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mardi 12 mai 2015

Lorsqu’un handicapé lutte pour avoir son doctorat


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Une personne souffrant de paralysie partielle dénonce qu’on ne l’ait pas autorisée à soutenir sa thèse de doctorat à l’université de Fès.

Il s’appelle Adil Outnil et vit dans un des bidonvilles de Fès. Depuis qu’il est né, il souffre d’une paralysie partielle. Sa mère est morte alors qu’il n’avait que deux ans et c’est son père qui s’est chargé, seul, de son éducation. Quand il a atteint l’âge de cinq ans, un médecin a annoncé à son père que celui-ci ne guérira jamais de cette maladie. A ce moment, son père lui a demandé juste une chose : avoir un doctorat.
Dès son enfance, Adil se souvient que plusieurs professeurs (au collège et au lycée) avaient tout fait pour le pousser à abandonner sa scolarité :
J’ai mené plus de 14 luttes contre des professeurs et contre des écoles. Après j’étais obligé de mener d’autres luttes pour obtenir une bourse à l’université et que je sois accepté par les professeurs.
Après avoir fini son cycle universitaire, cet admirateur du poète arabe Abou Tayeb Al Moutanabi s’est inscrit au cycle doctoral avec comme sujet de thèse « la solitude des poètes de l’ère préislamique ». C’était il y a cinq ans, et une fois qu’il a fini de rédiger cette thèse, Adil s’est trouvé pris à contrepied par une décision du ministère de l’Enseignement supérieur réduisant la durée de la recherche à trois ans au lieu de cinq.
La directive a empêché plus de 50 doctorants de soutenir leur doctorat. Depuis le début de cette année scolaire, Adil lutte pour pouvoir passer son doctorat et est même allé jusqu’à faire des grèves de la faim.
Doué en écriture, Adil a remporté quatre fois le prix national de la nouvelle qu’organise la maison d’édition Dar Attakafa et a publié un recueil de nouvelles intitulé Aux portes de la nuit, dans lequel il traite de sujets tels que le chômage, la mendicité, les élections et les maladies psychologiques.

samedi 12 juillet 2014

Casablanca : Cette indigne et violente stigmatisation des pauvres


Yabiladi, 9/6/2014 

Avait-on besoin de recourir à la puissance des bulldozers, à la violence des matraques pour faire comprendre au petit peuple des Carrières Centrales que sa place est désormais ailleurs ? Ailleurs, c’est-à-dire loin de tout ce qui fait sa vie, depuis des décennies ! Sa vie, des vies, vécues entre voisins, entre amis, entre ennemis aussi. Des vies faites de partage comme de convoitise, faites de ce que la misère engendre de bassesses comme de grandeur.
 
Destruction du bidonville des Carrières centrales / Ph. AIC Press
 
Car, on a beau vivre dans la tôle, dans le froid coupant de l’hiver et la chaleur suffocante de l’été, cette vie qui est celle que l’on apprend dans ces bidonvilles, dont personne soyons honnêtes, ne se soucia avant mai 2003, cette vie est, en vérité, la vie sociale même.
Celle des origines, celle qui veut qu’on fera la collecte pour que la fille du voisin ait son repas de mariage, sa fête, qu’on partagera… Car on sait bien qu’on pourra aussi compter sur elle, lorsqu’il faudra enterrer un père, un frère et demander de l’aide.
On sait toujours trop bien qu’il faudra revenir un jour frapper à la porte de ceux-là mêmes, parce qu’ils connaissaient son visage, à ce frère, et connaissent donc toujours toute votre histoire, et savent donc la faire leur, lorsque le moment le commande.

Bidonvie
On sait bien, donc, que malgré les haines, les jalousies, toutes ces pathologies du quotidien, on sait bien que ce qui nous tient, ici, sur cette immense plaine de tôles, ce sont ces milliers de gestes qui forment le corps social de la vie bidonvilloise. De la Bidonvie, en somme.
Alors, avant d’organiser cette simulation ridicule d’invasion, avec hommes casqués en prime, avant de se lancer dans cette ridicule soldatesque, la clairvoyance voulait que, dans cette affaire de recasement – l’horrible mot qui signifie remettre dans une case – on se soit demandé si l’attachement de ces Marocains qu’on sort de leur masure comme on le ferait de sans papiers, oui, si leur passions pour ce lieu était liée à des murs ou de la tôle, et pas, d’abord, et surtout, à cette vie, certes, pénible, mais faisant d’eux des êtres sociaux.

Ils sont la société !
Et si ce n’est pas à cette identité qu’ils se refusent de renoncer, en ne renonçant pas à ce lieu qui les fait être ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces vieillards, et à leur manière une société, c’est-à-dire ce tout ce que l’ingénierie ne conçoit ni ne comprend. Et que la spéculation, qui se donne le nom de Modernité, méprise !
Une société.

Physiquement et symboliquement écrasée. Et qui, il faut le croire et le craindre, se souviendra longtemps que l’écrasement, aura été son lot. Alors, oui, bien sûr, certains diront que c’est ainsi, qu’il faut bien pour que les choses avancent, et qu’il faut donc que les bulldozers les précèdent. De même qu’on dira, aussi, que ces pauvres gens ne sont pas tous roses, - menteurs, spéculateurs, et pourquoi pas plus riches que vous et moi… Cette mythologie qui veut que le pauvre possède des immeubles… Quand donc finira cette stigmatisation des pauvres, en ce pays, cette affreuse désignation qui prend tant de noms, fraude, terrorisme, tcharmil, etc… 
En attendant, alors que le ministre de l’Habitat nous apprend que le Gouvernement n’a pas les moyens d’une vraie politique de la ville, il faut se souvenir que les coups que l’on donne aux déshérités finissent un jour ou l’autre, par être rendus. Par ceux qui les ont reçus. Ou par les évènements. C’est une simple question de temps.


samedi 17 mai 2014

Casablanca. Traitée de « bent l'karyane », Myriam, 15 ans, se suicide

  • Par : Wadii Charrad, 16/5/2014

Crédit photo : capture d'écran
Une jeune fille a mis fin à sa vie au début de cette semaine. Elle se serait suicidée à cause des agressions verbales que lui faisaient endurer ses camarades de classe qui la traitaient de « bent l'karyane » (fille de bidonville).

Casablanca. Traitée de « bent l'karyane », Myriam, 15 ans, se suicide
Crédit photo : capture d'écran
Myriam Hassek habitait dans un bidonville situé au quartier Al Fida à 
 Casablanca. 
Cette adolescente âgée de 15 ans se serait donnée la mort car elle ne supportait plus les brimades de ses camarades de classe qui la traitaient de « fille des bidonvilles ».
« Depuis qu’on habite dans ce bidonville, tout le monde m’insulte à l’école et je ne peux plus supporter ce genre d’injures », avait-elle raconté à son père, qui s’est confié à 2M. « Avant qu’elle ne se suicide, elle était devenue très nerveuse et irritée et ce, depuis plusieurs mois », a-t-il poursuivi.  Selon la mère de la victime, Myriam se demandait «pourquoi (ses parents l’ont) mis au monde alors (qu’ils n’ont) pas les moyens de subvenir à (ses) besoins ?». Depuis son enfance, la jeune fille vivait recluse et ne trouvait sa délivrance que dans le dessin et l’écriture.
Dans une lettre écrite avant son suicide, l’on peut lire tout le malaise de Myriam : « Rien n’est aussi grand qu’un mal profond (…) Une chute ne signifie pas la fin ; seules les gouttes de pluie ont la plus merveilleuse des chutes ».



samedi 15 mars 2014

Mafia de l'immobilier : Drabka, Taourirt ...ça continue ! Pour aller où ?

 Par Ali Dabaj 

    Drabka,  album d' Abdelmalek Haouzi : ‎يوميات اعتصام تجار وحرفيي السوق المحروق بتاوريرت / اليوم04‎.

 Vidéo de la destruction du bidonville de Dabka
http://youtu.be/CwfA0ABhHmo 
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 Photo de Abdelmalek Haouzi.‪#‎TAOURIRT‬ : Sit-in (5ème jour) des commerçants et leurs familles, qui avaient tout perdu, suite à l’incendie (criminel ?) qui a terrassé 1200 locaux le 25 aout 2009 en quelques heures. 
Ce marché était la grande plate-forme d'échange entre l'Oriental et le reste du Maroc (Marchandises en tout genre, bétail, légumes et fruits...) dont vivait la moitié de la ville...Les autorités n'ont jamais enquêté sur l'origine de cet incendie et sa propagation foudroyante en 2-3 heures : une partie en plein air, l'autre construite en béton, ni  qui en tirera profit !
Photo de Abdelmalek Haouzi.Ces dizaines de milliers de personnes, non seulement criblés de dettes, mais depuis 4 ans et demi, aucune solution ne leur a été proposée par les dites autorités, à part crever !
Mon soutien inconditionnel à toutes ces familles, dans le Plus Beau Pays du Monde...

samedi 23 novembre 2013

Mohammedia sur le volcan des tensions sociales, les étudiants en grogne

Mohammedia connait quotidiennement des marches des exclus, des marginalisés, des laissées-pour-compte. L'AMDH, section de Mohammedia, est là pour se solidariser avec les victimes de l'arbitraire, pour dénoncer les violations. La première responsable de la préfecture ferme la porte de son bureau devant les représentants de l'AMDH. Que demandent ces citoyen-nes sans droits de citoyenneté?
 
- Un logement décent
- Les papiers administratifs
- Le respect de leur dignité

La réponse des autorités: la répression.Des arrestations. Demain, mardi 19 novembre 2013, aura lieu le premier procès de 7 personnes dont 5 femmes. Parmi elles l’étudiante Lamiaa (2ème année, sciences économiques) toujours en détention arbitraire.
Les femmes sont les premières victimes, car elles sont à l'avant-garde de ce mouvement de protestation. Les veuves, les divorcées et même des mariées sont exclues de "l'éventuelle opération" de la distribution de lots.
Des couples qui datent de moins de 5 ans sont aussi exclus.
Les services concernés refusent de délivrer des papiers administratifs (extraits d'acte de naissance...).

A Mohammedia règne l'arbitraire le plus scandaleux. Devant l'attitude de la "sourde-oreille" des autorités locales, des militant-es de la l'AMDH, section de Mohammedia , des victimes de l'arbitraire commencent à parler d'une marche pour dénoncer tout cet arbitraire, cette répression, ce refus de discuter avec les citoyenNEs, avec l'AMDH.
Les sections de Bernoussi, de Casablanca, de Mohammedia, et le bureau régional de l'AMDH( en plus des 3 citées, les sections de Benslimane, d'El jediad, de Sidi Bennour, de Berrechid, de Had Soualen...) sont concernées.
Dans ce cadre là, des membres du bureau de la section de Mohammedia et d'autres militant-es (4 militantes et 3 militants), et malgré les conditions climatiques difficiles, ont rendu visite aux victimes de plusieurs douars/bidonvilles de la périphérie de Mohammedia et ce, le 18 novembre 2013.
La solidarité agissante avec les victimes des politiques antisociales de l'Etat makhzenien nous interpelle.
Bravo militantes et militants de l'AMDH, section de Mohammedia !
Préparons une riposte énergique! Nous n'avons pas le choix devant ce qui se passe, devant le mutisme des autorités, devant le refus de la préfecture d'accorder audience au bureau de l'AMDH et aux représentant-es des citoyennes.
Ali Fkir, le 18 novembre 2013

Mohammedia le 19 novembre 2013/ les étudiants de l'ENSAM en grogne.

Les étudiants de l'ENSAM ont observé avec succès un sit in devant la présidence de l'Université Hassan II à Mohammedia et ce, le 19 novembre.
 
Ils nous ont déclaré:
- L'Ecole nationale supérieure des arts et des métiers, a été créée en 2009 (sans locaux).
- Les constructions devraient s'achever en 2013
- Aujourd'hui (année universitaire 2013/2014) pas toujours de locaux
- Les étudiants courent entre l'ENSET, la fac de droit et la FST.
- Les étudiantes ratent plusieurs cours. Les salles se retrouvent souvent occupées par les étudiants locaux
Les étudiants accusent l'université de mensonge. Sur le site de l'ENSAM on prétend ouvrir 5 filières. Une fois inscrit, l'étudiant se trouve obliger de choisir entre les deux filières réellement existantes.
L’improvisation et l'arbitraire tuent la créativité, assassine l'espoir.
Ali Fkir, le 19 novembre 2013
https://www.youtube.com/watch?v=xxy1TQpMeZkhttps://www.youtube.com/watch?v=xxy1TQpMeZk

samedi 8 juin 2013

Non, tous les Marocains ne sont pas contents du roi ! La résistance des habitants de Douar Mika, dans la forêt de Maamora


Milouda et les habitants de Douar Mika se battent pour conserver leurs abris de fortune

A moins d'une cinquantaine de kilomètres de Rabat, les habitants de la forêt de Maamora sont entrés en résistance. Menacés d'expulsion par les autorités après quarante années de vie pour certains, ils se mobilisent. Reportage sur une population en pleine prise de conscience de ses droits fondamentaux.
Le combat a débuté il y a quelques semaines et c’est une certitude, il se poursuivra. Les habitants de la forêt de Maamora ne lâcheront rien. Déterminés, ils envisagent d’ores et déjà de mener la lutte jusqu’au bout comme l’explique Milouda, l’une des doyennes de ce petit peuple: «Beaucoup d’entre nous vivent ici depuis plus de 40 ans. Nous ne possédons rien, juste ces abris. Où iront-nous s’ils démolissent tout? Leurs promesses, nous n‘y croyons pas. Nous avons bien vu, lors des deux précédentes destructions, que personne n’a été relogé! Nous ne les laisserons pas faire!» lance t- elle les poings serrés.
Le 23 mai dernier, au petit matin, elle accompagne le petit cortège composé d’une centaine de personnes, femmes et enfants en tête. Faisant front, ils entourent la petite habitation de Mohamed, l’une des premières baraques inscrites sur la longue liste d’habitations insalubres vouées à la démolition par les autorités marocaines.
Pour l’occasion, les habitants de la forêt ont déployé une banderole rouge frappée de l’étoile verte. Une façon de démontrer à l’Etat, qu’eux aussi sont avant tout, des citoyens marocains. «Regardez quelles sont nos conditions de vie. C’est digne çà? Les droits de l‘Homme au Maroc c’est zéro!», lance un manifestant. Les slogans fusent. «C‘est un pays où il n‘y a rien, ni habitation, ni scolarisation! Nous sommes pauvres, parce qu’ils sont des voleurs!» crient en cœur les manifestants.

Les manifestants de Douar Mika
Le visage buriné barré d’une moustache, Mohamed se tient à proximité. Inquiet, il fait les cents pas devant son habitation. Voilà plus de quarante-cinq ans que ce dernier vit ici, avec sa femme, ses dix enfants et sept petits-enfants. Dans sa bicoque faite d’argile, de plastique et de tôle, il n’y a ni eau courante, ni électricité, pas plus d’évacuation d’égout. Sans emploi, il survit grâce au soutien de ses enfants qui effectuent des petits boulots journaliers. Personne ici n’a été ou est scolarisé, pourtant Mohamed est doué de raison et a bien pris conscience d’une chose: ses droits fondamentaux.
«Nous ne partirons pas, car nos droits ont été bafoués! Nous n’avons jamais reçu aucune convocation de justice. Les procès visant notre expulsion se sont déroulés en notre absence, il n’y avait personne pour nous défendre. Seules les menaces et les intimidations de la part des forces de l’ordre viennent jusqu’à nous, mais nous nous laisserons plus faire. Nous avons désormais un soutien de taille, celui de l’Association marocaine des droits de l‘homme. Les militants présents  aujourd’hui nous donnent de la force, et nous apportent sécurité et espoir, nous ne lâcherons pas!» explique- t-il.

Mohammed et sa famille
Au terme d’un face-à-face rapproché et tendu de plus de deux heures, les autorités accompagnées d’une poignée de militaires ont rebroussé chemin, laissant intacte la maison de Mohamed.
Derrière les applaudissements des manifestants, Mustapha militant des droits de l’Homme temporise : «Nous avons gagné une bataille mais pas la guerre. C’est un combat difficile, le Makhzen est puissant. Nous devons continuer de faire des pieds et des mains, sans relâche confie-t-il.

Les doyens de Douar Mika
Un peuple banni par les autorités
Six cents familles, soit près de deux mille personnes peuplent la forêt de Maamora. Les habitations, implantées de façon anarchique, sont pour la plupart faites d’argile, de roseaux et de tôle. Les plus sommaires sont un assemblage de bâches plastiques, comme dans le bidonville de Douar Mika.

Dans son rapport publié en mars dernier, la section de l’AMDH à Tiflet détaille les conditions inhumaines dans lesquelles ces citoyens vivent. Dans ces habitations insalubres, dépourvues d’eau et d’électricité, les riverains doivent composer avec d’autres êtres vivants de la forêt; les insectes. Les invasions sont fréquentes, les maladies de peau très nombreuses. L’eau consommée par ces derniers provient d’un puits voisin qui n’a jamais été contrôlé. Au vu du nombre d’enfants malades, l’eau est certainement contaminée.
L’AMDH pointe également du doigt le refus des autorités locales de délivrer des papiers administratifs. De nombreuses familles vivent sans contrat de mariage, beaucoup d’enfants ne sont pas enregistrés à l’état civil et sont privés de scolarité. Depuis le 2 mars dernier, jour du premier démantèlement d’une habitation, l’étau s’est resserré sur les habitants. Les menaces de la part des autorités locales sont devenues quasi-quotidiennes.
Agé de 44 ans, Kebir s’est installé à Douar Mika il y a deux ans avec femme et enfant. Depuis plusieurs semaines il n’arrive plus à trouver le sommeil. «D’ordinaire je travaille au souk, où je vends du thé, du pain et des cigarettes. Mais je n’ose plus sortir, les autorités menacent de détruire nos maisons en notre absence. Je suis contraint comme tous de ne plus aller travailler, je n’ai plus de revenu, je ne tiendrais pas longtemps si cette situation dure» explique-t-il.


Les oubliés de Douar Mika
Initiation à la désobéissance civique
Acculés, les habitants ont pris la décision d’aller à la rencontre des militants de l’AMDH de Tiflet pour demander de l’aide il y a plusieurs semaines. Leur appel au secours a été entendu. Depuis, trois militants les accompagnent, et les conseillent. Mustapha et Mohamed sont même parvenus à convaincre ces derniers d’aller manifester dans le douar voisin de Kamouni.
La mobilisation a été une     réussite. Près de 200 personnes ont osé braver leurs peurs pour se rendre devant le bâtiment de l’Office des eaux et forêt, et autres administrations pour réclamer leurs droits. Une première.
«L’apprentissage est en cours, ils ont encore des soucis, mais ils commencent à prendre conscience de leurs droits, nous sommes sur la bonne voie», explique Mustapha le sourire aux lèvres.
Depuis la dernière mobilisation, les autorités et les forces de l’ordre ne sont plus revenus dans la forêt, alors que la justice avait ordonnée deux démolitions supplémentaires.

 Le calme avant la tempête? Mohamed en est convaincu. «Nous devons être très vigilants, et surtout ne pas baisser la garde. Ils reviendront c’est sûr et à n’importe quel moment», conclue-t-il.
Le 22 mai dernier, une femme a perdu la vie lors du démantèlement d’un bidonville près de Mohammedia. Les autorités avaient informé les habitants que les démolitions commenceraient à 10h du matin, mais contre toute attente, elles sont intervenues quatre heures plus tôt. Une femme qui refusait de quitter sa maison est décédée lors de l’effondrement de celle-ci.

dimanche 30 octobre 2011

Dans le bidonville Al Massira, scandaleuse non-assistance à personne en danger de mort...

Par Ali Fkir, 29/10/2011

Drame dans le bidonville Al Massira (Mohammedia):
 
Le vendredi 28 octobre 2011 un  électricien a été électrocuté. Les habitants ont appelé en vain les services compétents (les pompiers, la police, l'ambulance). La victime a fini par "rendre l'âme".
 
En colère les habitant-es du bidonville ont organisé une marche de protestation et ce, le samedi 29 octobre.

Selon leurs dires, tous les services compétents
refusent de rentrer dans le bidonville car il faut une autorisation spéciale.
Ainsi des milliers de citoyen-nes, sans droit de citoyenneté, sont considéré-es inexistant-es, ce qui n'a pas empêché les services du ministère de l'intérieur d'exiger d'eux et d'elles de voter OUI pour la constitution octroyée, de venir en masses "accueillir" les les hauts dignitaires de ce pays et de voter pour les potentats.
Le jeune Mustapha a laissé derrière lui 3 enfants (voir la photo: la petite entourée de ses deux frères)
C'est simplement scandaleux!

vendredi 9 septembre 2011

France : Un tramway pour les Roms : le gouvernement plonge dans l’indignité

Communiqué de la LDH
Paris, le 2 septembre 2011
Le 31 août à Saint-Denis, après une nouvelle évacuation de leur bidonville, des familles de Roms roumains ont été entassées par la police dans une rame du tramway jusqu'à la gare de Noisy-le-Sec puis forcées à prendre le RER avec l'objectif de leur faire quitter le département.
Cette traque inhumaine menée par l'Etat contre les plus précaires est inacceptable. La Ligue des droits de l'Homme condamne cette opération indigne de bannissement territorial menée sous les ordres du préfet de Seine-Saint-Denis. La réquisition des moyens de transport public est injustifiable et la complicité des représentants locaux de la RATP est inadmissible.

Déjà en 2008 pour des faits semblables à la gare de Massy, la Commission nationale de déontologie de la sécurité, que la LDH avait fait saisir, avait fermement qualifié d'illégal le comportement de la police et du préfet de l'Essonne et fortement condamné la duplicité de la SNCF dans cette affaire.



La LDH a décidé en conséquence de saisir le Défenseur des droits désormais compétent pour instruire des tels agissements.





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lundi 28 mars 2011

Maroc : ARTE prépare un reportage sur le Mouvement du 20 février

 Par Ali Fkir, 27/3/2011
L'ÉMISSION SERA PROGRAMMÉE LE SAMEDI 2 AVRIL
dans Arte  Journal de 19h, "Génération Révolution"

Le vendredi 25 mars 2011, la section de l'AMDH de Mohammedia a eu l'agréable surprise de recevoir la militante Khadija Ryadi, la présidente de l'AMDH, accompagnée d'une équipe d'ARTE, chaîne franco-allemande., et ce dans le cadre d'un reportage sur la jeunesse de 20 février au Maroc.


L'équipe a rencontré certains jeunes de la section, puis elle est allée au bidonville de Chanti Jdid y rencontrer des jeunes , surtout le jeune Mohamed Talab, orphelin de père et de mère. La baraque familiale étant rasée (un autre habitant a bénéficié du logement en son absence, lorsqu'il a été enfermé dans un orphelinat), il se retrouve aujourd'hui dans la rue. Il a rejoint le mouvement de contestation (il n'est pas le seul du douar à le faire), arrêté et matraqué (avec 21 autres militants) le dimanche 13 mars (suite au sit in réprimé).
Mohamed (à droite avec la casquette)
  Mohamed en casquette derrière sa banderole (avec des jeunes de son bidonville). La banderole est confisquée le 13 mars, Mohamed arrêté et tabassé.

"Chez" Mohammed

Khadija Ryadi avec des militant-es de l'AMDH et  des citoyen-nes du bidonville
 Merci Khadija! Merci l'équipe d'ARTE!
Bravo jeunesse de l'AMDH, section de Mohammedia!