorités marocaines : il a été destinataire de deux photos truquées à caractère pornographique le représentant dans la chambre de l’hôtel La Tour Hassan à Rabat où le ministre Laenser l’a fait séjourner.
Ces photos étaient accompagnées d’un message de menace lui demandant de retirer ses plaintes pour torture en France à l’encontre de Hammouchi et Majidi ou sinon il allait se retrouver avec « 57 autres disponibles ». Un individu est même allé jusqu’à le menacer à son domicile.
Son séjour à l’hôtel La Tour Hassan avait été organisé et entièrement pris en charge par l’ancien ministre de l’intérieur, Mohand Laenser, dans le but d’organiser une rencontre entre lui et le roi du Maroc, suite à ses demandes d’audience.
Le dispositif de surveillance mis en place dans la suite de l’hôtel avait été installé par les services du renseignement marocain, la DST, comme le ministre l’a admis de lui-même sur le site le360, en avril 2014. « Il a été filmé, cependant, par des éléments du renseignement marocain durant les négociations », avait déclaré Laenser.
Les avocats de Moumni, Patrick Baudouin et Clémence Bectarte, ont déposé mardi 2 décembre en son nom une plainte auprès du Tribunal de Grande Instance de Nanterre pour atteinte à l’intimité de la vie privée, menace ou toute autre acte d’intimidation, commis en vue de déterminer la victime d’un crime ou d’un délit à ne pas porter plainte ou se rétracter.
Par la suite, après la fin de la conférence, le chef du gouvernement a voulu quitter en catimini  la salle. A ce moment Zakaria Moumni l’a interpellé à nouveau. Benkirane lui a alors répondu : « Je connais l’affaire, je ne peux rien faire ! ». 
Au moins c’est clair.
Propos recueillis par Demain

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samedi 28 septembre 2013

Amnesty International lance une «action urgente» en faveur d'Ali Anouzla Imprimer

 
L'ONG estime qu'Ali Anouzla est un «prisonnier de conscience» et rappelle qu'il est détenu depuis le 17 septembre dernier sans qu'aucune charge ne soit encore retenue contre lui.
Amnesty vient de lancer en faveur d'Ali Anouzla une de ses «actions urgentes», qui consiste à mobiliser citoyens et militants du monde entier, en leur demandant d'envoyer au plus vite des lettres de protestation aux ministres marocains de la Justice, Mustafa Ramid, et de l'Intérieur, Mohand Laenser, afin de demander «la libération immédiate et inconditionnelle» d'Ali Anouzla.
L'ONG estime que le directeur de Lakome arabophone est un «prisonnier de conscience» et qu'il existe de «sérieuses craintes» qu'il soit puni pour l'indépendance éditoriale de Lakome et sa critique des politiques du gouvernement.
Amnesty rappelle qu'Ali Anouzla est détenu par la BNPJ de Casablanca depuis le 17 septembre dernier et qu'aucune charge n'a encore été retenue contre lui. Le journaliste semble être poursuivi sous le coup de la loi anti-terroriste de 2003. «Il doit faire face à la perspective d'un procès inéquitable basé sur des charges de terrorisme, simplement pour avoir fait son travail journalistique», note l'ONG.
L'action urgente lancée par Amnesty International en faveur d'Ali Anouzla est consultable ici (en anglais)

vendredi 30 août 2013

DanieGate : Elanser poursuivi en justice pour sa responsabilité dans la répression sanglante du 2 août



Un manifestant violemment réprimé par des éléments des forces de l'ordre lors de la manifestation du 02 août 2013 devant le Parlement marocain


Mandaté par le CMODDH, Maître Abderrahime Jamai intente une procédure spéciale contre le ministre de l’Intérieur, Mhand Elanser pour sa responsabilité présumée dans la répression policière sanglante d’une manifestation pacifique devant le Parlement marocain contre la grâce royale accordée au pédophile Daniel Galvan.

Jeudi après-midi, une réunion s’est tenue au siège du Collectif marocain des organismes de défense des droits de l’homme (CMODDH) à Rabat. Une commission a été constituée et présidée par Maître Abderrahime Jamai. Housein Ihenache, représentant du Forum de la dignité pour les droits de l’homme au sein du collectif a confié à Lakome que "cette commission a pour charge de faire le suivi juridique des violences policières contre une manifestation pacifique qui s’est tenue face au Parlement le vendredi 2 août dernier. A l’ordre du jour de la réunion d’hier, l’action pénale intentée contre le ministre de l’Intérieur suite aux agressions policières dont ont été victimes, des manifestants pacifiques venant exprimer leur indignation face à la grâce royale accordée, au pédophile Daniel Galvan, actuellement arrêté en Espagne".


L’aspect juridique de la démarche

Interrogée par Lakome, la coordinatrice du CMODDH, Mme Khadija Riadi a précisé qu’ "une action pénale a été intentée contre le ministre de l’Intérieur pour dégager les responsabilités et identifier les personnes responsables des crimes commis par des agents des forces de police contre des manifestants pacifiques".

Il s’agit d’une procédure judiciaire spéciale impliquant un ministre du gouvernement. Pour cela, une plainte a été déposée, par Maitre Jamai, avocat mandaté par le collectif auprès de la Cour suprême, quelques jours après l’agression policière du 02 août. De son côté, Mhand Elanser, ministre de l’Intérieur avait ordonné une enquête interne au sein de son département le lendemain des événements mais une source proche du dossier a confié à Lakome qu’"une enquête de ce genre aboutirait au mieux à une sanction administrative qui, dans ce type de ministère, ressemble plus à une promotion pour les responsables des violences".  

Actuellement, la commission chargée du dossier au sein du CMODDH travaille à réunir les éléments nécessaires à la constitution d’un dossier circonstancié qui permettra de défendre l’affaire devant les tribunaux marocains "mais également devant les instances internationales de défense des droits de l’homme" précise Khadija Riadi.

Au Maroc, l’action pénale, en tant qu’action publique est un privilège étatique. En d’autres termes, le ministère public est compétent pour classer n’importe quelle affaire au gré et contre tous. L’affaire des primes Mezouar/Bensouda est là pour nous le rappeler. Devant ce cas figure, Khadija Riadi déclare que "le collectif ne ménagera aucun effort pour dénoncer pareille hypothèse. Une conférence de presse est prévue prochainement pour expliquer la démarche du CMODDH contre les transgressions des forces de l’ordre aux droits constitutionnels des citoyens marocains".


La dimension politique

Au delà des appréciations controversées sur le caractère démocratique de la constitution marocaine de 2011, il n’en demeure pas moins que son article 29 a donné de nouveaux droits aux citoyens marocains parmi lesquels, le droit de manifester pacifiquement. Mieux encore, ce droit a été placé au même niveau que le droit de grève. Est-il alors concevable, dans un pays de démocratie, qu’un droit similaire au droit de grève, sur le plan constitutionnel soit aussi violemment réprimé comme ce fut le cas le vendredi 2 août 2013 ? De plus, cet article 29 est conforté par l’article 22 stipulant qu’ "il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique". Dans cette affaire, la justice marocaine résonnera-t-elle en harmonie avec ces dispositions constitutionnelles pour retenir la responsabilité pénale de personnes publiques, auteurs de crimes présumés ? Espérons-le en tout cas.

http://fr.lakome.com/index.php/maroc/1305-daniegate-repression-contre-les-manifestants-elanser-poursuivi--justice

jeudi 8 août 2013

Répression du sit-in de Rabat: une plainte contre l'Intérieur



Par Kaouthar Oudrhiri, h24info.ma,6/08/2013 

Un manifestant bastonné par les forces de l'ordre.
Un manifestant bastonné par les forces de l'ordre. ©AFP


Un collectif d'association de défense des droits humains porte plainte contre le ministre de l’Intérieur, suite à la violente intervention des forces de l’ordre lors du sit-in organisé le 2 août à Rabat contre la grâce royale accordée au pédophile espagnol Daniel Galvan.

21 associations de protection des droits de l’homme montent au créneau après l'intervention brutale des forces de l’ordre lors du sit-in pacifique organisé le 2 août devant le parlement en signe de protestation contre la grâce accordée à Daniel Galvan.
  «Le collectif des instances des droits humains centralise les dossiers des victimes de la violente intervention des forces de l’ordre et va porter plainte demain contre Mohand Laenser, ministre de l’Intérieur» déclare à H24info, Khadija Ryadi, ex-présidente de l’AMDH. 

Toute personne passée à tabac par les forces de l’ordre lors du sit-in peut déposer son dossier. «Même si la plainte va être déposée demain, les victimes peuvent continuer à nous envoyer les nouveaux dossiers, on complétera», explique Khadija Ryadi.

Le ministre de la Justice et des Libertés a de son côté, essayé de calmer le jeu hier soir sur 2M, en annonçant qu'une enquête est en cours à ce sujet pour savoir s’il y a bien eu débordement de la part des forces de l’ordre. Les images parlent d’elles même.

L’ancienne présidente de l’AMDH nous apprend aussi que le collectif «va préparer un mémorandum en septembre, pour proposer une révision totale de la loi sur la grâce royale». L’objectif est de réformer les principes qui régissent cette loi pour qu’ils soient plus clairs, plus transparents, surtout en ce qui concerne la Commission de grâce. Le collectif tient enfin à ce que la société civile soit impliquée dans le processus de grâce.

Au-delà du DanielGate, le collectif des instances des droits humains veut porter la cause de la protection des droits des enfants contre toute sorte d’abus au niveau international. «On compte s’adresser à des instances internationales de protections des droits des enfants comme la Fédération internationale des Droits de l’Homme, les commissions onusiennes…», nous confie Khadija Ryadi. 
 

Sur le même sujet

lundi 8 avril 2013

Il faut dire la vérité aux Marocains !

L'économie nationale n'est pas en bon état, cela est une vérité désormais admise par tous. Finies les années d'opulence, bonjour les vaches maigres. Toutes les récentes déclarations disent et confirment cela.
 Commençons par la dernière sortie du wali de Bank al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, qui a tiré la sonnette d'alarme, annonçant l'imminence de la catastrophe. Poursuivons avec les propos de Mohand Laenser, Secrétaire général du MP et ministre de l'Intérieur du gouvernement qu'il critique, qui a appelé les Marocains à se serrer la ceinture encore plus qu'elle ne l'est déjà pour toutes celles et ceux qui habitent dans les coins les plus reculés du pays. Et terminons ce rapide tour d'horizon par les saillies de Hamid Chabat, SG de l'Istiqlal et premier partenaire du parti qui conduit le gouvernement, qui a dit, le plus sincèrement et le plus directement du monde, que « le Maroc est en danger », avant d'entreprendre d'élaborer un nouveau programme pour le gouvernement auquel il appartient, ce qui constitue un précédent dans le monde, un parti membre d'un gouvernement appuyé sur son programme voté par le parlement, qui présente un autre programme au même gouvernement, dont il est pourtant l'un des piliers !
Avant toutes ces déclarations, une petite information avait filtré, sans que personne n'y prête vraiment attention. En mars dernier, la patronne du FMI, Christine Lagarde, avait visité l'Algérie et devait se rendre au Maroc, avant qu'elle n'annule ce déplacement à la dernière minute, sans raison connue. Et au lieu que Rabat ne publie un commentaire quelconque sur cette annulation, l'agence officielle d'informations a préféré s'en prendre à l'Algérie en mettent en exergue la fragilité et les mauvaises performances de son économie, comme si au Maroc, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes !
Pour sa part, Lagarde n'a pas non plus apporté d'explications sur sa décision de ne pas se rendre au Maroc, mais les connaisseurs de la chose économique savent, eux, que les experts du FMI ne voient pas d'un bon œil notre situation, et sont même assez irrités contre la gestion par le Maroc de son économie, une économie qui traverse une crise non déclarée officiellement.
    Ali Anouzla
Voici quelques jours, des bruits ont circulé sur un rapport confidentiel présenté par Nizar Baraka, le ministre des Finances, devant les leaders de la majorité formant le gouvernement. D'après ce que l'on sait de cette réunion tenue secrète et de ce rapport demeuré encore plus secret et qui dessine une image obscure de notre économie, tous les indicateurs économiques seraient au rouge, cette couleur qui augure d'une explosion imminente. Le ministre a ainsi dit que le déficit public tourne autour de 7,1%, que la masse salariale du public engloutit le tiers du budget, soit environ 96 milliards de DH, et que la très budgétivore Caisse de compensation, gourmande comme les feux de l'enfer, demande encore et toujours plus de milliards de DH. En 2012, cette Caisse avait avalé 55 milliards de DH, soit plus que le ministère de l'Education, le ministère qui dépense pour



.+tant le plus (49 milliards pour 2013). Et cette année, il est prévu que la Compensation passe à 60 milliards de DH, annulant tous les effets de la décision du gouvernement d'augmenter les prix des hydrocarbures, car les 5 milliards gagnés avec cette augmentation seront engloutie dans le trou noir de la Compensation. Les discussions autour de la réforme de la Caisse de compensation sont devenues une source d'inspiration pour tous, chacun y allant de sa propre partition. Le chef du gouvernement et son parti veulent en faire un Cheval de Troie grâce auquel ils réaliseront leurs grandes conquêtes ; leurs alliés de la majorité se dissimulent derrière la Caisse parce qu'ils considèrent que ce système compensatoire des prix est le seul à pouvoir éviter des augmentations de prix et des troubles qu'elles pourraient occasionner. L'opposition parlementaire – et derrière elle les différents lobbies et le pouvoir – tiennent la compensation pour une vache à lait dont ils refusent absolument de se passer.
Cette Caisse est devenue comme une bête sacrificielle, promue comme telle par les grands-prêtres de l'économie pour satisfaire les dieux et contenter la population qui la tient pour sacrée. On entend aujourd'hui tout un ensemble de thèses la concernant, ou plutôt des discussions byzantines entre ses défenseurs qui militent pour son maintien, ceux qui mettent en garde contre toute tentative de la toucher ou la réformer et ceux qui piaffent d'impatience pour la liquider et « distribuer cette chaire sacrée » aux pauvres, aux partisans et aux différents suiveurs qui deviendront plus tard des voix électorales... Et la situation restera telle que avant qu'une sorte de messie apparaisse, énervé, irrité, remonté, un messie qui détruira tout de son bâton, brûlera la bête et tous ceux qui en font commerce...
Et pourtant... les choses sont aussi claires que de l'eau de roche : l'argent de la Compensation, qui va grossir des comptes déjà bien fournis, doit revenir dans les caisses de l'Etat, car une grande partie de cet argent va en effet vers de grandes entreprises et autres riches et nantis du pays qui n'en ont pas nécessairement besoin. Récupérer ces fonds est une action qui doit se faire légalement, en demandant à ces personnes physiques et morales de restituer ce qui leur a été versé en subventions, en appliquant un impôt sur la fortune et sur les hauts revenus, comme cela est en vigueur dans les pays du monde.
Déjà, de son temps, le gouvernement Abderrahmane el Youssoufi avait essayé de faire cela, et le ministre des Affaires générales de cette époque, Ahmed Lahlimi, avait demandé à lever toute aide apportée au prix du sucre et à récupérer ce qui avait été accordé antérieurement aux grosses entreprises. Tollé général et persistant jusqu'à l'abandon de son idée par le ministre.
Mais on ne peut réduire les problèmes économiques du Maroc à cette Caisse de compensation, à ce trou sans fin qu'on ne peut ni combler ni colmater. Pour comprendre la situation actuelle de notre économie et comment elle en est arrivée à cet état qui alimente les sujets de discussion dans les salons feutrés de Rabat, il faut remettre les choses dans leur contexte historique.
La Caisse de compensation avait été initialement créée pour acheter une paix sociale fragile et pour faire taire les catégories les plus défavorisées. Et la lourde et sourde crise qui frappe aujourd'hui le Maroc revient à une accumulation d'années de mauvaise gouvernance. Mais les gouvernements qui se sont succédé ces dix dernières années n'ont jamais osé dire la vérité aux populations. Des organismes financiers internationaux ont même reconnu tout récemment que tous les chiffres exposés sur l'économie marocaine sont et étaient tronqués. Mais la bonne santé de l'économie mondiale et la forte croissance lors de la première décade du siècle avaient permis de masquer les dures réalités et les tares économiques marocaines, à travers les transferts des MRE, les arrivées massives de touristes et les investissements réalisés grâce à la politique d'ouverture économique des premières années du règne du roi Mohammed VI... avant que ces investissements ne se heurtent à la concurrence du palais, que leurs promoteurs bouclent leurs valises et s'en aillent ailleurs, ou au moins réduisent leur enthousiasme à investir encore.
En plus de cela, il faut souligner que l'économie marocaine s'est créé une bulle dans laquelle elle semblait prospérer, la bulle immobilière qui a enrichi les spéculateurs et nouveaux milliardaires et qui a attiré des hommes d'affaires nationaux venus d'autres secteurs vers la promotion/spéculation ; des gens du textile, par exemple, qui ont failli dans leurs entreprises, incapables qu'ils ont été de soutenir la compétition internationale mais très habiles à transformer leur argent en sources de financement pour des investissements immobiliers sans risques et sans peine, ni économiques ni sociaux... avec cette spéculation, la corruption est apparue dans le secteur, y a prospéré avant de devenir une pratique institutionnelle, comme cela avait été indiqué par un télégramme Wikileaks, et de s'étendre de l'administration pour concerner toutes les institutions, jusques-y compris celle de souveraineté, sans exception aucune.
Les choses étaient claires, le scénario était encore plus clair, et la crise frappait aux portes, mais malgré cela, les gouvernements successifs ont opté pour un discours lénifiant et « mensonger » tendant à dire et à redire que nous n'étions pas concernés par cette crise qui a pourtant mis à genoux des économies autrement plus solides et des sociétés autrement plus développées...
Le Maroc aujourd'hui paie le prix de toutes ces « connivences », et celui de ne pas avoir dit la vérité, toute la vérité aux Marocains. Plus grave encore, le pays paie le prix d'une absence de mise à niveau politique avant même une restructuration économique, une mise à niveau qui aurait instauré une véritable séparation des pouvoirs, qui serait passée par une réelle indépendance de la justice, qui aurait résolument mis un terme à cette corruption rampante et qui aurait aussi supprimé toute possibilité de confusion entre le pouvoir politique et le pouvoir économique.
Mais rien de tout cela ne s'est produit. Et même quand les populations étaient sorties dans les rues pour demander ces mises à niveau qui tardaient à être réalisées, le pouvoir avait préféré corrompre les fonctionnaires et les membres des forces de sécurité en concédant des augmentations de salaires importantes. Cela avait été le cas avec le gouvernement de Driss Jettou quand les salaires des policiers et assimilés avaient été relevés et leurs effectifs aussi, et cela avait été le cas aussi, d'une manière plutôt légère, quand avec le début des contestations, le gouvernement el Fassi avait décidé d'alourdir la charge de la masse salariale publique de 13 milliards de DH par an, dans une collusion pure et parfaite entre les syndicats et le pouvoir pour étouffer les protestations populaires...
Le problème au Maroc a été et est toujours de nature politique, avant même qu'il ne soit économique ; la crise qui menace de faire exploser ce qui peut exploser est la conséquence de l'aggravation et de la crispation de ce problème politique... c'est le problème du maintien de l'absolutisme et de l'autoritarisme, payés sur les deniers de l'Etat pour acheter une paix sociale illusoire et aussi pour gagner du temps... une paix sociale fondée sur l'achat des consciences des élites politiques, culturelles, médiatiques, appuyée sur la corruption des fonctionnaires, basée sur la répression des protestataires et autres manifestants, en plus, bien entendu, de la marginalisation encore plus, toujours plus, des populations éloignées... tout cela est le résultat de cette politique consistant à taire la réalité, la réalité d'une crise qui risque fort d'éclater et de tout emmener sur son passage...
Lire l'éditorial, en arabe, sur lakome.com

dimanche 27 janvier 2013

‘Le Maroc soutient sans réserves la guerre française au Mali’

Par Adam Sfali - Emarrakech , 26/1/2013

Rabat : Le ministre marocain de l’intérieur tenait à Rabat, une conférence de presse, clôturant avec, la quadri-réunion sécuritaire ministérielle du G4.

Mohand Laenser & Manuel Valls


Mohand Laenser & Manuel Valls
C’est flanqué de ses homologues français, espagnol et portugais que le ministre de l’intérieur Mohand Laenser, s’est adressé à la presse, après la réunion des ministres de l’intérieur des 4 pays, formant un G4 sécuritaire ouest méditerranéen.

Prenant la parole, Mohand Laenser a exprimé dixit «le soutien sans réserve du Maroc à l’intervention militaire française au Mali pour défendre la souveraineté de ce pays africain».

«La France est intervenue en république malienne pour lutter contre le terrorisme, et contre les atteintes à son intégrité territoriale et à la sécurité de ses populations» a jugé le ministre marocain.

Il ajouta que «Le Maroc a dès la première heure, fait public, son soutien au Mali face aux mouvements séparatistes, menaçant la paix et la sécurité, non seulement du Mali et du Sahel, mais de tous les pays de la région».

De son coté, Manuel Valls, ministre français de l’intérieur, a soutenu que «le terrorisme ne reculera pas si l’on s’incline devant lui et on accepte ses chantages».

«Si la France n’était pas intervenue, les terroristes auraient pris Bamako» expliqua le ministre français.

Il ajouta qu’au Mali, son pays est en guerre contre le terrorisme, «c’est un mal qu’il faut déraciner pour définitif» tranche t il.

Furent présents à ce point de presse, le ministre marocain délégué à l’intérieur, Charki Drais, le ministre espagnol de l’intérieur Jorge Fernandez Diaz, et le ministre portugais de l’intérieur, Miguel Macedo.

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Gao est tombé. Après le passage de l'armée française, les troupes maliennes et les milices qu'elles arment vont s'y installer et, on peut le craindre, organiser des expéditions punitives contre les populations civiles.
En pénétrant le territoire de l'Azawad sans avoir pris langue avec ses représentants, les autorités françaises rejettent l'offre du MLNA de participer à l'éradication du djihadisme.
Elles trahissent une nouvelle fois les Touaregs et les berbères.
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Ce samedi 26 janvier 2013, les troupes françaises ont pris Gao et ont permis aux soldats maliens de s’y réinstaller. Tombouctou et Kdal sont en ligne de mire et seraient en cours de bombardement. Ainsi le territoire de l’Azawad est bel et bien pénétré.
L’arrivée des troupes maliennes derrière l’armée française ne sera pas sans conséquences pour les populations de l’Azawad notamment les Touaregs. D’autant plus que des milliers de miliciens maliens armés de soif de vengeance se préparent à investir les villes reconquises et lancer des expéditions punitives sur les populations civiles. Ces milices sont mises en place et encouragées par l’armée malienne : elles auraient pour mission de ramener des têtes de Touaregs !
La mise en garde du MNLA ayant attiré "l’attention de la communauté internationale sur les conséquences de l’intervention armée étrangère contre les groupes terroristes qui ne doit pas permettre à l’armée malienne de franchir la ligne de démarcation entre l’Azawad et le Mali avant le règlement politique du conflit" qui oppose le MNLA et le Mali ne semble pas être écoutée par la France qui dirige les opérations.
Peut-on comprendre par là que la France rejette l’offre du MNLA de participer à l’éradication du terrorisme islamiste dans l’Azawad ? Si tel est le cas, la France aura fait son choix : protéger les putschistes de Bamako et leur permettre de reconquérir l’Azawad après quoi ils les laisseront, avec les armées d’autres États africains, pour se donner aux exactions qu’ils ont l’habitude de commettre.
La France aura ainsi trahi pour la énième fois les Touaregs, et par là même les Berbères.
La France semble avoir définitivement fait son choix, celui d’empêcher Imazighen, là où ils sont, d’accéder à leur souveraineté. Toutes les fois que cela est nécessaire, elle prête main forte à ceux qui ont programmé leur éradication. 
La France a fait le choix de ceux qui lui garantissent sa mainmise sur les richesses de cette Terre... Mais jusqu’à quand ? Que la France soit rassurée ; cela ne saura durer ! Tôt ou tard justice sera faite et la France récoltera ce qu’elle sème depuis près de deux siècles en Afrique du Nord... Il y a bien des femmes et des hommes qui n’accepteront jamais ce mépris et cette humiliation que la France leur fait subir...
Aujourd’hui, les Berbères qui tiennent à leur dignité et leur liberté se doivent de revoir radicalement leur attitude avec la France : une autre ère devra voir le jour... Jusqu’à preuve du contraire, la France participe du programme d’éradication de la berbérité, et c’est ainsi qu’elle devra être considérée !

La Rédaction.




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