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mercredi 21 août 2013

Maroc/ liberté de culte ? Un jeune étudiant de 22 ans pourchassé par la police et les islamistes pour avoir déclaré publiquement son athéisme


CASABLANCA (SIWEL) , 2/8/2013

  Imad Eddin Habib, un jeune marocain de 22 ans, originaire de Casablanca, a déclaré publiquement, sur son profil Facebook, être « athée ». Depuis, il est traqué par la police marocaine et par les islamistes. Les premiers l’accusent « d’ébranler la foi des musulmans », un acte constituant, selon la loi marocaine, un acte subversif passible de 6 mois à 3 ans de prison. Les seconds l’accusent du crime « d’apostat », un acte radicalement sanctionné par l’assassinat pur et simple , conformément à la doctrine islamiste.




Pendant que Imed tente d'échapper à la police marocaine et aux islamistes, sur le net, la solidarité s'organise mais cela sera-t-il suffisant pour sauver ce jeune étudiant ? (PH/DR)
Pendant que Imed tente d'échapper à la police marocaine et aux islamistes, sur le net, la solidarité s'organise mais cela sera-t-il suffisant pour sauver ce jeune étudiant ? (PH/DR)


Depuis le 29 avril 2013, après une petite visite à son domicile d’étudiant, Imad, ce jeune homme de 22 ans qui a déclaré publiquement son athéisme a basculé dans la clandestinité. Activement recherché par l’Etat marocain et les islamistes, le jeune homme a littéralement disparu. Des policiers en civil sont allés questionner son père sur son lieu de travail pour lui demander si son fils ne serait pas « financé par des organisations étrangères »…la question a de quoi laisser « pantois » quand on sait que les laïcs, les athées et les démocrates en Afrique du Nord ne sont soutenus par personne, même pas par les champions de la laïcité et des droits de l’homme, alors que, comme tout le monde sait, l’islamisme et le terrorisme sont promus et financé par les émirs des pays du Golf d’Arabie, avec l’appui « amical » des démocraties occidentales.

Pour l’instant, Imad se cache mais il ne pourra pas résister longtemps car Imad n’est ni un terroriste, ni un criminel, ni un délinquant , c’est juste un étudiant « athée » qui osé l’assumer et le revendiquer publiquement dans un pays dominé par le dictat islamiste. Lui-même, ainsi que ses amis, redoutent le pire car il est pourchassé par l’Etat et par les islamistes. Pour les islamistes, c’est clair, les apostats doivent être tués un point c’est tout. Mais au Maroc, officiellement, il n’y a aucune loi qui interdise expressément l’athéisme. Cependant, il n’en demeure pas moins, qu’au Maroc comme en Algérie d’ailleurs, l’Islam est la religion de l’Etat et des articles de loi, « fourre tout », sont élaborés afin de persécuter « légalement » les contrevenants à la religion de l’Etat.

Ainsi en Algérie, « toute personne portant atteinte aux préceptes de l’Islam » est passible de poursuites judicaires. Les chrétiens et les non-jeûneurs ont régulièrement déjà fait les frais ; tandis qu’au Maroc ce sont les personnes susceptibles « d’ébranler la foi des musulmans » qui sont passibles de poursuites judicaires. C’est ainsi que des chrétiens sont inquiétés au Maroc et que des non-jeûneurs sont brutalement réprimés.

Imad est pourchassé par l’Etat marocain et par les islamistes sans compter que ce jeune homme est membre du « Conseil des ex-musulmans du Maroc ». Or, tout le monde connait le sort réservé par les islamistes aux « apostats ». D’ailleurs, le « Conseil Supérieur des Oulémas du Maroc » a déjà émis une « Fatwa » appelant à tuer tous ceux qui renoncent à l'islam.
 Ainsi, au 21ème siècle, la vie d'un homme est mise en danger pour la simple raison d’être « athée ».


Articles de presse relatant les mésaventures du jeune étudiant marocain :
tm,
SIWEL 021717 AOUT 13











  Le Canard enchaîné : « Ramdam à Tizi-Ouzou » - 13/08/2013

lundi 6 mai 2013

Ahmed Assid : « Je suis un militant des droits humains qui veut changer les choses ».




Assid :La seule ambition qui anime mes démarches.. Briser les Propos recueillis par Abdelkader El-Ainetabous






Lareleve.ma,4/5/2013

C’est sans doute le Marocain le plus en vue actuellement. Dans les médias, les réseaux sociaux, Ahmed Assid occupe une place de choix. Ses détracteurs sont même allés jusqu’à appeler à son assassinat.

Ahmed Assid porte plusieurs casquettes. Il est professeur de philosophie, écrivain, militant amazigh,  poète… Pour l’autoportrait voilà comment il se définit : « Je suis un militant des droits humains qui veut changer les choses ».

 À la question de savoir si ses multiples occupations lui laissent le temps d’avoir une vie privée, M. Assid répond : «Ma vie personnelle est malheureusement très perturbée par mes programmes trop chargés et mon rythme de travail effréné. J’ai peu de temps à me consacrer à moi-même et à mes proches».

Infatigable comme un chameau, Ahmed Assid est toujours au four et au moulin. Il écrit beaucoup, participe à des débats partout au Maroc, anime une émission radiophonique et effectue des recherches sur la culture amazighe.

Sa forte présence dans les médias ces deux dernières années, il la doit à ses positions jugées «peu orthodoxes».

«Si je suis très présent un peu partout, sachez que je n’en avais pas l’intention ni la prétention. Le fait est que, depuis maintenant deux ans, une certaine tension a pris place un peu partout et a tendance à augmenter, surtout quand j’ai commencé à toucher des points sensibles, à secouer des tabous politiques, culturels et sociaux.  Normal que des esprits rétrogrades s’élèvent contre mes pensées», nous déclare-t-il.

Sans le cacher, Ahmed Assid assume le sobriquet qui lui colle à la peau : «Briseur de tabous». Il le dit d’ailleurs sans contour ni ambages : «Il n’existe pas un tabou au Maroc que je n’ai pas traité, auquel je ne me suis pas attaqué. C’est la seule ambition qui anime mes démarches». Ce qui l’anime surtout, c’est de soulever le débat sur des sujets peu abordés par les différentes composantes de la société.

Bien que dressant souvent, dans ses articles et ses interventions, un tableau noir de la situation socioéconomique du pays, M. Assid reconnaît néanmoins que des acquis ont été obtenus. «Mais, insiste-t-il, il faut d’abord préserver ces acquis si minimes soient-ils et lutter pour en arracher d’autres.»

De l’espoir

Quant à ses sentiments par rapport à la fatwa le visant et appelant à sa mort, il dit : «De la déception évidemment. Beaucoup d’amertume aussi. On veut combattre la pensée par l’épée. C’est une pratique d’une autre ère». Et quand on lui demande quels sont ses ennemis, il répond doctement qu’il n’en a pas. Il préfère plutôt parler d’adversaires. Ceux qui confrontent les idées, les pensées, acceptent le droit à la différence. «Quant à ceux qui se sont positionnés dans un cadre autre que celui de la confrontation des idées, je crois qu’ils sont largement dépassés», assène-t-il.

Ahmed Assid, s’il est dépité à cause des menaces et commentaires acerbes le dénigrant, ne cache pas pour autant  son bonheur quant à l’élan de solidarité manifesté à son égard. «C’est réconfortant de savoir que les idées que je défends sont partagées par de nombreux intellectuels, des hommes d’affaires, etc.», avoue-t-il sans fausse modestie.

Quant au grand malentendu, cause de tous ses heurts et malheurs, à savoir la déformation de ses propos et leur mauvaise interprétation, M. Assid dit qu’il a toujours été clair. Et d’ajouter : «Je ne cherche pas la provocation».

Sa conception de la liberté? «Je considère que la liberté est limitée uniquement par celle de l’Autre et non pas par les traditions de J’maâ ou quelque groupe traditionnel religieux que ce soit. Certes la majorité des Marocains sont religieux ; mais même au sein de cette majorité, il y a des différences qu’il faut respecter. La liberté est celle qui permet à ces différences de s’exprimer.»

Si Ahmed Assid ne ménage pas le gouvernement actuel, c’est qu’il considère que les promesses électorales n’ont pas été tenues.

Et pour terminer sur une note positive, Ahmed Assid dit ne pas désespérer «en dépit de la lenteur des réformes entreprises».

«L’important, selon lui, c’est qu’on a l’espoir.» Mais n’est-ce pas Malraux qui écrivit dans un livre éponyme : «Il faut vivre avec l’Espoir» ?

 http://www.lareleve.ma/news5580.html