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samedi 7 juin 2014

L’état de santé du journaliste Mustapha Hasnaoui se détériore en prison








L’état de santé du journaliste marocain Mustapha Hasnaoui, actuellement en grève de la faim en prison, se serait détérioré, d’après son comité de soutien.

L’état de santé de Mustapha Hasnaoui, actuellement emprisonné pour « terrorisme », se serait dégradé suite à une grève de la faim. Selon le comité de soutien de ce journaliste marocain, il a été « transféré à l’hôpital » après avoir été retrouvé « inconscient dans sa cellule par les gardiens de prison, dimanche à l’aube ». Mohamed Zhari, le coordinateur du comité de soutien, a affirmé à l’AFP que Mustapha Hasnaoui a été renvoyé en prison après avoir repris conscience. « Sa vie reste en danger », a-t-il dit. « Il n’est plus capable de se tenir debout et n’a même plus la force de parler », a-t-il complété.

Les responsables pénitentiaires démentent
A la Direction générale des prisons, une source dément formellement ces affirmations. Selon elle, l’état du détenu est « normal » et il ferait l’objet d’un « suivi quotidien de la part du médecin de l’institution pénitentiaire ».
Pour rappel, Mustapha Hasnaoui a entamé une « grève de la faim illimitée » afin de protester contre ses conditions de détention. Employé par le magazine pro-salafiste marocain Assabil, ce journaliste de 34 ans a été condamné à quatre ans de prison, en vertu de la loi antiterroriste votée en 2003, après une vague d’attentats à Casablanca.
Hasnaoui s’était rendu en Turquie où il comptait enquêter sur des djihadistes marocains recrutés pour aller combattre en Syrie. Il avait toutefois été refoulé par les autorités turques avant d’être poursuivi au Maroc pour « constitution de bande criminelle » et « tentative de cacher des informations sur des crimes terroristes ».
Le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a appelé à sa libération. L’ONG Amnesty International, qui appelle aussi à sa libération, a estimé, le mois dernier, que son procès était « inique ».

dimanche 15 décembre 2013

Point hebdomadaire n°46 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc


Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Point hebdomadaire n°46 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc, 15/12/2013

La semaine qui s’achève aura été marquée par deux évènements relatifs aux droits de l’Homme au Maroc : Le voyage à New-York le 10 décembre de Khadija Ryadi, ancienne présidente de l’AMDH, pour recevoir le prix des droits de l’Homme dont elle a été gratifiée par l’ONU et la visite au Maroc du groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.
Khadija Ryadi, a qui l’ASDHOM tient à réitérer ses sincères félicitations, est rentrée au Maroc le jeudi 12 décembre. Après l’accueil populaire lui a été réservé à l’aéroport de Rabat-Salé, elle a rejoint l’Instance Marocaine des Organisations des Droits Humains dont elle est la coordinatrice et qui l’attendait pour se pencher sur la réactualisation de la Charte des droits de l’Homme au Maroc.
S’agissant du groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, trois experts, en l’occurrence M. Mads Andenas, M. Roberto Garreton et M. Malick Sow, sont actuellement au Maroc pour évaluer la situation relative à la privation de liberté dans le pays. Leur mission entamée le 9 décembre, s’achèvera le 18 décembre par la tenue d’une conférence de presse au cours de laquelle le groupe rendra ses observations préliminaires à l’issue de sa visite. Deux rencontres sont en principe prévues avec les organisations de défense des droits de l’Homme. Nous souhaitons vivement que cette délégation puisse rencontrer les victimes de la détention arbitraire ou leurs familles et qu’elle puisse aussi se rendre dans des prisons marocaines pour écouter les souffrances des prisonniers politiques et d’opinion et se rendre compte d’elle-même des conditions de détention. Les victimes, leurs familles ou les associations des droits de l’Homme qui ne peuvent pas rencontre cette délégation peuvent adresser leurs témoignages au secrétaire du groupe de travail, M. Miguel De la Lama, dont voici l’adresse électronique mdelalama@ohchr.org, ou le contacter directement au téléphone +41792010116.
Pour plus d’informations sur le mandat de ce groupe de travail de l’ONU, il est recommandé d’aller sur le lien suivant http://www.ohchr.org/Documents/Publications/FactSheet26fr.pdf
L’ASDHOM adressera ce point hebdomadaire à ce groupe de travail pour le tenir informé de notre campagne de parrainage et surtout pour l’exhorter d’aller s’enquérir de la situation de détention de tous ceux qui sont sur nos listes de parrainage et notamment ceux qui sont en grève de la faim depuis maintenant plusieurs mois sans que les responsables marocains ne daignent s’en occuper.
Les informations qui vont suivre ne sont malheureusement qu’une partie de celles qu’on reçoit régulièrement et qui en disent long sur la détention arbitraire au Maroc.

Groupe UNEM-Meknès : Les cinq prisonniers politiques de l’UNEM, incarcérés depuis décembre 2012 sans jugement à la prison Toulal 2 de Meknès, ont comparu finalement devant le tribunal de Meknès le 9 décembre 2013. Leur procès a été reporté au 23 décembre. Rappelons que Soufiane Sghéri, Hassan Ahamouch, Mohamed Eloualki, Hassan Koukou et Mounir Ait Khafou observent leur deuxième grève de la faim depuis le 7 novembre dernier (voir point 45). Leur santé, nous ne cessons de le répéter, se détériore de jour en jour. Le jour même du procès, Mounir Ait Khafou s’est évanoui après avoir vomi du sang ce qui lui a valu une hospitalisation en compagnie de son camarade Hassan Koukou. Ce dernier a été extirpé de la prison pour le présenter devant le Procureur du roi concernant un rapport qu’il avait rédigé avec Mounir Ait Khafou sur la grève de la faim et les conditions en général de leur détention. Leurs revendications portent sur l’amélioration des conditions de détention (visites, santé, étude, statut de prisonnier politique, etc.), la tenue rapide d’un procès équitable ou leur libération et celle de tous les prisonniers politiques.

Groupe UNEM-Fès : Les deux prisonniers politiques de l’UNEM, Mohamed Boujnah et Mohamed Ghalout, qui restent en prison après la libération de huit autres, le 20 novembre dernier, (voir point 45) ont comparu devant le tribunal d’appel de Fès. Une nouvelle audience a été fixée au 12 février 2014.

Groupe UNEM-Marrakech : Les dix prisonniers politiques du groupe de l’UNEM-Marrakech et qui sont répartis sur plusieurs prisons de la région (voir point 45), continuent leur grève de la faim observée depuis le 12 novembre 2013. Les conséquences sur leur santé commencent à se sentir. Deux d’entre eux, Aziz El-Bour et Mohamed Mouaden, qui se trouvent à la prison de Tiznit, n’arrêtent pas de s’évanouir. Ils réclament tous le regroupement du groupe et l’amélioration de leurs conditions de détention ainsi que l’attribution du statut de prisonnier politique en les séparant des prisonniers du droit commun.

Groupe 20-Février à Al-Hoceima : Quatre prévenus, deux déjà détenus (Abdelhalim Bakkali et Mustapha Bouhani) et deux poursuivis en liberté (Mohamed Lafqih et Mustapha Tijrini) ont vu leur procès du 12 décembre reporté au 26 décembre 2013. Le tribunal a décidé de convoquer les témoins pour les entendre dans cette affaire qui remonte à la fin de 2011 quand le village de Béni Bouayach avait connu un mouvement de protestation populaire réprimé par les forces de l’ordre. Rappelons qu’Abdelhalim Bakkali, lui, est déjà condamné à 2 ans de prison ferme pour participation aux événements de mars 2012 à Béni Bouayach.
Signalons également que le prisonnier politique Abdeladim Ben Chouaib continue dans la même prison d’Al-Hoceima sa grève de la faim qu’il avait entamée le 28 novembre dernier (voir point 45).
Groupe Ouarzazate-Mineurs et Microcrédit : Dans deux jours, Amina Mourad et Bennacer Ismaini, les deux coordinateurs du mouvement des victimes des dérives du microcrédit à Ouarzazate, seront fixés sur leur sort. Ils encourent jusqu’à 5 ans d’emprisonnement. Une campagne de solidarité internationale, à laquelle l’ASDHOM s’est jointe, a été lancée par plusieurs ONG pour les soutenir et réclamer leur relaxe (voir point 45).
En parallèle à cela, ces mêmes ONG préparent une caravane nationale de soutien qui aura lieu à Ouarzazate le 4 janvier 2014 (voir pièce jointe). Il faut rappeler que Hamid Majdi, un des responsables syndicaux CDT d’Ouarzazate, est toujours poursuivi et inquiété alors qu’il avait été relaxé dans une affaire « de drogue » qu’on a voulu lui coller pour l’intimider et pour qu’il cesse tout soutien qu’il manifeste aux mineurs et ouvriers de la région dans leur lutte légitime. Vous trouverez les documents et les appels de cette campagne pour la caravane sur la rubrique « Témoignages et lettres ».

Groupe 20-Février à Tiflet : Les habitants du quartier El-Jadid de la ville de Tiflet ont organisé le 8 décembre 2013 un rassemblement de protestation contre l’installation d’un pylone de réception de télécommunication. Les forces de l’ordre ont violemment dispersé ce rassemblement qui s’est soldé par plusieurs blessés et des arrestations. Fouad Balbal en fait partie. Il est le secrétaire général de la section de l’AMDH de Tiflet. Placé en garde-à-vue, puis en détention provisoire depuis, il a été présenté au tribunal le vendredi 13 décembre 2013. Son procès a été reporté au mardi 15 décembre. L’AMDH et le mouvement 20-Février auxquels il appartient ont appelé à manifester devant le tribunal pour exiger sa libération parce qu’il n’a fait que soutenir pacifiquement des habitants en colère pour leur santé.
Rappelons que Fouad Balbal faisait déjà partie de nos listes de parrainés puisqu’il avait été poursuivi en tant qu’activiste du mouvement 20-Février lorsque celui-ci a vu le jour en février 2011. Il avait écopé, après plusieurs reports de procès, d’une peine d’emprisonnement sans exécution et d’une amende (voir points précédents).

Pour clore ce point, nous nous félicitons qu’une vingtaine de nouveaux parrainages soit réalisée depuis notre soirée de solidarité du 16 novembre dernier. Le Collectif des Amazighs de France pour le Changement au Maroc (CAFCM) a décidé d’en parrainer seize, répartis sur plusieurs prisons marocaines. À noter aussi que pour la première fois, nous enregistrons le parrainage d’un prisonnier politique sahraoui par un citoyen militant installé au Maroc. Une première lettre que vous pouvez consulter à la rubrique « Témoignages et lettres » a été échangée entre ce parrain et son filleul qui se trouve à la prison salé 1.

Le bureau exécutif de l’ASDHOM
Paris, le 15 décembre 2013