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mercredi 25 décembre 2013

Benkirane, Allah et le football



Par Sadaka Allahou Al Âdim !citoyen


Benkiki comme à son habitude (Photo capture d'écran)
(Photo capture d’écran)
Lors du dernier conseil de gouvernement, le bouffon de « Sidna », Abdelilah Benkirane, Benkiki pour les Marocains, a profité de l’occasion pour remercier Allah pour la petite victoire du Raja contre l’équipe brésilienne. Puis ce fut le dérapage contrôlé. 
Comme à son habitude, Benkiki a fait son cirque. Il a dit que quand les parasites, les brouilleurs [sous-entendre ceux qui critiquent sa lumineuse gestion] n’interviennent pas et ne se mêlent pas de ce qui ne les regarde pas, les choses se déroulent comme prévu. Et donc, cette fois-ci les parasites étaient occupés ailleurs et c’est pour cela que Dieu a répondu favorablement et a offert la victoire au Raja et aux Marocains !
Voilà comment fonctionne le cerveau de celui qui fait office de chef du gouvernement de Sa Majesté chérifienne !
Allah, avant de nous donner une éphémère victoire footbalistique, sauve-nous de cet opportuniste dans l’âme qui hypnotise ses adeptes fatalistes et crédules par du charlatanisme islamiste light.
Et ça, ce serait une grande victoire !

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=28855

lundi 22 juillet 2013

Revendications :Le “20 Février” prêt à dialoguer avec Benkirane...

AFP, 
Le nouveau chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. / DR
Abdemlillah Benkirane

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Selon l'Agence France-Presse (AFP), le Mouvement du 20 février s'est dit prêt mardi à dialoguer avec le nouveau chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, tout en posant des conditions.
“Nos conditions sont la libération des prisonniers politiques, l'ouverture des dossiers liés à la corruption, la liberté de la presse et le renforcement des libertés individuelles. Si ces conditions sont réunies, le dialogue avec M. Benkirane sera ouvert et public.”
Najib Chaouki, un des responsables du M20.

“Nous avons perdu confiance dans le régime politique marocain, mais nous sommes prêts à dialoguer avec le nouveau chef du gouvernement sous conditions”, a poursuivi Chaouki, cité par l'AFP.
Lors d'une rencontre avec la presse au lendemain de la victoire de son parti (PJD) aux législatives du 25 novembre, Abdelilah Benkirane, depuis désigné chef du gouvernement par le Roi, s'est dit disposé à discuter immédiatement avec les jeunes du Mouvement.
“S'ils disent des choses sérieuses, il faut les écouter. Si un seul Marocain a des choses sérieuses à dire, il faut l'écouter. Eux (dans le Mouvement du 20 février), ils sont des milliers”.
aufait

Juin.30, 20:0

Benkirane a-t-il échoué ?





Abdelilah Benkirane
Abdelilah Benkirane



Ali Anouzla
Dix-neuf mois après sa nomination, on est en droit de faire bilan de l'action d'Abdelilah Benkirane, à la tête du gouvernement marocain et de s'interroger, à l'aune des derniers développements, si l'expérience n'aurait pas atteint ses limites et si par son acharnement, l'intéressé ne serait pas en train de signer son propre suicide politique et, à terme, la perte de son parti. Un scénario qui pourrait s'avérer coûteux pour le Maroc et les marocains.
  Benkirane, alias le "Punching-ball"
A l'heure où j'écris ces lignes, je reste parfaitement conscient que la vie du patron du PJD ressemble, en tous points, à celle du punching-ball sur lequel, à tour de rôle, chacun vient affûter ses poings. Pourfendre Benkirane est devenu un sport national, à telle enseigne que le Chef du gouvernement s'en est ouvert à la Chambre des Conseillers, reconnaissant qu'il est devenu la cible privilégiée de toutes les attaques.
N'ai-je pas hésité dans un précédent papier, à dénoncer les pourfendeurs de l'homme qui n'avaient pas le courage de s'en prendre au véritable détenteur du pouvoir dans ce pays ? Je me contenterai donc de poser cette simple question: Benkirane aurait-il échoué dans la conduite du gouvernement ?
La réponse pourrait sembler facile, à tout un chacun, au premier abord. Un partisan de Benkirane vous soutiendrait mordicus, que l'homme vole de victoire en victoire, même si celles-ci relèvent du symbole. Il citerait, en appui, ses joutes oratoires et ses envolées lyriques au parlement, qui font ressembler le Chef du gouvernement au maître de classe, réprimandant des élèves paresseux. A contrario, un opposant dresserait le constat impitoyable de son échec dans la gestion de la chose publique et ajouterait que cet échec est si flagrant qu'il n'a nul besoin d'être prouvé.
Rendons tout de même justice l'homme, en rappelant quelques un de ses succès.

Plusieurs décennies et quelques succès
Benkirane restera celui qui aura convaincu le pouvoir d'ouvrir aux islamistes la participation à la vie politique, après avoir convaincu ses troupes de la légitimité d'une action politique pacifique. Il a également bâti le plus grand parti islamiste et remporté les dernières élections, s'imposant du même coup comme un interlocuteur crédible du Pouvoir. Premier leader islamiste à mener son parti vers une victoire électorale et à arracher, les circonstances aidant, le poste de Chef de gouvernement du Maroc, il a su imposer un style qui lui a valu la sympathie de larges franges de la population marocaine et l'a aidé à faire passer la pilule amère des augmentations du prix des carburants et du gel d'une grande partie des investissements publics.

Echecs en rafale
Mais s'il a fallu à Benkirane plusieurs décennies pour ces accomplissements, quelques mois seulement lui auront suffi, pour cumuler tant d'échecs et générer tant de désillusions. Il a échoué à faire rentrer la Jamaa Adl Wa Al Ihssane dans la légalité politique. D'autres mouvements islamistes tels que « Al Badil Al Hadarie» et «Al Oumma» n'ont toujours pas le droit de se constituer en partis politiques, malgré la volonté de leurs dirigeants d'accepter les conditions du jeu politique tel qu'il est aujourd'hui. L'homme a échoué à rallier les élites du salafisme à son parti plutôt qu'à d'autres. Il a raté l'ouverture de son parti aux démocrates de gauche. Il n'a gagné ni la confiance du Pouvoir ni la bénédiction du Palais malgré toutes les concessions qu'il a consenties et qu'il se dit prêt à consentir. Il n'a jamais réussi à imposer ses arguments, lors des négociations avec le pouvoir, qu'il s'agisse du jeu politique, des élections ou de la formation du gouvernement. Du coup, il n'a pas réussi à former un gouvernement stable, ni à s'assurer une majorité cohérente et loyale, ni à mener ses projets de réformes et encore moins exercer ses prérogatives de chef du gouvernement.
Enfin, il n'a pas réussi à concrétiser ce qui fut son fameux slogan de campagne : «Ton vote est ta chance pour lutter contre la corruption et la tyrannie». En adoptant la soumission et la docilité comme stratégie, Benkirane a vite capitulé face à ces deux fléaux dont il est même devenu le plus précieux des alliés. On peut même affirmer que cette soumission à la machine de corruption est le trait saillant de ses 19 premiers mois à la tête du gouvernement.
Mais le plus grave échec à mettre au passif de Benkirane, aura été son pari de réformer le « système » de l'intérieur. Une vieille chimère sur laquelle s'étaient cassés les dents les socialistes et qui valut à l'USFP de sortir laminée au bout de dix ans au gouvernement.

La logique du changement de l'intérieur
L'entêtement de Benkirane à s'extirper de cette logique, ne peut que lui faire mordre la poussière, comme ce fut le cas d'Abderrahman Yousfi et son parti, réduits au statut d'un organe de presse enchaînant communiqués et déclarations d'opposition au gouvernement, dans l'espoir de gagner tout au plus quelques strapontins dans ce même gouvernement. Une pure escroquerie intellectuelle qui a déjà montré ses limites. Comment peut-on, en effet, décemment lutter contre la corruption en s'alliant aux corrompus ? Ou encore lutter contre la dictature en s'aplatissant face aux tyrans ?
Benkirane et les membres de son parti serinent à qui veut les entendre, qu'ils n'ont que deux options. La première serait une nouvelle majorité à composer avec le «Rassemblement National des Indépendants». La seconde serait le recours à des élections anticipées.
La première reviendrait à reconduire l'expérience des derniers mois, en pire et se révélerait du pain bénit pour le chef du RNI qui se remettrait en selle, alors que les membres du PJD n'ont cessé de l'agonir de leurs critiques au Parlement. Le PJD y perdrait le reliefs de crédibilité qui lui restent, la "valeur ajoutée" du RNI étant, par ailleurs nulle, le parti ayant depuis toujours, été associé aux gouvernements successifs qui ont orchestré le pillage systématique du pays et la répression du peuple.
La deuxième option n'est pas véritablement du ressort du PJD et ne ferait que reproduire la même carte politique balkanisée avec en prime, le risque de voir un autre parti remporter les élections et la perpétuation du vaudeville politique que vit le pays depuis le fameux « processus démocratique » jusqu'à cette prétendue « révolution des urnes », tout droit sortie de la farce nommée « nouvelle Constitution ».

Au croisement, était un autre chemin
Cependant, en plus de ces deux options dans lesquelles Benkirane et son parti voudraient s'enfermer, il y aurait une troisième solution qu'ils aimeraient éviter, c'est celle de la rue. La seule qui puisse rebattre convenablement les cartes et imposer de nouvelles règles au jeu politique, avec en perspective la révision de la constitution, de la loi électorale, du mode de scrutin et du découpage électoral. Au final, le seul espoir de bâtir un jour, des institutions crédibles qui représenteraient véritablement la population.
Une option qui ferait appel au courage et à l'audace. Benkirane présenterait ses excuses au peuple et procéderait à une sévère autocritique, pour recouvrer la confiance perdue. Persister à affirmer que le parti met la stabilité du pays au-dessus de toutes considérations politiques ou calculs partisans, revient à cacher derrière un mensonge grossier, sa propre lâcheté et sa complicité objective avec la tyrannie.
Le parti de Benkirane se trouve à un carrefour stratégique de son histoire: soit il retourne à ses objectifs initiaux d'éradication de la corruption et de lutte contre la tyrannie, soit il continue de les couvrir et les justifier. Dans ce cas c'est l'Histoire impitoyable qui se chargera de le juger!
C'est le même Benkirane noyant aujourd'hui le poisson, en évoquant les crocodiles et les démons, qui n'avait, pourtant pas hésité, un jour d'avril 2011, en plein meeting, à citer nommément des corrompus: « Majesté, ils puisent leur pouvoir de la proximité avec toi, ils ne font aucun bien et ne font que semer le Fassad et tout cela n'est plus acceptable ! ».
Ne pourrait-il retrouver le même courage de dire ouvertement au peuple:
-« Oui, les mêmes corrompus continuent de sévir et je ne me tairais plus d'avantage. Je suis résolu à les dénoncer et à rompre toutes relations avec eux, afin de cesser d'être perçu comme leur complice ! ».
L'avenir prochain le dira.
Traduction de l'arabe par Ahmed Benseddik
 http://fr.lakome.com/index.php/chroniques/1111-benkirane-a-t-il-echoue
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AFP, 
Le nouveau chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane. / DR
Abdemlillah Benkirane

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Selon l'Agence France-Presse (AFP), le Mouvement du 20 février s'est dit prêt mardi à dialoguer avec le nouveau chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, tout en posant des conditions.
“Nos conditions sont la libération des prisonniers politiques, l'ouverture des dossiers liés à la corruption, la liberté de la presse et le renforcement des libertés individuelles. Si ces conditions sont réunies, le dialogue avec M. Benkirane sera ouvert et public.”
Najib Chaouki, un des responsables du M20.

“Nous avons perdu confiance dans le régime politique marocain, mais nous sommes prêts à dialoguer avec le nouveau chef du gouvernement sous conditions”, a poursuivi Chaouki, cité par l'AFP.
Lors d'une rencontre avec la presse au lendemain de la victoire de son parti (PJD) aux législatives du 25 novembre, Abdelilah Benkirane, depuis désigné chef du gouvernement par le Roi, s'est dit disposé à discuter immédiatement avec les jeunes du Mouvement.
“S'ils disent des choses sérieuses, il faut les écouter. Si un seul Marocain a des choses sérieuses à dire, il faut l'écouter. Eux (dans le Mouvement du 20 février), ils sont des milliers”.
aufait
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  Le temps passe vite et les réformes prennent de plus en plus de retard 

 
     C’est bientôt la fin de juillet et beaucoup de chantiers, qui auraient dû être déjà mis en route, sont reportés à des dates indéterminées.
Après beaucoup de critiques sur la lenteur de la production des textes législatifs, le gouvernement du PJD avait présenté un programme de lois à faire voter par le Parlement pour mettre la Constitution en application. Mais, nous ne voyons toujours rien de concret aujourd’hui et aucun indicateur n’annonce à quel moment tout cela sera mis en œuvre.
Or, nous l'avons maintes fois constaté, il ne faut pas s’attendre à ce que l’opposition, ou les oppositions, applaudissent à une quelconque décision venant du gouvernement, quelle que soit cette opposition et quel que soit ce gouvernement.
Or, la réforme de la caisse de compensation n’est toujours pas finalisée, et il semble difficile d’obtenir un consensus sur les mesures qui doivent être adoptées.
Idem pour l’élaboration de la loi de Finances 2014 qui part avec un lourd handicap. Ses grandes lignes auraient déjà dû être rédigées et distribuées aux différents départements ministériels. Le départ de l’Istiqlal et la nécessité de reconstituer une nouvelle majorité gouvernementale vont certainement reporter son élaboration aux calendes grecques.
Pourtant, des arbitrages difficiles doivent être faits d’urgence dans le budget de fonctionnement de l’État, car les perspectives 2014 ne sont vraiment pas bonnes, avec une prévision de croissance de seulement 2,5%, selon la dernière étude du HCP.
Les derniers chiffres de la balance commerciale, à fin juin, montrent aussi que nos difficultés sont toujours là. Car si la couverture de nos importations par nos exportations est passée de 47,5% à 48,6%, il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir. Le plus important n'est pas dans la variation de ces chiffres mais plutôt dans le niveau total du taux de couverture, qui reste trop bas, entre 45 à 50%.
Un état de faits qui détruit irrémédiablement nos réserves de change, jour après jour, et ce malgré les transferts des MRE, les recettes du tourisme, les investissements étrangers et les dons de nos frères.
Le temps passe très vite, et très vite, nous allons arriver au terme de cette première législature de l’ “ère démocratique” du Maroc, sans aucune réforme et sans mise en application des lois organiques prévues dans la Constitution.

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Par Siham Ali à Rabat et Hassan Benmehdi à Casablanca pour Magharebia – 21/07/13

Le Maroc a peut-être su éviter le pire de la crise financière mondiale, a affirmé le Premier ministre Abdelilah Benkirane cette semaine, mais ses perspectives à long terme dépendront de la politique.
Dans ces temps de vaste incertitude économique, le Maroc a su préserver ses fondamentaux, même si les résultats ne répondent pas aux aspirations, a expliqué Benkirane mercredi 17 juillet lors de la session parlementaire mensuelle consacrée à l'investissement, à l'industrie et au commerce.
[Hassan Benmehdi] Le Premier ministre Benkirane exprime sa confiance dans l'économie marocaine."Il faut être patient", a-t-il déclaré. "La réforme ne se fait certes pas au rythme escompté, mais elle se fera progressivement."
 Hassan Benmehdi
Pour continuer de protéger le royaume contre la crise qu'ont connu la Grèce et d'autres pays, le gouvernement a cependant besoin d'un "soutien politique", a ajouté Benkirane.
Or, ce soutien est loin d'être acquis.
Les parlementaires ont en effet critiqué vertement la stratégie gouvernementale en matière économique et d’investissement.
"L'économie marocaine est fragile", a déclaré Abdelhamid Saadaoui, président du groupe parlementaire du Mouvement populaire à la Chambre des conseillers.
En témoignent selon lui les indicateurs économiques qui sont au rouge, notamment le taux de croissance, le déficit commercial et la pression de l’endettement.
"Le gouvernement est appelé à réviser ses choix stratégiques. Il faut créer des commissions locales pour examiner les dossiers d’investissement", a-t-il précisé.
Les parlementaires ont appelé le gouvernement à écouter toutes les propositions, notamment la lutte contre les lourdeurs administratives, l’amélioration du climat des affaires, la lutte contre la corruption et la transition à une économie ouverte aux marchés étrangers.
"Le gouvernement donne des assurances. Mais la réalité et le vécu des citoyens témoignent du marasme de l’économie. 2013 a été une année blanche", a déclaré Driss Radi, président du groupe de l’Union constitutionnelle.
Le Maroc traverse actuellement une crise de confiance, a-t-il ajouté.
Et le récent retrait du parti de l'Istiqlal de la coalition au pouvoir vient encore compliquer la tâche pour Benkirane.
Les tractations visant le remplacement de l'Istiqlal par une nouvelle formation en mesure d'assurer au gouvernement sa majorité se font dans la plus grande discrétion, mais les résultats tardent toujours à venir.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), favori pour remplacer le parti de l'Istiqlal, n'a toujours pas donné son accord de principe. Mardi dernier, il a réfuté les rumeurs selon lesquelles il serait disposé à entrer dans le gouvernement Benkirane.
"Compte-tenu des sensibilités différentes des deux partis, les tractations vont durer quelque temps", a expliqué l'éditorialiste Hassan El Mekoui à Magharebia.
''Il est important de rappeler que le RNI n'a jamais caché son opposition catégorique au projet islamiste du PJD", a-t-il ajouté.
Benkirane "devra marcher sur une corde raide, tiraillé entre la nécessité de reconstituer une majorité et la pression des islamistes au sein de son parti, pour lesquels le RNI est une formation qui s'oppose farouchement au projet de société islamiste", a expliqué la militante féministe Leila Attali.
Mercredi, Benkirane a souligné que la présidence du gouvernement n'était pas son but ultime.
Le PJD est prêt à tous les scénarios envisageables, y compris la dissolution du gouvernement et la tenue d'élections anticipées, a-t-il souligné.
 http://magharebia.com/fr/articles/awi/features/2013/07
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Fil d’actualité sur facebook

  • Le communiqué du cabinet royal relatif aux démissions des ministres dit "...et ainsi permettre au chef de gouvernement d'entamer ses consultations en vue de constituer une nouvelle majorité".
    Faut il comprendre de ce communiqué que le roi veut forcer Benkirane à ne pas envisager l’autre option, à savoir des élections anticipées ? C'est ça le respect de la Constitution ?

    •  Lisez bien la Constitution et surtout le projet de loi sur les commissions parlementaires et vous comprendrez que le PEUPLE ne détient aucun pouvoir (même représenté au Parlement). Alors que le Roi réponde rapidement à ces demandes de démissions ou ne le fasse pas, cela ne changera rien à la question DEMOCRATIQUE, qui, sans elle, nous demeurerons un peuple sous développé à la merci lobbies capitalistes prédateurs qui ne pensent qu'à se remplir les poches au détriment de l'édification d'une véritable société juste et équitable!...Arrêtez SVP de louer gratuitement la politique de Mohammed 6. Celle-ci ne méritera des éloges que lorsqu'elle conduira vers une Constitution à laquelle adhère l'ENSEMBLE des forces vives de ce pays, y compris les islamistes de Al Adl au lieu de rester comme aujourd'hui un document applaudi uniquement par une élite qui profite de l'ordre établi nonobstant les scores bréjnévien annoncé suite au référendum!

samedi 8 juin 2013

ATTAC-Maroc : Les islamistes au pouvoir au Maroc: Le néolibéralisme sans complexe

Par Salaheddine Lemaizi, militant d’ATTAC Maroc, 5/6/2013
 


Eléments de réponse.


Les islamistes au pouvoir au Maroc  
Le néolibéralisme sans complexe

Les politiques économiques adoptées par les islamistes au gouvernement au Maroc sont-elles en rupture avec le néolibéralisme en cours depuis 30 ans ? Eléments de réponse.

Les islamistes adorent Davos. Pour la deuxième année de suite Abdel-ilah Benkirane, Chef du gouvernement marocain, a fait le déplacement à la Mecque du néolibéralisme, le Forum économique mondial tenu du 23 au 27 janvier 2013 à Davos, en Suisse. Il a participé aux côtés de d’autres chefs de l’Exécutif de la région Maghrek-Maghreb : Ali M. Z. Ben Zedan (Lybie), Hesham Mohamed Qandil (Egypte), Najib Mikati (Liban) et Salam Fayyad (Palestine), à débat sur l’actualité de cette partie du monde.

Benkirane, Regean et Thatcher réunis !
Comme à sa première participation, Benkirane, chef de file des islamistes marocains, a axé son discours sur les questions identitaires et «le nécessaire souci d’accepter les différences des d’autres cultures». Ce discours à la limite de la victimisation fait l’impasse sur l’essentiel : la nature des politiques économiques qu’adoptent les islamistes au gouvernement. Sont-elles en rupture avec le néolibéralisme en cours dans cette région depuis 30 ans ? Plus d’un an après leur arrivé au gouvernement, les islamistes se prosternent devant le capitalisme marocain et étranger.
Le gouvernement Benkirane est issu des élections du 25 novembre 2011. Il est composé d’une coalition hétéroclite (le PJD islamiste, le PI et le MP conservateurs proches de l’Etat et le PPS, «socialiste»). Le cœur du pouvoir demeure entre les mains du roi et de son entourage, qui dictent les grandes lignes dans tous les champs de la vie publique. Le gouvernement est réduit au rôle d’exécutant. Donc, la politique économique de ce gouvernement n’est pas estampillé que islamiste, mais elle résume la pensée unique dominante chez la classe politique (Palais, gauche comme droite) qui prête allégeance au marché.
Le tournant est dans la méthode. Avec l’arrivée des islamistes au gouvernement, cette religion du marché trouve un prédicateur, un Thatcher et un Réagan réunit, qui défend le néolibéralisme sans complexe. Pour plaire aux Institutions financières internationales (IFI), le gouvernement se montre docile et malléable. Pourtant, face à la population, il est intraitable.

Les «Privatisor» islamistes
Trois ministres islamistes résument ce rôle du néolibéralisme décomplexé. Le premier personnage est Lahcen Daoudi, ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres. Cet économiste est un adepte de la libéralisation, de la globalisation et du libre-échange. Il a été rebaptisé «Privatisator» de la politique marocaine.  Dès son arrivée, il annonce son souhait de rendre l’université publique payante «pour améliorer sa compétitivité face aux universités privées». Daoudi dénigre l’enseignement public supérieur qu’il qualifie de «crèches pour adultes». Son fantasme est de «drainer des capitaux privés dans l’enseignement».
Le deuxième acteur est Mustapha Ramid, ministre de la justice et des libertés (sic). Cet avocat, très influent au sein de son parti, s’est montré intraitable avec des greffiers en mouvement de grève. Il osé faire des prélèvements sur leurs salaires et donnant son feu vert pour disperser avec une violence inouïe les sit-in de ces fonctionnaires. Pour lui, ce conflit social et ces revendications sont décryptés avec sa grille d’analyse d’islamiste : faire grève et recevoir un salaire est «haram» (illicite).
Troisième personnage est Najib Boulif, Ministre délégué, chargé des affaires générales et de la gouvernance. Ce poste clé de l’Exécutif a été confié à cet économiste connu pour son puritanisme. A son arrivée au pouvoir, il laissera de côté «l’islamité» de ses points de vue. Il est en train de suivre le rythme que lui imposent ses partenaires, la Banque mondiale et les autres IFI. Ce ministre prône un «interventionnisme sélectif de l’Etat» dans l’économie.  Ce ministre, qui a fait les deux déplacements à Davos, renforce la mission de son département comme caisse de résonnance des recommandations de la BM au Maroc[1].
Ces trois ministres, décrits comme des «faucons» islamistes, se sont avérés de dociles animaux politiques, au service du marché. Ils rejoignent ainsi les positions du gouvernement sur plusieurs thèmes, spécialement la polémique TGV, remis en cause par une partie de la population. Les meurettes des islamistes marocains en économie ne font que renforcer le système capitaliste. Ainsi le gouvernement souhaite introduire la finance islamique comme une alternative au système bancaire classique, propose un impôt religieux (zakat) optionnel et commence par taxer les produits de luxes. Ces pistes de reformes ne changeront pas la nature du système actuel.

Le consensus de Washington islamiste
Au contraire, le gouvernement actuel se lance corps et âme dans des «réformes» qui ressemblent à un Programme d’ajustement structurel, bis. (PAS). Un remake des années 80 se prépare. Cette période a été marquée par des coupes budgétaires dans les secteurs sociaux, suivi par des émeutes du pain. L’octroi par le Fonds monétaire international (FMI) d’une ligne de Précaution et de liquidité de 6,2 milliards de dollars en faveur du Maroc en aout 2012[2], pousse le gouvernement a accéléré le rythme du démantèlement du système global de subvention de prix pour aller vers un ciblage des populations pauvres. L’acharnement politique et médiatique montre le poids du nouveau dogme des islamistes : la liberté des prix. S’il est vrai que le système de subvention connait de nombreux dysfonctionnements, il demeure qu’elle joue un rôle important dans un pays dont 28% de la population est pauvre[3] (8,5 millions).  En plus de «cette réforme» majeur, les islamistes comptent s’attaquer aussi aux systèmes de retraite, déjà fragile, à la fiscalité et au droit de grève.

Répression et criminalisation des luttes
Ce démantèlement de l’Etat social, où de moins ce qu’il en reste, risque de créer des heurts. Les classes sociales pauvres ou paupérisés des grandes métropoles sont privées d’un logement décent et abordable, de systèmes de santé et d’éducation gratuits et de qualités. Avec ces réformes, il y a fort à craindre des explosions de colère populaire. Prévoyant de tels scénarios, l’Etat prépare ses outils de «dialogue social». Le budget de ministère de l’Intérieur est en constante augmentation, le système d’espionnage en ligne est à la pointe de la technologie, la reproduction du contrôle social par de nouveaux outils comme les ONG véreuses bat son plein. A ces outils s’ajoute le discours lénifiant des islamistes. Benkirane, le Chef de gouvernement est passé maitre en la démobilisation. A chacune de ses sorties, il appelle la population «à la patience et se remettre à Dieu dans toutes les situations».
En parallèle avec ce discours moraliste, le gouvernement réprime tout ce qui bouge. Etudiants, diplômés chômeurs, syndicalistes, ouvriers, Mouvement du 20 février. Une criminalisation quasi systématique des luttes sociales est en cours. Le nombre de prisonniers politiques au Maroc dépassent les 60 militants. Aveuglé par l’idéologie islamiste et le dogme marché, le Chef du gouvernement et ses ministres achèvent bien les Marocains.  
        
Religion du marché
Au-delà de la conjoncture politique marocaine, les enseignements à tirer dépassent le cadre national. À l’instar de la Tunisie et de l’Egypte, l’Exécutif actuel au Maroc montre les limites de l’islamisme. Cette idéologie basée une certaine lecture de l’Islam n’apporte aucune proposition nouvelle pour une population qui est sortie dans la rue revendiquant du «Pain, de la justice sociale et de la  dignité». Aveuglé par ses débats identitaires, enlisé dans ses contradictions et piégé par les occidentaux dans des débats imprégnés «d’eurocentrisme», l’islamisme ne propose rien en alternative au : libéralisme, néolibéralisme, société de consommation, etc…
Pire, cette idéologie s’apparente être le meilleur allié du capitalisme. Gilbert Achcar, professeur à la School of Oriental and African Studies de Londres observe avec finesse ce mariage dans le cas égyptien: «La doctrine économique des Frères musulmans plaide pour marché libre sans restriction. Elle est plus conforme à la doctrine néolibérale qui a prévalut du temps de Moubarak»[4]. Ce spécialiste de la région donne l’exemple de la voracité des hommes d’affaires de la confrérie islamiste qui n’ont rien à envier aux businessmen de l’ancien régime
Plus de deux ans après le début du Printemps des peuples, les dirigeants du Machrek-Maghreb, élus pour la plupart démocratiquement, persistent dans les mêmes politiques libérales qui ont ruiné ces pays et mené vers les révolutions en cours. Le libéralisme s’est laissé poussé la barbe et l’islamiste n’a plus de complexe de s’afficher dans les messes du capitalisme mondial.
 Cette crise pose avec acuité la question d’une réelle alternative de gauche dans cette région du monde. Une zone dominée par le conservatisme politique et le néolibéralisme économique adopté même par le social-libéralisme. Cette gauche a un chantier à construire autour des revendications du printemps des peuples : liberté, égalité, dignité, pain, justice sociale…

  Encadré 
Abdel-ilah Benkirane. Le premier prisonnier politique au Maroc  
Dans une interview accordée à TV5 Monde, le Chef du gouvernement marocain a multiplié les déclarations hilarantes. Florilège : «Voulez-vous que je tire les femmes par les cheveux pour les ramener au gouvernement» ou encore : «Il n’y a aucun prisonnier politique au Maroc». Pour justifier ce mensonge, Benkirane invoque le mythe désuet de «l’exception marocaine» face au printemps des peuples. La réalité est que le Maroc compte au moins 60 prisonniers politiques. A cette liste s’ajoute, les prisonniers islamistes dont le dossier complexe est en stand by. A terme, Benkirane devrait détruire la sympathie dont il bénéficie auprès d’une partie de la population. En assumant la responsabilité morale de la répression des mouvements sociaux et politiques et en se mettant en avant pour défendre ces réformes économiques impopulaires, il détruit le mérite de son parti et confirme qu’il est prisonnier de sa logique politique. Il est le premier prisonnier politique du régime marocain.      




[1] Pour un aperçu de ce rapport entre BM et le gouvernement marocain, voir le site de ce département : www.affaires-generales.gov.ma
[3] Un débat houleux oppose le gouvernement et le PNUD sur ce chiffre. Il demeure que lors de l’élaboration d’un système de couverture médicale pour les démunis, c’est ce taux qui a été retenu par les officiels.
[4] Pour une analyse complète de cette question lire le nouveau livre de l’auteur : Le peuple veut. Une exploration radicale du soulèvement arabe, Sindbad, Paris, 2013 

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mardi 30 avril 2013

Soutien à l’intellectuel et militant amazigh Ahmed Aassid


Mon total soutien avec Ahmed Assid! Cet intellectuel d'une race nouvelle, si lucide et si convaincant, ne cesse de promouvoir le débat et la culture démocratique.

La saloperie de la fatwa des oulémas pour trucider les apostats, n'est là que pour semer la terreur et le massacre que l’État voyou et son chef prédateur sont en train de préparer. Les fanatiques assoiffés de sang qui sont prédisposés à terroriser l'espace du débat et la liberté de l'expression, ne peuvent être que les alliés objectifs de l’État totalitaire... Et cela est inacceptable et par l'Histoire qui s'accélère et par l'opinion universelle!

Gare à des Fizazi et à des Benkirane d'oser croire l'emporter pour instaurer l'islam comme "solution finale"!
 http://youtu.be/EMK4iCvhIoo

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Soutien à l’intellectuel et militant amazigh Ahmed Aassid

Nous venons d’apprendre à FORSEM [Forum de Solidarité Euro-Méditerraneénne] que notre ami Ahmed Aassid - membre de l’Observatoire amazigh des droits et libertés, qui a récemment donné, à notre invitation, une conférence sur l’actualité marocaine le 15 mars à l’École normale supérieure de Lyon, après avoir donné une brillante conférence cette semaine à l’occasion du congrès de l’Association marocaine des Droits Humains (AMDH) où des groupes intégristes l’ont accusé à tort d’avoir insulté et traité le prophète de terroriste - aujourd’hui fait l’objet de menaces et d’intimidations.

 Son courage civique et intellectuel mérite d’être salué.
Ahmed Aassid, que nous tenons en grande estime, est un intellectuel, chercheur  universitaire, écrivain connu pour sa finesse, sa courtoisie et son respect de l’autre. C’est un intellectuel de renom et nous avons le plus grand respect pour ses travaux.
Nous connaissons bien Ahmed Aassid en tant que militant et écrivain et nous pouvons affirmer que l’accusation dont il est l’objet est dénuée de tout fondement ; son seul tort aux yeux de ces accusateurs – mais pour nous son plus grand mérite - est d’être un esprit libre et critique des idées intégristes et extrémistes.
Nous espérons que l’acharnement des salafistes dans la persécution d’Ahmed Aassid sera contrecarré par une mobilisation générale des composantes de la société civile et politique marocaine et bien au-delà. Les pouvoirs publics doivent assumer leur responsabilité en assurant sa sécurité.
FORSEM appelle de ses vœux qu’en France et en Europe, une chaîne de solidarité avec l’écrivain se mettra sans délai en place pour que la liberté de pensée triomphe sur la pensée unique et obscurantiste partout dans le monde.
En ces moments difficiles qu’il traverse, FORSEM tient à lui affirmer toute sa solidarité, et nous voulons croire à un réveil de la société et de la justice marocaine pour que tels agissements ne se reproduisent plus. Il est inconcevable que des voix minoritaires, aussi bruyantes et agressives soient-elles, viennent à bout des avancées démocratiques au Maroc grâce justement aux luttes menées depuis si longtemps par des militants, intellectuels, artistes, journalistes… militants et universitaires à l’exemple de Ahmed Aassid.
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Par  Yabiladi, 30/4/2013

Islam. Violente polémique entre Ahmed Aassid et le PJD de Benkirane au sujet de l’Islam. 
 « Ce n'est pas raisonnable de parler ainsi du messager d'Allah, le meilleur des Hommes, ce n'est pas raisonnable et je n'accepterais pas ça ». C’est ce qu’a déclaré le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane, lors d’un discours, samedi, à Bouznika, au congrès de la jeunesse du Parti de la Justice et du développement (PJD). 
Une déclaration qui vise en premier lieu Ahmed Aassid, écrivain, militant politique et chercheur à l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), dont les propos, prononcés il y a une dizaine de jours, lors d’une conférence sur « l'Islam et l'enseignement au Maroc », font de plus en plus polémique au Maroc. Au cours cette conférence, organisée le 19 avril dernier à Rabat, en marge du 10ème congrès de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), Ahmed Aassid avait estimé que l’islam était « aujourd'hui dépassé, car les valeurs universelles actuelles sont ce que l'humanité a atteint de mieux », rapporte le quotidien Au Fait. Pour le chercheur, l’islam tel qu’il est aujourd’hui enseigné aux jeunes, à travers les manuels scolaires, véhicule « un message terroriste ». Aassid a également évoqué un islam « propagé à l'épée » à l'époque du prophète. Une explication qui n’a pas plu à beaucoup de monde dont Abdelilah Benkirane, mais aussi les cheikhs salafistes Mohamed Fizazi et Hassan El Kettani qui y voient une attaque directe à la personne du prophète. 
Malgré la violence contenue dans la réaction de ces deux derniers, c’est par Adelilah Benkirane qu’Assid a été le plus surpris. « J'ai été surpris par la déclaration du Chef du gouvernement qui ne sied pas à son rang à la tête du gouvernement », a déclaré le militant amazigh, ce lundi 29 avril, dans une déclaration à Lakome. Avec ces nouvelles déclarations, Benkirane soutient les extrémistes dans la déformation de ses paroles, estimant le chef de file du PJD est actuellement plus préoccupé par « les enjeux électoraux de ses alliés que par l'intérêt du pays, la nécessité de stopper la spirale de la tourmente ou le devoir de pousser le dialogue dans le bon sens », a expliqué Assid, cité par la même source. 
Si Ahmed Aassid continue aujourd’hui de susciter beaucoup de critiques dans la classe conservatrice, ce n’est pas pour autant qu’il manque de soutien. Plus de 260 associations ont, en effet, manifesté jusqu’à présent leur soutien au militant marocain, dont le Forum de Solidarité Euro-méditerranéenne (FORSEM) qui tire la sonnette d’alarme. (Yabiladi)   

jeudi 7 février 2013

Culture et racines. Le Maroc, du bendir et de Tinghir ...


 
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Benkirane
Lundi dernier, M. Abdelilah Benkirane se gaussait de plus de la moitié de la population marocaine en comparant les Amazighs à des «joueurs de bendirs», adeptes de la frugalité et de la danse… 

Mardi dernier, 200 «islamistes» et autres adhérents du PJD protestaient publiquement devant le cinéma ROXY à Tanger contre la projection du documentaire réalisé par un jeune franco-marocain, intitulé de «Tinghir à Jérusalem». Kamal Hachkar, réalisateur de ce film qui retrace le parcours de Juifs berbères marocains émigrés en Israël, est d’origine amazighe.
Interrogé sur ses sentiments devant cette manifestation d’intolérance, M. Mustapha Khalfi, ministre de la Communication, membre dirigeant du PJD et du MUR, a excipé de son devoir de réserve pour éviter de condamner l’imbécilité de manifestants qui accusent une oeuvre cinématographique de philo-sionisme sans l’avoir vue !
Il y a une quinzaine de jours, un député de PJD piqua une crise au Parlement parce que sur un vol d’Egyptair une scène d’un film projeté durant le trajet comportait un baiser entre deux adultes consentants, de sexe opposé de surcroît ! Ce même député n’avait pas eu la même verve lorsque la regrettée Amina Filali s’était suicidée après avoir été forcée au mariage avec son violeur…
Ces quelques expressions de la culture politique dominante dans notre Maroc d’aujourd’hui, placé sous la férule d’un parti aussi conservateur que rétrograde, le Parti de la Justice et du Développement, ne sont pas sans inquiéter.
Dans plusieurs milieux, y compris dans les rangs du Parti du Progrès et du Socialisme, membre de la coalition gouvernementale, certains n’hésitent pas à soutenir que la formation de M. Benkirane n’est pas liberticide et que son arrivée à la tête du pouvoir exécutif n’a guère entraîné de recul des libertés et du climat de tolérance qui qualifiait notre pays jusque-là.

Identité et racines

Pourtant, en assimilant les Amazighs à des saltimbanques, le chef du gouvernement, remet en question plusieurs paramètres fondamentaux de la société marocaine, de l’Etat marocain, de l’Histoire du Maroc.
M. Abdelilah Benkirane ne saurait ignorer, lui qui est le premier chef de gouvernement à opérer sous l’égide de la Constitution adoptée par voie référendaire le 1er juillet 2011, que l’Amazighité a reçu droit de cité officiel, que son Préambule y proclame les apports berbères, arabes, africains, juifs et andalous à l’identité nationale, que la langue amazighe est désormais mise sur le même pied que la langue arabe et qu’une loi organique devra en concrétiser son utilisation officielle.
amazigh
M. le chef de gouvernement, qui affirme son attachement au Trône alaouite, ne saurait, de même, ignorer les liens profonds, familiaux mêmes, qui unissent la Famille Royale à l’identité amazighe, de même que sa culture politique l’empêche d’oublier que le Maroc compte un Institut Royal de la Culture Amazighe, IRCAM, qui n’a rien à voir avec un music hall ou un conservatoire de musique folklorique…
M.Mustapha Khalfi, qui a étudié aux Etats-Unis, pétri qu’il est de culture politique américaine et de ses principes, ne peut faire l’impasse, au nom de ses responsabilités officielles actuelles, sur une manifestation de crasse intolérance, dirigée, non contre l’Etat d’Israël, mais contre l’apport d’un jeune historien franco-marocain, qui, à partir de ses souvenirs d’enfance, des récits de son grand-père, a voulu montrer ce qu’étaient devenus certains de nos concitoyens et leurs descendants expatriés en Israël entre 1948 et 1967. Ne dit-on pas officiellement et depuis fort longtemps que ce pays compte aujourd’hui plus de 800 000 habitants d’origine marocaine. N’est-il pas vrai, de surcroît, que la citoyenneté et la nationalité marocaines sont inaliénables ? A-t-on jamais vu un Juif  marocain, quel que soit son lieu de résidence actuel, attaquer notre (son) pays natal ou exprimer autre chose qu’un immense attachement à ses racines, origines, coutumes et traditions marocaines? Que reste-t-il à écrire après de tels constats ?
Que vive le Maroc, du bendir et de Tinghir !