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jeudi 26 avril 2012

Quelques enseignements du premier tour de la présidentielle : du court terme aux débats incontournables

 ReSPUBLICA

 Par Évariste, 24/4/2012
 Le peuple s’est exprimé, il est important de lire les enseignements du scrutin pour fixer notre futur cap et définir les débats nécessaires pour continuer sur le chemin de l’émancipation citoyenne. Notons en préalable que les manipulations des instituts de sondage sont devenues manifestes. Les redressements opérés par ces instituts pour modifier les résultats qu’ils ont publiés restent secrets pour le grand public, ce qui est une tromperie manifeste. 

Mensonges sur le niveau de participation, bridage du vote Mélenchon en début de campagne, exagération ensuite (comme pour Chevènement en 2002), surestimation du vote Sarkozy au moment de sa déclaration de candidature, sous-estimation du vote Le Pen, surestimation du vote Bayrou, etc. Les informations que nous avons recueillies de l’intérieur des instituts de sondage montrent l’influence de plus en plus prégnante des intérêts de ceux qui les financent, par des achats de sondages de plus en plus fréquents. D’où la nécessité pour les mouvements sociaux et politiques de faire monter l’exigence démocratique de ce point de vue.

 Le vote obtenu par Marine Le Pen est un dommage collatéral de première importance et permet la progression de l’ensemble Front national + UMP. 
Jamais l’extrême droite française n’a recueilli autant de suffrages (comme la participation fut forte, plusieurs millions d’électeurs nouveaux) et elle engrange de plus de nombreuses adhésions. Et déjà se profile une nouvelle ligne stratégique qui vise cette fois-ci la prise du pouvoir politique par recomposition d’une nouvelle droite nationaliste et xénophobe dirigée par l’extrême droite elle-même, faisant suite à une décomposition de la droite néolibérale consécutive à la défaite de Nicolas Sarkozy en rase campagne. 

C’est l’honneur du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon d’avoir attiré l’attention sur ce risque durant la campagne. La baudruche Bayrou — qui n’est que l’exutoire de la droite néolibérale et européiste effrayée par les conséquences de la politique de ses amis sarkozistes — va continuer à se dégonfler, car son discours est une impasse. Au final, ce sera soit le maintien honteux dans la nouvelle droite néolibérale en reconstitution, soit le soutien au candidat socialiste si celui-ci entre dans un processus de soumission à la finance et à la direction du turbocapitalisme de type Papandréou, Socrates, Zapatero et consorts. 

 Le score médiocre d’Europe Écologie — Les Verts (EELV) nous paraît lié à deux raisons : d’abord la prise en compte du combat écologique par d’autres acteurs politiques, si bien que EELV n’a plus le monopole du combat écologique, loin s’en faut, et le fossé croissant entre la pensée des militants EELV et leur électorat potentiel. Le vote a été beaucoup plus important dans les élections locales lorsque EELV a suivi la stratégie de réformes sociétales du néolibéral Cohn-Bendit souhaitée par une bonne partie de l’électorat. 

Le score de Dupont-Aignan, qui a fait le plein de ceux qui ont la nostalgie du républicanisme de droite, corrobore notre analyse sur le fait qu’il n’y a aujourd’hui plus de combat républicain à droite du fait de l’écroulement sociologique des couches sociales qui assuraient la prégnance de ce courant politique (petit et moyen commerce, artisans, bourgeoisie nationale ne vivant que d’une économie nationale sans sous-traitance des firmes multinationales). Son électorat aura en fait le choix dans l’avenir entre le Front de Gauche et la nouvelle droite recomposée à forte prégnance de l’extrême droite. 

Le score de Jean-Luc Mélenchon possède des caractéristiques qui en font aussi un point de départ. Il a rassemblé la gauche de gauche (qui était préalablement éparpillée) et il a réussi à multiplier par 15 les votes des couches populaires ouvriers/employés par rapport au vote de Marie-Georges Buffet. Ces deux points permettent enfin une ouverture sur l’avenir. 

 À court terme, deux mots d’ordre pour les 1er et 6 mai Nous renvoyons à nos lecteurs à nos numéros passés pour comprendre que la triple crise économique, financière et de la dette publique va s’amplifier car la ligne Merkozy ne touche en rien aux fondamentaux de la crise financière et encore moins à la crise du capitalisme lui-même. Les lecteurs de ReSPUBLICA savent que la petite accalmie durant la campagne électorale a été « achetée » par la Banque centrale européenne (BCE) qui a créé en deux temps 1 000 milliards d’euros en prêts aux banques privées à but lucratif pour les actionnaires (le 31 décembre 2011 et le 1er mars 2012). Tout cela n’a qu’un temps et ne pourra pas se reproduire éternellement. Il n’y aura donc pas de solutions sans une société mobilisée et sans un nouveau mouvement social et politique massif. C’est donc dans la préparation de ce mouvement que la nécessité de la mobilisation du 1er mai prend tout son sens. 

Puis le 6 mai, pas une voix républicaine de gauche ne doit manquer à François Hollande pour « bouter » hors de l’État le sinistre Sarkozy. Et comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon lui-même « sans traîner les pieds ». Et sans se laisser impressionner par les plans sur la comète concernant les reports de voix tirés par les instituts de sondage. Il faut comprendre que le programme et les 60 propositions de François Hollande ne sont pas seulement insuffisants, mais qu’ils seront rapidement obsolètes. Ils n’engagent que ceux qui y croient, et donc pas les lecteurs de ReSPUBLICA… Dès la prochaine secousse de la triple crise, il y aura deux possibilités. 
-  Soit il copiera la politique de ses amis Zapatero, Papandréou, Socrates ou autres néolibéraux de gauche et il se « couchera » dans le lit du turbocapitalisme. 
-  Soit il rompra avec les billevesées de son discours d’antan et il prendra le cours du fleuve ouvert par la rivière du Front de Gauche. Même si ce dernier scénario est le moins probable, l’intérêt à court terme des couches populaires (53 % de la population française) et des couches moyennes intermédiaires (24 % de la population française) est de parier au sens de Pascal sur ce scénario. Et comme nous sommes liés à ces couches sociales, très attachées à la propagande par l’exemple et porteuses du changement réel, comme beaucoup de lecteurs de ReSPUBLICA sont des cadres des organisations syndicales, politiques, associatives et mutualistes, nous disons clairement que nous ne sommes pas des « voyeurs » et des « commentateurs » d’une société du spectacle en cercle fermé, que nous sommes des acteurs du mouvement social et politique. 

Nous affirmons que nous avons intérêt à la défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai et donc à la victoire de François Hollande pour permettre ensuite une nouvelle majorité de gauche à l’Assemblée nationale et un nombre le plus élevé possible de députés du Front de Gauche. Des débats incontournables pour la suite L’imminence d’un approfondissement de la triple crise et de ses conséquences sociales terrifiantes nous oblige à débattre dès maintenant de la suite, car il faut engager la politique de temps long dès maintenant. Le début du vote populaire en faveur du Front de Gauche le 22 avril reste insuffisant pour la transformation sociale et politique nécessaire à la sortie de la triple crise. D’abord la pénétration des idées du Front de Gauche dans les couches populaires est encore insuffisante. Aujourd’hui, il n’y a que 11 à 15 % (suivant les études) de ces catégories qui partagent les idées du Front de Gauche. C’est un acquis de la campagne, mais il faut être conscient que pour aller au-delà, le relais doit être pris par le Front de Gauche lui-même. Or aujourd’hui les électeurs qui souhaitent intégrer le Front de Gauche ne le peuvent qu’en adhérant à l’une des 7 organisations constitutives. Malgré le fait que chacune des 7 organisations du Front de Gauche bénéficie de nouveaux adhérents, la grande majorité de ceux qui ont fait la campagne du Front de Gauche ne souhaite pas adhérer à l’une des organisations qui le constituent, mais au Front de Gauche lui-même. Le dépassement du Front de Gauche pour former une seule organisation n’est pas à l’ordre du jour à court terme à cause du fait qu’une partie des partisans PCF du Front de Gauche ne le sont que parce qu’ils considèrent le Front de Gauche comme un comité de soutien aux candidats du PCF. Il n’est pas sûr que ceux qui seraient ouverts au dépassement du Front de Gauche soient majoritaires dans le PCF. Par ailleurs, la question de la forme parti est incontournable. La forme prise par les organisations telle qu’elles fonctionnent dans les organisations actuelles du Front de Gauche (PCF, PG, GU, FASE, RS, CA et PCOF) est-elle la plus efficace pour accueillir de nouveaux adhérents, notamment des couches populaires ? Le niveau de démocratie réelle dans ces organisations est-il de nature à rassurer les électeurs du Front de Gauche ? La forme actuelle de ces organisations est-elle compatible avec la prise en compte de la nouvelle géosociologie des territoires ? Les assemblées citoyennes qui ont été mises en place peuvent-elles perdurer et devenir plus que des comités de soutien éphémères à visée électorale ? Si oui, est-ce possible sans modification de la forme du Front de Gauche lui-même ou sans possibilité de devenir adhérent individuel du Front de Gauche ? Ensuite se pose la question des alliances à gauche dans toutes les collectivités (du gouvernement aux municipalités en passant par toutes les autres collectivités territoriales). Il y a un large consensus au Front de Gauche sur la nécessité vitale de l’alliance à gauche dans le processus électoral, mais pas sur la participation ou de la non-participation aux exécutifs (appelons exécutif l’ensemble de ceux qui ont une délégation précise). Comment peut-on participer au même exécutif, dans quelle collectivité locale que ce soit, si on n’a pas la même analyse sur les questions cruciales (combat contre les politiques néolibérales, contre le traité de Lisbonne, contre le MES et le TSCG, etc.) ? Le travail très « éducation populaire » des discours de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne ne devrait-il pas être continué sous une forme plus organisée et plus socialisée, d’autant que les médias seront moins « disponibles », une fois la présidentielle passée, aux propos de Jean-Luc Mélenchon et de ses amis responsables nationaux du Front de Gauche, ainsi qu’aux préoccupations du peuple et des couches populaires en particulier ? Est-ce que l’organisation actuelle du Front de Gauche permet de répondre à cette exigence ? Pour un travail d’éducation populaire, le document « L’Humain d’abord » est-il suffisant ? Est-il est possible de poser la question de l’éducation populaire si la formation des militants et des responsables eux-mêmes n’est pas portée à la hauteur des enjeux ?

mardi 17 avril 2012

Le Front de Gauche : un espoir pour le Maghreb

Des Maghrébin-es: Avec le Front de gauche, une autre Europe, une autre mondialisation 

Universitaires, écrivains, artistes, dirigeants de mouvements politiques ou sociaux, Européens, citoyens du monde arabe, Américains du Sud et du Nord: 165 personnalités de 36 pays, engagées contre «les ravages sociaux et écologiques du capitalisme mondialisé», s'engagent avec cet appel international pour le succès du mouvement mené par Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. 
 Nous, universitaires, intellectuels, écrivains, artistes, dirigeants de forces politiques, de syndicats, de mouvements sociaux et citoyens, sommes engagés dans la construction de fronts politiques et sociaux, démocratiques et populaires, pour combattre les ravages sociaux et écologiques du capitalisme mondialisé et ses oligarchies. Et ce, aussi bien dans nos pays respectifs qu’à l’échelle internationale. Nous constatons que, partout, les résistances et les luttes se multiplient et s’organisent. Elles contribuent à l’émergence d’un vaste mouvement planétaire des idées ; celui qui inspire déjà, en Amérique latine, des formes de construction régionale fondées sur la solidarité et la souveraineté populaire, ainsi que des mesures gouvernementales de rupture avec le néolibéralisme. 
 Depuis la crise financière de 2008, l’Europe, pilier du capitalisme mondialisé et de son ordre globalitaire, est devenue l’épicentre de la crise mondiale. Ses peuples subissent de brutales politiques d’ajustement structurel en tous points semblables à celles que les pays du Sud, entre autres, ont connues dans les années 1990 et au début des années 2000. Les acteurs sont en partie les mêmes : gouvernements conservateurs ou sociaux-démocrates et Fonds monétaire international (FMI). Se sont adjoints à ce dernier, la Commission européenne et la Banque centrale européenne pour former la sinistre et toute-puissante « troïka » qui administre désormais ses remèdes cruels aux populations. L’histoire nous enseigne que lorsque l’Europe est prise de convulsions, c’est le monde entier qui peut vaciller. 
  Pour l’empêcher de sombrer dans l’austérité à perpétuité, la récession généralisée et dans un projet politique autoritaire et réactionnaire, la montée en puissance, en France, du Front de gauche, aux côtés des autres forces progressistes européennes, est une bonne nouvelle, en même temps qu’une nécessité. Car la voix de la France compte dans le monde, lorsqu’elle s’inscrit dans la tradition des Lumières, de la Révolution de 1789, de la Commune, du Front populaire, de la Résistance. Le Front de gauche incarne tout le potentiel renouvelé de cette grande tradition du socialisme historique, de l’émancipation sociale, du progrès et de la construction d’un intérêt général humain. Il prend aussi en compte l'enjeu du XXIe siècle que constitue la compréhension de l'unicité de notre écosystème et l'urgence de le préserver par une reconversion écologique à l'échelle mondiale qui tienne compte de la dette écologique que les pays industrialisés ont à l'égard des autres pays. Grâce au Front de gauche, la France peut contribuer de manière significative à la construction d’une autre Europe et d’une autre mondialisation. C’est pourquoi l’enjeu d’y construire une autre gauche ayant tiré le bilan de l’échec et de l’écroulement du communisme d’Etat, en même temps que celui de la conversion de la social-démocratie à un social-libéralisme d’accompagnement et de rafistolage du système capitaliste globalisé, est crucial. Crucial pour la France et l’Europe, mais aussi pour le reste du monde Nous pensons que la réussite du Front de gauche et de son candidat à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2012, Jean-Luc Mélenchon, peut concourir au renouveau et au renforcement d’un internationalisme de combat contre la finance mondialisée. C’est pourquoi nous souhaitons un plein succès au Front de gauche et exprimons notre solidarité avec son candidat. 

 Kader Abderrahim, politologue, Algérie Ben Hida Abderrahmane, membre du secrétariat national du Parti de l’action démocratique socialiste (PADS), Maroc Moumen Abib médecin, membre du Conseil national du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Algérie Dalal Abu Saud, universitaire et membre du Forum social Palestine, Palestine Amina Aetab, militante du Mouvement du 20 Février et de l’Organisation pour la liberté d’information et d’expression (OLIE), Maroc Vittorio Agnoletto, ancien député européen et porte parole du Forum social de Gênes, Italie Samir Aita, rédacteur en chef du Monde diplomatique éditions arabes, président du cercle des économistes arabes, Syrie Zahra Ajaram, militante associative, Maroc Sanhadja Akrouf, militante féministe, Algérie Tariq Ali, écrivain, Royaume-Uni Tewfik Allal, éditeur, président de l’Association du Manifeste des libertés (AML), Algérie Samir Amin, économiste, Président du Forum mondial des alternatives, Egypte Samia Amour, militante féministe, Algérie Antônio Carlos Andrade, président du Partido Socialismo e Liberdade (PSOL) Parti Socialisme et liberté, Brésil Julio Anguita ancien maire de Cordoue, ancien secrétaire général de Izquierda Unida (Gauche unie), Espagne Ana Maria Araujo Freire, éducatrice et successeur légale de Paulo Freire, Brésil Luis Araujo, membre de la direction nationale du PSOL, Brésil Jorge Arrate, membre du Movimiento Amplio de Izquierda (MAIZ) (Mouvement élargi de gauche), candidat de la gauche aux présidentielles de 2009, Chili Valmir Assunção, député du Parti des travailleurs (PT), Brésil Alexandra Ayala-Marín, journaliste «El Hoy», Equateur Mohand Bakir, journaliste, blogueur, Algérie André Bansart universitaire, Université Simon Bolivar de Caracas, Venezuela Houcine Bardi, docteur en droit, avocat au barreau de Paris, Secrétaire général et porte-parole du Parti du travail tunisien - France (PTT-F), Tunisie Ariel Basteiro, ancien député Nuevo Encuentro, Argentine Abdeljalil Bedoui, coordinateur et porte-parole du Parti tunisien du travail, Tunisie Aymen Belhadj, syndicaliste étudiant, Tunisie Tarek Ben Hiba, ancien membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, ancien conseiller régional d’Ile-de-France, militant associatif de l’immigration, Tunisie Ahmed Benani, politologue et anthropologue des religions, Maroc Rosa Bofill Benet, responsable du secteur femmes de la Confédération syndicale des commissions ouvrières (CCOO) de Catalogne, Espagne Ghizlane Benomar, militante du Mouvement du 20 Février, Maroc John Berger, écrivain et critique d'art, Royaume-Uni Thierry Bodson, secrétaire général de la Fédération générale du travail de Belgique, Belgique Carmen Bohórquez, historienne, philosophe, Venezuela Carl Boileau, conseiller d'arrondissement du District de De Lorimier (Projet Montréal), Québec Blanca Flor Bonilla, maire d'Ayutuxtepeque, Salvador Afrânio Bopré, ancien député du Parti Socialisme et liberté (PSOL), Brésil Mustapha Bouaziz, universitaire, historien, Maroc Leonor Bravo, écrivain, Equateur Marinor Brito, ancienne sénatrice du Parti Socialisme et liberté (PSOL), Brésil Monica Bruckmann, sociologue, Université fédérale de Fluminense, Brésil Alberto Burgio, philosophe et homme politique, Italie Pilar Bustos, peintre, Equateur Julio C. Gambina, Fondation de recherche en sciences sociales et politiques, Argentine Rodrigo Cabeza, membre de la direction nationale du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) et du Parlement latino-américain, Venezuela Marcelo Roman Campana, membre de la direction nationale du Pôle démocratique d'Equateur, Equateur Daniel Campiones, Fondation de recherche en sciences sociales et politiques, Argentine Luiz Arnaldo Campos, Fondation Lauro Campos Parti Socialisme et liberté (PSOL), Brésil Javier Diez Canseco, député Parti socialiste, Pérou Teresa Carballeira, professeure de droit, Université de Saint-Jacques de Compostelle, Espagne Luis Casado, responsable des relations internationales Partido de Izquierda (PAIZ), Chili Bernard Cassen, journaliste, membre du Conseil international du Forum social mondial, France Carmen Castillo, écrivain, cinéaste, Chili Ramon Chao, journaliste et écrivain, Espagne Lakbira Chater, syndicaliste, Union marocaine du travail, Maroc Carlos Nelson Coutinho, professeur, intellectuel, Université fédérale de Rio de Janeiro, Brésil Ángel Crespo Sánchez, secrétaire général de la Confédération syndicale des commissions ouvrières (CCOO) de Barcelone, Espagne Norberto Crivelli, président du Parti suisse du travail, Suisse Erik de Bruyn, porte-parole de Rood! Belgique Armando de Souza, ancien secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs portugais, Portugal Diether Dehm, député, producteur, auteur-compositeur Die Linke (La Gauche), Allemagne Jean-Maurice Dehousse, ancien bourgmestre de Liège, ancien vice-président du groupe socialiste au Parlement européen, ancien ministre, Belgique Demba Moussa Dembélé, directeur du Forum, économiste, chercheur, Forum africain des alternatives, Sénégal Nidia Diaz, députée du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) au Parlement centre-américain, Salvador Héctor Díaz-Polanco, anthropologue, Mexique Abderrezak Dourari, professeur des sciences du langage, Université d’Alger 2 (Tamazight), Algérie Benjamin Durand, professeur de réalisation cinématographique et responsable du département de formation intégrale de Vive TV Université nationale expérimentale des arts, Venezuela, Mohamed Elaouni journaliste, coordinateur du Conseil national pour l’appui au Mouvement du 20 Février, coordinateur du mouvement pour une constitution démocratique au Maroc, membre du secrétariat du conseil national du PSU, Maroc Klaus Ernst, co-président de Die Linke, Allemagne Saul Escobar, membre du Parti de la révolution démocratique (PRD), Mexique Lindbergh Farias, sénateur, Parti des travailleurs, Brésil Saïd Fawzi, ancien président de l’Association de défense des droits de l’homme au Maroc (Asdhom), Maroc Heloísa Fernandes, sociologue, Université de Sao Paolo, enseignante à l' École nationale Florestan Fernandes du Mouvement des sans terre (MST), Brésil Paolo Ferrero, secrétaire général du Parti de la refondation communiste, Italie Fernando Ferro, député Parti des travailleurs, Brésil Carlos Figueroa syndicaliste Fédération médicale d'Equateur, Equateur Giorgos Gavrilis, membre du Conseil exécutif et ancien vice-président de la Confédération centrale des travailleurs grecs, Grèce Mohamed Ghafri, militant du Mouvement du 20 Février, Maroc Paula Gil, initiatrice du mouvement Génération "à l’arrache" contre la précarité, Portugal Manolis Glezos, écrivain et ancien député européen, Grèce Richard Gott, journaliste et historien, Royaume-Uni Juan Goytisolo, écrivain, Espagne Dino Greco, directeur de Liberazione, Italie Mamdouh Habashi, secrétaire national Parti socialiste égyptien (PSE), Egypte Marta Harnecker, sociologue, Chili Tania Hermida, ancien député de l'Assemblée constitutionnelle, cinéaste, Equateur Vilma Ibarra, ancienne députée Nuevo Encuentro, Argentine Abdellaziz Iimoudane, membre du Parti de la voie démocratique, Maroc Francisco Jarauta, professeur, philosophe, écrivain, Université de Murcia, Espagne Fatima Khafagy, membre de la commission des relations internationales, Parti de l’Alliance populaire socialiste (APS), Egypte Hassan Khalil écrivain, docteur-chercheur en philosophie, Liban Mohamed Farid Khemisti, avocat, Algérie Michel Kilo, membre du Forum démocratique syrien, Syrie Leandro Konder, professeur, intellectuel, Brésil Jorge Kreynes, membre du Parti communiste, Argentine Oskar Lafontaine, ancien ministre, fondateur de Die Linke, Allemagne Mehdi Lallaoui, écrivain, cinéaste, Algérie Cayo Lara, secrétaire général de Izquierda Unida (Gauche unie), Espagne Junghee Lee, président Parti progressiste unifié, Corée du Sud Araceli Lemos, ancien député Parti Socialisme et liberté (PSOL), Brésil Felipe López Aranguren, sociologue et poète, Espagne Clara Eugenia López Obregón, présidente du Pôle démocratique alternatif, Colombie Gesine Löszch, co-président de Die Linke, Allemagne Clécio Luis, conseiller Parti Socialisme et liberté (PSOL), Brésil Mohamed Makhlouf, journaliste-écrivain, Syrie Maria José Maninha, ancien député du Parti Socialisme et liberté (PSOL), Brésil Dionilson Marcon, député du Parti des travailleurs, Brésil Citto Maselli, scénariste et réalisateur, Italie Juliano Medeiros, coordination UNAMÉRICA, Parti Socialisme et liberté, Brésil José Luis Mendez, professeur à l'Université de Porto Rico, Porto Rico Youcef Merrouche, secrétaire national à l’immigration, Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Algérie Samia Messaoudi, journaliste, Algérie Francine Mestrum, universitaire, membre du Conseil international du Forum social mondial (FSM), Belgique Willy Meyer, député européen Izquierda unida (Gauche Unie), Espagne Florent Michelot, directeur général de Option Nationale Québec, Québec Tarik Mira, député de Béjaia, Algérie Juan Carlos Monedero, professeur Université de Somosaguas, Faculté des sciences politiques et de sociologie, Espagne Mohamed Mouhajid, membre du bureau politique du Parti socialiste unifié, ancien secrétaire général, Maroc Nabila Mounib, secrétaire générale du Parti socialiste unifié, Maroc Salvador Muñoz, président de Partido de Izquierda (Parti de Gauche), Chili P.K. Murthy, syndicaliste The Lal Zhanda Coal Mines Mazdoor Union, Inde Roberto Musacchio, ancien député européen, Italie Marie Nacif Debs, secrétaire générale adjointe Parti communiste libanais, Liban Noureddine Najar, économiste, coordinateur d’Ettajdid-France, Tunisie Hassan Nekrache, universitaire, membre du secrétariat du Mouvement pour une constitution démocratique, Maroc Ana Elisa Osorio, membre de la direction nationale du Parti socialiste unifié du Venezuela et du Parlement latino-américain (Parlatino), Venezuela Luis Antonio Pasquetti, professeur Université de Brasilia, Brésil Hélena Pato, universitaire, fondatrice du Mouvement des femmes (MDM), résistante historique au régime de Salazar, Portugal Rodrigo Pereira, membre de la direction nationale Parti Socialisme et liberté, Brésil Orlando Perez, directeur du Journal El Telegrafo, Equateur Gustavo Pérez Ramírez, sociologue et membre de l'Académie d'Histoire de Quito, Equateur Khalid Rahel, militant des droits de l’homme, membre du secrétariat du Conseil national du Parti socialiste unifié, Maroc Carlos Raimundi, député Nuevo Encuentro, Argentine Beatriz Rajland, membre Fondation de recherche en sciences sociales et politiques, Argentine Gloria Inez Ramirez, député Pôle démocratique alternatif/ Parti communiste colombien, Colombie Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique en español, Espagne Ariovaldo Ramos, professeur de théologie et prêtre, Brésil Julia Ramos Sanchez, secrétaire exécutif de la Confédération nationale des femmes paysannes indigènes et originaires de Bolivie “Bartolina Sisa”, ancienne ministre du développement rural et des terres, Bolivie Rayhana comédienne, Algérie Alexis Rivas Toledo, anthropologue, ancien ministre du patrimoineh Equateur Randolfe Rodrigues, sénateur Parti Socialisme et liberté, Brésil Edmilson Rodrigues, député Parti Socialisme et liberté, Brésil Najib Saber, universitaire, Maroc Emir Sader, secrétaire général du Conseil latino-américain de sciences sociales (CLACSO) et membre du Conseil international du FSM, Brésil Napoleon Saltos, universitaire, Université centrale d'Equateur, Centre de pensée alternative, Equateur Marta Sanz, écrivain, Espagne Roberto Savio, membre du Conseil international du Forum social mondial, fondateur de l'agence Inter Press Service (IPS), Italie Johanne Schmidt-Nielsen, porte-parole du groupe parlementaire de l’Alliance Rouge-Verte et au Conseil municipal de Copenhague, Danemark Claude Semal, chanteur, auteur et comédien, Belgique Pascual Serrano, écrivain et journaliste, fondateur du site Liberacion, Espagne Ahmed Slimani, universitaire, directeur du centre d’études et de recherches Ben Saïd, Maroc Ahmed Smaoui, ancien ministre, Tunisie Ahmed Snoussi, artiste-humoriste, Maroc Joao Pedro Stedile, membre de la coordination du Mouvement des sans terre et de Vía Campesina, Brésil Niko Swarz, journaliste et écrivain, membre de la Comission des relations internationales du Frente Amplio (Front élargi), Uruguay G.M. Tamás, philosophe et ancien député, Hongrie Amauri Teixeira, député Parti des travailleurs, Brésil Milton Temer, membre de la direction nationale Parti Socialisme et liberté, Brésil Jean-Marie Théodat, professeur Université d'Etat d'Haïti et Université Paris 1, Haïti Alexis Tsipras, président du parti Syriza et de son groupe parlementaire, Grèce Attila Vajnai, président du Parti des travailleurs hongrois 2006, Hongrie Ivan Valente, président du Parti Socialisme et liberté, BrésilMark Weisbrot, économiste et co-directeur du centre de recherche Center for Economic and Policy Research à Washington, Etats-Unis Bernard Wesphael, député (Wallonie), Belgique Fatem Zahra Touzani, avocate de l’Organisation pour les libertés d’information et d’expression (OLIE) et militante du Mouvement du 20 Février, Maroc

dimanche 4 mars 2012

Comment le Maroc courtise François Hollande

Par Ali Amar, Slate, 10/2/2012
 
Le candidat socialiste à la présidentielle française est invité à se rendre au Maroc en mars. Une opération de séduction relayée par ses lieutenants et «nouveaux amis du Maroc» au PS: Pierre Moscovici, Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem.
François Hollande lors d'une conférence de presse à Dijon, le 6 février 2012. REUTERS/Regis Duvignau

En matière de présidentielles françaises, le Maroc «vote» immanquablement à droite. Une droite qui a su lui rendre la politesse. Valéry Giscard d’Estaing et surtout Jacques Chirac ont toujours affiché un soutien indéfectible à la monarchie chérifienne. On l’a vu aussi avec Nicolas Sarkozy qui n’a pas, à sa manière, dérogé à cette vieille tradition.

Mais depuis que François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, est porté par les sondages, à Rabat, on ne compte plus miser uniquement sur le cheval Sarkozy, qui lui marque le pas dans le cœur des Français.

Pour ce faire, le royaume s’active en coulisses. Ses efforts ne semblent pas vains puisque François Hollande devrait, si l’on en croit les sources de Jeune Afrique, se rendre au Maroc à la fin du mois de mars. Un événement tant attendu: c’est le seul pays du Maghreb que Hollande n’ait pas encore visité récemment, après s’être rendu en Algérie en décembre 2010 et en Tunisie en mai 2011. La très informée lettre Maghreb Confidentiel met un sérieux bémol à l’enthousiasme de Jeune Afrique et avance pour sa part qu’à 80 jours du premier tour:

«Le candidat présidentiel du Parti socialiste (PS) français hésite à se montrer loin de l'Hexagone, et pourrait annuler sa visite prévue dans le royaume.»

Maghreb Confidentiel fait remarquer que le Palais royal fait toujours du forcing rue de Solférino auprès notamment de Pierre Moscovici, le directeur de campagne de Hollande «pour caler les derniers détails de la visite d'une délégation d'intellectuels, de politiques, et de chefs d'entreprises marocains à Paris, autour du 15 mars».

DSK, l’ex-favori du royaume
Normal que le lobbying marocain batte son plein pour remettre le royaume dans les bonnes grâces du PS. Pour 2012, à gauche, Rabat avait son favori: Dominique Strauss-Kahn. Il a passé une partie de son enfance à Agadir, choisi Marrakech pour se mettre au vert à chaque fois que l’envie le pressait et tissé ses réseaux au cœur même du Palais. Régulièrement «réfugié» dans son fabuleux riad de Marrakech depuis le début de ses démêlés judiciaires américains, DSK a même fait son grand retour aux devants de la scène médiatique au Maroc. Le directeur général du FMI déchu avait pris la parole lors du «Casablanca Round» du Forum de Paris, le 1er février.

Une manière pour lui de se remettre sous les feux de la rampe loin des cancans parisiens et de donner un coup de pouce à son deuxième pays, lui qui a encore de l’ascendant sur Pierre Moscovici, son ancien lieutenant…

Aujourd’hui, Rabat ne peut plus compter, ou si peu, sur son ex-favori en cas de victoire de la gauche dans la course à l’Elysée, même si le PS compte nombre "d'amis" du Maroc dans ses rangs: Jack Lang, Ségolène Royal, la députée Elizabeth Guigou (née à Marrakech), l'ex-ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine pour ne citer que ceux-là. 

Hollande, jovial mais trop austère
Mais c’est François Hollande qui est sorti du chapeau des socialistes. Lui, n’est pas un habitué des délices du Maroc, de ses riads et de ses palaces de rêve. Vu de Rabat, il donne l’impression d’un homme jovial mais tout aussi austère, un digne héritier d’une gauche que le Maroc redoute tant, celle de 1981 qui avait vu arriver un François Mitterrand coriace et son épouse Danielle que Hassan II avait traitée d’«épouse morganatique», elle qui avait refusé de suivre son mari dans un voyage officiel au Maroc en 1983. C’était l’époque des bagnes secrets, du drame des enfants Oufkir, de l’exil de l’opposant Abraham Serfaty, dont elle s’était faite l’amie influente.

En 2007, la percée de Ségolène Royal avait donné encore une fois des sueurs froides aux Marocains. Sa «démocratie participative» était forcément suspecte aux yeux d’une monarchie de droit divin. Ségolène a, comme d’autres avant elle, fini par céder aux sirènes chérifiennes.

On la verra à Essaouira à l’invitation d’André Azoulay, le conseiller royal, dans le cadre d’un forum de femmes d’influence, ou lors d’un saut de puce à Oujda, la ville frontalière avec l’Algérie. Elle s’y est rendue pour assister à un festival de musique. En réalité, elle avait consenti aux sollicitations de son ancienne protégée, Najat Vallaud-Belkacem. Habile, la jeune femme avait su la convaincre, elle qui se félicite par ailleurs d’être proche de son pays d’origine où elle figure parmi les têtes d’affiche officielles de la diaspora.

Belkacem, une républicaine… monarchiste

Belle carrière politique que celle de Najat Vallaud-Belkacem, née au Maroc en 1977. Elle était déjà porte-parole de Ségolène Royal durant la campagne de l’élection présidentielle de 2007. Moins connue est sa double carrière politique simultanée, l’une en France et l’autre au Maroc. Depuis décembre 2007, elle fait partie des 37 membres du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) directement nommés par le roi Mohammed VI. Une Information confirmée par l’ambassade du Maroc en France, ainsi que par le site du CCME.

Najat Belkacem assume totalement cette double allégeance politique et bi-nationale dans une interview à Bladi.net, où elle expliquait que ce conseil «s’exprimera d’abord sur les sujets dont [il] sera saisie par Sa Majesté en faisant valoir un point de vue de Marocains de l’étranger, et pour ce qui me concerne de Franco-Marocaine engagée dans la vie politique française». Alors que la thématique de l’immigration focalise le débat en France, on comprendra que la jeune pousse socialiste devenue porte-parole de François Hollande soit désormais si discrète sur le sujet…
Le tropisme algérien de Hollande

François Hollande a quant à lui des relations distantes avec Rabat et cultive une opinion ambivalente de Normand sur les sujets qui fâchent (Sahara Occidental, islamistes, immigration, révolutions arabes, droits de l’homme…). De plus, ses liens sont quasi-inexistants avec l’entourage du roi.

A l’automne 2011, il était l’invité vedette de la Convention France-Maghreb. Pour son 10ème anniversaire, ce mini «La Baule» des hommes d’affaires de la région avait pour la première fois quitté les bords de Seine pour Marrakech. Attendu comme le Messie, le nouvel homme fort de la gauche s’est finalement décommandé.

Au Maroc, son faux bond a été passé sous silence. Il faut dire que de l’autre côté de la Méditerranée, on lui reconnaît un tropisme prononcé pour l’Algérie, sa proximité avec son conseiller politique Faouzi Lamdaoui, un natif de Constantine, y étant pour beaucoup, dit-on. Les Marocains observent aussi qu'un autre hollandais, l'eurodéputé Kader Arif, a des racines algériennes, bien que celui-ci ne soit plus dans le carré VIP du patron du PS.

En 2006 déjà, lors du dernier voyage officiel qu’Hollande a eu à faire à Rabat, il a d’abord fait un crochet par Alger avant de rendre visite à ses amis socialistes marocains. Un souvenir qui fait dire à Rabat que s’il était élu, ce sera chez le voisin qu’il fera ses premiers pas de président à l’international.

Une perspective peu réjouissante pour Mohammed VI pour qui ces attentions diplomatiques sont si importantes, surtout que François Hollande s'était de nouveau rendu à Alger en décembre 2010, sans se montrer dans le royaume. On retiendra juste qu’il y était venu à titre privé trois ans plus tôt: la presse people avait publié des photos volées de son escapade sur une plage tangéroise, officialisant ainsi sa relation avec la journaliste Valérie Trierweiler. Bien trop peu pour en faire un ami du Maroc et de ses fastes.

Alors au Palais, on scrute ses signaux. Le Makhzen avait d’abord observé d'un œil noir sa victoire aux primaires du PS. Après la sortie de piste de DSK, Rabat était plutôt favorable à la première secrétaire du parti, Martine Aubry, classée elle par contre parmi les sympathisants du Maroc.

Tout cela fait désormais partie de l’Histoire. Ce sera donc Hollande qui croisera le fer avec Sarkozy. Côté marocain, les craintes de le voir gagner se sont quelque peu estompées. L’annonce de son écurie de campagne a été vécue presque comme un soulagement. Et pour cause. Exit Ségolène Royal, peu fiable aux yeux des Marocains, tout comme Arnaud Montebourg dont le bon score avait provoqué quelques grincements de dents au Palais: le chantre de la «démondialisation» a une vague attache avec l'Algérie par le biais de sa mère Leïla Ould Cadi, descendante d'un wali (préfet) de l'Algérie française… Il a lui aussi fait un petit tour à Alger, plutôt que Rabat, quelques semaines avant les primaires.

Mieux encore, alors que le strauss-khanien Pierre Moscovici présentait aux médias le staff Hollande 2012, au Maroc, on remarquait avec satisfaction qu’il était flanqué de deux connaissances aussi amicales qu’utiles: l’ambitieuse et tout sourire Najat Vaud-Belkacem qui a vite fait de lâcher sa chaperonne Ségolène Royal pour faire partie des voix officielles du candidat à la présidence de la république et le nouvel ami du Maroc Manuel Valls à qui manifestement le royaume n’a jamais reproché d’avoir raillé les immigrés pas assez «white» et «blancos» à son goût. Il avait ainsi comparé avec cynisme le marché d’Evry dont il est le maire à un souk de Marrakech.

Mais peu importe aujourd’hui, le désormais «directeur de com» de Hollande venait d’être décoré par Mohammed VI du Wissam Alaouite, la Légion d’Honneur marocaine, une médaille qui vaut caution pour celui qui la porte à son revers. Le roi, dit-on, avait financé la toute-nouvelle mosquée d’Evry et ses imams devront en retour de la sollicitude du Commandeur des Croyants, avoir l’obligeance de calmer leurs ouailles…

C’est sur, le trio Pierre Moscovici-Manuel Valls-Najat Vallaud-Belkacem, saura écouter le Maroc, et surtout sussurer ses attentes à l’oreille du probable futur locataire de l’Elysée.
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