Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est religion et politique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est religion et politique. Afficher tous les articles

dimanche 16 septembre 2012

Les fausses règles du jeu démocratique marocain !


Par Mohammed Hifad, 15/9/2012

Nous assistons à un détournement du printemps des peuples par les mouvements islamistes.
Les jeunes ont sacrifié leurs vies pour voir , la mort dans l’âme , de vieux islamistes et salafistes s’accaparer du pouvoir dans tous les pays arabes et musulmans y compris le Maroc et fermer les portes derrière eux au nez de tout le monde. 
Ils ont reçu ce film sur le Prophète comme un don du ciel pour aller de l’avant et canaliser la colère des jeunes contre les États Unis et les laïcs de ces pays .Ces religieux,financés et formés par les régimes théocratiques et les USA eux-mêmes , sont bien organisés et armés. Leurs militants sont envoyés partout en Somalie, en Afghanistan, en Irak et dans tous les pays où a lieu le printemps des peuples en dehors de leurs pays pour mieux les entrainer et les préparer pour les futures opérations contre leurs ennemis. 

Les jeunes diplômés au chômage, les victimes de l’injustice, de la corruption, de la marginalisation, de l’exploitation et en un mot de la dictature se trouvent démunis malgré leur nombre et manipulés par les militants-soldats des islamistes et salafistes qui maîtrisent la situation .La faute de ces jeunes, c’est de faire confiance à ces mouvements islamistes et salafistes pires que les dictatures actuelles .

Ils doivent s’organiser eux-mêmes et piloter la contestation en tant que mouvement révolutionnaire et non pas se contenter des bribes réformistes des partis de gauches et des islamistes et salafistes qui leur font croire qu’ils les soutiennent et leur ouvrent les locaux de leurs partis et Jamâa .

En réalité, les partis de gauche et les islamistes et salafistes , ne font qu’étouffer dans l’œuf la contestation de ces jeunes , qui manquent d'expérience, et leur font épouser leurs idéologies anachroniques du siècle dernier

Avec ou sans ce film, ces mouvements islamistes et salafistes vont désormais profiter du moindre prétexte pour mettre en relief leur rôle de gardiens du Temple céleste et surtout terrestre.

Ce film montre à quel point les habitants du monde arabo-musulman sont ignorants, fanatiques et sous développés ou on veut les montrer ainsi à l'opinion internationale pour justifier des actions futures encore inconnues.

Les indépendances de ces pays n’ont fait qu’accentuer l’analphabétisme et l’obscurantisme. Il reste que ces manifestations de rue sont désormais prises en main par les mouvements islamistes et salafistes qui dépendent du régime théocratique d'une manière directe ou indirecte , comme pour le cas du Maroc ou qui sont financés directement par l’Arabie Saoudite pour ceux qui souscrivent à son idéologie wahhabite.

Ce n’est en réalité qu'un simple buisson qui cache la grande forêt. Les peuples opprimés n’ont encore rien dit et sont plus préoccupés par le pain quotidien, le rentrée scolaire , l’une des plus difficiles depuis l’indépendance du Maroc , la crise, les prix qui ne cessent d’augmenter, un gouvernement impuissant qui invoque lui aussi l'aide du ciel pour justifier ou excuser tous les maux du pays.

La réaction à ce film montre clairement que la démocratie à l’occidentale ne peut fonctionner avec les régimes théocratiques et les populations actuels des pays arabes et musulmans .Il faut y préparer de nouvelles générations à partir de la maison et de l’éducation inculquée.

Tant que la mère marocaine n’apprend pas à sa petite fille et à son petit garçon en même temps à faire de la cuisine,tant que la petite fille assiste à la circoncision de son petit frère et inversement, tant que le petit garçon assiste à sa petite sœur pour qui on pique les oreilles , tant que la fille hérite la moitié de la part du garçon , il n’y aura jamais de parité entre l’homme et la femme au Maroc.

Tant que la religion est enseignée obligatoirement dans nos écoles, contre la volonté des parents, nous resterons un pays sous-développé et anti-démocratique et le plus court chemin pour arriver au pouvoir pour tous les idiots du pays restera la religion .

Si les habitants d’un pays comme la Tunisie , l’Egypte, la Libye , le Yémen et la Syrie qui sont des républiques peuvent combattre la religion et ses terribles désastres , il reste que dans un pays comme le Maroc, l’Arabie Saoudite, la Jordanie , le Bahrein, la tâche est double car il faut à la fois combattre la monarchie et la religion.

Peut-on revenir aujourd’hui au département de philosophie de la Faculté des Lettres tel qu’il était du temps de Aziz Lahbabi ? 

Peut-on revenir aujourd’hui au programme de philosophie de la terminale des années soixante et dix avant cette « Pensée islamique »(fikr islami ) moyenâgeuse mise à sa place sous la même étiquette de philosophie pour les élèves? 

L’arabisation à outrance , la marocanisation des sociétés, l’absence de la philosophie et de l’investissement public dans la recherche scientifique et le renforcement de la religion dans tous les domaines, ont pondu le Maroc sous-développé d'aujourd'hui.

De hauts cadres issus de grandes familles formés dans les alliances françaises et américaines et dans les Universités des pays occidentaux occupent tous les postes-clés sous prétexte de la compétence et de l'adéquation de l'offre et de la demande dans le domaine de l'emploi au pays.

Pour les autres, tous les autres, on leur donne des diplômes nationaux qui ne servent à rien et on les jette à la rue et à la mer .

Le nouveau gouvernement veut qu’en toute transparence les marocains(nes) se présentent aux concours organisés par les établissements publics mais il ne précise pas que les marocains (nes) qui ont fait leurs études à l’étranger ont aussi le droit de les passer, ce qui fait capoter la fameuse égalité des chances qui n’a pas été respectée en tout depuis le début.

On continuera à tourner en rond un bon bout de temps . 

On continuera à tromper ces jeunes un bon bout de temps .

Mais à la fin , ils finiront par comprendre les fausses règles du jeu démocratique marocain et n’hésiteront pas à créer les leurs ce qui surprendra et mettra devant le fait accompli tout le monde.

dimanche 17 juillet 2011

Au nom d’Allah…

Par Karim Boukhari (directeur de publication de TelQuel), 16/7/2011

Au nom d’Allah…
Le plus dur, dans ce que nous vivons en ce moment, est de voir comment la religion est en train d’être utilisée comme une arme contre le progrès et le changement. Cela s’appelle de l’instrumentalisation, c’est extrêmement vicieux et notre devoir est de tirer vite, vite, la sonnette d’alarme. Nous avons vu comment les mosquées ont abreuvé (et continuent) les fidèles de prêches pour les inciter à voter, à dire oui, et surtout pour dénigrer les “autres”, de plus en plus assimilés à des athées et à des ennemis de l’islam. Dans un pays où la religion reste la première force fédératrice, cela peut faire très, très mal.

Nous avons également vu comment la Zaouïa Boutchichiya a été mobilisée pour contrer la jeunesse du 20 février et lancer un retentissant “Naâm a sidi” d’un très mauvais effet. Qui a eu l’idée, qui a autorisé une telle perversion qui ajoute à la confusion des genres et peut faire beaucoup de mal à la confrérie soufie elle-même ? Il faut le dire très clairement : en détournant la tariqa de Cheikh Hamza de sa vocation, le Pouvoir est en train de nous faire courir de très gros risques. Et je ne pense pas que le mal va s’arrêter là : dans les semaines qui viennent, vous allez sans doute voir des imams surgir, ça et là, pour émettre des pseudo-fatwas diabolisant le Mouvement du 20 février et tous ceux qui osent encore dire non en général. Vous allez peut-être aussi voir de nouvelles vagues de soufis déferler sur nos villes pour expliquer à Monsieur tout le monde que voter aux prochaines élections est un devoir religieux et que ceux qui ne s’y plient pas désobéissent à Dieu. “Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage”, c’est ce qu’on dit. On peut ajouter : “Qui veut lever la tête et faire porter la voix du changement risque d’être excommunié par les représentants de Dieu sur terre”.

L’étreinte exercée par la religion ne va pas se relâcher, je ne le crois pas, et cela ne rend service ni à l’islam, ni à la société. Bien au contraire, l’irruption de la religion en politique, l’invocation d’Allah en dehors des espaces de recueillement et le cocktail explosif Halal-Haram, bon musulman-mauvais musulman, croyant-athée, vont nous compliquer la vie pour les mois qui arrivent. Parce que cela revient à opposer islam et progrès, religion et démocratie, et cela peut faire beaucoup, beaucoup de dégâts.
Plus que l’armée, plus que le Sahara, plus que le sexe, plus que le roi et plus que tout, Dieu est le premier et sans doute l’ultime tabou dans un pays comme le Maroc. Exploiter Dieu pour diaboliser les “opposants”, ou simplement les démocrates et les progressistes, est le meilleur moyen d’enterrer tout espoir de réforme politique et sociale. Ce risque existe et c’est pour cela qu’on le redit : attention ! Ce n’est pas pour les transformer en espaces de haine et d’intolérance que les mosquées ont été érigées. Et ce n’est pas pour les “charger” contre de jeunes militants du changement que les confréries ont été créées. Non et mille fois non. Alors il faut dire stop, de grâce, respectez la foi des croyants, respectez les mosquées, respectez Dieu et laissez les imams et les oulémas en dehors du “jeu” politique.

Entendons-nous bien : le problème ce n’est pas l’islam, pas Dieu, mais leur instrumentalisation par le Pouvoir et ses multiples représentations. C’est une réalité. Avant elle était triste, aujourd’hui elle est dangereuse. 

Je dois aussi rappeler, et cela n’a pas été suffisamment dit, que la nouvelle Constitution renforce la religiosité de l’Etat. La religion a même servi de monnaie d’échange pour préserver les pouvoirs absolus du chef de l’Etat : au lieu de négocier une plus grande marge de manœuvre, les partis conservateurs ont exigé que la “liberté de conscience” (une clause qui pouvait desserrer l’étreinte de la religion et réduire les possibilités de son instrumentalisation) soit retirée de la Constitution. Ils ont eu gain de cause et c’est tant mieux pour eux, mais ils n’ont pas obtenu plus de pouvoirs et c’est tant pis pour eux et pour nous aussi