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vendredi 3 mars 2017

INTERDITS D'ÉCOLE : Rroms, mineur-e-s isolé-e-s et jeunes majeur-e-s étranger-e-s

Chers amis,

Afin de continuer à plaider en faveur de la protection des jeunes et mineurs isolés, nous avons le plaisir de vous inviter à nous rejoindre ce samedi 4 et dimanche 5 mars à la Bellevilloise (19-21 rue Boyer, 75020 Paris. Métro : Ménilmontant).
Nous débattrons de la question de l'école des mineurs isolés, jeunes majeurs et roms demain de 10h 11h30, à l'occasion du salon anti-colonial, en compagnie de La voix des Rroms, l’association ROM Réussite, l’Aset 93, et en présence de mineurs et jeunes majeurs ( cf le détail du programme ci-dessous). 

vendredi 25 avril 2014

Intégration : Une famille Rom en attente d'un logement au Havre

par Sarah Duval, 76actu, 23/4/2014
Le tribunal administratif a accepté la demande du Rectorat. Une famille de Roms installée à Caucriauville devait être expulsée mardi 22 avril, à 17 h. L'huissier n'est pas venu.






Le collectif Hébergements, l'urgence c'est maintenant est venu soutenir une famille de Roms menacée d'expulsion. (© Sarah Duval)
Le collectif "Hébergement, l'urgence c'est maintenant" est venu soutenir une famille Rom menacée d'expulsion. (© Sarah Duval)
Un grand terrain vague, anciennement utilisé par les élèves de l’IUT de Caucriauville, au Havre. Sur la droite se trouvent les vestiaires désaffectés des étudiants. Laissés à l’abandon, ils ne sont plus utilisés depuis près de 30 ans. Graffitis, vitres brisées, murs incendiés. Pourtant, c’est ici que vit la famille de Stelliam Covaci, depuis le 1er octobre 2013. Ils sont 11 sous ce toit, trois adultes et neuf enfants. Ils ont été jusqu’à sept familles à se partager les murs de cet abri de fortune de 20 m2. La famille avait jusqu’au mardi 22 avril 2014, 17 heures, pour quitter les lieux. L’huissier, qui devait examiner le logement, n’est pas venu. Écoutez les réactions de Jacky Lemonier, membre du Collectif Hébergement l’urgence c’est maintenant :

Dans l’attente

La décision a été prise le mercredi 16 avril 2014 par le tribunal administratif de Rouen. À l’époque, deux familles vivaient sur les lieux, avec près de 15 enfants. C’est à la demande du Rectorat que la justice a prononcé l’ordonnance qui autorise l’expulsion. Une famille a préféré partir, tandis que celle de Stelliam Covaci a choisi de rester sur ce terrain. Si ce père de famille, arrivé en France, il y a sept ans, a fait ce choix, c’est qu’il n’est pas seul. Il est soutenu par le Collectif Hébergement, l’urgence, c’est maintenant. Pour Gilbert Delanoue, membre du collectif, la situation est inhumaine.
La justice n’a pas tenu compte des lois rappelées par Maître Antoine Mary. On ne peut pas jeter une famille à la rue comme ça, sans lui proposer une autre solution, même provisoire. Le droit au logement est un droit sacré. Les enfants doivent être scolarisés et bénéficier de l’aide de la santé d’Etat. Sur les 11 enfants vivant ici, six ont moins de 13 ans et il y a un bébé de 5 mois. C’est pour leurs enfants qu’ils font ça, ils veulent leur offrir une vie correcte.



Mirabella, Mirella et Emanuella sont toutes les trois scolarisées au Havre. (© Sarah Duval)
Mirabella, Mirella et Emanuella sont toutes les trois scolarisées au Havre. (© Sarah Duval)

La peur de tout perdre

Depuis sept mois, la famille Covaci vit ici. Sans électricité, ni eau courante, elle s’est organisée au quotidien pour ne manquer de rien. Soutenus par les Restos du coeur, Hébergement, l’urgence, c’est maintenant, et d’autres collectifs, les Covaci ont réussi à obtenir de la nourriture, du bois ou encore de l’essence pour pouvoir passer l’hiver. Mirabella doit rentrer en 6ème à la rentrée prochaine. Consciente de la situation, elle craint les jours à venir.
C’est triste de devoir partir, on ne sait pas où aller. Nous étions bien ici. En ce moment, je suis à l’école Robespierre. J’espère ne pas devoir changer. Je dois me refaire des amis et me réhabituer à l’école. C’est dur de changer d’école, mais on s’habitue.



La famille vit dans ces vestiaires désaffectés depuis le 1er octobre 2014.(©Jean-Luc Nail)
La famille vit dans ces vestiaires désaffectés depuis le 1er octobre 2014.(©Jean-Luc Nail)

Apporter un soutien moral

La famille ne sait pas encore combien de temps elle pourra rester. Ne s’étant pas présenté, l’huissier peut revenir à tout moment. Le collectif reste présent : pour Pierre Sayet, membre du collectif, le soutien moral est primordial.
On essaye de leur donner un coup de main. Nous sommes là pour faciliter les échanges entre la famille et l’école. Nous nous occupons également de tout ce qui concerne la santé, la vaccination.  L’hiver n’a pas été trop froid, mais ce ne sera peut-être pas le cas l’année prochaine. On veut être présents pour leur apporter du réconfort. Ils ont peur de tout perdre.
La famille Covaci n’est pas la seule à être concernée. Au Havre, on estime qu’une quarantaine de personnes par jour dorment dehors.

Place Robert Schuman, 76610 Le Havre, France
Lire aussi : Après l’évêché, le rectorat ! Au Havre, les Roms doivent quitter les lieux 

mercredi 16 avril 2014

Paris : la police veut «évincer» les Roms des beaux quartiers

Une note interne au commissariat parisien du VIe arrondissement préconise «d'évincer systématiquement» les Roms de l'arrondissement. 

Une directive illégale qui provoque des remous.

Par Céline Carez (avec F.L.), Le Parisien, 15/4/2014

Paris (VIe), hier. Les familles roms se sont récemment installées en nombre dans cet arrondissement huppé de la capitale.

Paris (VIe), hier. Les familles roms se sont récemment installées en nombre dans cet arrondissement huppé de la capitale. | (LP/Humberto de Oliveira.)

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QUI A VRAIMENT ORDONNÉ de « recenser et évincer les Roms avec ou sans enfants, avec ou sans animaux » ? Qui est derrière cette note interne qui n'aurait jamais dû sortir du commissariat du VI e arrondissement de , mais que nous avons pu consulter ?
Difficile d'obtenir des réponses claires de l'administration.

Il faut dire que le contenu de la note, rédigée vendredi dernier au commissariat de la rue Bonaparte, est particulièrement sensible. Cibler une population sur des critères ethniques est interdit en (lire ci-dessous).

Le document est rédigé par un officier de police, « sur instruction de la commissaire centrale ». Cette note demande « dès à présent et jusqu'à nouvel ordre, pour les effectifs du VI e arrondissement, de jour et de nuit, de localiser les familles roms vivant dans la rue et de les évincer systématiquement » .

Parmi les gradés de la police parisienne, le document ne laisse pas indifférent. « C'est violent et surtout illégal ! » commente sous couvert d'anonymat un haut fonctionnaire de la préfecture de police, « choqué ». Si ce fonctionnaire rappelle qu'il est illégal de mendier avec un enfant de moins de 6 ans, il estime néanmoins que « cette consigne maladroite et inadmissible stigmatise une population. Et de quel droit les évincer ? » poursuit-il.



A la mairie du VI e, la lecture n'est pas la même. Le maire , Jean-Pierre Lecoq, lui, n'est « pas choqué » par le ton de cette note interne. « On joue sur les mots. Ce qui me choque, c'est de voir des familles de Roms dans la rue avec des enfants en bas âge. Ce n'est pas acceptable sur le plan humain et social. »

L'élu dénonce l'arrivée massive depuis deux mois de familles de Roms qui dorment dans la rue avec de jeunes enfants, autour de Saint-Germain-des-Prés. « Ils cachent des matelas dans des bosquets. Les familles ont triplé. C'est un vrai problème. » Jean-Pierre Lecoq a d'ailleurs eu une « conversation le mois dernier avec le préfet sur le sujet ». Selon l'édile, ces Roms ont traversé la Seine, depuis le début de l'année, « chassés du quartier de la Bastille (XI e) par la police ».

« C'est le jeu du mistigri, déplore Jean-Pierre Colombies, délégué du syndicat de police Snop-SCSI. On chasse les Roms d'un endroit à l'autre, d'un arrondissement à l'autre, ça ne résout rien. » Au passage, le syndicaliste des cadres de la sécurité intérieure regrette que « les fonctionnaires de police aient à exécuter des consignes de la préfecture de police qui elle-même est fort influencée par le pouvoir politique ».
A la préfecture de police de Paris, on est embarrassé, « choqué que cette note soit sortie du commissariat » à laquelle cependant on reconnaît « une facilité de langage malheureuse » dans la rédaction. Mais, « des instructions ont bien été passées au commissariat » du VI e, et c'est à la suite de l'alerte de Jean-Pierre Lecoq « qu'il a été décidé d'organiser des opérations coordonnées à vocation sociale ». Selon la préfecture, il s'agit bien d'une « opération de recensement, même si le terme n'est pas très heureux ».
Evangéline Masson, du Secours catholique, « scandalisée » par les termes de la note, confirme cependant l'arrivée massive de familles roms depuis deux mois sur le VI e. La jeune femme, qui fait des tournées sur le VI e pour voir les Roms, dénonce des « délits au faciès et la stigmatisation d'une population pauvre ». « Les recenser pour les évincer, c'est déplacer le problème. »

Au cabinet du préfet, on indique : « Au final, notre seule motivation, c'est que les enfants ne dorment pas dans la rue. » Et de citer le dernier enfant rom recensé qui dormait rue Danton, en plein coeur de Saint-Germain-des-Prés. Le nourrisson n'avait même pas trois mois, né le 8 février dernier...

VIDEO. Une note d'un commissariat parisien pour «évincer» les Roms
«Cette note échappe à tout cadre légal»
« SUR LE PLAN de la procédure judiciaire, cette note échappe à tout cadre légal. » La circonspection domine lorsqu'on interroge des juges parisiens sur le contenu de la note du commissariat du VI e que nous révélons. Première remarque, les mots et le style général employés échappent à tout formalisme habituel.

« Cela ressemble davantage à un genre de mémento que l'on se passe entre collègues plutôt qu'à une note de service officielle telle que les chefs ou les commissaires peuvent parfois en rédiger », remarque un haut magistrat.

Au-delà de la forme, c'est le contenu même des consignes qui interpelle. Il y a bien sûr ces Roms, désignés en toutes lettres comme les cibles de la note. « La jurisprudence est très claire : aucun contrôle de police ne peut être effectué en ciblant une personne en fonction de son apparence ou de sa nationalité réelle ou supposée », poursuit cette source.

Le but affiché ensuite : débarrasser les rues de l'arrondissement huppé de leur présence. « Il ne s'agit pas ici de prévenir ou de réprimer telle ou telle infraction mais de faire le vide. Légalement aucun texte n'autorise ce type d'initiative. » Les consignes éditées font également référence à une « instruction parquet » dont découlerait cette même note. « Aucune instruction en ce sens n'a été donnée à ce commissariat », tranche une source judiciaire parisienne.

« Le parquet autorise parfois des contrôles d'identité ciblés pour prévenir certains délits, comme le vol par ruse, commis dans des quartiers touristiques et souvent attribués à des Roms, mais il n'est pas question de les viser directement, ni de les évincer purement et simplement », complète un autre magistrat, pour qui la note diffusée « constitue, a minima, une maladresse ».
Thibaut Raisse

mardi 8 avril 2014

Amnesty International accuse la police française de «harceler» les Roms


LeParisien.fr AI, 08/4/2014,
ILLUSTRATION. Un rapport d'Amnesty publié mardi à l'occasion de la Journée internationale des Roms, démontre que les Roms sont de plus en plus victimes de violences en Europe mais les États n'ont pas pris la mesure du problème.

ILLUSTRATION. Un rapport d'Amnesty publié mardi à l'occasion de la Journée internationale des Roms, démontre que les Roms sont de plus en plus victimes de violences en Europe mais les États n'ont pas pris la mesure du problème. | LP/PHILIPPE DE POULPIQUET


Les Roms sont de plus en plus victimes de violences en Europe mais les États n'ont pas pris la mesure du problème, dénonce Amnesty International dans un rapport publié mardi à l'occasion de la Journée internationale des Roms. «Les gouvernements rechignent à reconnaître l'ampleur du problème et se montrent peu réactifs lorsqu'il s'agit de les combattre», estime Marco Perolini, chercheur d'Amnesty International.

En , l'organisation met en cause le rôle de la police, accusée de «harceler» cette minorité lors des démantèlements de bidonvilles, qui se sont accélérés en 2013 avec la suppression de 165 camps ayant abrité quelque 20 000 personnes.

Selon Amnesty, rien qu'à Marseille, il y a eu «une dizaine de cas de harcèlement ou d'intimidation depuis 2011». Elle assure qu'un homme a eu le fémur cassé par des policiers lors du démantèlement de son camp fin novembre 2011.

Les policiers européens en ligne de mire

L'organisation accuse aussi les forces de l'ordre de ne pas assez protéger les Roms et de ne pas toujours enquêter pour trouver les coupables d'agressions.Ainsi, écrit-elle, la police est arrivée une heure après avoir été prévenue lors d'une attaque en mai 2013 de familles roms sur une aire d'accueil à Hellemmes (Nord). Et l'enquête n'a pour l'instant rien donné.

L'organisation épingle aussi la République tchèque, où des groupes d'extrême droite ont organisé en 2013 plusieurs manifestations anti-Roms sans entraîner de condamnation claire des autorités. Dans la ville de Duchcov, la maire a même participé à l'une de ces marches, écrit Amnesty.

En Grèce, l'association accuse la police de ne pas être intervenue lors d'une attaque de la communauté rom à Etoliko (ouest) en janvier 2013 par des individus qui ont lancé des cocktails Molotov et des pierres sur leurs maisons.

Amnesty appelle donc les gouvernements à veiller à ce que les policiers ne fassent pas un usage disproportionné de leur force lors de leurs interventions dans des campements, à poursuivre avec plus d'efficacité les auteurs d'actes à caractère raciste, ou encore à réaliser des statistiques sur les violences contre les Roms.



mardi 4 mars 2014

Roubaix : le médecin des Roms, Christophe Lamarre, suspendu



A Roubaix, on l'appelle le médecin des pauvres et des Roms. Le Docteur Christophe Lamarre vient d'être suspendu par le conseil de l'ordre national des médecins. Deux mois d'interdiction de pratiquer.
  • EP avec AFPPar EP avec AFP , nord-pas-de-calais.france 3, 3/3/2014
Christophe Lamarre © MaxPPP
© MaxPPP Christophe Lamarre
Motif : une suractivité et des amplitudes horaires excessives. Didier Pithon et Patrick Duluc ont pu recueillir la réaction du médecin en vidéo. La voici :

Voir la vidéo
Réaction du docteur Christophe Lamarre

Fin septembre 2013, lorsque les forces de l'ordre ont évacué le campement dit du Galon d'eau, proche de son cabinet roubaisien, le médecin généraliste, qui soignait des patients roms depuis plusieurs mois, se rend sur place et trouve "sur le trottoir" une famille qu'il connaît, "six personnes dont un malade".

Devant l'absence de solution pour les reloger, le médecin pense à son ancienne maison médicale, qui lui appartient toujours : "je les ai installés là pour le week-end en leur demandant de ne rien dire à personne". Avec l'aide d'un responsable de la Ligue des droits de l'homme, il y amène ensuite deux autres familles avec des malades.

Bien vite, des Roms "sont arrivés de partout avec des caddies", relatait le médecin en octobre 2013 : "Peut-être deux cents personnes, dans la rue et dedans. J'étais complètement dépassé". Ils étaient à cette date, une cinquantaine à y vivre le jour, les trois familles d'origine et "les plus fragiles" des Roms arrivés ensuite : de nombreux enfants malades en bas âge, une femme enceinte.

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jeudi 16 janvier 2014

Les camps de Roms évacués plus souvent en 2013




C’est deux fois plus qu’en 2012. «Pas de trêve hivernale, ni même de trêve des confiseurs, commente Philippe Goossens, chargé par la LDH de coordonner ce rapport, réalisé avec l’European Roma Rights Center (ERRC). «Le 20 décembre, 250 personnes étaient expulsées d’un camp à Ris-Orangis, en région parisienne. Le 3 janvier, c’était 133 personnes dont 82 enfants, à Saint-Etienne. Depuis, il y a aussi eu Perpignan, Thiais…», égraine-t-il lentement, lors de la conférence de presse mardi matin, au siège de la LDH.
En 2013, les autorités auraient ainsi fait évacuer 165 campements sur tout le territoire, selon ce décompte réalisé en recoupant les témoignages d’associations et les articles de presse. «Il y a plus de personnes expulsées en 2013 que de gens vivant dans des bidonvilles ou des squats, poursuit Philippe Goossens. Ce qui veut dire que certains ont vu leur campement évacué plusieurs fois dans l’année Notamment en périphérie des grandes villes, comme Lille, Lyon, Bordeaux ou Paris, où le nombre d’expulsions est plus élevé qu’ailleurs. En Ile-de-France, la moitié des expulsions se sont déroulées dans le département de Seine-Saint-Denis. «D’après certaines de nos sources, en Seine-Saint-Denis, les forces de l’ordre avaient prévu d’autres évacuations mais ont dû s’arrêter car elles avaient utilisé tout le budget !»

«Nous attendions autre chose de ce gouvernement»

«Ces évacuations forcées restent le mode de gestion de la minorité rom en France. Pourquoi ?», interpelle Dominique Guibert, vice-président de la LDH. «C’est la première année pleine d’exercice du gouvernement Ayrault. Nous attendions autre chose. Certainement pas une telle augmentation des expulsions», déplore-t-il.
Quelques mois après son arrivée au gouvernement, Jean-Marc Ayrault affichait pourtant une volonté de changement de cap. Il nommait «un préfet des Roms», Alain Régnier, chargé de faire appliquer la circulaire du 26 août 2012 visant à accompagner toute évacuation de solutions de relogement adaptées pour les familles.
«La circulaire est très rarement appliquée. Quand elle l’est, c’est de manière extrêmement disparate et tout à fait superficielle», taxe la LDH. Elle sert seulement de «paravent aux préfets». Philippe Goossens raconte : «Quand les services sociaux sont dépêchés dans les camps, ils font un recensement de la population mais ne proposent pas de réelles solutions de relogement. Ils négocient juste avec les policiers quelles familles seront prises en charge. Une dizaine seront hébergées pendant deux ou trois jours dans un hôtel géré par le Samu social. Avant de se retrouver à nouveau à la rue, avec parfois, en prime, une obligation de quitter le territoire français (OQTF) distribuée à l’hôtel…»

Harcèlement policier, plus que jamais

En pratique, donc, la politique envers la minorité rom, évaluée à 16 000 personnes en France, n’aurait pas changé d’un pouce depuis l’ère Sarkozy. A un point près. Depuis cette circulaire d’août 2012, la pression policière dans les camps serait encore plus forte qu’avant. «Ils viennent taper à la porte, à 4 heures du matin. Ils crient, ils nous demandent de partir», témoigne Maria Radu, une Roumaine d’origine rom vivant en France depuis six ans et qui a connu onze expulsions. Elle est venue devant la presse pour témoigner. «Le harcèlement policier ne date pas d’aujourd’hui mais il est devenu systématique. Cela simplifie leur travail le jour de l’évacuation», explique Philippe Goossens. Certains bidonvilles sont même entièrement désertés avant le jour J. La LDH en a ainsi décompté 13 en 2013.
Les familles vont s’installer un peu plus loin, dans la commune ou le département voisin. Sauf qu’à chaque fois, c’est une rupture de toute tentative d’insertion : rupture de scolarité pour les enfants, rupture de soins ou de recherche d’emploi. Alors que le président de la République tient sa conférence de presse ce mardi, la LDH demande : «Quand va-t-on en finir avec cette politique inique, coûteuse et inutile ?»

samedi 21 décembre 2013

"Comprendre les Roms" (2) : Ponorâta, le hameau des exclus



© France 3 Nord-Pas de Calais


Deuxième volet de notre série de reportages consacrés aux Roms vivant en Roumanie. Après le portrait d'une famille qui a vécu à Lille pendant 3 ans, nous partons à la rencontre d'un village-ghetto coupé du monde où "survivent" 400 personnes.
  • Publié le 17/12/2013
© France 3 Nord-Pas de Calais
© France 3 Nord-Pas de Calais

Ponorâta est un hameau que les Roms occupent depuis qu'ils ont été violemment chassés d'un village proche, il y a de cela vingt ans. Aujourd'hui, ils sont quatre cent à y survivre tant bien que mal...

Perdu au milieu de nulle part, Ponorâta est un village miniature, un ghetto pour Roms coupé du monde. Créé il y a une vingtaine d'années après la chute du communisme, le hameau rassemble des Roms qui ont été chassés d'un village voisin à une période où le travail et la nourriture se faisaient rare.
Ici, la misère saute aux yeux. Comme pour Maria qui vit dans une minuscule maison avec son fils Kalin, 30 ans, handicapé physique. Mais les autres aussi sont laissés pour compte. Sans terres, sans rien.

Leur fierté les empêche de parler de la ségrégation dont ils sont victimes, mais elle est bien là, réelle. Le maire de Corieni, un village proche, l'admet à demi-mot. Il est le seul Roumain à leur rendre visite. Alors les 400 roms de Ponorâta tentent de survivre tant bien que mal et peu à peu, sur place, la solidarité s'organise.




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mercredi 2 octobre 2013

Roms, et qui d'autre? Lettre ouverte à Manuel Valls par A. Romarès, tzigane français


Lettre ouverte à Manuel Valls, homme de gauche

    Les formules simples relèvent de la bêtise ou du calcul électoral mais dans les deux cas, le moins que l’on puisse dire est que ça manque d’élégance. Manuel Valls, Ministre de l’intérieur, bien soutenu par tous ceux qui vivent dans l’angoisse de ne pas être élu ou réélu, est prêt à toutes les bassesses avec une excuse: « c’est pour l’amour de la France ».

    Manuel Valls dit que ma tribu tzigane « ne veut pas s’intégrer ». Peut-être, mais dit comme ça, c’est choquant. Si on remplace le mot « intégrer » par « adapter », les  trois quarts des habitants de ce pays entrent dans cette catégorie car la liste des injustices et des dysfonctionnements est longue.
    Tous les jours dans ce pays si riche, il y a des familles qui sont expulsées de leur logement ; elles se retrouvent complètement démunies sur le trottoir.
    Tous les jours, il y a des hommes et des femmes qui perdent leur emploi, ils étaient déjà mal payés mais c’était encore trop.
    Il n’y a pas un habitant de ce pays qui vit raisonnablement éloigné de l’aire meurtrière des centrales nucléaires.
    Ils nous disent : « les Français doivent prendre leur retraite plus tard dans le temps à cause de 2020 ». Il n’y a pas un économiste dans ce pays qui peut raisonnablement nous dire quel sera l’état économique de la France en 2020.
    La France s’est considérablement enrichie ces dernières années : est-ce que ce fait ne compte pas lui aussi ?
    Depuis ma plus tendre enfance, j’entends presque tous les jours qu’il y a un énorme problème de logement en France. On nous dit si vous habitez à Toulouse et qu’il y a un emploi à Lille, il faut le prendre, mais se loger, c’est impossible.

    En tant que responsable d’entreprise, je peux dire que je suis en enfer et que je risque tous les jours la prison. La banque m’a toujours autorisé des découverts mais plus maintenant… Et j’ai, mais cela n’est pas nouveau, deux bottins au dessus de la tête : le code civil, un océan de lois, plus personne ne s’y retrouve, François Hollande disait « Nicolas Sarkozy, c’est un fait divers, une loi ».
    Pour sa première année de présidence, il nous a donné 41 lois.
    François Hollande, pour sa première année de présidence, nous en a donné 39 : où est la différence ? Et en plus de ce code civil complètement fou, j’ai un deuxième bottin sur la tête qui s’appelle le code du travail. Il faut refaire ces deux codes sans toucher aux programmes sociaux car dans ce pays, trop d’hommes et de femmes sont pauvres.
    Manuel Valls dit « La solution pour les tziganes, c’est qu’ils retournent dans leur pays ». Quelle méconnaissance, nous n’avons pas de pays et nous n’avons pas de revendication de cet ordre.  Il pense à tort à la Roumanie et à la Bulgarie mais le racisme est tel que les autorités de ces deux pays ne trouveront pas la solution.
    La solution est européenne et que la France commence à balayer devant sa porte !
    Je suis un tzigane français mais mon épouse est une tzigane qui vient de Roumanie. Nous sommes mariés et nous avons 5 enfants nés en France, elle a des fiches de paie depuis 20 ans et on a dû batailler 10 ans pour qu’elle obtienne la nationalité française.
    Avec sa grande jupe multicolore et ses longs cheveux noirs, souvent on ne veut pas la servir dans les pharmacies. Les taxis, c’est encore pire. Avec le refus, il y a les insultes. En Roumanie, deux jeunes hommes dans sa famille se sont fait tuer dans la rue pour rien du tout. Récemment, sa cousine accouche. On lui dit l’enfant est mort-né. Elle demande à voir l’enfant. On ne lui a jamais montré. Des filles de 14 ans sont emmenées de force à l’hôpital et stérilisées. Dans ces deux pays, au fil du temps,  nous sommes devenus les juifs des années 30.  
    Si on veut vraiment trouver une réelle solution  aux problèmes que posent les tribus tziganes, il faut agir avec l’Europe car il y a de l’argent pour ça.
    Il est urgent de faire une évaluation des politiques publiques car les fonds européens existent mais ils s’évaporent. Certaines associations ne sont pas toujours bienveillantes, en gros, l’argent n’arrive pas où il devrait aller : c’est-à-dire pour monter des projets.
    Déçus, les Français ont élu une autre équipe gouvernementale. Le chantier est énorme. Il y a tellement de choses à changer, presque tout.
    Dans les tribus tziganes et gitanes, on a compris il y a longtemps que la politique est le terrain préféré du diable. Alors nous préférons rester sur nos terrains.
    L’extrême droite et une certaine droite, bien aidée par les difficultés économiques de millions d’hommes et de femmes ont perverti le discours politique. Marine Le Pen, délirant sur les tziganes de Roumanie qui sont restés en France. Chiffre officiel : 16 000.  
    Les hommes ont marché sur la lune mais ils ne peuvent pas tordre le cou à la misère, aux injustices, au racisme et à l’antisémitisme. Les autorités de ce pays nous ont toujours écrasés.
    Dernier racisme nous concernant, nous ne sommes plus des tziganes, maintenant, nous sommes des « roms ».
    Le Ministre de l’intérieur, Manuel Valls, a très bien compris comment Nicolas Sarkozy, l’homme le plus détesté du pays s’est fait élire : il marche sur ses pas, quelle noblesse.
    Certains voudraient nous voir morts, ça tombe mal. Le 23, 24 et 25 mars 2013, nous avons présenté la première programmation à Paris de Tchiriclif, Centre artistique tzigane. Et nous avons eu un public enthousiaste et nombreux.
    Comme disait le violoniste Yehudi Menuhin, « bientôt dans ce monde moderne, plus personne ne saura allumer un feu. Heureusement que les tribus tziganes et gitanes seront là ! »
    Veuillez agréer, Monsieur le Ministre de l’intérieur etc……
    Alexandre Romanès,
    Poète, luthiste et directeur du cirque Romanès.

    «Qu'on en finisse avec ce débat : il n'y a pas d'invasion de Roms»





    Il est écœuré de voir son travail détourné de son but initial. Michael Guet travaille au Conseil de l’Europe, auprès du secrétaire général en charge des questions relatives aux Roms. Depuis cinq ans, il collecte des données chiffrées sur ce peuple, pays par pays. Mais se désole aujourd’hui de la tournure des débats en France, et de la façon dont ses estimations chiffrées sont utilisées.
    Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, assure que seule une minorité de familles roms souhaitent s’intégrer. Est-ce exact ? Dispose-t-on de chiffres ?
    Le ministre fait référence aux projets d’insertion qui concernent, en effet, peu de familles. Il oublie de dire une chose : souvent, le temps que soient menés les diagnostics sociaux pour identifier les familles souhaitant s’intégrer, le camp est évacué, les familles dispersées à droite, à gauche et elles n'en profitent pas. Mais ce n'est pas parce qu'elles refusent de s'intégrer.
    Le gouvernement a recensé 16 949 personnes vivant dans des campements illicites cet été, en grande majorité des Roms. C’est un chiffre précis. Est-il fiable ?
    Ce chiffre correspond à une réalité : les Roms vivant dans les bidonvilles. Mais il y a tous les autres. Les invisibles, ceux dont personne ne parle car on ne sait même pas qu’ils existent. Ces Roms, avocats, médecins, chefs d’entreprise préférant cacher leurs origines de peur de perdre des clients ou d'être stigmatisés. On ne connaît pas leur nombre, ni même une quelconque estimation. A vrai dire, il n'y a aucune raison qu'on le sache. Cela n’a aucun sens, surtout en France. C’est même anticonstitutionnel de comptabiliser les personnes en fonction de leur origine. Ces derniers jours, tous les journalistes français m'appellent pour connaître le nombre de Roms en France et en Europe. Le Conseil de l'Europe dispose en effet de données, mais cela nous place complètement en porte-à-faux.
    Que voulez-vous dire ?
    Nous avons une structure, au sein du Conseil de l'Europe, traitant des questions liées aux Roms depuis 1995. Depuis cinq ou six ans, j’ai entrepris de collecter des données chiffrées pays par pays, reprises un peu partout, mais dans un but bien précis : il s’agissait de peser dans les politiques nationales d’intégration. Dans les pays de l’Europe de l’Est, où les statistiques ethniques sont autorisées, les gouvernements s’appuient sur ces chiffres pour calibrer leurs aides. Sauf que les recensements de population sont toujours bien en-deçà de la réalité, les gens ne se déclarant pas d’origine rom. Parfois, il faut multiplier ce chiffre par cinq, six voire dix pour avoir une vision plus exacte. C’est la raison pour laquelle nous avons entrepris de collecter des données, venant des instituts de recherche, ONG ou autorités locales, pays par pays.
    Dans quel pays européen y a-t-il le plus de Roms migrants ?
    Ce terme «Roms migrants», que l'on entend partout, est un raccourci. La plupart des Roms viennent de Roumanie ou de Bulgarie, ce sont des citoyens européens et ne sont donc pas «migrants». Dans l’Europe occidentale, la grande majorité vient de Roumanie car c’est un pays latin, avec une culture et une langue un peu plus proche de l'Europe de l'Ouest. On estime qu’ils sont un peu plus de 40 000 en Espagne, 70 000 en Italie. Et 30 000 en Belgique. Mais chez nos voisins européens, le sujet ne fait pas du tout débat comme en France. Cela n'a rien à voir. En France, la question est surmédiatisée et surpolitisée. On en fait tout un problème alors que cela ne concerne que 20 000 personnes.
    Comment l'expliquer ?
    Parce qu’ils sont très visibles. Ils vivent dans des caravanes de fortune, dans des bidonvilles, ça choque. Mais le principal problème, c’est la pénurie de logements sociaux. En Espagne, ils sont beaucoup plus nombreux, mais le débat est beaucoup moins exacerbé, notamment parce qu'ils logent dans des appartements.
    Certains politiques, Valls en tête, parlent d'un risque de créer un appel d'air. Y a-t-il plus de migrations des populations d’origine rom qu'avant ?
    Non. Contrairement à ce qu’on entend dire, la tendance est stable depuis une dizaine d’années. D'ailleurs, il n’y a pas plus de Roms qui quittent la Roumanie que de Roumains. Qu'on sorte enfin de ce débat : non, il n’y a pas d’invasion en Europe occidentale. Non, il n’y a pas d’appel d’air. 
    Recueilli par Marie Piquemal 
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    Ces 15.000 Roms qui font trembler la France


    La République française est devenue bien fragile : 15.000 Rroms bulgares et roumains suffisent à la faire trembler… Depuis quelques jours, la paranoïa de l’antitsiganisme s’étale à nouveau à la « une » des médias. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et les ténors de l’UMP rivalisent dans cette course au mensonge, au populisme et à la démagogie. Le dernier éditorial du Courrier des Balkans.

    Par Jean-Arnault Dérens

    Tous les médias « sérieux » l’annoncent avec assurance : la « question des Rroms » va « parasiter », voire « dominer » la campagne en vue des élections municipales du printemps. Un nouveau « bras de fer » s’annonce d’ailleurs sur le sujet entre Paris et Bruxelles... Chaque éditorialiste, chaque commentateur y va de son point de vue, comme s’il n’existait pas, en France, de question plus urgente, plus brûlante que le sort de quelque 15 à 20.000 personnes.
    Le nombre de Rroms de Bulgarie et de Roumanie qui vivent dans des bidonvilles et des campements insalubres reste d’ailleurs étonnamment stable malgré la poursuite des politiques de démantèlement des camps et d’expulsions systématiques. Cette petite communauté alimente l’antitsiganisme contemporain, alors qu’elle ne représente qu’une infime partie des Rroms, Tsiganes et voyageurs vivant en France, qu’ils y soient établis depuis des siècles ou qu’ils s’y soient installés au cours des dernières années.
    Au vrai, chacun le sait bien, cette question des Rroms de Bulgarie et de Roumanie relève exclusivement d’un problème humanitaire fort simple à résoudre. Comment la France serait-elle incapable de loger 20.000 personnes dans le besoin ? De scolariser leurs enfants ? De garantir leurs droits à la santé ou à la formation ?

    Le caractère dérisoire du nombre de personnes concernées suffit à rappeler que la question est sortie de toute logique rationnelle. En vérité, il n’existe aucun problème rrom en France, mais certains politiciens, de gauche comme de droite, ont cru pertinent de créer et d’alimenter un fantasme, d’entretenir un délire paranoïaque, qui se répand dans une société fragilisée par bien d’autres problèmes.

    Valls, dérapage populiste calculé
    Comme ses prédécesseurs Guéant et Hortefeux, M.Valls cherche à « faire du chiffre », même si l’on sait bien que les camps démantelés sont aussitôt reconstruits, que les personnes expulsées de France y reviennent bien vite. Il cherche à « faire des images », assurées d’ouvrir chaque soir les journaux télévisés.
    Manuel Valls joue une partition bien connue, celle du populisme et de la démagogie. Pour cela, il n’a pas seulement besoin des images du JT et des couvertures honteuses de médias comme Valeurs actuelles ou L’Opinion, mais aussi de la « réplique » que ne manquent pas de lui donner tant certains de ses collègues du gouvernement que la Commission européenne.
    Manuel Valls, qui a mené toute sa carrière politique sous les couleurs du Parti socialiste, dérape – ou plus exactement, se livre à un exercice de dérapage très maîtrisé. Il utilise un langage qui est classiquement celui de l’extrême droite, et certains ministres ou députés de son propre parti ne peuvent manquer de critiquer sa « politique des coups de mentons ». De même, les extravagantes déclarations du ministre de l’Intérieur ont provoqué un inévitable rappel à l’ordre de la Commission européenne à la Justice, Viviane Reding, qui avait déjà épinglé la France de Nicola Sarkozy dans des circonstances similaires, à l’été 2010.
    Ces « réponses » font le jeu de Manuel Valls, et s’inscrivent dans le storytelling imaginé par ses conseillers en communication : elles lui permettent de se caler dans la posture d’un homme du « parler vrai », à l’écoute des « vrais » problèmes du « vrai peuple de France ». Manuel Valls se pose ainsi en adversaire de la langue de bois, prêt à rompre avec la logique compassée du « politiquement correct », et même à croiser le fer avec Bruxelles, au nom des intérêts supérieurs de la nation et du peuple !
    Cette construction s’inscrit dans la poursuite d’une vieille rhétorique, rabâchée jusqu’à la corde depuis vingt ans au moins, qui voudrait que l’extrême droite « apporte de fausses réponses à de vrais problèmes ». Tout le problème, est qu’en vérité il n’y a pas de problème.

    Les Rroms, du fantasme au délire collectif
    L’invention d’un problème rrom, orchestrée depuis quelques années par des responsables politiques de droite comme de gauche, relève du fantasme, de quelque chose qui n’a aucun fondement réel mais qui cristallise une paranoïa collective. Dans ce délire – au sens psychiatrique du terme – la surenchère constante est la règle. On a ainsi pu entendre le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Coppé, se prononcer « solennellement » contre l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Espace Schengen au 1er janvier 2014, une hypothèse qui n’est nullement à l’ordre du jour, les ressortissants de ces deux pays devant simplement cesser d’être frappés par certaines restrictions dans l’accès au marché européen du travail.
    Sur le sujet, de toute manière, les erreurs, les imprécisions et les mensonges patentés ne sont pas de nature à effrayer les dirigeants politiques d’un bord ou de l’autre, quitte à achever de ruiner l’image de la France, déjà bien mise à mal dans ces anciens bastions de la francophonie qu’ont longtemps été la Roumanie et la Bulgarie.

    Quand la gauche et la droite se livrent à ce jeu dangereux, l’extrême droite n’a pas besoin d’en rajouter, car elle sait qu’elle sera, au final, le seul gagnant de cette absurde compétition. Si, véritablement, 15.000 Rroms bulgares et roumains se retrouvaient « au centre » de la campagne pour les élections municipales françaises du printemps 2014, il est facile de prévoir que ni le PS, ni l’UMP ne seront les vainqueurs des ces élections, mais seulement le Front national.

    Le Courrier des Balkans, pour sa part, fidèle à sa ligne éditoriale de toujours, mais aussi aux principes fondamentaux d’opposition à toute forme de racisme et de xénophobie, continuera à informer le plus objectivement possible sur les multiples réalités sociales de la Bulgarie et de la Roumanie, mais aussi sur les populations rroms et tziganes de l’ensemble des Balkans, et sur les migrants présents en France.