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mardi 13 avril 2010

Zahra et ses camarades en grève de la faim

Nous nous associons à Ali Fkir pour redire notre totale solidarité avec la militante Zahra et ses camarades dans leur combat légitime.
المعتقلون السياسيون، مجموعة زهرة
بــــــــــــــــــــــــلاغ
اضراب انذاري عن الطعام لمدة 72 ساعة
بعد أن تم اسدال الستار على آخر فصول محاكمتنا الصورية ، وذلك يوم الأربعاء 31//03/2010 حيث تم توزيع 25 سنة سجنا نافذا موزعة على الشكل التالي :
* مراد الشويني 4 سنوات سجنا نافذا مع غرامة مالية قدرها 80000
* خالد مفتاح 3 سنوات سجنا نافذا
*وسنتين سجنا نافذا في حق كل من الرفاق :
- زهرة بودكور - عثمان الشويني - محمد العربي جدي - محمد جميلي - يوسف العلوي - علاء الدربالي - جلال القطبي - يوسف الشدوفي - ع الله الراشدي.
سيسعى النظام القائم بالمغرب من خلال إدارة السجن " بولمهارز " السيئ الذكر إلى ترحيلنا قسرا، مع العلم أن القانون الداخلي للمندوبية يقضي بمرور أسبوعين على الأقل بعد الحكم الاستئنافي لكي يتم الترحيل بل أكثر من ذلك افتتحت ادارة السجن باب الترحيلات القسرية بدءا بالرفاق مراد و عثمان الشويني و علاء الدربالي الى السجن المحلي بالصويرة يوم الاثنين5/04/2010 .و الرفاق محمد العربي جدي و خالد مفتاح و يوسف المشدوفي الى السجن المحلي بقلعة السراغنة يوم 7/04/2010 . أما ع الله الراشدي و محمد جميلي و يوسف العلوي فقد تم ترحيلهم الى السجن الفلاحي بأزيلال في نفس اليوم ، ليرحل الرفيق جلال القطبي الى سجن بنكرير الى جانب الرفيقة زهرة بودكور التي تم ايداعها بنفس السجن في حي النساء لاتقطنه إلا سجينة واحدة ( أو السجن الانفرادي بشكل اخر ) وقد تم استقبالنا بالوعيد في محاولة يائسة لترهيبنا وكسر شوكتنا من داخل هذه السجون .
ان هذا الترحيل القسري الذي أراد النظام القائم بالمغرب من خلاله المزيد من عزلنا وضرب التراكمات التي حققناها داخل السجن من خلال ادائنا السياسي و الميداني و المزيد من تعميق معانات عائلاتنا وإضعاف حركتهم المكافحة .
أمام هذا الوضع نعلن للرأي العام الوطني و الدولي ما يلي :
- عزمنا الدخول في اضراب انذاري عن الطعام لمدة 72 ساعة ابتدائا من يوم الاربعاء 14/04/2010 تنديدا بالمحاكمة الصورية التي تعرضنا لها وبالترحيل القسري الذي تعرضنا له
- و مطالبتنا بالاستجابة لمطالبنا العادلة و المشروعة و المتمتلة أساسا في :
* اطلاق سراحنا الفوري
* تجميعنا في عنابر تتوفر على كافة الشروط ( الاسرة ، النظافة ، التغدية ، التطبيب ....)
* التمديد في الفسحة اليومية
* تمتيعنا بالزيارة المفتوحة لكافة افراد العائلة ورفاقنا ...
* توفير فضاء للدراسة
* الترخيص باستعمال الهاتف دون قيد أو شرط
* السماح بطهي طعامنا
وفي الاخير اذ نحمل المسؤولية الكاملة للنظام القائم في المغرب إلى ما ستؤول إليه الأوضاع داخل السجن في حالة عدم الاستجابة لمطالبنا ، ندعو كافة المناضلاين و كافة الديمقراطيين الى النضال من أجل اطلاق كافة المعتقليين السياسيين .
السجن المحلي بالصويرة
السجن المحلي ببنكرير
السجن المحلي بقلعة السراغنة
السجن المحلي بأزيلال

vendredi 8 janvier 2010

Ne pas oublier Zahra, la plus jeune prisonnière politique du Maroc, toujours en prison

Parcours. Zahra, libre derrière les barreaux

Le verdict en appel de “la plus jeune détenue politique du Maroc” est attendu le 23 décembre. Zahra Boudkour est en prison depuis 19 mois pour avoir manifesté. Elle est affaiblie, mais seulement physiquement.

Dans sa cellule de la prison de Boulmharez à Marrakech, Zahra attend le début de la soirée, le moment où les gardiens ne passent plus, où les codétenues ont baissé la télé et les bébés cessé de pleurer. C’est alors qu’elle se plonge tant bien que mal dans ses cours de droit. “Je suis en
train d’étudier le cours sur les contrats, explique-t-elle. Je n’ai reçu les documents que récemment, et il y a des examens en janvier”. Zahra veut devenir avocate. Jusqu’en mai 2008, elle était en deuxième année à l’Université de Marrakech. Mais à 21 ans, sa vie a basculé.
Elève modèle et révoltée
Zahra est née à Zagora, après 11 frères et sœurs. Son père est un militaire, et même un ancien résistant. Orpheline de mère à 2 ans, elle est élevée par sa sœur aînée, Moulouda. “Une enfance normale, ni heureuse ni malheureuse. J’étais toujours la première au lycée. Mais dès l’adolescence, j’ai commencé à remarquer les injustices sociales, les gens qui mouraient faute d’être bien soignés, les problèmes d’accès à l’eau…”. Alors, “pour défendre le peuple”, à 20 ans, Zahra choisit d’étudier le droit à l’Université de Marrakech. Elle adhère à l’UNEM (Union nationale des étudiants marocains) et à la Voie démocratique (Annahj Addimocrati). Poussée par une bonne dose de naïveté juvénile et une motivation inébranlable, elle embrasse le marxisme-léninisme comme une vocation. Et rejoint ainsi les rangs des “moutons noirs” de la fac.
Le 14 mai 2008, elle est parmi les 3000 étudiants manifestant contre les frais d’hospitalisation trop élevés imposés aux étudiants. Les agents des CMI foncent dans le tas. L’infortuné Abdelkebir Bahi sera même “jeté” du haut d’un bâtiment et aura la colonne vertébrale fracturée. 18 étudiants sont arrêtés, conduits au commissariat de Jamaâ El Fna et torturés pendant 5 jours. On a beaucoup parlé à l’époque des traitements réservés à Zahra, seule fille du groupe. Elle est jetée nue dans une cave, menacée de viol, et reçoit des coups de barre de fer sur la tête qui la font souffrir jusqu’à aujourd’hui.
Dès le 9 juin 2008, un premier groupe de 7 étudiants, condamnés à 1 an de prison chacun. Le lendemain, les 18 détenus entament une grève de la faim de 46 jours pour protester contre ce verdict. Le procès du “groupe des 11” (dont fait partie Zahra) est si houleux que, de report en report, il va traîner pendant plus d’un an. Finalement, le 9 juillet 2009, un étudiant est condamné à 4 ans et les 10 autres écopent de 2 ans. Les chefs d’accusation relèvent du registre de la grande criminalité. Pour Zahra seront retenus “possession d’armes blanches”, “constitution de groupe armé” et “insulte aux magistrats”. Pourquoi cet acharnement contre une poignée de jeunes ? L’appartenance politique ou l’origine sahraouie d’une partie d’entre eux ont-elle joué ? “C’est vrai que Annahj était clairement visé, estime Zahra. Au commissariat, les policiers nous demandaient si nous étions marxistes. Si nous répondions oui, ils nous frappaient”.
Cachée pour la visite royale
Depuis, pour ces jeunes, la vie a le goût de la prison. Placée pendant longtemps dans une cellule surpeuplée avec 50 femmes, Zahra est récemment arrivée dans un secteur plus propre, avec des chambres de 8 (plus les bébés). Mais elle ne peut toujours pas marcher à l’air libre (“je n’ai pas vu le soleil depuis 3 semaines”), la douche hebdomadaire est à l’eau froide, et, surtout, elle ne peut pas consulter un médecin spécialiste pour sa santé déclinante. La jeune femme a toujours des séquelles des coups reçus (douleurs crâniennes) et de la grève de la faim (hypoglycémie, douleurs abdominales). Elle a demandé à plusieurs reprises d’être transportée à l’hôpital aux frais de sa famille, sans succès. Elle ne s’apitoie pas sur son sort pour autant. “Vous devriez plutôt parler des 10 garçons. Eux vivent réellement dans des conditions atroces, entassés à 100 dans une même cellule”.
Heureusement que ses frères et sœurs, très soudés, la soutiennent autant qu’ils le peuvent. Moulouda (qu’elle appelle sa mère) s’est installée à Marrakech pour pouvoir lui rendre visite chaque semaine et lui apporter de la nourriture correcte. Et malgré les tentatives pour l’isoler et les fréquents changements de cellule (pendant la visite du roi en septembre, on l’a même transférée à Kelaât Sraghna !), elle parvient toujours à bien s’entendre avec ses codétenues. Elle s’occupe de leurs enfants, leur sert d’écrivain public et leur donne des conseils juridiques. Elle a même donné des cours d’alphabétisation. Mais dès qu’elle a un moment à elle, Zahra ouvre un livre : des écrivains palestiniens, le Soviétique Maxime Gorki… selon le bon vouloir des matons qui interceptent des livres ou des journaux (sans parler des lettres d’Amnesty International).
Cette année, elle a obtenu de pouvoir passer les examens en prison. Mais depuis son arrestation, l’étudiante modèle reçoit des relevés de notes farfelus. “On m’a d’abord notifié mon absence aux examens, raconte-t-elle avec ironie. Après les avoir repassés à deux reprises, j’ai reçu des notes validant mes modules, mais une semaine après, on m’a envoyé des résultats d’échec !” Et pourtant, Zahra est bien décidée à braver cette intimidation et à reprendre ses études (et son militantisme) à la fac de Marrakech. “S’ils m’empêchent d’avoir mes diplômes, tant pis. Et s’il faut retourner en prison, j’y retournerai. La liberté du peuple vaut bien ça”.
Le mercredi 23 décembre reprend le procès en appel du “groupe de Zahra Boudkour”. Les avocats espèrent qu’une réduction de peine sera prononcée, ce qui entraînerait la libération immédiate pour 10 étudiants. Ce que pense Zahra de tout cela ? “Ils sont aussi bien capables de diminuer que d’augmenter la peine, ça n’a aucune importance pour moi. De toute façon, il y a des choses pires que la prison”.


A ZAHRA
Par Khalid Jamaï

Ils vous savaient torturée
Ils vous savaient mourante.
Pourtant, ils se sont tus, murés dans un silence complice et approbateur.
Et ce silence dévoila leur statut de tortionnaires.
Tortionnaires par procuration mais tortionnaires néanmoins.
Et n’auraient-ils pour noms Abbas El Fassi et tous ses ministres, ainsi que la quasi-totalité des chefs de partis politiques, et tous ceux et celles, y compris vos propres profs de fac, qui se sont tus tout au long de votre calvaire.
Quel sinistre partage de responsabilité l'histoire devra faire un jour
entre les tortionnaires silencieux aux mains si propres,
les donneurs d'ordres directs et les policiers qui se sont
acharnés sur votre corps frêle dans le sous-sol nauséabond du
commissariat de Jamâa El Fna, nouveau Derb Moulay Chrif :

« Pendant trois jours, et après vous avoir fait subir les pires tortures, on vous a dévêtue devant vos camarades, eux aussi suppliciés, et on vous a laissé gisante pendant trois longues journées, baignant dans le sang de vos menstruations ».

Face à vos tortionnaires par procuration, face à vos bourreaux, du haut de vos vingt printemps, du haut de vos principes, vous leur avez jeté à la face 45 jours d’une grève de la faim sans concession.
En acceptant de tout perdre y compris votre vie, vous avez acquis la vraie liberté privant vos tortionnaires de tout emprise sur vous.
En acceptant de mourir vous avez débusqué vos bourreaux, vous les avez mis à nu, vous avez arraché leurs masques et dévoilé leur vraie nature.
« Des petits hommes », comme les appelaient William Reich.
Que demandiez-vous Zahra ? Juste de jouir de vos droits en tant qu’être humain, en tant que prisonnière : poursuivre vos études, avoir accès à la bibliothèque , recevoir les visites de vos proches, retrouver vos camarades.
Les principes et la détermination finissent toujours par triompher de l’épée.
Et c’est ainsi que vous avez fait plier l’échine à vos tortionnaires, les revêtant du coup du linceuls de la honte, de l’opprobre, de la lâcheté, pour les clouer , à jamais, sur les pages les plus infamantes de notre l’Histoire.

samedi 7 novembre 2009

أبو غريب بمراكش-تقرير حول وضعيتنا من داخل السجن


علي فقير ، 5/11/2009



المعتقلين السياسيين


" مجموعة زهرة "


" تقرير حول وضعيتنا من داخل السجن "
مقدمة لابد منها :
في الخامس عشر من ماي 2008 سيتم اعتقالنا نحن " مجموعة زهرة " من الحرم الجامعي بمراكش، وذلك بطريقة هوليودية، إذ سيتم اقتحام كليتي الأدب والحقوق والحي الجامعي وتطويق كافة الأحياء المحيطة بالحرم الجامعي، واقتحام المنازل بحثا عن المناضلين من طرف أجهزة القمع المختلفة، مستعملين في ذلك الرصاص المطاطي والقنابل المسيلة للدموع، وبالحي الجامعي ستقتحم قوات القمع جميع العمارات وستعمل على سرقة ممتلكات الطلاب من نقود وهواتف نقالة ...، بعد عملية السرقة والنهب والتخريب الواسع النطاق، سيحشدون الطلاب في ساحة الحي الجامعي، وسيقومون بحفلة تعذيب جماعي إذ سينهالون عليهم بالضرب بالعصي والأرجل مخلفين عشرات الجرحى والمعطوبين، أما حصيلة المعتقلين فستكون 17 مناضلا ومناضلة واحدة، منذ لحظة اعتقالنا ستبدأ طقوس الاحتفال/ التعذيب، إذ بعد الحصة الأولى من الضرب والرفس، سيقيدون أيدينا الى الخلف بقوة وسيعصبون أعيننا، وسيحشروننا داخل سياراتهم ويتوجهون بنا الى مخفر جامع الفناء درب مولاي الشريف العهد الجديد، داخل هذا المخفر وعلى إيقاع موسيقى " الحلايقية " بجامع الفناء، سيتم الاحتفاء بنا على أحسن وجه " الفلاقا" خلع الملابس " صب الماء ورفس المفاصل" الضرب والجرح على أنحاء الجسم" جر الأيادي والأرجل" محاولة الاغتصاب" التهديد بالقرعة" التهديد بالكهرباء" إلى غير ذلك من أشكال السب والشتم والحط من الكرامة كل ذلك تم ونحن معصبين الأعين ومقيدي الأيادي إلى الخلف على امتداد 4 أيام وبدون أن نتذوق أي طعام، كل هذا حدث في " أجمل بلد في العالم وفي زمن العهد الجديد" الذي يتغنى به النظام القائم، وفي دولة " الحق والقانون " و" الانتقال الديمقراطي " وهلم جرا من الشعارات الديماغوجية، لافرق بين الأمس واليوم نفس الأساليب ونفس الوسائل وحتى الجلادين هم نفسهم، أربعة أيام من التعذيب والاستنطاق عن الانتماء السياسي، وعن علاقات المناضلين وعن أسماء رفاقهم وأماكن سكناهم...، ولم يتم سؤالنا ولو سؤال واحد عن التهم التي ستلفق لنا، لم نعرف شيئا عن ما كتبوا بالمحاضر فرفضنا التوقيع عليها، فكانت تلك الجولة الأخيرة من التعذيب لإجبارنا على التوقيع دون حتى الاطلاع عليها، لكننا رفضنا وبقينا صامدين رغم التعذيب الهمجي والإرهاب النفسي الذي تعرضنا له، بعد ذلك تمت إحالتنا على محكمة الاستئناف ومنها الى سجن بولمهارز بمراكش.






· أبو غريب بمراكش:
في السجن وجدنا تشكيلة من الموظفين في استقبالنا، كان أغلبهم يرتدون بزات عسكرية ويمسكون عصيا في أيديهم، قبل تسجيلنا في سجل الاعتقال انهالت علينا الأسئلة مصحوبة بالاستفزازات والشتائم تم جردونا من ملابسنا وقاموا بتفتيشنا تفتيشا دقيقا، بعد ذلك سيتم توزيعنا على مختلف أحياء السجن وسنمنع من ملاقاة بعضنا البعض، وسنتعرض للضرب والمضايقات من طرف الحراس، وستقابل كل مطالبنا بالرفض والضرب والإهانة.


في الأيام الأولى كانت ظروفنا داخل السجن جد كارثية، كنا ننام على الأرض بدون أي فراش أو غطاء وبشكل جد متزاحم مع سجناء الحق العام رغم أن أغلب الرفاق كانوا يعانون من جروح وكدمات وكسور جراء التعذيب الذي طالنا بمخفر جامع الفناء، وما عمق معاناتنا هو الطعام المتعفن الذي يقدمونه والذي اضطررننا الى أكله لأن عائلاتنا لم تكن تعلم بعد باعتقالنا وحتى الذين علموا منهم منعوا من زيارتنا في البداية، وعندما سمح لهم بالزيارة منعوا عنا الجرائد والكتب والدفاتر.


رفضت إدارة السجن أن تصغي لمطالبنا، رفضت عرضنا على طبيب السجن لعلاجنا، رفضت تحسين التغذية، رفضت منحنا أفرشة نظيفة، وبالإضافة الى منعنا من ملاقاة بعضنا سلطوا علينا بعض سجناء الحق العام الذين يحظون بامتيازات كبيرة داخل السجن، تعرضنا للعنف من قبلهم ولمحاولات التصفية وللمضايقات يومية.


أمام هذا الوضع الكارثي أقدمنا على الدخول في إضراب انذاري 25 ماي 2008 لمدة 48 ساعة لتحسين ظروفنا من داخل السجن ومن جهة أخرى لفضح حقيقة شعارات النظام القائم المزيفة وفضح اعتقال المناضلين وتعريضهم للتعذيب، وللمطالبة بإطلاق سراحنا وسراح كل المعتقلين السياسيين بالمغرب ومحاكمة الجلادين المتورطين في تعذيب المناضلين وسرقة الطلاب بالحي الجامعي وتخريب هذا الأخير وإضرام النار فيه...


لكن هذا الإضراب الانذاري لم يلقى أذانا صاغية، وهذا ما دفعنا الى الدخول في معركة الإضراب المفتوح عن الطعام 11 يونيو 2008 والتي دامت 46 يوما والتزمت آنذاك مندوبية السجون بتحقيق كل مطالبنا المتعلقة بتحسين ظروفنا من داخل السجن غير أنه بمرور الوقت تراجعت المندوبية عن التزاماتها، وأخذت إدارة السجن المحلي تتماطل بشتى الذرائع، وبقي وضعنا على ما كان عليه منذ البداية بل ساء أكثر بسبب خوضنا للإضراب عن الطعام ونحن لا نزال نعاني من رضوض التعذيب الذي تعرضنا له، وهذا ما جعل جميع الرفاق يعانون من مشاكل صحية مختلفة.


بعد قضائنا مدة سنة و5 أشهر لازلنا نعاني الويلات داخل هذا السجن على كافة المستويات ( الإيواء، الزيارة، الصحة، التغذية، التعليم...)


· الإيواء:


نعيش ظروفا صعبة داخل الغرف المكتظة بالسجناء فعدد هؤلاء داخل الغرفة الواحدة يفوق أحيانا المائة سجين هذا الاكتظاظ الفظيع يجعل السجناء ينامون تحت الأسرة وفي الممرات " الدصيصة " والمخصصة للأمتعة في المراحيض أيضا مما يسبب في انتشار الأمراض المعدية خاصة منها التنفسية و الجلدية والتي لم ينجو منها أحد من الرفاق .


من المطالب التي تقدمنا بها إلى إدارة السجن هناك مطلب تجميعنا وعزلنا عن سجناء الحق العام لتحسين ظروف إيوائنا وتوفير شروط الدراسة المنعدمة بسبب الاكتظاظ والضجيج الذي تعرفه الغرف , ضجيج أجهزة التلفاز وأجهزة DVD والصراخ والمشاجرات بين السجناء من استعمال السكاكين والأدوات الحادة . وتعرف هذه الغرف إضافة إلى انتشار الأمراض كما سبق وذكرنا , انتشار الحشرات كالصراصير الصغيرة والكبيرة والقمل الناجم عن تعفن الأفرشة ومن انعدام وسائل النظافة وانتشار الأزبال في كل أنحاء الغرف .


فبالنسبة للنظافة فإنه لا توجد أماكن مخصصة لغسل الملابس والأفرشة ولنشرها , ولا يوجد إلا حمام واحد بهذا السجن لأزيد من 1600 سجين وهو في غالب الأحيان مقفل ولا تستفيد منه إلا قلة قليلة . ومن بين المشاكل التي نعاني منها أيضا داخل الغرف التي نقطن بها هو تعاطي السجناء للمخدرات والذي يسبب لنا الاختناق ومشاكل في التنفس.


ويوجد بهذه الغرف سجناء مصابين بأمراض مختلفة من بينها السيدا , ترفض إدارة السجن عزلهم رغم الخطورة التي يشكلونها على السجناء الآخرين فمن السهل جدا انتقال السيدا من سجين إلى آخر إذ لا يجد السجناء أي حرج في استعمال أدوات حلاقة بعضهم البعض ولو كانت مستعملة من قبل فأغلبهم يجهل تماما أن هذه الأدوات قد تنقل له أمراض خطيرة , إضافة إلى أن السجناء يستعملون شفرات الحلاقة في جرح وتشريط أجسادهم احتجاجا على الوضعية الكارثة التي يعيشونها , ويستعملون هذه الشفرات أثناء المشاجرات بينهم وقد يصيبون أشخاص آخرين لا دخل لهم بذلك كما حدث مع احد الرفاق . ونحن مهددون باستمرار للتعرض لإصابة مثل هذا النوع وذلك لكثرة المشاجرات بين السجناء التي تنشب فجأة ومهددون أيضا بالإصابة بهذا المرض الخطير (السيدا ) في حالة ما كانت الحشرات المتواجدة بكثرة كالناموس والقمل ناقلة لهذا المرض وإذا نجونا من هذا المرض فهناك أمراض أخرى لا ينجو منها أي سجين . و الحديث هنا يقودنا إلى تناول الوضعية الصحية من داخل السجن .


· الصحة:

في ظل الظروف المرتبطة بالإيواء السالفة الذكر من البديهي أن نعرف اضطرابات صحية زكاها التعذيب الوحشي لذي تعرضنا له من داخل مخفر جامع الفنا ومخلفات الإضراب عن الطعام وكذا الإهمال الذي طالنا من داخل السجن فزيارة طبيب السجن تبدو شبه مستحيلة فهو في اغلب الأيام غائب وغدا حضر يعمل ساعة أو ساعتين خلال الصباح ثم يرحل وتظل حشود السجناء مرابطة أمام باب المصحة وحتى لو تمكن احدنا من زيارة الطبيب فالمعاينة تكون سطحية , ثم يأمر له بأقراص أو حقن لا تغير شئ من وضعه الصحي فتستمر معاناته داخل السجن وحتى إذا استعان بالأدوية التي تجلبها العائلات والذي يتعرض جزء كبير منها للنصب فإن نشوة الشفاء من المرض لا تكتمل إذ سرعان ما يعود هذا المرض مجددا طالما أن شروط إنتاج المرض متوفرة بشكل دائم .


تنتشر أمراض كثيرة بالسجن كالحكة والجربة وهي أمراض معدية وقد ساهم غياب الوقاية والعلاج في تطورها حتى أصبحت أكثر خطورة وليس مستبعدا أن تتحول إلى وباء قاتل بحجم الجدري والطاعون إذ لم تتم محاربتها هذه الأمراض ( الحكة , الجربة ) لم يسلم أحد الرفاق منها فما كادت الجروح والإصابات التي تعرضنا لها في الخفر تندمل حتى انطلت أجسادنا النحيلة بها وفي كل مرة نصاب فيها بالعلاج يقتصر ممرض السجن على منحنا قرص أو قرصين في أحسن الأحوال كمسكنات مطمئنا إيانا بأنها أمراض بسيطة " غادي تبيدانسو وغادي تفوتكم " طبعا لن نؤمن بهذا الترياق السحري الذي وصفه الممرض وربط الشفاء به وإن كان يجد من لدننا تفسير مرتبط باكتساب الجسم للمناعة فالحكة والجربة أنواع وكلنا يحتاج مناعة خاصة لذلك استعنا بإمدادات الأدوية من العائلات وخضنا معارك من أجل التطبيب وصون الكرامة بالإضافة إلى الأمراض السالفة الذكر والتي اكتوى جل الرفاق بنارها , الأمراض التي نجمت عن مخلفات الإضراب عن الطعام كعسر الهضم وآلام المعدة والكلي مع اضطرابات في التنفس .


غير أن الحالات التي تبقى خطيرة وتستوجب علاجا استعجاليا نجد حالة الرفيقة زهرة التي تعاني من انتفاخ على مستوى البطن وإغماءات دائمة مع الألم في الظهر , وهي لحد الآن لم تحظى من حقها في التطبيب وعرض حالتها على طبيب اختصاصي بل لا تزال إدارة السجن مصرة على الاحتفاظ بها مع سجينات يعانين من أمراض من بينها الالتهاب الكبدي " حالتين " .


كما نجد حالة الرفيق جلال القطبي الذي يعاني من عاهة مستديمة على مستوى الرجل بعد التعذيب الذي تعرض له من طرف رجال القمع تحتاج إلى ترويض حتى لا تتطور إلى عاهة مستديمة.


· التغدية :


بات وضحا أن رياح الزمن عصفت بورقة التوت التي حاولت المندوبية العامة أن تستر بها عورة السجون المفضوحة , والمتمثلة في رزمة الوعود الكاذبة بتحسين وضعية هذه المؤسسات مع مطلع سنة 2009 بما في ذلك الانتقال بقيمة الأغذية المقدمة للسجناء من 5 دراهم إلى 14 درهما في اليوم , نحن الآن على مشارف سنة جديدة هي 2010 ووضعية التغذية داخل السجون لا تبرح مكانها , مما يجعل السجناء الذين ليس لهم معيل خارج السجن يلبي حاجياتهم من الأكل عرضة للأمراض المرتبطة بسوء التغذية .

وإذا أردنا الحديث عن حالنا نحن " مجموعة زهرة" من داخل سجن بولمهارز فالعائلات هي من يتحمل عبء تغذيتنا طالما أن الوجبات الممنوحة غير كافية إن لم نقل بأن أغلبها غير صالح للأكل نظرا لانعدام شرط النظافة والجودة فيها , فأغلب المشتغلين بالمطبخ هم من المعتقلين الذين ليست لهم خبرة في مجال الطبخ , إذ يكفي السجين أن يعرف كيف يشطر الجزرة إلى نصفين ويلقي بها في القدر حتى يلج المطبخ كعامل من بابه الواسع , أضف إلى ذلك انعدام توازن البرنامج الغذائي فالقطاني هي السمة الطاغية على هذا الأخير , وفي الحالات النادرة التي توفر فيها الوجبات على لحم فإنه يتعرض للنهب , والقسط الذي يصل للسجين هو حجم العقل الأمامية لأصابع اليد , كما أن مصدره لا يكون إلا من الأبقار التي بلغ بها الزمن عتيا فصار لحمها مطاطا يعاند المضغ أو تتوزعه الأنياب والأيدي في أحسن الأحوال.


· الزيارة:


نظام الزيارة بسجن بولمهارز لا يسمح إلا بزيارة واحدة في الأسبوع لثلاثة أشخاص فقط من العائلة لمدة ربع سعة أو أقل وفي يوم محدد , وبحكم انتمائنا نحن " مجموعة زهرة" على مناطق بعيدة عن مراكش " أمحاميد الغزلان , زاكورة , طانطان , تارودانت , قلعة السراغنة , ورزازات ) فإن عائلاتنا تتكبد عناء السفر الطويل مع إمكانياتها المحدودة , وبعد وصولها إلى باب السجن تضطر إلى المكوث ساعات طويلة في طوابير عرضة للشمس الحارة أو المطر ( حسب الظروف المناخية ) لتقضي ربع ساعة على فلذات أكبادها هذا إن حالفها الحظ في الحضور في الوقت المحدد , وإن لم يكن حليفها فموعد الزيارة هو الأسبوع المقبل .نظام الزيارة إذن جبل فاصل بيننا وبين عائلاتنا لكنه ينبطح لعائلات تجار وأباطرة المخدرات الميسورين , فلا شئ يعلو على سلطة المال من داخل بولمهارز.


· التعليم:


مشاكلنا المرتبطة بالتعليم عديدة تتقاسمها كل من إدارة السجن والجامعة فإدارة السجن تتجاهل مطلبنا المتمثل في إلحاقنا بزنان تتوفر فيها أبسط شروط التحصيل , بعيدا عن الصخب وفوضى الزنازن المكتظة بالسجناء , وفي تبسيط المساطر الإدارية لتمكين الطلبة من زيارتنا وإمدادنا بالمحاضرات والمقررات طالما أن إدارة الكلية لا تقوم بذلك . أما بالنسبة لكلية الآداب والحقوق فطلبات التسجيل لم تلقى جوابا من إدارتيهما , كما ان طلبة كلية الآداب محرومون من اجتياز الدورة الاستدراكية ومن الإطلاع على نقط السنة الماضية وتحديد أساتذة للإشراف على بحوث نيل الإجازة . وحال طلبة كلية الحقوق ليس أحسن حالا فالعميد مصر على طرد رفاقنا عن طريق التلاعب بالنتائج باحتساب الدروس التوجيهية والتي تتطلب الحضور الإجباري دون مراعاة ظروف الاعتقال ,باعتبارهم غائبين في مواد اجتازوها ووقعوا على محاضر الامتحانات في سجل المشرف الاجتماعي بالسجن مع الأساتذة وقد وجهنا عدة مراسلات إلى إدارة الكليتين حول هاته المشاكل مبنية على الشكل الآتي :


الاسم رقم الإرسالية موضوع الإرسالية
- زهرة بودكور 9449 *الإعلام المسبق بالامتحانات بالنسبة


لكل الرفاق+طلب من اجل تصحيح أوراق الامتحانات بالفصل الثالث والرابع +توفير المقررات والمحاضرات+ الإدماج + مشكل الغياب إلغاء لمراقبة المستمرة+احتساب الامتحانات التي اجتزناها +تصحيح


-علاء الدربالي 9332 لأوراق.
- ف العلوي 9349 *طلب التسجيل بسلك الماستر


- مراد الشويني 9340 *طلب التسجيل بسلك الماستر


- عثمان الشويني 9330 *طلب التسجيل بسلك الماستر


- العربي محمد جدي 9334 *طلب إحضار بيانات النقط المتعلقة بالسنة الماضية


+ الاستفادة من الدورة الاستدراكية+تحديد أستاذ يشرف على البحث.






- محماد جميلي 9344 * التسجيل بسلك الماستر






- جلال القطبي 9338 * نقط السنة الماضية+الاستفادة من الاستدراكية+


تحديد أستاذ يشرف على البحث.


- عبد الله الراشدي 9336 * طلب الدورة الاستدراكية+نقط السنة الماضية


- خالد مفتاح 9346 *نقط السنة الماضية+ الاستفادة من الاستدراكية


تحديد أستاذ يشرف على البحث.


- يوسف المشدوفي 9342 * طلب إعادة التسجيل.


هذه الأخيرة (المراسلات) لم تلقى ردا ولم تجد هذه المشاكل طريقها على الحل إلى حدود الساعة.


هذا إذن واقع التعليم بالسجن الذي يزعق النظام عبر قنواته الإعلامية بدوره في نشر العلم والنهوض في المستوى الثقافي للسجين وهذه هي الجهود الحقيقية التي تضطلع بها مؤسسات النظام القائم التي تصب جميعها في اتجاه حرمان أبناء الشعب من التعليم.


أمام الوضعية الكارثية التي همت كافة المستويات التي تناولها التقرير ( الإيواء , الصحة و التغذية , الزيارة , التعليم) قررنا سلك طريق الحوار مع إدارة السجن واوفيناها ما من مرة بملفنا المطلبي وفي كل مرة تقابلنا بالتنصل من مسؤوليتها وترفض الحوار وهذا ما حتم علينا الدخول في برنامج نضالي تصعيدي يتضمن إضراب عن الطعام عبر مراحل ( 3 أيام , يليه 6ايام ثم يليه الإضراب المفتوح ) مرفوقا بخطوات نضالية أخرى.

mardi 8 septembre 2009

Des prisonniers politiques victimes des pratiques terroristes



Par Ali Fkir, 7/9/2009

Les 11 prisonniers politiques de Marrakech (Zahra et ses camarades) ont "fait leur apparition" à la prison de Kelaât Sraghna, et les militants sahraouis à la prison de Souira.

Rappelons que les familles de ces détenus politiques ont publié un communiqué informant l'opinion publique de "la disparition des ces militants " de la prison de Marrakech où ils se trouvaient.
Les militants (sans "préavis" aucun) ont été violentés puis transférés dans le secret absolu dans d'autres prisons.

Ces pratiques illégales ne peuvent se faire sans l'aval du ministre de la justice, Monsieur Radi, premier secrétaire de l'USFP, connu pour son assujettissement inconditionnel au palais.
Signalons que l'USFP, sous la direction de RADI (qui représente le palais dans le mouvement ittihadi depuis sa création en 1959), a organisé le 6 septembre 2009 (le 50ème anniversaire de la création de l'UNFP dont l'USFP constitue une continuation) une exposition de photos relatant
l'histoire du parti. Les photos d'un certain nombre de martyrEs n'y figuraient pas. Les martyrs Cheikh Al Arabe, Dahkoune, Meliani...sont effacés de la mémoire du mouvement ittahidi par des individus ( Radi en tête) qui ne sont jamais passés par les centres secrets de torture, et qui n'étaient même pas inquiétés par la police. Et dire qu'il y en a ( en véritables rabatteurs) qui essaient de pousser les militants dans les bras de RADI sous prétexte de la nécessité de la création d'un grand parti de gauche. Radi de Gauche? Je n'en reviens pas! C'est le comble de la traîtrise.

lundi 20 juillet 2009

Témoignage : le hasard d’une rencontre avec Zahra

Par Karen, Cécile, Fleur, 20/07/2009

En avril 2008, lors d’un voyage au Maroc, nous avons été accueillies chez la cousine d’un ami marocain. Étudiante à Marrakech elle est une amie proche de Zahra. Je me rappelle très bien ce groupe de jeunes militants avec leur envie de changer les choses pour un avenir meilleur au Maroc…

Durant trois jours, nous avons vécu et ressenti les joies et les peines d’étudiantes de l’université de Marrakech. Elles nous ont accueillies les bras ouverts dans leur chambre d’étudiante, elles ont été fières de nous faire découvrir leur lieu d’études en nous faisant visiter leur université. Nous avons beaucoup échangé sur nos idées et nos idéaux sur le monde étudiant… Hormis toutes ces discussions, nous avons partagé des moments de vie comme le hammam, la préparation du couscous, les chants et les danses traditionnelles…

Ces bons moments se sont passés quelques jours avant les manifestations et les arrestations des étudiants. Cette rencontre avec ce groupe de jeunes filles, dont Zahra faisait partie, restera à jamais gravée dans nos esprits et nos cœurs…

Pour la suite, que va t'il se passer, que pouvons-nous faire pour les aider à sortir de cette prison ???







lundi 29 juin 2009

Adieu l'ami

par Khalid Jamai
Le dernier adieu
Des voix s’élèvent tout d’un coup dans cette après midi où le temps semblait s’être figé.
Des voix qui entonnent un chant jailli du fond des cellules de Derb Moulay Chrif, du fond des celles de la prison central de Kénitra.
Un chant pétri de mots forgés dans la douleur, dans la souffrance, dans l’espoir au plus fort des années de plomb, écrit par des militants venus d’Azrou, dans les années 70.

« Camarades, nous avons rendez-vous,
Rendez-vous que nous ne raterons pas.
Dans nos rangs, les masses se tiennent à nos côtés.
Et la main tendue de la lutte qui nous invite.
Nous l’allumerons révolution dans les collines, dans les montagnes.
Révolution que nous ferons éclore sur chaque pouce de terrain.
Rien ne peut venir à bout de la volonté d’un peuple.
Ni la prison, ni les dangers ne nous font peur.
Les tyrans du régime ont fait leur temps.
Et, déjà pointe leur crépuscule ».

Chant clamé par les militants d’ « Ila Al Amam » et de « 23 Mars », victimes de la répression sauvage des années 70 et 80, venus rendre un dernier hommage à un des leurs. Un homme d’une rigueur, d’une rectitude, d’une honnêteté sans faille. Un homme nommé Abdel Fettah Fakihani.
1949 fut l’année qui le vit naître, celle de 1972, celle où il fut enlevé et torturé une première fois.
Il n’avait que 23 printemps, âge où il fut condamné à perpétuité… plus deux années pour outrage à magistrat !
Leurs mémoires remontent le temps : déjà prés de quarante années. Ils étaient jeunes et rêvaient d’une révolution qui enfanterait un monde meilleur et un Maroc où régneraient la justice, l’égalité, la démocratie, la liberté, la dignité.
Et qu’importait le prix à payer.


Et le prix fut des plus exorbitants.
Fakahani et ses camarades subirent les pires tortures, les pires humiliations par un même tortionnaire en chef, Youssfi Kaddour, aujourd’hui libre comme le vent, jouissant d’une impunité totale et d’une retraite confortable pour " sévices rendus."
Abdel Fattah faillit perdre l’usage de ses deux pieds, résultat d’infections purulentes causées par de terribles séances de falaka.
Il en emportera les stigmates jusqu’à la fin de ses jours.
Il mena, toujours, avec ses camarades, pour arracher quelques droits élémentaires et le statut de prisonniers politiques, de longues grèves de la faim.
Saida Mnbhi naquit, elle aussi, à Marrakech, en 1952 et fut arrêtée, pour appartenance à « Il Al Amam » en 1976.
24 ans, presque le même âge que Fakahani, Elle « séjourna » au centre de Derb Moulay Chrif où elle subit , elle aussi, les pires tortures, par les sbires du même Youssfi Kaddour et fut condamnée à cinq ans …plus deux ans pour…outrage à magistrat !
Avec tous ses compagnons, elle observa une première grève de faim pour que le procès ait lieu .La seconde, durant le procès, pour protester contre les violations des droits de la défense et des inculpés, et la dernière, entamée le 8 novembre 1977, dura 40 jours pour réclamer le statut de prisonnier politique et des conditions humaines de détention. Le 11 décembre 1977, elle meurt à l’âge de 25 ans.
Du fond de son calvaire, avec des mots-pierres, elle écrivit


« La prison, c’est laid
Tu la dessines, mon enfant
Avec des traits noirs
Des barreaux et des grilles
Tu imagines que c’est un lieu sans lumière
Qui fait peur aux petits
Aussi pour t’indiquer
Tu dis que c’est là-bas
Et tu montres avec ton petit doigt
Un point, un coin perdu
Que tu ne vois pas
Peut être, la maîtresse t’a parlé
De prison hideuse
Que tu ne vois pas
Peut-être la maîtresse t’a parlé
De maison de correction
Où l’on met les méchants
Qui volent les enfants
Dans ta petite tête
S’est alors posée une question
Comment et pourquoi
Moi qui suis pleine d’amour pour toi
Et tous les autres enfants
Suis-je là-bas ?
Pour que demain
La prison ne soit plus là »


Comme Fakahani, Saida, Zahra Boudkour, née un 28 novembre 1987 à Zagora, mena une grève de plus de 40 jours pour réclamer le statut du prisonnier politique et des conditions humaines de détention.
Un même combat. Un même adversaire.
Aujourd’hui, elle souffre de toutes sortes de maladies, conséquences des tortures subies et des conditions moyennes âgeuses de son incarcération.
« Ce n’est pas le système qui nous juge, ce sont nous qui le jugeons», ne cesse t-elle pas de répéter.
Il est 18 h. Nous sommes au cimetière des « chouhadas ». La tombe est béante. Elle attend notre ami, elle attend une partie de nous même.
L’épopée se poursuivra, se poursuit ; ses héros avaient, hier, pour noms : Mohamed Bennouna, Fakahani, Saida Mnbhi et de centaines d’autres.
Aujourd’hui, elle a pour nom Zahra Boudkour et ses amis.
Dans une lettre adressée à ses amies, du fond de sa cellule elle écrit : « Nous forgerons un chemin pour des lendemains meilleurs. Le chemin de la victoire sera long, périlleux, mais, nous l’emprunterons car telle est la loi de l’Histoire. L’arbre que nous avons planté donne déjà ses fruits… », Et de citer ces vers de Mahmoud Darwich : « Nous sommes ceux qui naissent sous les arbres, sous la pluie, de la pierre, des défaites. Toujours des nouveaux nés. Depuis le début, nous naissons et renaissons sans fin ».Un cri d’espoir qui rejoint celui Fakahani, près de 40 années plus tard.
Adieu l’ami, nous hériterons de ton livre testament : « Le couloir ». Et d’un sous titre : « Des bribes de vérités sur les années de plomb ».
Des bribes, car ces années perdurent. Et la lutte aussi.

Le Maroc vit encore au Moyen-Âge, sinon dans l’arbitraire et la barbarie…

par le Comité Belge pour libérer les Etudiants détenus à la prison de Marrakech
Le Maroc vit encore au Moyen-âge, sinon dans l’arbitraire et la barbarie… lorsqu’on lit ce qui suit :

« Un des droits fondamentaux du citoyen européen :

A tout moment, chaque citoyen, seul ou en groupe, peut saisir le Parlement européen grâce au droit de pétition prévu à l'article 194 du traité CE. »

Voici ce que nous avions cru utile comme démarche citoyenne envers les autorités marocaines, une « Pétition pour libérer les étudiants détenus à Marrakech, et sans conditions », abondamment signée par des militants de nombreux pays, mais les autorités, dans leur démocrature moyenâgeuse, n'ont opposé que le mépris du peuple et de la citoyenneté !

14 mois après leur arrestation, Zahra et son groupe croupissent toujours dans la prison de Marrakech.

vendredi 15 mai 2009

Marrakech : la révolte des étudiants, un an déjà. Procès le 28 mai

Les 18 étudiants de Marrakech, du « groupe de Zahra » ont été arrêtés il y a un an. Leur procès est sans cesse reporté : 5 août, 26 février, 19 mars, 2 avril. Il doit avoir lieu le 28 mai. La justice continuera-t-elle à jouer avec les nerfs de ces jeunes qui ont eu le tort de réclamer des conditions de vie et d’études plus dignes ? Il est urgent que Abdelkbir Bahi soit indemnisé et que ses compagnons d’études soient tous enfin libérés après cette année d’épreuves et d’humiliations. (Rédaction SOLIDMAR)


Lire Maroc : la révolte des étudiants violemment réprimée, par Gaël Chavance , Rue89, 31/5/2008

SECOUONS-NOUS !
à peine 21 ans!!!!!
Bahi Abdelkbir
21 ans!!!!!
est en sit-in devant le conseil consultatif des droits de l’Homme.
ce jeune étudiant
de Marrakech
a été tout bonnement
jeté de la terrasse
du 4ème étage
par un membre des forces auxiliaires
les forces du sinistrement connu : Laanigri
ceux que le bon peuple
appelle :MROUDS..
c'est arrivé
y a exactement un an
le 14mai 2008
lors de l'invasion barbare de ces forces
de la cité universitaire..
enfonçant les portes
détruisant le matériel
tabassant
insultant
arrêtant
ZAHRA et ses camarades..
ce jeune homme
touché à la colonne vertébrale
rendu handicapé
par cette horde de sauvages..
a décidé de demander réparation
surtout que son père
est emprisonné pour 5mois...
devenu un fardeau pour les siens
il est là
à Rabat
amenant avec lui son linceul
décidé à mourir
si réparation n'est pas faite..
blessé
handicapé
au froid
car même le temps n'est pas clément
surtout la nuit
il risque beaucoup
plus qu'il ne supporte déjà
plus qu'il ne subit déjà..
on ne peut laisser faire
on ne peut occulter
je vous en prie
bougeons
pour lui
pour cette jeunesse
qu'on détruit
peu à peu

Smirnova, jeudi, 14 mai 2009 - 21:25 (BST)