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samedi 29 octobre 2011

Grandeur et décadence de l'idéologie islamiste...


par Mohammed Belmaïzi, 9/10/2011

Retour sur quelques étapes dans le contexte des Révolutions :
Il ne se passe pas de Révolution sans qu’elle soit couverte à travers vidéos ou images, par la presse ou par les contestataires eux-mêmes. Inédit exploit de ces derniers qui inscrivent patiemment les étapes de leur propre Histoire.

C’est que la mémoire des peuples a entériné douloureusement et pas à pas la tyrannie et la répression subies durant de longues années. Du Machreq au Maghreb, l’ensemble des États ont brillé par la déliquescence morale sur tous les plans. Absence de projet de société, enrichissement illicite, abus et arbitraire, autoritarisme et violence envers les peuples, sont devenus proverbiaux. La colonisation, après avoir étouffé tout élan vers la liberté, la dignité et la démocratie, a permis au néocolonialisme de s’enraciner dans la continuité de cet ordre de choses. Plusieurs générations sont passées sous la cruauté de ces régimes, avec nombre de tentatives de révolutions matées dans le sang. Ces régimes ont employé la torture, les disparitions, les emprisonnements et les assassinats à tout bout de champ. L’Occident a failli et sa promotion des principes des droits humains n’a pu fonctionner que dans le cadre de la tension Est/Ouest, où nos contrées n’étaient qu’un champ de bataille entre libéralisme et communisme. Et chaque fois qu’un pays soulève la tête pour instaurer un projet de société démocratique moderne, il était assimilé par l’Occident et les USA à une succursale de communisme « impie » et « athées » (le cas de Nasser) ; ce qui a suscité un soutien déclaré aux mouvances islamistes. Mouvances qui ont été d’ailleurs développées par les pouvoirs institués de ces pays. En Algérie par exemple, sous Boumediene qui instaura les « Instituts islamiques » et au Maroc sous Hassan II qui créa la filière « Sciences islamiques » en démontant le département de la philosophie, en 1979 ; date historique qui a vu l’installation au pouvoir de l’ayatollah Khomeiny qui revenait de son exil en Iran, triomphalement sous l’œil bienveillant de la France. Ce soutien troublant de la part de l’Occident aux islamistes, va trouver son apogée dans l’invasion par la Russie de l’Afghanistan. Une guerre, entre les Moudjahidines et l’URSS, qui a duré de 1979 à 1989, et qui a donné le temps nécessaire pour ragaillardir l’organisation de Ben Laden… dont l’aboutissement ductile sera le 11 septembre 2001.

C’est alors que la question des droits de l’Homme et de la démocratie dans les pays arabo-musulmans, s’est posée d’une manière patente, mais alambiquée, tronquée et irrecevable moralement. Car soudainement les USA qui n’ont rien à cirer des droits humains, mais auxquels les dictateurs (le cas de Saddam Houssaine) ont prêté le flanc avec une facilité déroutante, s’improvisent en bienfaiteurs pour venir introduire la démocratie en Irak, avec tout le cortège des tueries collatérales (des morts estimés de 102 629 à 112 160 civils irakiens).

Les peuples écoutent et voient : la guerre entre l’Iran et l’Irak de 1980 à 1988, a fait entre 500 000 et 1 200 000 victimes. Les massacres en Algérie avec 200 000 morts… Ils ont assisté « silencieux » à ce champ de ruines et de terrorisme qui s’étendait du Machreq au Maghreb et touche clairement l’Occident qui sera impliqué fatalement dans le débat autour de l’islam et de l’islamisme. Mais, en faisant son chemin de Damas, l’Occident, tout en combattant le terrorisme islamiste, a donné une scandaleuse légitimité aux États dirigés par des dictateurs. Une aubaine inattendue pour les monarques et les Présidents à vie qui prévoyaient déjà de faire du pouvoir une question héréditaire !

A l’ensemble des éléments précités qui ont bourré et endolori la mémoire de nos peuples, il faut ajouter l’agression constante contre le peuple palestinien, et notamment les récents crimes contre l’humanité, qui ont été perpétrés à Gaza (2008-2009) par les israéliens (1 315 morts - enfants, femmes, vieux et jeunes civiles… avec des dégâts incommensurables !) devant l’incapacité des institutions judiciaires internationales, d’entamer une quelconque procédure.

Témoins directs d’une apocalypse annoncée – d’aucuns parlaient à juste titre d’une extinction fatale de la civilisation arabo-musulmane, que la pensée ne pouvait que gérer – les peuples font irruption pour se défaire des préjugés primitifs et de cette fatalité. Et c’est ainsi que le rêve dynamique du changement va éclore d’une manière percutante dans la République islamique de l’Iran en 2008. Un peuple qui a inauguré - sous le prétexte, il est vrai, des falsifications des élections - ce qu’on appelle aujourd’hui le « Printemps arabe », et qui couve présentement une révolution qui, après des balbutiements, pourrait prochainement revendiquer la chute de la République islamique.

On ne manquera pas de noter que, utilisé comme prétexte fallacieux, l’islamisme devenait un fond de commerce et pour les dictateurs en place à vie, et pour la bande crapuleuse des israéliens, pour caser les peuples musulmans dans un arriérisme sclérosé et sans espoir.

Mais il faut évoquer également l’autre optique d’utiliser Israël en tant que prétexte pour les dictateurs. L’exemple de la Syrie est patent. Bachar Assad n'a jamais pensé qu'un jour, son tour allait venir durant les chambardements des pays voisins, notamment la Tunisie et l’Égypte. Car l'élite de Bachar Assad pensait qu'elle avait tous les atouts pour se préserver du séisme. Contrairement aux autres dictatures, la Syrie n'agitait pas l'épouvantail de l'islamisme, puisqu'elle est une alliée de taille de l'Iran et se trouve en lune de miel avec le Hamas et le Hizbou Allah du Liban. Si le Hizbou Allah soutient Bachar Assad dans l'oppression et le crime perpétré contre le peuple syrien, le chef du Hamass (Khaled Machaal), réfugié en Syrie, ne s'est pas laissé compromettre et a quitté sa terre d'exil. Bachar Assad et ses élites pensaient que leur principal atout qui pourrait être habilement valable, était Israël. C'est ainsi que se considérant comme le seul pays arabe s'opposant à la barbarie d'Israël, la Syrie de Bachar Assad avait la certitude qu'aucun soulèvement ne sera possible. Identique démarche que les autres dictatures ont adoptée, pour garder le pouvoir à vie, en prenant pour prétexte l'islamisme.

Cette nouvelle donne est bien enregistrée et les plus intelligents au sein de la mouvance islamiste ont bel et bien compris qu’ils étaient des alliés objectifs de l’impérialisme et des dictateurs. Et qu’ils étaient surtout un prétexte royal à l’oppression qu’ont subi nos peuples. Et le plus patent de cette décadence, revient à l'ingénieux "3bqari" Mustapha Abdeljalil qui, en proclamant "la libération de la Libye" (était-ce un pays sous colonisation?), revendique, sans analyses, ni débat de fonds, ni clarté sur sa légitimité.... le droit de forniquer avec quatre femmes!!!Il est à constater que les peuples ont changé de mentalité, et je dirai même de culture, depuis les soulèvements en Tunisie et en Égypte (et cela continue...). Même si les élections mettent au pouvoir des islamistes, les citoyennes et citoyens (ainsi que les autres partis démocratiques) vont leur demander des comptes... et au moindre dérapage (violations des droits fondamentaux... dogmatisme ou violence tous azimut), on leur demandera de DÉGAGER ! Les peuples sont devenus allergiques au fanatisme et à l'utilisation de la religion pour opprimer au nom de Dieu... Ils sont devenus allergiques à la "présidence à vie" et à la dictature... On ne peut que s'en réjouir!

Mohammed Belmaïzi
29/10/2011

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