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lundi 18 octobre 2010

Libération des militants sahraouis : Amnesty International accule le Maroc


Par Amnesty International,  18.10.10
A la une International : Amnesty International a appelé les autorités marocaines à la libération «immédiate» et «sans condition» des militants sahraouis des droits de l’homme détenus à Salé (Maroc) et jugés suite à leur visite aux camps de réfugiés sahraouis, a indiqué un communiqué de cette ONG.
Les trois militants sahraouis Brahim Dahan, Ali Salem Tamek et Ahmed  Naciri, dont le jugement a débuté vendredi mais a été reporté au 5 novembre, ont été arrêtés à l’aéroport de Casablanca à leur retour d’une visite dans les camps de réfugiés sahraouis et les territoires libérés, en octobre 2009. Quatre autres militants sahraouis sont également jugés dans cette affaire à savoir Yahdia Trouzi, Essalah Lebihi, Adkija Lechkar et Rachid Essaghir, mais  ont bénéficié de liberté provisoire. Ces Sahraouis sont accusés d’«atteinte  à la sécurité interne et à l’intégrité territoriale».

«Il est tout simplement inacceptable que les autorités marocaines inculpent ces sept personnes, parmi lesquelles se trouvent des défenseurs des droits de  l’homme et des ex-victimes de disparition forcée, pour visiter librement et  ouvertement les camps de réfugiés et rencontrer des membres du Front Polisario», a déclaré le directeur du programme d’Amnesty International pour le Proche-Orient et le nord de l’Afrique, Malcolm Smart. «Brahim Dahane, Ali Salem Tamek et Ahmed Nasiri se trouvent depuis plus  d’un an emprisonnés pour des actions qui ne représentent que l’exercice pacifique  de leur droit à la liberté d’expression et d’association. Les charges contre  eux ont une motivation politique claire et doivent être immédiatement retirés. Ces procès ne doivent pas continuer», a-t-il indiqué.
Ces militants sahraouis des droits de l’homme avaient été poursuivis  par un tribunal militaire, qui s’est déclaré le 25 septembre dernier incompétent. L’affaire a été transmise à la chambre correctionnelle près le tribunal de Casablanca.

lundi 4 octobre 2010

Procès des trois Sahraouis : besoin d'observateurs

 Appel à des observateurs internationaux pour assister au procès d'Ali Salem Tamek, Brahim Dahane et Ahmed Naciri, le 15 Octobre 2010, Casablanca

Les défenseurs sahraouis des droits humains, Ali Salem Tamek, Brahim Dahane et Ahmed Naciri comparaîtront devant le Tribunal de première instance, à Casablanca, le 15 octobre 2010. Il est essentiel que ce procès soit suivi par des observateurs internationaux.
Tamek, Dahane et Naciri ont été arrêtés le 8 octobre 2009, immédiatement après leur retour d'une visite aux campements de réfugiés sahraouis en Algérie. Ils ont été accusés de «menacer la sécurité de l'État marocain", et transférés au tribunal militaire de Rabat, accusés de "trahison".
Le 21 Septembre 2010, le tribunal militaire de Rabat a décliné sa compétence sur leur cas, et les a référés au tribunal civil de Casablanca.
Nous faisons appel à toutes les organisations internationales et les gouvernements étrangers pour exiger du  Maroc les conditions d'un procès équitable.

 International observers needed to attend trial of Ali Salem Tamek, Brahim Dahane and Ahmed Naciri on 15 October 2010, Casablanca
The Saharawi human rights defenders, Ali Salem Tamek, Brahim Dahane and Ahmed Naciri will appear in front of the Court of First Instance, in Casablanca, on 15 October 2010. It is vital that this trial be attended by international observers.
Tamek, Dahane and Naciri are 3 high-profile human rights activists who were arrested on 8 October 2009, immediately upon their return from a visit to the Saharawi refugee camps in Algeria. They were accused of “undermining the Moroccan state’s security”, and referred to a military court, charged with “treason”.
On 21 September 2010, the Military Court in Rabat declined jurisdiction over their case, and referred them to the Civil Court of Casablanca.
Additionally, we appeal to all international organisations and foreign governments to call upon Morocco to assure the conditions for a fair trial.

 Se necesita observadores internacionales para asistir al juicio de Ali Salem Tamek, Brahim Dahane y Ahmed Naciri el 15 de octubre de 2010, Casablanca
Los defensores saharauis de los derechos humanos, Ali Salem Tamek, Brahim Dahane y Ahmed Naciri aparecerán ante el Tribunal de Primera Instancia, en Casablanca, el 15 de octubre de 2010. La presencia de observadores internacionales a este juicio es muy importante.
Tamek, Dahane y Naciri han sido detenidos el 8 de octubre de 2009, inmediatamente después de su regreso de una visita a los campamentos de refugiados saharauis en Argelia. Les han acusado de "poner el peligro la seguridad de Marruecos", y les remitieron a un tribunal militar, acusado de "traición a la patria".
El 21 de septiembre de 2010, el tribunal militar de Rabat se declaró incompetente y remitió  caso a la Corte Civil de Casablanca.
Al mismo tiempo, hacemos un llamamiento a todas las organizaciones internacionales y gobiernos extranjeros para instar al gobierno marroquí a asegurar las condiciones para un juicio justo.

lundi 13 septembre 2010

Sahara Occidental : Lettre ouverte au Président du Parlement Européen

Par ,Ali Salem Tamek, Brahim Dahane and Hamadi Naciri,  9/9/2010
Ali Salem Tamek
Monsieur Jerzy Buzek
Nous sommes des Sahraouis, défenseurs des droits humains, qui avons souffert à de nombreuses occasions d'enlèvement et de l'emprisonnement politique en raison de notre opinion et nos activités en tant que militants des droits de l'homme, syndicalistes, et acteurs de la société civile. Pour cela, certains parmi nous ont reçu d’important prix en reconnaissance de notre lutte et de notre défense active des droits de l'homme.
Brahim Dahane
Le 8 octobre 2009, lors de notre retour d'une visite à caractère humaniste dans les campements de réfugiés sahraouis du sud-ouest de l'Algérie, nous avons été arrêtés à l'intérieur de l'aéroport Mohamed V à Casablanca, par la police criminelle marocaine avec la participation des services secrets et sécuritaires marocains. Pendant huit jours, nous avons subi des interrogatoires et des abus dont les différentes méthodes ne peuvent être détaillées dans cette lettre.
Par la suite, nous avons été présentés devant un juge d'instruction de la cour militaire marocaine à Rabat, une étape qui ne peut qu’être considérée comme une décision nous mettant très en danger. Le juge marocain nous a envoyés préventivement dans la prison locale de Salé le 15 octobre 2009.
M. le Président,
Le 28 janvier 2010, notre camarade, Mm Degja Lechgar, a été libéré sous condition, et de la même façon, trois autres camarades, M. Yahdih Terrouzi, M. Saleh Lebeihi et M. Rachid Sghair, ont été libérés le 18 mai 2010, après notre grève de la faim partagée qui a duré 41 jours. Nous avons suspendu notre grève de la faim après avoir reçu des promesses des autorités marocaines de résoudre notre cas. Mais malgré tous les appels réitérés des organisations marocaines et des internationales de défense des droits de l'homme, d'institutions gouvernementales et parlementaires de nombreux pays exigeant notre libération immédiate et inconditionnelle, le gouvernement marocain nous a gardés en détention préventive, démontrant ainsi sa réticence à nous faire comparaître devant le tribunal ou à nous libérer. Cette attitude ne peut qu’être considérée comme illégale et anormale, en contradiction du droit international, qui garantit le droit à un jugement équitable dans un délai raisonnable. Aujourd’hui, Monsieur le Président, nous avons passé plus de 11 mois en prison sans procès.
M. le Président,
Notre visite dans les camps de réfugiés sahraouis, qui relève dans le droit international et les conventions de l’exercice de la liberté de mouvement et d'expression pacifique, est devenue avec notre arrestation source d’accusations vagues et lourdes, attachant une connotation pénale à notre cas, dans une tentative flagrante de la dévier de sa vraie nature. Cette attitude confirme comment la politique du gouvernement marocain est formée de préoccupations politiques et sécuritaires – et ces préoccupations visent à opprimer les Sahraouis défenseurs des droits humains qui expriment ouvertement leurs opinions politiques contraires aux vues du régime marocain sur la question du Sahara occidental. Ce qui rend cette approche encore plus incongrue, c'est que plus de 60 autres défenseurs sahraouis des droits humains ont fait le même voyage vers les camps de réfugiés sahraouis à maintes reprises. Étonnamment, leur action n'a pas été soumise aux mêmes procédures juridiques ou questionnements, même si tous ont subi
de nombreux types de harcèlement. En conséquence, nous croyons qu’il n'y a pas plus de raison pour que le régime marocain nous maintienne en prison.
M. le Président,
La détention illégale que nous subissons est une très petite violation par rapport à la nature et la quantité des violations flagrantes commises au Sahara Occidental. Des organisations Marocaines et internationales des droits humains ont fait des rapports sur ces abus, mais le Maroc méprise tout simplement les plaintes et les protestations des démocraties internationales.
Rabat a également montré très peu de respect pour l'Union européenne, son partenaire géopolitique et économique, connue pour ses plaidoyers persistants pour le respect du droit international et des droits de l'homme dans le monde entier. Le statut de partenaire avancé accordé au Maroc a échoué à convaincre Rabat de mettre fin à ses politiques d'oppression et n'a pas réussi à mettre le pays en phase avec les normes européennes et ses critères élevés en matière de droits de l'homme. Au lieu de cela, la promotion est utilisée par les autorités marocaines pour camoufler les violations répétées et flagrantes des droits humains.
Il est inquiétant que l'Union Européenne permette que son image soit entachée par le Maroc. C’est encore plus flagrant dans le cas de l’accord de pêche, par lequel l'Union Européenne est faite complice du vol des ressources naturelles du peuple Sahraoui. Comme il est stipulé dans l’avis juridique des Nations Unies sur la question en 2002, et répété en 2009 dans l’avis juridique du Parlement Européen sur l'accord précité, les ressources sahraouies peuvent être sorties du territoire si cela est en conformité avec la volonté et les intérêts des sahraouis.
Monsieur le Président, nous n'avons jamais eu voix au chapitre dans ce cas, et le seul résultat de l’accord de pêche ressenti par notre peuple, c'est que nos voix sont davantage étouffées, puisque le Maroc se sent soutenu par l'Union Européenne dans sa revendication illégale et non-fondée sur notre patrie. Attendu que le peuple sahraoui n'a pas accepté cet accord, et qu’il n’en retire aucun bénéfice, au contraire de ce que requiert le droit international, nous exigeons que toute pêche européenne dans les eaux sahraouies cesse immédiatement.
Nous appelons votre Excellence à faire pression sur le Maroc pour que nous soyons rapidement présenté devant le tribunal, dans un jugement équitable en présence d'observateurs internationaux, ou libérés, ainsi que tous les sahraouis défenseurs des droits de l'homme et prisonniers d'opinion dans les prisons marocaines.
Veuillez agréer nos salutations
Les trois Sahraouis défenseurs des droits de l’homme, prisonniers d’opinion
Ali Salem Tamek 50010, Brahim Dahan 50014 and Hamadi Naciri 50015
Copie :
Mr. Christopher Ross, Personal Envoy of the UN Secretary General for Western Sahara
Ms. Catherine Ashton, Baroness Ashton of Upholland, PC, High Representative for Foreign Affairs and Security Policy of the European Union

mardi 20 juillet 2010

Trois Sahraouis toujours incarcérés pour avoir rendu visite à leurs familles

Par APSO,  19/7/2010.
Le Maroc applique sa loi mais pas la justice pour les Sahraouis 

Brahim Dahan, Hammadi Nassiri, Ali Salem Tamec, trois éminents défenseurs sahraouis des droits de l’homme sont détenus depuis le 8 novembre 2009 dans la prison militaire marocaine de Salé. Ils n’ont toujours pas été libérés ni jugés. 
Le silence international actuel est inconcevable.
Ils étaient parmi un groupe de 7 militants sahraouis, partis rendre visite à leur familles et amis dans les campements de réfugiés sahraouis dans le sud ouest algérien. Les 4 autres membres du groupe sont en liberté provisoire depuis les 28 janvier et 18 mai 2010.
La communauté internationale avait soutenu le groupe dans ses revendications de libération inconditionnelle et cela depuis leur disparition puis incarcération, et les 41 jours de leur grève de la faim.
Si depuis 19 ans la Minurso, mission de l'Onu, n'accomplit pas son mandat qui consiste à mettre en place un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui - démagogiquement empêchée par des grandes puissance comme la France - l'ONU a depuis quelques années affirmé la nécessité que les familles se retrouvent après plus de 35 ans de séparation, ersatz hypocritement correct à un règlement honorable de la situation.
Un 7ème groupe de militants sahraoui est revenu hier d'un même voyage d’une dizaine de jour dans les campements de réfugiés.
Une soixantaine de militants ont ainsi fait le voyage aller retour. Pour certains, ils ont été agressés, battus, frappés par la police ou par les colons marocains à leurs retours, mais aucun n’a plus été arrêté et incarcéré à grand renfort de superlatif.
C'est parce que la pseudo démocratie marocaine ne gère pas respectueusement ce dossier, à l'encontre du droit national et du droit international que ces trois hommes sont toujours enfermés et leur demande de libération ignorée.
Ils sont le symbole de la lutte pour le respect et la liberté du peuple sahraoui à étouffer éternellement.


vendredi 9 avril 2010

Le Maroc doit mettre fin au harcèlement des activistes sahraouis

Un message d'Annie Delay, coordinatrice Maroc/ Sahara Occidental, d'Amnesty International, 9/4/2010

Je vous transmets une nouvelle que vient de publier Amnesty International au sujet du harcèlement et de l'intimidation dont sont l'objet les militants sahraouis.
Comme vous le savez, cinq détenus de Salé entament leur quatrième semaine de grève de la faim et leur santé a atteint un point critique.Ils sont déterminés à pousuivre leur grève de la faim jusqu'à ce qu'ils soient, soit jugés, soit libérés.
Ali Salem Tamek, défenseur de droits humains sahraoui, adopté par Amnesty International, a été conduit à l'hôpital mardi ; il a refusé d'être nourri par intraveineuse.
Je ne dispose pas pour l'instant de la traduction française/arabe de cette nouvelle ; je vous la ferai parvenir dès qu'elle sera prête.
Amicalement,
Annie Delay
Amnesty International France
http://www.amnesty.fr
01 53 38 65 62

9 April 2010
Amnesty International has called on the Moroccan authorities to end the ongoing harassment and intimidation of Sahrawi activists, as five of six who have been detained since last October began the fourth week of a hunger strike in protest at their detention without trial.
The hunger strikers are among a number of Sahrawi activists who have faced harassment and intimidation after visiting refugee camps in Algeria administered by the Polisario Front, which calls for the independence of Western Sahara and has set up a self-proclaimed government-in-exile.
One group was beaten with batons at Laayoune airport last Wednesday when they returned to Western Sahara from the Tindouf refugee camps.
The six detainees on hunger strike were among seven Sahrawi activists arrested on 8 October 2009 at Mohammed V airport in Casablanca when they returned from visiting the Tindouf camps in Algeria.
"We are increasingly concerned for the health of these detainees as they continue with their protest," said Malcolm Smart, Amnesty International's director for the Middle East and North Africa programme.
"In fact, we consider them prisoners of conscience imprisoned for the peaceful exercise of freedom of expression, and we are urging the Moroccan authorities to release them immediately and unconditionally."
Five of the six began a hunger strike on 18 March in protest against their continuing detention without trial, and the sixth joined in earlier this week.
Although they are all civilians, they have been referred for trial by the Military Court on charges of undermining Morocco’s security including its "territorial integrity", but six months after their arrest no date for their trial has yet been set.
The six - Ahmed Alansari, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Rachid Sghir, Ali Salem Tamek, and Saleh Labihi, who joined the hunger strike last Monday – are all held at Salé Prison, near Rabat, far from their homes in Western Sahara.
The five who have been on hunger strike for longest are now reported to be too weak to leave their cells for family visits
The seventh member of the group and only woman to be arrested, Dakja Lashgar, was provisionally released in January on health grounds.
Last Wednesday, 11 other Sahrawi activists were assaulted by a crowd of people chanting slogans in support of Moroccan rule in Western Sahara when they arrived at Laayoune airport after visiting the Tindouf refugee camps.
The crowd accused them of being "traitors" because of their advocacy of self-determination for the people of Western Sahara, which Morocco annexed in 1975. Some beat the Sahrawis with batons in front of Moroccan law enforcement officials who, however, failed to intervene.
Earlier, on 9 March, another group of Sahrawi activists who had recently returned from visiting Tindouf were beaten by Moroccan law enforcement officials, who used excessive force to break up a demonstration in Laayoune in favour of self-determination for Western Sahara.
Sahrawis from Western Sahara arrived to the Tindouf refugee camps in 1975 and 1976, after Morocco annexed the territory. The Algerian government estimates the number of Sahrawi refugees in the camps to be 165,000. The UNHCR assists about "90,000 vulnerable people in the camps". A ceasefire between 

9 April 2010
Amnesty International has called on the Moroccan authorities to end the ongoing harassment and intimidation of Sahrawi activists, as five of six who have been detained since last October began the fourth week of a hunger strike in protest at their detention without trial.

dimanche 6 décembre 2009

BRAVO L'ARTISTE !

Par Baba M.Sayed,6/12/2009


Le roi du Maroc écume. Il est décidément fâché, très fâché, et il le fait savoir dans un discours prononcé, le 6 novembre dernier, à l’occasion de la « marche verte » qui a servi, l’on se souvient, d’écran de fumée à l’invasion militaire par les troupes marocaines du Sahara Occidental en 1975. De la manière la plus solennelle, bruyante et, pour tout dire gauche, pitoyable et maladroite, le roi décrète que les Sahraouis, bien qu’ils s’en défendent, sont des sujets marocains. Cette « sortie » de la part d’un roi dont le pays, faut-il le rappeler, a accepté de reconnaître, après avoir tenté d’imposer, en vain, par la force des armes au peuple sahraoui sa tutelle, que seule l’organisation d’un référendum d’autodétermination, libre, général, régulier et transparent, sous la supervision des Nations unies pourrait l’aider à sortir du bourbier sahraoui, est pour le moins surprenante et inattendue.
Car affirmer, comme l’a fait le roi le 6 novembre, que le problème du Sahara Occidental est « une question d’existence [pour la monarchie] et non une question de frontières», et que désormais, « Il n’y a plus de place pour l’ambiguïté et la duplicité : ou le citoyen est Marocain, ou il ne l’est pas », ne peut être considéré, dans les faits, que comme une déclaration de guerre, en bonne et due forme, aux Nations unies, à leur Conseil de sécurité, à leur Secrétaire général et au Représentant spécial de ce dernier, et bien sûr aux Sahraouis.

Après tout, le roi a-t-il oublié que les inlassables efforts déployés par les Nations unies - depuis l’acceptation, en 1991, par les deux belligérants , le Front Polisario et le Royaume du Maroc, du cessez-le-feu - en vue de réunir les conditions nécessaires d’un référendum d’autodétermination qui permettrait au peuple sahraoui de choisir entre l’indépendance et l’annexion de son territoire au Maroc n’ont-ils d’autre objectif, aider la communauté internationale à définir définitivement le statut du Sahara Occidental et partant, éclairer les Sahraouis sur leur devenir ? Ou le roi a-t-il cru, subitement, qu’il peut, d’autorité et par oukase royal, se substituer aux Nations unies et au peuple sahraoui et définir, comme il l’entend, le statut et l’avenir du pays des Sahraouis ? Mais alors où était Mohamed VI quand son père, sûrement plus intelligent et plus opiniâtre que lui, a avoué l’échec de son entreprise coloniale[1] au Sahara Occidental, et ce, après avoir mobilisé, pendant des décennies, les ressources et les moyens humains et matériels du Makhzen, pour l’imposer, de force, aux Sahraouis et la faire accepter par la communauté internationale ?
En réalité Mohamed VI, néophyte en politique, en même temps qu’il hérite du Maroc et de son trône, a pris conscience des sérieuses difficultés qui se dressent sur son chemin. Soucieux de se débarrasser du lourd héritage de son père et déterminé à projeter de lui et de son régime une image sympathique, a cru, à tort, qu’il pourrait tromper tout le monde et tout le temps. Tromper les Marocains en leur donnant l’illusion, à travers quelques signes d’ouverture bien limitée et quelques réformettes (révision du code de la famille, la possibilité accordée à certains journaux et magazines indépendants d’exister…etc.,) que le Makhzen a rompu avec les pratiques autoritaires du régime de Hassan II. Et tromper les Sahraouis en leur servant, directement et à travers ses représentants dans les zones occupées du Sahara Occidental, un discours qui consiste à leur faire comprendre, à l’image d’un de Gaulle, qu’il les a compris.
Dix ans après, Mohamed VI a été le premier à comprendre que sa stratégie a été un fiasco. Non seulement, il n’a réussi à tromper les Marocains et les Sahraouis qu’un temps, mais, fait plus grave, le bateau-Makhzen commence à prendre l’eau de toutes parts. Les Marocains se sont progressivement rendus compte que Mohamed, loin d’être un démocrate ou un roi moderne, n’est en réalité qu’un despote débonnaire qui fuit ses responsabilités politiques dont il se décharge sur ses amis de classe et dont le seul souci est de faire constamment la fête et de s’enrichir sur leurs dos. Et les Sahraouis qui ont pris, avec le temps, conscience que le projet d’autonomie interne que leur propose le roi n’est qu’un traquenard à éviter, ont acquis, décidément, la conviction que leur avenir et celui de leurs enfants ne peut-être garanti que dans le cadre d’un État indépendant et souverain. Sentant les dangers l’assaillir de tous les côtés, le roi ne trouve rien de mieux à faire pour se protéger et protéger ses intérêts et son trône que de renouer avec les pratiques médiévales qui étaient en vigueur du temps de son père, faire taire, y compris par le recours à la force brute, toute forme de dissidence et de contestation, au Maroc tout comme au Sahara Occidental.

Si la nouvelle stratégie royale du « tout sécuritaire » semble, du moins jusqu’à présent, ne pas susciter beaucoup de résistance à l’intérieur des frontières internationalement reconnues du Maroc, au Sud et dans les zones occupées du Sahara Occidental, elle nourrit une réelle révolte au sein d’une population qui n’accepte plus de se voir traîter avec désinvolture et mépris.



la nouvelle génération de résistants sahraouis à l’occupation militaire du Sahara Occidental par le Maroc (Aminatou Haidar, Ali Salem Tamek, Adagja, Brahim Dahan, Al Ghalia Jimy, Al Arabi, Daha, et bien d’autres) qui a eu le courage et l’intelligence de diriger, au cours des dernières années, à partir des zones occupées de la République Arabe Sahraouie Démocratique, l’intifada en ayant recours à une variété de moyens et de méthodes pacifiques aussi simples qu’ingénieuses, et par lesquelles elle a pu mettre en échec les politiques coloniales du Makhzen a, d’ores et déjà, montré qu’elle n’entend pas se laisser impressionner ni décourager par la politique de terreur annoncée par Mohamed VI le 6 novembre dernier dans son discours.
Révoltée par l’injustice caractérisée que fait subir le Makhzen à son peuple, en général, et à ses sept compagnons sahraouis en particulier, enfermés dans l’insalubre prison de Salé(au Maroc ) dans l’attente d’être traduit devant un tribunal militaire, compagnons dont le seul crime est d’avoir rendu visite à quelques-uns de leurs parents et proches dans les campements de réfugiés dans le Sud-ouest de l’Algérie, Aminatou Haidar a décidé, malgré sa santé précaire, de monter à l’assaut de la citadelle marocaine. Elle s’est rendue aux États-Unis, après avoir visité plusieurs pays africains et européens, pour alerter l’opinion publique internationale sur les graves et systématiques violations des droits de l’homme dont se rend quotidiennement responsable l’ADMIINSTRATION COLONIALE MAROCAINE au Sahara Occidental, au vu et au su de la Mission des Nations pour un Référendum au Sahara Occidental (MINURSO).
De retour à l’Aaiun (capitale du Sahara Occidental), lieu de sa résidence, les autorités coloniales marocaines essaient d’obtenir d’elle ce qu’elle a toujours refusé d’admettre ou d’accepter, y compris durant ses longues années d’emprisonnement, la marocanité du Sahara Occidental. Au terme d’une nuit d’interrogatoire serré à l’aéroport de l’Aaiun, elles décident, avec la complicité du pouvoir socialiste espagnol, de la mettre, de force, dans un avion espagnol et de l’exiler vers l’île espagnole de Lanzarote. Attitude révoltante qui fait réagir Aboubakr Jamaï, l’une des figures emblématiques du courant démocrate au Maroc et l’une des plumes les plus prestigieuses au Maghreb qui signe un éditorial retentissant dans le Journal Hebdo [2] sous le titre non moins retentissant, une stratégie stupide. Ce qu’ont fait « les autorités marocaines à l’activiste sahraouie Aminatou Haidar est illégal, immoral et stupide. Illégal parce que contrevenant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, que le Maroc a dûment signé et ratifié. Ce pacte implique que « nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays. »(Article 12m alinéa 4). Immoral parce que ce régime éloigne, contre son gré, une femme du lieu où elle et ses enfants ont toujours vécu. Nous séparons une mère de famille de ses deux enfants. […] la stupidité de l’attitude des autorités [marocaines] réside dans le fait qu’en violant les droits fondamentaux des indépendantistes, elles promeuvent justement l’idée de l’indépendance. » [3]
Bien que profondément bouleversée, 33 ans après la signature des Accords tripartites de Madrid par lesquels l’Espagne a permis au Maroc et à la Mauritanie de se partager le Sahara Occidental, son peuple et ses richesses, par la complicité du pouvoir socialiste espagnol avec le Makhzen, la Ghandi Sahraouie n’est pas du genre à se laisser abattre ou décourager par les difficultés du moment quelles que soient, par ailleurs, leur importance et leur nature. Une fois débarquée à Lanzarote, elle décide de se consacrer à ce qu’elle sait le mieux faire, organiser la résistance, en faisant de l’Aéroport de la ville son QG.
Grâce à son inébranlable détermination et à ses incessants efforts, Aminatou Haidar a su avec maestria transformer la difficulté en réussite. Malgré une santé fragile et la souffrance engendrée par de nombreuses maladies contractées lors des dures et longues années de prison au Maroc dans des conditions insalubres, elle a réussi à montrer aux démocrates marocains que la liberté de leur pays est décidément conditionnée par l’émancipation du Sahara Occidental du joug du Makhzen. Elle a également réussi à attirer l’attention du monde sur la complicité du pouvoir socialiste espagnol avec le pouvoir colonial marocain et apporter la preuve irréfutable et continue du bien fondé et de la justesse de la lutte de son peuple contre les autorités coloniales marocaines.
Par sa détermination et son courage exemplaires, l’artiste Aminatou Haidar a pu gagner de nouveaux amis et sympathisants à la juste cause du peuple sahraoui et démontrer au monde que la nouvelle stratégie de la peur et de la terreur que Mohamed VI compte mettre en œuvre au Sahara Occidental, avec le concours de son armée, de la police, des différents corps des services de renseignement et de harkis, dans l’espoir d’asservir définitivement les Sahraouis et leur pays, est devenue, d’ores et déjà, grâce à ta détermination et à celle de tes compagnons de l’intifada, un pétard mouillé.
Face à ceux qui croient encore pouvoir t’humilier et humilier ton peuple, tu as montré qu’en tentant l’exercice, ils se font humilier eux-mêmes et en direct devant le monde entier.
Le roi du Maroc Mohamed VI qui a fini par trouver dans l’Antigone sahraouie, Aminatu Haidar, un adversaire à sa mesure, a, semble-t-il, pris, pour éviter toute défaite probable dans son bras de fer avec elle, toutes les mesures et les précautions nécessaires. En plus de lui avoir fait savoir par la voie la plus autorisée, son ministère des Affaires étrangères, qu’il n’ autoriserait son retour, dans son pays et auprès des siens, qu’à la condition sine qua non qu’elle lui présente, en bonne et due forme, des excuses, il a décrété, sur toute l’étendue du territoire marocain et de la portion que son armée occupe du Sahara Occidental, une mobilisation générale de toutes les institutions et rouages du Makhzen, ministères, partis politiques, médias, ambassades, armée et services du renseignement
Dans les journaux, sur les ondes des radios et des télévisions, dans les échanges avec les chancelleries étrangères, et dans le discours des responsables militaires et politiques marocains, il est évident que les « Hautes instructions royales » ont été, comme d’habitude, suivies et appliquées à la lettre, tirer à boulets rouges et abattre L’ennemie publique marocaine numéro 1, la « dénommée Aminatu Haidar » qui a osé défier, publiquement, le redoutable Makhzen et ses symboles sacrés
Consciente qu’elle n’a, décidément, plus rien à perdre que ses chaînes, et qu’elle a désormais tout à gagner, écraser et humilier ses inhumains et arrogants tortionnaires marocains, et attirer l’attention du monde sur les souffrances de son peuple, Aminatu Haidar, a montré, depuis son exil forcé de Lanzarote, qu’elle mesure, à sa jute valeur, le sens et l’importance du combat décisif qu’elle a été amenée à livrer au Makhzen et à ses puissants soutiens à travers le monde.
Avons-nous, nous les Sahraouis, compris réellement la portée et mesuré, comme il se doit, les conséquences de ce bras de fer, à plus d’un titre, déterminant pour notre avenir et celui de nos enfants, qu’Aminatu engage, en notre nom, avec l’État marocain et ses représentants? La réponse à cette question étant donné les importants et complexes enjeux, il faut bien le reconnaître, ne va pas de soi, et pour tout dire, n’est pas simple.
Mais pour simplifier les choses, nous devons comprendre que si le Makhzen a consciemment décidé, à travers les mesures brutales et inhumaines - attentatoires au droit international et aux élémentaires droits d’une mère de famille – prises à l’encontre d’Aminatu, imposer le silence à tous ceux et celles qui contestent et refusent son ordre colonial au Sahara Occidental, l’objectif réel visé par ce même Makhzen, n’est plus ou moins, ne soyons pas dupes, que d’amener, de force et dans les meilleurs délais, les Sahraouis, tous les Sahraouis, à abdiquer en même temps que leur imprescriptible et inaliénable droit à constituer un État souverain et indépendant au Sahara Occidental, leur fierté et dignité d’hommes libres.
Le combat héroïque livré par l’artiste Aminatu, au prix de sa vie, au nom de tous les Sahraouis, nous impose d’insignes devoirs et de lourdes responsabilités dont nous devrons impérativement être conscients car, après tout, sa victoire contre le tyran engendrerait, sans nul doute, la nôtre contre la servitude et la morgue du Makhzen En attendant, nous devrons tous dire et répéter à Aminatu Haidar, symbole, par excellence, de notre fierté, bravo l’artiste.


[1] Hassan a reconnu, quelques années avant sa mort, que Le Maroc n’a pas conquis les cœurs des Sahraouis. D’où son acceptation tardive de l’organisation au Sahara Occidental, sous l’égide des Nations unies, d’un référendum d’autodétermination comme unique possibilité de définir le statut et l’appartenance du territoire
[2] Voir le Journal Hebdo du 21 au 27 novembre 2009, p. 4
[3] Ibid.


De : Diaspora Saharaui
dimanche 6 décembre 2009

dimanche 18 octobre 2009

Le Maroc n’aime pas les témoins

par José NARANJO, 13/10/2009. Traduit par Tlaxcala
Original : Marruecos no quiere testigos

Sur l’auteur

J'ai connu Brahim Dahane à Laâyoune en mai 2005. À ce moment-là, il venait de créer une association pour la défense des droits humains dans l'ancien Sahara Occidental. À cette période, toutes les villes occupées de l'ex-colonie espagnole étaient un vivier de manifestations organisées par des jeunes qui réclamaient à corps et à cris l'indépendance hors du Maroc, tout cela a été réprimé avec une brutalité sauvage. Et Dahane voulait laisser le témoignage de cette époque.                    

Brahim Dahane, sur une photo récente

Il avait déjà connu, lui, les prisons marocaines. Dans les années 80, il a été emprisonné pendant 4 ans pour avoir participé à des manifestations contre l'occupation du territoire. Il n’a jamais eu un procès avec les garanties minimales, et le Maroc n’a même pas voulu reconnaitre qu'il était dans ses centres secrets de détention et de torture. Pendant quatre ans, officiellement, Il était disparu, jusqu'à ce qu’un jour, il soit libéré.
En octobre 2005, Dahane avait été remis en prison pendant six mois sous l'accusation d’avoir créé une association illégale, puis il s’est retrouvé dans la rue. Mais il a continué à œuvrer pour dénoncer ces violations parce qu'il dit n’avoir que très peu à craindre. Il y a quelques semaines je l'ai vu à nouveau à Laâyoune et il n’a pas bougé d’un millimètre de ses positions.
Le 8 octobre dernier, avec six autres militants parmi lesquels se trouvait Ali Salem Tamek, cinq fois emprisonné par le Maroc, Dahane retournait au Sahara occupé après avoir rendu visite à ses frères sahraouis exilés dans les camps de réfugiés de Tindouf. Cependant, juste après avoir atterri à Casablanca, son dernier appel téléphonique adressé à une camarade de l'association ne laissait présager rien de bon. « Nous sommes sur la piste de l’aérodrome cernés par des voitures de police », avait dit Brahim.Depuis, on ignore où il se trouve.
Déjà, dans les jours précédents, une bonne partie de partis politiques et de la presse marocains s'étaient consacrées à créer chauffer l’ambiance contre Tamek, Dahane et ses camarades. Pendant au moins trois jours, leur détention n’avait même pas été communiquée à leurs familles et amis et ce n’est que 72 heures après seulement, qu’ils en ont été informés, bien que les militants se trouvent toujours dans un lieu inconnu. L'affaire paraît sérieuse, car ils sont accusés de trahison à la patrie, de séparatisme et de conspiration contre l'intégrité territoriale, ce qui pourrait leur valoir une lourde condamnation. Mais ces détentions n'apporteront que des souffrances supplémentaires.
Les yeux de Dahane, de même que ceux de Tamek, Aminatou, Hmad, Daddach ou de tant d'autres militants, sont les seuls que le monde peut avoir pour apprendre ce qui passe à Laâyoune, à Smara, à Dakhla, à Boujdour. C’est grâce, en grande partie, à leur travail et à leur engagement, que le monde a pu savoir que dans l'ex-colonie espagnole, les forces de l'ordre marocaines violent, torturent, frappent et menacent quiconque montre de la sympathie, si minime soit-elle, pour la cause du peuple sahraoui.
Ils ne sont pas des terroristes, ni des gens violents. Ils préfèrent la parole, la discussion et ils aiment, par-dessus tout, leur peuple. Ils ne sont pas parfaits et parfois ils font des erreurs, mais ils ne veulent pas, non plus, être des martyrs. Ils ont sacrifié une bonne partie de leur vie pour une cause qu’ils croient juste. Et cela les a amenés à sentir dans leur propre chair la douleur, la peur, l’angoisse et toutes sortes de souffrances. Ils sont, comme je l’ai déjà dit, la voix qui s'élève pour dénoncer l'injustice. Le problème c’est que le Maroc ne veut ni yeux, ni voix, ni témoins et que le Sahara soit toujours, comme jusqu'à présent, le royaume de l'impunité devant le dédain peureux et pathétique des gens qui dans la Communauté internationale « se battent » pour les droits humains. Du moins, en ce qui concerne le Sahara.

vendredi 16 octobre 2009

Des militants sahraouis pris pour cible après s'être rendus dans les camps de Tindouf

 Par AMNESTY INTERNATIONAL, 13/10/2009

DÉCLARATION PUBLIQUE

Maroc et Sahara occidental. Des militants sahraouis pris pour cible après s'être rendus dans les camps de Tindouf

Amnesty International est préoccupée par l’arrestation et la détention au secret de sept militants sahraouis, qui pourraient faire l’objet de poursuites sur la base de charges forgées de toutes pièces. L’organisation demande leur remise en liberté immédiate car ils sont peut-être des prisonniers d’opinion, détenus uniquement pour avoir exprimé, sans recourir à la violence ni prôner son usage, leur soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui.

Ahmed Alansari, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, Rachid Sghir et Ali Salem Tamek ont été arrêtés vers 13h30 le 8 octobre à l’aéroport Mohamed V de Casablanca. Ils arrivaient d’Algérie, où ils avaient séjourné dans les camps de Tindouf entre le 26 septembre et le 8 octobre. Selon les informations recueillies, ils ont été appréhendés à leur descente d’avion. Ces personnes appartiennent à des organisations de défense des droits humains et d’autres groupes de la société civile, notamment les sections pour le Sahara occidental de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), l’Association sahraouie des victimes des violations graves des droits de l’homme commises par l'État du Maroc (ASVDH) et le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme (CODESA). Plusieurs d’entre elles se consacrent depuis longtemps à la situation au Sahara occidental et à la collecte d’informations sur les violations des droits humains qui y sont perpétrées. Deux au moins ont été victimes dans le passé d’une disparition forcée. Il s’agit de Dakja Lasghar, la seule femme du groupe, et de Brahim Dahane, qui a « disparu » dans les années 1980, puis a été remis en liberté en 1991. Quatre ont déjà effectué un séjour en prison, notamment Ali Salem Tamek, un prisonnier d’opinion adopté par Amnesty International.

Selon une dépêche de l’agence de presse officielle marocaine en date du 8 octobre 2009, le procureur du roi de la cour d’appel de Casablanca a ordonné que les sept militants sahraouis soient remis aux services de la police judiciaire. Cette dépêche indique par ailleurs qu’ils ont été arrêtés pour avoir porté atteinte aux intérêts supérieurs du pays en raison de leurs contacts avec des « parties hostiles au Maroc » (allusion probable aux rencontres avec des représentants du Front Polisario, qui a proclamé un gouvernement en exil dans les camps de Tindouf). Outre leurs entretiens avec de hauts responsables du Front Polisario, les sept militants auraient assisté à plusieurs conférences et manifestations organisées en leur honneur, autant d’activités qui ne peuvent être considérées que comme relevant de l’exercice légitime et pacifique de la liberté d’expression, d’association et de réunion, garantie par le droit international et les normes internationales.

Les autorités marocaines n’ont informé les proches des personnes concernées que quatre jours après leur arrestation, le 12 octobre en début de soirée, en violation de l’article 67 du Code de procédure pénale qui prévoit que la police judiciaire doit contacter la famille du suspect dès la décision de placement en garde à vue. Il a en outre été précisé aux proches qu’ils n’étaient pas autorisés à rendre visite aux détenus pendant la durée de leur garde à vue, ce qui vient confirmer les craintes que cette affaire soit considérée comme relevant de la sûreté intérieure ou extérieure de l’État. L’article 66 du Code de procédure pénale prévoit que la garde à vue peut dans ce cas durer jusqu’à huit jours, sur autorisation du parquet.

Amnesty International est également préoccupée par les informations selon lesquelles la famille de l’un des détenus est soumise à des actes de harcèlement. Depuis le 11 octobre en fin de soirée, des membres de la police et des forces auxiliaires sont postés autour de la maison d’Ahmed Alansari, dans le quartier Salam de la ville de Smara, et empêchent des personnes, y compris des proches, de se rendre à l'intérieur. L’épouse d’Ahmed Alansari, Biba Lala Salkha, aurait en outre été verbalement molestée par les forces de sécurité. Le 11 octobre, elle s’est rendue au parquet général de Smara pour déposer une plainte concernant l’arrestation de son mari et l’importante présence des forces de sécurité devant son domicile. Sa plainte n’a toutefois pas été enregistrée. Elle a entamé le 12 octobre, en compagnie de ses deux aînés, une grève de la faim de quarante-huit heures en signe de protestation contre ces actes de harcèlement.

Amnesty International demande également aux autorités marocaines de révéler le lieu exact où se trouvent les sept militants détenus par la police judiciaire de Casablanca, de les autoriser à entrer en contact immédiatement avec leur famille et leurs avocats et de leur fournir tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin.

Complément d’information

L’arrestation des sept Sahraouis intervient dans un contexte marqué par les attaques de médias marocains et d’un certain nombre de partis politiques contre les militants de la cause du Sahara occidental, qualifiés de « traîtres » et parfois désignés à la vindicte publique. Les visites familiales entre le Sahara occidental et les camps de Tindouf, dans le sud de l’Algérie, se déroulent sous les auspices du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Des militants sahraouis s’étaient déjà rendus en Algérie, mais c’est la première fois que certains d’entre eux visitent les camps de Tindouf.

Ces arrestations se produisent par ailleurs à un moment où les informations faisant état de la persécution de militants sahraouis se multiplient. Des violations du droit de toute personne de quitter son pays, garanti par l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Maroc est partie, ont notamment été signalées. Cinq militants sahraouis qui entendaient se rendre en Mauritanie ont ainsi été empêchés de sortir du Maroc le 6 octobre. Après avoir subi de longs interrogatoires, ils se sont vu confisquer leur papiers d'identité avant d'être remis en liberté sans qu'aucune explication ne leur ait été fournie quant à l'interdiction de sortir du pays.

Le statut du Sahara occidental, territoire annexé par le Maroc en 1975, reste un sujet tabou pour les autorités de Rabat, qui ne font guère preuve de tolérance envers celles et ceux qui expriment publiquement leurs opinions en faveur de l’indépendance de ce territoire. Le gouvernement marocain s’en prend non seulement aux militants qui réclament l’autodétermination pour le Sahara occidental, mais aussi aux défenseurs sahraouis des droits humains qui enquêtent sur les violations des droits fondamentaux perpétrées dans ce contexte. Ces derniers continuent de subir des actes de harcèlement et d’intimidation, quand ils ne font pas l’objet de poursuites judiciaires. Amnesty International craint qu’ils ne soient pris pour cible en raison de leurs activités de défense des droits humains et de l’exercice, pourtant pacifique, de leur droit à la liberté d’expression, notamment de leur droit à promouvoir sans violence l’autodétermination. Ils sont également en butte à des obstacles administratifs motivés par des considérations politiques, qui les empêchent d’enregistrer officiellement leurs organisations et entravent davantage leur travail.

Amnesty International a demandé à de multiples reprises aux autorités marocaines de prendre des mesures concrètes pour que tous les Sahraouis puissent exercer pleinement leur droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion, inscrit dans le droit international, en particulier le PIDCP. L’organisation a également demandé aux autorités marocaines de faire en sorte que les défenseurs sahraouis des droits humains puissent recueillir et diffuser des informations et des opinions sur les questions de droits humains sans craindre d’être poursuivis, harcelés ou soumis à des tentatives d’intimidation, conformément à la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998.





jeudi 30 avril 2009

« La répression marocaine contre les enfants mineurs sahraouis est systématique et a des connotations stratégiques »

Une interview de Ali Salem TAMEK علي سالم التامك

Santa Cruz de Tenerife. - Ali Salem Tamek est un symbole pour le peuple sahraoui. Fondateur du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA), il a été emprisonné et torturé en de nombreuses occasions. Actuellement et depuis deux ans, les autorités de Rabat l’empêchent de faire des études de journalisme en lui refusant un droit fondamental de plus : celui à l'éducation. Déclaré « ennemi public numéro un » au Maroc par le fait de son soutien à l'autodétermination du Sahara, il n’a pas été seul a avoir vécu dans sa propre chair la plus cruelle des violences. Sa femme également a été violée par cinq policiers marocains alors qu’elle venait lui rendre visite à la prison et devant les yeux de sa fille âgée de moins de 4 ans. « Cette situation impose à tous les Sahraouis de penser la même chose : chercher chaque jour une nouvelle forme de lutte », a-t-il déclaré au Service de Communication Sahraoui des Iles Canaries (SCSC).

Le nouveau représentant du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross, a déjà effectué une tournée dans la région et Ban Ki-Moon a tenu compte de ses appréciations dans son dernier rapport au Conseil de Sécurité, avez-vous perçu quelque changement ?

« Ross est arrivé après que son prédécesseur, Vont Walsum, il viole le principe de neutralité qu’il aurait dû maintenir mais il s’était aligné sur une des parties en abandonnant l'objectivité qu’il était présumé représenter. Il s'agit d'une personnalité au profil beaucoup plus important, autant par son expérience de la région que par le fait d'avoir été informé en permanence sur la question sahraoui car il a été ambassadeur US en Algérie. De plus, indirectement, son avis est un avis de poids aux USA. Notre principal espoir est l'amélioration de la situation des droits humains au Sahara occupé par le Maroc. Cependant, il semble encore trop tôt pour que des changements se produisent et, malgré cela, le dernier rapport du secrétaire général au Conseil de Sécurité n'aborde pas cette question de manière claire, nous sommes déçus ».

Le Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA), dont vous faites partie, s'est récemment réuni à Rabat avec des représentants de l'ambassade des USA pour traiter de la situation du Sahara, croyez-vous que l'arrivée d'une nouvelle administration à Washington peut changer la situation de blocage du conflit ?

« Nous maintenons des contacts permanents avec l'ambassade US. Le thème à traiter tourne toujours autour de la situation des droits humains au Sahara et à la répression dont les militants sahraouis sont victimes et qui s’abat sur la population civile en général. Nous travaillons également sur la situation de nos prisonniers politiques dans les prisons marocaines. Quant à la nouvelle administration usaméricaine, il convient de signaler que les premiers rapports du Département d'État démontrent qu’elle n’a pas planché directement sur le problème sahraoui. Ils maintiennent toujours une certaine bienveillance avec le Maroc. Bien que nous ayons gardé de nombreux contacts avec des hommes politiques usaméricains, on ne voit pas encore de résultats concrets ni positifs ».

Depuis le mois de mai 2005, dans les prisons marocaines, les prisonniers politiques sahraouis font des grèves de la faim très dures pour réclamer des conditions d’incarcération plus acceptables. Actuellement où en est la situation ?

« Ils sont toujours torturés, enfermés dans des cachots réduits et isolés comme les trois étudiants qui ont fait récemment une grève de la faim pendant 56 jours, à la limite du péril de leur vie, dans une prison de Marrakech. Leur délit est d’avoir participé à une manifestation pacifique. Tandis que, le conducteur d'autobus qui a tué deux étudiants sahraouis à Agadir en décembre a été condamné seulement à 4 mois de prison et maintenant il est sorti. Bien que les organismes internationaux qui ont pour tâche de surveiller le respect des droits fondamentaux soient au courant de la réalité, nous ne voyons toujours pas d'améliorations et, le plus dangereux, c’est que les puissances qui pourraient avoir une influence dans le concert international traitent la question des droits de l’homme dans le sens de leurs intérêts politiques, et non comme un principe universel dont nous tous devrions jouir. Je profite de cette occasion pour demander à la communauté internationale qu’elle fasse pression sur le Maroc et sauve ainsi la vie du prisonnier sahraoui Yahya Mohamed El Hafed (1), qui se trouve dans un état de santé critique, il a été transféré dans un cachot d’isolement de la prison d'Ait Melloul à Agadir ».

Mais face au blocus habituel de l’information, le témoignage des violations permanentes des droits humains par le Maroc au Sahara est déjà connu…

« Oui, mais, par exemple, depuis deux ans, même le rapport sur le Sahara du Haut commissaire aux droits de l’homme de l'ONU n’est toujours pas publié. Amnesty International, Human Rights Watch, la délégation ad hoc du Parlement Européen et les organisations comme Frontline ont visité les territoires occupés par le Maroc et ils ont vu, de leurs propres yeux, la répression sur notre peuple. Y compris l'Association marocaine de défense des droits humains (AMDH) a mis en évidence la situation et, malgré tout, il semble qu’il n’y ait pas d’écho à l'ONU ni dans les principaux pays, puisque l’ordre de protéger la population n’a pas encore été donné aux casques bleus de la MINURSO. Tout ceci engendre frustration et tristesse pour les milliers de Sahraouis et les amis du Sahara ».

Toutefois, le rapport préliminaire du Parlement Européen est censé avoir porté un coup dur à l'administration marocaine…

« Même le rapport du Parlement Européen, qui confirme les violations des droits humains, oublie des circonstances telles que les viols des femmes et des prisonniers ou la spoliation des ressources naturelles. Ils ont été les témoins du blocage marocain autour de leur hôtel, des arrestations et de la répression généralisée des forces de sécurité. N'oublions pas que le Maroc a tardé deux ans pour autoriser cette visite et il a eu le temps de préparer le scénario idéal, il a organisé un contrôle de fer du groupe des eurodéputés et c’est lui qui a déterminé le temps de son séjour afin d’éviter qu'ils puissent voir les constantes manifestations contre l'occupation ».


Cette frustration faute d'avancée pourrait-elle amener un retour à la guerre ? Et, dans ce cas-là, la guerre pourrait-elle s’étendre cette fois-ci aux villes sahraouies occupées par le Maroc ?


« Les lois internationales garantissent le droit de se défendre et de résister pour la défense des droits légitimes des peuples. Notre cause est une cause juste, claire et transparente. Depuis la signature du cessez-le-feu en 1991, cela fait 18 ans que nous sommes dans une impasse qui n'est ni la guerre ni la paix. Divisés par un mur miné, un des plus dangereux du monde, soumis à la répression brutale et supportant la spoliation de nos richesses, le Maroc continue à ignorer la légalité et les résolutions de l'ONU. Cette situation impose à tous les Sahraouis de penser la même chose : chercher chaque jour une nouvelle forme de lutte. Ce n'est pas une question émotionnelle, mais stratégique, qui marquera le destin de notre peuple, une option imposée et non choisie. Mais c’est notre représentant, le Front Polisario, qui prendra la décision ».


Les enfants et adolescents mineurs sahraouis sont une cible particulièrement touchée par la répression marocaine au Sahara, Quel est le but de cette nouvelle stratégie du Maroc ?


« Il s'agit d'une question de grande importance qui n'a rien de fortuit. Le régime marocain ne fait rien de façon spontanée. La répression contre les enfants mineurs sahraouis est systématique et a des connotations stratégiques. Ces enfants, ces jeunes qui sont aujourd’hui emprisonnés, torturés et violés sont nés dans un environnement d’occupation et de soulèvement permanent et se sont eux qui adaptent et actualisent cette culture de la résistance. Le Maroc essaye d'annihiler leurs actions parce qu'il connaît leur importance pour le peuple sahraoui. C'est pourquoi nous avons constitué récemment le Forum pour la Protection de l'Enfance en tant qu’outil pour faire connaître cette campagne d'extermination de nos enfants mineurs. Des enfants de 5 ans ont été torturés pour avoir brandi le drapeau sahraoui ».


Bien que le Maroc ne réduise pas le degré de violence de sa répression, il se forme chaque fois davantage de groupes de défense des droits humains au Sahara, quelque chose a-t-il changé pour que ce phénomène se produise ?


« Non, la répression marocaine est dirigée contre tous les droits civils et politiques des Sahraouis, parmi lesquels ceux de se réunir et de s’organiser. Toutes les organisations qui se sont constituées sont interdites légalement c’est pourquoi leur apparition et leur activité représentent une énorme réussite qui est le résultat de la lutte des Sahraouis pour leur liberté. Ce n’est ni un cadeau ni un crédit de l’État marocain. Et cela n’implique ni ouverture ni nouvelle démocratie de la part du Maroc ».


Et, qu’en est-il de l'appui du gouvernement espagnol aux thèses marocaines pour le Sahara ?


« Personnellement, le gouvernement espagnol ne me semble pas trop démocratique parce que dans cette affaire sa position ne reflète pas la volonté politique des peuples d'Espagne. Ces peuples sont l'élan central, le cœur de la solidarité avec le Sahara vers le monde. En attendant, le gouvernement de Zapatero brandit le drapeau des droits de l’homme mais il n’endosse pas la responsabilité de son rôle historique au Sahara et il détourne son regard lorsqu’on lui parle de l'extermination des Sahraouis. C'est une question de business ».


Notes

1- Yahya Mohamed El Hafed

Le défenseur des droits humains Yahya Mohamed el Hafed Aaza torturé et placé à l’isolement

Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce de la torture et de la mise à l’isolement du défenseur des droits humains M. Yahya Mohamed el Hafed Aaza, actuellement détenu dans la prison d’Aït Melloul. Yahya Mohamed El Hafed Aaza est membre de la branche de Tan-Tan de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), ainsi que de l’assemblée constitutive du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA).

Le 4 mars 2008, Front Line avait lancé un appel urgent concernant l’arrestation arbitraire de Yahya Mohamed El Hafed Aaza.

Le 3 avril 2009, Yahya Mohamed El Hafed Aaza et neuf autres prisonniers sahraouis auraient été victimes de torture dans la prison Enzkan. Ils ont ensuite été transférés dans la prison d’Aït Melloul, où Yahya Mohamed El Hafed Aaza a été placé à l’isolement, sans couverture ni vêtements et sans suffisamment d’eau et de sucre, dont il a besoin car il mène une grève de la faim. Yahya Mohamed El Hafed Aaza souffre de rhumatismes, d’asthme, d’anémie et d’autres maladies pour lesquelles il a passé trois mois à l’hôpital quand il été emprisonné à Enzkan. Le 4 avril 2009, sa femme et son père n’ont pas été autorisés à lui rendre visite et il leur a été demandé d’avoir une autorisation du Directorat des Prisons à Rabat (qui se situe à 700km d’Aït Melloul).

Yahya Mohamed El Hafed Aaza a été arrêté le 29 février 2008 alors qu’il travaillait dans son magasin à Tan-Tan, dans le sud du Maroc. Il semble que son arrestation soit liée à des manifestations pacifiques en faveur de l’indépendance, qui avaient eu lieu deux jours plus tôt à Tan-Tan. En septembre 2008, il a été condamné à 15 ans de prison lors d’un procès inéquitable. Yahya Mohamed El Hafed Aaza avait déjà été victime d’intimidations. En 2004 et 2006, il avait été arrêté par les services marocains de renseignement militaire. En 2005, il aurait été enlevé par ces mêmes services pendant deux semaines, durant lesquelles il a été torturé.

Front Line pense que la torture et la détention continue de Yahya Mohamed El Hafed Aaza a un lien direct avec son travail en faveur des droits humains. Front Line est très inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de Yahya Mohamed El Hafed Aaza.


Source : Front Line (Protection des Défenseurs des Droits Humains), 23 avril 2009

Quelques repères historiques sur le mouvement des défenseurs des droits humains au Sahara Occidental
Depuis toujours, la répression contre la population sahraouie a été liée à la question de sa libre détermination. Pays colonisé par l'Espagne jusqu'en 1975, toute tentative de création d'un mouvement nationaliste a été durement réprimé par les autorités coloniales. Depuis l'invasion marocaine en novembre 1975, le régime alaouite a utilisé toutes ses ressources répressives contre la population civile sahraouie: bombardements au napalm, arrestations massives, assassinats.
Durant les premières années de l'occupation marocaine, la question des violations systématiques des droits humains a été entièrement occultée par le conflit militaire, alors que des centaines de civils étaient arrêtés, torturés, puis "disparus" pour le simple fait d'être sahraoui.
1989: création de l'Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA). Quelques membres de familles, en exil, s'inspirant des expériences latino- américaines, fondent leur association qui deviendra au fil des ans la référence au niveau international. Participation aux commissions et sous-commissions des droits de l'homme de l'ONU, contacts avec des ONG internationales…
1991: en juin, le Maroc annonce la "libération" de plus de 300 disparus sahraouis dont il niait l'existence. Peu à peu, ils feront connaître le calvaire des centaines de disparus enlevés par les autorités marocaines.
1993: création à Rome du Bureau pour le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental, aujourd'hui BIRDHSO.
1994: des rescapés des bagnes secrets libérés en 1991, créent le "Comité de coordination des victimes sahraouies de la disparition forcée" qui entame différentes démarches pour la reconnaissance de leurs droits.
Août 2000: création à El Ayoun (capitale du Sahara Occidental occupé) de la Section Sahara du Forum Vérité-Justice qui regroupera la majorité des défenseurs sahraouis des droits de l'homme.
Septembre 2001: création à El Ayoun du "Comité pour la libération de Mohamed Daddach et tous les prisonniers politiques sahraouis". Son travail conjoint avec le BIRDHSO et d'autres organisations internationales, aboutira à la libération des 26 prisonniers politiques sahraouis en novembre 2001. Depuis lors, Sidi Mohamed Daddach devient le symbole de la lutte pour la défense des droits humains au Sahara Occidental. Il obtiendra le prix RAFTO des droits de l'homme (Norvège) en 2002
2002: Création du "Comité pour la libération de Ali Tamek Salem (membre du Forum Vérité-Justice arrêté et condamné par les autorités marocaines) et prisonniers politiques sahraouis.
Juin 2003: Dissolution par les autorités marocaines du Forum Vérité-Justice - Section Sahara.
Janvier 2004: libération de Tamek et 11 autres détenus politiques sahraouis
Source :
http://www.birdhso.org/appel0904.html, 14 avril 2009
Lire également
Rapport sur les intimidations perpétrées par les autorités marocaines contre les défenseurs Sahraouis des droits de l'homme. 14 avril 2004
Rapport annuel sur les violations des droits humains au Sahara Occidental 2006