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mercredi 30 décembre 2015

La France est à cran

La France est à cran

Qu’il s’agisse de déchéance de la nationalité ou de la situation en Corse, tout débat tourne à l’aigre, de là à l’acrimonieux et enfin à la pure violence morale. Comment le Premier ministre, pris la main dans le sac de l’extrême droite, ose-t-il déclarer que la gauche « s’égare dans les grands principes » ? Comment peut-on « s’égarer » dans les grands principes républicains ? Je dois en déduire que Valls ne comprend pas ce que sont les « grands principes » républicains, comment ils forment un tout, une cohérence où chaque partie est liée aux autres pour former une doctrine définissant de façon précise et singulière ce qu’est le Peuple, la Nation et la République. Et le cas particulier de Manuel Valls ou de François Hollande rappelle une évidence : il n’y a pas de République sans républicain. Si l’exemple du mépris pour les principes fondateurs de la nation républicaine des Français vient du sommet de l’État, on ne doit pas s’étonner qu’il le soit ensuite publiquement par tous ses ennemis.
Non, Manuel Valls, nous ne nous égarons pas dans les grands principes. Nous nous égarerions sans eux. C’est bien pourquoi de mon côté je vois plus d’un trait commun entre le débat sur la déchéance de la nationalité et les empoignades sur les graves évènements en Corse. Pour moi, « on est chez nous » là où la loi s’applique à tous et où tous sont égaux devant la loi. La loi, même injuste, est la volonté du peuple et elle s’applique jusqu’à ce que le peuple la change. Ceci vaut condamnation de ceux qui agressent les pompiers à Ajaccio comme de ceux qui prétendent punir collectivement toute la population d’un quartier.

 Pour avoir dénoncé les violences d’Ajaccio, et rappelé que cette première en France intervient dans une ambiance locale spécifique, je me vois reprocher une mise en cause collective « des Corses ». Comment peut-on à la fois me reprocher de ne pas reconnaître le peuple corse et de l’incriminer par une généralisation ? Comment croire sérieusement que j’imagine une population française entière xénophobe ? Comment pourrais-je sans cesse dénoncer que l’on essentialise la nationalité comme je le fais contre le concept de « Français de souche » et reproduire cette sottise dans l’analyse du cas particulier d’un territoire français ?

C’est évidemment une ruse rhétorique de mes adversaires. M’accuser de dénigrer le « peuple corse » est une autre manière de donner à celui-ci une existence victimaire sympathique pour effacer la culpabilité des actes racistes et de leurs auteurs individuels. J’y sens le traditionnel fumet ethniciste relooké en élan compassionnel. Cette méthode prolonge en direction des « Corses » la culpabilité collective imputée aux habitants du quartier terrorisé. Or, pour moi, la responsabilité d’un acte est toujours individuelle. Et si j’admets, comme je le fais moi-même souvent dans l’analyse, que les conditions environnantes sociales culturelles et autres concourent évidemment à la formation des actes individuels, celles-ci ne peuvent fournir mieux que des circonstances atténuantes. Jamais des excuses ni des légitimations.

samedi 8 juin 2013

Assassinat de Clément Méric

Aujourd'hui, le fascisme tue en France

Des activistes d'extrême droite, revenus en force à la faveur de la crise et sous le couvert des alliances larges à droite contre le mariage pour tous, viennent de tuer un jeune syndicaliste étudiant de 18 ans.

Attac France exprime sa peine et sa solidarité à sa famille, ses ami-e-s, ses camarades. Elle condamne les politiques troubles qui encouragent et couvrent de tels agissements. Elle appelle aux rassemblements qui auront lieu en protestation, notamment à celui de ce soir jeudi 6 juin à partir de 17 h devant le passage du Havre, métro Saint Lazare et à rejoindre ensuite celui de Saint Michel à 18 H 30.

Elle demande à ses militants de redoubler d'énergie pour que la solidarité, le respect de la différence et la justice sociale préparent un autre avenir.

Attac France, 6 juin 2013

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CLÉMENT, 18 ANS, MILITANT DE GAUCHE, ASSASSINE PAR UN GROUPE FASCISTE

Beaucoup de messages pour dénoncer l'amalgame fait un peu partout dans les médias entre extrême-droite et extrême gauche, renvoyés dos à dos dans une même stigmatisation.

C'est le même amalgame qui mettait les Brigades Internationales et Franco dans le même sac.

C'est le même amalgame qui mettait l'occupant nazi et la Résistance dans le même sac, c'est ce que faisait Vichy et la collaboration.

C'est le même amalgame qui met aujourd'hui Marine le Pen et le Front de gauche dans le même sac.

Cet amalgame se veut un gage d'objectivité tel qu'on l'enseigne dans les mauvais cours de journalisme.

Cet amalgame illustre la phrase fameuse de Jean-Luc Godard : "L'objectivité c'est cinq minutes pour Hitler, cinq minutes pour les Juifs".

Daniel Mermet
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Le communiqué de JL Mélenchon :

La violence sauvage qui a assassiné Clément Méric n’est pas fortuite. C’est une culture méthodiquement inculquée et entretenue par des groupes d’extrême droite. Elle s’exprime à tous propos, en toutes circonstances comme un mode considéré comme admirable par ces groupes. Il a connu un développement particulier du fait de son impunité et de la campagne de dédiabolisation du Parti des Le Pen auxquels ces groupes sont liés. L’impunité est le fait d’un ministre de l’intérieur intéressé à manipuler l’opinion en laissant agir ces groupes pour discréditer les manifestations dans lesquels ils se nichent.
La banalisation des Le Pen complaisamment entretenue en même temps que j’ai été continuellement diabolisé, a ouvert un espace de légitimité et d’encouragement à l’extrême droite dans toutes ses composantes. Je sais qu’il ne faudra pas longtemps avant que la machine à calomnier et à insulter se remette en marche dans ce registre pervers.
Je note que la première arrestation dont j’ai l’écho ce matin est celle d’un jeune qui aurait menacé madame Le Pen sur internet, coïncidence médiatique qui ne manque pas d’impressionner. Mais il est possible aussi que les nombreux journalistes et photographes présents à Henin Beaumont aux législatives de 2012 retrouvent la mémoire.

Il est possible qu’ils se souviennent d’avoir vu les militants des JNR, et leur chef, diffuser sur les marchés. Peut-être même retrouveront-ils la photo de la poignée de main que madame Le Pen leur donna ! D’ici là nous les publierons nous même pour éviter que madame Le Pen puisse être une nouvelle fois complaisamment disculpée de sa responsabilité morale dans les activités de ces groupuscules violents. Le ministère de l’intérieur doit dissoudre ces groupes. 


La complaisance et la dédiabolisation systématique des Le Pen doit cesser. Nous ne devons plus être si seuls avec les militants « anti-fa » à porter le poids de la résistance pendant que d’autres jouent sans vergogne l’instrumentalisation.

Soyez nombreux ce soir au carrefour Saint Michel à 18 Heures 30 pour accompagner le camarade Clément Méric, exprimer notre dégout et notre farouche détermination à faire interdire et punir les groupes d’extrême droite.

Jean Luc Mélenchon
PS : Un buzz médiatique affirme que Clément aurait été membre de notre parti. Nous en aurions eu beaucoup d’honneur. Mais ce n’est pas le cas. Nous avons milité ensemble et dans certaines circonstances assez étroitement. Mais Clément Méric avait ses propres engagements, notamment syndical à Sud. Sa mémoire et le devoir de l’honorer s’impose à tous, sans condition ni réserve.
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 Les Alternatifs de Gap

La mort de Clément, jeune homme de 18 ans, sous les coups de militants d’extrême droite est un drame tragique. Nous ne pouvons tolérer la haine et la violence fasciste qui sont à l’origine de ce crime. Les groupuscules d’extrême droite doivent être dissouts.
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L'antifascisme n'est pas un extrémisme




L'assassinat en plein jour à Paris d'un jeune militant antifasciste par un groupe de nazillons skin-heads est présenté depuis ce matin d'une façon absolument insupportable: il s'agirait à entendre les commentateurs de la télé (BFMTV et France2 notamment) d'un "militant d'extrême-gauche battu à mort par un groupe de militants d'extrême-droite"!
Ainsi est placé un signe d'égalité infâmant entre un militant antifasciste et ses assassins: l'extrême-gauche renvoyant à l'extrême droite dans un shéma tout à la fois simpliste et complice.
Qu'on nous permette donc ce bref rappel: l'antifascisme n'est pas un extrémisme.
L'antifascisme est un combat dont la nécessité est vitale pour notre société.
Depuis plusieurs années on assiste en France à une remontée des pires remugles des égouts d'une droite désormais incapable de garder ses distances avec ce danger de plus en plus présent, de plus en plus actuel, et de plus en plus menaçant - dont elle favorise la résurgence.
A force de parler d'une droite "décomplexée" et de draguer les thèmes racistes, xénophobes, homophobes et fascistes, tels qu'ils se sont manifestés récemment au sein même des manifestants contre l'égalité des droits au mariage, les responsables de la droite prétendument républicaine portent une responsabilité politique directe dans toutes les violences qu'ils ne craignent pas de déchaîner dans leurs dérives électoralistes complètement irresponsables.
Les actes très violents qui se sont produits ces derniers temps sont inspirés directement par ces apprentis-sorciers, il en sont le résultat direct.
Le crime abominable commis hier soir contre notre camarade Clément Méric n'est en rien dû au hasard: ceux qui vont chercher les tueurs pour assurer leur service d'ordre ont, tout autant que le groupuscule nazi auteur de cet assassinat, une responsabilité directe!
Les extrémistes, ce sont ceux qui attisent les passions anti-républicaines, anti-égalitaires, le refus de l'autre, de la diversité, de la démocratie, de la république qui sont les références d'un fascisme hideux, chargé de crimes innombrables.
Nul ne peut ignorer que ceux qui banalisent la haine siègent aussi sur les bancs de la droite nationaliste.

Plus que jamais: no pasaran !
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 A Dijon, le recueillement silencieux du peuple de gauche


2013-06-hommage-front-de-gauche-fascisme-JJ-miroir-65

Le visage fermé, et la peine au cœur, environ 200 citoyens, sympathisants de gauche et notamment du et plus généralement hommes et femmes mobilisés contre les dérives d’une forme de droite extrême,  se sont rassemblés place de la
2013-06-06-societe-clement-meric-mort-paris-hommage-dijon libération, jeudi 06 juin 2013 avant d’entamer une marche silencieuse dans le centre ville. En hommage au jeune militant , ce fut une grande famille plus qu’un rassemblement politique qui manifesta son chagrin et sa colère . Des roses à la main, certains n’ont pas hésité à parler d’assassinat pur et simple, perpétré dans l’un des pays les plus symbolique de la démocratie.




jeudi 26 avril 2012

Quelques enseignements du premier tour de la présidentielle : du court terme aux débats incontournables

 ReSPUBLICA

 Par Évariste, 24/4/2012
 Le peuple s’est exprimé, il est important de lire les enseignements du scrutin pour fixer notre futur cap et définir les débats nécessaires pour continuer sur le chemin de l’émancipation citoyenne. Notons en préalable que les manipulations des instituts de sondage sont devenues manifestes. Les redressements opérés par ces instituts pour modifier les résultats qu’ils ont publiés restent secrets pour le grand public, ce qui est une tromperie manifeste. 

Mensonges sur le niveau de participation, bridage du vote Mélenchon en début de campagne, exagération ensuite (comme pour Chevènement en 2002), surestimation du vote Sarkozy au moment de sa déclaration de candidature, sous-estimation du vote Le Pen, surestimation du vote Bayrou, etc. Les informations que nous avons recueillies de l’intérieur des instituts de sondage montrent l’influence de plus en plus prégnante des intérêts de ceux qui les financent, par des achats de sondages de plus en plus fréquents. D’où la nécessité pour les mouvements sociaux et politiques de faire monter l’exigence démocratique de ce point de vue.

 Le vote obtenu par Marine Le Pen est un dommage collatéral de première importance et permet la progression de l’ensemble Front national + UMP. 
Jamais l’extrême droite française n’a recueilli autant de suffrages (comme la participation fut forte, plusieurs millions d’électeurs nouveaux) et elle engrange de plus de nombreuses adhésions. Et déjà se profile une nouvelle ligne stratégique qui vise cette fois-ci la prise du pouvoir politique par recomposition d’une nouvelle droite nationaliste et xénophobe dirigée par l’extrême droite elle-même, faisant suite à une décomposition de la droite néolibérale consécutive à la défaite de Nicolas Sarkozy en rase campagne. 

C’est l’honneur du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon d’avoir attiré l’attention sur ce risque durant la campagne. La baudruche Bayrou — qui n’est que l’exutoire de la droite néolibérale et européiste effrayée par les conséquences de la politique de ses amis sarkozistes — va continuer à se dégonfler, car son discours est une impasse. Au final, ce sera soit le maintien honteux dans la nouvelle droite néolibérale en reconstitution, soit le soutien au candidat socialiste si celui-ci entre dans un processus de soumission à la finance et à la direction du turbocapitalisme de type Papandréou, Socrates, Zapatero et consorts. 

 Le score médiocre d’Europe Écologie — Les Verts (EELV) nous paraît lié à deux raisons : d’abord la prise en compte du combat écologique par d’autres acteurs politiques, si bien que EELV n’a plus le monopole du combat écologique, loin s’en faut, et le fossé croissant entre la pensée des militants EELV et leur électorat potentiel. Le vote a été beaucoup plus important dans les élections locales lorsque EELV a suivi la stratégie de réformes sociétales du néolibéral Cohn-Bendit souhaitée par une bonne partie de l’électorat. 

Le score de Dupont-Aignan, qui a fait le plein de ceux qui ont la nostalgie du républicanisme de droite, corrobore notre analyse sur le fait qu’il n’y a aujourd’hui plus de combat républicain à droite du fait de l’écroulement sociologique des couches sociales qui assuraient la prégnance de ce courant politique (petit et moyen commerce, artisans, bourgeoisie nationale ne vivant que d’une économie nationale sans sous-traitance des firmes multinationales). Son électorat aura en fait le choix dans l’avenir entre le Front de Gauche et la nouvelle droite recomposée à forte prégnance de l’extrême droite. 

Le score de Jean-Luc Mélenchon possède des caractéristiques qui en font aussi un point de départ. Il a rassemblé la gauche de gauche (qui était préalablement éparpillée) et il a réussi à multiplier par 15 les votes des couches populaires ouvriers/employés par rapport au vote de Marie-Georges Buffet. Ces deux points permettent enfin une ouverture sur l’avenir

 À court terme, deux mots d’ordre pour les 1er et 6 mai Nous renvoyons à nos lecteurs à nos numéros passés pour comprendre que la triple crise économique, financière et de la dette publique va s’amplifier car la ligne Merkozy ne touche en rien aux fondamentaux de la crise financière et encore moins à la crise du capitalisme lui-même. Les lecteurs de ReSPUBLICA savent que la petite accalmie durant la campagne électorale a été « achetée » par la Banque centrale européenne (BCE) qui a créé en deux temps 1 000 milliards d’euros en prêts aux banques privées à but lucratif pour les actionnaires (le 31 décembre 2011 et le 1er mars 2012). Tout cela n’a qu’un temps et ne pourra pas se reproduire éternellement. Il n’y aura donc pas de solutions sans une société mobilisée et sans un nouveau mouvement social et politique massif. C’est donc dans la préparation de ce mouvement que la nécessité de la mobilisation du 1er mai prend tout son sens

Puis le 6 mai, pas une voix républicaine de gauche ne doit manquer à François Hollande pour « bouter » hors de l’État le sinistre Sarkozy. Et comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon lui-même « sans traîner les pieds ». Et sans se laisser impressionner par les plans sur la comète concernant les reports de voix tirés par les instituts de sondage. Il faut comprendre que le programme et les 60 propositions de François Hollande ne sont pas seulement insuffisants, mais qu’ils seront rapidement obsolètes. Ils n’engagent que ceux qui y croient, et donc pas les lecteurs de ReSPUBLICA… Dès la prochaine secousse de la triple crise, il y aura deux possibilités. 
-  Soit il copiera la politique de ses amis Zapatero, Papandréou, Socrates ou autres néolibéraux de gauche et il se « couchera » dans le lit du turbocapitalisme. 
Soit il rompra avec les billevesées de son discours d’antan et il prendra le cours du fleuve ouvert par la rivière du Front de Gauche. Même si ce dernier scénario est le moins probable, l’intérêt à court terme des couches populaires (53 % de la population française) et des couches moyennes intermédiaires (24 % de la population française) est de parier au sens de Pascal sur ce scénario. Et comme nous sommes liés à ces couches sociales, très attachées à la propagande par l’exemple et porteuses du changement réel, comme beaucoup de lecteurs de ReSPUBLICA sont des cadres des organisations syndicales, politiques, associatives et mutualistes, nous disons clairement que nous ne sommes pas des « voyeurs » et des « commentateurs » d’une société du spectacle en cercle fermé, que nous sommes des acteurs du mouvement social et politique. 

Nous affirmons que nous avons intérêt à la défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai et donc à la victoire de François Hollande pour permettre ensuite une nouvelle majorité de gauche à l’Assemblée nationale et un nombre le plus élevé possible de députés du Front de Gauche. Des débats incontournables pour la suite L’imminence d’un approfondissement de la triple crise et de ses conséquences sociales terrifiantes nous oblige à débattre dès maintenant de la suite, car il faut engager la politique de temps long dès maintenant. Le début du vote populaire en faveur du Front de Gauche le 22 avril reste insuffisant pour la transformation sociale et politique nécessaire à la sortie de la triple crise. D’abord la pénétration des idées du Front de Gauche dans les couches populaires est encore insuffisante. Aujourd’hui, il n’y a que 11 à 15 % (suivant les études) de ces catégories qui partagent les idées du Front de Gauche. C’est un acquis de la campagne, mais il faut être conscient que pour aller au-delà, le relais doit être pris par le Front de Gauche lui-même. Or aujourd’hui les électeurs qui souhaitent intégrer le Front de Gauche ne le peuvent qu’en adhérant à l’une des 7 organisations constitutives. Malgré le fait que chacune des 7 organisations du Front de Gauche bénéficie de nouveaux adhérents, la grande majorité de ceux qui ont fait la campagne du Front de Gauche ne souhaite pas adhérer à l’une des organisations qui le constituent, mais au Front de Gauche lui-même. Le dépassement du Front de Gauche pour former une seule organisation n’est pas à l’ordre du jour à court terme à cause du fait qu’une partie des partisans PCF du Front de Gauche ne le sont que parce qu’ils considèrent le Front de Gauche comme un comité de soutien aux candidats du PCF. Il n’est pas sûr que ceux qui seraient ouverts au dépassement du Front de Gauche soient majoritaires dans le PCF. Par ailleurs, la question de la forme parti est incontournable. La forme prise par les organisations telle qu’elles fonctionnent dans les organisations actuelles du Front de Gauche (PCF, PG, GU, FASE, RS, CA et PCOF) est-elle la plus efficace pour accueillir de nouveaux adhérents, notamment des couches populaires ? Le niveau de démocratie réelle dans ces organisations est-il de nature à rassurer les électeurs du Front de Gauche ? La forme actuelle de ces organisations est-elle compatible avec la prise en compte de la nouvelle géosociologie des territoires ? Les assemblées citoyennes qui ont été mises en place peuvent-elles perdurer et devenir plus que des comités de soutien éphémères à visée électorale ? Si oui, est-ce possible sans modification de la forme du Front de Gauche lui-même ou sans possibilité de devenir adhérent individuel du Front de Gauche ? Ensuite se pose la question des alliances à gauche dans toutes les collectivités (du gouvernement aux municipalités en passant par toutes les autres collectivités territoriales). Il y a un large consensus au Front de Gauche sur la nécessité vitale de l’alliance à gauche dans le processus électoral, mais pas sur la participation ou de la non-participation aux exécutifs (appelons exécutif l’ensemble de ceux qui ont une délégation précise). Comment peut-on participer au même exécutif, dans quelle collectivité locale que ce soit, si on n’a pas la même analyse sur les questions cruciales (combat contre les politiques néolibérales, contre le traité de Lisbonne, contre le MES et le TSCG, etc.) ? Le travail très « éducation populaire » des discours de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne ne devrait-il pas être continué sous une forme plus organisée et plus socialisée, d’autant que les médias seront moins « disponibles », une fois la présidentielle passée, aux propos de Jean-Luc Mélenchon et de ses amis responsables nationaux du Front de Gauche, ainsi qu’aux préoccupations du peuple et des couches populaires en particulier ? Est-ce que l’organisation actuelle du Front de Gauche permet de répondre à cette exigence ? Pour un travail d’éducation populaire, le document « L’Humain d’abord » est-il suffisant ? Est-il est possible de poser la question de l’éducation populaire si la formation des militants et des responsables eux-mêmes n’est pas portée à la hauteur des enjeux ?