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lundi 3 août 2015

L’art judéo-amazigh de Chama Mechtaly censuré au Maroc


Chama Mechtaly, jeune artiste autodidacte marocaine et héritière d’une identité judéo-amazighe exprime à travers son art un Maroc pluriel. Il n’est malheureusement pas du goût de tous. 

Quand Chama Mechtaly nous reçoit dans son atelier éphémère, le temps semble presque suspendu. Assise entourée de ses toiles, une blouse maculée de tâches multicolores pour bleu de travail, on est encore loin d’imaginer que la jeune peintre autodidacte participe avec vigueur à briser le mur des différences entre juifs et musulmans d’origine nord-africaine. Plus qu’un travail de peintre, la jeune femme, qui poursuit ses études à Boston aux Etats-Unis en Relations internationales et résolution des conflits, nous livre également un travail d’historienne, d’anthropologue, avec beaucoup de sensibilité et de témérité.
"Le drapeau marocain revisité" censuré - Crédit : T. Bouraque
« Le drapeau marocain revisité » censuré – Crédit : T. Bouraque

« Drapeau marocain revisité » : une œuvre frappée par la censure

samedi 31 mai 2014

Un jeune meurt sous la torture au commissariat de police d’Al Hoceima



 Karim Lachkar. On voit bien une grosse cicatrice sur sa tête (Photo Chamal City)
Karim Lachkar. On voit bien une grosse cicatrice sur sa tête (Photo Chamal City)

Selon le site local Riftoday, le défunt s’appelle Karim Lachkar « Mrabo » et des policiers de ce commissariat ont été dépêchés à l’hôpital régional d’Al Hoceima et ils ont demandé de leur fournir un certificat attestant son décès suite à « une crise cardiaque », mais les responsables de cet hôpital ont refusé…
Affaire à suivre..
Demain

Pour en savoir plus : un commentaire

RIFI►Le Makhzen Assasin
 
AL HOCEIMA : Le 27 mai, entre 3 et 6 H du matin, la police marocaine dans la localité rifaine d’Al-Hoceima a arrêté puis torturé à mort, à l’intérieur du commissariat central, Karim LACHQER, militant syndicaliste rifain de gauche. La victime a été arrêtée aux environs de 3 h du matin, à l’entrée de la ville d’Al Hoceima, avant d’être conduite au commissariat de police où il sera torturé puis assassiné. Quelques heures plus tard, le corps de la victime est conduit à l’Hôpital où la police tente de faire pression sur les médecins pour signer un certificat de décès préétabli et falsifié, attestant que la victime était morte après son arrivée à l’Hôpital. Les médecins légistes qui ont reçu le corps de la victime sans vie ont refusé de signer le l’acte de décès falsifié 

Crime au commissariat d’Al Hoceima : la police marocaine tente de falsifier l’acte de décès de la victime
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Le Makhzen tyrannise les jeunes au RIF,c’est l’occasion que peuvent saisir les Rifains afin de se réveiller de l’anesthésie que leur administre ce Makhzen hypocrite et les PJDstes qui tentent d’aider les tyrans à accomplir leur tâche de soumettre le Rif devant "le fait accompli"…
PS:il est très important de souligner au passage,qu’un autre Syndicaliste Rifain SAMIR LAMRABET a été arrêté au même endroit dans la même ville,et il est incarcéré arbitrairement depuis quelques jours,sous les recommandations du procureur Makhzanien corrompu, alcoolique….
Ceux qui ont Assassiné  » Karim Lachkar » sont les mêmes CRIMINELS Makhzaniens qui ont brûlé les corps de 5 jeunes Rifains dans une agence de banque,en les déplaçant du commissariat à la banque pour les faire passer comme des "vulgaires voleurs",alors que tous ces jeunes victimes sont issus des familles respectables,avec un niveau d’éducation honorable, leur seul crime d’avoir participé aux manifestations du 20 février 2011 durant le mouvement déclenché par les jeunes contre LA DICTATURE et LA TYRANNIE
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=31539
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Autres précisions :


La victime, Karim ACHRAQ, ancien militant de gauche, était membre du syndicat des pêcheurs d’Al-Hoceima. Il était connu dans les milieux amazighs et rifains pour son intégrité et son engagement en faveur des droits économiques et sociaux des siens.( PH/DR)
La victime, Karim ACHRAQ, ancien militant de gauche, était membre du syndicat des pêcheurs d’Al-Hoceima. Il était connu dans les milieux amazighs et rifains pour son intégrité et son engagement en faveur des droits économiques et sociaux des siens.( PH/DR)

Selon la famille de la victime, la police de contrôle marocaine a arrêté Karim LACHQER à l’entrée de la ville d’Al Hoceima avec deux de ses amis qui étaient dans une voiture pour un contrôle de circulation routière. La victime a été conduite par la police au commissariat central d’Al Hoceima aux environ de 4 H du matin et deux heures plus tard, vers 6h, la famille reçoit la mauvaise nouvelle du décès de leur fils.
Alors que le corps de la victime était transférée du commissariat à l’hôpital, un des compagnons qui était avec lui et qui est un de ses amis proche, «Mustafa ABERKAN » aurait « disparu », selon la famille de la victime et selon les sources de la société civile.

Une source hospitalière de l’Hôpital provincial M.V a indiqué que la police d’Al Hoceima a tenté de faire pression sur les médecins qui ont pris en charge le corps de Karim LACHQAR pour qu’ils signent un certificat de décès préétabli, certifiant que la victime était vivante à son arrivée à l’Hôpital et que sa mort était survenue dans l’enceinte de l’hôpital. La même source a indiqué que les autorités médicales de l’hôpital ont refusé de signer le certificat de décès préétabli, ces dernières ayant reçu un corps sans vie.

C’est dans ce contexte que la police d’Al-Hoceima a rendu public un communiqué pour donner une version totalement ahurissante des faits qui a été reprise, sans complexe, par la presse du makhzen, dont Hespress.com et Goud.ma. Ainsi selon la police du makhzen, la victime a été arrêtée à un contrôle de routine à l’entrée de la ville, à bord d’un véhicule où se trouvaient 3 personnes qui étaient toutes « ivres ». N’ayant pas de papiers sur lui, et pour éviter d’être contrôlé, Karim LACHQER a ouvert la porte du véhicule et a pris la fuite. Il était tellement ivre qu’il a trébuché et qu’il est tombé en se cognant la tête sur un objet contendant. C’est n’est qu’après cela qu’il a été arrêté, puis transféré au commissariat de police où il a été identifié avant d’être transporté par ambulance à l’hôpital où la victime est décédée alors qu’il était dans le coma.

Communiqué de la direction générale de la sûreté marocaine (PH/DR)

Communiqué de la direction générale de la sûreté marocaine (PH/DR)
Pendant ce temps, assez rapidement sur les réseaux sociaux, les photos du corps mutilé de la victime sont apparues et montrent clairement les traces de torture sur son corps. L’information selon laquelle les autorités médicales ont refusé de signer le faux acte de décès a également rapidement circulé. Ce qui a confirmé auprès de l’opinion publique que la victime a bien été assassinée dans le commissariat d’Al Hoceima après avoir subi des actes de torture entraînant immédiatement une vague de colère dans la société civile Rifaine.
Les associations des droits de l’homme comme le forum des droits de l’homme du nord du Maroc FDH-norma, la section d’Al-Hoceima de l’association marocain des droits de l’homme AMDH et l’assemblée mondiale amazighe AMA) ont publié des communiqués de presse ou ils appel le ministre de la justice à ouvrir une enquête sur cet assassinat, bien que la société civile du Rif sait pertinemment qu’elle ne peut rien attendre du Makhzen.



Pour rappel Karim LACHQAR, 38 ans, était un militant syndicaliste connu et très apprécié. Il était membre du syndicat des pêcheurs d’Al-Hoceima et ancien membre de la jeunesse du parti de gauche « UNFP », l’Union Nationale des Forces Populaires. Son frère, Mhamed LACHQER, était détenu politique en 1973 en raison de son engagement dans une organisation marxiste-léniniste et, comme son frère hier matin, il a été assassiné dans les mêmes conditions en 1995.
A la suite de la tragique nouvelle de l’assassinat de Karim LACHQER, l’oncle de la victime, Mohamed LACHQER, médecin à Tanger et également membre de UNFP , a affirmé hier qu’il allait suivre cette affaire  jusqu'à son aboutissement et qu’il allait interpeller le ministre marocain de la justice sur l’assassinat de Karim LACHQER.

Dès l’annonce du décès de Karim LACHQER , le crime devient immédiatement une affaire publique, tant la police marocaine, qui sévit régulièrement dans la ville Rifaine d’Al-Hoceima, est réputée pour commettre impunément des actes de tortures et même d’assassinat dans cette ville du Rif. Les militants associatifs se sont rapidement engagés pour faire éclater la vérité sur ce crime, surtout après que la police marocaine ait fait pression sur l’Hôpital pour établir un certificat de décès falsifié.

fea,
SIWEL 281706 MAI 14

vendredi 23 mai 2014

Quand l'Histoire nous interpelle

  Par Ali Fkir,23/5/2014

Chaque fois que je me trouve avec d'autres africain-es, je me sens interpellé par l'Histoire pour me rappeler:

 
1 - Que nous sommes tous africains
2 - Que je suis africain, amazigh , arabe et internationaliste
3 - Que Al Khattabi, Modi Boukeita, Nkrumah, Lumumba, Nasser, Ben Barka, Ben Bella, Mandela...etc, ont donné un sens progressiste, noble et humain à la lutte des peuples africains.
4 - Que Hassan II avait prétendu (prétention contre nature) que le Maroc est plus européen qu'africain.
5 - Que Hassan II avait traité (avec un air hautain) un sommet de l'OUA de sommet des tam-tam
6 - Qu'aujourd'hui certains veulent imposer par les armes aux peuples africains un islamisme sanguinaire qui n'a rien à voir avec l'islam tolérant de nos ancêtres, alors que l'Afrique baignait jadis dans une riche mosaïque de croyances: l'islam, le christianisme, l'animisme, l'athéisme...
Ali Fkir, le 23 mai 2014



samedi 7 décembre 2013

Omar Louzi confronté au racisme de l'Etat marocain

Par Omar Louzi, 4/12/2013


Le Makhzen et ses sbires m’ont de nouveau agressé, et voici les faits :

Ce lundi 02 décembre 2013, après avoir fini une rencontre avec un journaliste américain qui m’a interviewé sur mon rôle en tant que Président du Comité Marocain de Soutien à Barack Obama, je me dirige vers le restaurant Gosto Del sol, situé sur l’avenue Patrice Lumumba, à Rabat.
C’était 23H, à l’arrivée devant le Restaurant, les 2 personnes qui s’occupaient de la sécurité m’ont demandé de leur laisser mon sac à dos professionnel que je récupérerai à la sortie. J’ai naturellement refusé en disant qu’ils avaient le droit de vérifier le contenu de mon sac mais pas de le garder. Ils vérifient le contenu et après ils m'ont autorisé d'entrer dans l'établissement.
10 min, plus tard, les deux gars de la sécurité, avec une 3ème personne étrangère à l’établissement, visiblement des Services makhzaniens, vu la manière dont ils étaient craints par les deux autres, font irruption dans le restaurant. Ils m’ont intimé l’ordre de les suivre dehors. J’ai obtempéré sans aucune résistance.
Arrivant au hall du restaurant, ils me collent au mur et commencent une série d’insultes me reprochant tantôt mon activisme amazigh tantôt mes nombreuses rencontres avec les journalistes étrangers. Ce qui explique que les agresseurs appartiennent à un des services makhaniens de répression. Et qu’ils étaient là pour m’intimider.
J’ai, naturellement, refusé de répondre à leurs provocations en leur rappelant que ce qu’ils font est hors la loi.
Ensuite, ils m’ont enlevé mon sac qui contenait : -une caméra professionnelle - un ordinateur portable de marque Toshiba - mon téléphone portable - une copie du dossier remis au journaliste américain sur mon rôle en tant que Président du Comité Marocain de soutien à Barack Obama - Mon Passeport - Ma carte d’identité - les clés de ma voiture et ma maison Et la somme de six Mille dirhams que je j’ai pris soin de tirer de mon compte pour les remettre, le lendemain, à une association caritative active dans le Haut Atlas.
On m’a ensuite mis dehors, sans mes clés de ma voiture, et sans le sous, j’ai pu me rendre, à pied, au commissariat central pour déposer plainte. J’ai trouvé à la permanence de nuit le Commissaire Alaoui. Il m’a donné l’impression qu’il était au courant de ce qui m’est arrivé bien avant que j’arrive. Probablement est-il complice de ces agissements abjects dignes de gestapo. Et ce qui suivre va le démontrer :
J’ai demandé qu’on prenne ma déposition et qu’on procède à l’arrestation de mes agresseurs. Sa réponse c’était de me faire attendre 3 heures et pour finir, il me dit qu’il n’avait pas reçu des ordres pour ne pas prendre ma déposition. Je lui ai rappelé que c’était anticonstitutionnel ce qu’il venait de faire et il me répond : « sir tqawwad a Chle7 » et il ordonna aux policiers de me mettre en dehors du commissariat.
C’est déjà 4H du Matin, délesté de tout ce que j’avais, sans argent sans téléphone, je me dirige à pieds vers le siège de la DGSN pour protester contre les agissements du commissaire Alaoui. Arrivant devant le siège de la flicaille on m’a fait savoir que personne n’était apte à me recevoir.
Je repars, direction la gare. Le hasard a fait que je croise une personne que je connaissais qui est venu prendre le train vers Marrakech. Il m’a avancé l’argent nécessaire pour prendre un taxi pour rentrer chez moi.
Le lendemain, mardi 03 décembre, je me présente au Ministère de la justice pour rencontrer le Ministre Ramid, que je connais personnellement pour avoir été ensemble dans plusieurs comités de défense des droits humains avant qu’il devienne Ministre. C’était son Conseiller Ahmed Najib, qui me recevait. Il était courtois, et m’a assuré qu’il transmettra mes doléances au Ministre, que les agresseurs serons punis quelque soit leur rangs. J’attends toujours.

J’ai dû rappeler au conseiller du Ministre que les méthodes de mes agresseurs makhzaniens ne m’impressionnent pas et que la famille LOUZI a déjà payé un lourd tribut pendant les années de plombs, en effet: Mon père Haddou louzi a été condamné à mort par Hassan II et Mon Oncle Bassou LOUZI est mort sous la torture dans le bagne d’Agdz en 1973. Le régime d’Hassan II a confisqué les biens de mon père d’une valeur de 2 Milliards de centimes. Mohammed VI n’a pas encore décidé de nous rendre nos biens.
Pour rappel, c’est la 3ème agression, du même genre, que je subis en l’espace d’une année.
Je veux rappeler au régime makhzanien que je suis prêt à payer de ma vie, s’il le faudrait, comme l’ont déjà fait plusieurs membres de ma famille pour la démocratie dans notre pays.Et le Combat Continue !

Cordialement Omar LOUZI Président du Festival International du Film sur les Droits Humains, Président Institut Massinissa des Etudes Stratégiques, Consultant des Nations Unies sur les Droits des peuples Autochtones
Fait, le 04 décembre 2013
http://www.kabyle.com/articles/omar-louzi-confronte-au-racisme-letat-marocain-22496-06122013http://www.kabyle.com/articles/omar-louzi-confronte-au-racisme-letat-marocain-22496-06122013
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NDLR : Tout le monde sait bien que les droits de l'Homme sont respectés au Maroc. Pour s'en convaincre :

Driss El Yazami : Le Maroc, ferme et déterminé sur le respect des droits de l'Homme


Lemag - MAP - publié le Jeudi 5 Décembre 2013 à 18:47

samedi 27 juillet 2013

Rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc en 2012

Rapport annuel

sur la situation des droits humains au Maroc en 2012
Images intégrées 1
INTRODUCTION
La situation des droits humains au Maroc durant l’année 2012, telle qu’elle a été suivie par le bureau central et les sections de l’AMDH, est caractérisée par une nette régression et une persistance des violations. Concernant le droit le plus sacré, le droit à la vie, la confusion plane toujours sur la vérité des décès des activistes du Mouvement du 20 février pendant 2011 ; à cela s’ajoutent deux cas de décès observés dans le rapport de 2012.  Pour ce qui est du droit à l’intégrité physique, à la sécurité personnelle et l’abus du pouvoir, les pratiques les enfreignant sont monnaies courantes par la violence des autorités publiques à l’encontre des manifestants et des passants, ou par la torture lors des interrogatoires dans les postes de police. Si la violence exercée par les forces de police à l’encontre des activistes de l’Association Marocaines des Droits Humains est courante, en 2012 les activistes d’Amnesty International ont été sujets, à leur tour, de la répression, de la provocation et du harcèlement par des agents de sécurité lors d’un sit-in devant le Parlement.
Quant au dossier de la détention politique, il reste toujours ouvert ; en dépit de la libération de quelques détenus politiques, leur situation n’a toujours pas été réglée ; en outre, de nombreux détenus politiques ont été incarcérés, et notamment les activistes du Mouvement du 20 février, les étudiants militant au sein de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM), les détenus en rapport avec le dossier de « la lutte anti-terroriste », les activistes sahraouis… Le plus grave, c’est que ces détenus sont poursuivis par des chefs d’accusation de droit commun et ce afin de dissimuler la nature politique des procès qui tiennent compte des procès-verbaux de la police judiciaire sans vérifier la véracité des accusations que les détenus rejettent.
En outre, cette année, trois cas d’enlèvement ont été enregistrés sans que les auteurs de ces enlèvements ne répondent de leurs actes et ne sont pas poursuivis pour la torture subie par les activistes du Mouvement du 20 février à Casablanca et dans d’autres villes en 2012, par les militants de l’UNEM à Kénitra et dans d’autres villes et pour la violence exercée lors de nombreux sit-in pacifiques dans différentes régions telles Taza, Aït Bouayache, Chlihate et dans d’autres villes. Lors de sa visite au Maroc, le rapporteur spécial onusien chargé de la torture au Maroc a confirmé ces pratiques.
Concernant la situation dans les prisons, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est inquiétante, voir catastrophique ; le rapport a enregistré des taux de surnombre dans 34 établissements pénitentiaires qui vont de 4% à 168,14%. Une situation aggravée par l’absence des conditions de l’hygiène personnelle, la mauvaise alimentation et l’insuffisante de médication ; ce qui entraîne la propagation des maladies et les décès. Mais, ce qui dramatise plus la situation, c’est la torture des détenus ; l’Association Marocaines des Droits Humains a reçu des plaintes de la part des détenus et de leurs familles sur la torture physique et psychique.
De même, la situation des libertés publiques a régressé durant l’année que couvre ce rapport ; ainsi, l’interdiction a concerné les activités de différentes instances dont l’une assume la présidence du Gouvernement (la Jeunesse du Parti Justice et Développement), les activités des instances des droits humains (trois activités organisées par l’Association Marocaine des Droits Humains), la réunion du Conseil national du parti Badil Hadari ; des journalistes ont été sujets d’agressions physiques, de poursuites et l’un d’eux a été condamné à la prison avec sursis ; d’autres journalistes ont subi des interrogatoires, ou se sont vus retirer l’accréditation, interdits de photographier des émissions, privés de la carte d’accréditation ; en plus, la maison d’Ali Lamrabet a été attaquée à Tétouan. L’interdiction a aussi concerné plusieurs manifestations dispersées par la répression comme c’est le cas des protestations sociales ; les libertés syndicales ont connu de nombreuses violations.
De nombreux procès ont connu des violations pour être qualifiés inéquitables ; les cas notoires sont le procès d’El Haked, artiste du Mouvement du 20 février, du résistant Ibrahim Nouhi, des poursuivis suite à l’appel au boycott des élections, des détenus dudit Salafiyya Jihadiyya, des syndicalistes, des militants de l’UNEM et des détenus de Gdim Izik.
Pour ce qui est de la peine de mort dont l’abolition prend de plus en plus d’envergure à l’échelle internationale, le rapport a enregistré la prononciation de six nouvelles condamnations en 2012. Cependant, ce que le rapport relève de plus important, c’est l’abstention du Maroc de voter le projet de la recommandation onusienne préconisant l’arrêt de l’exécution de la peine de mort.
L’augmentation des protestations a eu des répercussions négatives sur la situation des défenseurs des droits humains qui ont été souvent sujets aux violations de leur intégrité physique, leur sécurité personnelle et la restriction de leurs mouvements dans de nombreuses régions et particulièrement à Ifni où des responsables du bureau de la section de l’Association Marocaine des Droits Humains ont écopé jusqu’à dix mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende.
Les droits économiques, sociaux et culturels n’ont pas dérogé à la règle cette année ; le chômage parmi les diplômés s’est accru ; de nombreux secteurs économiques et sociaux ont connu des grèves ; les codes de travail ont été violés dans tous les secteurs et surtout l’ampleur acquise par le phénomène de l’emploi des enfants. Quant au logement, il a enregistré une diminution ayant atteint 10,1 pour cent par rapport à 2011 alors que le nombre des familles résidant dans les bidonvilles a augmenté de 29 pour cent par rapport à 2004. Les anciens quartiers de Casablanca ont connu aussi des démolitions ayant causé la mort de huit citoyens ; des décès ont eu lieu dans d’autres villes à cause du recours à l’usage de la force pour évacuer des citoyens de maisons menaçant ruine ou de logements bâtis sans autorisation. L’application du droit à la santé n’est pas encore de mise pour plusieurs raisons parmi lesquelles celles relevées dans ce rapport et notamment, la faiblesse du financement public de la santé, l’augmentation de la part des dépenses personnelles réservées à la santé et qui représente 58 pour cent de leurs dépenses totales, l’échec du régime d’assistance médicale pour les personnes à revenu limité (RAMED), en plus de la faiblesse de l’infrastructure et son insuffisance par rapport à la croissance des besoins en soins des citoyens, le déficit épouvantable dans les ressources humaines avec un médecin pour 1630 citoyens et un infirmier pour 1109 citoyens. Ce qui rend la situation plus tendue, c’est la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion des ressources disponibles.
La situation dans le secteur de l’éducation n’est pas meilleure ; l’échec du plan d’urgence est officiellement reconnu et l’enregistrement d’un manque important concernant les cadres administratifs et éducatifs ; le surnombre des élèves et les revendications matérielles et morales de la famille de l’enseignement n’ont pas été satisfaites.
Pour leur part, les droits linguistiques et culturels amazighs ont souffert du retard de l’opérationnalisation de leur reconnaissance constitutionnelle, le refus des noms amazighs, la prohibition de l’usage de la langue amazighe au sein de l’enceinte du Parlement, la discrimination dont souffre la chaîne amazighe par rapport aux autres chaînes, la langue amazighe n’est plus enseignée dans de nombreux établissements et ne constitue qu’une matière facultative, non généralisée et non sanctionnée par une note à l’examen.
La situation de la femme n’a pas connu de progrès significatifs par rapport à l’année précédente ; 41098 demandes concernant le mariage de filles mineures ont été accordées ce qui constitue 92,9 pour cent de l’ensemble des demandes. Les femmes meurent toujours lors de l’accouchement à cause de la négligence et certaines d’entre elles se refusent même l’accès à l’hôpital et accouchent dans la voie publique ; les salariées souffrent aussi de la discrimination quant aux salaires et aux heures de travail.
Concernant la situation des droits de l’enfant, ce qui a le plus caractérisé l’année 2012, c’est le non-respect de l’Etat marocain de ses promesses en matière des droits de l’enfant ; les intérêts suprêmes de l’enfant ne sont pas tenus en compte lors de l’élaboration des politiques publiques, l’exclusion de la société civile lors de la formulation de plans et de programmes pour la promotion de la situation de l’enfance ; en parallèle, des violations graves ont retenti touchant le droit à la vie, à un nom, à l’éducation, à la santé, ainsi que la torture, les mauvais traitements et les agressions sexuelles.
Ce rapport a aussi relevé la persistance des violations des droits environnementaux des citoyens ce qui se répercute sur l’état des ressources environnementales d’une part et sur la vie des citoyens de l’autre ; il soulève aussi les souffrances et les violations dont sont victimes les migrants africains subsahariens et leur privation de leurs droits tels le droit à la santé, à l’eau et l’alimentation, au logement, à l’éducation, au travail … Les sections de l’AMDH ont suivi et relevé à ce sujet des actes racistes, des violences policières et des refoulements hors des frontières marocaines, contrairement aux engagements du Maroc en matière des droits humains en général et  des droits des  migrants en particulier.
En émettant ce rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc en 2012, l’Association Marocaine des Droits Humains s’est fixée comme objectifs de donner une image sur la situation de ces droits, formuler des recommandations en vue de leur protection et leur promotion, dévoiler les violations afin qu’un terme soit mis à leur répétition et pour que les parties les violant assument leur responsabilité dans leur persistance.
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Salutations militantes,
Hasnae CHAMI
Pour le bureau de l'AMDH-Paris/IDF
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L'AMDH dévoile son rapport annuel 2012 : une "nette régression" des droits humains au Maroc 

par Lakome, 23/7/2013


Présentation du rapport annuel 2012 de l'AMDH. Mardi 23 juillet 2013.


Le bureau central de l'AMDH a présenté son rapport annuel 2012 ce mardi à Rabat. L'association détaille les violations survenues l'année dernières et estime qu'en «dépit de ses engagements nationaux et internationaux, l’État manque de volonté politique effective pour le respect des droits et des libertés».

Dans son rapport 2012 l'AMDH affirme que la situation des droits humains au Maroc durant l'année 2012, «telle qu'elle a été suivie par le bureau central st les sections de l'AMDH, est caractérisée par une nette régression et une persistance des violations. Concernant le droit le plus sacré, le droit à la vie, la confusion plane toujours sur la vérité des décès des activistes du Mouvement du 20 février pendant 2011 ; à cela s'ajoutent deux cas de décès observés dans le rapport de 2012».
L'association dénonce également les détentions politiques, les cas de torture et de disparitions forcées, la répression de manifestations pacifiques, l'interdiction illégale d'associations et de partis politiques.

Droit des travailleurs et libertés syndicales
Sur le volet des droits sociaux, l'AMDH souligne que les principaux indicateurs n'ont connu «aucune amélioration sensible». Avec les diplômés chômeurs, «l'État use tantôt du dialogue et souvent de la répression sévère et recourt de plus en plus aux arrestations et aux procès».
L'association constate par ailleurs que l'Etat n'a toujours pas ratifié les conventions internationales sur les libertés syndicales et que le code du travail n'est toujours pas respecté. «Les droits de travail les plus élémentaires ne sont toujours pas garantis (la carte de travail et de paie, l'adhésion à la Caisse nationale de sécurité sociale, la détermination des heures de travail, les congés hebdomadaires et annuels ...). Les licenciements arbitraires des ouvriers et collectifs et les fermetures illégales des établissements de production continuent et l'exercice des droits et des libertés syndicales est incriminé et particulièrement dans le secteur privé».
Le constat de l'association est similaire dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Le rapport souligne par ailleurs les violations liées aux droits de la femme, de l'enfant, des personnes handicapées ou encore des migrants et demandeurs d'asile.

«Essence despotique» de la constitution
Sur le plan législatif, l'AMDH estime d'une part que la nouvelle constitution, de par ses dispositions floues et contradictoires, ne garantit pas la primauté du droit international, ni l'égalité homme-femme ni une réelle séparation des pouvoirs. «Son essence despotique est préservé et reste loin des composantes d'une constitution démocratique», note le rapport.
D'autre part, l'association estime que les quelques nouveautés apportées par la constitution n'ont toujours pas été mises en œuvre, notamment en ce qui concerne la reconnaissance constitutionnelle de l'amazigh.
En conclusion, l'AMDH indique que «les violations relevées dans ce rapport sont suffisantes pour juger l'orientation générale caractérisant la politique publique en la matière et reflètent qu'en dépit de ses engagements nationaux et internationaux, l'État manque de volonté politique effective pour le respect des droits et des libertés».


dimanche 21 juillet 2013

Pratiques racistes contre les amazighes en Afrique du nord

Communiqué de l’Assemblée Mondiale Amazighe
 sur les pratiques racistes contre les amazighes en Afrique du nord

Après avoir constaté la marginalisation des amazighs au sein du « comité des soixante » chargé de la conception du projet de la future constitution libyenne, ainsi que l’exclusion des amazighs et le refus de constitutionnaliser l’amazighe en Tunisie, et après  un gel de l’officialisation de l’amazighe qui a duré deux ans et le refus du gouvernement et du parlement marocains de sa mise en œuvre, en plus d’un ensemble de faits qui constituent un recul quant au processus démocratique au Maroc et dans les pays d’Afrique du nord, nous déclarons à l’opinion publique amazighe et international ce qui suit :
·        Notre soutien absolu et notre solidarité inconditionnelle avec les amazighs de Libye suite à leur décision de retirer leurs représentants du Congrès national libyen et de déclarer  qu’ils ne sont pas concernés par le « comité des soixante » qui se chargera de la conception de la future constitution libyenne. En outre, ils ont dénoncé toutes les parties libyenne qui violent les principes de démocratie, les chartes internationales des droits de l’homme et les principes de la révolution du 17 février ; lesquelles parties œuvrent pour la réinstauration de la politique raciste arabiste que le dictateur Kadhafi  menait contre les amazighs. Et nous appelons tous les amazighs du monde à se positionner au côté des amazighs de Libye dans leur nouvelle contestation pour revendiquer leur droits justes et légitimes ;
·        Nous dénonçons l’ignorance de l’amazighité en Tunisie ainsi que son exclusion du projet de la future constitution tunisienne  et nous estimons que la non reconnaissance de la diversité linguistique et culturelle en Tunisie porte atteinte aux principes et valeurs qui sont à la base de la révolution tunisienne, entrave l’édification d’un Etat démocratique stable et viole le principe d’égalité entre citoyens qui figure dans le projet de la future constitution tunisienne. En fait, la négation des citoyens amazighs en Tunisie fait de cette dernière un Etat qui consacre la discrimination raciale contre les amazighs ;
·        Nous appelons les amazighs de l’Azawad à boycotter les élections que le Mali organise sur leurs territoires et nous leur  réaffirmons notre soutien jusqu’à l’obtention de toutes leurs revendications légitimes. Outre nous considérons qu’imposer une solution politique grâce aux armes françaises au profit de l’Etat du Mali ne peut mener aucunement à la stabilité de la région. Nous pensons que la solution est inhérente à la satisfaction immédiate de toutes les revendications légitimes des amazighs de l’Azawad, conformément aux chartes internationales des droits de l’homme ;
·        Nous dénonçons le racisme du gouvernement algérien, sa poursuite de la violation des chartes internationales des droits de l’homme et son ignorance des recommandations des organisations des Nations Unies relatives qui rendent justice aux amazighes. Nous nous élevons contre le régime militaire algérien qui continue à réprimer les amazighs, en refusant l’officialisation de la langue amazighe dans la constitution algérienne, en interdisant les prénoms amazighes et en refusant d’intégrer l’amazighe dans les différents domaines de la vie publique. Nous dénonçons également le favoritisme de l’Etat algérien de certaines communautés arabes contre les amazighs du Mzab, particulièrement dans la ville de Ghardaïa qui est le théâtre de plusieurs attaques racistes contres les amazighs depuis des années ;
·        Nous considérons le report continu et l’absence d’initiative en matière de mise en œuvre du caractère officiel de l’amazighe au Maroc, durant une année et demi de la vie du gouvernement et du parlement actuels marocains, comme action voulue par le gouvernement et le parlement et nous imputons la responsabilité entière, dans ce domaine, aux partis politiques qui composent le gouvernement. En outre, nous affirmons que l’interdiction de parler en amazighe au parlement marocain durant une année et l’absence de traduction, constituent une discrimination raciale avalisée par tous les groupes parlementaires. Et nous saluons tou(te)s les député(e)s marocains qui ont dénoncé cette décision raciste et ont agi, de plusieurs manières, pour la mise en œuvre de l’officialisation de l’amazighe au Maroc;
·        Nous imputons la responsabilité de la continuation de la spoliation des terres des tribus amazighes au Maroc au gouvernement et au parlement marocains qui sont habilité à modifier les lois qui sous tendent la spoliation et qui remontent à la période coloniale ;
·        Nous dénonçons l’assassinat d’un jeune marocain dans la forêt d’Ajdir à Khénifra par balles, tirées par des gardes forestiers et nous demandons au Ministre de la justice d’ouvrir rapidement une enquête et punir les responsables. Nous demandons aussi le limogeage du Haut Délégué des Eaux  et Forêts.
·        Nous demandons à tous les amazighs libres du monde ainsi qu’à leurs organisations autonomes et diverses de se mobiliser pour contrecarrer les complots qui se trament contre les amazighs en Tamazgha (Afrique du nord), en ce moment historique décisif que traverse la région.

lundi 6 mai 2013

Ahmed Assid : « Je suis un militant des droits humains qui veut changer les choses ».




Assid :La seule ambition qui anime mes démarches.. Briser les Propos recueillis par Abdelkader El-Ainetabous






Lareleve.ma,4/5/2013

C’est sans doute le Marocain le plus en vue actuellement. Dans les médias, les réseaux sociaux, Ahmed Assid occupe une place de choix. Ses détracteurs sont même allés jusqu’à appeler à son assassinat.

Ahmed Assid porte plusieurs casquettes. Il est professeur de philosophie, écrivain, militant amazigh,  poète… Pour l’autoportrait voilà comment il se définit : « Je suis un militant des droits humains qui veut changer les choses ».

 À la question de savoir si ses multiples occupations lui laissent le temps d’avoir une vie privée, M. Assid répond : «Ma vie personnelle est malheureusement très perturbée par mes programmes trop chargés et mon rythme de travail effréné. J’ai peu de temps à me consacrer à moi-même et à mes proches».

Infatigable comme un chameau, Ahmed Assid est toujours au four et au moulin. Il écrit beaucoup, participe à des débats partout au Maroc, anime une émission radiophonique et effectue des recherches sur la culture amazighe.

Sa forte présence dans les médias ces deux dernières années, il la doit à ses positions jugées «peu orthodoxes».

«Si je suis très présent un peu partout, sachez que je n’en avais pas l’intention ni la prétention. Le fait est que, depuis maintenant deux ans, une certaine tension a pris place un peu partout et a tendance à augmenter, surtout quand j’ai commencé à toucher des points sensibles, à secouer des tabous politiques, culturels et sociaux.  Normal que des esprits rétrogrades s’élèvent contre mes pensées», nous déclare-t-il.

Sans le cacher, Ahmed Assid assume le sobriquet qui lui colle à la peau : «Briseur de tabous». Il le dit d’ailleurs sans contour ni ambages : «Il n’existe pas un tabou au Maroc que je n’ai pas traité, auquel je ne me suis pas attaqué. C’est la seule ambition qui anime mes démarches». Ce qui l’anime surtout, c’est de soulever le débat sur des sujets peu abordés par les différentes composantes de la société.

Bien que dressant souvent, dans ses articles et ses interventions, un tableau noir de la situation socioéconomique du pays, M. Assid reconnaît néanmoins que des acquis ont été obtenus. «Mais, insiste-t-il, il faut d’abord préserver ces acquis si minimes soient-ils et lutter pour en arracher d’autres.»

De l’espoir

Quant à ses sentiments par rapport à la fatwa le visant et appelant à sa mort, il dit : «De la déception évidemment. Beaucoup d’amertume aussi. On veut combattre la pensée par l’épée. C’est une pratique d’une autre ère». Et quand on lui demande quels sont ses ennemis, il répond doctement qu’il n’en a pas. Il préfère plutôt parler d’adversaires. Ceux qui confrontent les idées, les pensées, acceptent le droit à la différence. «Quant à ceux qui se sont positionnés dans un cadre autre que celui de la confrontation des idées, je crois qu’ils sont largement dépassés», assène-t-il.

Ahmed Assid, s’il est dépité à cause des menaces et commentaires acerbes le dénigrant, ne cache pas pour autant  son bonheur quant à l’élan de solidarité manifesté à son égard. «C’est réconfortant de savoir que les idées que je défends sont partagées par de nombreux intellectuels, des hommes d’affaires, etc.», avoue-t-il sans fausse modestie.

Quant au grand malentendu, cause de tous ses heurts et malheurs, à savoir la déformation de ses propos et leur mauvaise interprétation, M. Assid dit qu’il a toujours été clair. Et d’ajouter : «Je ne cherche pas la provocation».

Sa conception de la liberté? «Je considère que la liberté est limitée uniquement par celle de l’Autre et non pas par les traditions de J’maâ ou quelque groupe traditionnel religieux que ce soit. Certes la majorité des Marocains sont religieux ; mais même au sein de cette majorité, il y a des différences qu’il faut respecter. La liberté est celle qui permet à ces différences de s’exprimer.»

Si Ahmed Assid ne ménage pas le gouvernement actuel, c’est qu’il considère que les promesses électorales n’ont pas été tenues.

Et pour terminer sur une note positive, Ahmed Assid dit ne pas désespérer «en dépit de la lenteur des réformes entreprises».

«L’important, selon lui, c’est qu’on a l’espoir.» Mais n’est-ce pas Malraux qui écrivit dans un livre éponyme : «Il faut vivre avec l’Espoir» ?

 http://www.lareleve.ma/news5580.html

jeudi 7 février 2013

Culture et racines. Le Maroc, du bendir et de Tinghir ...


 
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Benkirane
Lundi dernier, M. Abdelilah Benkirane se gaussait de plus de la moitié de la population marocaine en comparant les Amazighs à des «joueurs de bendirs», adeptes de la frugalité et de la danse… 

Mardi dernier, 200 «islamistes» et autres adhérents du PJD protestaient publiquement devant le cinéma ROXY à Tanger contre la projection du documentaire réalisé par un jeune franco-marocain, intitulé de «Tinghir à Jérusalem». Kamal Hachkar, réalisateur de ce film qui retrace le parcours de Juifs berbères marocains émigrés en Israël, est d’origine amazighe.
Interrogé sur ses sentiments devant cette manifestation d’intolérance, M. Mustapha Khalfi, ministre de la Communication, membre dirigeant du PJD et du MUR, a excipé de son devoir de réserve pour éviter de condamner l’imbécilité de manifestants qui accusent une oeuvre cinématographique de philo-sionisme sans l’avoir vue !
Il y a une quinzaine de jours, un député de PJD piqua une crise au Parlement parce que sur un vol d’Egyptair une scène d’un film projeté durant le trajet comportait un baiser entre deux adultes consentants, de sexe opposé de surcroît ! Ce même député n’avait pas eu la même verve lorsque la regrettée Amina Filali s’était suicidée après avoir été forcée au mariage avec son violeur…
Ces quelques expressions de la culture politique dominante dans notre Maroc d’aujourd’hui, placé sous la férule d’un parti aussi conservateur que rétrograde, le Parti de la Justice et du Développement, ne sont pas sans inquiéter.
Dans plusieurs milieux, y compris dans les rangs du Parti du Progrès et du Socialisme, membre de la coalition gouvernementale, certains n’hésitent pas à soutenir que la formation de M. Benkirane n’est pas liberticide et que son arrivée à la tête du pouvoir exécutif n’a guère entraîné de recul des libertés et du climat de tolérance qui qualifiait notre pays jusque-là.

Identité et racines

Pourtant, en assimilant les Amazighs à des saltimbanques, le chef du gouvernement, remet en question plusieurs paramètres fondamentaux de la société marocaine, de l’Etat marocain, de l’Histoire du Maroc.
M. Abdelilah Benkirane ne saurait ignorer, lui qui est le premier chef de gouvernement à opérer sous l’égide de la Constitution adoptée par voie référendaire le 1er juillet 2011, que l’Amazighité a reçu droit de cité officiel, que son Préambule y proclame les apports berbères, arabes, africains, juifs et andalous à l’identité nationale, que la langue amazighe est désormais mise sur le même pied que la langue arabe et qu’une loi organique devra en concrétiser son utilisation officielle.
amazigh
M. le chef de gouvernement, qui affirme son attachement au Trône alaouite, ne saurait, de même, ignorer les liens profonds, familiaux mêmes, qui unissent la Famille Royale à l’identité amazighe, de même que sa culture politique l’empêche d’oublier que le Maroc compte un Institut Royal de la Culture Amazighe, IRCAM, qui n’a rien à voir avec un music hall ou un conservatoire de musique folklorique…
M.Mustapha Khalfi, qui a étudié aux Etats-Unis, pétri qu’il est de culture politique américaine et de ses principes, ne peut faire l’impasse, au nom de ses responsabilités officielles actuelles, sur une manifestation de crasse intolérance, dirigée, non contre l’Etat d’Israël, mais contre l’apport d’un jeune historien franco-marocain, qui, à partir de ses souvenirs d’enfance, des récits de son grand-père, a voulu montrer ce qu’étaient devenus certains de nos concitoyens et leurs descendants expatriés en Israël entre 1948 et 1967. Ne dit-on pas officiellement et depuis fort longtemps que ce pays compte aujourd’hui plus de 800 000 habitants d’origine marocaine. N’est-il pas vrai, de surcroît, que la citoyenneté et la nationalité marocaines sont inaliénables ? A-t-on jamais vu un Juif  marocain, quel que soit son lieu de résidence actuel, attaquer notre (son) pays natal ou exprimer autre chose qu’un immense attachement à ses racines, origines, coutumes et traditions marocaines? Que reste-t-il à écrire après de tels constats ?
Que vive le Maroc, du bendir et de Tinghir !



vendredi 1 février 2013

Amazigh de France, marche le samedi 16 février

Les Amazighs de France avec l’Azawad : Appel à manifester le samedi 16 février 2013 à 14h, à Paris

 

AMAZIGHWORD, jeudi 31 janvier 2013

Depuis la décolonisation du Mali, les citoyens de l’Azawad (nord-Mali) vivent dans la marginalisation et le dénuement. Leurs révoltes ont été souvent violemment réprimées et les « accords de paix » signés avec l’Etat malien n’ont jamais été suivis d’effet.
Las de subir les injustices en toute impunité, les habitants de l’Azawad ont créé le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) afin de prendre leur destin en main, conformément au droit international relatif au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Afin de contrecarrer l’objectif du MNLA, le gouvernement malien et certains Etats étrangers ont fortement favorisé l’entrée et le renforcement de groupes islamistes terroristes et narcotrafiquants dans cette région.
C’est ce qui a donné le motif officiel à l’intervention militaire française au Mali, avec l’objectif initial de « stopper l’avancée des islamistes » vers le sud, menaçant la capitale du Mali. Mais on constate que la France qui intervient opportunément au moment où Bamako est menacée est restée indifférente à l’occupation de l’Azawad par les intégristes et à leurs crimes. Cela montre le parti pris français qui a toujours soutenu l’Etat du Mali contre les peuples de l’Azawad et en particulier les Touaregs.
Par ailleurs, la France qui s’est rajoutée un nouvel objectif, celui de « reconquérir l’intégrité territoriale du Mali », ce qui supposerait qu’elle attaquerait le MNLA et le peuple de l’Azawad ? Par ailleurs, pourquoi la France ne condamne-t-elle pas les exactions commises par l’armée malienne et ne punit-elle pas leurs auteurs ?
Nous rappelons que le drame actuel des populations de l’Azawad et des Touaregs en particulier découle directement du découpage territorial arbitraire de cette ancienne colonie française. La responsabilité de la France est donc doublement engagée : dans la création d’un Etat artificiel sans le respect pour les peuples et dans l’opération Serval si celle-ci outrepasse le strict objectif de débarrasser l’Azawad des islamo terroristes et autres bandes de narcotrafiquants.
En conséquence, nous, Amazighs de France, déclarons notre solidarité avec les populations de l’Azawad et appelons tous les citoyens épris de justice et les défenseurs des peuples opprimés, à exprimer leur soutien à l’Azawad et au peuple Touareg en manifestant massivement le :
Samedi 16 février 2013 à 14h
de l’Assemblée Nationale (Place Edouard Herriot)
au Ministère des Affaires Etrangères (37, Quai d’Orsay), Paris-7ème
Toutes et tous,
- Pour le droit à la vie et à la liberté pour le peuple Touareg sur la terre de ses ancêtres
- Pour le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
- Contre l’impunité concernant tous les crimes commis contre les peuples de l’Azawad
- Contre la Françafrique
- 50 ans de marginalisation, de répression, de crimes, de révoltes et d’exil...ça suffit !

Signataires :
Congrès Mondial Amazigh - Organisation de la Diaspora Touarègue en Europe - Association Temoust - Tamaynut-France - Action Culturelle Amazighe Laique – Association Tiwizi59 - Association Corso-Berbère - Association culturelle Amazigh – Association Amazigh Marseille - Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK)- Association ADEKA-Paris -

 http://www.temoust.org/Les-Amazighs-de-France-avec-l.html#.UQqW9gz1JaQ.facebook

mardi 31 juillet 2012

Maroc : Campagne de répression contre les militants du Mouvement du 20 Février

 Par le Bureau Chilly-Mazarin du CAFCDM, 31/7/2012

 Le Collectif des Amazighs de France pour le Changement Démocratique au Maroc (CAFCDM) tient à dénoncer la réactivation de la campagne de répression du régime marocain dans laquelle plusieurs actes de violence physique et d’arrestations arbitraires se sont produits les 22 et 23 Juillet 2012 dans différentes villes du Maroc. Ces atteintes aux Droits Humains ont ciblé des militants du Mouvement du 20 février sans distinction aucune, de façon délibérée et dans l’aveuglement total. 

 Plutôt que d’engager un processus démocratique digne de ce nom et de prendre en considération les revendications du peuple marocain, le régime préfère réprimer de simples citoyens sortis dans la rue pour clamer haut et fort leur indignation et exiger la dignité.

 Le CAFCDM rappelle que la répression, la violence physique, les jugements injustes et disproportionnés, ne sauraient venir à bout d’un mouvement pacifique dont les revendications sont parfaitement légitimes et compréhensible et que l’Etat marocain peine à noyer par un calcul à court terme qui ne fait que rajouter à la violence. 
 
 L’Etat marocain se doit sérieusement d’écouter et prendre en compte les doléances légitimes portées par les manifestants pacifiques et ne jamais sous-estimer l’aspiration démocratique qui s’exprime au travers de ces rassemblements car le peuple SEUL est détenteur de l’autorité. Le Mouvement du 20 Février maintiendra ses actions tant que les injustices faites aux Marocains, sans distinction aucune, perdureront. 

 En tant qu’association qui entend prendre une part active au débat politique et social au Maroc, le CAFCDM dénonce la violence de l’Etat marocain, exige la libération de tous les prisonniers politiques sans distinction aucune, réaffirme son attachement aux revendications du Mouvement 20 février et appelle au respect de la liberté d’expression et d’opinion au Maroc. 

 Il en est du devoir de toute association de dénoncer tous les obstacles à une véritable démocratisation. Il y va de la citoyenneté active, pleine et entière au Maroc. 

 URL courte: http://www.demainonline.com/?p=19982

mardi 3 juillet 2012

Un beau recueil de Mohamed Hifad, poète et témoin, en préparation

A l'occasion des trois bougies du site mogador7 au mois d’août 2012, j’ai décidé de publier ce modeste recueil de poèmes en langue amazighe et française. Je l’ai intitulé :

      « Le souffle des alizés sur mogador7 » 

livre.bmp Un choix et une classification des poèmes sont opérés. Ceux qui sont jugés trop forts ou polémiques ainsi que les photos et les vidéos seront laissés sur le site et chacun sait pour quelle raison. Ils peuvent être repris ultérieurement lors d'une éventuelle réédition en des jours meilleurs. 

 C'est le fruit d'une interaction, pendant trois ans, avec les internautes et l'actualité nationale et internationale entre août 2009 et août 2012. 

Je n'ai pas eu l'idée d'écrire ces poèmes en vue d’une publication. C’est un manuscrit ou plutôt un « numéscrit » que j’ai écrit, pris dans l'action, pour réagir, pour agir , pour répondre à quelqu'un, pour partager un instant de bonheur ou de malheur tels qu'ils viennent au jour le jour. 

Et c'est justement ce qui rend crédible et riche en enseignements ce témoignage spontané, sans artifices et qui colle à la réalité du moment. Un heureux hasard a voulu qu’il contienne les échos à chaud des grands évènements de 2011, de toutes les révoltes et révolutions des Peuples en Afrique du Nord et au Proche Orient . 

 Il contient aussi mes positions de modeste intellectuel amazigh en ce qui concerne la situation du Maroc en général et l'amazighité en particulier durant ces trois années très houleuses et nous sommes encore en pleine zone de perturbations dans tout le pays. C'est une expérience d'écriture nouvelle pour moi et où la réaction des lecteurs ne vient pas après l'écriture du texte par un seul acteur dans l'isolement . 

La tour d'ivoire se transforme en tableau de bord d'un avion de surveillance qui survole la rue et le monde dans le tumulte des évènements.
  Il s'agit d'une co-écriture, d'une co-création entre l'auteur et le lecteur, tous les lecteurs et pas seulement ceux de l'élite mais du lecteur tout le monde qui ne lit ni entre les lignes ni derrière l’image, l’évènement ou l'information. Il faut l'écouter , prendre sa patience à deux mains et garder son sang froid. Mon métier m'a aidé à bien vivre cette expérience et avec un grand plaisir! 

 Mohammed Hifad 
originaire de Haha, Province de Mogador/Essaouira, administrateur Du site "mogador7", ancien professeur de français au CFI d’Essaouira, retraité volontaire depuis fin 2005 et auteur d’un récit, "Amina ou la force de la symétrie", La Pensée Universelle, Paris, avril 1989.

 http://www.mediafire.com/view/?3iix9o7888c7pxo

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Quelques poèmes ont déjà été publiés sur ce blog. Dès la parution du recueil nous en donnerons la manière de se le procurer (ndlr)