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lundi 24 octobre 2011

Des nouvelles du dossier Zakaria Moumni, procès fixé au 27 octobre


Un boxeur KO
sur le ring de Mohamed VI
Par Jacques-Marie Bourget, 20/10/2011

Depuis plus d’un an Zakaria Moumni s’étiole dans une prison sale et surpeuplée du Maroc, victime des barbouzes de Mohamed VI. Une mise à l’ombre arbitraire qui n’émeut pas grand monde. Sans doute parce que l’aventure de Zak est un brin loufoque.

Ce garçon fait penser au héros de « Je veux voir Miousov ». Au temps béni du stalinisme, la pièce décrit l’entêtement d’un homme qui, quoiqu’il arrive, veut parler au camarade Miousov, le responsable du département peinture de l’usine dans laquelle il travaille.

Zakaria est du même métal. Lui, c’est le camarade M6, roi du Maroc qu’il veut contacter. Normal puisque Moumni est marocain, et que le bon monarque aime tous ses sujets comme ses enfants.

L’idée fixe de Zakaria est née d’une bizarre injustice, la trahison d’une promesse.

En 1999, à 19 ans, Zakaria devient champion du monde de « Light Contact », une sorte de « savate » du genre asiatique. A Malte, à la fin du championnat, Zakaria est fêté, honoré, la presse évoque son exploit de « premier Marocain et premier Africain » à emporter une telle timbale. Généreuse comme l’est depuis Mahomet la monarchie, un décret royal prévoit que tout champion du monde marocain sera doté d’une rente à vie. Pas quelque chose digne des cadeaux de madame Bettencourt. Non, une petite bourse du genre 500 euros par mois.

Notre Zakaria, grand type a très bonne gueule, cultivé et malin, n’a jamais reçu un centime, depuis il traque le roi comme le cerf à courre. Que M6 aille dans son château d’Ile-de-France, il campe devant la grille. Que le roi bien aimé soit dans un palace parisien, même séance de pied de grue au risque de faire croire qu’il fait le trottoir. Ce chasseur de roi à plein temps n’a même pas peur d’aborder gardes du corps et conseillers. En 2006 il a réussi à glisser sa supplique au roi qui lui répondu « écrivez-moi ». Mais, placé en embuscade sur le chemin du trône, l’épouvantable conseiller Mohamed Mounir Majidi, un type qui rendrait Jean-François Copé sympathique, a escamoté la lettre de Zakaria.

La suite ? Le jeune champion frappe, c’est sa nature. Non pas à l’estomac mais aux portes. Dès qu’un prince ou un haut fonctionnaire du Royaume est annoncé quelque part, Zakaria est là pour lui lancer : « Et alors, c’est quand qu’on l’applique le décret royal ? ».

Dans la foulée de Zakaria, nous avons naguère tenté de percer ce mystère alaouite. L’ambassade du Maroc en France, depuis plus d’un an, trop occupée sans doute à faire connaitre les grands mérites de la grande démocratie marocaine, n’a jamais répondu à nos demandes répétées.

Lassé de rester au bord du trottoir pour s’écrier à la vue des cortèges royaux : « le roi est un grand homme, très honnête, mais mal entouré. Il va sûrement me rendre justice… », Zak, le 19 septembre 2010 s’est rendu au Maroc. La police secrète l’a embarqué et fait condamner par de faux témoins dans une affaire « montée », qui donc n’existe pas. Aujourd’hui le boxeur est en full contact avec la prison. Heureusement que le printemps est une saison interdite au Maroc, Zak va pouvoir rester à l’ombre.

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 Le procès de Zakaria reporté  (en principe) au 27 octobre à Rabat
Par Ayad Ahram , pour le comité de soutien « Libérez Zakaria Moumni » 24/10/2011

Après que la Cour suprême au Maroc eût cassé au mois de juin dernier le jugement dont a fait injustement l’objet Zakaria Moumni, celui-ci sera rejugé finalement le 27 octobre à Rabat.
Son avocat, Maître Abderrahim Jamai, a tout fait pour le confronter à ses deux soi-disant plaignants qui l’ont accusé d’ « escroquerie ». Espérons que cette fois-ci la justice marocaine fasse son travail. Zakaria Moumni est innocent des faits qui lui sont reprochés. En réalité, il a été condamné à trois ans de prison ferme en première instance, condamnation ramenée à deux ans et six mois en appel, pour avoir osé dénoncer la corruption qui gangrène la Fédération de boxe dont il dépendait et surtout pour avoir réclamé haut et fort son droit à occuper un poste de conseiller sportif auprès de cette Fédération comme le lui garantit le décret de 1967.
Ses conditions de détention à la prison de Roummani sont insupportables. Vous trouverez en pièce jointe l’article de Florence Beaugé publié le 15 octobre 2011 au journal le Monde sur cette affaire.   
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Ci-dessous, vous trouverez également la dépêche de l’AFP sur le même sujet.

En prison au Maroc, un champion de boxe, bientôt rejugé

RABAT, 21 oct 2011 (AFP) - Un ancien champion de boxe marocain, détenu au Maroc depuis septembre 2010, doit être rejugé le 27 octobre après avoir été condamné à trois de prison pour "escroquerie", la Cour suprême ayant cassé un premier jugement, a indiqué vendredi son avocat à l'AFP,
Selon plusieurs ONG, Zakaria Moumni, 31 ans, est victime "de l'entourage royal" pour avoir critiqué le gouvernement marocain dans certains médias et lui-même affirme avoir été maltraité en détention.
Condamné en octobre 2010 à trois ans de prison ferme, il a vu sa peine en janvier 2011 réduite à deux ans et demi en appel.
"M. Moumni, qui est dans la prison de Roumani, à 200 km à l'est de Rabat, sera rejugé à Rabat jeudi, après que la Cour suprême eût cassé la décision de la Cour d'Appel", a précisé son avocat, Me Abderrahim Jamaï.
Depuis qu'il a remporté en 1999 le championnat du monde de boxe "light-contact", M. Moumni, marié à une Française, réclame un travail au Maroc auquel il estime avoir droit en application d'un décret royal de 1967. Celui-ci prévoit de récompenser par un travail dans la fonction publique marocaine les sportifs ayant honoré le Royaume par un titre international.
Interrogé par l'AFP, le ministre de la Jeunesse et des sports Mouncef Belkhayat a mis en cause ce droit de l'ancien boxeur à un emploi, faisant valoir que ce décret s'applique uniquement, "aux disciplines olympiques reconnues par le Comité international olympique (CIO), ce qui n'est pas le cas du +light boxing+", une discipline de boxe venue d'Asie et "peu pratiquée".
M. Moumni a été arrêté en septembre 2010 à l'aéroport de Rabat (bien Rabat), venant de France - où il réside depuis plusieurs années - et condamné le 4 octobre 2010 à trois ans de prison pour "escroquerie".
Selon l'acte d'accusation du 30 septembre 2010 présenté au tribunal de Première instance de Rabat, M. Moumni "avouait" avoir escroqué deux personnes en leur soutirant à chacun 1.200 euros, en échange de la promesse de leur trouver du travail en Europe. Ce que nie l'accusé.
Certaines associations rejettent ces accusations. "M. Moumni est victime de l'entourage royal. Il a été condamné suite un procès inéquitable, et ainsi +puni+ parce qu'il avait critiqué le gouvernement marocain dans certains médias. Nous demandons qu'il soit libéré, a ainsi indiqué à l'AFP Khadija Ryadi, la présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH).
Le 25 janvier 2010, il aurait tenté de remettre sa requête au roi et à son entourage en se rendant à un château appartenant au monarque à Betz (65 km au nord-est de Paris) mais en aurait été empêché par les gardes du corps du roi.
Dans un rapport de l'ONG Human Rights Watch publié en avril 2011, le champion de boxe a affirmé qu'après sa descente d'avion le 27 septembre 2010, les policiers marocains "l'ont placé en garde à vue pendant trois jours sans en informer sa famille".
Les policier marocains "ont versé de l'eau sur lui, l'ont forcé à s'asseoir sur son genou et à un moment l'ont frappé sur les pieds (...) Il est resté les yeux bandés jusqu'à ce qu'ils le transportent de ce centre de détention à un poste de police, le 30 septembre", ajoute HRW citant M. Moumni.
ob/hm/mc/jms

source : AFP 212017 
AFP FRS4131 20:19:02 21/10/2011 -

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Et pour finir, si vous n'avez pas pu visualiser le reportage réalisé par Joseph Tual sur France 3 (Edition du soir 3 du dimanche 23 octobre à partir de la quinzième minute après la Libye), vous pouvez le voir ou le revoir sur le lien:
Ayad Ahram
Pour le comité de soutien « Libérez Zakaria Moumni »
Paris, le 24 octobre 2011
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Voir aussi Le Monde du 15 octobre

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