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jeudi 27 février 2014

Sahara : Un responsable britannique s'attaque au Maroc

  • Par : Yassine Majdi, TelQuel, 25/2/2014
Sahara. Un responsable d’ONG britannique s’attaque au Maroc
Crédit photo: AFP

Le responsable de l’ONG britannique War On Want, qui lutte pour les droits de l'homme, John Hilary, a publié, mardi 25 février, une colonne sur le site du quotidien britannique The Guardian où il se montre très critique envers les autorités marocaines.

Après la France, le Royaume-Uni semble être le nouveau terrain de bataille entre le front Polisario et le Maroc. En effet, c’est dans la soirée du 25 février que se tiendra une rencontre parlementaire sous le thème « Droits de l’homme et Sahara occidental » à la chambre des représentants britannique et ou sera présent Brahim Dahane, un activiste des droits de l'homme pro-polisario.  Une rencontre qui fait suite à la visite d’une délégation britannique composé de parlementaires et d’activistes des droits de l’homme au Sahara. C’est à cette occasion que John Hilary a publié sa tribune sur le site de The Guardian.

Laâyoune, un Disney Land du désert
Dans sa colonne, Hilary qualifie dénonce l’ « état policier » dans la région.  Selon le représentant de War On Want, le Maroc est un « occupant » qui a « déversé de larges sommes d’argent au Sahara Occidental afin d’encourager les colons  à s’installer et créer une illusion de progrès et de normalité ». Le développement de la région par le Maroc, donne l'impression que "Laayoune devient un Disney Land du désert", selon le militant associatif. Ce dernier revient également sur les manifestations pro-polisario de Maatalah qu’il qualifie de « pacifiques » tout en indiquant  qu’aucune autorisation n’a été donnée  pour la tenue de celle-ci.
L’activiste des droits de l’homme s’attaque également a l’Union Européenne qu’il accuse « d’être complice du pillage des ressources sahraouies ». A ce sujet, il mentionne le récent accord de pêche entre l’UE et le Maroc.
Pour rappel,  le mandat de la MINURSO prend fin le 30 avril prochain et doit être renouvelé durant ce mois par le conseil de sécurité de l’ONU, dont le Royaume-Uni est un membre permanent.
 http://www.telquel-online.com/content/sahara-un-responsable-d%E2%80%99ong-britannique-s%E2%80%99attaque-au-maroc?

samedi 11 août 2012

Communiqué de l'Association Sahraouie des Victimes des Violations Graves des Droits Humains Commises par l'Etat Marocain

(A.S.V.D.H)
Président: Mr. Brahim DAHANE.                                         Vice-présidente: Mme. Elghalia DJIMI
E-mail: brahimabde@gmail.com                                                         E-mail: elghaliadjimi@yahoo.fr
Tél: +212 657886476                                                                           djimi.elghalia84@gmail.com
                                                                                                                     Tél: +212 66 05 14 35

Association Sahraouie
des Victimes des Violations Graves des Droits Humains Commises par l’Etat Marocain
A S V D H
Communiqué
À l’occasion de ce 9 août, Journée Internationale des Peuples Autochtones, l'ASVDH adresse ses meilleurs vœux à tous les peuples autochtones à travers le monde et exprime sa préoccupation totale à l’égard de la série de violations touchant des droits du peuple sahraoui dans les territoires occupés.
Créée le 7 mai 2005 et toujours en attente d’enregistrement par le gouvernement marocain, l'ASVDH suit avec rigueur et attention la situation des droits de l'homme au Sahara Occidental.
L'ASVDH souligne l'ampleur des violations commises contre les civils sahraouis sur leur terre et attire l’attention sur les violations de leurs droits politiques et civils, mais aussi de leurs droits économiques et socioculturels.
Depuis le 21 mai 2005, dans plusieurs villes du Sahara Occidental et au Maroc, les Sahraouis sortent régulièrement dans la rue pour des manifestations pacifiques de revendication du respect du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. Les forces de police, forces auxiliaires marocaines ont répondu par une répression sauvage et brutale contre les manifestants et perpétré de graves violations des droits humains. Résultat : des centaines de Sahraouis blessés, torturés, jetés dans les prisons marocaines et 17 portés disparus.
En contravention de l’article 29 de la Convention relative aux Droits de l’Enfant et de l’article 5 de la Déclaration de l’UNESCO sur la diversité culturelle, les Sahraouis n’ont accès à l’école qu’à l’histoire officielle du Maroc, et rien ne leur est enseigné de leur propre histoire, ni transmis de leur culture.
Dans le désert, les mines antipersonnel et autres restes de guerre, les interdictions marocaines mettent en péril la vie nomade et traditionnelle des Sahraouis. Vivre dans le désert, transmettre les connaissances autochtones ancestrales n’est pas possible.
Les Sahraouis ne peuvent d’autre part pas enregistrer leurs enfants à l’état civil sous le prénom qu’ils souhaitent, en particulier des prénoms hassani composés.
Les droits socio-économiques des Sahraouis sont quotidiennement violés dans ce territoire riche en ressources naturelles. Selon le droit international, le peuple sahraoui doit être entendu sur les activités économiques qui se déroulent dans son pays, il doit y consentir et en bénéficier. Mais le Maroc n'a jamais consulté les Sahraouis qui ne sauraient consentir, et les bénéfices découlant de l'exploitation des ressources naturelles vont au gouvernement, aux entreprises du Maroc, et de pays complices.
Le pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental est en connexion avec le changement démographique dans la partie occupée du territoire, du fait de l'introduction massive de colons en provenance du Maroc. La population de colons est aujourd'hui plus importante que la population autochtone sahraouie.
En cette journée dédiée aux peuples autochtones
L’ASVDH réitère sa demande à l’ONU d'élargir le mandat de la MINURSO à la surveillance des droits humains dans le Sahara Occidental, pour en protéger activement le peuple autochtone.
Et demande au gouvernement marocain de respecter les droits culturels du peuple du Sahara Occidental, et dénonce les mesures coercitives menées contre la promotion de la culture sahraouie, et le détournement de certains de ces aspects en un pâle folklore au service de la colonisation.
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ASVDH, Sahara Occidental, 09  Aout 2012

الجمعية الصحراوية
لضحايا الانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان
المرتكبة من طرف الدولة المغربية
A S V D H
بيـــــــــــــــان
العيون- الصحراء الغربية
09 -08- 2012
بمناسبة اليوم العالمي للشعوب الاصلية ، الذي يصادف التاسع من اب اغسطس  ، تتوجه الجمعية باطيب متمنياتها للشعوب الاصلية في كل بقاع العالم ، وتعبر عن انشغالها الكامل فيما يتعلق بسلسلة الانتهاكات التي تطال حقوق الشعب الصحراوي بالمناطق المحتلة.
منذ تاسيسها بتاريخ السابع من ايار مايو 2005 وفي انتظار تسلمها الوصل من طرف السلطات المغربية واكبت الجمعية باهتمام وجدية اوضاع حقوق الانسان باقليم الصحراء الغربية  .
حاولت الجمعية تسليط الضوء حول الانتهاكات المرتكبة بحق المدنيين الصحراويين  داخل وطنهم الام ، واثارت الانتباه ليس فقط حيال الحقوق المدنية والسياسية بل ايضا الاقتصادية والثقافية والاجتماعية .
تعيش مدن الصحراء الغربية وجنوب المغرب منذ 21 ايار مايو 2012 مظاهرات سلمية للمطالبة باحترام حق تقرير المصير تتم مواجهتها من طرف الشرطة والقوات المساعدة والخاصة بعنف همجي والنتيجة مئات الجرحى ، ومن تعرضوا للتعذيب ، واخرين زج بهم في السجون المغربية و17 مختطفا مجهولا للمصير .
خلافا للفقرة 27 من المعاهدة المتعلقة بحقوق الطفل والفقرة الخامسة من اعلان اليونسكو حول التنوع الثقافي يلج الصحراويين المدارس مرغمين على قراة التاريخ الرسمي للمغرب حيث لا يسمح لهم بدراسة تاريخهم ولا ثقافتهم .
الالغام المضادة للافراد ومخلفات الحرب ، والحظر الذي تفرضه السلطات المغربية كل ذلك يمس من الحياة التقليدية  للبدو الذين يفضلون العيش في الصحاري ويجعل نقل معارفهم الاصيلة التي ورثوها عن اسلافهم غير ممكن.
في جانب اخر لايستطيع الصحراويون تسجيل ابنائهم بالاسماء التي يختارونها بالحالة المدنية بخاصة الاسماء الحسانية المركبة .
حقوق الصحراويين  السوسيواقتصادية تنتهك هي الاخرى في ذاك الاقليم الغني بموارده الطبيعية . بحسب القانون الدولي فانه يجب استشارة الشعب الصحراوي حول الانشطة الاقتصادية التي تجري داخل بلده ، تجب موافقته اذن واستفادته . لكن المغرب لم يستشر ابدا الصحراويين  وعائدات استغلال الثروات الطبيعية تذهب الى الحكومة المغربية ومؤسساتها وبلدان متواطئة .
نهب الثروات الطبيعية لاقليم الصحراء الغربية له علاقة بالتغير الديمغرافي داخل المنطقة المحتلة من الاقليم حيث تعمل السلطات المغربية على  اغراق المنطقة بالمستوطنين القادمين من المغرب . ان ساكنة الاقليم اليوم تعد اكثر من الساكنة الاصلية .   
بمناسبة هذا اليوم العالمي المخصص للساكنة الاصلية توجه الجمعية الصحراوية نداءها الى منظمة الامم المتحدة لتوسيع صلاحيات بعثتها للاستفتاء في الصحراء الغربية لتشمل مراقبة حقوق الانسان وحماية الشعب الاصلي .
تطالب الحكومة المغربية باحترام الحقوق الثقافية لشعب الاقليم وتندد بالتدابير القسرية المتخذة ضدا على النهوض بالثقافة الصحراوية ، وتحويلها الى فولكلور باهت يخدم السلطات المغربية . 
الجمعية الصحراوية
لضحايا الانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان
المرتكبة من طرف الدولة المغربية
 


jeudi 13 octobre 2011

Sahara Occidental : 11 personnes sous les verrous après les incidents de Dakhla

Par Printemps des Peuples, 12/10/2011 
Soutien aux luttes : Algérie Bahreïn Egypte Europe France Libye Maghreb Maroc Monde Moyen-0rient Palestine Syrie Tunisie Yémen
Plusieurs véhicules avaient été incendiés lors de ces incidents. / DR
Onze personnes ont été condamnées mardi à des peines de prison ferme allant de 8 à 12 mois pour leur implication dans les violences qui avaient fait 7 morts fin septembre après un match de football à Dakhla, a indiqué l'Agence Maghreb Arabe Presse.
Le tribunal a prononcé deux condamnations à un an ferme, cinq de huit mois et quatre de 10 mois, a précisé la MAP.
Les premiers incidents s'étaient produits après la rencontre entre les équipes de Dakhla et Mohammedia, et avaient dégénéré en confrontations.

Ces affrontements, les plus violents depuis un an, avaient fait craindre une aggravation de la tension dans cette région et nécessité le déplacement sur place du ministre de l'intérieur Taïeb Cherkaoui, ainsi que le déploiement de forces de l'ordre pour ramener le calme.
Dakhla septembre 2011

Auparavant, en février dernier, le festival “Mer et désert” qui se tenait dans la ville, avait été annulé suite à des affrontements -deux jours durant-, qui avaient fait une centaine de blessés et causé d’importants dégâts aux habitations, aux commerces et aux véhicules.

Ainsi que le démantèlement, le 8 novembre 2010, d'un campement près de Lâayoune qui avait fait 13 morts dont 11 parmi les forces de l'ordre.
au fait Maroc

*Rappel : la vérité sur les sept morts sur solidmar

L'abolition de la peine de mort au Maroc sera-t-elle un thème de campagne électorale ?

Cette année, la Journée mondiale de l'abolition de la peine de mort célébrée tous les 10 octobre par la communauté mondiale des défenseurs du droit à la vie, a la particularité d'être commémorée à quelques semaines des élections législatives du 25 novembre. L'occasion est idéale pour ceux et celles de la Coalition marocaine contre la peine de mort qui a retenu ce 10 octobre pour interpeller non seulement l'Etat mais aussi et surtout les partis politiques, le gouvernement et les deux chambres du Parlement.
Le bâtonnier Abderrahim Jamaï, coordinateur de la coalition, est formel. A l'approche de la campagne électorale, les formations politiques sont ferment invitées à prendre dans leurs programmes « l'engagement politique d'œuvrer en vue de l'abolition de la peine capitale en droit et de fait de tous les textes de loi, d'agir de sorte que le Maroc rejoigne les rangs des États abolitionnistes et d'adhérer au traité de Rome ». « La Coalition marocaine contre la peine de mort va d'ailleurs lancer une campagne de plaidoyer auprès de toutes les organisations politiques qui se préparent aux prochaines élections pour les appeler à inclure l'abolition de la peine de mort dans leurs programmes électoraux. Un mémorandum leur sera adressé à ce sujet », a annoncé A. Jamaï lors d'une conférence de presse donnée hier lundi à Rabat par cette coalition qui regroupe 9 associations marocaines de défense des droits humains. En attendant, et en direct de la conférence de presse de la Coalition contre la peine de mort, l'artiste Latifa Ahrar a lancé avec ses mots et toute sa sensibilité un appel pour l'abolition de la peine de mort. Parce que, dit-elle avec une immense émotion, « l'humain est humanisé quand il fait primer la vie sur la mort ».

Des partis toujours contre la suppression de la peine capitale
Les défenseurs du droit à la vie seront-ils entendus par les partis politiques ? Difficile de répondre à cette question tant il est vrai que l'abolition de la peine de mort est loin d'être un sujet où le personnel politique marocain se sent réellement à l'aise. « On marche sur des œufs et la question religieuse vient s'en mêler. Ce qui est loin de faciliter la tâche », explique quelque peu gêné un homme politique. Pourtant, la nouvelle Constitution adoptée le 1er juillet dernier a bien facilité la tâche et déblayé le terrain. L'article 20 de la loi suprême consacre expressément le droit à la vie. « Et de ce fait, toute exécution porte expressément atteinte à la vie. La Constitution consacre le droit à la vie comme un droit fondamental qui est protégé et garanti. Je dirai même plus, ce droit à la vie est fondateur de tous les autres droits », explique Amina Bouayach, présidente de l'Organisation marocaine des droits humains et membre de la Commission ad hoc relative à la réforme de la Constitution.
Faut-il abolir la peine de mort au Maroc et adhérer au moratoire adopté par les Nations unies émis en octobre 2007 ? La question a été clairement posée aux partis et associations de défense des droits humais auditionnées par la commission Menouni. Des partis comme le PJD et des associations, à l'image d'Al Karama, se sont par exemple clairement prononcés contre l'abolition de la peine de mort.
« Au Maroc, la dernière exécution remonte à 1993. Il faut aussi savoir qu'entre 1958 et 1993, il y a eu 41 personnes condamnées à mort et exécutées. 38 parmi elles l'ont été dans le cadre de jugement d'affaires politiques. En 2009, 13 verdicts de condamnation à mort ont été prononcés par les tribunaux marocains. Ce qui est plutôt inquiétant car cela signifie qu'il y a une sorte de retour de la peine de mort en terre marocaine. Il faut ici rappeler que l'une des résolutions de l'Instance Equité et Réconciliation porte sur l'abolition de la peine capitale et que le discours Royal du 9 mars 2011 annonçant la réforme de la Constitution appelait à la constitutionnalisation des recommandations de la Commission Vérité que présidait Driss Benzekri », fait valoir Mohamed Sektaoui, le directeur de la section marocaine d'Amnesty International, une ONG membre de la Coalition marocaine contre la peine de mort.
Pour la présidente de l'Organisation marocaine des droits humains, la balle est clairement dans le camp du Parlement -désormais seul pouvoir législatif au Maroc au regard de la nouvelle Constitution- et donc des politiques. Un point de vue que partagent pleinement les activistes de la coalition qui lance un appel « aux autorités législatives des deux Chambres du Parlement marocain à présenter des propositions de loi, constituer une majorité politique et ce pour soumettre des amendements au code pénal et à celui de justice militaire et voter en faveur de l'abolition de la peine de mort dans tous les articles de ces deux codes ». « Le gouvernement marocain et plus précisément le chef de gouvernement doit assumer ses responsabilités en présentant des projets de loi qui vont dans le sens de l'harmonisation totale et réelle de la reconnaissance du droit à la vie que consacre la nouvelle Constitution. Le chef de gouvernement n'a pas d'autre choix que de prendre les mesures politiques et juridiques nécessaires à l'adaptation des lois à ce droit et aux conventions internationales ratifiées par le Maroc », indique le coordinateur de la coalition, Abderrahim Jamaï, l'œil rivé sur le deuxième protocole relatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et portant sur l'abolition de la peine de mort.
Au procès d'Argana, la peine de mort contre les prévenus n'a pas été requise par le Parquet qui a réclamé, par contre, la réclusion à perpétuité. «On peut y lire la mise en œuvre de l'article 20 de la Constitution. Ce qui est un pas positif en attendant de répondre à la question de savoir quelle politique pénale -nous voulons pour le Maroc », conclut l'activiste Amina Bouayach.

*Rappel : Précisions sur les événements de Dakhla 
Par solidmar 28/9/2011(ndlr)
 
Des informations fournies par divers média citant la MAP font état de 7 décès lors des émeutes qui se déroulent actuellement dans la ville occupée de Dakhla au Sahara Occidental.  Nous devons clarifier les raisons des morts qui sont les suivantes : 
-  4 colons marocains se sont tués dans un accident de la route après avoir volé un véhicule à un Sahraoui, 
-  1 militaire marocain est décédé à la suite d’un «tir ami» d’un de ses compagnons 
-  1 Marocain a été tué par une balle des coups tirés en l’air par l’armée et 
-  1 jeune Sahraoui de 29 ans Maiche Mohamed Lamin Lahbib a été tué par les coups des colons marocains.
Source : Comité contre" la torture de Dakhla

**Relire la lettre ouverte à Robert Badinter sur solidmar, 10/10/2011(ndlr)

lundi 18 octobre 2010

Libération des militants sahraouis : Amnesty International accule le Maroc


Par Amnesty International,  18.10.10
A la une International : Amnesty International a appelé les autorités marocaines à la libération «immédiate» et «sans condition» des militants sahraouis des droits de l’homme détenus à Salé (Maroc) et jugés suite à leur visite aux camps de réfugiés sahraouis, a indiqué un communiqué de cette ONG.
Les trois militants sahraouis Brahim Dahan, Ali Salem Tamek et Ahmed  Naciri, dont le jugement a débuté vendredi mais a été reporté au 5 novembre, ont été arrêtés à l’aéroport de Casablanca à leur retour d’une visite dans les camps de réfugiés sahraouis et les territoires libérés, en octobre 2009. Quatre autres militants sahraouis sont également jugés dans cette affaire à savoir Yahdia Trouzi, Essalah Lebihi, Adkija Lechkar et Rachid Essaghir, mais  ont bénéficié de liberté provisoire. Ces Sahraouis sont accusés d’«atteinte  à la sécurité interne et à l’intégrité territoriale».

«Il est tout simplement inacceptable que les autorités marocaines inculpent ces sept personnes, parmi lesquelles se trouvent des défenseurs des droits de  l’homme et des ex-victimes de disparition forcée, pour visiter librement et  ouvertement les camps de réfugiés et rencontrer des membres du Front Polisario», a déclaré le directeur du programme d’Amnesty International pour le Proche-Orient et le nord de l’Afrique, Malcolm Smart. «Brahim Dahane, Ali Salem Tamek et Ahmed Nasiri se trouvent depuis plus  d’un an emprisonnés pour des actions qui ne représentent que l’exercice pacifique  de leur droit à la liberté d’expression et d’association. Les charges contre  eux ont une motivation politique claire et doivent être immédiatement retirés. Ces procès ne doivent pas continuer», a-t-il indiqué.
Ces militants sahraouis des droits de l’homme avaient été poursuivis  par un tribunal militaire, qui s’est déclaré le 25 septembre dernier incompétent. L’affaire a été transmise à la chambre correctionnelle près le tribunal de Casablanca.

lundi 4 octobre 2010

Procès des trois Sahraouis : besoin d'observateurs

 Appel à des observateurs internationaux pour assister au procès d'Ali Salem Tamek, Brahim Dahane et Ahmed Naciri, le 15 Octobre 2010, Casablanca

Les défenseurs sahraouis des droits humains, Ali Salem Tamek, Brahim Dahane et Ahmed Naciri comparaîtront devant le Tribunal de première instance, à Casablanca, le 15 octobre 2010. Il est essentiel que ce procès soit suivi par des observateurs internationaux.
Tamek, Dahane et Naciri ont été arrêtés le 8 octobre 2009, immédiatement après leur retour d'une visite aux campements de réfugiés sahraouis en Algérie. Ils ont été accusés de «menacer la sécurité de l'État marocain", et transférés au tribunal militaire de Rabat, accusés de "trahison".
Le 21 Septembre 2010, le tribunal militaire de Rabat a décliné sa compétence sur leur cas, et les a référés au tribunal civil de Casablanca.
Nous faisons appel à toutes les organisations internationales et les gouvernements étrangers pour exiger du  Maroc les conditions d'un procès équitable.

 International observers needed to attend trial of Ali Salem Tamek, Brahim Dahane and Ahmed Naciri on 15 October 2010, Casablanca
The Saharawi human rights defenders, Ali Salem Tamek, Brahim Dahane and Ahmed Naciri will appear in front of the Court of First Instance, in Casablanca, on 15 October 2010. It is vital that this trial be attended by international observers.
Tamek, Dahane and Naciri are 3 high-profile human rights activists who were arrested on 8 October 2009, immediately upon their return from a visit to the Saharawi refugee camps in Algeria. They were accused of “undermining the Moroccan state’s security”, and referred to a military court, charged with “treason”.
On 21 September 2010, the Military Court in Rabat declined jurisdiction over their case, and referred them to the Civil Court of Casablanca.
Additionally, we appeal to all international organisations and foreign governments to call upon Morocco to assure the conditions for a fair trial.

 Se necesita observadores internacionales para asistir al juicio de Ali Salem Tamek, Brahim Dahane y Ahmed Naciri el 15 de octubre de 2010, Casablanca
Los defensores saharauis de los derechos humanos, Ali Salem Tamek, Brahim Dahane y Ahmed Naciri aparecerán ante el Tribunal de Primera Instancia, en Casablanca, el 15 de octubre de 2010. La presencia de observadores internacionales a este juicio es muy importante.
Tamek, Dahane y Naciri han sido detenidos el 8 de octubre de 2009, inmediatamente después de su regreso de una visita a los campamentos de refugiados saharauis en Argelia. Les han acusado de "poner el peligro la seguridad de Marruecos", y les remitieron a un tribunal militar, acusado de "traición a la patria".
El 21 de septiembre de 2010, el tribunal militar de Rabat se declaró incompetente y remitió  caso a la Corte Civil de Casablanca.
Al mismo tiempo, hacemos un llamamiento a todas las organizaciones internacionales y gobiernos extranjeros para instar al gobierno marroquí a asegurar las condiciones para un juicio justo.

lundi 13 septembre 2010

Sahara Occidental : Lettre ouverte au Président du Parlement Européen

Par ,Ali Salem Tamek, Brahim Dahane and Hamadi Naciri,  9/9/2010
Ali Salem Tamek
Monsieur Jerzy Buzek
Nous sommes des Sahraouis, défenseurs des droits humains, qui avons souffert à de nombreuses occasions d'enlèvement et de l'emprisonnement politique en raison de notre opinion et nos activités en tant que militants des droits de l'homme, syndicalistes, et acteurs de la société civile. Pour cela, certains parmi nous ont reçu d’important prix en reconnaissance de notre lutte et de notre défense active des droits de l'homme.
Brahim Dahane
Le 8 octobre 2009, lors de notre retour d'une visite à caractère humaniste dans les campements de réfugiés sahraouis du sud-ouest de l'Algérie, nous avons été arrêtés à l'intérieur de l'aéroport Mohamed V à Casablanca, par la police criminelle marocaine avec la participation des services secrets et sécuritaires marocains. Pendant huit jours, nous avons subi des interrogatoires et des abus dont les différentes méthodes ne peuvent être détaillées dans cette lettre.
Par la suite, nous avons été présentés devant un juge d'instruction de la cour militaire marocaine à Rabat, une étape qui ne peut qu’être considérée comme une décision nous mettant très en danger. Le juge marocain nous a envoyés préventivement dans la prison locale de Salé le 15 octobre 2009.
M. le Président,
Le 28 janvier 2010, notre camarade, Mm Degja Lechgar, a été libéré sous condition, et de la même façon, trois autres camarades, M. Yahdih Terrouzi, M. Saleh Lebeihi et M. Rachid Sghair, ont été libérés le 18 mai 2010, après notre grève de la faim partagée qui a duré 41 jours. Nous avons suspendu notre grève de la faim après avoir reçu des promesses des autorités marocaines de résoudre notre cas. Mais malgré tous les appels réitérés des organisations marocaines et des internationales de défense des droits de l'homme, d'institutions gouvernementales et parlementaires de nombreux pays exigeant notre libération immédiate et inconditionnelle, le gouvernement marocain nous a gardés en détention préventive, démontrant ainsi sa réticence à nous faire comparaître devant le tribunal ou à nous libérer. Cette attitude ne peut qu’être considérée comme illégale et anormale, en contradiction du droit international, qui garantit le droit à un jugement équitable dans un délai raisonnable. Aujourd’hui, Monsieur le Président, nous avons passé plus de 11 mois en prison sans procès.
M. le Président,
Notre visite dans les camps de réfugiés sahraouis, qui relève dans le droit international et les conventions de l’exercice de la liberté de mouvement et d'expression pacifique, est devenue avec notre arrestation source d’accusations vagues et lourdes, attachant une connotation pénale à notre cas, dans une tentative flagrante de la dévier de sa vraie nature. Cette attitude confirme comment la politique du gouvernement marocain est formée de préoccupations politiques et sécuritaires – et ces préoccupations visent à opprimer les Sahraouis défenseurs des droits humains qui expriment ouvertement leurs opinions politiques contraires aux vues du régime marocain sur la question du Sahara occidental. Ce qui rend cette approche encore plus incongrue, c'est que plus de 60 autres défenseurs sahraouis des droits humains ont fait le même voyage vers les camps de réfugiés sahraouis à maintes reprises. Étonnamment, leur action n'a pas été soumise aux mêmes procédures juridiques ou questionnements, même si tous ont subi
de nombreux types de harcèlement. En conséquence, nous croyons qu’il n'y a pas plus de raison pour que le régime marocain nous maintienne en prison.
M. le Président,
La détention illégale que nous subissons est une très petite violation par rapport à la nature et la quantité des violations flagrantes commises au Sahara Occidental. Des organisations Marocaines et internationales des droits humains ont fait des rapports sur ces abus, mais le Maroc méprise tout simplement les plaintes et les protestations des démocraties internationales.
Rabat a également montré très peu de respect pour l'Union européenne, son partenaire géopolitique et économique, connue pour ses plaidoyers persistants pour le respect du droit international et des droits de l'homme dans le monde entier. Le statut de partenaire avancé accordé au Maroc a échoué à convaincre Rabat de mettre fin à ses politiques d'oppression et n'a pas réussi à mettre le pays en phase avec les normes européennes et ses critères élevés en matière de droits de l'homme. Au lieu de cela, la promotion est utilisée par les autorités marocaines pour camoufler les violations répétées et flagrantes des droits humains.
Il est inquiétant que l'Union Européenne permette que son image soit entachée par le Maroc. C’est encore plus flagrant dans le cas de l’accord de pêche, par lequel l'Union Européenne est faite complice du vol des ressources naturelles du peuple Sahraoui. Comme il est stipulé dans l’avis juridique des Nations Unies sur la question en 2002, et répété en 2009 dans l’avis juridique du Parlement Européen sur l'accord précité, les ressources sahraouies peuvent être sorties du territoire si cela est en conformité avec la volonté et les intérêts des sahraouis.
Monsieur le Président, nous n'avons jamais eu voix au chapitre dans ce cas, et le seul résultat de l’accord de pêche ressenti par notre peuple, c'est que nos voix sont davantage étouffées, puisque le Maroc se sent soutenu par l'Union Européenne dans sa revendication illégale et non-fondée sur notre patrie. Attendu que le peuple sahraoui n'a pas accepté cet accord, et qu’il n’en retire aucun bénéfice, au contraire de ce que requiert le droit international, nous exigeons que toute pêche européenne dans les eaux sahraouies cesse immédiatement.
Nous appelons votre Excellence à faire pression sur le Maroc pour que nous soyons rapidement présenté devant le tribunal, dans un jugement équitable en présence d'observateurs internationaux, ou libérés, ainsi que tous les sahraouis défenseurs des droits de l'homme et prisonniers d'opinion dans les prisons marocaines.
Veuillez agréer nos salutations
Les trois Sahraouis défenseurs des droits de l’homme, prisonniers d’opinion
Ali Salem Tamek 50010, Brahim Dahan 50014 and Hamadi Naciri 50015
Copie :
Mr. Christopher Ross, Personal Envoy of the UN Secretary General for Western Sahara
Ms. Catherine Ashton, Baroness Ashton of Upholland, PC, High Representative for Foreign Affairs and Security Policy of the European Union

mardi 20 juillet 2010

Trois Sahraouis toujours incarcérés pour avoir rendu visite à leurs familles

Par APSO,  19/7/2010.
Le Maroc applique sa loi mais pas la justice pour les Sahraouis 

Brahim Dahan, Hammadi Nassiri, Ali Salem Tamec, trois éminents défenseurs sahraouis des droits de l’homme sont détenus depuis le 8 novembre 2009 dans la prison militaire marocaine de Salé. Ils n’ont toujours pas été libérés ni jugés. 
Le silence international actuel est inconcevable.
Ils étaient parmi un groupe de 7 militants sahraouis, partis rendre visite à leur familles et amis dans les campements de réfugiés sahraouis dans le sud ouest algérien. Les 4 autres membres du groupe sont en liberté provisoire depuis les 28 janvier et 18 mai 2010.
La communauté internationale avait soutenu le groupe dans ses revendications de libération inconditionnelle et cela depuis leur disparition puis incarcération, et les 41 jours de leur grève de la faim.
Si depuis 19 ans la Minurso, mission de l'Onu, n'accomplit pas son mandat qui consiste à mettre en place un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui - démagogiquement empêchée par des grandes puissance comme la France - l'ONU a depuis quelques années affirmé la nécessité que les familles se retrouvent après plus de 35 ans de séparation, ersatz hypocritement correct à un règlement honorable de la situation.
Un 7ème groupe de militants sahraoui est revenu hier d'un même voyage d’une dizaine de jour dans les campements de réfugiés.
Une soixantaine de militants ont ainsi fait le voyage aller retour. Pour certains, ils ont été agressés, battus, frappés par la police ou par les colons marocains à leurs retours, mais aucun n’a plus été arrêté et incarcéré à grand renfort de superlatif.
C'est parce que la pseudo démocratie marocaine ne gère pas respectueusement ce dossier, à l'encontre du droit national et du droit international que ces trois hommes sont toujours enfermés et leur demande de libération ignorée.
Ils sont le symbole de la lutte pour le respect et la liberté du peuple sahraoui à étouffer éternellement.


lundi 19 avril 2010

Appel de Thawra au 33ème jour de grève de la faim de son père.

Par Thawra Ali Salem Tamek, 19/4/2010
Español: Llamamiento de Thawra Ali Salem Tamek
Thawra, « Révolution », crie son appel au monde pour la libération et le retour de son père vivant à la maison.
Son père est un défenseur sahraoui des Droits de l’Homme.Il est en prison à Salé, au Maroc, avec 5 autres militants pacifiques. Les autorités marocaines les ont arrêtés à leur retour d’une visite à leurs familles dans les campements de réfugiés sahraouis. Ce sont des prisonniers d’opinion.
Ils s’appellent Ali Salem Tamek, Brahim Dahan, Hammadi Nassiri, Yahdih Ettarouzi, Rachid Sghayer, Saleh Lebihi.
Cela fait 33 jours qu’ils sont en grève de la faim illimitée pour faire valoir leur droit à un procès, ou à une relaxe immédiate et sans conditions.
D’autres après eux ont fait les mêmes voyages dans les campements et aucun n’a été arrêtés à leurs retours au Maroc, ou au Sahara Occidental occupé.
40 prisonniers politiques sahraouis sont en grève de la faim par solidarité et pour faire respecter leur droit à des procès justes et des conditions d’incarcération respectueuses.
Quelles séquelles irréversibles s’inscrivent-elles au jour le jour dans les corps de ces hommes déterminés à défendre jusqu’à la mort leurs droits et leurs dignités ?
Les cris et les larmes de Thawra portent la fierté de son peuple, et la force infinie des révolutions.
Appel de Thawra Ali Salem Tamek
Je ne m’arrêterai pas de t’appeler, papa !
Je ne serai jamais fatiguée de répéter « libérez mon papa ! libérez mon papa ! »
Mon père que j’aime m’a élevée pour être rebelle, et m’a appelée « Thawra », Révolution, pour que la révolution soit le premier mot que j’entende et auquel je réponde. Il voulait que je sois une graine de la révolution qui grossit, et résiste, et l’emporte. Mais mon nom ne veut rien dire sans mon peuple, parce que mon peuple est une révolution, et la révolution, à mes yeux est mon peuple. Chacun est lié à l’autre pour donner de l’amour, de la compassion, sécurité et paix, parce que dans notre cas, la révolution n’est pas seulement le sang et le feu, la révolution est aussi la vie.
Papa pour moi tu es un symbole ! Une source qui me fait me sentir appartenir à mon peuple. Tu me rends fière de mon peuple et de toi. C’est pour cela que je crie, maintenant, demain et tout le temps, pour que tous les hommes libres viennent au secours d’hommes nobles comme toi. Ceux qui ont le même nom, les révolutionnaires, les militants qui préfèrent se battre pour des principes et prendre des risques. Ils ont abandonné leur confort personnel, leur joie, pour consacrer ce qu’il ont de plus précieux aux besoins de la cause du peuple sahraoui, pour inscrire la lutte de ce peuple parmi les autres révolutions du monde.
Les révolutions ne meurent jamais, parce qu’elles sont faites par les peuples, et les peuple n’oublient jamais. La mémoire collective transporte les histoires et légendes des honorables fils et immortalise leurs noms. Souviens toi que les caravanes de partisans ont pris le chemin tracé par le martyr El Ouali Mustapha Sayed, et d’autre encore prennent ce chemin, et ils seront demain plus et plus encore. (...)
Tu es grand à mes yeux, un combattant de la liberté qui ne fait jamais de compromis, et ne désespère jamais, inlassable. Plus important, papa, n’abandonnes jamais, malgré la faiblesse ou la maladie, malgré la mort elle-même.
Si la mort doit venir papa, tu mourras debout ! Parce que tu es né pour mourir debout. Tu m’as donné le nom de la Révolution et son chemin. Sois sûr papa, que le sadisme des tortionnaires, leur arrogance n’ont fait que me rendre plus déterminée à suivre le chemin que tu as choisi pour moi. Même s’ils m’ont abusivement empêchée de pouvoir grandir avec les camarades sahraouis, et privée de mes grands parents et de mon pays. Malgré tout cela, j’accepte mon sort et celui de mon peuple.
Je t’aime papa ! Pas comme les autres enfants aiment leurs parents, mais parce que je ne peux vivre que par toi. Quand j’ai entendu que tu avais été arrêté avec tes compagnons, et présenté devant la justice des soldats, j’ai paniqué et j’ai eu tellement peur que je suis allée me cacher pour pleurer et soulager mon cœur, pleurer ma solitude et le mal de mon pays. Nous sommes tous deux privés de notre pays mon papa. Je vis à l’étranger comme une étrangère, et tu vis dans la prison de l’occupant. (...)
Oui je peux te le dire, j’ai peur. J’ai terriblement peur, et je crains une tragédie et les mauvaises nouvelles, et pour cela je pleure. Je pleurerai et tout le monde verra mes larmes, et je promets que je n’arrêterai pas de pleurer tant que je ne t’aurai pas vu libre avec tes camarades. Jusqu’à ce que toi et tes camarades retrouviez le sourire.
Rendez nous votre sourire. C’est un espoir et un désir – et un espoir et un désir que nous avons perdu des milliers de fois à chaque moment de tous les jours de votre grève de la faim.
Je ne me lasserai pas, papa, de crier très fort, « libérez mon père et libérez ses camarades… et partez pour ne jamais revenir. Vous qui faites nos jours si tristes et noirs ! Vous qui faites de nous des orphelins, qui nous avez séparés, déplacés ou emprisonnés ! Vous n’êtes pas encore satisfaits de tous les crimes que vous avez commis ? Laissez nous seul et ne revenez jamais, et nous pourrons recommencer à sourire, et mon père reviendra avec moi et les victimes de disparition forcées reviendront, et les prisonniers et les réfugiés.

Thawra Ali Salem Tamek
Fille de Ali Salem Tamek, éminent défenseur des droits de l’homme.

APSO, le 19 avril 2010

mercredi 18 novembre 2009

Le Maroc, un pays inoui...

 ...où des civils désarmés, même isolés, peuvent être accusés d'« inquiéter les autorités » !

 Par Niko, Mediapart, 16/11/2009

En ce moment, impossible de ne pas penser aux Sahraouis. 

Vendredi 13 novembre, Aminatou Haidar rentrait chez elle à El Aaiun, après avoir reçu le Prix du Courage civil de l'Institution américaine Train à New York, le 20 octobre. Aminatou milite sans relâche pour défendre les droits humains au Sahara Occidental, en particulier depuis 2005 où se sont développées les manifestations en faveur de l'indépendance. Auparavant, elle avait disparu pendant quatre ans, de 1987 à 1991, dans les bagnes secrets de Hassan II. On l'a surnommée la « Gandhi sahraouie », à cause de son combat éminemment pacifique - ce qui ne l'empêche pas d'être sans concession à l'égard du Maroc, le voisin du Nord qui occupe son pays par la force depuis 34 ans.La défense des droits humains dans un territoire sous le seul contrôle du Maroc (car l'ONU y fuit ses responsabilités), cela veut dire la défense des droits à l'intégrité, à la dignité, à la liberté de pensée et d'expression, et aussi du droit à l'autodétermination, lesquels sont sans cesse bafoués.
Vendredi 13 novembre donc, vers 12 : 30, Aminatou Haidar atterrissait à El Aaiun venant des Canaries; elle était accompagnée de deux journalistes espagnols. Tous les 3 ont été arrêtés par la police, les deux journalistes au prétexte qu'ils étaient entrain de filmer sans autorisation dans l'aéroport, Aminatou car elle avait rempli sa carte de débarquement en renseignant « Sahara Occidental » pour son lieu de résidence, au lieu de « Maroc » comme l'exigeaient les policiers. Libérés vers 18h 30, les deux journalistes ont pu reprendre un avion vers l'Espagne dans la soirée.

Pendant ce temps et jusque tard dans la nuit, Aminatou était détenue. Tous les Sahraouis, dans le territoire occupé du Sahara occidental, mais aussi de l'autre côté du mur, dans les camps de réfugiés, et toutes les personnes concernées par la lutte de ce peuple retenaient leur souffle. La presse officielle marocaine titrait : « La "dénommée" Aminatou Heidar a été arrêtée à l'aéroport d'El Ayoune » (MAP, 13 novembre 2009) ; l'ASM (Association du Sahara Marocain) n'y allait pas par 4 chemins : « La "traitre" Aminatou Haidar arrêtée à El Ayoune »...
Le roi Mohammed VI ne venait-il pas, dans son discours du 6 novembre, de prononcer : « Notre attachement a un État de droit n'a d'égal que notre refus de l'exploitation détestable des acquis dont jouit notre pays en matière de libertés et de droits humains » ? On a bien compris : la liberté existe au Maroc à condition de ne pas en user... Et de préciser : « Le citoyen, ou il est marocain ou il ne l'est pas, ... ou il est patriote ou il est traître ». Toute la classe politique s'est engouffrée derrière ces paroles. L'improbable PAM (Parti de l'authenticité et de la modernité, soit disant dans l'opposition mais en vérité tout proche du pouvoir, et dont le secrétaire général n'est autre que Cheikh Biedillah, un Sahraoui qui a choisi le Maroc depuis les années 1970), l'improbable PAM, donc, est allé jusqu'à annoncer qu'il allait déposer un projet de loi amendant le Code de procédure pénale pour « criminaliser la trahison de la Nation » et les intelligences avec des États étrangers.

En fait, cette manœuvre cherche à sauver la mise de Sa Majesté : en effet, les 7 activistes sahraouis des droits humains qui ont été arrêtés à leur descente d'avion à Casablanca le 8 octobre (ils revenaient, passant par Alger, d'un séjour d'une semaine dans les campements de réfugiés sahraouis dans la région de Tindouf, où ils étaient allés voir les leurs) sont incarcérés depuis cette date à la prison de Salé, et menacés de passer devant un tribunal militaire (la justice ordinaire s'étant déclarée incompétente). Or, qui va bien pouvoir croire, en Occident par exemple, que de simples civils qui revendiquent certes leur droit à l'expression politique, mais qui n'ont fait que se rendre en Algérie par une ligne régulière Casablanca-Alger (eh oui, le Maroc n'est pas en guerre avec l'Algérie...), qui va bien pouvoir croire que ces civils sont passibles d'un tribunal militaire ? Cela fait mauvais genre. Le roi peut donc dire merci au PAM pour cette lumineuse idée d'amendement qui devrait permettre de traduire les 7 militants sahraouis devant un tribunal ordinaire pour « crime de trahison »...
Avant de revenir à Aminatou Haidar, il faut encore préciser que l'un des 7 de Salé vient juste d'être lauréat du Prix Per Anger 2009, qui est attribué chaque année à un activiste des droits de l'homme emprisonné : il s'agit de Brahim Dahane, qui a été nominé par la Commission Internationale des juristes (CIJ) ; le prix devrait être remis le 16 novembre à Stockolm par la ministre suédoise de la Culture, mais on imagine que Brahim ne sera pas là pour le recevoir.
Jusque tard dans la nuit du 13 au 14 novembre, Aminatou Heidar n'était toujours pas reparue. Les gens s'interrogeaient : les autorités marocaines seraient-elles assez folles pour incarcérer celle qui est devenue l'icône de la défense des droits de l'homme au Sahara Occidental ? Pour l'envoyer rejoindre le groupe des 7 de Salé ? Tout laisse à croire que telle était leur intention, embarquées qu'elles sont dans une escalade qui ressemble de plus en plus à une fuite en avant. La ronde des contradictions devient en effet lancinante : respect des droits de l'homme/« refus de l'instrumentalisation des droits de homme » ; négociations officielles avec le Polisario/ accusation de « trahison de la Nation » pour ceux qui entrent en contact avec le Polisario ; proposition d'« autonomie »/ refus de la moindre expression libre pour les civils sahraouis ; protestations d'esprit d'ouverture et de liberté/musellement de la presse, fermeture de journaux et destruction de leur production, etc.
Mais les bons vieux alliés, les bons vieux parrains - France, Espagne, et peut-être aussi États-Unis, - ont dit « stop ! » « arrêtez les bêtises ! », « vous n'allez pas faire de Aminatou Haidar une martyr internationalement reconnue de la cause sahraouie !» Eh oui... ils avaient raison. Mais presser le Maroc de libérer Aminatou, de la laisser rentrer chez elle pour retrouver ses enfants, ça, ils n'y ont pas pensé semble-t-il. Non, ils ont préféré entrer dans un coup tordu, l'Espagne en tous cas s'y est prêtée : expulser Aminatou Haidar vers les Canaries, sans son passeport marocain, c'est-à-dire sans papiers d'identité, par un vol en pleine nuit. L'activiste sahraouie s'y est bien sûr opposée de toutes ses forces ; arrivée à Lanzarote le 14 novembre au matin, elle a d'abord refusé de descendre de l'avion, s'y est vu contrainte, mais est restée camper à l'aéroport, d'où elle affirme ne pas vouloir bouger tant qu'on ne lui permettra pas de rentrer chez elle. A minuit, cette nuit du 16 novembre, elle a entamé une grève de la faim.
Mme Claudina Morales, de la Coalition canarienne, a interpellé le Ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, sur le rôle de son pays dans cette affaire. Elle a déclaré qu'il était "inconcevable que l'Espagne ait permis, en connivence avec le Maroc, l'expulsion sans document de l'activiste sahraouie et son entrée sur les îles Canaries, sans les permis pertinents".
Ce n'est pas sans rappeler une autre expulsion par le Maroc : un vendredi 13 aussi, en septembre 1991, Hassan II faisait sortir de prison Abraham Serfaty après 17 ans d'incarcération politique, et l'expulsait vers la France, proclamant qu'il n'était pas marocain mais brésilien... Certes, Abraham se revendiquait comme marocain, alors qu'Aminatou se revendique comme sahraouie, mais la méthode est curieusement la même, comme si le fils revenait marcher dans les pas de son père...