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jeudi 14 mars 2013

L'impasse !


Par Mohammed Hifad



La mort de Choukri Belaïd le 6 février 2012 en Tunisie , qui rappelle étrangement celle de Farhat Hached et qui a soulevé un tsunami populaire , a marqué un tournant dans le printemps des peuples en Afrique du Nord et au Moyen Orient .

Il a entrainé la démission immédiate du gouvernement tunisien et il a relancé les contestations de rue en Egypte et qui demandent de nouveau , surtout au port Saïd et au Caire, le départ du Président islamiste Morsi traité de Pharaon à son tour. 

Au Maroc , c’est le mutisme absolu,comme le silence qui précède un orage, à part la comédie des partis du Makhzen dans les deux chambres , les débats-épouvantails habituels des médias marocains sur le cancer, le sida, le viol , le mariage des filles mineures , surtout le crime, pour occuper le petit peuple et un manque de visibilité absolu dans tous les domaines.

Les médias, les partis, les syndicats et les associations de service entretiennent une fiction de changement , de démocratie , des droits de l’homme et de liberté d’expression.

J’ai déjà dit avant les élections que le prochain gouvernement fonctionnera comme une super-commune urbaine ou rurale et s’occupera de la gestion quotidienne des petits problèmes à l’échelon national .

Si BenKiran le répète à longueur de journée à qui veut l’entendre , c’est le Roi qui est responsable de tout.

J’espère qu’il aura le courage de le dire à ses électeurs dans les prochaines élections car si c’est ainsi , le peuple n’a pas besoin de voter pour des représentants qui n’ont aucun pouvoir , aucun programme et continuent à mentir pour tout un peuple toujours considéré comme mineur . 

Sur le plan local , les multiples collaborateurs civils des autorités introduits partout , dans les administrations, les usines, les cafés , les associations, ils reviennent à la charge et reprennent les mêmes pratiques alors qu’ils se sont éclipsés pour un moment d’incertitude et de chaos par peur de représailles de la part de la population lors du printemps des peuples.

Les manifestants de Sidi Ifni,de Tinghir, de Bouâayach,de Taza , de Tanger, de Douar Chlihat , de Nknafa à Haha, de Khénifra , en général du Rif, de l’Atlas et de Souss lors de Tawada 3 amazighe (la 3e marche amazighe ) , tout ce beau monde semble essoufflé et comme dit le proverbe marocain « lli tlef iched lard »(celui qui est perdu doit s’asseoir par terre).

Pour combien de temps ?

La guerre des Amazighs du Nord-Mali interpelle tous les amazighs de Tamzgha sans distinction .

Les gouvernements arabes des pays de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient et les Africains noirs de la CEDEAO ont répondu présent à la voix de leur Maîtresse et marraine la France pour chasser les terroristes qu’ils ont envoyés avec sa bénédiction décimer ce qu'elle-même et les Maliens noirs auxquels elle a passé le pouvoir au Mali après son départ , ont encore laissé de vivants des Amazighs Touaregs autochtones.

Le Maroc, et sa sœur l'Algérie , par solidarité d’intérêts , de religion et de culture , ont ouvert leurs espaces respectifs aux avions de leur marraine la France coloniale d’hier et d’aujourd’hui sans aucune réaction des peuples laissés incultes , des partis et des parlements de service. 

Pire , le Maroc , pays où se trouve la majorité des Amazighs de Tamazgha mais bien tenus en laisse par l’analphabétisme , les pétrodollars et le wahhabisme , s’apprête à accueillir le président français François Hollande qui est en train de massacrer les Amazighs Touaregs avec la complicité de l’ONU et de tous les gouvernements africains de la CEDEAO tous ses protégés depuis le protectorat. 

C’est difficile d’être un Amazigh en Afrique du Nord avec une élite Amazighe qui trahit par égoïsme ou commodité, les siens et une majorité des Amazighs, laissée exprès inculte, démunie et marginalisée , par la France et les gouvernements successifs auxquels elle a passé le pouvoir pour sauvegarder ses intérêts après l’indépendance de nos pays respectifs.

La prise de conscience d’un(e) Amazigh(e) ayant encore un brin de dignité , devient un supplice infernal.

Tous les scénarios sont possibles si le peuple échappe pour un instant seulement aux diverses drogues qu’on lui fait avaler au quotidien .

Mais et un grand Mais , le syndrome syrien d’une guerre civile et toutes ces révolutions avortées, obligent toute personne dotée d’un bon sens de ne pas opter pour la violence.

Et pourtant, le Roi , comme l’admettent tous ses subalternes a tous les pouvoirs encore concentrés entre ses mains .

Est-il conscient du danger qui guette ce pays et sa propre couronne ? 

Le proverbe marocain dit que « lid lli man nqder nqetha , nbousha »(la main que je ne peux pas couper, je la baise).

Si tout le monde l'applaudit , aujourd'hui comme hier, c’est par peur seulement .Et celles et ceux qui ont l’habitude d’applaudir, ils le feront avec n’importe qui au pouvoir.C'est leur métier leur gagne- pain et leur vile stratégie mais qui a malheureusement fait ses preuves.

L’Occident fait de même : il vous applaudit tant que vous êtes au pouvoir.

Les délégations occidentales, juste hier , s’empressaient auprès de Kadhafi pour lui vendre leurs armes , avions et divers services.

Que puis-je faire?

lundi 4 février 2013

Urgent : violence policière contre la "Tawada", 136 arrestations et mépris de Benkirane

Héros national marocain, Abdelkrim El Khattabi était Amazigh rappellent les manifestants. /DR Omar Louzi.
Dimanche, le mouvement pour les droit des Amazighs
Trois manifestations devaient avoir lieu, hier, dimanche 3 février, à Rabat, Agadir et Al Hoceima. A Rabat, la manifestation a bien eu lieu, mais dans les deux autres villes, la police est intervenue en amont, pour intercepter les militants. A Agadir, « dans la principale gare routière près d’Agadir, plusieurs dizaines de personnes qui se rassemblaient pour se rendre à la manifestation ont été arrêtées », rapporte Saïd Ezzaoui, membre du bureau exécutif de la Ligue amazighe des droits humains. Les banderoles, les drapeaux amazighs, et les portables leur ont été confisqués.
« A Al Hoceima, aussi, les manifestants ont été encerclés par la police pour les empêcher de se rendre sur le site de manifestation. A Nador, 8 militants en partance pour Al Hoceima, ont été interceptés et arrêtées par la police », rapporte Saïd Ezzaoui. Toutes les personnes arrêtées par la police ont été libérées dans la journée, une fois le « risque » de manifestation écartée.

Mali : La France coloniale
A Rabat, la police s’est montrée nettement plus conciliante. Près de 300 personnes ont quitté Bab L’had, dimanche, pour s’avancer jusque devant le Parlement. « Les flics nous ont interdit d'arriver devant le consulat français pour dénoncer la politique coloniale de la France. Devant le Parlement où une centaine de policiers bloquaient la route vers le consulat », rapporte Omar Louzi, militant amazigh, sur sa page Facebook, car l’un des objectifs de la manifestation r’batie était de dénoncer l’intervention militaire française au nord du Mali.
« Les drapeaux de l'Azawad ont été brandis », indique Omar Louzi. L’Azawad est la région nord du Mali, majoritairement peuplé de Touaregs, des Amazighs, qui a été déclaré indépendant, par le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) en association avec le groupe jihadiste Ansar Dine, le 26 mai 2012. En même temps que les drapeaux de l’Azawad et des Amazighs marocains, celui du Kurdistan était également levé. Il est fréquemment soutenu par le mouvement amazigh au nom de la solidarité des peuples opprimés revendiquant le droit de se gouverner eux-mêmes.

« Corrigez l'Histoire, nous ne sommes pas Arabes »
Pendant, la manifestation les slogans « Pouvoir assassin », « Ulach Sma7 Ulach », « Corrigez l'Histoire, nous ne sommes pas Arabes », ont fusé. « Le grand résistant Abdelkrim El Khattabi était aussi très présent dans les slogans », rapporte Omar Louzi car le grand résistant marocain aux colonisations française et espagnole était Amazigh. Comme souvent dans l’histoire de l’actuel royaume chérifien, le Rif, zone montagneuse du nord du pays peuplée d’Amazighs, a été le dernier siège de la résistance à l’envahisseur.
Outre la revendication culturelle, les manifestations avaient également pour objectif de réclamer la libération de ce que le mouvement amazigh estime être des prisonniers politiques. « Lors d’affrontements entre étudiantes à Meknès et Errachidia plusieurs militants amazighs ont été arrêtés et condamnés à des peines de prisons. Aujourd’hui, Adouch et Oseya, qui appartiennent au mouvement culturel amazigh, sont encore derrière les barreaux », insiste Saïd Ezzaoui.

La sourde oreille de Benkirane
Les manifestants ont aussi réclamé que cessent la violation des droits des Amazighs et la promulgation d’une loi pour mettre en pratique le statut officiel obtenu par la langue amazighe avec la nouvelle constitution. La réponse de Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, telle qu’elle est rapportée par Bladi.net, à une interpellation devant le parlement, au sujet des Amazighs, lundi 28 janvier, laisse pantois. « Les Amazighs, des gens simples qui passent leur temps à danser », aurait affirmé M. Benkirane.
Si l’information mérite d’être confirmée, elle n’est pas totalement improbable, puisqu’en novembre 2011, lors d’un meeting, celui qui n’était encore que le leader du PJD, avait comparé la langue amazigh écrite à du chinois. « Si Baha et un autre savent lire le tifinagh, je donne ma démission du parti », s’était-il moqué. En lisant un texte amazigh écrit dans l’alphabet arabe et rempli de mots arabes, il avait lancé « Ça c’est le vrai chleuh ».
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-Violence policière à Agadir
                                            L’anti-amazighisme  
  toujours vivant au sein de la monarchie marocaine

par Masin, 3/2/2013

 
Le Mouvement amazigh à Tamazgha occidentale a appelé à un grand rassemblement "Tawada" pour ce dimanche 3 février 2013 à Agadir. Des milliers de manifestants étaient attendus alors que la police de la monarchie marocaine a déployé un dispositif impressionnant pour empêcher les manifestants de se rendre au lieu de la manifestation.



C’est notamment aux gares routières d’Agadir et celle d’Inezgane que les forces de répression se sont déployées.
Ainsi, des dizaines de personnes ont été arrêtées, des drapeaux amazighs confisqués. Les policiers, en tenue et en civil, interpellent toute personne qui porte un drapeau amazigh ou une banderole ainsi que les personnes arborant des tee-shits ou casquettes aux couleurs amazighes.
A la gare routière d’Inezgane, tôt le matin les policiers ont arrêté des personnes soupçonnées se rendre à Agadir et leur ont confisqué tout ce qu’ils ont sur eux notamment des drapeaux et des appareils photos numériques.

Par ailleurs, des militants venus par la route d’Imi n Tanout et de Marrakech vers Agadir se sont vus confisqués leur banderoles et drapeaux.
Selon les informations qui nous sont parvenues sur le terrain, la ville d’Agadir est sous tension et assiste à un déploiement de forces de répression sans précédent.

Cette attitude de la monarchie marocaine montre que la haine de Tamazight demeure l’un de ses principes. La monarchie ne saura admettre qu’Imazighen se prennent en charge. Elle ne pourra tolérer qu’une amazighité domestiquée et des Imazighen dociles intégrés dans ses institutions et acquis à ses valeurs. Ainsi, il serait un leurre que de croire que la monarchie marocaine, ou tout autre régime installé en Afrique du Nord, tolérerait un mouvement amazigh indépendant !

Nous allons suivre de près les suites de cette intervention musclée des forces marocaines et la réaction de la mouvance amazighe.

La Rédaction
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Maroc/Urgent : 136 arrestations à Agadir, un Bus arrêté à Nador, quant à ELnnif Imazighen ont pu casser les barrières

Les premiers images qui arrivent de ELNnif au sud-Est du Maroc montrent que Imazighen là bas ont pu casser l’interdiction faite par les autorités marocaines comme c’est le cas ce matin (3 Février 2013) à Agadir, où on a réussi à arrêter 136 militants Amazighs.

Les Amazighs de ElNnif ont pu casser les les barrières.


quelques images qui arrivent d'Agadir


Quant à la manifestation Tawada 3 prévue cette après midi à 14 heures, on vient d’apprendre sur place qu’on a arrêté un bus venu de Nador en direction de Hoceima le lieu de la manifestation par un barrage de gendarmerie qui ont expliqué aux voyageurs qu’ils ont des consignes pour arrêter ce bus.

Quant à Rabat c'est dans quelques instants
Plus d’info en continu sur ce sujet dans quelques instants …..
Auteur: Amazighwolrd
Date : 2013-02-03 15:28:00

 http://www.amazighworld.org//human_rights/index_show.php?id=3145http://www.amazighworld.org//human_rights/index_show.php?id=3145
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tawada RABAT 3 توادا الرباط 

 http://youtu.be/Umh6lUdPDh8

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 Les propos du chef du Gouvernement provoquent l'indignation !

Benkirane : "Les Amazighs, des gens simples qui passent leur temps à danser"

Le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane s’est attiré les foudres des mouvements amazighs marocains, qui organisent une marche ce dimanche à Rabat, pour protester contre l’attitude discriminatoire des ministres du PJD vis-à-vis des Amazighs.

L’intervention de Benkirane lundi au parlement, pour qui "les Amazighs sont des gens simples qui mangent peu et passent leur temps à danser et chanter au rythme du bandir", a été ressentie comme une provocation de trop par le mouvement.
Des militants amazighs indignés par les propos du chef du gouvernement, dénoncent "l’hostilité systématique" des ministres du PJD et l’attitude sarcastique de Benkirane, qui a tendance à aborder le sujet Amazigh de façon folklorique.
Ce comportement étonne d’ailleurs puisque les membres du secrétariat général du PJD sont des Imazighen ou ont des racines amazighes, explique Ahmed Adghirni, cité par Annahar. Le militant amazigh estime que plus des deux tiers des Casablancais sont des Imazighen, tout comme le sont quarte commerçants sur cinq au boulevard Mohammed V de Rabat.
http://www.bladi.net/benkirane-amazighs.html
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 Je viens de faire un tour en ville
Par Mohamed Hifad, 2/2/2013
Aucun signe de la troisième marche des Imazighen à Mogador, c'est-à-dire Tawada III de demain 3 février 2013.

Les organisateurs des dernières journées de la culture amazighe d’Essaouira se sont éclipsés. Ce n’est pas l’Alliance française ou l’Association Essaouira /Mogador qui vont défendre les droits des autochtones amazighs.

La devise de cette marche Tawada III, c’est : 

« Les Amazighs entre les gaz toxiques et l’expropriation des terres »,

Entendre par là les gaz toxiques au Rif et l’expropriation des terres au Sud, Haha et Souss.

L’élite de Souss : avocats , écrivains , journalistes , Associations et habitants se sont mobilisés pour chasser les services des eaux et forêts, instaurés depuis le protectorat et maintenus après l’indépendance, de leurs agdal ou vergers d’arganiers, terre et arbres inclus dans le domaine forestier par le protectorat français.

J’ai soulevé avant eux ce problème sur Mogador 7 (cf 1).Aucune réaction de la part des hihis d’ici et d’ailleurs à ce jour et j’ai même adressé une lettre à ce sujet au cabinet royal et au congrès mondial amazigh mais en vain.

Ils se mobilisent, sur le plan national et international, tandis que Mogador , la ville amazighe qui ne l’est plus , est complètement déconnectée, comme si , les Amazighs de Haha , les deux tiers des habitants de la Province , pour la quasi majorité illettrés et inconscients du danger qui les guette, ne sont pas concernés par ce problème de l’expropriation de nos agdals et terres.

Une chose est sûre : l’élite des Amazighs hihi a vendu son âme à nos ennemis .Elle a honte désormais de son origine et identité et il n’y a aucun signe de protestation de sa part.

La fierté des Amazighs est désormais défendue avec amour et dignité par les Rifains, les Soussi et les habitants de l’Atlas.

Nos Caîds élus démocratiquement par la population , Abdellah ou Bihi et Anflous , ont sacrifié leur vie pour des héritiers qui ne le méritent pas.

Loin de se préoccuper de leur terre et du sort de leurs sœurs et frères laissés sur place, ils se prélassent dans le confort de leurs Riads de Rabat , Casablanca, Agadir , Marrakech et Fes.

Les pauvres diables qui restent sur le terrain n’ont rien à envier aux Touarègs du Nord Mali aujourd’hui que la France et l’armée malienne sont en train d'exterminer comme des nazis , au vu et au su du monde entier.

.L’ONU au service de ceux qui l’ont crée peut légitimer leur crime contre l’humanité amazighe et africaine qui n’est pas forcément occidentale et celle de ses fondateurs et financiers.

Pour qui profitent les devises rapportées par l'huile des arganiers de Haha et ses dérivés si ce n'est aux riches habitants de Mogador , toutes nationalités confondues? 

Ne sont-ils pas complices de cette injustice vis-à-vis des autochtones amazighs de la région, les vrais propriétaires de cette matière première si précieuse même en temps de crise économique comme produit de luxe et qui ne gagnent rien et croupissent dans la misère noire ?

L'Etat n'a-t-il pas le devoir de les défendre en tant que citoyens marocains ou tout simplement en tant qu' êtres humains ? 

Haha a été doublement sanctionnée par les français à cause de sa glorieuse résistance et par l'Etat marocain à leur suite et elle reste à ce jour telle qu'elle était avant le protectoirat .

Le jour où il n'y aurait plus d'Amazighs au Maroc, ou s'ils n'y possèdent plus rien , il sera recolonisé en une heure sans aucune résistance.

(1)lien : http://mogador7.forumactif.com/t139-dossier-projet-de-creation-d-une-cooperative-d-usufruitiers-de-l-arganeraie


dimanche 21 octobre 2012

Lettre ouverte au Ministre de la Culture

Par Mohammed Hifad


Suite à l’affaire de la destruction ou à la tentative de destruction des gravures préhistoriques du soleil par des salafistes dans le Haut-Atlas, je regrette de vous annoncer également la destruction d’un site ancien appartenant à mes ancêtres, un arganier sacré , surnommé Sidi Abdeljalil, il y a quelques mois , près de ma maison, au douar Foulouste , Commune de Sidi Kaouki , Province d’Essaouira.

Cet arganier sacré appartenait à mes ancêtres et je l’ai fait visiter à des milliers de touristes et d’associations de toutes les nationalités. Il a fait l’objet d’un master de l’un des étudiants de notre ami et directeur de la Global Diversity. 

Je l’ai fait visiter à tout un groupe de professeurs de Harvard. Aujourd’hui l’endroit où les habitants déposaient leurs offrandes et où ils allumaient des bougies est complètement détruit de nuit, ni vu ni connu.

Dans le village on a pris le soin de répandre la rumeur des chercheurs de trésor. Il n’ y a pas de trésor sous nos arganiers sacrés. Il n’y a que les dépouilles de nos ancêtres et ces actes criminels constituent la profanation de leurs tombes. Aucune enquête n’a été ouverte à ce jour, presque une année, et les autorités locales et votre délégation de la culture à Essaouira sont restées indifférentes.

Vous n’êtes pas sans savoir, monsieur le Ministre, que de Chiadma jusqu’à Taroudant et Bizakaren, chaque village possède son arganier sacré souvent à son entrée. L’étudiant canadien que j’ai accompagné m’a précisé que les mêmes pratiques se trouvent en Irlande et les gens ne se contentent pas seulement de fixer au tronc de l’arbre des clous en nouant un fil autour, mais ils y enfoncent même des haches certainement de bûcherons ou de guerre comme pour demander la protection de l’esprit de l’arbre sacré , des ancêtres ou de vie .

Un écrivain italien m’a confirmé que les mêmes pratiques existent aussi chez eux .On vend aux pèlerins des clous avec des têtes représentant l’organe malade : la tête , le pieds etc

Autour de notre arganier sacré, il y a des fondations à fleur du sol d’environ quinze sur vingt mètres certainement les restes d’un temple ou grenier-collectif-temple puisque nos forteresses ou dépôts collectifs avaient plusieurs fonctions. C’est là où les anciens rendent leurs jugements, distribuent le travail, autorisent les fêtes et rendent un culte pour leurs divinités avant les religions monothéistes. 

Il y a toujours un puits et un lieu de dépicage (culte agraire) près de cet arganier. Mon arrière grand-mère paternelle, qui avait sa propre troupe de danseuses d’ahwach , apprenait aux filles et aux garçons à danser sur le lieu de dépicage près de notre arganier sacré.

Elle était poétesse, composait ses propres chansons et jouait de taguenza, le tambourin, ce qui a complètement disparu suite au bigotisme auquel ont été soumises les populations. Elle était capable d’improviser un poème pour défendre les siens ou remettre à sa place un arrogant qui lui manque de respect. Elle était surnommée « Tifiste » , l’hygiène, tant redoutée par ses rivaux.

Ce ne sont pas nos arganiers en eux-mêmes qui sont sacrés mais l’ancêtre qui est enterré sous cet arganier, ce qui fait que ses descendants respectent et protègent le site. C’est un culte des ancêtres africain par excellence plutôt qu’un culte de l’arbre. Il existe dans la région de Haha toute une forêt sacrée « agrm-gdal » ( de aggram, prêtre ,et agdal , forêt privée d’arganiers ) , entendre par là un cimetière collectif où chacun connaissait l’arganier sous lequel est enterré son ancêtre homme ou femme. C’est pour cela que parfois on parle de sidi Argan ou Lalla Targant selon qu’il s’agisse d’un homme ou d’ une femme.

Tout est sacré dans cet arbre et personne n’oserait emporter son bois ou ses branches à part ses noix. Lorsqu’une partie de l’arbre est morte, elle est laissée sur place.

Certains arganiers portent des noms de fondateurs de zaouïas ce qui est nouveau car les adeptes de ces confréries se contentaient d’enfoncer un clou dans le tronc de cet arbre pour le transformer pour les habitants en une annexe symbolique du mausolée de leur cheikh dans une autre région du Maroc. 

Ils donnent le nom de leur patronyme à l’arbre sacré sans bousculer trop les croyances des gens sur place. C’est un peu à la manière dont les chrétiens ont reconverti la fête païenne d’origine germanique du culte de l’arbre ou des ancêtres comme nous, en fête de Noël chrétienne.

Nos ancêtres étaient des pasteurs qui passaient presque toute leur vie derrière leurs troupeaux et ce sont souvent eux-mêmes qui choisissent l’arganier sous lequel ils désirent être enterrés. Être inhumé sous un arganier, c’est nourrir de son corps les racines de cet arbre , en faire partie et devenir son esprit .

C’est pour cela que nos amazighs vont y passer la nuit pour recevoir dans leurs rêves les conseils de l’ancêtre. Le Rais chanteur ou musicien doit aussi y passer jusqu’à plusieurs nuits pour recevoir l’accord ou le désaccord de l’ancêtre personnifié par l’arganier sacré. 

Le dernier à ma connaissance à être enterré de cette manière ancestrale a sa tombe, sous son arbre préféré et constamment clôturé par ses descendants, sur la route de Sidi Kaouki, face à l’éolienne, à l’entrée du village de Taziytount. Cette philosophie et vision du monde matérialiste de nos ancêtres présente la mort comme une continuité de la vie et la rend heureuse et supportable par la postérité.

Cette disposition d’esprit pourrait déranger nos adeptes des religions monothéistes d’où notre plainte contre X pour la profanation ou la destruction programmée de notre patrimoine matériel amazigh et nous dénonçons avec indignation l’absence totale de toute protection de nos arganiers sacrés ou autres. 

Si certaines personnes pour des raisons religieuses ou idéologiques viseraient l’éradication de nos anciens lieux de cultes polythéistes , ils doivent savoir que même la Mecque était un lieu d’idolâtrie avant l’Islam et qu’elle subirait les mêmes conséquences à court ou long terme au nom du faux prétexte de l’unicité de Dieu dont elles se serviraient contre les nôtres.

Que le Ministère de tutelle veuille bien me donner l’autorisation de rendre le « mausolée » de l’arganier sacré, connu sous le nom de « Sidi Abdeljali » ,de notre village Foulouste en son état initial dans les moindres détails et de payer pour lui un gardien permanent grâce à des rentrées touristiques ou à nos cotisations. C'est pour ne pas nous reprocher une éventuelle absence d'alternative .

Ce refus de prise en charge de notre patrimoine sous prétexte de moyens financiers et l’interdiction d’y toucher simultanément même pour les héritiers légitimes constitue une autorisation pour leur destruction et disparition et une atteinte flagrante aux droits des autochtones amazighs qui relèvent en réalité du droit international.

Veuillez agréer, monsieur le Ministre, l’expression de ma respectueuse considération culturelle.
Essaouira /Foulouste , le vendredi 19 octobre 2012.
hifadmed@gmail.com

dimanche 16 septembre 2012

Les fausses règles du jeu démocratique marocain !


Par Mohammed Hifad, 15/9/2012

Nous assistons à un détournement du printemps des peuples par les mouvements islamistes.
Les jeunes ont sacrifié leurs vies pour voir , la mort dans l’âme , de vieux islamistes et salafistes s’accaparer du pouvoir dans tous les pays arabes et musulmans y compris le Maroc et fermer les portes derrière eux au nez de tout le monde. 
Ils ont reçu ce film sur le Prophète comme un don du ciel pour aller de l’avant et canaliser la colère des jeunes contre les États Unis et les laïcs de ces pays .Ces religieux,financés et formés par les régimes théocratiques et les USA eux-mêmes , sont bien organisés et armés. Leurs militants sont envoyés partout en Somalie, en Afghanistan, en Irak et dans tous les pays où a lieu le printemps des peuples en dehors de leurs pays pour mieux les entrainer et les préparer pour les futures opérations contre leurs ennemis. 

Les jeunes diplômés au chômage, les victimes de l’injustice, de la corruption, de la marginalisation, de l’exploitation et en un mot de la dictature se trouvent démunis malgré leur nombre et manipulés par les militants-soldats des islamistes et salafistes qui maîtrisent la situation .La faute de ces jeunes, c’est de faire confiance à ces mouvements islamistes et salafistes pires que les dictatures actuelles .

Ils doivent s’organiser eux-mêmes et piloter la contestation en tant que mouvement révolutionnaire et non pas se contenter des bribes réformistes des partis de gauches et des islamistes et salafistes qui leur font croire qu’ils les soutiennent et leur ouvrent les locaux de leurs partis et Jamâa .

En réalité, les partis de gauche et les islamistes et salafistes , ne font qu’étouffer dans l’œuf la contestation de ces jeunes , qui manquent d'expérience, et leur font épouser leurs idéologies anachroniques du siècle dernier

Avec ou sans ce film, ces mouvements islamistes et salafistes vont désormais profiter du moindre prétexte pour mettre en relief leur rôle de gardiens du Temple céleste et surtout terrestre.

Ce film montre à quel point les habitants du monde arabo-musulman sont ignorants, fanatiques et sous développés ou on veut les montrer ainsi à l'opinion internationale pour justifier des actions futures encore inconnues.

Les indépendances de ces pays n’ont fait qu’accentuer l’analphabétisme et l’obscurantisme. Il reste que ces manifestations de rue sont désormais prises en main par les mouvements islamistes et salafistes qui dépendent du régime théocratique d'une manière directe ou indirecte , comme pour le cas du Maroc ou qui sont financés directement par l’Arabie Saoudite pour ceux qui souscrivent à son idéologie wahhabite.

Ce n’est en réalité qu'un simple buisson qui cache la grande forêt. Les peuples opprimés n’ont encore rien dit et sont plus préoccupés par le pain quotidien, le rentrée scolaire , l’une des plus difficiles depuis l’indépendance du Maroc , la crise, les prix qui ne cessent d’augmenter, un gouvernement impuissant qui invoque lui aussi l'aide du ciel pour justifier ou excuser tous les maux du pays.

La réaction à ce film montre clairement que la démocratie à l’occidentale ne peut fonctionner avec les régimes théocratiques et les populations actuels des pays arabes et musulmans .Il faut y préparer de nouvelles générations à partir de la maison et de l’éducation inculquée.

Tant que la mère marocaine n’apprend pas à sa petite fille et à son petit garçon en même temps à faire de la cuisine,tant que la petite fille assiste à la circoncision de son petit frère et inversement, tant que le petit garçon assiste à sa petite sœur pour qui on pique les oreilles , tant que la fille hérite la moitié de la part du garçon , il n’y aura jamais de parité entre l’homme et la femme au Maroc.

Tant que la religion est enseignée obligatoirement dans nos écoles, contre la volonté des parents, nous resterons un pays sous-développé et anti-démocratique et le plus court chemin pour arriver au pouvoir pour tous les idiots du pays restera la religion .

Si les habitants d’un pays comme la Tunisie , l’Egypte, la Libye , le Yémen et la Syrie qui sont des républiques peuvent combattre la religion et ses terribles désastres , il reste que dans un pays comme le Maroc, l’Arabie Saoudite, la Jordanie , le Bahrein, la tâche est double car il faut à la fois combattre la monarchie et la religion.

Peut-on revenir aujourd’hui au département de philosophie de la Faculté des Lettres tel qu’il était du temps de Aziz Lahbabi ? 

Peut-on revenir aujourd’hui au programme de philosophie de la terminale des années soixante et dix avant cette « Pensée islamique »(fikr islami ) moyenâgeuse mise à sa place sous la même étiquette de philosophie pour les élèves? 

L’arabisation à outrance , la marocanisation des sociétés, l’absence de la philosophie et de l’investissement public dans la recherche scientifique et le renforcement de la religion dans tous les domaines, ont pondu le Maroc sous-développé d'aujourd'hui.

De hauts cadres issus de grandes familles formés dans les alliances françaises et américaines et dans les Universités des pays occidentaux occupent tous les postes-clés sous prétexte de la compétence et de l'adéquation de l'offre et de la demande dans le domaine de l'emploi au pays.

Pour les autres, tous les autres, on leur donne des diplômes nationaux qui ne servent à rien et on les jette à la rue et à la mer .

Le nouveau gouvernement veut qu’en toute transparence les marocains(nes) se présentent aux concours organisés par les établissements publics mais il ne précise pas que les marocains (nes) qui ont fait leurs études à l’étranger ont aussi le droit de les passer, ce qui fait capoter la fameuse égalité des chances qui n’a pas été respectée en tout depuis le début.

On continuera à tourner en rond un bon bout de temps . 

On continuera à tromper ces jeunes un bon bout de temps .

Mais à la fin , ils finiront par comprendre les fausses règles du jeu démocratique marocain et n’hésiteront pas à créer les leurs ce qui surprendra et mettra devant le fait accompli tout le monde.

mardi 11 septembre 2012

Ce serait suicidaire d'aller à contre courant!


Par Mohammed Hifad,9/9/2012


Selon un religieux, il est impossible aujourd’hui de tout remettre en question après des siècles d’islamisation au Maroc. 

J e lui ai répondu que Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur et le premier président de la République turque s’est trouvé face à une Turquie ignorante et fanatique exactement comme le Maroc d’aujourd’hui. 

Et une fois qu’il a chassé les ennemis , il a instauré un Etat laïc et il a garanti cette laïcité par la constitution. Il a fermé les mosquées et il a occidentalisé la Turquie. 

Mais selon lui, je suis dans ce cas pour la dictature.

Et je lui ai répondu, qu’au début nous sommes obligés de passer par une « dictature »éclairée , maitrisée et choisie pour poser les bases d’un Etat démocratique non pas seulement sur le plan politique mais surtout économique.

Les rois du Maroc n’ont pas fait plus mais d’une manière anti-démocratique et ils ont détruit leur maison par leurs propres mains. 

Comment garantir dans les conditions actuelles, sociales et économiques, la pérennité de la monarchie et de l'Islam au Maroc ? 

C’est quasi impossible sans la fixation d’un plafond de richesse à ne pas dépasser et la restitution du surplus aux caisses de l’Etat. 

Le Roi doit donner l’exemple le premier et tous les riches vont le suivre sans aucune contrainte. 

Il faut choisir entre garder une partie suffisante de ses biens ou tout perdre en cas d’une Révolution généralisée au pays, ce qui reste possible.

Les moins de dix pour cent de la population qui possèdent aujourd’hui quatre vingt dix pour cent des richesses du pays ne vont pas les céder sans une contrainte physique et morale sinon à quoi servent une armée, un gouvernement et un parlement élus par le Peuple, la bonne gouvernance démocratique et équitable et une constitution ?

Il faut de nouveau redistribuer les richesses du pays d’une manière démocratique et juste entre les citoyennes et les citoyens et entre les régions du pays.

Si le Parti Islamiste aujourd’hui d’Erdogan en Turquie semble mener à bien le développement économique du pays, c’est grâce à l’œuvre grandiose d’Atatürk. C’est justement cette base solide qui manque aujourd’hui au Parti islamiste de Benkirane qu’on ne peut comparer à celui d’Erdogan. C’est une comparaison erronée et simpliste de la part des Marocains.
Il est grand temps de changer de cap dans le sens d’une pérennité avec de vrais changements démocratiques ou carrément de régime .

Ce serait suicidaire d’aller à contre courant !