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dimanche 15 mai 2016

La peine de mort, en parler en milieu scolaire

21 avril 2016
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Journée de formation avec ECPM  et l'ACAT

Vous aimez la pédagogie, transmettre et parler à des jeunes ?
Vous pensez que la peine de mort doit appartenir au passé ?
Vous voulez acquérir des outils pour parler de la peine de mort en milieu scolaire ?
Cette journée de formation est faite pour vous !
Plus que quelques places
pour vous inscrire !!!
photo

En 1848, Victor Hugo clamait : Je vote l'abolition pure, simple et définitive de la peine de mort.
En 1981, la France votait l'abolition de la peine de mort.

Entre 1848 et 1981...que d'éducation ! de sensibilisation ! de pédagogie !

Alors, comment intervenir en milieu scolaire ?



Objectifs:
  • Construire un partenariat avec un enseignant, un établissement scolaire.
  • S'initier à la pédagogie d'intervention sur le thème de la peine de mort,
  • Favoriser la participation active des élèves,
  • Se positionner en présence d'un témoin de l'abolition de la peine de mort.

Pré-requis :
  • Discerner les raisons que vous avez d'être contre la peine de mort,
  • Avoir des connaissances de base sur la situation internationale de la peine de mort,
  • Avoir une expérience ou un intérêt pour la pédagogie.
Samedi
21
mai

 
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> Au programme...


09h00     Accueil
09h15     Introduction de la journée :
              Présentation des intervenants ECPM et ACAT - Rappels des objectifs
10h00     Construire un partenariat réussi avec un enseignant
10h45     Pause
11h00     S'approprier la pédagogie des interventions scolaires
12h30     Pause déjeuner
14h00     Ateliers d'approfondissement
16h30     Bilan
17h00     Fin de la journée

La journée thématique aura lieu au siège de l'ACAT - 7 rue Georges Lardennois - Paris 19e
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samedi 16 janvier 2016

Maroc : Me. Jamaï demande la libération des condamnés à mort qui attendent depuis 20 ans


Les partisans de l’abolition de la peine de mort au Maroc pourraient utiliser le droit de prescription pour demander la libération de dizaines de détenus qui attendent, dans les couloirs de la mort, depuis plus 20 ans leur exécution. C’est l’idée que vient de proposer Me. Abderrahim Jamaï.
Le célèbre avocat Abderrahim Jamaï relance le débat sur la peine de mort au Maroc. Dans une tribune publiée sur le net, il a une nouvelle fois abordé la question. Mais cette fois, il ne demande pas au gouvernement d’abolir la peine capitale au Maroc, mais fait une proposition plutôt inattendue. Me. Jamaï appelle à la libération de certains condamnés à mort.
Sa demande, explique-t-il, s’appuie sur les articles 648 et 469 de la procédure pénale. Ces textes accordent en effet un délai de vingt-ans à la société, selon le calendrier grégorien, pour l’exécution des verdicts prononcés contre les personnes condamnées pour des crimes graves. Mais cette prescription ne profite pas aux détenus attendant avec angoisse dans les couloirs de la mort depuis plus de 20 ans que leur sentence soit exécutée, déplore l’avocat et acteur associatif.
 « Libérer les séquestrés »
Me. Jamaï parle de « scandales » et d’une « tuerie procédurale » qui s’effectuent sous le regard complice de la société. Ses griefs s'adressent essentiellement aux responsables de l’application des peines qui « ne bougent pas le petit doigt », « observent le silence face une détention arbitraire de détenus » et « ne suspendent pas ces détentions même si le délai accordé à l’État d’appliquer la peine de mort est tombé en désuétude pour cause de prescription ».
M. Jamaï exhorte, également, le ministre de la Justice à « assumer ses responsabilités juridique et politique ». Le même appel a été lancé à la société civile et aux avocats pour qu’ils se mobilisent pour défendre les droits des condamnés à mort qui ont dépassé les 20 ans de prison.
Me Jamaï souhaite mener ce combat qu’il estime légitime pour réparer une injustice et se demande si nous étions « dans un Etat de droit ou au Maroc de l’anarchie ? ». L’avocat a, par ailleurs, mis en garde contre toute initiative personnelle de commuer la peine de mort de certains prisonniers en perpétuité. Me. Jamaï assure que des « dizaines » de détenus peuvent bénéficier de la prescription et retrouver la liberté à condition que les autorités veuillent bien appliquer la loi.
Même si la peine de mort continue à être prononcée dans les tribunaux marocains, la dernière exécution au royaume remonte à 1993. Ils sont actuellement plus de 120 personnes à attendre dans les couloirs de la mort.

Copyright Yabiladi.com

jeudi 22 octobre 2015

Arabie saoudite : le jeune Ali bientôt exécuté ?


Ali Mohammed Baqir al-Nimr, condamné à mort en Arabie Saoudite © privé
Ali Mohammed Baqir al-Nimr © privé
[19/10/2015]
Risquant la décapitation et la crucifixion, Ali Mohammed Baqir al Nimr vient d’être conduit en détention à l’isolement. 
Ali al Nimr a été arrêté en février 2012, alors qu'il avait 17 ans, puis placé dans un centre de réinsertion pour mineurs, avant d'être incarcéré dans une prison pour adultes. Il a été condamné à mort en mai 2014 par le Tribunal pénal spécial de Djedda, un tribunal jugeant des affaires ayant trait à la sécurité et au terrorisme, pour 12 infractions - parmi lesquelles participation à des manifestations antigouvernementales, agressions contre les forces de sécurité, détention d’une mitraillette et vol à main armée.
Ali al Nimr a déclaré que ses « aveux » lui avaient été arrachés sous la torture, mais le tribunal a refusé de mener une enquête sur ses allégations.

INTERPELLEZ LE ROI D'ARABIE SAOUDITE SUR TWITTER

Interpellez le roi d'Arabie saouditeInterpellez le roi d'Arabie saoudite
Pas de compte Twitter ? Suivez nos instructions pour interpeller les autorités d'Arabie saoudite par courrier. 

2 AUTRES JEUNES MILITANTS DANS LE COULOIR DE LA MORT

Aux côtés d’Ali Mohammed Baqir al Nimr, deux autres jeunes militants chiites - Dawood Hussein al Marhoon et Abdullah Hasan al Zaher – ont été conduits à l'isolement à la prison d’al Hair à Riyadh le 5 octobre.
Comme Ali, Abdullah al Zaher et Dawood al Marhoon ont été arrêtés le 3 mars et le 22 mai 2012, alors qu’ils avaient respectivement 16 et 17 ans. En octobre 2014, ils ont été condamnés à mort par le Tribunal pénal spécial de Riyadh pour des motifs similaires, puisqu’ils avaient notamment été reconnus coupables d’avoir participé à des défilés antigouvernementaux, commis un vol à main armée et « pris part à l’homicide de policiers en fabriquant et utilisant des cocktails Molotov pour les attaquer ». Eux aussi affirment qu’on les a torturés et forcés à « avouer ».

UNE MOBILISATION MONDIALE

Le sort réservé à Ali al Nimr, qui pourrait être crucifié après sa décapitation, a provoqué un tollé mondial. L’information sur son sort a été relayé par les médias pro-gouvernementaux. Mercredi 14 octobre, sa mère a exhorté Barack Obama, le président des États-Unis, à intervenir pour sauver son fils.
La Convention relative aux droits de l'enfant, que l’Arabie saoudite est tenue de respecter, indique clairement que la peine de mort ne peut être prononcée pour des infractions commises par des personnes mineures.  
La peine de mort est un châtiment cruel, inhumain et dégradant et il n’existe aucune preuve qu’elle ait un effet dissuasif sur la criminalité. Son utilisation dans le but de punir une personne qui était mineure au moment des faits qu’on lui reproche est une violation flagrante du droit international.

LIRE/TÉLÉCHARGER LE RAPPORT

Condamnations à mort et exécutions en 2014Index AI : ACT 50/001/2015
Date de publication : 1er avril 2015

mardi 28 avril 2015

Maroc : 114 personnes attendent dans les couloirs de la mort, dont trois femmes

Bladi net, 27/4/2015
Maroc : 114 personnes attendent dans les couloirs de la mort, dont trois femmes

Un total de 114 personnes, dont trois femmes, se trouvent actuellement dans les couloirs de la mort au Maroc, même si depuis 1993, aucune sentence n’a été exécutée dans le pays, a dénoncé l’organisation Amnesty International (AI), qui s’est basée sur des chiffres de 2014.

D’après l’organisation des droits de l’Homme, ce chiffre pourrait augmenter à 120 cette année si l’on compte les sentences prononcées depuis janvier dernier.
Lors d’une conférence de presse sur la peine capitale au Maroc, le directeur d’Amnesty au Maroc, Mohamed Sektaoui, a déploré l’augmentation des condamnations à mort dans le pays : une seule en 2007, 13 en 2009 et 9 en 2014. Même s’il n’a exécuté aucune sentence depuis 1993 (fameux commissaire Tabet), le royaume maintient une épée de Damoclès en n’abolissant pas cette loi, ni en déclarant un moratoire.
Le représentant d’AI a critiqué les forces conservatrices et opposées à l’abolition de cette peine, une allusion à peine voilée au parti islamiste du PJD, actuellement à la tête du gouvernement.
Dans le nouveau code pénal présenté en début du mois par le ministre de la Justice (PJD), Mustapha Ramid, seules les peines en rapport avec le terrorisme ou des crimes contre les enfants peuvent être passibles de la peine de mort.
La dernière peine capitale prononcée dans le pays concerne un homme condamné le 14 avril dernier par le tribunal de première instance d’El jadida pour le viol et le meurtre de sa nièce de deux ans.
- Par: Bladi.net

vendredi 17 avril 2015

Le code pénal qui veut asservir encore plus les Marocains

Par Omar Brouksy, 17/4/2015

M6            Un projet de réforme du code pénal marocain suscite depuis quelques semaines de vives controverses. Les modifications qu’il apporte concernent des aspects aussi variés que sensibles touchant à la vie politique et sociale d’un pays où l’islam est religion d’Etat, et où la monarchie dispose de très larges pouvoirs.
Sur le plan politique, les dispositions juridiques les plus controversées sont enveloppées dans des formules ambiguës, aux contours à la fois larges et flous. L’article 206 est l’un des plus emblématiques : « Est considéré comme portant atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, et puni d’un an à dix ans de prison, quiconque ayant perçu (…) d’une personne ou d’un groupe étrangers, des dons, prêts ou autres services en vue d’une activité ou une propagande susceptibles (…) d’ébranler l’allégeance des citoyens à l’Etat et aux institutions du peuple marocain. »
C’est la première fois que « l’allégeance », un terme ayant une dimension à la fois politique et religieuse au Maroc, est utilisée pour réglementer des questions proprement juridiques. Ce mélange des genres peut véhiculer de grandes ambiguïtés, selon les détracteurs du projet. Que signifie par exemple la formule « ébranler l’allégeance des citoyens à l’Etat et aux institutions » ? En l’absence d’une réponse rationnelle, c’est une justice connue pour son manque d’indépendance qui sera appelée, en vertu de ce nouveau texte, à « juger » si telle personne ou telle association a« ébranlé » (ou non) l’allégeance des citoyens à l’Etat et à ses institutions…
Autre disposition controversée : l’article 219. Il prévoit une peine d’un an à cinq ans pour « celui qui aura injurié ou moqué les religions, Dieu et les prophètes (…) lors de meetings, de rassemblements ou par le biais d’écrits, dessins, caricatures, chants, comédie ou mimes. » Si le terme « injure », utilisé par le texte juridique, a au moins le mérite de la clarté, la moquerie, elle, relève plutôt de la liberté d’expression. Sa répression peut donc générer des abus au cours des procès liés aux délits d’opinion.

Articles « intouchables »

Sur le plan social, la présence de la religion dans la vie quotidienne est, on le sait, un aspect caractéristique des sociétés arabo-musulmanes. La norme religieuse y régente les rapports sociaux, s’insinue dans la loi et détermine dans une large mesure les comportements sociaux. A commencer par la question de la « liberté de croyance ». Les Marocains étant TOUS supposés de bons Musulmans, « ébranler » leur foi en vue de les convertir à une autre religion est puni de six mois à deux ans de prison. Sur ce plan-là, des changements très attendus, visant à limiter les ambiguïtés du texte, auraient pu être apportés par le nouveau projet de code pénal.
Idem pour le fameux article 222 sur la rupture publique du jeûne pendant le mois de ramadan. Il prévoit, faut-il le rappeler, une peine d’un mois à un an contre quiconque, « connu pour être de confession musulmane », rompt publiquement le jeûne pendant le mois sacré. Là aussi les questions fusent : que signifie la formule « connu pour être de confession musulmane » ? Connu par qui ? Qui est habilité à « certifier » qu’untel est musulman ? La justice ? La famille ? Les proches ? Au Maroc, si la loi interdit la vente de boissons alcoolisées aux musulmans, c’est « l’hypocrisie sociale » qui l’emporte toujours compte tenu des enjeux financiers que la commercialisation de ces boissons véhicule, les Marocains étant de gros consommateurs de vins et de bières.
Il n’en demeure pas moins que pendant les fêtes religieuses et au cours de tout le mois de ramadan, cette loi s’applique de manière stricte. Mais là aussi, l’hypocrisie sociale n’est pas bien loin : dans les restaurants, le « serveur » ou le patron de l’établissement déterminent, selon le faciès, qui est « Marocain musulman » et s’il sera donc servi ou non.

Légalisation des « crimes d’honneur »

L’un des articles les plus controversés de ce nouveau projet reste sans doute le 418. Il indique que des circonstances atténuantes doivent être prévues pour les crimes commis par l’un des époux lorsqu’il surprend son conjoint en flagrant crime d’adultère. Pour la plupart des observateurs, cette « nouveauté » apportée par le projet de code pénal est, tout simplement, une régression qui légalise les « crimes d’honneur ».
Du reste, l’essentiel de la réglementation relative aux libertés individuelles a été maintenu, ce qui peut être considéré comme une déception : les relations sexuelles en dehors du mariage sont toujours punies d’un mois à trois mois de prison, l’homosexualité de six mois à trois ans, etc. Autre déception, le maintien de la peine de mort. Alors que la Constitution révisée en 2011, dans le sillage des printemps arabes, reconnaît explicitement « le droit à la vie », l’adaptation de la loi marocaine à cette réforme de la charte fondamentale n’est visiblement pas à l’ordre du jour.
En libre consultation sur le site Internet du ministère de la justice marocain, ce projet de loi fait l’objet de débats passionnés dans les réseaux sociaux, entre laïcs et islamistes notamment. Mais il brille par son absence dans les médias publics, contrôlés par l’Etat et dont les directeurs sont nommés par le… commandeur des croyants.

Omar Brouksy est journaliste indépendant et universitaire, auteur de « Mohammed VI derrière les masques. Le fils de notre ami », Ed Nouveau Monde, Paris, 2014.
Source : Le Monde
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samedi 21 décembre 2013

Le Maroc sera-t-il le premier pays arabe à abolir la peine de mort ?

Par Jaouad Mdidech. La Vie éco, 16/12/2013

Le débat sur l'abolition ou non de la peine de mort s'anime : une proposition de loi est soumise au Parlement par un réseau de parlementaires réclamant l'abolition. Une autre proposition de loi émane du PJD, elle est contre l'abolition mais pour la réduction des chefs d'inculpation entraînant la peine capitale.
peine mort Maroc

Deux condamnations à la peine capitale ont été prononcées par les tribunaux du Royaume en l’espace d’un mois. La première, à Agadir, le 24 octobre 2013, contre le violeur et le tueur de Fattouma G., une fillette de moins de trois ans, ignoble crime commis à Taroudant le mois de mai de la même année par un trentenaire, divorcé et père d’une fille ; la deuxième, à Casablanca, le 27 novembre dernier, contre le violeur et l’assassin de Meryem, une fillette de 8 ans, dont le corps a été découvert découpé à Mohammédia en 2012. Les deux crimes étaient monstrueux : enlèvement, viol d’enfants, meurtre prémédité. Les condamnations à mort ont été accueillies avec satisfaction par les familles et une grande partie de l’opinion publique, horrifiée par ces actes crapuleux et qui craint pour ses enfants. Les tenants de la peine de mort se frottent les mains, pour eux justice a été rendue. 

Mais il y a un autre camp, celui de l’abolition de cette peine, à l’instar de «la Coalition contre la peine de mort au Maroc» (regroupant quelque 11 ONG) qui, tout en dénonçant avec fermeté «les crimes crapuleux perpétrés contre les deux enfants», affiche son inquiétude de voir les tribunaux marocains continuer à prononcer cette sentence.

Ces deux nouveaux condamnés à la peine capitale rejoignent 111 autres qui croupissent dans les couloirs de la mort. Ils attendraient comme eux leur exécution, qui peut intervenir en toute légalité à n’importe quel jour, à n’importe heure. Même si le Maroc n’a plus exécuté de condamné depuis 1993, il garde encore dans sa législation cette peine: pas moins de 361 chefs d’inculpation dans l’arsenal pénal marocain peuvent envoyer devant le peloton d’exécution . Le Maroc refuse même de signer, et ce, depuis 2007, le moratoire de l’ONU, objet d’un vote chaque année, relatif à la non-exécution de la peine capitale, même si dans la pratique il n’exécute plus. Et, non exécuté, un condamné à mort vit toujours avec angoisse l’attente de la mort qu’il est souvent tenté de la précipiter lui-même dans la solitude de son cachot.

Plusieurs questions restent posées : pourquoi le Maroc refuse de signer les moratoires de l’ONU alors qu’il n’y a plus d’exécution depuis plus de 20 ans ? Qu’attend le Maroc pour abolir de sa législation la peine capitale, du moment qu’il adhère à la philosophie des droits de l’Homme dans son acception universelle, et qu’il a adopté une Constitution (celle de 2011) déclarant dans son article 20 que «le droit à la vie est un droit premier de tout être humain» ?

Il faut dire qu’abolir ou non la peine de mort n’est pas le sujet majeur qui préoccupe les Marocains, comme par exemple les questions de la santé, l’enseignement ou l’amélioration des conditions de vie. Mais le débat n’en est pas moins présent ces derniers temps.

Il y a d’abord ce large réseau d’ONG qui réclame l’abolition de la peine capitale des lois marocaines, et qui s’appuie sur la philosophie universelle des droits de l’Homme, réseau soutenu par le réseau mondial «pour l’abolition de la peine de mort», et par l’Union Européenne.

Cette philosophie a été résumée le 10 octobre dernier, date marquant le 11e anniversaire de la Journée mondiale contre la peine de mort, par un trio d’humanistes célèbres, dont Robert Badinter, le père de l’abolition de cette peine par la France en 1981: «Les États doivent condamner les meurtriers et prévenir la criminalité, mais ils ne doivent en aucune manière reproduire leurs actes. Il n’est pas envisageable de construire une société moderne et juste sur l’idéologie de la mort, ou de croire rendre justice en ayant recours à la loi du talion».

Sept groupes parlementaires des huit sont d’accord pour l’abolition de la peine de mort 

Ensuite, l’appel à l’abolition n’est plus le domaine exclusif de la société civile, un réseau de parlementaires contre la peine de mort au Maroc est né en février 2013. Il mobilise tous ses efforts pour rallier à cette cause le maximum de députés, de l’opposition comme de la majorité, car «c’est un combat qui transcende les clivages politiques», nuance Mohamed Ameur, député USFP et membre du bureau de ce réseau de parlementaires. Dernier acte de son travail: lundi 25 novembre 2013, fort de ses 210 parlementaires (des deux chambres), il dépose une proposition de loi, laquelle va être incessamment discutée par la commission de la justice, de la législation et des droits de l’homme à la Chambre des représentants avant d’être soumise en séance plénière. La pression ne fléchit pas : les 11 et 12 décembre, une grande conférence internationale sur l’abolition de la peine de mort s’est tenue à Rabat, organisée par ce même réseau de parlementaires marocains, sous le thème «La loi pénale et la peine de mort». «C’est une façon d’augmenter la pression et de rallier d’autres parlementaires à notre réseau, car abolir chez nous la peine de mort relève désormais du possible», indique Khadija Rouissi, vice-présidente de la Chambre des représentants et coordinatrice du réseau.

Les initiateurs de ce dernier sont en effet optimistes, pour eux «la proposition de loi pour l’abolition de la peine de mort sera votée en toute logique avant la fin de la législature. Ce qui nous encourage, c’est la tendance générale dans le monde. Plusieurs Etats ont vaincu toutes les résistances et ont réussi à le faire, pourquoi pas nous?», s’interroge M. Ameur. Encore faut-il rallier le plus grand nombre de députés à cette proposition, dont certains du PJD, pour pouvoir la voter. Déjà, le réseau abolitionniste a renforcé ses rangs par des parlementaires de la majorité, ceux du PPS et du Mouvement populaire. Force est de reconnaître que l’argumentaire de ces derniers tient la route, et les abolitionnistes appellent d’abord le Maroc à voter positivement au moratoire de l’ONU qui appelle à la non-exécution. «Il est accepté par le Maroc de facto, il faut qu’il le soit de jure», recommande notre interlocuteur.

Trois arguments sont déployés par ce camp des abolitionnistes pour étayer leur appel : il y a d’abord la recommandation de l’Instance équité et réconciliation qui a appelé l’Etat marocain à abolir la peine capitale dans son rapport final et qui a eu la faveur de S.M. Mohammed VI ; il y a ensuite l’article 20 de la Constitution de 2011 qui stipule que le droit à la vie «est un droit de tout être humain» ; et il y a enfin cette tendance mondiale en faveur de l’abolition «à laquelle le Maroc ne peut échapper», estiment les abolitionnistes. Leur argumentaire se réfère aussi à un autre registre : la peine de mort est un échec de la justice, elle est «inefficace face au crime, injuste, jamais à l’abri d’erreurs et cependant irréparable», ne cessent-ils de rappeler. Outre l’erreur judiciaire, la peine de mort est loin de dissuader d’autres criminels d’accomplir leurs actes.
Deux autres avantages pour les abolitionnistes : le soutien dont ils jouissent auprès des réseaux des parlementaires à travers le monde. Le 10 octobre dernier, un séminaire sur la peine de mort avait réuni à Paris, à l’Assemblée nationale française, les parlementaires de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, avec la participation de Khadija Rouissi, coordinatrice du réseau des parlementaires marocains. Ce dernier, avait déclaré Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, est «unique en son genre dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA)». De quoi galvaniser encore la position des abolitionnistes marocains, d’où  la deuxième corde. «Si le Maroc franchit ce cap, il sera le premier pays de la région Afrique du Nord et du Moyen-Orient à le faire, ce qui va conforter sa position diplomatique dans le monde et avoir la faveur des puissances européennes», se félicite M. Ameur.

Le PJD veut la réduction de 75% des chefs d’inculpation entraînant la peine de mort

Maintenant, que dit l’autre camp ? Pour la vérité, disons que la proposition de loi des abolitionnistes au Parlement marocain est venue, en fait, contrecarrer une autre, émanant cette fois-ci des parlementaires du PJD, parti qui a toujours été contre l’abolition de la peine de mort.

D’emblée, Mohamed Benabdessadek, député PJD qui suit de près ce dossier, nous déclare que son parti n’est ni pour l’abolition ni pour le maintien de la peine capitale telle qu’elle  dans la législation marocaine. «Nous défendons une position médiane, qui défend en même temps les intérêts de la victime et de sa famille et ceux du coupable. On ne peut prendre l’article 20 de la Constitution en l’isolant de l’article 21», clame t-il. Que dit cet article? Que tous les Marocains ont «droit à la sécurité de leur personne, de leurs proches et de leurs biens. Les pouvoirs publics assurent la sécurité des populations et du territoire national dans le respect des libertés et droits fondamentaux garantis à tous».

Si l’on comprend bien les propos de M. Benabdessadek, les abolitionnistes sont du côté de l’agresseur, les anti-abolitionnistes se placent du côté de la victime. La proposition de loi tire sa substance de la chariâ (loi islamique) : le Maroc a une identité musulmane, qui veut dire que la condamnation à mort pourra être évitée si les ayants droit de la victime le déclarent ouvertement. «Cela, avant nous, le protectorat l’avait compris quand il a édicté la peine de mort dans le premier code pénal marocain», rappelle le député PJD. Une chose est sûre, les parlementaires de ce parti savent que le camp de l’abolition se renforce à travers le monde, et qu’il faut introduire des changements dans la législation pénale marocaine. Pour eux, les chefs d’inculpation entraînant la peine de mort devront être d’abord réduites de 75% dans le code pénal: pas de peine de mort par exemple pour les délits politiques et d’opinion et la tentative de crime grave ; oui pour la peine de mort pour les crimes de sang avec préméditation.

Sur un plan plus procédural, la proposition de loi du PJD prévoit que la peine de mort ne sera possible que s’il y a unanimité parmi les magistrats qui jugent l’affaire, au lieu de la majorité (3 sur 5) actuellement. Une autre circonstance atténuante, pour contrer l’un des arguments des abolitionnistes: «L’exécution n’aura lieu que dix ans après le jugement, pour s’assurer qu’il n’y a pas d’erreur judiciaire», tient à préciser M. Abdessadek.
Vieille querelle qui date de la nuit des temps que celle qui oppose les abolitionnistes à ceux qui sont pour le maintien de la peine de mort, sauf qu’en cette deuxième décennie du XXIe siècle, 140 pays l’ont abolie de droit, 58 seulement la maintiennent. Le Maroc sera-t-il le premier pays arabe à le faire ?

150 Etats condamnaient à mort en 1981, 58 en 2012

Le corpus pénal marocain est bien copieux. Il comprend pas moins de 361 chefs d’inculpation pouvant envoyer devant le peloton d’exécution : 283 sont prévus par le Code pénal adopté en 1962 (avec 28 articles), 66 par le Code de justice militaire de 1956 (17 articles), et 12 par la loi anti-terroriste de 2003 (quatre articles). En ce mois décembre, 113 condamnés à mort attendent leur exécution, avec toutes les conséquences psychologiques que cela entraîne. En septembre 2013, ont été dévoilés les résultats d’une enquête réalisée par l’OMDH et la coalition marocaine contre la peine de mort sur 25 condamnés à mort au Maroc. 67% souffrent de troubles psychologiques chroniques, l’attente de l’exécution en est la principale cause. 35% ont tenté de se suicider, 15% pensent qu’à tout moment l’Etat peut reprendre les exécutions. En 2012, le Maroc compte parmi les 58 Etats qui continuent de condamner à mort, 21 sont passés à l’acte la même année, le Maroc ne l’a pas fait depuis 1993. C’est dire que de plus en plus d’Etats dans le monde s’acheminent vers l’abolition de droit de la peine capitale. Par exemple en 1981, au moment où la France l’a fait, 150 Etats condamnaient à mort, certains exécutaient. Ils ne sont plus que 58 Etats à le faire. Ces cinq dernières années, ce sont l’Ouzbékistan, l’Argentine, le Burundi, le Togo, le Gabon et la Lettonie qui ont supprimé cette peine de leur loi. A quand le tour du Maroc ?
Jaouad Mdidech. La Vie éco
www.lavieeco.com
2013-12-16

samedi 17 août 2013

Attentat d’Argana : Adil El Otmani affirme que la DST l’a menacé en prison

Depuis le 24 juillet, Adil El Otmani observe une grève de la faim dans la prison Moul El Bergui de Safi. Une période durant laquelle, il a publié deux communiqués. La sortie du premier lui a valu une visite d’agents de la DST. Un interrogatoire ponctué d’insultes et conclu par la présentation d’un PV déjà écrit que l’ancien vendeur de chaussures aurait refusé de cautionner.
Apparemment, la dernière sortie médiatique, du 1er août, de Adil El Otmani, l’auteur présumé de l’attentat d’Argana, condamné à la peine capitale, lui a attiré des ennuis. Dans un nouveau communiqué, le natif de Safi soutient que trois éléments de la DST l’auraient interrogé, mardi 6 août, sur les parties qui lui ont facilité la publication de son texte.
Les agents des services secrets n’auraient pas apprécié les propos d’El Otmani, clamant son innocence quand à l'explosion d'une bombe le 28 avril 2011 au café Argana, évoquant également son refus de sommes importantes d’argent pour qu’il « endosse toute la responsabilité de l’attentat ».

« J’ai refusé de signer un PV préparé de la DST »
Visiblement nullement convaincu par les réponses d’Adil, les agents de la DST ont voulu imposer leur version des faits. Ils auraient présenté, toujours selon le communiqué d’El Otmani, la copie d’un procès-verbal déjà préparé dans lequel, l’ancien vendeur de chaussures se rétracterait. Une sorte de démenti de tout ce qu’il a récemment avancé, notamment l’argent promis en échange de revendiquer la responsabilité de l’attentat d’Argana.
Le refus d’Adil de signer ce PV aurait fait sortir les membres de la DST de leurs gonds. « L’un d’eux m’a menacé. Il m’a dit si tu continues à écrire ce genre de communiqué, sache que ni toi ni ta famille ne vivrez en paix ».
Comme lors de son dernier texte, du 1er août, Adil El Otmani s’en est pris, une nouvelle fois, à une certaine presse qu’il accuse d’être à la solde de parties occultes. Il lui reproche de dévier le sens de ces propos.
Ce communiqué d’El Otmani est le troisième du genre après celui adressé, en mars, au roi Mohammed VI dans lequel il demande son exécution et celui du 1er août, levant le voile sur des offres sonnantes et trébuchantes, qu’il aurait reçues, en échange de ses aveux pour endosser l’attentat d’Argana. A ce rythme, il n’est pas improbable qu’El Otmani publie de nouveau, dans les prochains jours, un autre texte. C’est le seul moyen pour lui de revendiquer son innocence et de laisser l’affaire au cœur de l’actualité.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/18985/attentat-d-argana-adil-otmani-affirme.htmlhttp://www.yabiladi.com/articles/details/18985/attentat-d-argana-adil-otmani-affirme.html

samedi 27 juillet 2013

Rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc en 2012

Rapport annuel

sur la situation des droits humains au Maroc en 2012
Images intégrées 1
INTRODUCTION
La situation des droits humains au Maroc durant l’année 2012, telle qu’elle a été suivie par le bureau central et les sections de l’AMDH, est caractérisée par une nette régression et une persistance des violations. Concernant le droit le plus sacré, le droit à la vie, la confusion plane toujours sur la vérité des décès des activistes du Mouvement du 20 février pendant 2011 ; à cela s’ajoutent deux cas de décès observés dans le rapport de 2012.  Pour ce qui est du droit à l’intégrité physique, à la sécurité personnelle et l’abus du pouvoir, les pratiques les enfreignant sont monnaies courantes par la violence des autorités publiques à l’encontre des manifestants et des passants, ou par la torture lors des interrogatoires dans les postes de police. Si la violence exercée par les forces de police à l’encontre des activistes de l’Association Marocaines des Droits Humains est courante, en 2012 les activistes d’Amnesty International ont été sujets, à leur tour, de la répression, de la provocation et du harcèlement par des agents de sécurité lors d’un sit-in devant le Parlement.
Quant au dossier de la détention politique, il reste toujours ouvert ; en dépit de la libération de quelques détenus politiques, leur situation n’a toujours pas été réglée ; en outre, de nombreux détenus politiques ont été incarcérés, et notamment les activistes du Mouvement du 20 février, les étudiants militant au sein de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM), les détenus en rapport avec le dossier de « la lutte anti-terroriste », les activistes sahraouis… Le plus grave, c’est que ces détenus sont poursuivis par des chefs d’accusation de droit commun et ce afin de dissimuler la nature politique des procès qui tiennent compte des procès-verbaux de la police judiciaire sans vérifier la véracité des accusations que les détenus rejettent.
En outre, cette année, trois cas d’enlèvement ont été enregistrés sans que les auteurs de ces enlèvements ne répondent de leurs actes et ne sont pas poursuivis pour la torture subie par les activistes du Mouvement du 20 février à Casablanca et dans d’autres villes en 2012, par les militants de l’UNEM à Kénitra et dans d’autres villes et pour la violence exercée lors de nombreux sit-in pacifiques dans différentes régions telles Taza, Aït Bouayache, Chlihate et dans d’autres villes. Lors de sa visite au Maroc, le rapporteur spécial onusien chargé de la torture au Maroc a confirmé ces pratiques.
Concernant la situation dans les prisons, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est inquiétante, voir catastrophique ; le rapport a enregistré des taux de surnombre dans 34 établissements pénitentiaires qui vont de 4% à 168,14%. Une situation aggravée par l’absence des conditions de l’hygiène personnelle, la mauvaise alimentation et l’insuffisante de médication ; ce qui entraîne la propagation des maladies et les décès. Mais, ce qui dramatise plus la situation, c’est la torture des détenus ; l’Association Marocaines des Droits Humains a reçu des plaintes de la part des détenus et de leurs familles sur la torture physique et psychique.
De même, la situation des libertés publiques a régressé durant l’année que couvre ce rapport ; ainsi, l’interdiction a concerné les activités de différentes instances dont l’une assume la présidence du Gouvernement (la Jeunesse du Parti Justice et Développement), les activités des instances des droits humains (trois activités organisées par l’Association Marocaine des Droits Humains), la réunion du Conseil national du parti Badil Hadari ; des journalistes ont été sujets d’agressions physiques, de poursuites et l’un d’eux a été condamné à la prison avec sursis ; d’autres journalistes ont subi des interrogatoires, ou se sont vus retirer l’accréditation, interdits de photographier des émissions, privés de la carte d’accréditation ; en plus, la maison d’Ali Lamrabet a été attaquée à Tétouan. L’interdiction a aussi concerné plusieurs manifestations dispersées par la répression comme c’est le cas des protestations sociales ; les libertés syndicales ont connu de nombreuses violations.
De nombreux procès ont connu des violations pour être qualifiés inéquitables ; les cas notoires sont le procès d’El Haked, artiste du Mouvement du 20 février, du résistant Ibrahim Nouhi, des poursuivis suite à l’appel au boycott des élections, des détenus dudit Salafiyya Jihadiyya, des syndicalistes, des militants de l’UNEM et des détenus de Gdim Izik.
Pour ce qui est de la peine de mort dont l’abolition prend de plus en plus d’envergure à l’échelle internationale, le rapport a enregistré la prononciation de six nouvelles condamnations en 2012. Cependant, ce que le rapport relève de plus important, c’est l’abstention du Maroc de voter le projet de la recommandation onusienne préconisant l’arrêt de l’exécution de la peine de mort.
L’augmentation des protestations a eu des répercussions négatives sur la situation des défenseurs des droits humains qui ont été souvent sujets aux violations de leur intégrité physique, leur sécurité personnelle et la restriction de leurs mouvements dans de nombreuses régions et particulièrement à Ifni où des responsables du bureau de la section de l’Association Marocaine des Droits Humains ont écopé jusqu’à dix mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende.
Les droits économiques, sociaux et culturels n’ont pas dérogé à la règle cette année ; le chômage parmi les diplômés s’est accru ; de nombreux secteurs économiques et sociaux ont connu des grèves ; les codes de travail ont été violés dans tous les secteurs et surtout l’ampleur acquise par le phénomène de l’emploi des enfants. Quant au logement, il a enregistré une diminution ayant atteint 10,1 pour cent par rapport à 2011 alors que le nombre des familles résidant dans les bidonvilles a augmenté de 29 pour cent par rapport à 2004. Les anciens quartiers de Casablanca ont connu aussi des démolitions ayant causé la mort de huit citoyens ; des décès ont eu lieu dans d’autres villes à cause du recours à l’usage de la force pour évacuer des citoyens de maisons menaçant ruine ou de logements bâtis sans autorisation. L’application du droit à la santé n’est pas encore de mise pour plusieurs raisons parmi lesquelles celles relevées dans ce rapport et notamment, la faiblesse du financement public de la santé, l’augmentation de la part des dépenses personnelles réservées à la santé et qui représente 58 pour cent de leurs dépenses totales, l’échec du régime d’assistance médicale pour les personnes à revenu limité (RAMED), en plus de la faiblesse de l’infrastructure et son insuffisance par rapport à la croissance des besoins en soins des citoyens, le déficit épouvantable dans les ressources humaines avec un médecin pour 1630 citoyens et un infirmier pour 1109 citoyens. Ce qui rend la situation plus tendue, c’est la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion des ressources disponibles.
La situation dans le secteur de l’éducation n’est pas meilleure ; l’échec du plan d’urgence est officiellement reconnu et l’enregistrement d’un manque important concernant les cadres administratifs et éducatifs ; le surnombre des élèves et les revendications matérielles et morales de la famille de l’enseignement n’ont pas été satisfaites.
Pour leur part, les droits linguistiques et culturels amazighs ont souffert du retard de l’opérationnalisation de leur reconnaissance constitutionnelle, le refus des noms amazighs, la prohibition de l’usage de la langue amazighe au sein de l’enceinte du Parlement, la discrimination dont souffre la chaîne amazighe par rapport aux autres chaînes, la langue amazighe n’est plus enseignée dans de nombreux établissements et ne constitue qu’une matière facultative, non généralisée et non sanctionnée par une note à l’examen.
La situation de la femme n’a pas connu de progrès significatifs par rapport à l’année précédente ; 41098 demandes concernant le mariage de filles mineures ont été accordées ce qui constitue 92,9 pour cent de l’ensemble des demandes. Les femmes meurent toujours lors de l’accouchement à cause de la négligence et certaines d’entre elles se refusent même l’accès à l’hôpital et accouchent dans la voie publique ; les salariées souffrent aussi de la discrimination quant aux salaires et aux heures de travail.
Concernant la situation des droits de l’enfant, ce qui a le plus caractérisé l’année 2012, c’est le non-respect de l’Etat marocain de ses promesses en matière des droits de l’enfant ; les intérêts suprêmes de l’enfant ne sont pas tenus en compte lors de l’élaboration des politiques publiques, l’exclusion de la société civile lors de la formulation de plans et de programmes pour la promotion de la situation de l’enfance ; en parallèle, des violations graves ont retenti touchant le droit à la vie, à un nom, à l’éducation, à la santé, ainsi que la torture, les mauvais traitements et les agressions sexuelles.
Ce rapport a aussi relevé la persistance des violations des droits environnementaux des citoyens ce qui se répercute sur l’état des ressources environnementales d’une part et sur la vie des citoyens de l’autre ; il soulève aussi les souffrances et les violations dont sont victimes les migrants africains subsahariens et leur privation de leurs droits tels le droit à la santé, à l’eau et l’alimentation, au logement, à l’éducation, au travail … Les sections de l’AMDH ont suivi et relevé à ce sujet des actes racistes, des violences policières et des refoulements hors des frontières marocaines, contrairement aux engagements du Maroc en matière des droits humains en général et  des droits des  migrants en particulier.
En émettant ce rapport annuel sur la situation des droits humains au Maroc en 2012, l’Association Marocaine des Droits Humains s’est fixée comme objectifs de donner une image sur la situation de ces droits, formuler des recommandations en vue de leur protection et leur promotion, dévoiler les violations afin qu’un terme soit mis à leur répétition et pour que les parties les violant assument leur responsabilité dans leur persistance.
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Salutations militantes,
Hasnae CHAMI
Pour le bureau de l'AMDH-Paris/IDF
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L'AMDH dévoile son rapport annuel 2012 : une "nette régression" des droits humains au Maroc 

par Lakome, 23/7/2013


Présentation du rapport annuel 2012 de l'AMDH. Mardi 23 juillet 2013.


Le bureau central de l'AMDH a présenté son rapport annuel 2012 ce mardi à Rabat. L'association détaille les violations survenues l'année dernières et estime qu'en «dépit de ses engagements nationaux et internationaux, l’État manque de volonté politique effective pour le respect des droits et des libertés».

Dans son rapport 2012 l'AMDH affirme que la situation des droits humains au Maroc durant l'année 2012, «telle qu'elle a été suivie par le bureau central st les sections de l'AMDH, est caractérisée par une nette régression et une persistance des violations. Concernant le droit le plus sacré, le droit à la vie, la confusion plane toujours sur la vérité des décès des activistes du Mouvement du 20 février pendant 2011 ; à cela s'ajoutent deux cas de décès observés dans le rapport de 2012».
L'association dénonce également les détentions politiques, les cas de torture et de disparitions forcées, la répression de manifestations pacifiques, l'interdiction illégale d'associations et de partis politiques.

Droit des travailleurs et libertés syndicales
Sur le volet des droits sociaux, l'AMDH souligne que les principaux indicateurs n'ont connu «aucune amélioration sensible». Avec les diplômés chômeurs, «l'État use tantôt du dialogue et souvent de la répression sévère et recourt de plus en plus aux arrestations et aux procès».
L'association constate par ailleurs que l'Etat n'a toujours pas ratifié les conventions internationales sur les libertés syndicales et que le code du travail n'est toujours pas respecté. «Les droits de travail les plus élémentaires ne sont toujours pas garantis (la carte de travail et de paie, l'adhésion à la Caisse nationale de sécurité sociale, la détermination des heures de travail, les congés hebdomadaires et annuels ...). Les licenciements arbitraires des ouvriers et collectifs et les fermetures illégales des établissements de production continuent et l'exercice des droits et des libertés syndicales est incriminé et particulièrement dans le secteur privé».
Le constat de l'association est similaire dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Le rapport souligne par ailleurs les violations liées aux droits de la femme, de l'enfant, des personnes handicapées ou encore des migrants et demandeurs d'asile.

«Essence despotique» de la constitution
Sur le plan législatif, l'AMDH estime d'une part que la nouvelle constitution, de par ses dispositions floues et contradictoires, ne garantit pas la primauté du droit international, ni l'égalité homme-femme ni une réelle séparation des pouvoirs. «Son essence despotique est préservé et reste loin des composantes d'une constitution démocratique», note le rapport.
D'autre part, l'association estime que les quelques nouveautés apportées par la constitution n'ont toujours pas été mises en œuvre, notamment en ce qui concerne la reconnaissance constitutionnelle de l'amazigh.
En conclusion, l'AMDH indique que «les violations relevées dans ce rapport sont suffisantes pour juger l'orientation générale caractérisant la politique publique en la matière et reflètent qu'en dépit de ses engagements nationaux et internationaux, l'État manque de volonté politique effective pour le respect des droits et des libertés».