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vendredi 3 juin 2016

Le parlement danois approuve une loi limitant les échanges avec "les provinces du Sud" (=le Sahara occidental occupé)

par Yassine Majd, TelQuel, 2/6/2016

Dans ce texte, le parlement danois affiche également son soutien à la mise en place d’une surveillance des droits de l’Homme par la Minurso.

Dans la matinée du 2 juin, le parlement danois a voté une loi ayant pour but de « rendre plus difficile les échanges avec le Sahara occidental pour les entreprises danoises publiques et privées » a affirmé le ministre des Affaires étrangères danois, Kristian Jensen, dans une déclaration au quotidien danois Copenhagen Post.  Celui-ci a également affirmé que son département contacterait des « organisations comme Dansk Industri (qui rassemble le patronat danois, ndlr) afin de les informer de la situation ».
Six parlementaires, appartenant à six partis différents (allant de l’extrême droite à l’extrême gauche) ont participé à l’élaboration et ont mené les discussions relatives à cette loi selon la version danoise du site d’informations The Local.  Selon le représentant de la Liste de l’Unité (rassemblement de l’extrême gauche danoise), Christian Juhl,  le texte avait pour but de réagir à plusieurs développements concernant le dossier du Sahara : « le Maroc a expulsé 73 membres du staff de la Minurso et a fermé la mission à Dakhla ». Selon le Copenhagen Post, l’adoption de cette loi signifie aussi que l’exécutif danois « soutiendra la Minurso afin que celle-ci puisse obtenir un mandat lui permettant de surveiller et de protéger les droits de l’homme au Sahara ».
L’adoption de cette proposition de loi intervient quelques temps après la publication d’un rapport de l’ONG Afrika Kontact, qui appartient au réseau Western Sahara Resource Watch connu pour son soutien aux positions séparatistes et qui fait campagne « auprès des compagnies travaillant pour les intérêts marocains ». Selon le rapport d’Afrika Kontact, « sept des dix plus grandes banques danoises » ont investi dans des entreprises opérant dans les provinces du Sud. On rappellera qu’ en 2014, la même ONG avait fait pression, avec un succès relatif, sur quatre municipalités danoises qui se fournissaient en sel de mer auprès d’une entreprise qui importait cette ressource depuis les provinces du Sud.
Pour le moment, la loi votée par le parlement n’a pas été commentée par les autorités marocaines.

La question "irrésolue" du Sahara occidental en débat à la Sorbonne

Paris, 2 juin 2016 (SPS)- Le colloque international sur "la question irrésolue du Sahara occidental" a débuté jeudi à l’Université de la Sorbonne de Paris pour tenter, durant deux jours, de mettre la lumière, 40 ans après sa colonisation par le Maroc, sur ce conflit.

Sous le thème "La question (irrésolue) du Sahara Occidental : quels enjeux pour quelles recherches en sciences humaines et sociales ?", le colloque est organisé par l’Université Paris Descartes-Sorbonne, le Centre Population et Développement (CEPED), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Unité Mixte de Recherche CITERES de l’Université de Tours.
A l’ouverture des travaux de ce colloque, qui se tient deux jours après le décès du président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Abdelaziz, les animateurs ont relevé que la question du Sahara occidental "reste non seulement irrésolue, mais aussi, et surtout, largement oubliée des médias internationaux (et) mal comprise des experts".

Espagne : organisation d’un "référendum symbolique pour le Sahara occidental dans la commune d'Ayalesa"


SPS 2/6/2016
Madrid, 2 juin 2016 (SPS) L’association espagnole des amis du Sahara occidental d' Amurrio (Espagne) organisera ce week-end "un référendum symbolique pour le Sahara occidental dans la commune de Ayalesa", a indiqué sa présidente Ana Martinez.
Une urne sera mise à la disposition des citoyens espagnols et sahraouis afin "qu’ils puissent symboliquement exercer le droit de voter refusé depuis 25 ans, en dépit des résolutions des Nations unies relatives à cette question", a précisé la même responsable.
 Cet événement est organisé conjointement par l’association sahraouie locale de coexistence et de solidarité, avec l’appui également de l’association espagnole pour le droit de décider, a-t-elle ajouté au journal "Noticias de Alava".
Les organisateurs ont invité le public à prendre part non seulement à ce référendum symbolique mais aussi aux activités culturelles devant célébrer le 46ème anniversaire du soulèvement sahraoui contre l’occupant espagnol "Zemla" coïncidant avec le 17 juin.
La protestation pacifique entamée par les Sahraouis le 17 juin 1970 a été fortement réprimée par le gouvernement de l'époque coloniale. La répression a causé des dizaines de morts et de blessés et son leader "Bassiri" porté disparu, a-t-on rappelé .Un moment qui a marqué le passage de ce peuple à la lutte armée et le début d'un nationalisme actif et pacifique pour parvenir à l'indépendance.
La disparition de Bassiri, souligne-t-on, "était seulement la première d’une longue liste qui, aujourd’hui même, continue de croitre et ces faits se répètent tout au long de ce conflit avec plus d’un millier de disparitions forcées et des arrestations arbitraires", a expliqué une autre militante pour la cause sahraouie, Maria Belloso, qui a rappelé l’étude menée et publiée par le docteur Carlos Berstain, il y a deux ans, et dans laquelle il a analysé les violations des droits de l’homme au Sahara occidental par le biais de 261 cas individuels et collectifs dans différentes périodes.
L’évènement qui sera abrité par une tente traditionnelle sahraouie sera animé par un groupe de musique sahraouie, toutefois, a-t-on ajouté, "cette activité ne se limitera pas à commémorer le soulèvement populaire du 17 juin 1970 mais également, de rappeler, la revendication historique relative à l’organisation d’un référendum d’autodétermination", a-t-elle souligné.
Par ailleurs, la fédération des institutions amies avec le peuple sahraoui des Iles Canaries compte organiser le 10 juin prochain à, Las Palmas, une conférence lors de laquelle, de nombreux thèmes liés au conflit du Sahara occidental seront abordés à l’instar du processus de paix, le droit à l’autodétermination et la violation des droits de l’homme dans cette région d’Afrique, a-t-on appris auprès de son président Carmeno Ramirez.(SPS)    

Sahara occidental : le Premier ministre dans le désert

par Tom Stevenson, Middle East Eye, 18/5/2016
Original  Western Sahara's prime minister in the desert
En tant que Premier ministre de la République arabe sahraouie démocratique, Abdelkader Taleb Omar est, dans les faits, le Premier ministre d’un camp de réfugiés
Abdelkader Taleb Omar, Premier ministre de la République arabe sahraouie démocratique (AFP)

TINDOUF, Algérie – Abdelkader Taleb Omar est à la tête d’un gouvernement on ne peut plus singulier. En tant que Premier ministre de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), il est, dans les faits, le Premier ministre d’un camp de réfugiés.
La RASD est le gouvernement en exil du Sahara occidental, un immense territoire au nord-ouest de l’Afrique qui est occupé par le Maroc depuis près de quarante ans.
Il mène ses activités depuis Rabouni, le centre administratif d’un groupe de camps de réfugiés situés dans le Sahara algérien, où vit une part importante de la population autochtone du Sahara occidental depuis l’invasion marocaine du territoire en 1975.
J’ai rencontré Abdelkader Taleb Omar dans un petit bâtiment semi-officiel et presque désert en bordure du camp de réfugiés sahraouis le plus isolé. Le bâtiment en lui-même ne compte guère plus que deux rangées de pièces blanches séparées par un couloir en plein air. Pour notre entrevue, Abdelkader Taleb Omar s’était installé dans la première pièce sur la droite.
Abdelkader Taleb Omar a fui l’invasion marocaine, comme près de la moitié de son peuple, lorsqu’il avait une vingtaine d’années. Il a ensuite gravi les échelons de la politique, exerçant les fonctions de président du parlement sahraoui, puis gouverneur de l’un des camps de réfugiés, avant d’être nommé Premier ministre en 2003. Il était timide, peu charismatique et prudent, mais je pense que cela tenait davantage à un état de fatigue général qu’à la crainte de mal s’exprimer.
En tant que chef du gouvernement en exil, il est confronté à un certain nombre de défis. Il doit gouverner les camps de réfugiés eux-mêmes, superviser la représentation de la cause sahraouie à l’échelle internationale et enfin œuvrer en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui.
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Après le décès du Président Mohamed Abdelaziz : Quels lendemains pour le Sahara occidental ?

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Ban Ki- moon avait qualifié la présence marocaine au Sahara occidental d'«occupation»Ban Ki-moon avait qualifié la présence marocaine au Sahara occidental d'«occupation»

Son successeur aura comme mission de continuer à prôner la voie du dialogue pour parvenir à mettre fin au conflit qui oppose le Front Polisario au Maroc comme il n'exclura pas le recours aux armes afin d'y parvenir.
L'héritage est lourd à porter. Mohamed Abdelaziz s'est donné corps et âme pour que sa patrie recouvre sa liberté. Une liberté confisquée par la colonisation marocaine. A lui seul, il aura incarné la résistance contre les forces d'occupation du Royaume et le combat pour l'indépendance. Quarante années durant, il n'aura eu de cesse d'alerter et de sensibiliser l'opinion internationale sur les exactions, la torture, les brimades subies par son peuple. Acteur emblématique de la cause sahraouie, il sera aussi son interlocuteur incontournable en se forgeant au fil des années une stature d'homme d'Etat charismatique qui optera pour la voie pacifique afin de faire aboutir son combat pour la liberté. Son successeur aura comme mission de continuer à prôner la voie du dialogue pour parvenir à mettre fin au conflit qui oppose le Front Polisario au Maroc comme il n'exclura pas le recours aux armes pour y parvenir.
Les bruits qui courent avancent que celui qui devra assumer cette charge sera son ministre des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek. Ce favori en puissance pour la magistrature suprême, proche de la ligne représentée par le président Mohamed Abdelaziz aura l'avantage d'avoir défendu et porté la voix de son peuple à travers la planète depuis près de deux décennies (1998). Il a été un observateur attentif du bras de fer qui a opposé le souverain marocain au secrétaire général de l'Organisation des Nations unies. Il s'est soldé par l'expulsion de 84 des membres de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental sur décision de Mohammed VI en représailles à la déclaration de Ban Ki-moon qui avait qualifié la présence marocaine au Sahara occidental d'«occupation».

Sahara occidental : qui était Mohamed Abdelaziz, chef intransigeant du Front Polisario ?
Nécrologie


par Youssef Aït Akdim يوسف آيت اقدم
 Le Monde
31/05/2016
 
Il en était le chef depuis près de quarante ans. Le Front Polisario, qui revendique l’indépendance du Sahara occidental, a perdu son secrétaire général, Mohamed Abdelaziz, le 31 mai. Il est décédé à 68 ans des suites d’une longue maladie. L’Algérie, qui accueille le gouvernement en exil de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), a décrété un deuil national de huit jours.



Le président de la République arabe sahraouie démocratique, Mohamed Abdelaziz, à Madrid en novembre 2014. Photo ANDREA COMAS / REUTERS
Depuis sa création en 1982, Mohamed Abdelaziz était le président de la RASD, un embryon d’Etat reconnu par quelques dizaines de pays en Afrique et en Amérique latine, mais par aucune grande puissance. En février 1982, justement, Mohamed Abdelaziz, réputé pour son intransigeance, avait obtenu sa première grande victoire diplomatique, lorsque l’Organisation de l’unité africaine (OUA) admettait la RASD en tant que 51e membre. La brouille qui s’en était suivie avec le royaume du Maroc aboutit au retrait de ce dernier de l’OUA, lors du sommet de Nairobi, deux ans plus tard.
Mohamed Abdelaziz est né à Marrakech, au Maroc, en août 1947. Son père, Khalili Erguibi, était sous-officier des forces armées royales marocaines, ce que ne manquent pas de souligner les autorités chérifiennes qui ont d’ailleurs nommé ce patriarche au sein du Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (Corcas). A la fin des années 1960, Mohamed est étudiant en médecine, à Rabat, quand il rejoint un groupe de militants actifs contre la colonisation du Sahara par l’Espagne. En 1968, le Mouvement pour la libération du Sahara est ainsi créé par Mohamed Bassiri. Pacifiste, ce premier mouvement n’en subit pas moins la répression de Madrid. Le 17 juin 1970, la Légion espagnole tire sur les manifestants à Tan-Tan. Arrêté, emprisonné à la prison de Al-Ayoun, Mohamed Bassiri est porté disparu. Tirant les leçons de cet échec, ses jeunes compagnons mettent en place les fondements d’un mouvement de lutte armée.

mercredi 7 novembre 2012

Plaidoyer pour l’élargissement des mandats de la Minurso à la protection des droits de l’homme dans les territoires occupés

(APS) 2/11/2012
ALGER- Les participants à la session spéciale élargie de la task-force de la Coordination européenne de soutien au peuple sahraoui (EUCOCO) ont réitéré leur appel, jeudi à Alger, à élargir les mandats de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) à la protection des droits de l’homme dans les territoires occupés.
Intervenant à l’occasion de la session de l’EUCOCO, présidée par M.Pierre Galand, le ministre sahraoui représentant du front Polisario en Europe, M. Mohamed Sidati, a indiqué que la Minurso reste" handicapée et boiteuse tant que la question de la protection des droits de l’homme ne figure pas dans ses mandats".
Il a ainsi appelé à la libération des prisonniers politiques et à l’ouverture des territoires occupés aux magistrats et Organisations internationales, déplorant que l’occupant marocain agit " à huis clos".
De son côté, Mme Dariatou Gave (Mauritanie), en sa qualité d’observateur de l’Union africaine et de l’association" Jeunesse pour la paix" a appelé à " dénoncer les graves atteintes de l’occupant marocain aux droits de l’homme".
Affirmant qu’elle s’exprime au nom de la jeunesse africaine, Mme Gave a appelé tous les jeunes du continent à se joindre à son action et exprimer leur solidarité au peuple sahraoui qui subit, a-t-elle dit," quotidiennement les atrocités de la répression marocaine".
Pour sa part, le président de la fédération des institutions d’Espagne solidaire avec le peuple sahraoui (FEDISSAH), M. Rodriguez Carmelo, a salué les militants sahraouis des droits de l’homme pour leur "courage et détermination", les exhortant ainsi à " poursuivre leur lutte". " Pour notre part, nous continuerons à envoyer des juristes et des organisations aux territoires occupés afin de dénoncer les atteintes de l’occupant marocain aux droits de l’homme", a-t-il dit, affirmant que sa fédération continuera de " coordonner ses actions avec les associations françaises".
La présidente de l’association des amis de la RASD de France, Mme Régine Villemont, a abondé dans le même sens, affirmant que " la seule solution réside dans l’indépendance du Sahara occidental". Elle s’est félicitée de la " fermeté" affichée par l’ONU depuis le mois d’avril dernier, annonçant en outre que les associations françaises vont se rassembler prochainement pour " peser sur la position officielle du gouvernement français de sorte à intégrer la question des droits de l’homme dans le mandat de la Minurso".
De son côté, président du Conseil de la société civile du Nigeria, M. Arémo Abia, a rappelé que son pays a reconnu le Front Polisario en 1984 comme étant le seul représentant du peuple sahraoui, lançant à cette occasion un appel au Maroc " de quitter les territoires sahraouis". Il a estimé aussi que les Nations unies et l’Union africaine doivent "assumer leurs responsabilité en médiatisant et en internationalisant les atteintes aux droits de l’homme et les crimes contre l’humanité commis par l’occupant marocain".

Des militants sahraouis des droits de l’homme ont également apporté leurs témoignages sur les brutalités que subissent leurs concitoyens, évoquant entre autres cette mère qui était partie chercher la dépouille de son fils assassiné, sans jamais revenir, elle aussi, à la maison. Ils ont également évoqué les " graves atteintes aux droits humains" dont souffrent les Sahraouis, affirmant que cela n’altérera pas leur lutte pour l’indépendance du Sahara occidental. Les participants à cette session ont également qualifié la "réintégration" de Christoher Ross, l’Envoyé du SG de l’ONU, dans sa mission comme un "autre affront pour le Maroc".

samedi 27 février 2010

27 février 2010 : 34ème anniversaire de la proclamation de la RASD

par Diaspora Saharaui, 27/2/2010

الجمهورية العربية الصحراوية الديمقراطية
Al-Jumhūrīyya al-`Arabīyya as-Saharāwīyya ad-Dīmuqrātīyya

Le 26 février 1976, l’Espagne prenait la honteuse décision de se retirer du Sahara Occidental sous la pression de la Maison Blanche et Paris. Le lendemain, le peuple sahraoui proclamait la naissance de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) pendant que les combats faisaient rage entre les troupes marocaines et sahraouies.
Les sahraouis fêtent aujourd’hui le 34ème anniversaire de la naissance de leur nation et le conflit attend encore une solution basée sur le Droit International, les sahraouis vivent encore dans l’exil, le Maroc occupe la terre, réprime la population et pille les ressources du territoire sous le regard complice de la communauté internationale.
L’Espagne, juridiquement puissance administrante officielle reconnue par l’ONU, continue d’être victime du chantage et des menaces marocaines comme c’est le cas de l’ensemble des pays européens. Le Maroc fait peur à tout le monde sauf aux sahraouis. Ceux-ci, malgré le rapport de forces, refusent de baisser les bras et ont donné des formidables leçons de courage, détermination et patriotisme. Leur arme indestructible est la justesse de leur cause et l’inviolabilité du principe du droit d’autodétermination.
La Charte des Nations Unies de 1945 et les Résolutions 1515, 1541 et 2625 adoptées postérieurement par l’Assemblée Générale affirment le droit des peuples coloniaux à l’indépendance par le biais d’une consultation démocratique. Le peuple sahraoui maintient cette condition juridique et est un titulaire du droit inaliénable à la libre détermination. Pour son exercice, sont considérés sahraouies l’ensemble de personnes registrées dans le recensement réalisé par l’Espagne en 1974, actualisé par les Nations Unies en application du Plan d’accord qui a été accepté par le Maroc et le Front Polisario en 1990.
Le principe du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui comporte, du point de vue du Droit international, des conséquences. Premièrement, le statut social juridique du territoire du Sahara Occidental, en tant que territoire non-autonome en attente d’être décolonisé, tel que défini par les Nations Unies, porte un statut juridique spécial qui ne permet pas de le considérer, en aucun cas comme partie intégrante du territoire marocain (puissance occupante du territoire), ses frontières doivent être les mêmes que celles fixées à l’époque de la domination coloniale espagnole (principe de l’intangibilité des frontières coloniales) et aucun État ne devrait signer d’accord avec le Maroc qui supposerait reconnaître la souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara Occidental.
Comme stipulé par le Secrétaire Général Adjoint des Affaires Juridiques des Nations Unies dans son rapport de 2002, les Accords Tripartites de Madrid de 1975 entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie n’ont pas transféré la souveraineté du territoire ni attribué à aucun des signataires la condition de puissance administrante que l’Espagne ne pouvait céder unilatéralement, sans intervention de l’ONU.
Deuxièmement, le peuple sahraoui a une souveraineté permanente sur les ressources du territoire, et par conséquent, tout État doit s’abstenir de signer avec le Maroc des accords qui impliquent l’exploration ou l’exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental. N’importe quel accord conclu par le Maroc avec des États tiers viole le Droit International et est considéré juridiquement nul. Et troisièmement, le Front Polisario est en légitime position, du point de vue juridique international, d’utiliser la force armée pour défendre le droit à l’autodétermination.
La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) possède, sans aucun doute, les éléments qu’exige le Droit international pour être considérée comme un État : Un territoire, une population et un gouvernement ou une organisation politique. Le territoire est celui qui était un territoire colonial espagnol, dont une partie est aujourd’hui occupée militairement par le Maroc. La population est le peuple sahraoui, une population autochtone enracinée sur le territoire lorsque le fait colonial a eu lieu, qui ne sont ni marocains (ils vivent sous l’occupation), ni algériens, ni espagnols (même s’ils étaient considérés comme tels lorsque le Sahara est devenue une "province d’outre-mer" en 1957, avec des cartes d’identité et des passeports espagnols).
Et l’organisation politique, capable d’établir un ordre interne et apte pour participer au niveau international, c’est le Front Polisario (le Front Populaire pour la Libération de Saguia el Hamra et Río de Oro). En tant qu’État, il a été admis en 1984 comme membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), aujourd’hui l’Union Africaine, et il a été reconnu comme tel pour plus de 80 états.
Après 34 ans, l’ONU continue de porter sur son dos le fardeau de la décolonisation du Sahara Occidental. En continuant à se plier au banditisme marocain, elle devra en assumer les conséquences. Le peuple sahraoui, pour sa part, n’est pas prêt à rendre les armes.