Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est atteinte à l'intimité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est atteinte à l'intimité. Afficher tous les articles

dimanche 7 décembre 2014

Clash entre le chef du gouvernement et Zakaria Moumni à Paris

7/12/2014
benkirane
Lors d’une conférence à la Maison des mines de Paris, le chef du gouvernement marocain, l’islamiste Abdellilah Benkirane, a été interpellé par l’ancien prisonnier politique Zakaria Moumni.
Ce dernier a pris la parole pour parler longuement des faits de torture dont il a été victime au Maroc et de l’impunité dont bénéficient les deux responsables qu’il dénonce : le patron de la DST (police politique marocaine), Abdellatif Hammouchi, et le directeur du cabinet particulier du roi, et son homme à tout faire, Mohamed Mounir Majidi. 
L’ancien du monde de boxe thaïe a rappelé comment il a été enlevé en septembre 2010 à l’aéroport de Rabat, séquestré et torturé au centre clandestin de détention de la DST à Temara, avant d’être condamné suite à un procès fabriqué, puis incarcéré pendant 18 mois en prison. Il a expliqué comment il a obtenu sa grâce en février 2012, après qu’un émissaire du roi se soit présenté pour lui demander que son épouse lève le pied sur les médias et qu’elle cesse d’alerter les associations de défense des droits de l’homme. Puis, comment, après sa libération et son retour en France, il avait demandé audience au roi pour lui raconter ce qui se pratique dans son pays. Et enfin, la médiation du ministre de l’intérieur de l’époque, Mohand Laenser, qui avait pris contact avec lui se présentant comme « mandaté par le roi » et l’a invité lui et son épouse, le 3 mars 2013, à séjourner au Maroc en vue d’une audience avec le roi.
 http://youtu.be/5lCr-tDqraQ
Alors qu’il racontait son histoire, des individus ont tenté violemment de lui couper la parole, et d’autres lui ont promis que le chef du gouvernement lui parlerait « en privé » à la fin de la conférence.
Comme on le voit sur la video, l’audience a alors hué et protesté pour que Moumni  puisse continuer de parler. Certains ont même menacé de quitter la salle si on ne l’autorisait pas à terminer son exposé.
Moumni a dû expliquer sans micro (qui s’est « cassé » dans sa main) qu’il est depuis le mois d’octobre victime d’un odieux chantage par les autorités marocaines : il a été destinataire de deux photos truquées à caractère pornographique le représentant dans la chambre de l’hôtel La Tour Hassan à Rabat où le ministre Laenser l’a fait séjourner.
Ces photos étaient accompagnées d’un message de menace lui demandant de retirer ses plaintes pour torture en France à l’encontre de Hammouchi et Majidi ou sinon il allait se retrouver avec « 57 autres disponibles ». Un individu est même allé jusqu’à le menacer à son domicile.
Son séjour à l’hôtel La Tour Hassan avait été organisé et entièrement pris en charge par l’ancien ministre de l’intérieur, Mohand Laenser, dans le but d’organiser une rencontre entre lui et le roi du Maroc, suite à ses demandes d’audience.
Le dispositif de surveillance mis en place dans la suite de l’hôtel avait été installé par les services du renseignement marocain, la DST, comme le ministre l’a admis de lui-même sur le site le360, en avril 2014. « Il a été filmé, cependant, par des éléments du renseignement marocain durant les négociations », avait déclaré Laenser.
Les avocats de Moumni, Patrick Baudouin et Clémence Bectarte, ont déposé mardi 2 décembre en son nom une plainte auprès du Tribunal de Grande Instance de Nanterre pour atteinte à l’intimité de la vie privée, menace ou toute autre acte d’intimidation, commis en vue de déterminer la victime d’un crime ou d’un délit à ne pas porter plainte ou se rétracter.
Par la suite, après la fin de la conférence, le chef du gouvernement a voulu quitter en catimini  la salle. A ce moment Zakaria Moumni l’a interpellé à nouveau. Benkirane lui a alors répondu : « Je connais l’affaire, je ne peux rien faire ! ». 
Au moins c’est clair.
Propos recueillis par Demain

Partagez nos articles sur les réseaux !