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mercredi 24 février 2016

Dans les batteries lithium-ion, du cobalt et la mort


50% de la production mondiale de Cobalt vient de République démocratique du Congo (RDC). La demande croît de 5% chaque année. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter car le cobalt sert à fabriquer les batteries qui se trouvent dans tous les matériels électroniques portables : tablettes, ordinateurs portables, mais aussi voitures électriques. 

 Amnesty International vient de publier un rapport intitulé « Voilà pourquoi on meurt ; les atteintes aux droits humains en RDC » : Dans les mines congolaises des enfants et des adultes sont mis au travail dans des conditions extrêmement dangereuses, sans aucun outil adéquat ni protection. Ainsi les « creuseurs » travaillent pieds et mains nues, avec un burin et un marteau, sans casque ni masque. Or, la poussière de cobalt est extrêmement toxique et son inhalation peut entraîner des maladies pulmonaires mortelles. Dans les mines artisanales clandestines, les tunnels sont meurtriers. Ils dépassent la profondeur autorisée et ils s’écroulent, tel un piège se refermant sur ceux qui espéraient survivre grâce à eux. Les morts ne sont pas souvent rendus à leur famille, ils restent au fond de la mine. En 2015, au moins 80 mineurs sont décédés. 

samedi 7 novembre 2015

Le ministre marocain de la Justice souhaite mettre en place un centre d’appel judiciaire pour répondre aux interrogations des citoyens.

Mustapha Ramid: la ligne anti-corruption reçoit « 6 000 appels quotidiens »

  Mustapha Ramid: la ligne anti-corruption reçoit « 6 000 appels quotidiens »
 Le ministre de la justice et des libertés Mustapha Ramid. Crédit : Rachid Tniouni


Le ministre de la Justice, Mustapha Ramid, était présent, le 2 novembre, pour dresser le bilan de son département devant la Commission de la Justice, législation et droits de l’Homme de la première chambre et répondre aux interrogations des parlementaires. Ramid a évoqué les sujets de la ligne anticorruption, les cas de torture présumés au Maroc ainsi que les relations entre l’Etat et les ONG Human Rights Watch et Amnesty.

Un numéro vert débordé 

L’un des sujets phares évoqués par le ministre de la Justice est la « ligne anticorruption » mise en place par son département au mois de juin. Selon Mustapha Ramid, ce service, qui permet aux citoyens de dénoncer la corruption,  reçoit «  6 000 appels quotidiens ». Un nombre important lorsque l’on sait qu’au bout de la chaîne se trouve trois juges censés guider les citoyens pour les mesures à entreprendre afin de dénoncer les responsables qu’ils accusent de corruption.
Concernant ce service, Mustapha Ramid a également noté qu’une grande partie des appels concernent des faits qui n’ont aucun lien avec la corruption. Pour remédier à ce problème, le ministre de la Justice a suggéré la mise en place de lignes spécifiques ou d’un centre d’appel judiciaire.

Plus de torture au Maroc

Autre sujet abordé par Ramid, la politique de lutte contre la torture adoptée par le gouvernement. Le royaume a « une réelle volonté » de lutter contre la torture qui est, selon Ramid, un phénomène qui ne concerne que certains policiers auxquels les valeurs des droits de l’homme n’ont pas été inculquées. À ce propos, le ministre de la Justice a révélé avoir reçu un message du patron de la Direction générale de la sureté nationale (DGSN), Abdellatif Hammouchi, qui lui a assuré que l’ensemble des services sécuritaires du royaume respecte les droits de l’homme. Le ministre a également clamé, quelques jours après le cinquantième anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka, que le « temps des disparitions forcées » est désormais révolu.
Le ministre a aussi profité de son intervention pour critiquer « les gens en dehors du pays » qui ne « croient pas aux progrès réalisés par le Maroc » dans le domaine des droits de l’Homme. Il a mentionné les relations entre le royaume et deux ONG américaines, Amnesty International et Human Rights Watch.  Concernant la première, Mustapha Ramid a affirmé qu’il partirait à la rencontre de ses responsables « prochainement ». Les responsables de HRW devraient, eux, se rendre au Maroc pour rencontrer des responsables des ministères de la Justice et des Affaires étrangères.
Une partie de l’intervention de Mustapha Ramid était consacrée à la liberté d’opinion. Selon le ministre de la Justice, la liberté de la presse est garantie au Maroc bien que certains journalistes ou médias « ne respectent pas leur profession et publient des mensonges ». Le ministre a indiqué que l’État s’efforce de ne pas faire comparaitre ces journalistes en justice. Enfin, Ramid a déclaré que le Maroc ne compte pas de prisonniers d’opinion.
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Comment ajouter foi à ces résolutions si souvent répétées par les rois du blabla ? Et Ali Aarrass ? et Zakaria Moumni ? et les prisonniers politiques sahraouis ? et tant d'autres ? Qui publie des mensonges ??? (ndlr)

vendredi 6 novembre 2015

MAROC - NE FERMEZ PAS LES YEUX SUR LA TORTURE


  • Campagnes

« Non mon garçon, tu t’es cogné toi-même la tête contre un mur. »

Assis dans la salle d'audience du tribunal, le visage encore tuméfié et ensanglanté, Youssef a reçu les paroles du procureur de plein fouet. Il venait de rassembler tout son courage pour nommer les trois policiers qui, d'après lui, lui avaient attaché les mains et bandé les yeux avant de le passer à tabac. Mais le tribunal n'a pas retenu la déclaration de cet homme de 26 ans qui milite contre le chômage des jeunes, connu pour son franc-parler. Le magistrat lui a dit qu'il s'était lui-même infligé ses blessures. Aucune enquête n'a été ouverte, aucun médecin n'a été chargé de l'examiner. Au lieu de cela, il a été envoyé en prison pour huit mois, avec son jeune frère Karim qui a lui aussi déclaré avoir été frappé.
Plusieurs centaines d'hommes, de femmes et d'enfants s'expriment maintenant sur la torture au Maroc et au Sahara occidental. Mais ils ne sont pas entendus. Les enquêtes sur les cas de torture sont rares, et rares sont les tortionnaires à avoir jamais été sanctionnés.
Cette année, cependant, le Maroc apporte des réformes à son système judiciaire. C'est la meilleure occasion donnée à ce jour pour mettre enfin un terme à la torture dans ce pays.
Abderrazak, militant étudiant
« Des policiers en civil ont écrasé du pied ma vessie jusqu’à ce que j’urine. Ils m'ont tabassé jusqu'à ce que je perde connaissance. »

Emprisonnés pour avoir signalé des actes de torture

Wafae Charaf est une étudiante en droit de 27 ans, originaire de Tanger, dans le nord du Maroc. Militante politique engagée, elle avait participé en avril 2014 à la coordination d'une manifestation de travailleurs, à Tanger. Au cours de la manifestation elle s'était exprimée en public. Elle a raconté qu'ensuite, alors qu'elle repartait, deux hommes l'ont forcée à monter dans une voiture, lui ont bandé les yeux et l'ont frappée. Ils l'ont menacée de la brutaliser encore davantage si elle ne mettait pas fin à ses activités militantes.
Quelques jours plus tard, à environ quatre heures de route vers le sud le long de la côte, à Casablanca, Oussama Housne, 22 ans, participait également à un mouvement de protestation. Lui aussi déclare avoir été enlevé alors qu'il quittait la manifestation. En peu de temps il a pu expliquer, dans une vidéo mise en ligne, comment des inconnus l'ont capturé, brûlé à l'aide d'une barre métallique chauffée et violé avec leurs doigts. 
  Aujourd'hui, Wafae et Oussama sont tous les deux derrières les barreaux. Pourquoi ?
Tous les deux ont parlé sans détour des tortures qu'ils ont subies. Tous les deux ont été rapidement arrêtés et déclarés coupables de « fausse dénonciation » de torture et de calomnie à l'égard de la police du Maroc. Et pourtant, aucun des deux n'avait accusé la police dans leur plainte.
Wafae purge une peine de deux ans d'emprisonnement, Oussama une peine de trois ans. Les deux sont assidus dans leurs études. Wafae passe ses journées en prison à étudier pour son diplôme de droit, et Oussama étudie pour obtenir le baccalauréat. Mais cela n'a pas été facile : ils se sont mis séparément en grève de la faim lorsqu'ils n'étaient pas autorisés à étudier en prison. Oussama se sent seul ; ses parents ne peuvent lui rendre visite qu'une fois par mois, faute de moyens. Mais le fait de savoir que dans le monde entier des militants le soutiennent dans sa demande de justice lui donne de l'espoir.
Je suis très fier qu'Amnesty ait pris en charge mon cas et celui de Wafae, comme ceux de toutes les victimes de torture.
Oussama Housne
Ce qui est arrivé à Wafae et Oussama constitue un message qui fait froid dans le dos au Maroc : quiconque a été torturé et porte plaine peut se retrouver en prison. Cependant, la torture ne pourra être éradiquée que lorsque les victimes pourront s’exprimer et réclamer justice en toute sécurité.
Ali Aarrass, victime de torture
Être victime d'injustice est dévastateur. Mais c'est encore pire d'être abandonné, oublié. Dieu merci, ce n'est pas mon cas. Mais je vous supplie de penser à tous ceux qui se retrouvent dans cette situation.

Le Maroc à la croisée des chemins

Le roi Mohammed VI a lui-même déclaré que la torture ne sera pas tolérée. Pourtant, à travers tout le pays, dans les hôpitaux et les tribunaux on ferme régulièrement les yeux sur des preuves de torture.
Mohamed, un militant de 24 ans, a été torturé après avoir participé à une manifestation à Laâyoune. Il a été mis dans la position du « poulet rôti » – suspendu à une barre par les poignets et les genoux, les jambes entre les bras – avec un torchon imbibé d'urine et d'eau de Javel enfoncé dans la bouche. Mais le tribunal n'a pas retenu son témoignage.
Le juge a dit : « Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Que j'aille avec toi et que je les frappe ? »
Mohamed, victime de torture
Un système judiciaire défaillant déclare des personnes coupables sur la base d'« aveux » obtenus sous la torture. Et ceux qui torturent continuent, en toute impunité. Avec la réforme prochaine du système judiciaire au Maroc, l'heure est venue de mettre un terme à la torture une fois pour toutes.
MÉDECIN
Je n’ai rien vu
JUGE
Je n’ai rien entendu
POLICIER
Je n’ai rien dit

IL FAUT ENQUÊTER SUR TOUTES LES DÉNONCIATIONS DE TORTURE ET LIBÉRER WAFAE ET OUSSAMA

PASSEZ À L’ACTION

SIGNEZ LA PÉTITION

jeudi 30 juillet 2015

Torture: Amnesty lance une pétition à destination du roi du Maroc


Torture: Amnesty lance une pétition à destination du roi
Crédit : Business Insider


Amnesty international interpelle Mohammed VI et lui demande des mesures concrètes pour éradiquer la torture.

« En mai 2014, le roi Mohammed VI a déclaré qu’il ne saurait tolérer la torture. Appelez-le à respecter sa promesse de mettre fin aux actes de torture et autres mauvais traitements, afin que cela se concrétise à la fois dans la loi et dans la pratique », demande Amnesty International.
En matière de lutte contre la torture, le Maroc fait partie des cinq pays cibles de l’ONG, avec l’Ouzbékistan, les Philippines, le Nigeria et le Mexique.  Dans un communiqué accompagnant une pétition à destination du roi, Amnesty explique ainsi que dans le royaume, « les violences peuvent commencer dès l’arrestation par la police et les gendarmes, au cours d’interrogatoires lors de la garde à vue, ou en prison. Tout le monde peut être torturé : les militants politiques, les prisonniers qui organisent des manifestations ou les personnes soupçonnées d’infractions de droit commun », avant de faire référence à l’incarcération pour diffamation et mensonges de personnes ayant dénoncé des actes de torture, comme Wafaa Charaf par exemple.

« Votre Majesté, Je salue votre engagement »

Le texte de la pétition débute donc ainsi : « Votre Majesté, Je salue votre engagement à ne pas tolérer la torture. Cependant, malgré vos promesses, des allégations d’actes de torture […] continuent à faire surface et les garanties légales en vigueur au Maroc contre la torture sont régulièrement bafouées ». Concrètement, l’ONG demande au roi trois mesures : une réforme du droit pour consacrer la lutte contre la torture, la protection des personnes qui dénoncent ces actes et enfin la poursuite d’enquêtes « approfondies, impartiales et indépendantes » en cas d’allégation. Pour assurer la protection des présumées victimes, l’ONG demande que les fonctionnaires accusés soient suspendus durant l’enquête.
A vrai dire, Mohammed VI n’a pas exactement promis de mettre fin aux actes de torture. Lors d’un entretien avec Navy Pillay, la Haut-commissaire aux droits de l’Homme à l’ONU, il avait plutôt déclaré « ne pas tolérer la torture ».
En mai dernier, Amnesty international a rendu public son rapport sur la persistance de la torture au Maroc, fondé sur 173 témoignages. Le document liste même les procédés utilisés comme le viol ou les décharges électriques. Un rapport vivement critiqué par le Maroc, à travers la délégation interministérielle aux droits de l’Homme, qui a immédiatement dénoncé le fait qu’elle n’ait pas eu son mot à dire et que l’ONG ait « basé son enquête sur des données tronquées ».

vendredi 19 juin 2015

Quarante ans de solitude pour les Saharaouis


Par François Musseau, Sahara Occidental, 19/6/ 2015
Mohamed Mouloud Yeslem montre la frontière – le mur de défense marocain – qui sépare en deux le Sahara occidental. (François Musseau)
Mohamed Mouloud Yeslem montre la frontière – le mur de défense marocain – qui sépare en deux le Sahara occidental. (François Musseau)
                 Des dizaines de milliers de réfugiés sahraouis vivent dans des camps autour de Tindouf, en Algérie. Ils ont perdu l’espoir de revenir un jour sur leur terre, occupée par le Maroc depuis 1975, et se sentent oubliés. Les jeunes pourraient être tentés par le terrorisme
Cette scène du fin fond du désert frise le surréalisme. A environ 300 mètres de la frontière – un mur uniforme de sable et de pierre –, un artiste sahraoui enfonce dans le sol une longue rangée de fleurs multicolores en plastique. Sa façon à lui, sans doute dérisoire, de dénoncer l’existence de cette séparation construite dans les années 1980 par le Maroc. Il fait environ 52° en cette fin de matinée et, recouvert d’une darâa (tunique) et d’un turban noirs, Mohamed Mouloud Yeslem (sur la photo), l’artiste en question, économise ses efforts pour confectionner sa symbolique haie florale.
Malgré la distance, on observe nettement de l’autre côté un poste d’observation tenu par des militaires marocains armés jusqu’aux dents. Impossible, de toute façon, de s’approcher davantage: le terrain est miné et hérissé de fil barbelé. Venu en jeep avec une délégation espagnole qui le soutient, l’artiste lâche: «A chaque fois que je viens ici, j’éprouve le même sentiment d’absurdité. Comment l’être humain a-t-il pu bâtir une telle balafre de haine au milieu de ce nulle part?»

 
De ce côté-ci, on le dénomme le «mur de la honte». Que personne ne s’aventure à franchir. Haut de deux mètres, il est avec ses 2720 km le plus long du globe, seulement dépassé par la Grande Muraille de Chine. Dans un décor de «désert des Tartares», il sépare le Sahara occidental en deux parties très inégales: au-delà, la part du lion (80%), la partie occupée par le Maroc depuis 1976, qui correspond en superficie à la moitié du royaume chérifien avec son littoral très poissonneux, ses quelques villes, ses riches gisements de phosphates et ses supposés réserves en minéraux précieux et en hydrocarbures; en deçà, la part ingrate (20%), un territoire inhospitalier parsemé de rares acacias, où la vie humaine relève de l’exploit et où d’ailleurs presque personne ne réside.

mercredi 25 février 2015

L'Europe bafoue les droits des réfugiés et des migrants



, 25/2/2015

Les mesures migratoires prises par l'Union européenne et ses Etats membres ont principalement visé à maintenir les migrants hors des frontières du continent, déplore Amnesty International dans son rapport annuel.
L'Europe bafoue les droits des réfugiés et des migrants

samedi 28 juin 2014

AI : Campagne mondiale STOP TORTURE pour Ali Aarrass


Campagne mondiale STOP TORTURE


Décharges électriques. Passages à tabac. Viols. Humiliations. Simulacres d'exécution. Brûlures. Privation de sommeil. Torture à l'eau. Longues heures dans des postures contorsionnées. Utilisation de tenailles, de substances médicamenteuses et de chiens. Ces mots sonnent à eux seuls comme un cauchemar. Pourtant, tous les jours et dans toutes les régions du monde, ces horreurs inimaginables sont une réalité pour des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants.

La torture est une pratique odieuse. Elle est barbare et inhumaine. Rien ne saurait la justifier. C'est une pratique indéfendable, contre-productive, qui corrompt l'état de droit et le remplace par la terreur. Personne n’est en sécurité lorsque l'État autorise son usage.

En mai 2014, Amnesty International lance sa campagne mondiale Stop Torture, dont l’objectif est d’obtenir que chacun soit protégé contre la torture. À l'occasion du 30e anniversaire de la Convention contre la torture, l'organisation forte de plus de 50 années d'expérience, demande instamment aux gouvernements de tenir leurs engagements et de respecter le droit international. Elle appelle les gens à exiger l'arrêt de la torture.

Cinq pays prioritaires ont été choisis comme cibles des actions dans cette campagne : le Maroc, l'Ouzbékistan, les Philippines, le Nigéria et le Mexique. Ces pays ont été choisis pour le potentiel d'influence régionale qu'ils représentent: une amélioration dans l'un de ces pays pourra entraîner une amélioration dans les pays voisins. De plus, dans ces pays, la pression internationale sur les gouvernements a de grandes chances d'aboutir à de réels changements dans les pratiques et/ou les législations favorisant la torture.

Pour chaque pays, un individu en danger a été choisi pour le lancement de la campagne. Chaque cas est emblématique de la problématique de la torture dans le pays. Vous pouvez agir pour un ou plusieurs de ces individus.

De nouveaux cas seront mis en avant tout au long de la campagne, qui durera jusqu'à 2016.


Si ce message ne s'affiche pas correctement, visualisez la version en ligne
Vous avez le pouvoir de sauver des personnes
Illustration de l'action


Campagne mondiale STOP TORTURE
Ali Aarrass a la double nationalité belgo-marocaine. Lui et sa famille demandent une assistance consulaire à la Belgique. Amnesty soutient leur demande. Le ministre des Affaires étrangères, M.Didier Reynders, la refuse. La Belgique choisit donc de rejeter la demande d’assistance consulaire aux personnes ayant la double nationalité belgo-marocaine. De plus, il est choquant de constater que jusqu’à présent - du moins selon les informations dont Amnesty dispose - les autorités belges n’ont entrepris, auprès des autorités marocaines, aucune démarche pour dénoncer les tortures infligées à Ali Aarrass.
Défendre les droits humains et utiliser la diplomatie pour y parvenir va pourtant bien au-delà d’une simple assistance consulaire. La torture doit être dénoncée dans tous les cas, et le Gouvernement belge devrait a fortiori et de toute évidence, s’opposer systématiquement à tout acte de torture, à tout mauvais traitement, à toute détention arbitraire d’une personne ayant la nationalité belge. Amnesty International continuera à denoncer l’attitude répréhensible des autorités belges dans cette affaire.

Amnesty International demande au Ministre belge des Affaires étrangères qu’il donne des instructions afin de fournir une assistance consulaire à Ali Aarrass, qu’il exerce une pression politique et diplomatique sur les autorités marocaines afin que celles-ci enquêtent sur les plaintes de torture, punissent les responsables et libèrent Ali Aarrass, en conformité avec les recommandations émanant du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
Agir maintenant


Affaire Ali Aarrass - Amnesty rappelle à la Belgique son devoir d'assistance consulaire envers Ali Aarrass


Affaire Ali Aarrass - Amnesty rappelle à la Belgique son devoir d'assistance consulaire envers Ali Aarrass

Belga | 25 Juin 2014 14h05

A la veille de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, Amnesty International Belgique a réclamé justice, mercredi dès 11 heures, devant l'ambassade du Maroc à Bruxelles, pour le détenu belgo-marocain Ali Aarrass.
Dans le cadre de sa campagne "Stop Torture!" lancée le 13 mai dernier, Amnesty International a mis en avant 5 individus en danger, parmi lesquels Ali Aarrass, qui purge une peine de 12 ans à la prison de Salé, au Maroc. Trois instances des Nations Unies ont reconnu que sa condamnation a été basée sur des déclarations arrachées sous la torture (au Maroc- ndlr). Amnesty appelle le gouvernement belge à porter une assistance consulaire à Ali Aarrass et à exercer une pression diplomatique et politique sur le Maroc pour qu'il mène des enquêtes indépendantes sur les allégations de tortures. Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) s'appuie sur la Convention de La Haye, non ratifiée par le Maroc, qui stipule qu'un État ne peut exercer sa protection diplomatique en faveur d'un de ses ressortissants contre un État dont cette personne possède également la nationalité. Amnesty estime que cette position est incompatible avec le caractère universel et absolu de l'interdiction de la torture et avec l'obligation des États de prendre des mesures pour protéger leurs citoyens. L'appel de l'Etat belge contre la condamnation de la Belgique pour non assistance consulaire aura lieu vendredi. Trente ans après l'adoption de la Convention contre la torture par les Nations unies le 10 décembre 1984, Amnesty a enregistré ces cinq dernières années des cas de torture et de mauvais traitements dans 141 des 155 pays signataires. Sur base de recherches effectuées dans 142 de ces Etats, Amnesty indique que 79 pratiquent encore la torture en 2014. (Belga)



samedi 21 juin 2014

L'AMDH a recensé 317 cas de détentions politiques en 2013


Politique  nationale
[Video] Maroc : L'AMDH a recensé 317 cas de détentions politiques en 2013
Mohammed Jaabouk, Copyright Yabiladi.com


Le 13 mai, un rapport d’Amnesty a épinglé le gouvernement sur la poursuite du recours à la torture. Le 18 juin, un document de l’AMDH sur la situation des droits de l’Homme accuse l’exécutif de maquiller les arrestations politiques en infractions de droit commun. L’ONG marocaine a enregistré, durant l’année dernière et les premiers mois de 2014, 317 cas de détentions politiques.

L’AMDH vient de présenter, aujourd’hui à Rabat, son nouveau rapport sur la situation des droits de l’Homme au Maroc. Un document qui s’inscrit complétement en faux avec le discours officiel véhiculé par le gouvernement Benkirane. L’ONG dénonce la poursuite du recours aux détentions d’opposants politiques, notamment au sein des membres du Mouvement du 20 février, les adeptes de la Salafia jihadia et les Sahraouis qui soutiennent les thèses du Polisario.

317 détenus politiques au Maroc

Pour l’association présidée par Ahmed El Haïj, ces arrestations sont souvent justifiées, officiellement, par des infractions de droit commun, tel le trafic de drogue, l’entrave à la circulation dans la voie publique ou l'atteinte à un corps constitué. Et c’est sur la base de ces accusations qu’ils sont poursuivis et ensuite condamnés par la justice à des peines d’emprisonnement.

Durant 2013 et les six premiers mois de 2014, l’AMDH a recensé 317 cas de détentions politiques, bien que la majorité ait été libérée au cours de la même année. L’ONG a également signalé la poursuite des disparitions forcées, toutefois sans apporter de preuves corroborant sa version. Dans son rapport de l’année dernière, l’AMDH avait enregistré trois cas d’enlèvements. L’ONG est revenue dessus en rappelant que les familles de plusieurs opposants disparus durant les années 60, 70, 80 et 90,  attendent toujours de connaitre le sort et les tombes de leurs proches.

La torture, l’AMDH sur la même longueur d’onde qu’Amnesty

La torture a constitué un moment phare de la présentation du rapport de l’AMDH sur les droits au Maroc. Fidèle à sa position, l’association a critiqué l’approche du tout sécuritaire adoptée par le gouvernement sur cette question. L'ONG a relevé qu'auparavant, il refusait d’ouvrir des enquête sur les allégations de torture exprimées par certains détenus. Maintenant après le forcing d’ONG nationales et internationales, notamment après la publication du rapport d’Amnesty, l’exécutif a changé de tactique mais sans changer pour autant de position. Selon l’AMDH, le gouvernement mène, depuis le 13 mai, une campagne de pression visant les détenus pour qu’ils retirent leurs plaintes contre des agents d’autorité, auteurs des tortures.

Le cabinet Benkirane, par le biais de son ministre à la Justice, Mustapha Ramid, a menacé les auteurs de « plaintes mensongères » de torture de poursuites judiciaires. Une menace mise, d'ailleurs, à exécution avec la poursuite en justice du jeune Oussama Hassan, actuellement en détention. Un cas qui n'est pas isolé puisque à Tanger, un homme appartenant au PADS et une femme issue des rangs d'Annahj Addimocrati, pourraient subir le même sort.

Amnesty : Ali Aarrass a été torturé pendant la garde des forces de sécurité marocaines

http://bit.ly/1khJTtP ‪#‎StopTorture‬
Ali Aarrass a été torturé pendant la garde des forces de sécurité marocaines. Voici quelques croquis à  pour décrire à quoi il a été soumis.

Si vous êtes choqué par cela, veuillez nous rejoindre et réclamer justice ! Cela ne devrait jamais arriver à n'importe qui. http://bit.ly/1khJTtP #StopTorture (Traduit par Bing)

samedi 7 juin 2014

L’état de santé du journaliste Mustapha Hasnaoui se détériore en prison








L’état de santé du journaliste marocain Mustapha Hasnaoui, actuellement en grève de la faim en prison, se serait détérioré, d’après son comité de soutien.

L’état de santé de Mustapha Hasnaoui, actuellement emprisonné pour « terrorisme », se serait dégradé suite à une grève de la faim. Selon le comité de soutien de ce journaliste marocain, il a été « transféré à l’hôpital » après avoir été retrouvé « inconscient dans sa cellule par les gardiens de prison, dimanche à l’aube ». Mohamed Zhari, le coordinateur du comité de soutien, a affirmé à l’AFP que Mustapha Hasnaoui a été renvoyé en prison après avoir repris conscience. « Sa vie reste en danger », a-t-il dit. « Il n’est plus capable de se tenir debout et n’a même plus la force de parler », a-t-il complété.

Les responsables pénitentiaires démentent
A la Direction générale des prisons, une source dément formellement ces affirmations. Selon elle, l’état du détenu est « normal » et il ferait l’objet d’un « suivi quotidien de la part du médecin de l’institution pénitentiaire ».
Pour rappel, Mustapha Hasnaoui a entamé une « grève de la faim illimitée » afin de protester contre ses conditions de détention. Employé par le magazine pro-salafiste marocain Assabil, ce journaliste de 34 ans a été condamné à quatre ans de prison, en vertu de la loi antiterroriste votée en 2003, après une vague d’attentats à Casablanca.
Hasnaoui s’était rendu en Turquie où il comptait enquêter sur des djihadistes marocains recrutés pour aller combattre en Syrie. Il avait toutefois été refoulé par les autorités turques avant d’être poursuivi au Maroc pour « constitution de bande criminelle » et « tentative de cacher des informations sur des crimes terroristes ».
Le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a appelé à sa libération. L’ONG Amnesty International, qui appelle aussi à sa libération, a estimé, le mois dernier, que son procès était « inique ».