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samedi 12 janvier 2013

Petit bilan des (non)droits humains au Maroc en 2012 à l’usage des amis qui ne connaissent pas le pays

PAR RÉDACTION SOLIDMAR, 9/1/2013

Droit à la vie, à l’intégrité physique
De plus en plus de violence, répression et tabassage parfois jusqu’à la mort. Principale cible : le M20F(Mouvement du 20 février, début du printemps marocain)   Partout la  torture : viols à la bouteille, ongles et cils arrachés, suspension pendant plusieurs jours par les mains, etc. Pourtant interdite d’après la Constitution. Le recours à la torture est maintenant dénoncé dans tous les rapports : ONU, Union Européenne, Centre Kennedy, Amnesty, Acat, HRW, etc.
Détention politique
Arrestations pour n’importe quel motif, souvent les plus farfelus. Principales victimes : les jeunes du M20F. Souvent longues peines : 12 ans pour une manif non autorisée, 1 an pour avoir mimé le roi, 2 ans à un rappeur, un poète, 2 mois pour des ados qui ont dénoncé l’augmentation exorbitante de l’eau et de l’électricité. Aveux arrachés sous la torture, feuille blanche signée sous la torture. Au moins 70 jeunes du M20F en prison pour avoir réclamé la démocratie, le travail, la dignité, la liberté. En 2012 j’ai noté sur un tableau que je tiens à jour: 146 arrestations dont 24 libérés. Mais bien sûr, c’est incomplet et je ne lis pas les infos en arabe.  
Situation dans les prisons
Inhumaine, entassés, parfois couchés à tour de rôle. Saleté, maladies, torture, mélangés avec droits communs qui sont incités à torturer, etc. Mauvaise nourriture. Pour protester contre les conditions de vie ignobles dans les prisons un vaste mouvement de grèves de la faim, souvent illimitées depuis début 2012. Ezzedine Errouissi a tenu jusqu'à la fin de sa peine, 135 jours, menotté et perfusé par force pour être maintenu en vie.
Les libertés publiques
En régression. De manière arbitraire des associations sont interdites, restriction de liberté syndicale, de circulation, de liberté de religion, de rassemblements pacifiques. Utilisation de bombes lacrymogènes, de canons à eau, pour dissuader. Embauche de baltagis pour maltraiter les militants, répression sans limites, car impunité totale. Violation du droit à s’organiser : diplômés chômeurs, tracasseries ignobles envers l’AMDH et surtout le M20F que le pouvoir veut casser à tout prix.
Liberté de la presse
Pour pouvoir continuer à exercer sa profession le journaliste doit s’autocensurer. Journaux saisis, amendes exorbitantes, prison… Humour sanctionné ! Sur Internet une presse d’opposition de qualité. La presse officielle : propagande, mensonges.
La Justice marocaine
Pas d’indépendance. Justice aux ordres. Jugements inéquitables. Aveux arrachés sous la torture. Souvent pas d’avocats, pas de témoins. Procès fabriqués. Procès reportés sans raison. Guerre des nerfs. Ali Aarrass : 15 ans de détention sans aucune preuve. Corruption : institution nationale. La peine de mort n’est pas abolie
Droits des femmes
Les femmes font partie de la population la plus menacée dans son intégrité, en particulier les plus jeunes si souvent victimes de viol. La tragique histoire du suicide d’Amina Filali violée à 14 ans , obligée d’épouser son violeur, en vertu de l’article 475 du code pénal, a fait le tour du monde. Les femmes sont exposées à toutes les violences masculines dans la rue, au travail, dans la famille. Rejet ignoble des mères célibataires qui se retrouvent dans la rue..

Droits économiques, sociaux, culturels
Déficit budgétaire. Droits en recul dans tous les domaines : niveau de vie, égalité hommes-femmes, liberté de la presse, éducation etc. En hausse pour la corruption. Très léger mieux pour l’alphabétisation, mais 44% de la population n’a pas fréquenté l’école. Droit à la santé, droits des handicapés etc : il y aurait tant à dire ! Droit à un environnement sain … Abus écologiques.
Droit au travail
Chômage massif, touche principalement les jeunes, les diplômés de familles modestes.
Droit des travailleurs
Licenciements arbitraires surtout en cas de création de syndicat,  responsables syndicaux premiers licenciés. Nouveau code de travail en préparation, mais l’ancien n’est pas appliqué. Normes de sécurité pas respectées, 5 morts dans les mines de Jbel Aouam. Droit de grève pas respecté : renvoi. Des conflits partout…
Les régions marginalisées, les richesses volées
3 exemples :
Imider, commune dans la détresse. Dans son sous-sol la plus grande mine d’argent d’Afrique dont ne profite pas la population (mais principalement le roi). Lutte exemplaire. Meneurs en prison.
Anfgou et les villages voisins, perchés à plus de 1500 m dans le Moyen Atlas, niveau de vie : Moyen Âge. Sur son sol, les plus belles forêts de cèdres, trésor exploité, mais pas par la population qui est dans la misère
Chlihat : l’Etat vend à des Espagnols leurs riches terres agricoles. Répression, arrestations, moustiques ! (rizières)

Le Sahara Occidental, colonisé arbitrairement par le Maroc 
 Vol des richesses (pêche, phosphates, sable etc.) répression violente, arrestations, torture, droits humains bafoués. La population  en attente du référendum d’autodétermination depuis 35 ans.
Le droit des enfants pas respectés
Toujours beaucoup d’enfants des rues, et des « petites bonnes », non scolarisés, exploités. Travail domestique : 12h/j, 7j/semaine, 100DH (10€)/mois) Le Maroc parmi les pays les plus « réputés » pour la pédophilie et le tourisme sexuel, souvent seul revenu d’une famille. Souffrance des enfants « illégitimes », rejetés à la rue avec leur mère parce que nés hors mariage.
Droits civiques
Roi : monarque absolu de droit divin qui a tous les droits. Tout lui est dû, sauf les critiques ou les plaisanteries qui sont sévèrement punies de prison et de fortes amendes.
Droit à l’éducation, école
État déplorable de l’école publique  sur le plan pédagogique (enseignants peu ou pas formés) et le plan matériel. Certaines écoles n’ont ni électricité, ni eau, ni sanitaires, ni matériel scolaire, et mobilier insuffisant. Écoles privées pour ceux en ont les moyens… Grèves des enseignants fréquentes, etc.

Droit à utiliser la langue amazighe
La Constitution en a fait une langue officielle au même titre que la langue arabe. Mais la nouveauté n'existe que dans les textes, puisqu'elle est interdite au Parlement !

Droits des migrants
Les droits les plus élémentaires ne sont pas respectés, racisme d’État. Migrants chassés en Algérie ou déposés dans le désert, militants arrêtés…
Droits culturels
L’État privilégie les festivals luxueux pour riche clientèle… Mais les jeunes espoirs : poètes, chanteurs, rappeur se trouvent en prison…
Manque de moyens dans tous les domaines
Mais : Le roi est le 7ème monarque le plus riche de la planète, le plus riche monarque d’un pays sans pétrole qui a multiplié par 5 la fortune colossale de son père.. L’argent du peuple est dilapidé en projets de luxe superflu : TGV, méga-centres commerciaux, festivals, cadeaux de grande valeur à des chefs d’Etat…Et en même temps Sa Majesté demande des aides financières à l’Europe, au Qatar…Question de dignité !
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Mais le peuple marocain ne baisse pas les bras. Des centaines d’associations tentent de palier les carences de l’État, en particulier à l’égard des femmes, des mères célibataires, des enfants abandonnés  et des populations marginalisées : Collectes pour les villages oubliés du Moyen Atlas,  campagne de parrainage de prisonniers politiques pour apporter un peu de chaleur à ces jeunes privés de liberté pour avoir demandé la démocratie !
Ce n’est pas complet, il y a des oublis. Pour tout dire il faudrait un livre !
A lire et à méditer. Bon courage !


mercredi 2 janvier 2013

Une ONG égyptienne condamne l’intervention de la police marocaine à Sidi Youssef Ben Ali

par Adam Sfali - Emarrakech, 2 Janvier 2013
Le réseau arabe des droits de l’homme, ‘Arab Network for Human Rights Information’ (ANHRI ), a condamné, via un communiqué publié au Caire en Egypte, l’intervention des forces de police à Marrakech, au quartier Sidi Youssef Ben Ali, suites aux violentes manifestations qui eurent lieu vendredi dernier.
L’ONG égyptienne appela ‘répression’, l’intervention policière marocaine, tout en qualifiant de manifestation pacifique, les heurts, saccages et incendies, ayant eu lieu au vieux quartier marrakchis. Les égyptiens ont indiqué que les habitants de Sidi Youssef Ben Ali sont sortis pacifiquement, en milliers pour, disent ils, protester contre la cherté des factures d‘électricité et d’eau mais aussi parce que le gouvernement a augmenté les vignettes des voitures de prés de 1000 DH. «La répression aveugle par les autorités marocaines des manifestants à Marrakech, indique que le Maroc n’a pas encore compris les changements ayant eu lieux dans nombre de pays de la région résultant du printemps arabe» menace l’ONG égyptienne. Elle conclut son communiqué par un appel aux autorités marocaines pour libérer dixit «les détenus politiques, d’opinions et de consciences» qui pulluleraient, selon les Egyptiens, dans les prisons du royaume. 
NDLR SOLIDMAR : nous publions cette dépêche telle quelle pour illustrer une fois de plus la bêtise et la méchanceté des propagandistes du Makhzen


mercredi 22 février 2012

Walid, 18 ans, incarcéré pour lèse-majesté..Un an de prison et lourde amende

Par Zineb El Rhazoui, Vox Maroc, 7/2/20

Photo de Walid Bahomane et en-tête du procès-verbal de la police judiciaire

Qui a dit que la nouvelle constitution abolissait la sacralité de Mohammed VI? Qui a dit, de toute façon, que la nouvelle constitution a été faite pour être appliquée? Aussi autocratique soit-il, le nouveau texte constitutionnel, comme le craignaient les démocrates marocains, n'a vraisemblablement été rédigé que pour contenter les partenaires étrangers du régime. Car à l'interne, rien n'a changé, comme le démontre encore une fois la sordide affaire de Walid Bahomane.

Le site d'information indépendant Lakome a rapporté l'arrestation le 24 janvier dernier à Rabat du jeune homme âgé de 18 ans, pour "atteinte à la sacralité royale". Au Maroc, badiner avec la personne du roi n'est pas seulement un crime de lèse-majesté, c'est un blasphème.

Selon l'en-tête du procès-verbal de l'affaire (image), dont une traduction en français est jointe à ce post, les pièces à conviction dans ce dossier sont : deux pages Facebook et un ordinateur IBM.

Après une demande de report présentée par la défense de Walid lors de la première audience au Tribunal de Première instance de Rabat le 02 février, le jugement dans cette affaire digne des plus sombres dictatures est attendu jeudi 09 février. Entre temps, Walid est détenu à la prison pour mineurs de Salé.

Selon Lakome, Walid a été arrêté suite à une plainte déposée par son ancien ami Abderrahmane Derdiri, l'accusant de se connecter sur son profil facebook depuis 6 mois, avec le mot de passe qu'il lui aurait lui-même confié, et d'y publier des images et des vidéos de nature à porter atteinte à la sacralité de Mohammed VI.

La mère de Walid a déclaré à Lakome que son fils a été victime de torture et qu'il a signé des aveux sous la contrainte. Elle a également présenté une requête le 07 février à Mustapha Ramid, l'actuel ministre de la Justice et des Libertés, du parti islamiste PJD.

Cette affaire n'est pas sans rappeler celle de l'ingénieur Fouad Mourtada, arrêté illégalement en 2008 et torturé pour avoir crée un faux-profil du prince Rachid, frère de Mohammed VI. D'autres affaires d'arrestations de blogueurs et de cyber activistes, voire d'un tenant de cyber café ont suivi, battant en brèche la propagande de l'Etat marocain autour du changement et des prétendues avancées démocratiques. Walid Bahomane est la première victime d'une affaire d'atteinte à la sacralité royale depuis l'avènement de la nouvelle constitution en juillet 2011, qui l'a théoriquement abolie.

Traduction du procès-verbal (image) :
Royaume du Maroc
Ministère de l'Intérieur
Direction générale de la Sûreté nationale
Wilaya de Rabat, Salé, Témara, Khemissat
Rabat, 26 janvier 2012
Commissaire de police, chef du 9e groupe d'investigation au service de la Police Judiciaire à la Wilaya de Rabat, Salé, Témara, Khemissat
A l'attention de
M. Le procureur du roi auprès du Tribunal de Première Instance à Rabat
Objet : Atteinte à la sacralité
Ref : Vos instructions téléphoniques du 24 janvier 201
Plainte numéro 67/jj/10D, datée du 24/01/2012
Pièces jointes : la plainte
Procès-verbal de transfert, interpellation, fouille et saisie
Pièces à conviction : Deux pages du site Facebook contenant des images et des phrases portant atteinte à la sacralité.
Ordinateur de marque IBM (livré à la Direction Générale de Sûreté Nationale).
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Arrêté pour avoir publié des caricatures du roi sur   Facebook

Par Hisham Almiraat · Traduit par Claire Ulrich  Global Voices Online,  9/2/2012
La caricature représentant Mohammed VI *
    Walid Bahomane a comparu mardi dernier devant un tribunal de la capitale marocaine, Rabat. Le jeune homme, âgé de 18 ans, est accusé d'avoir « atteint aux valeurs sacrées du Maroc » en publiant des photos et des vidéos satiriques du roi Mohammed VI du Maroc.

Ce n'est pas la première fois qu'un internaute marocain fait face à ces accusations. En 2008 Fouad Mourtada, un jeune ingénieur, a été condamné à trois ans de prison pour s'être fait passer pour le frère du roi sur Facebook. Des protestations venues de partout et une campagne avaient amené les autorités à le libérer un mois après son arrestation.

L'arrestation de Walid Bahomane est la première depuis la réforme constitutionnelle de l'été dernier qui (théoriquement) a aboli le caractère « sacré » du monarque. Le roi est toujours, néanmoins, objet d'une grande dévotion dans le pays.
(...)
Malgré les appels à sa libération, le juge a décidé de placer Walid dans une prison pour mineurs près de la capitale, dans l'attente du procès.


Un groupe d'internautes a réagi à l'arrestation de Walid Bahomane en créant un groupe de soutien sur Facebook appelé « Mohammed VI, ma liberté est plus sacrée que vous ! “. Les membres y sont invités à publier et partager les caricatures du roi.

Voici le message de présentation du groupe :

    ‘Ceci est un groupe de solidarité avec le jeune Walid Bahoman, agé de 18 ans, détenu dans la prison pour mineurs de Salé pour avoir insulté Sa Majesté Mohammed VI sur Facebook. Prouvons à Mohammed VI que notre liberté est plus sacrée que lui.’

Zineb El Ghazoui, l'une des fondatrices du groupe, a écrit sur son blog :
    ‘[cette arrestation bat] en brèche la propagande de l'Etat marocain autour du changement et des prétendues avancées démocratiques.’
Sur Twitter, le soutien est timide, mais quelques uns soutiennent l'initiative. Musique Arabe tweete :
    @MusiqueArabe ‘Opération soutien à Walid Bahomane - publions tous sur nos profils la caricature de notre choix.’

En dépit des réformes constitutionnelles récentes au Maroc, le pouvoir ne semble pas préparé à tolérer le moindre franchissement des lignes rouges.
En juillet 2011, quelques jours après l'adoption de la nouvelle constitution, un journal français, Courrier International, a été interdit au Maroc car il contenait une caricature irrévérencieuse du roi.

La presse indépendante a souvent souffert de la colère du pouvoir quand elle a osé aborder le sujet sensible de la monarchie. Tant et si bien que Internet semble aujourd'hui le dernier espace où la plupart des Marocains peuvent encore s'exprimer librement.
http://www.rue89.com/2012/02/09/maroc-arrete-pour-avoir-publie-des-caricatures-du-roi-sur-facebook-229233


* cette caricature existe depuis des années. tout le monde peut la voir sur Images Google ! (ndlr)

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Témoignage de la mère du jeune Bahomane Walid (vidéo)
 Sentence lourde le 16/2/2012:
 une peine de 1 an ferme et une amende de 10 000dh. 
La mère de Walid Bahomane injustement détenu, accusé pour atteinte aux sacralités, dit que son fils est innocent، et qu'elle ne connait pas ce que veut dire "MOQADDASSATE" : Sacralité. Son fils était studieux loin de ces problèmes. Elle dit que son fils a été violemment tabassé au commissariat
 وليد باحمان قضت المحكمة الابتدائية بالرباط بالحبس سنة وبغرامة قدرها 10.000 درهم على الشاب بتهمة إهانة المقدسات أم وليد باحمان من أمام المحكمة قبل النطق بالحكم تقول أمه أن ابنها وليد مظلوم و بعيد عن المساس بأي مقدسات ولا تعرف ما معنى "المقدسات" و تؤكد أن ابنها تعرض للضرب لدى مخفر الشرطة

https://www.facebook.com/photo.php?v=3283284850690

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Maher Hamoud
 Une belle idée  pour donner le moral à Walid
Prenez une photo avec une pancarte "Libérez Walid" et envoyez à libertewalid@hotmail.fr
Walid  un jeune bachelier de 18 ans incarcéré injustement pour atteinte "aux sacralités" pour une caricature du roi sur facebook تضامنا ارسلوا صوركم مع لافتة مكتوب عليها "الحرية لوليد" و أرسلوها libertewalid@hotmail.fr وليد بحمان 18 سنة محكوم عليه بسنة سجن نافدة من أجل المساس بالمقدسات  

jeudi 9 février 2012

Préoccupantes nouvelles d'Ezedine et des étudiants de Fès. A Taza les victimes de la répression sauvage doivent demander pardon au roi !

Par Moha Oukziz, Coordinateur du comité de soutien, 9/2/2012

Le Maroc continue à violer les libertés des citoyens. L'Etat marocain va tuer Ezedine Eroussi, pour ne pas vouloir le libérer. Ezedine Eroussi est en prison pour ses opinions et le combat qu'il mène contre la déliquescence de l'Etat makhzanien !!
Mohamed Belmaïzi

- Le 6 février 2012 : Ezedine est tombé dans le coma, il est transféré dans la salle de réanimation à l'hôpital local de Taza. Il en est à son 50ème jour de grève de la faim. Sa famille est toujours sous menaces. Mohamed Ghaloud, un des détenus en grève de la faim dans la prison de Fès qui a subi le viol à la bouteille ( spécialité de la police marocaine), vomit du sang plusieurs fois par jour. Les quatre grévistes de la faim dans la prison de Fez en sont à leur 13eme jour.

- Le 8 février  Ezedine est toujours dans le coma, mais l'administration pénitencière, sous ordre des supérieurs, lui a donné quelques soins d'urgence, et retour à la case départ : la fameuse cellule 4, qui comporte une centaine de prisonniers dangereux  qui relèvent de la psychiatrie. L’administration continue à être sourde à ses revendications de le transférer dans une autre cellule et reconnaître son statut de prisonnier politique. Elle continue à harceler et à menacer sa famille chaque fois que celle-ci lui formule une demande

- Le 9 février : J'ai eu il y a un instant le président de l'AMDH locale à Taza. Rien qu'à sa voix j’ai senti l’inquiétude, la peur, la réserve. Effectivement Ezedine est de retour dans sa cellule, la fameuse cellule 4 avec une centaine de prisonniers dangereux. Sa famille est terrorisée.

Aujourdh'hui, à Taza d'autres prisonniers seront présentés au juge suite aux manifs et interventions des forces de "l'ordre". Ils sont presque une vingtaine. D'autres audiences avaient lieu hier, et d'autres détenus ont été jugés.

TAZA :
- Le 8 : Couvre feu.
- Aujourd'hui des caravanes de solidarité ont été très bien reçues par les forces de l'ordre : matraque, blessures etc. Plusieurs habitants ont été arrêtés. Selon les dernières infos qui remontent des quartiers de la ville de Taza, les agents de "sécurité" demandent aux habitants de quartiers de demander pardon au roi sinon leurs problèmes ne seront même pas examinés.
- Le 9 : dernière nouvelle: un climat de peur et de terreur règne sur la ville de Taza. Isolement total, circulation très difficile. Les gens sont difficilement joignables.

J'espère donner d'autres éléments demain
Moha Oukziz, coordinateur du Comité de soutien à Ezedine et aux étudiants grévistes de Fès


 Aidez-nous à faire pression sur le gouvernement marocain et participer à leur libération en signant d'urgence la pétition:
http://www.petitionenligne.fr/petition/etudiants-emprisonnes-en-greve-de-la-faim-ezedine-en-danger-de-mort/2151

mercredi 7 décembre 2011

Scène de la vie quotidienne : Un vieillard expulsé d’un dispensaire de Boudinar (Nador)

par Yasmina Baddou, demainonline, 2/12/2011

Rabat.- Un vieillard vient d’être mis à la porte du dispensaire médical de la petite localité de Boudinar, dans la province de Nador. Il git devant la porte, à la vue de tout le monde. Ce dispensaire dépend du ministère de la santé publique.

Le jeune homme qui filme cette scène explique en tarifit la situation de cet homme âgé et malade. On n’a pas besoin de comprendre le rifain pour se rendre compte du drame de cette personne représentative de cette masse, immense, de Marocains qui se trouve en dehors du système lui-même brinquebalant de la santé publique.

A moins d’être un super acteur et ce vidéaste un très bon faussaire, cette scène est insoutenable pour toute personne ayant une once de dignité dans les entrailles.

lundi 24 octobre 2011

Des nouvelles du dossier Zakaria Moumni, procès fixé au 27 octobre


Un boxeur KO
sur le ring de Mohamed VI
Par Jacques-Marie Bourget, 20/10/2011

Depuis plus d’un an Zakaria Moumni s’étiole dans une prison sale et surpeuplée du Maroc, victime des barbouzes de Mohamed VI. Une mise à l’ombre arbitraire qui n’émeut pas grand monde. Sans doute parce que l’aventure de Zak est un brin loufoque.

Ce garçon fait penser au héros de « Je veux voir Miousov ». Au temps béni du stalinisme, la pièce décrit l’entêtement d’un homme qui, quoiqu’il arrive, veut parler au camarade Miousov, le responsable du département peinture de l’usine dans laquelle il travaille.

Zakaria est du même métal. Lui, c’est le camarade M6, roi du Maroc qu’il veut contacter. Normal puisque Moumni est marocain, et que le bon monarque aime tous ses sujets comme ses enfants.

L’idée fixe de Zakaria est née d’une bizarre injustice, la trahison d’une promesse.

En 1999, à 19 ans, Zakaria devient champion du monde de « Light Contact », une sorte de « savate » du genre asiatique. A Malte, à la fin du championnat, Zakaria est fêté, honoré, la presse évoque son exploit de « premier Marocain et premier Africain » à emporter une telle timbale. Généreuse comme l’est depuis Mahomet la monarchie, un décret royal prévoit que tout champion du monde marocain sera doté d’une rente à vie. Pas quelque chose digne des cadeaux de madame Bettencourt. Non, une petite bourse du genre 500 euros par mois.

Notre Zakaria, grand type a très bonne gueule, cultivé et malin, n’a jamais reçu un centime, depuis il traque le roi comme le cerf à courre. Que M6 aille dans son château d’Ile-de-France, il campe devant la grille. Que le roi bien aimé soit dans un palace parisien, même séance de pied de grue au risque de faire croire qu’il fait le trottoir. Ce chasseur de roi à plein temps n’a même pas peur d’aborder gardes du corps et conseillers. En 2006 il a réussi à glisser sa supplique au roi qui lui répondu « écrivez-moi ». Mais, placé en embuscade sur le chemin du trône, l’épouvantable conseiller Mohamed Mounir Majidi, un type qui rendrait Jean-François Copé sympathique, a escamoté la lettre de Zakaria.

La suite ? Le jeune champion frappe, c’est sa nature. Non pas à l’estomac mais aux portes. Dès qu’un prince ou un haut fonctionnaire du Royaume est annoncé quelque part, Zakaria est là pour lui lancer : « Et alors, c’est quand qu’on l’applique le décret royal ? ».

Dans la foulée de Zakaria, nous avons naguère tenté de percer ce mystère alaouite. L’ambassade du Maroc en France, depuis plus d’un an, trop occupée sans doute à faire connaitre les grands mérites de la grande démocratie marocaine, n’a jamais répondu à nos demandes répétées.

Lassé de rester au bord du trottoir pour s’écrier à la vue des cortèges royaux : « le roi est un grand homme, très honnête, mais mal entouré. Il va sûrement me rendre justice… », Zak, le 19 septembre 2010 s’est rendu au Maroc. La police secrète l’a embarqué et fait condamner par de faux témoins dans une affaire « montée », qui donc n’existe pas. Aujourd’hui le boxeur est en full contact avec la prison. Heureusement que le printemps est une saison interdite au Maroc, Zak va pouvoir rester à l’ombre.

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 Le procès de Zakaria reporté  (en principe) au 27 octobre à Rabat
Par Ayad Ahram , pour le comité de soutien « Libérez Zakaria Moumni » 24/10/2011

Après que la Cour suprême au Maroc eût cassé au mois de juin dernier le jugement dont a fait injustement l’objet Zakaria Moumni, celui-ci sera rejugé finalement le 27 octobre à Rabat.
Son avocat, Maître Abderrahim Jamai, a tout fait pour le confronter à ses deux soi-disant plaignants qui l’ont accusé d’ « escroquerie ». Espérons que cette fois-ci la justice marocaine fasse son travail. Zakaria Moumni est innocent des faits qui lui sont reprochés. En réalité, il a été condamné à trois ans de prison ferme en première instance, condamnation ramenée à deux ans et six mois en appel, pour avoir osé dénoncer la corruption qui gangrène la Fédération de boxe dont il dépendait et surtout pour avoir réclamé haut et fort son droit à occuper un poste de conseiller sportif auprès de cette Fédération comme le lui garantit le décret de 1967.
Ses conditions de détention à la prison de Roummani sont insupportables. Vous trouverez en pièce jointe l’article de Florence Beaugé publié le 15 octobre 2011 au journal le Monde sur cette affaire.   
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Ci-dessous, vous trouverez également la dépêche de l’AFP sur le même sujet.

En prison au Maroc, un champion de boxe, bientôt rejugé

RABAT, 21 oct 2011 (AFP) - Un ancien champion de boxe marocain, détenu au Maroc depuis septembre 2010, doit être rejugé le 27 octobre après avoir été condamné à trois de prison pour "escroquerie", la Cour suprême ayant cassé un premier jugement, a indiqué vendredi son avocat à l'AFP,
Selon plusieurs ONG, Zakaria Moumni, 31 ans, est victime "de l'entourage royal" pour avoir critiqué le gouvernement marocain dans certains médias et lui-même affirme avoir été maltraité en détention.
Condamné en octobre 2010 à trois ans de prison ferme, il a vu sa peine en janvier 2011 réduite à deux ans et demi en appel.
"M. Moumni, qui est dans la prison de Roumani, à 200 km à l'est de Rabat, sera rejugé à Rabat jeudi, après que la Cour suprême eût cassé la décision de la Cour d'Appel", a précisé son avocat, Me Abderrahim Jamaï.
Depuis qu'il a remporté en 1999 le championnat du monde de boxe "light-contact", M. Moumni, marié à une Française, réclame un travail au Maroc auquel il estime avoir droit en application d'un décret royal de 1967. Celui-ci prévoit de récompenser par un travail dans la fonction publique marocaine les sportifs ayant honoré le Royaume par un titre international.
Interrogé par l'AFP, le ministre de la Jeunesse et des sports Mouncef Belkhayat a mis en cause ce droit de l'ancien boxeur à un emploi, faisant valoir que ce décret s'applique uniquement, "aux disciplines olympiques reconnues par le Comité international olympique (CIO), ce qui n'est pas le cas du +light boxing+", une discipline de boxe venue d'Asie et "peu pratiquée".
M. Moumni a été arrêté en septembre 2010 à l'aéroport de Rabat (bien Rabat), venant de France - où il réside depuis plusieurs années - et condamné le 4 octobre 2010 à trois ans de prison pour "escroquerie".
Selon l'acte d'accusation du 30 septembre 2010 présenté au tribunal de Première instance de Rabat, M. Moumni "avouait" avoir escroqué deux personnes en leur soutirant à chacun 1.200 euros, en échange de la promesse de leur trouver du travail en Europe. Ce que nie l'accusé.
Certaines associations rejettent ces accusations. "M. Moumni est victime de l'entourage royal. Il a été condamné suite un procès inéquitable, et ainsi +puni+ parce qu'il avait critiqué le gouvernement marocain dans certains médias. Nous demandons qu'il soit libéré, a ainsi indiqué à l'AFP Khadija Ryadi, la présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH).
Le 25 janvier 2010, il aurait tenté de remettre sa requête au roi et à son entourage en se rendant à un château appartenant au monarque à Betz (65 km au nord-est de Paris) mais en aurait été empêché par les gardes du corps du roi.
Dans un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié en avril 2011, le champion de boxe a affirmé qu'après sa descente d'avion le 27 septembre 2010, les policiers marocains "l'ont placé en garde à vue pendant trois jours sans en informer sa famille".
Les policier marocains "ont versé de l'eau sur lui, l'ont forcé à s'asseoir sur son genou et à un moment l'ont frappé sur les pieds (...) Il est resté les yeux bandés jusqu'à ce qu'ils le transportent de ce centre de détention à un poste de police, le 30 septembre", ajoute HRW citant M. Moumni.
ob/hm/mc/jms

source : AFP 212017 
AFP FRS4131 20:19:02 21/10/2011 -

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Et pour finir, si vous n'avez pas pu visualiser le reportage réalisé par Joseph Tual sur France 3 (Edition du soir 3 du dimanche 23 octobre à partir de la quinzième minute après la Libye), vous pouvez le voir ou le revoir sur le lien:
Ayad Ahram
Pour le comité de soutien « Libérez Zakaria Moumni »
Paris, le 24 octobre 2011
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Voir aussi Le Monde du 15 octobre