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mercredi 8 juin 2016

Comment le Maroc veut éradiquer l'analphabétisme?

ALPHABTISME

ENSEIGNEMENT - Des chiffres qui donnent froid dans le dos, malgré une progression continue dans le domaine depuis une dizaine d'années. Selon le Haut commissariat au plan (HCP), le Maroc comptait en 2014 8,6 millions d'analphabètes sur 33,8 millions d’habitants, contre 10,2 millions en 2004, soit 32% de la population. Comment éradiquer le phénomène? C'est l'une des questions posées au ministre délégué auprès du ministre de l'Education nationale et de la formation, Khalid Berjaoui, mardi lors de la séance des questions orales à la chambre des représentants.
Et selon le ministre haraki, les programmes gouvernementaux de lutte contre l'analphabétisme visent à alphabétiser 1,2 millions de Marocains par an. Selon lui, le programme piloté par l’Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme (ANLCA) donne la priorité aux jeunes qui ont entre 15 et 34 ans. Le programme d'alphabétisation donne également la priorité aux zones rurales et semi-urbaines, pour ainsi former la population active illettrée et non formée, a ajouté Khalid Berjaoui.
En attendant, malgré les divers programmes mis en place au cours des dix dernières années, l’analphabétisme touche encore une grande partie de la population marocaine. Et avec un taux d’analphabétisme de 41,9%, ce sont surtout les femmes qui en souffrent, notamment dans les campagnes.

Des disparités qui trouvent leur origine dans "les pratiques et conceptions culturelles des familles, surtout en milieu rural, qui accordent peu d’importance à l’éducation des petites filles et préfèrent qu’elles arrêtent précocement l’école sans avoir acquis les compétences de base et ce, pour rester à la maison, aider aux tâches ménagères et se marier dès que l’occasion se présente", selon Mounia Benchekroun, experte sur les questions d'éducation.
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samedi 16 mai 2015

OCDE : Les écoles marocaines parmi les pires au monde



Par Larbi Amine - publié 13/5/2015

Paris : L’organisation de coopération et de développement économique – OCDE a produit un rapport mondial sur la qualité des écoles par pays dans le monde. Sur une liste de 76 pays objets d’évaluation, le Maroc s’est classé 73e.


PH Archive
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En effet, l’OCDE a produit un nouveau rapport sur les systèmes éducatifs et la qualité des écoles, par pays dans le monde. Ce rapport est le résultat d’un travail d’évaluation auquel ont été soumis 76 pays des cinq continents. Un classement de ces pays, en matière de qualité de leurs écoles, a été ainsi dressé.
Selon le site du journal émirati, The National, l’OCDE a classé le Maroc sur cette liste, dans un rang des plus reculés. Sur 76 pays, le royaume est arrivé 73e, se classant ainsi parmi les pays ayant les pires écoles au monde.

Le rapport de l’OCDE qui devra être officiellement présenté la semaine prochaine, lors du Forum mondial sur l'éducation en Corée du Sud, reproche aux écoles du Maroc et à celles des pays qui se classent dans sa catégorie, le sous-développement de leurs programmes scolaires, lesquels, déplorent les experts de l’OCDE, sont majoritairement basés sur des méthodes d’apprentissage par cœur et étouffent l’esprit analytiques chez les élèves.

Les rédacteurs du rapport ont relevé que dans cette catégorie de pays mal classés, les élèves apprennent à mémoriser une date ou une information, mais quand ils sont confrontés à une question dans un test qui requiert un esprit analytique et un travail de logique, ils ne peuvent pas le faire.

Dans la zone MENA le classement s’est présenté comme suivant : Les Emirats arabes unis (45e), l'Iran (51e), Bahreïn (57e), le Liban (58e), la Jordanie (61e), la Tunisie (64e), l’Arabie Saoudite (66e), le Qatar (68e), Oman (72e).

La tête du classement mondial, est occupée par Singapour alors qu'à la dernière place est classé le Ghana.

OCDE

Siège de l'OCDE à Paris
Siège de l'OCDE à Paris
L'Organisation de coopération et de développement économiques - OCDE, est une organisation internationale d’études économiques, dont les pays membres, des pays développés pour la plupart, ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d’assemblée consultative.
L’OCDE a succédé à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) issue du plan Marshall et de la Conférence des Seize (Conférence de coopération économique européenne) et qui a existé de 1948 à 1960. Son but était l'établissement d'une organisation permanente chargée en premier lieu d'assurer la mise en œuvre du programme de relèvement commun (le plan Marshall), et, en particulier, d'en superviser la répartition.

En 2010, l’OCDE compte 34 pays membres, regroupe plusieurs centaines d’experts dans ses centres de recherche à Paris (le siège est au château de la Muette) et publie fréquemment des études économiques, analyses, prévisions et recommandations de politique économique et des statistiques.
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mardi 12 mai 2015

Lorsqu’un handicapé lutte pour avoir son doctorat


Vidéos

Une personne souffrant de paralysie partielle dénonce qu’on ne l’ait pas autorisée à soutenir sa thèse de doctorat à l’université de Fès.

Il s’appelle Adil Outnil et vit dans un des bidonvilles de Fès. Depuis qu’il est né, il souffre d’une paralysie partielle. Sa mère est morte alors qu’il n’avait que deux ans et c’est son père qui s’est chargé, seul, de son éducation. Quand il a atteint l’âge de cinq ans, un médecin a annoncé à son père que celui-ci ne guérira jamais de cette maladie. A ce moment, son père lui a demandé juste une chose : avoir un doctorat.
Dès son enfance, Adil se souvient que plusieurs professeurs (au collège et au lycée) avaient tout fait pour le pousser à abandonner sa scolarité :
J’ai mené plus de 14 luttes contre des professeurs et contre des écoles. Après j’étais obligé de mener d’autres luttes pour obtenir une bourse à l’université et que je sois accepté par les professeurs.
Après avoir fini son cycle universitaire, cet admirateur du poète arabe Abou Tayeb Al Moutanabi s’est inscrit au cycle doctoral avec comme sujet de thèse « la solitude des poètes de l’ère préislamique ». C’était il y a cinq ans, et une fois qu’il a fini de rédiger cette thèse, Adil s’est trouvé pris à contrepied par une décision du ministère de l’Enseignement supérieur réduisant la durée de la recherche à trois ans au lieu de cinq.
La directive a empêché plus de 50 doctorants de soutenir leur doctorat. Depuis le début de cette année scolaire, Adil lutte pour pouvoir passer son doctorat et est même allé jusqu’à faire des grèves de la faim.
Doué en écriture, Adil a remporté quatre fois le prix national de la nouvelle qu’organise la maison d’édition Dar Attakafa et a publié un recueil de nouvelles intitulé Aux portes de la nuit, dans lequel il traite de sujets tels que le chômage, la mendicité, les élections et les maladies psychologiques.

mercredi 10 septembre 2014

Droits de l’enfant : Les regrets de la société civile


La place des enfants est à l'école, non au travail. L'éducation est un droit fondamental pour l'enfant, d'après le Comité de l'ONU./DR
  Droits de l’enfant : Les regrets de la société civile

Par Kisito Ndour 9/9/2014

Les conditions d’application de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) mises en place par le Maroc ont été examinées les 3 et 4 septembre courant devant le Comité des droits de l’enfant de l’ONU (CDE). Les représentants de la société civile marocaine ayant pris part à cet examen à Genève, ont fait part de plusieurs regrets, notamment de l’absence de ministres de plusieurs départements concernés directement par l’enfance.

Le collectif Kafala, le Collectif droit de l’enfant à la protection familiale, le Collectif pour l’éradication du travail des «petites bonnes» et la Coalition éducation pour tous ont décidé de prolonger le débat de Genève sur les droits de l’enfant au Maroc (3 et 4 septembre).
En leur qualité d’observateurs, ces quatre associations et collectifs ont, dans un communiqué, regretté que les conditions d’application de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) mises en place par le Maroc, aient été remises au Comité des droits de l’enfant de l’ONU (CDE) « avec 14 ans de retard ».
Ces associations et collectifs ont aussi salué « l’objectivité, la pertinence des experts du CDE dans leur examen de la situation des droits de l’enfant dans notre pays et l’usage professionnel qu’ils ont fait des nombreux rapports remis par la société civile ». Ils soulignent de même « la convergence des observations et des questionnements de ces experts avec les observations et les revendications de la société civile dans notre pays ».

Absence de ministre concernés de prime abord 
Ces associations et collectifs associatifs regrettent cependant que « des ministres en charge de secteurs essentiels et déterminants pour le respect et le développement des droits de l’enfant n’aient pas estimé utile d’être présents à cette session : Santé, Education, Justice, Intérieur, Jeunesse et Sport ».
Nous regrettons le caractère générique et volontairement quantitatif des réponses de la délégation du gouvernement aux questions des experts sur des aspects fondamentaux en relation avec l’intérêt supérieur de l’enfant et sur les détails des nombreuses dispositions et autres plans d’action annoncés.
Exrait du communiqué des associations et collectifs associatifs signataires du rapport alternatif « Commentaires des réponses du gouvernement du Maroc aux questions des experts du CDE sur l’application de la CIDE ».
Ils regrettent aussi que « les informations détaillées que les représentant(e)s du gouvernement ont déclaré avoir remis (ou à remettre) aux expert(e)s n’aient pas été mises à la disposition des représentant(e)s de la société civile ».
Ils soutiennent qu’ils feront connaître « leur position détaillée et leur plan d’action », après publication du rapport du Comité des droits de l’enfant de l’ONU.
Pour rappel, le Maroc était représenté à cette rencontre de l’ONU par la ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui, le délégué interministériel aux Droits de l’Homme, Mahjoub El Hiba et 21 responsables de 12 départements ministériels.
La ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui./DR
Le travail des enfants, des «petites bonnes», le mariage des mineurs et l’éducation ont été notamment au cœur des débats devant le Comité de l’ONU.
Sur le travail des enfants, le Maroc a donné son accord de principe aux experts de l’ONU pour que l’âge de travail soit fixé à 18 ans au lieu de 15 ans actuellement.

L’éducation des enfants, un « bien public »
Sur la question de l’éducation, la délégation marocaine a aussi été interpellée sur la privatisation de l’enseignement qui gagne du terrain dans notre pays. Bassima Hakkaoui et la délégation marocaine ont dit à ce sujet « promouvoir une compétition libre entre les écoles», à en croire Sylvain Aubry, chercheur sur le droit à l’éducation pour la Global Initiative for Economic, Social and Cultural Rights (GI-ESCR), une ONG internationale de défense des droits de l’Homme.
La GI-ESCR a mené une étude d’un an sur les effets de la privatisation de l’éducation au Maroc. Elle explique que « depuis 15 ans, le gouvernement a encouragé le développement de l’enseignement privé. Mais aujourd’hui, beaucoup de Marocains se sentent obligés de faire de lourds sacrifices pour scolariser leurs enfants dans des écoles privées chères, et cela crée des grandes inégalités et une fracture dans la société, entre ceux ont accès à ces écoles, et les autres, qui se sentent laissés pour compte ».
Ainsi, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU n’a pas manqué d’attirer l’attention du Maroc sur le fait que l’éducation est un « bien public »
Quelques regrets qui ne manqueront pas d’interpeller le Comité de l’ONU, dont le rapport est attendu à la fin du mois, avec notamment une partie sur les droits de l’enfant au Maroc.


mercredi 5 février 2014

L’enseignement au Maroc victime de la mauvaise gouvernance

L’immense pouvoir du/ bac moins 10 /
Le dernier rapport de l’UNESCO sur l’enseignement dans le monde vient nous rappeler ce que nous savons déjà : l’enseignement au Maroc est dans un état catastrophique. Sur 150 pays, le Maroc se trouve dans la catégorie de 21 pays ayant les pires systèmes éducatifs. C’est le résultat d’un crime contre la Nation et son avenir.
Cette performance s’ajoute aux autres classements de la honte que le Maroc collectionne, dans des domaines aussi variés que le développement humain (130ème en 2012) ou la liberté de la presse (136ème en 2012), et au dernier recul enregistré dans le domaine de la perception de la corruption (passage de la 88ème place à la 91ème place entre 2012 et 2013)  ainsi que le recul de 7 places dans le classement de compétitivité élaboré par le World Economic Forum.
La mauvaise gouvernance est le point  commun de ces tristes chiffres, qui sont corroborés par les rapports relatifs au respect des droits de l’Homme. Chacun constitue un miroir dans lequel nous pouvons admirer le vrai visage de notre pays dans le concert des nations, et voir à quel point le futur de nos enfants est incertain.
Les médias officiels, parce qu’au Maroc il n’y a pas de vrais médias publics, évitent comme d’habitude ce type de sujet. L’agence MAP et les chaines de TV demeurent hors zone.
La qualité des responsables est parmi les obstacles à l’amélioration du système éducatif. En novembre dernier, Lahcen Daoudi, ministre PJD de l’enseignement supérieur, a avoué devant le parlement, que « les rapports sécuritaires jouent un rôle décisif dans la nomination aux hauts postes à responsabilité ». C’est ainsi qu’un    cadre particulièrement brillant mais pas assez obséquieux vis-à-vis des autorités, ne sera ni doyen de faculté, ni président d’université.
Compte tenu du niveau intellectuel au sein des appareils sécuritaires qui élaborent ces fameux rapports, il n’est pas étonnant qu’un mauvais bac moins 10 prive le pays entier des talents d’un bon bac plus 10.  Voilà l’une des sordides facettes de ce crime contre la Nation.
Circulez, il n’y a rien à voir…
La pourriture et la corruption qui rongent l’univers sécuritaire au Maroc ont conduit l’été dernier à l’éclatement d’un scandale doublé d’une tragédie lorsqu’un policier de la petite ville de Machraa Belksiri, a tué trois de ses collègues. Vraisemblablement, un banal conflit sur fond d’affectation aux barrages policiers les plus « juteux » a tourné au drame, la localité se trouvant sur la route vers Ceuta et Tétouan,  connues pour le commerce de la contrebande avec l’Espagne.
Malheureusement, lors du procès, le juge a refusé l’expertise médicale et la convocation de témoins. De son côté, la DGSN (la direction générale de la sûreté nationale) n’a pas informé l’opinion publique des résultats de son enquête promise. Alors que ce drame devait être l’occasion de disséquer en toute transparence les dysfonctionnements de la gouvernance de cet organe important, tout a été fait pour éviter de mettre le doigt sur le vrai mal.
Pendant ce temps, le Chef du Gouvernement, qui a oublié sa promesse de lutter contre la corruption, s’évertue à vanter les mérites des prières rogatoires à l’onction royale, alors que  les dirigeants de l’instance centrale de lutte contre la corruption multiplient les missions à l’étranger et comptent les milliers de « miles » offerts par les compagnies aériennes.
En février 2013, le même ministre Daoudi a eu une belle occasion pour donner un coup de pied dans la fourmilière de la mal gouvernance de l’enseignement supérieur. En effet, l’incorrigible site Lakome avait révélé, preuves à l’appui, le scandale du plagiat dans le mémoire de Master de l’étudiant Khalid Fikri, obtenu en avril 2012 avec mention « très bien » à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Settat. Cet étudiant particulier, puisqu’il est garde du corps du roi, avait été, déclaré major de sa promotion. La cérémonie de remise des diplômes,  couverte par la télévision publique, avait mobilisé le Wali de Settat, le directeur des ressources humaines de la DGSN et le directeur de l’Institut royal de police.
Au moins 60% du mémoire élaboré par Khalid Fikri a été « copié-collé », sans toujours citer les sources,  certaines phrases sont même tronquées et incomplètes. Dans un premier temps, la faculté a promis une enquête et Daoudi avait déclaré  que « cette enquête s’impose, nous devons rendre compte à la société ».
Une année après, la société attend toujours, le parlement n’attend rien, et le ministre, incapable d’aller au bout de sa logique, a montré qu’il a raté une occasion de se taire.
En principe, ces scandales sont autant d’opportunités d’évaluer les maux, de mettre à plat la cartographie des responsabilités en vue de prendre les mesures correctives, de sanctionner les auteurs des « wrongdoing » quel que soit leur rang hiérarchique ou leur proximité du centre du Pouvoir.
Vous avez dit engagement ?
Les classements scandaleux représentent des symptômes visibles des maladies du pays et devraient servir d’alerte aux gouvernants. D’ailleurs, le 13 février 2009, au Palais royal de Fès, l’Etat s’était publiquement et solennellement engagé dans ce sens, lors de la cérémonie de présentation du Pacte National pour l’Emergence Industrielle 2009-2015. Ce document, signé par 9 ministres, en plus de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc)  et le GPBM (Groupement Professionnel des Banques du Maroc) comporte 111 mesures concrètes, dont la 69ème située à la page 52, stipule :
« L’Etat s’engage à créer dans les meilleurs délais un comité Public-Privé, présidé par Monsieur le Premier Ministre. Ce comité sera chargé de :
• L’identification des besoins et le recueil des propositions de solutions opérationnelles ;
• La coordination et l’affectation des chantiers ;
• La supervision de l’avancement des chantiers et l’évaluation des résultats ;
• La mise en cohérence des projets existants ;
• La gestion proactive des classements internationaux ;
• La communication publique sur les réformes prévues, entamées et réalisées …. »
 Est-ce que ce comité s’est réuni ? Combien de fois ?  Quelles décisions et quelles mesures a-t-il prises pour honorer l’engagement d’assurer cette gestion proactive des classements internationaux ?
 Le même document officiel met en évidence l’importance de l’enseignement dans son tout premier paragraphe, extrait du discours du roi le 30 juillet 2008 : « Aussi profonde qu’elle puisse être, la réforme institutionnelle ne peut aboutir que si elle est étayée par des réformes structurelles ou complémentaires qui devraient nous permettre de renforcer nos atouts économiques et sociaux, en donnant une nouvelle impulsion aux secteurs clés, notamment ceux de l’enseignement, de l’agriculture, de l’énergie, de l’eau, et du développement industriel »
Responsabilité 
 Aujourd’hui, la claque bien méritée que nous donne le rapport de l’UNESCO concerne ce premier secteur clé, et qui est LA clé des autres secteurs. Il a toujours été géré directement ou indirectement par les hommes du Palais royal, qu’ils soient ministres comme Ahmed Akhchichène ou Rachid Belmokhtar, ou conseillers du roi qui président le Conseil Supérieur de l’Enseignement, comme Feu Abdelaziz Meziane Belfqih ou actuellement Omar Azziman. Par conséquent, c’est le Palais qui endosse la plus grande responsabilité dans l’état calamiteux où se trouve notre système éducatif.
 Or, aussi bien le roi que ses conseillers et ses ministres technocrates échappent à la règle de base de la bonne gouvernance et de la démocratie, à savoir la reddition des comptes. L’acte qui consiste à rendre des comptes suppose que le  responsable politique se soumet périodiquement au jugement de ceux qui lui ont conféré la légitimité du Pouvoir.
 Cet exercice est plus délicat lorsque l’on tire sa légitimité d’un auguste spermatozoïde.
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lundi 7 octobre 2013

Imider : Étonnante maturité de Badr, le petit tribun de 10 ans

La traduction de sens des énoncés de Badr nous a été transmise:


Mise en ligne le 27/2/2012
 
Badr, élève de 10 ans, parmi les manifestants d'Imider, s'exprime du Mont-Albban....

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Voici un jeune garçon de 10 ans originaire d’Imider, petit village de la province de Tinghir qui dénonce la situation dans laquelle ils vivent. Il s’exprime en Tamazirt, sa langue natale, avec une maîtrise et une gestuelle digne d’un adulte de 30 ans.
L’association Mouvement sur la voie du 96 (Xf ubrid n 96)
"Salut aux admirateurs de la liberté et au mouvement amazigh. Du sommet d’Alebbane j’aimerais saluer également les militants du mouvement culturel amazigh (MCA) qui nous soutiennent de partout.
Je commencerai mon discours par le thème de l’eau. L’eau c’est la clé de la mine « Tawzzagt » et sans eau, elle ne vaut rien. Sans cette mine, l’économie du Maroc sera négativement influencée. C’est pour cette raison que les zones minières doivent se soulever pour revendiquer une amélioration de leurs conditions de vie. Sans soulèvement, les métaux et les gisements n’auront pas leur valeur réelle, à savoir un impact positif direct sur la vie des locaux.

Deuxièmement, j’enchaine par évoquer la situation de l’enseignement dans la commune (transport scolaire, infrastructures…). Ce secteur souffre d’un désengagement des responsables, je cite entre autres l’absence de murs d’enceinte pour les établissements, l’absence des installations sanitaires et des activités parascolaires. Nous n’assumons pas la responsabilité de cette situation, car ce n’est pas notre fonction en tant qu’élèves. Ces responsables doivent régler ce manque effrayant. Je constate malheureusement qu’ils ne font rien car ils refusent d’agir alors qu’un air de révolte plane toujours sur le mont-Alebbane. En réaction à cette absence de volonté de la part de des responsables, nous maintiendrons la protestation jusqu’au  changement des conditions actuelles.
Concernant ceux qui interdisent leurs proches de rejoindre la lutte considérée par eux comme une « charge supplémentaire », je crains qu’ils seront contraints d’immigrer laissant derrière eux  leurs familles et risqueront de tout perdre pour survivre au quotidien. Pour mettre toutes ces hypothèses de côté, il faut s’unir pour arracher la dignité sur notre terre.

Les gens au pouvoir sont récompensés pour avoir mis nos vies en désordre. Nous devons arrêter leurs agissements envers nous. Notre sit-in ici sur le mont Alebbane vient en réponse à tout cela.

Les activités polluantes de la mine et l’exclusion des habitants locaux du processus de recrutement ainsi que les arrestations arbitraires de militants et d’activistes par les représentants du gouvernement sont une incitation à la désobéissance.

Ceci dit, je signale malheureusement qu’une partie de notre malheurs vient de gens parmi nous qui sont prêts à tout vendre, y compris leurs mères pour de l’argent qu’ils gaspillent pour rien.
Tout un chacun doit lutter pour une vie digne de ce nom. Vaut mieux préserver sa dignité que de mourir misérablement et indignement.

Le militantisme est l’école de vie. Avant (août 2011) nous ne savions même pas ce que veut dire « Azul ». J’affirme que ceux qui gardent le silence resteront des illettrés même s’ils fréquentent les misérables écoles publiques ou les écoles coraniques (ceux qui ont une torche éclairent juste leur chemin. Alors qu’il faut être un flambeau qui éclaire les autres.)

La mine,  sous nos pied est un trésor, un levier de l’économie marocaine et nous nous considérons comme les détenteurs de sa clé.  Nous n’allons plus tolérer les injustices engendrées à cette terre, à ses habitants, à sa faune et à sa flore.

Un peuple solidaire ne peut pas accepter que la majorité de ses membres soit défavorisée pour garder les intérêts d’une minorité. Nous n’allons permettre aux égoïstes de gâcher l’intérêt général ; nous devons sacrifier nos intérêts personnels pour atteindre l’intérêt général qui renferme les intérêts de tout le monde.
Un peuple égoïste n’arrivera jamais à ses fins par ce que l’égoïsme est un virus qui générera le mépris et la misère partout.
Je vais vous parler d’un discours que j’ai lancé durant le « Agraw » (l’assemblée générale). S’ils me tuent, je préfère être enterré dans cette terre que je connais. Je ne veux pas être enterré dans une terre qui m’est méconnue.
[Pour Badr, une terre connue est une terre dont on connait l’histoire, la géographie… Ainsi qu’il compte faire des amis pour continuer la lutte après sa mort. Est-ce pour dire que la mort est un simple changement de contexte de vie].
Pour finir, je vous salue et je vous invite à vous unir pour vaincre.

Lien vers la vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=hvGM6unbX8c

mercredi 22 septembre 2010

Maroc : Des écoles plus nombreuses au lieu de si nombreuses mosquées !!!

Par Maroc inspiration, 16/9/2010
Saida a dix-neuf ans. Comme ses camarades de classe qui ont réussi au bac, elle s’inscrit à l’université d’Oujda pour compter parmi les peu fortunés de son entourage qui auront accès à des études universitaires. En effet, dans sa petite famille, elle a été la seule à avoir pu échapper à la vie de campagne et ses aléas. Ses aînés qui n’ont pas été à l’école s’occupent toujours du bétail, de la cuisine, de la terre…
Saida s’est inscrite dans la filière Physique-Chimie car elle aime les sciences. En discutant avec elle pourtant, elle me fait part de ses craintes. A la cité universitaire d’Oujda, il n’y a pas suffisamment de capacité pour loger tous les étudiants inscrits à la fac. Les responsables ont alors recours au tirage au sort pour sélectionner les étudiants. Bien entendu, ce processus n’est pas forcément le plus efficace, en effet, il serait plus juste de sélectionner les étudiants selon leurs moyens financiers, mais je suppose que cela feraient à l’administration un peu plus de travail, alors ils en font fi ! Et tanpis pour les étudiants issus de milieux très pauvres. Car Saida, si elle n’est pas admise sur tirage au sort, eh bien elle quitte l’université. Elle parlait d’une autre option : changer de branche, par exemple, s’inscrire dans la filière Philosophie qui ne lui demanderait pas d’être présente au cours de manière systématique, comme çà, elle pourra rester en campagne et réviser pendant qu’elle garde les moutons en montagne.
Je n’essaie pas d’être ironique, mais c’est la réalité amère. Il m’est impensable de voir à quel point les vies des gens peuvent balancer sur des coups de chance ridicules. Il ne faut pas que ce soit ainsi lorsqu’il s’agit d’éducation. Saida, comme il y en a plein au Maroc, doit avoir le droit de poursuivre ses études en Physique et construire sa petite vie.
Appel : A ceux qui continuent de construire de plus en plus de mosquées à des distances très rapprochées les unes des autres, PRIÈRE de penser à sauver ces étudiants. Construisez des cités universitaires à la place, faites des dons…
N’attendons pas qu’un Fqih sorte la fatwa qui dira que « Si quelqu’un construit une école ou un internat pour les élèves, alors Allah lui Construira 10 maisons en paradis ». Le parallélisme est clair : Jadis, la mosquée était le lieu d’apprentissage. Aujourd’hui, çà se passe dans un endroit différent appelé école ou université. Il nous suffit de suivre le bon sens, de faire travailler nos têtes, et tout le reste suivra.
A bon entendeur !
http://maghreb-inspiration.blogspot.com/2010/09/des-ecoles-au-lieu-de-mosquees.html

mercredi 2 septembre 2009

Enseignement : La démarche solitaire


Par libe.ma. 2/9/2009


Gaie, gaie la prochaine rentrée ? Pas forcément, puisque l'école marocaine n'est toujours pas sortie de l'ornière, qu'elle continue à faire les frais d'expérimentations aussi indicibles que hasardeuses et qu'elle demeure une fabrique d'incultes doublés de chômeurs potentiels parce qu'en déphasage total avec les nécessités du marché du travail.


Et pourtant, l'école n'a cessé d'être réformée depuis l'aube de l'indépendance. Les dernières tentatives du genre se sont inscrites dans le cadre de la Charte nationale éducation et formation dont l'âge dépasse actuellement les dix ans et du Plan d'urgence que le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique a initié pour accélérer la cadence de réalisation des chantiers qu'elle comporte. Etalé sur la période 2009-2011, ce plan nécessitera une rallonge budgétaire de l'ordre de 19,5 MMDH et permettra à ce département fortement budgétivore de tourner, à terme, avec un budget de 37 MMDH environ. Deux volets essentiels sont concernés par ces financements : l'infrastructure scolaire et les ressources humaines. A preuve, 8012 structures scolaires nouvelles et 486 internats verront ainsi le jour et 41.449 enseignants seront recrutés en trois ans. L'avis de concours relatif à l’embauche de la première fournée de ces maîtres d'école d'un nouveau genre en a fait, néanmoins, déchanter plus d'un. Nulle part, il n'y est, en effet, indiqué qu'ils seront formés aux rigueurs de la pédagogie et des techniques d'apprentissage.

Autre hic de taille: l'actuel Plan d'urgence a été concocté sans que les principaux intéressés, à savoir les enseignants, n'y aient été associés, ou même consultés. Ce changement d'approche est d'autant plus irréversible qu'il s'inscrit dans le droit fil d'une démarche collective entreprise par cette défunte COSEF (Commission spéciale enseignement-formation) qui avait fédéré les efforts de tous en vue de faire de l'école un milieu ouvert sur la réalité et les besoins des jeunes. Ce changement est également fort étonnant au regard du fait qu'aucun projet de réforme, aussi parfait soit-il, ne peut déboucher sur les résultats escomptés s'il ne prend pas compte des avis de tous ceux qui sont censés le mener à bon port. Qu'en conclure ?

Source : Liberation Maroc