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samedi 24 mai 2014

Refus de son dossier au Maroc :Freedom Now compte ester en justice




Aufait, 


Les membres de l'Association Freedom Now, dont Khadija Ryadi, ancienne présidente de l'AMDH, et Fatima El Ifriki, journaliste et ancienne coordinatrice du Comité national pour la liberté d'Ali Anouzla. /DR
Les membres de l'Association Freedom Now, dont Khadija Ryadi, ancienne présidente de l'AMDH, et Fatima El Ifriki, journaliste et ancienne coordinatrice du Comité national pour la liberté d'Ali Anouzla. /DR Agrandir

Le bureau exécutif de la nouvelle association de défense de la liberté d'expression, Freedom Now, compte ester en justice contre la wilaya de Rabat, après le refus par les autorités marocaines du dossier d'enregistrement.
Des sources concordantes ont affirmé ce jeudi que le bureau de l'association a mandaté maître Abderrahmane Ben Amrou pour déposer une plainte auprès du tribunal de première instance de Rabat.
Les mêmes sources affirment également qu'Abderrahim Jamaï et Mohamed Marouani, membre de cette ONG ont adressé mercredi une lettre de protestation au Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), présidé par Driss El Yazami, et à la délégation interministériel aux droits de l'Homme, présidée par Mahjoub EI Haiba.
Une autre lettre a été également adressée au Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, notent ces même source.
Jeudi dernier, le principal responsable de Freedom Now, Mâati Monjib a indiqué dans une déclaration à l'AFP que les services administratifs de la préfecture de Rabat ont refusé le dépôt de dossier de reconnaissance de son association.
Selon un communiqué de l'ONG, ses membres se sont rendus en personne à la préfecture qui avait refusé “à plusieurs reprises de réceptionner” le dossier présenté par un “huissier de justice les 9 et 12 mai”.
Lors d'un entretien, “les membres de l'association ont été oralement informés que les services de la préfecture refusaient catégoriquement de prendre possession du dossier, sans aucune sorte de motif”, d'après le texte.
L'ONG Freedom Now est née dans le sillage de l'affaire du journaliste Ali Anouzla, arrêté en septembre dernier pour la publication sur la version arabophone du site Lakome, qu'il dirige, d'un lien vers une vidéo d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) appelant au jihad et fustigeant le régime marocain.

samedi 25 janvier 2014

Maître Jamai: l'indépendance de la justice nécessite le démantèlement d'un dangereux gang tripartite

Par Ahmed Benseddik
Traduction Rida Benotmane

Maître Abderrahime Jamai


Dans le cadre de ses activités de sensibilisation, le Comité national pour la libération d'Anouzla a organisé ce vendredi 17 janvier 2014, une conférence-débat au siège central de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) sous le thème « médias et droits de l'Homme ».

La séance a été inaugurée par l'intervention de Maître Abderrahime Jamai sur le rôle de la justice dans la protection de la liberté d'expression. L'avocat a expliqué que les divergences sur la relation entre Justice et médias est chose normale dans une société démocratique mais que cette relation au Maroc est caractérisée par des tensions permanentes depuis l'existence de procès politiques. Pour lui, il est de l’intérêt de la justice que cette dernière soit sous contrôle de l'opinion publique et de la presse notamment car la Constitution et le principe de séparation des pouvoirs ne suffisent pas à eux seuls. Quant aux pratiques actuelles dans les affaires liées à la presse, la bâtonnier a signalé l'existence d'un « gang tripartite » composé de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), du juge d'instruction et du parquet pratiquant la tricherie et la fraude procédurale, et a considéré que l'indépendance de la justice nécessite le démantèlement de ce gang.

Par la suite, c'était au tour du journaliste Abderrahime Tafnout d'aborder le sujet des obstacles à la démocratisation du pôle publique audiovisuel. En tant que militant au sein du syndicat des journalistes de la chaîne de télévision 2M, Tafnout a dressé un sombre tableau de ce média autoritariste contrôlé directement par le Palais, à travers Fayçal Laraichi, Président directeur général de la Société nationale de la radiotélévision (SNRT). Selon Tafnout, le responsable se considère comme le représentant permanent du Roi au moment où les gouvernements sont éphémères, comme celui actuel qui fuient ses responsabilités. Le journaliste ne manquera pas de signaler la faiblesse du corps journalistique et de son aile syndicale, la pratique de la cooptation, l'absence de reddition des comptes, la soif d'enrichissement, la logique de rente et l'absence d'une puissance partisane capable d'aborder sérieusement le sujet, comme autant d'obstacles à la démocratisation du pôle public audiovisuel. 
Pour conclure, Tafnout a lancé un appel pour la formation d'un front efficace chargé d'extirper les médias publiques des mains du pouvoir car, selon le journaliste, ces médias sont financés par les citoyens mais offrent des produits de très mauvaises qualités, en monopolisant le discours en faveur des options royales sans respecter la pluralité.

De son côté, l'écrivain et journaliste Driss Ksikes a consacré son intervention au sujet du terrorisme du point de vues des journalistes et de l’État. Il scinda le phénomène en deux catégories : un terrorisme d'en haut, celui de l’État plaçant l'intérêt au dessus du droit et légitimant le meurtre au nom de la sécurité. Et un terrorisme d'en bas, de ceux qui pratiquent l'opposition par la force et la violence. Le journaliste a signalé que dans le cas du Maroc, le discours officiel reconnaît le terrorisme d'en haut, pratiqué dans le passé mais fait un black out sur celui d'aujourd'hui. Par ailleurs, Ksikes a cité les trois attitudes des médias face du terrorisme. Le premier consiste en une fascination accompagnée de rejet, le second consiste à prendre de la distance dictée par un souci d'indépendance, comme dans le cas Anouzla et enfin une troisième attitude consistant en une solidarité démocratique avec les adversaires du terrorisme et imposant un mur du silence. Mais cette dernière tendance tend à se contracter avec l'évolution du rôle du journaliste citoyen. Ksikes a conclu son propos en affirmant, qu'en général, les partis politiques sont les plus hostiles à la liberté de la presse car il ne font pas confiance aux médias et leurs rapports avec eux sont avant tout des rapports d'intérêts. C'est pourquoi, selon le journaliste, les forces démocratiques doivent investir ces instances et soutenir les membres favorables à la liberté de la presse.

Ensuite, c'est le journaliste tunisien et ancien Président de l'Instance pour la réforme des médias en Tunisie, Kamal Laabidi qui a pris la parole pour discuter des mécanismes de protection des journalistes et de la liberté d'expression. Laabidi a salué le rôle joué par les élites médiatiques, culturelles et de défense des droits de l'Homme qui ont suivi l'affaire Anouzla en contribuant, à l'aide de la pression internationale d'obtenir sa libération. Laabidi considère que cette expérience doit être capitalisée en renforçant les contacts internationaux. Le journaliste n'a pas manqué de rappeler que 75 journalistes ont été tués durant l'année 2013, dont 45 dans les pays arabes.

Avant de clore la conférence, la parole a été donnée à Khadija Riyadi, coordinatrice du Comité pour la libération d'Anouzla pour expliquer les perspectives de l'Instance et sa possible transformation dans un avenir proche, et au delà de son caractère factuel vers une organisation de défense des libertés d'expression et de la presse au Maroc. Elle a également insisté sur la nécessité de poursuivre la mobilisation et la pression pour obtenir l'abandon des poursuites contre Ali Anouzla et la levée de la censure sur les deux versions du site d'information Lakome.

Source: Sadan



vendredi 20 septembre 2013

Sit-in de solidarité à Ali Anouzla, prévu mercredi soir à Casablanca 18/9



Le directeur de Lakome arabophone Ali Anouzla a entamé sa garde à vue ce mardi. Ses avocats espèrent le rencontrer mercredi matin. Un sit-in de solidarité est organisé mercredi soir à 18h devant le siège de la BNPJ à Casablanca.
Ali Anouzla, interpellé mardi matin à Rabat sur ordre du procureur général de la cour d'appel de Rabat, a été placé en garde à vue au siège de la BNPJ à Casablanca, où il est interrogé par les enquêteurs de la police judiciaire. Ses avocats, maitre Naïma El Guellaf et les anciens bâtonniers Abderrahim Jamaï et Abderrahman Benamor, espèrent le rencontrer mercredi en fin de matinée après une première tentative infructueuse mardi après-midi.
La défense d'Ali Anouzla ne sait pas encore si le journaliste est poursuivi dans le cadre de la loi anti-terroriste de 2003, qui autorise une garde à vue de quatre jours sans accès à un avocat. Le communiqué du procureur général diffusé mardi matin indiquait par ailleurs que "les procédures judiciaires adéquates seront appliquées à la lumière des résultats de l'investigation" actuellement en cours.

El Pais poursuivi à son tour
Le quotidien espagnol El Pais, qui a publié la même vidéo sur son site internet, est lui aussi attaqué en justice par Rabat. "Le gouvernement marocain a décidé de poursuivre le quotidien El Pais devant les autorités judiciaires espagnoles compétentes", a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué publié en fin de journée par l'agence officielle MAP.
Le ministère dirigé par Mustapha Ramid estime que la diffusion sur le site internet d'El Pais de la vidéo en langue arabe "signifie qu'elle était adressée aux arabophones en général, et aux Marocains en particulier, et constitue de ce fait une incitation à perpétrer des actes de terrorisme dans le royaume, et une menace pour la sécurité des citoyens marocains et leurs biens", selon la même source.

Appel à un sit-in mercredi à Casablanca
L'interpellation d'Ali Anouzla a provoqué une vague d'indignation sur les réseaux sociaux et au sein de la société civile. Une page Facebook de soutien à Ali Anouzla a été créée mardi et compte déjà plus de 2300 membres.
Un sit-in de solidarité avec Ali Anouzla est par ailleurs organisé mercredi soir à 18h à Casablanca, devant le siège de la BNPJ, sur le boulevard Roudani.
La fédération marocaine des droits de l'homme a exprimé mardi son soutien à Ali Anouzla, tout comme le mouvement "ANFASS démocratiques" dont voici le communiqué :
Anfass démocratiques a appris avec consternation l'arrestation du journaliste marocain Ali Anouzla rédacteur en chef du site d'information électronique Lakome version arabe.
Cette arrestation choquante et incompréhensible semble être en lien avec  la publication, par Lakome (comme plusieurs médias marocains et internationaux) d'une information sur une vidéo de la nébuleuse terroriste AQMI, selon le communiqué du parquet.
La version arabe du site Lakome s'est contentée de relayer l'information en publiant un lien vers un article sur le site du journal espagnol ElPais, sans en aucun cas publier la vidéo.
Nous trouvons tout à fait répressive la saisie des ordinateurs de la rédaction du site Lakome par les autorités. Cette atteinte claire à la liberté de la presse et la confidentialité des sources, nous pousse à nous interroger sur les véritables raisons de cette arrestation que nous jugeons clairement liberticide.
En se basant sur ce qui précède, Anfass :
- exprime sa totale solidarité avec le journaliste Ali Anouzla et la rédaction du site Lakome.
- condamne avec la plus grande fermeté les intimidations dont continuent à être victimes les journalistes et la presse indépendante au Maroc.
- exige du gouvernement et en la personne de M Mustapha Ramid de donner ses instructions fermes pour que l'investigation respecte scrupuleusement les principes d'une enquête indépendante dans une affaire où la liberté d'expression est clairement mise en cause. La poursuite de Mr Anouzla doit, en tout état, être exclusivement selon le code de la presse.
- appelle à instaurer une instance ordinale régissant les droits et obligations des journalistes et des médias, intermédiaires dans l'Etat de Droit.
- continuera sa mobilisation et suivra de près l'avancement de cette enquête qui rappelle tristement des épisodes sombres de notre histoire moderne.

 http://fr.lakome.com/index.php/maroc/1357-ali-anouzla-place-en-garde-a-vue-un-sit-in-de-solidarite-prevu-demain-soir-a-casablanca?fb_action_ids=602076789840664&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map={%22602076789840664%22%3A578492585529707}&action_type_map={%22602076789840664%22%3A%22og.likes%22}&action_ref_map=[]
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 Par Ali Lmrabet
J'espère qu'Ali Anouzla va se montrer digne face à ces connards de la police et de la justice cherifiennes. Le sacrifice des journalistes indépendants doit de temps en temps se manifester pour ne pas laisser mourir la liberté d'informer dans ce pays.

  Grâce  aux répresseurs cette vidéo va connaître sûrement un immense succès qui va dépasser nos frontières

Merci qui ?

Merci "Sidna", El Himma et leur chien de garde Abdellatif Hammouchi, patron de la DST.

Quant au ministre de la justice, El Mostafa Ramid, il n'est sûrement pas au courant. Il prépare son énième voyage à la Mecque.
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Publié par La version marocaine (extraits), 18/9/2013


Ali Anouzla, toi tu sais, eux savent et nous aussi.J’ai presque envie de dire : Ce n’est pas bientôt fini vos conneries là ? Heureusement que le ridicule ne tue pas sinon il y aurait des cadavres un peu partout à ‘’DAR el MEKHZEN”.
(...)
Donc, en apprenant tout à l'heure qu’ Ali Anouzla a été arrêté et est accusé d’apologie au terrorisme pour avoir diffusé sur son site arabophone Lakome, un lien vers une vidéo d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) appelant à commettre des actes terroristes au Maroc et surtout dénonçant l’affairisme effréné du roi et de ses amis, et citant les révélations de Wikileaks qui confirment ces faits, je me suis dit que ces imbéciles n’ont pas encore compris qu’on a changé d’époque.
Je me suis dit aussi que s’appeler Ali et être journaliste intègre au Maroc nous donnait notre triple A à nous, Ali Ali Ali, Ali Lmrabet, Ali Ammar, Ali Anouzla.
Et je me suis dit encore qu'ils devaient arrêter EL Pais, El Jazeera et tous les autres médias qui ont diffusé cette vidéo, parce que Eux, c'est SIMBA, le roi de la jungle.
Pour revenir à ces imbéciles, Ils n’ont pas encore compris qu’ils cherchaient la merde en agissant de la sorte et que s’ils ont acheté les médias classiques qui vendent leur cul par lâcheté, par affairisme ou par manque de dignité, ils n’ont pas la main sur les réseaux sociaux et les médias électroniques, ils ne l’ont pas non plus sur la mobilisation de la société civile.
Pourtant, je suis tentée de leur dire, l’affaire DanielGate n’est pas si loin.
Pourtant, je suis tentée de leur dire, vous avez tous chié dans votre froc au point de nous offrir des concessions historiques quand FaceBook vous a surpris en vous mettant des milliers de marocains dans les rues.
Vous avez la mémoire trop courte Messieurs.
Nous serons à Casablanca mercredi soir et à Paris Samedi. Nous serons partout, pour vous rappeler.
Quand au ministre de la justice, sous les ordres duquel agit le parquet, j’ai envie de lui redire exactement ce que je lui avais dit pendant le DanielGate : "Sinon, toi ça va? Comment tu te sens? Tu n'as pas envie de te suicider là tout de suite ? Je veux dire, ta fierté, ta dignité en tant que responsable politique, en tant qu'être humain, en tant que marocain, tu vois de quoi je parle ? ou c'est un truc que ton gouvernement a définitivement perdu depuis qu'il a baissé son froc jusqu'aux chevilles.
Sauf que maintenant ton gouvernement a carrément le cul à l’air, plus de froc du tout. “
Et j’ai même envie de lui rajouter ‘’ Tu te rappelles quand tu défendais les victimes de la loi sur le terrorisme ? Tu te sens bien maintenant quand tu l’utilises pour faire d’un des hommes les plus intègres du pays une victime ? C’est un visage que tu as ou c’est ..? … wé, tu as raison, va préparer ton pèlerinage. “
Je ne parle même pas du syndicat de la presse qui enfonce le journaliste qu’ils ne pourront jamais être, l’homme qu’ils ne pourront jamais être, le Marocain qu’ils ne pourront jamais être. Allez tous crever, journaleux frileux miteux !
En attendant ces imbéciles ont réellement le pouvoir de briser la vie d’Ali Anouzla, et avec lui, tout l’idéal et le projet qu’il porte. Ils ont le pouvoir de nous imposer l’ignorance et l’obligation de gober les conneries qu’ils diffusent dans leurs médias de vendus à travers des journalistes qui n’en ont que le nom, ils ont le pouvoir d’utiliser leurs marionnettes débiles, de contourner leurs lois débiles pour faire taire, brimer, humilier et détruire.
Mais nous, nous avons le pouvoir qui leur fait peur, celui de la mobilisation, celui de la rue.
Nous avons le pouvoir du nombre et d’internet. Celui de la lucidité et de l’humanisme.
Nous avons le pouvoir de faire notre métier d’être humain et  Marocain.
Et nous avons même l’obligation de le faire. Alors faisons-le !
Pour lui, pour nous, pour nos enfants, pour ceux qu’ils ont tués avant nous et qu’ils tueront encore, pour ceux qu’ils ont brisé avant nous et qu’ils briseront encore.
Non, pas cette fois-ci.
Non, nous ne vous laisserons pas Ali Anouzla.
Marocaine version : “Non, pas Ali, pas cette fois-ci”.

 Texte complet : http://la-version-marocaine.overblog.com/ali-anouzla-toi-tu-sais-eux-savent-et-nous-aussi

vendredi 30 août 2013

DanieGate : Elanser poursuivi en justice pour sa responsabilité dans la répression sanglante du 2 août



Un manifestant violemment réprimé par des éléments des forces de l'ordre lors de la manifestation du 02 août 2013 devant le Parlement marocain


Mandaté par le CMODDH, Maître Abderrahime Jamai intente une procédure spéciale contre le ministre de l’Intérieur, Mhand Elanser pour sa responsabilité présumée dans la répression policière sanglante d’une manifestation pacifique devant le Parlement marocain contre la grâce royale accordée au pédophile Daniel Galvan.

Jeudi après-midi, une réunion s’est tenue au siège du Collectif marocain des organismes de défense des droits de l’homme (CMODDH) à Rabat. Une commission a été constituée et présidée par Maître Abderrahime Jamai. Housein Ihenache, représentant du Forum de la dignité pour les droits de l’homme au sein du collectif a confié à Lakome que "cette commission a pour charge de faire le suivi juridique des violences policières contre une manifestation pacifique qui s’est tenue face au Parlement le vendredi 2 août dernier. A l’ordre du jour de la réunion d’hier, l’action pénale intentée contre le ministre de l’Intérieur suite aux agressions policières dont ont été victimes, des manifestants pacifiques venant exprimer leur indignation face à la grâce royale accordée, au pédophile Daniel Galvan, actuellement arrêté en Espagne".


L’aspect juridique de la démarche

Interrogée par Lakome, la coordinatrice du CMODDH, Mme Khadija Riadi a précisé qu’ "une action pénale a été intentée contre le ministre de l’Intérieur pour dégager les responsabilités et identifier les personnes responsables des crimes commis par des agents des forces de police contre des manifestants pacifiques".

Il s’agit d’une procédure judiciaire spéciale impliquant un ministre du gouvernement. Pour cela, une plainte a été déposée, par Maitre Jamai, avocat mandaté par le collectif auprès de la Cour suprême, quelques jours après l’agression policière du 02 août. De son côté, Mhand Elanser, ministre de l’Intérieur avait ordonné une enquête interne au sein de son département le lendemain des événements mais une source proche du dossier a confié à Lakome qu’"une enquête de ce genre aboutirait au mieux à une sanction administrative qui, dans ce type de ministère, ressemble plus à une promotion pour les responsables des violences".  

Actuellement, la commission chargée du dossier au sein du CMODDH travaille à réunir les éléments nécessaires à la constitution d’un dossier circonstancié qui permettra de défendre l’affaire devant les tribunaux marocains "mais également devant les instances internationales de défense des droits de l’homme" précise Khadija Riadi.

Au Maroc, l’action pénale, en tant qu’action publique est un privilège étatique. En d’autres termes, le ministère public est compétent pour classer n’importe quelle affaire au gré et contre tous. L’affaire des primes Mezouar/Bensouda est là pour nous le rappeler. Devant ce cas figure, Khadija Riadi déclare que "le collectif ne ménagera aucun effort pour dénoncer pareille hypothèse. Une conférence de presse est prévue prochainement pour expliquer la démarche du CMODDH contre les transgressions des forces de l’ordre aux droits constitutionnels des citoyens marocains".


La dimension politique

Au delà des appréciations controversées sur le caractère démocratique de la constitution marocaine de 2011, il n’en demeure pas moins que son article 29 a donné de nouveaux droits aux citoyens marocains parmi lesquels, le droit de manifester pacifiquement. Mieux encore, ce droit a été placé au même niveau que le droit de grève. Est-il alors concevable, dans un pays de démocratie, qu’un droit similaire au droit de grève, sur le plan constitutionnel soit aussi violemment réprimé comme ce fut le cas le vendredi 2 août 2013 ? De plus, cet article 29 est conforté par l’article 22 stipulant qu’ "il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique". Dans cette affaire, la justice marocaine résonnera-t-elle en harmonie avec ces dispositions constitutionnelles pour retenir la responsabilité pénale de personnes publiques, auteurs de crimes présumés ? Espérons-le en tout cas.

http://fr.lakome.com/index.php/maroc/1305-daniegate-repression-contre-les-manifestants-elanser-poursuivi--justice

vendredi 26 juillet 2013

Violée par des “fils de” : Grâce à la mobilisation massive sur Internet , une tournure porteuse d'espoir contre l'impunité !


Par Aufait Maroc, 

Pour qu'il n'y ait plus deux poids, deux mesures, dans de telles affaires au Maroc. /DR
Pour qu'il n'y ait plus deux poids, deux mesures, dans de telles affaires au Maroc. /DR Agrandir
Il y a 20 jours, deux jeunes filles de 17  ans ont le malheur de sortir un soir avec un ami, connu de la famille d'une des deux jeunes. La virée nocturne tourne au drame quand le garçon et une de ses connaissances, respectivement 20 ans et 31 ans, tentent de les violer à l'aide de substances étranges au fond de leurs verres puis d'armes blanches.
Les deux jeunes hommes se targuent d'être intouchables au vu des positions de leurs paternels, un militaire haut gradé et un haut fonctionnaire.
Jihane, l'une des jeunes femmes, échappe de peu à cet acte barbare mais sa copine n'a pas cette chance. Les deux hommes s'excusent de ce qui vient d'arriver, mettant cela sur le dos de l'alcool.
Heureusement, en rentrant, Jihane avoue tout à sa mère. Cette dernière, Fatim Zahra Yaâcoubi, monte un dossier et porte plainte une semaine après le drame. Le médecin de Jihane constate des bleus, des hématomes mais surtout un traumatisme.
Mercredi, devant le tribunal de première instance de Hay Riad à Rabat, les deux accusés ont tout avoué et même reconnu avoir prémédité tous les événements de la soirée. Ils sont inculpés de viol avec préméditation et tentative de meurtre sur mineurs, et mis en détention. La prochaine audience est prévue le 5 août prochain.

Fin de l'impunité ?
Cette histoire est loin d'être unique au Maroc. La volonté de la famille de Jihane ainsi que l'appui des réseaux sociaux donnent pourtant à ce drame une tournure porteuse d'espoir pour bon nombre de jeunes filles, qui préfèrent garder le silence pour éviter la honte et l’opprobre de la société.
Aujourd'hui, la page Facebook de soutien à ces deux jeunes filles recueille près de 8.800 personnes solidaires du combat mené. Pour apporter votre voix à cette volonté de justice et à la fin de l'impunité de ceux d'en haut .

https://www.facebook.com/pages/En-soutien-a-Fatim-Zahra-Yaacoubi/422508864535114?hc_location=stream


 http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2013/7/25/internet-se-mobilise_214517.html?utm_source=daily_newsletter&utm_medium=e-mail&utm_campaign=aufait_newsletter#.UfIjjqyORYU
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Jihane et Hiba : que la honte change de camp! 

Jihane et Hiba : que la honte change de camp!Aujourd’hui, Fatim-Zahra Yaakoubi et Jamila Sayouri nous ont donné une belle leçon de courage. Elles ont rejeté toute forme de compromis avec les agresseurs de leurs jeunes filles, malgré la pression et le poids de la tradition dans une société patriarcale, où les droits de la femme sont bafoués au quotidien. Ces femmes se sont insurgée contre le crime, avec bravoure et dignité, soutenues par leurs conjoints, des amies et de parfaits inconnus ayant répondu aux nombreux appels à soutien spontanés sur facebook.

Les faits :
Dans la nuit du 4 au 5, une sortie normale en compagnie d’un ami de la famille s’est vite transformée en cauchemar pour Jihane et Hiba, lorsque le jeune R.T., accompagné par K.B., un individu plus âgée (33 ans) méconnu du groupe d’amis, a changé de destination pour isoler les jeunes filles. Menacées avec des armes blanches et des battes en fer, frappées et surtout humiliées, Jihane et Hiba se débattent jusqu’au bout… Viol et agression à caractère sexuel ont lieu. Les agresseurs recourent aux menaces pour intimider les jeunes filles et les empêcher de porter plainte. Statut social aidant (l’un des agresseurs est fils de haut gradé de l’armée et le second est le gendre d’un ancien haut responsable, père d’un malheureux enfant en très bas âge) les agresseurs comptent s’en sortir impunément.

La plainte :
Après des heures interminables de violence et de terreur, le choc est tel que les victimes perdent la voix. Mais soutenues par Maitre Jamai et Maitre Saadia Weddah, elles parviennent à rédiger un récit des faits… Dans les familles, c’est la panique. Les parents sont horrifiés, déprimés, en colère, mais entament la procédure légale pour prouver l’agression sexuelle et rechercher l’autre individu. 15 jours s’écoulent avant que les deux familles ne déposent plainte. Les filles sont écoutées vendredi 19 juillet et l’arrestation a lieu lundi 22. L’interrogatoire ne dure pas longtemps avant que les coupables n’avouent leur crime : excès de confiance?

L’audition du Procureur : 
Ce matin, à 10 h du matin, nous étions des dizaines de femmes à attendre le verdict du procureur du roi à la Cour d’Appel à Hay Riad. Des amies, des parents et des femmes (que des femmes presque) venues spontanément apporter leur soutien, telle cette psycho-sociologue qui s’est déplacée de Casablanca, pour soutenir et applaudir la bravoure de ces mères et s’assurer que justice soit faite.
Pourquoi cette mobilisation? la suffisance des agresseurs et leur confiance en leur impunité ont dû être les principales raisons du soutien massif qui a suivi l’appel à l’aide de Fatim-Zahra Yaakoubi sur facebook et via notre groupe. Les attaques reçues par certains de  commentateurs anonymes et les tentatives de semer le doute dans les versions des filles n’ont fait que renforcer l’engagement des uns et des autres pour que justice soit faite.
Nous avons vu les avocats des coupables se rétracter, un à un, pendant que d’autres avocats venaient à la rescousse à Maître Jamila Sayouri qui n’est autre que la présidente de l’Association Adala (justice)… Elle représente sa fille Hiba aux côtés de Maître Abderrahim Jamaï qui représente la 
deuxième victime, Jihane.
Les deux jeunes filles sont écoutées à nouveau. L’interrogatoire est sans merci, direct et dur, mais la sentence apaise les craintes de tout le monde. Après avoir entendu les différentes parties de l’affaire, le procureur du roi enferme les coupables et fixe le procès au 5 août prochain. Une date à laquelle nous devrions être là pour veiller à ce que justice soit faite, sachant que les lois en vigueur nécessitent encore des réformes sérieuses. En effet, la définition du viol dans la législation marocaine laisse aux violeurs de larges chances de s’en sortir. Ledit procès devrait relancer le processus de révision de notre arsenal juridique. Un challenge qui ne pourra être relevé que si la société civile s’implique davantage.
Ne lâchons pas !
 
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dimanche 14 juillet 2013

Est-ce que le Maroc vit en état d’exception ?




Deux ans se sont écoulés depuis l'adoption de la nouvelle constitution, après l'intifada de la jeunesse du 20 Février contre le despotisme et les rituels de la corruption. Deux ans pendant lesquels des jeunes et des moins jeunes ont déliré à n'en plus finir, pour chanter les louanges de cette nouvelle Constitution, dont les chapitres regorgent de droits, de libertés et de garanties.

Abderrahim Jamai
Parce que les Marocains aspirent à beaucoup de bonheur, au point d'aller surfer sur les vagues de la mort en empruntant les barques de l'immigration clandestine, ils ont fait de nombreuses lectures du texte constitutionnel et attendu à ce jour des actions gouvernementales concrètes pour le traduire en bonheur, aussi éphémère soit-il, en transformant ses principes en règles, textes et dispositions agissantes qui créent le sentiment que quelque chose a vraiment changé dans la vie du citoyen, que la routine est brisée, et qu'il y a une mobilisation collective en mesure de nous arracher de la misère, aussi bien sur le plan politique que celui des droits et humains. 
La situation du Maroc est bien mauvaise et la Constitution du Maroc est gelée. Nous sommes dans un état d'exception. Le citoyen vit plus que jamais dans la crainte et l'angoisse. Quelle est notre perception de cette situation et quelles sont ses faces les plus sombres ?
L'article 6 de la Constitution qui prévoit que tous, personnes physiques et morales y compris les pouvoirs publics, sont égaux devant la loi et sont tenus de s'y soumettre. Cet article est gelé car l'Etat pratique l'abus de pouvoir et refuse de se conformer à la loi et à la faire respecter en donnant l'exemple au citoyen. 
L'Etat refuse souvent d'appliquer les décisions de justice, et applique la loi de façon sélective, selon le statut social, financier ou la position hiérarchique du concerné. Un exemple criant est son refus d'ouvrir une enquête dans l'affaire des échanges de primes entre l'ancien ministre des Finances et le Trésorier Général du royaume.
Comme les articles 12 et 13 sont tout aussi gelés, les associations et les organisations non gouvernementales ne bénéficient pas du droit de préparer les décisions et les projets dans le cadre de la démocratie participative et il n'y a pas de texte qui lui garantit ce droit. De même, rien ne lui donne la possibilité de partenariat avec les pouvoirs publics dans l'élaboration des politiques publiques et leur mise en œuvre.
Le citoyen demeure privé de son droit de présenter des motions législatives ou présenter des pétitions aux autorités, conformément aux articles 14 et 15 de la Constitution.
Les jeunes filles et les jeunes garçons sont toujours menacés dans leur vie, dans leur sécurité physique et leur santé, leur sécurité alimentaire et celle de leur l'environnement. Les femmes ayant droits à des terres collectives en sont toujours privées, et les femmes domestiques de maison sont toujours exploitées et subissent l'humiliation, l'inégalité et ce qui tue leur dignité, à savoir la discrimination de la part de l'État et du pouvoir, contrairement à l'article 19 de la Constitution.
Ne parlons pas du droit à la vie, qui végète encore en bas de l'échelle de la protection juridique par le maintien de la peine de mort dans les textes et dans les jugements, en dépit de l'article 20, tandis que la torture, l'atteinte à la sécurité physique, les traitements cruels, l'arrestation illégale et arbitraire et la détention dans des lieux secrets, sont tous des actes encore pratiqués par ceux qui sont payés pour appliquer la loi, de même que la présomption d'innocence est violée par ceux dont la responsabilité est de la protéger et la garantir. Les prisons et les centres pénitentiaires sont encore le théâtre d'abus et de violations des droits, comme si l'article 23 de la Constitution n'existait pas.
La liberté d'opinion et d'expression, et avec elles les professionnels des médias, subissent les pressions et les humiliations, sans parler des poursuites judiciaires en particulier lorsque les sensibilités du pouvoir sont dans l'équation, et ce malgré l'article 25 de la Constitution.
L'information est encore un tabou pour le citoyen qui ne peut toujours pas l'obtenir de la part des institutions et administrations, en dépit de l'article 27.
Contrairement à l'article 29, le droit de grève est bafoué et soumis à des contraintes.
Il existe encore des zones du Maroc où les citoyennes et les citoyens ne connaissent pas le goût de l'eau potable ni les bienfaits de l'électricité, certains vivent même sans un plafond qui les protège contre la neige en hiver, ni route goudronnée, ni soins médicaux, ni travail, ni salaire, contrairement aux dispositions de l'article 31.
En dépit de l'article 33 de la Constitution, de nombreux jeunes restent marginalisés sans travail et sans perspective d'intégration sociale, et sont généreusement bastonnés par les forces de l'ordre sur la voie publique, sans que les responsables sécuritaires des bastonnades, humiliations et autres agressions ne rendent compte de leur abus.
L'abus de pouvoir et le trafic d'influence et de privilèges sont monnaie courante au sein des centres d'influence politique et économique. Le manque d'intégrité morale et la corruption entachent les passations de marchés dans tous les secteurs, au vu et au su des citoyens et des autorités, contrairement à l'article 36.
Quant à la mise en conformité des lois marocaines avec les conventions internationales relatives aux droits de l'homme, elle demeure gelée dans de nombreux domaines de la vie. Certains protocoles approuvés sont en attente de publication au Journal officiel, alors que la procédure d'examen de la constitutionnalité des lois est suspendue, comme est suspendue la Cour constitutionnelle elle-même, tandis que des notions ou des institutions aussi capitales que le Pouvoir judiciaire et le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire semblent otages des ténèbres des huis clos où le pouvoir les mijote à sa guise et à son rythme ...
Voici quelques unes des manifestations de cet état d'exception que vit notre pays. On voit bien que la Constitution est bien suspendue, alors que c'est la loi suprême qui nous invite explicitement et invite les autorités à la respecter et s'y conformer.
Est-il normal dans un État qui se respecte que les articles essentiels de sa loi fondamentale soient gelés et ignorés, et que l'autorité publique dont la mission est de la respecter, la viole au quotidien et en public ?
Une Constitution et ses dispositions ne sont pas rédigées uniquement pour être ostensiblement lues à l'occasion des réunions ou studieusement citées sur les plateaux de télévision. L'intérêt et la vocation d'une Constitution est d'être présente dans la vie pratique, c'est le sentiment concret qu'a tout un chacun que toutes les dispositions de ce texte sont réellement en vigueur partout et à chaque instant, et qu'il bénéficie de toutes les garanties et tous les droits qui y sont mentionnés. La raison d'être d'une Constitution est d'être respectée rigoureusement et dans ses moindres détails, par l'Etat et l'autorité publique d'abord, et par les citoyens ensuite.
Nous vivons au Maroc sous un état d'exception explicite, qui nous est imposé, et que nous acceptons de bonne grâce sans rechigner et encore moins protester ou dénoncer.
Il y un déficit d'institutions, comme le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, la Cour constitutionnelle ..., auquel s'ajoute la confiscation d'un certain nombre de droits, en plus de l'existence d'autorités qui n'exercent pas leur compétence et de certains droits qui sont étouffés. En un mot, nous avons tous les ingrédients de ce que la science politique qualifie d'état d'exception.
C'est le triste sort de la Constitution qui a permis l'espoir. A force de s'entêter à l'ignorer et la geler, les autorités publiques ont réduit les pauvres chapitres de cette Constitution à l'état de cadavres juridiques qui jonchent les espaces de la vie publique, et partant de là, ceux de la vie des citoyens.
L'Etat et les pouvoirs publics ne sont pas conscients des dangers de cette situation dont nul ne peut prévoir les conséquences dans l'avenir. Quoi qu'il en soit, il est de notre droit en tant que citoyens à refuser cette situation, revendiquer qu'il y soit remédié et demander des comptes aux responsables de cette paralysie.
Quelle est alors la différence, devant cette situation d'exception, entre le Maroc d'avant la Constitution d'après, si l'État, deux ans après son adoption, est incapable de créer un climat de confiance et de foi en cette Constitution en prenant toutes les mesures pour l'appliquer et lui donner vie? Quelle est en fin de compte la différence entre l'état d'exception de l'année 1965 et l'état d'exception aujourd'hui?
Les jeunes du mouvement du 20 Février sont sortis pour revendiquer un Etat de droit et des institutions. Malheureusement, après l'adoption de la Constitution, nous sommes devenus des citoyens dans un Etat où les lois et les institutions sont en position Off. Nous devons par conséquent rendre un hommage posthume au penseur et professeur Driss Benali, qui nous a quittés récemment. En effet, il considérait que le Maroc vivait dans un état d'exception depuis 2002, d'après ce qu'il a publié dans le journal l'Economiste en Octobre de la même année.
Abderrahim Jamai
Traduction Ahmed Benseddik

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