Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est Ibtissam Lachgar. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ibtissam Lachgar. Afficher tous les articles

samedi 12 juillet 2014

LIBERTÉS INDIVIDUELLES: QUID DE L’ARTICLE 222?


Par illionweb, 27/7/2014


10013966_10152351680695522_662981327_nL’article 222 du Code pénal marocain prévoit que : « Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l’emprisonnement d’un à six mois » ainsi que d’une amende. A cet effet, une conférence de presse a eu lieu dernièrement dans les locaux de l’AMDH. 

Plus de détails avec Ibtissam Lachgar, co-fondatrice du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (M.A.L.I). 

Qui est exactement derrière l’appel à l’abrogation de l’article 222? 
M.A.L.I depuis 2009 rejoint par de nombreuses associations, mouvements et indépendants comme  le conseil des ex-musulmans Maroc lors de notre conférence de presse.
 
Chaque année, à l’approche du ramadan, vous lancez cet appel. Ne pensez-vous pas que c’est devenu le marronnier des libertés individuelles, et que l’opinion public finira par se désintéresser?
En ce qui concerne M.A.L.I le combat pour les libertés individuelles dure toute l’année, mais il est symboliquement marqué lors des occasions, périodes données ou faits marquants ( journée mondiale, Ramadan, affaire médiatisée etc). Si l’opinion public se désintéresse des victimes des lois liberticides et autres méthodes fascistes, cela serait désolant pour un éventuel changement des mentalités. Nous refusons la dictature religieuse. Le mois de Ramadan est la partie visible de l’iceberg.
 
Êtes-vous derrière l’appel pour la liberté de conscience des enfants? Profitez vous de la question du jeûne pour élargir le débat sur le poids de la religion sur les libertés individuelles? 
Oui nous sommes un groupe de jeunes dont nombre de membres de M.A.L.I a appelé à la liberté de conscience. Celle des enfants n’est pas respectée, l’enfant né de facto musulman à vie. Une religion lui est imposé, l’enfant devenu adulte est dépossédé de son libre-arbitre, infantilisé et ne peut effectuer ses choix de vie.

Á LIRE AUSSI

TRAVAIL DOMESTIQUE : 3 QUESTIONS A DRISS EL YAZAMI
TRAVAIL DOMESTIQUE : UN PROJET DE LOI EN GESTATION
AFFAIRE BRIGADE DES MŒURS : QUESTIONS A ABDESSAMAD DIALMY
UN PROJET SOCIAL EN FAVEUR DES FEMMES ARTISANES

jeudi 15 octobre 2009

Les co-fondatrices du MALI interdites de quitter le territoire, informations et soutien

Des informations de Zinebl Rhazoui, journaliste, 15/10/2009

Abderrahim Jamaï vient de m'informer que le procureur lui a confirmé qu'il ne s'agissait pas d'une erreur, mais qu'Ibtissam Lachgar et moi sommes bien interdites de quitter le territoire.
Ibtissame Betty Lachgar, psychologue marocaine de 34 ans et co-fondatrice du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (Mali) a été relâchée par la police judiciaire sur la route de Mohammedia. L'interdiction de sortie du territoire est confirmée pour Ibtissame Lachgar et Zineb El Rhazoui.
Entre-temps, Betty a été relâchée sur la route, elle est arrivée chez moi.

Soutien de l'ASDHOM par Ayad Ahram, secrétaire général

Ibtissame Betty Lachgar, psychologue marocaine de 34 ans et co-fondatrice du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (Mali), a été arrêtée ce matin par la police des frontières de l'aéroport Mohammed-V, à Casablanca. Elle a été empêchée de quitter le territoire alors qu'elle tentait de prendre l'avion de 8h du matin en direction de Paris, où elle devait assister à une rencontre-débat sur les libertés, organisée par l'association française Manifeste des Libertés. Elle a été conduite à la Préfecture de police de Casablanca, où la Police Judiciaire de Mohammedia est venue la chercher. Elle a été débarquée de la fourgonnette de police sur le chemin de Mohammedia.
Entre-temps, l'avocat des jeunes du Mali, Maître Abderrahim Jamaï, a contacté le procureur du roi, qui lui a confirmé qu'il y avait une interdiction de sortie du territoire pour Ibtissame Lachgar et Zineb El Rhazoui. Pourtant, il n'y a pas de poursuites judiciaires contre les deux femmes. Ibtissame Lachgar devait également se rendre en France pour poursuivre son doctorat.


Soutien d'Ali Fkir
Ibtissem perd son droit de circulation
La jeune psychologue Ibtissem Lachgar, arrêtée avec d'autres jeunes ( au cours du dernier ramadan) pour leur opposition à l'article pénal 222 qui punit les "musulmans non jeûneurs", vient d'être arrêtée à l'aéroport de Casablanca , menée au commissariat central de cette ville, puis vers celui de Mohammedia avant qu'elle ne soit relâchée.

La police lui a signifié qu'elle est interdite de quitter "le territoire national".

Rappelons qu'après des heures et des heures d'interrogatoire au commissariat de Mohammedia, Ibtissem et ses camarades de MALI (mouvement alternatif pour les libertés individuelles) ont été relâchéEs et sans poursuite juridique aucune.

Donc la décision policière d'empêcher Ibtissem de se rendre en France pour, entre autre , poursuivre ses études universitaires est illégale. Cela confirme que nous vivons le règne de l'arbitraire.

Notons aussi actuellement, et à la veille de son congrès, une campagne de dénigrement vise l'AMDH à qui certains milieux reprochent entre autre sa position anti répressive dans cette affaire, et sa défense du droit des citoyenNEs à la liberté de culte.

Exprimons notre solidarité avec Ibtissem, Zineb et avec toutes les victimes de l'arbitraire.



samedi 26 septembre 2009

MALI: affaire classée?



Par Ali Fkir, 25/9/2009

A 14h 2mn du vendredi 25 septembre 2009, accompagnées du président de la section de l'AMDH de Mohammedia et d'un autre membre de la section, Zineb Elghazoui et Ibtissem Lachgar, se sont présentées au commissariat central de Mohammedia.
Elles ont été relâchées vers 18h30. A la fin de la séance de l'interrogatoire, la police leur a signifié " très courtoisement" qu'il n'y aura pas de suites judiciaires contre le groupe mais que ses membres pourront être convoquéEs ...
Il arrive que des imbéciles soulèvent une grosse et lourde pierre qui leur retombe sur les pieds.
l'Etat marocain a mobilisé tout son appareil répressif, des partis politiques exigeant les têtes des "mécréantEs", certaine presse à la recherche du sensationnel incitant à la haine, des "cachez moi ce sein que je ne saurais voir" choqués par "hérésie", des pseudo intellectuels adeptes de "oui, mais", des tartuffes de tout poil... tout ce monde s'est donné en spectacle de basse gamme et pour cause des jeunes citoyenNEs qui ne demandent que l'abrogation de l'article 222 du code pénal qui vous mène en prison pour non observation du jeûne, le dit article qui est d'ailleurs en contradiction avec le préambule de la constitution où l'Etat marocain s'engage à respecter les droits humains tels qu'ils sont reconnus mondialement, et un article clair qui garantit la liberté de croyance au Maroc.
Ces messieurs n'ont pas peur du ridicule. Ils s'y sont habitués. Malheureusement il ne tue pas!
Affaire à suivre

jeudi 24 septembre 2009

dimanche 20 septembre 2009

Ramadan : ces Marocains qui veulent être libres de ne pas jeûner

Par Ghalia Slaoui, 20/9/2009

Ce samedi, Rue89 publiait un article de Global Voices qui résumait les réactions des blogueurs marocains après l'interpellation de militants coupables d'avoir rompu le jeûne en public à Mohammedia le 13 septembre. Alors que le ramadan s'achève ce dimanche, Ghalia Slaoui revient sur les motivations et l'organisation de ce nouveau mouvement.

(De Rabat) Créé sur Facebook il y a quelques semaines au Maroc, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali) a décidé de briser un tabou et d'en faire un exemple de militantisme pour les libertés individuelles, en organisant le « dé-jeûner » du ramadan qui lui vaut ses ennuis avec la justice marocaine.
A l'origine du mouvement, deux jeunes femmes : Zineb El Rhazoui, 27 ans, journaliste, et Ibtissam Lachgar, psychologue. Elles écrivent dans leur manifeste :
« Au Maroc, plus que dans d'autres Etats, la défense de nos libertés individuelles est une nécessité. Abus de pouvoir, inquisition socioreligieuse, intolérance, textes de loi abusifs étouffent nos libertés fondamentales. D'où l'importance d'un Mouvement alternatif pour les libertés individuelles. »
Zineb El Rhazoui n'a pas le profil lisse et superficiel que lui brosse aujourd'hui la presse marocaine. Elle a enseigné la méthodologie de l'écrit et de la recherche à l'Université française d'Egypte, et l'arabe classique à des étudiants militaires de Saint-Cyr en stage de formation au Caire.
Elle devrait défendre dans quelques semaines à l'EHESSS de Paris un mémoire de master de sociologie des religions sur l'évangélisation au Maroc.

Une communauté qui se mobllise régulièrement pour les libertés publiques
Dimanche 13 septembre, en fin de matinée, Zineb El Rhazoui et Ibtissam Lachgar sont dans le train navette qui relie Casablanca à la capitale, Rabat, avec un petit groupe de jeunes gens d'extractions sociales diverses, ralliés au mouvement grâce à l'exceptionnel buzz créé sur les sites communautaires et les blogs tenus par des activistes progressistes.
La même communauté qualifiée au mieux d » « idéaliste », au pire de « nihiliste », qui, à chaque poussée de fièvre sécuritaire au Maroc, se mobilise sur Internet pour faire entendre la voix de ceux qu'on appelle souvent au Maroc les « modernistes ».
A l'orée des années 2000, au balbutiement de cette vague contestataire, certains d'entre eux étaient déjà en première ligne pour l'organisation d'une manifestation à Rabat soutenant le projet de la réforme de la
Moudawana, le code de la famille, alors que les islamistes et les conservateurs faisaient une démonstration de force dans les artères de Casablanca pour faire capoter le projet.
Ils utiliseront la puissance de la communication virale pour faire connaître le sort ubuesque de
Fouad Mourtada, embastillé pour avoir crée un pastiche du profil du prince Moulay Rachid, le frère du roi, sur Facebook.
Plus récemment, ils ont eu l'idée de constituer le groupe des 9%, en référence à la frange des déçus du système révélés par le sondage sur la popularité du roi qui aura valu cet été la
destruction de 100 000 exemplaires des magazines TelQuel et Nichane. [A ce sujet, voir dans les commentaires sélectionnés ci-dessous une mise au point d'un des initiateurs du groupe des 9%, ndlr]
Des manifestants armés de sandwiches
Par petites grappes, les membres du collectif Mali se donnent rendez-vous à la gare ferroviaire de Mohammedia, leur point de ralliement avant de se diriger vers une zone dégagée, à l'extérieur de la ville, leur objectif clameront-ils était de rompre le jeune « dans un espace non clos, mais dans une relative discrétion », l'action n'étant pas de le faire de manière ostentatoire.
Leur mot d'ordre essentiel étant avant tout de « protester contre l'ingérence dans la vie privée et pour la liberté de ne pas jeûner ramadan ».
Les manifestants munis de leurs sandwichs voulaient casser la croûte lors d'un happening dans une petite forêt de Mohammedia et non dans le hall de la gare comme la prétendu la presse.
Une centaine de policiers et de militaires (« 100 policiers contre 10 sandwichs », titrera non sans malice le quotidien madrilène El Mundo), étaient amassés à leur descente de train. Une autre membre du Mali dans les colonnes du quotidien espagnol :
« Notre objectif était de dire que nous sommes marocains, nous n'observons pas le jeûne, mais nous avons le droit d'exister. Chaque année, il y a des arrestations et des lynchages publics de non-jeûneurs, alors que la constitution marocaine garantit la liberté de culte. »
Des dizaines d'arrestations moins médiatiques que l'opération du Mali
La presse fera d'ailleurs état en effet de dizaines d'arrestations lors de ce Ramadan pour non-observation du jeûne en public, assorties de condamnation à la prison ferme. Des jugements expéditifs qui n'ont pas eu le même écho médiatique que celui suscité par le Mali.
Les mandats d'amener délivrés par le parquet à la police judiciaire s'appuient sur l'article 222 du code pénal marocain qui stipule que tout individu notoirement connu pour son appartenance à l'islam qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le ramadan est passible de un à six mois d'emprisonnement et d'une amende.
Une disposition légale jugée contraire aux normes internationales en matière de libertés individuelles comme l'ont rappelé avec insistance les organisations de défenses des droits de l'homme.
D'ailleurs, rappellent des ténors du barreau comme le bâtonnier Abderrahim Jamaï qui devrait prendre la défense des membres du Mali en cas de procès, cet article de loi ne peut servir de base juridique aux poursuites, les personnes interpellées n'ont en définitive pas rompu le jeûne en public.
Ils ne peuvent pas être valablement condamnés pour un supposé délit d'intention. Selon l'avocat :
« Nous sommes encore une fois face à une décision arbitraire, car l'infraction supposée n'a pas été commise ».

L'inadequation des textes avec la réalité sociale
Au-delà des débats juridiques, l'affaire met en exergue une réalité bien plus pesante : l'inadéquation des textes de loi avec une réalité sociale en pleine effervescence, confrontée à la mondialisation des mœurs et des idées. Si l'Islam est la religion d'Etat, la question de la liberté de culte dont la Constitution garantit le respect est de nouveau battue en brèche. « Il y a un problème de clarification à ce niveau » explique Me Jamaï :
« la liberté de culte dont se prévaut le MALI est en phase avec une conception évidente du droit au libre arbitre. Or, sur le plan politique, la religion d'Etat éteint le droit à l'autodétermination de chacun, ce qui est contraire aux libertés fondamentales ».
Là où le débat d'idées est nécessaire et où la réflexion devrait être admise, l'interdit est érigé au nom de la notion évasive de « communauté » et de « majorité écrasante » comme s'en défendent les islamistes où les conservateurs.
Pour Zineb El Rhazoui, la jeune journaliste à l'origine de ce mouvement, « l'islam existe depuis des siècles et n'a pas besoin des islamistes pour le défendre », et d'ajouter :
« Il ne sera nullement ébranlé par des personnes qui ont fait le choix, pour des raisons qui leurs sont propres, de ne pas observer une prescription religieuse.
Si nous permettons aux forces de l'obscurantisme de faire la loi dans notre société, chaque femme non voilée, chaque personne qui ne fait pas la prière ou qui boit de l'alcool pourra craindre les représailles des radicaux.
Nul n'est à l'abri du passage à l'acte d'un fanatique, mais cela ne doit pas nous empêcher de nous exprimer librement et de militer pour le Maroc que nous rêvons : un Maroc tolérant, libre et pluriel. »
Dans une
interview accordée en août à Libération, l'islamologue laïc Abdelwahab Meddeb souligne que, dans de nombreuses sociétés, et notamment au Maroc, le jeûne a tendance à devenir un phénomène social, plus qu'un exercice spirituel.

La liberté de pratiquer, ou de ne pas pratiquer
Les membres du Mali adhèrent à ce point de vue :
« Nous pensons que chacun doit avoir la liberté de pratiquer sa religion en son âme et conscience. Ceux qui souhaitent jeûner doivent pouvoir le faire sans contrainte, où qu'ils soient dans le monde.
Ce que nous dénonçons, c'est la stigmatisation des dé-jeûneurs et leur pénalisation du point de vue de la loi. Dans notre activité du dimanche dernier, il y avait des jeûneurs parmi nous, qui soutenaient le droit des dé-jeûneurs à exister librement, sans hypocrisie ».
La question dépasse aussi le seul cadre du débat sur les libertés individuelles, socle essentiel de la modernité d'une société. Elle interpelle sur les fondamentaux du contrat social avec la monarchie qui tire évidemment sa légitimité première de la notion de Commanderie des Croyants.
Si ce lien est très largement accepté, il ne l'est pas seulement dans sa lecture culturelle, symbolique ou identitaire. La sacralité telle que définie par la constitution marocaine impose un dogme que le régime a, à l'évidence, de grandes difficultés à synthétiser avec la modernité.
Un état de fait qui transpire dans les relations chaotiques du pouvoir avec la presse, les ONG et la frange progressiste de la société civile qui déminent depuis des années les lignes rouges imposées.