Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est Ila Al Amam. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ila Al Amam. Afficher tous les articles

jeudi 1 septembre 2011

La force d'ILAL AMAM / ANNAHJ ADDIMOCRATI

Par Ali Fkir, 31/8/2011

Suite à ma publication relative aux conditions de la naissance du mouvement marxiste léniniste marocain en général et à la constitution d'ILAL AMAM en particulier, certain-es militant-es m'ont demandé plus de précisions sur les instances dirigeantes (de cette période).
Pour ILAL AMAM (je vais me limiter à ce que j'ai vécu directement jusqu'en 1972).

- La réunion de la constitution d'ILAL AMAM ( "A") a eu lieu le 30 août 1970 à la maison de Braham Serfaty, quartier Hassan (pas loin de "JOUR et NUIT") à Rabat.
- Etait présente une quarantaine de militants (ça peut être un peu moins ou un peu plus) tous membres actifs du PLS (intellectuels, étudiants, lycéens, ouvriers paysans).
- Régions représentées: Rabat -Salé, Casablanca, Kénitra, Meknès, Marrakech, Tétouan...
- Décisions finales:
* La décision de quitter définitivement le PLS (ex parti communiste marocain)
* La constitution d'une nouvelle organisation marxiste léniniste (la deuxième après la constitution quelques mois avant de la première qui donnera par la suite "23 Mars" et "Sawt Al Kadih/linkhdoum achchaâb").
La première organisation constituée (par des militants venus d'horizons différents: UNFP, PCM, sans appartenance...) a été désignée au départ par l'organisation "B"
La deuxième 'ILAL AMAM", a été désignée par "A" (contrairement à la logique chronologique) .
* La constitution d'ILAL AMAM a été faite sur la base de la plateforme "Les masques sont tombés, ouvrons la voie de la révolution" (en arabe). Le projet a été préparé par Benaddi, enrichi par un comité national qui préparait la scission depuis des mois. La plateforme a été présentée à l'assemblée constituante le 30 août 1972 qu'il avait approuvée sans opposition aucune.
* désignation du" comité/la commission de coordination nationale provisoire ". C'est la première instance dirigeante d'ILAL AMAM ("A"). Elle était composée de :
A. Serfaty, A. Laâbi, J. Belkhdar, H. Benaddi, R. Benaïme, A. Mansouri, A. Fkir
Quelques mois après, Benaddi (deux mois) a quitté l'organisation, Benaïm pour des raisons de travail (ou études) ne participait plus aux réunions.
Trois militants rejoignirent ILAL AMAM et sa direction: Abdelhamid Amine cadre du PLS à l’étranger n'a pas pu assister à la réunion de constitution, Abdellatif Zeroual et Belabbès Mouchtari deux grands militants sans appartenance politique.
Donc jusqu'à la "conférence nationale" du 31 décembre 1971-1er janvier 1972, l'organisation "ILAL AMAM" ("A") a été dirigée par:
Serfaty, Laâbi, Bekhdar, Mansouri, Fkir, Amine, Zeroual et Mouchatri. Notons que le véritable cerveau d'ILAL AMAM était constitué du trio: SERFATY, AMINE, ZEROUAL
La conférence nationale du 31/12/71 - 01/01/72 avait élu un comité national(commission) nation (genre du comité central) qui a élu à son tour à l'unanimité le secrétariat national (genre bureau politique) composé de SERFATY, LAABI, AMINE, ZEROUAL, MOUCHTARI.
Fin mai 1972 Amine fut arrêté fut arrêté. Je m'arrête là.
REMARQUE:
Après la vague des arrestations des années 74-75-76-77-78. Le mouvement marxiste léniniste (organisé) à l'intérieur du Maroc fut pratiquement décimé Il subsistait à l'étranger.
A partir de 1979, un groupe de militants d'ILAL AMAM avait bravé (avec détermination) tous les obstacles et a repris la "reconstruction" d'ILAL AMAM. Ce groupe était dirigé par le camarade "E" (qui n'était autre que le camarade Mustapha Brahma). " Renée" des cendres, ILAL AMAM a pu donner un nouveau souffle au mouvement marxiste léniniste marocain, et une dynamique (que seuls les négativistes dénigrent) à la résistance radicale du peuple marocain. Le soulèvement populaire de janvier 1984 en témoigne. Il suffit de réécouter le discours du dictateur Hassan II, de relire les communiqués d'ILAL AMAM d'alors...pour se rendre compte du rôle actif qu'avait joué ILAL AMAM réorganisé sous la direction du camarade Brahma et d'autres militants (Amine Tahanie, Chbari...)
Après les arrestations de novembre 1985, d'autres militants ont assuré la continuité d'ILAL AMAM jusqu'en 1994/95. Ils se sont intégrés à ANNAHJ ADDDIMOCRATTI qui a vu le jour en 1995 en tant que continuité d'ILAL AMAM.
ILAL AMAM (aujourd'hui ANNAHJ ADDIMOCRATI) n'a jamais connu de luttes pour les "postes de direction". On a eu toujours des difficultés à convaincre les militants "méritants" à accepter ce genre de responsabilité.. Je me rappelle des cas de Zeroual et d'Amine au début des années 70, de baaziz, Zeroual (le neveu du martyr), Amine...en 2008.
C'est la force d'ILAL AMAM/ANNAHJ, hier et aujourd'hui
La camarade AMAL ne peut pas oublier la martyre Saïda et tous les autres
 

mercredi 2 septembre 2009

ILA AL AMAM: Commémoration


Par Ali Fkir, 31/8/2009

Ils étaient des dizaines, les marxistes léninistes et les sympathisants d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, à venir célébrer le 39ème anniversaire de la création d'ILA AL AMAM, l'organisation marxiste léniniste marocaine, créée le 30 août 1970
Après l'allocution de la section de Casablanca d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, et de l'exposé du camarade Eltiti Lahbib (membre du secrétariat national d'Annahj, ancien détenu politique...) sur l'expérience d'ILA AL AMAM, plusieurs militants d'Annahj et d'autres sensibilités marxistes ont enrichi le débat qui s'en est suivi.
Toutes les interventions ont souligné le fait qu'ILA AL AMAM a été le produit de la lutte des classes au Maroc, qu'elle a été enfantée dans la douleur des luttes politico-sociales du peuple marocain en général et de sa jeunesse en particulier.
ILA AL AMAM a su garder depuis sa constitution son indépendance organisationnelle, politique et financière. Elle ne s'était jamais réclamée "soviétique", ni "maoïste" et encore moins du "trotskisme".
Elle était toujours présente aux grands rendez-vous (et souvent à contre courant) avec l'Histoire:
- ILA AL AMAM avait rejeté aussi bien la monarchie en tant que système rétrograde engendré par des formations sociales pré-capitalistes, que la république bourgeoise dont tout l'édifice est bâti sur l'exploitation des travailleurs en général et de la classe ouvrière en particulier par la bourgeoisie capitaliste.
- ILA AL AMAM a pris position dans la question du Sahara occidental depuis 1970: c'est aux sahraouis de décider démocratiquement de leur avenir. 35 ans après "la marche verte", l'Etat marocain se démêne toujours (sans lueur d'espoir) dans le bourbier où il s'était jeté aveuglement. Aujourd'hui, seuls les marchands des armes, les généraux et autres sécuritaires en tirent profit. L'Etat marocain , avec l'appui de l'impérialisme français, son fidèle protecteur, préconise toujours la politique de l'autruche. Le peuple marocian paie la lourde facture. Le coût socio-économique de ce conflit a contribué énormément à la paupérisation flagrante des classes populaires...
- ILA AMAM a été la première force politique à défendre la cause amazighe: l'institutionnalisation de tamazighte en tant que langue nationale et officielle à côté de la langue arabe (donc son utilisation dans l'administration...) et en tant que composante fondamentale de la culture nationale...
- ILA AL AMAM est la première force politique à préconiser le principe de l'autonomie de certaines régions (Rif, Souss, Zaïen-Zaer..).et cela dans le cadre de l'unité du peuple marocain.
En tant que continuité d'ILA AL AMAM, ANNAHJ ADDIMOCRATI, enrichit cette expérience et ne rate jamais les grands rendez-vous avec l'Histoire:
- ANNAHJ refuse de cautionner la tentative du pouvoir et de ses satellites de "tourner, sans même la lire, la page" de la répression ( qui ne fait d'ailleurs que s'accentuer aujourd'hui). Il exige des comptes, et dénonce l'impunité dont bénéficient les bourreaux.
- ANNAHJ et d'autres forces militantes (PADS, PSU, CNI, diverses autres sensibilités marxistes...) sont aujourd'hui à l'avant-garde des luttes populaires contre la hausse des prix...
- ANNAHJ ADDIMOCRATI est la seule force politique légale à appeler le peuple marocain à boycotter les "élections" makhzaniennes dont le but principal reste la "confection" sur mesure des institutions d'allégeance. L'Etat et 33 partis politique (en véritables rabatteurs) n'ont pas pu convaincre les travailleurs à cautionner la mascarade. Sur presque 22 millions de marocainEs en âge de voter, seuls moins d'un tiers a effectivement voté lors des élections de juin 2009 (et la majorité de ce tiers a voté contre l'argent. Personne ne le nie aujourd'hui).
- ANNAHJ ADDIMOCRATI est la seule force politique à défendre publiquement le principe de la laïcité de l'Etat. Les religions en tant que croyances populaires doivent rester en dehors des luttes politiques. L'islam reste (selon la constitution et par la coercition) le principal support de la "légitimité" du système makhzanien.Les forces obscurantistes en font leur arme préférée pour étouffer les aspirations émancipatrices de la Femme, de la jeunesse...à cafouiller le caractère de classe des luttes populaires, à masquer les contradictions sociales inhérentes au système en place...
- ANNHJ DEMOCRATI s'ouvre, sans sectarisme aucun, sur les autres forces socialistes dans le but set de forger (ensemble) dans les luttes, le parti de la classe ouvrière et de l'ensemble des travailleurs.
- Pour édifier un nouveau Maroc, ANNAHJ ADDIMOCRATI a opté pour la même stratégie qu'ILA AL AMAM: la lutte des masses conscientes et organisées. Loin aussi bien de la démocratie de façade makhzanienne, de la voie des compromis honteux, que des aventures élitistes sans lendemain réel pour le prolétariat.
Le régime répressif n'a pas pu et ne pourra jamais déraciner le mouvement marxiste marocain. Ce mouvement fait partie de la réalité marocaine, il est enfanté dans la douleur des luttes sociopolitiques marocaines. Ses militants sont aguerris dans le brasier des luttes populaires. Communistes idéologiquement, antimakhzanien politiquement, dévoués dans la pratique aux causes justes des masses laborieuses...les militants d'ANNAHJ ont hérité ces qualité d'ILA AL AMAM.
Restons fidèles aux martyrEs.
Restons fidèle à l'Histoire
La lutte pour un autre Maroc continue
Le défaitisme ne passera pas.

vendredi 21 août 2009

La capitale des roses


par samira, 19 août 2009
Ainsi ont-ils choisi d'appeler
leur témoignage..
Mohamed Nadrani et Abderrahmane el Kounsi..
pourquoi?
parce que Hassan 2
répondant à une journaliste
qui lui posait des question sur une prison secrète
a Agdez /Kal3ate magouna
il aurait dit
"c’est la capitale des roses, y a pas de prison secrète"!!.....
pourtant
ils y étaient
et pendant des années
sans jugement
sans comprendre
pourquoi??
ils se posent la question toujours!!!!
Nadrani et Kounsi
dans un récit
fort , émouvant
nous racontent leur calvaire/bien peu pour décrire ce qu'ils ont vécu!!!
Arrêtes le 13 avril 1976
(ils avaient entre 21/24ans, jeunes étudiants et un élève)
pour appartenance à l'organisation IL Al AMAM
transportés au complexe de sinistre mémoire
ou ils restèrent plus de 3 mois
menottés et yeux bandés!!!
je vous épargnerai le récit des tortures..
ils furent emmenés
alors que 9 de leurs camarades(16/25ans)
furent relâches
pourquoi eux??
les voies de la répression sont impénétrables!!!
ils furent donc emmenés au sud
à AGDEZ
dans une caserne
ou ils restèrent plus de 8ans!!!!!!
Nadrani et Kounsi
nous emmènent avec eux
et nous racontent..
et croyez moi
je n'arrive toujours pas
moi, leur amie
à comprendre
comment ils peuvent encore sourire
comment ils peuvent encore rire
être bons
être généreux
quand j'ai lu!!!
c’est à vous faire perdre la raison!!
pourquoi tant de sadisme
pourquoi tant de cruauté??
et pourquoi on les a séquestré de la sorte
eux jeunes militants de base?
alors que leurs camarades
alors que leurs dirigeants
étaient juges
et en prison
car,et c’est le pic,
ils se sont mis à espérer la prison
"notre" prison
c’est vous dire!!
quel "danger" représentaient-ils?
et même si danger il y a
pourquoi ne pas les juger
même avec nos simulacres de procès!!!!!
tant d'arbitraire
encouragé par l'impunité
absolue dont bénéficient
ces monstres
pour qui torturer est un jeu
pour qui torturer est un plaisir!!!
je lis, je relis
l'indignation
non, c’est pas le mot..
je ne sais même plus ce que je sens..
je suis avec eux
je sens leur douleur
je sens leur appréhension
je sens leur angoisse
mais je sens aussi leur courage
ces petits gestes de résistance:
ne pas courir quand ils vont chercher l'eau
ne pas fuir lors de la bastonnade quotidienne!!!
et je découvre avec eux
ces autres ...je vais les appeler quoi??
prisonniers??
je découvre ces femmes sahraouies
ces manfiyine
cheikh zaoui.........
je découvre la solidarité
malgré toutes ces circonstances..
et je sens avec eux
"jamais nous n'oublierons ceux qui cherchaient avec tous les moyens les plus inhumains et les plus abominables à éteindre des regards qui aspiraient à un avenir meilleur. jamais nous n'oublierons ceux qui avaient causé la mort d'innocents. certainement, nous continuerons à pointer de l'index tous ceux qui ont accepté avec empressement d'exécuter ,sans le moindre remord, l'ignoble tâche consistant à torturer" P:404
et je pense
qu'on ne doit pas oublier
qu'on doit continuer
à crier
"non à l'impunité"
on n'a pas le droit de pardonner
à ceux qui ont torturé
avec plaisir
avec sadisme
et qui le font encore
souvenez vous Zahra!!
et pourquoi ils ne le feraient pas
puisqu'ils n'ont de compte à rendre à personne!!!
la capitale de roses
a-elle vraiment disparu??
est ce vraiment du passé??

lundi 29 juin 2009

Adieu l'ami

par Khalid Jamai
Le dernier adieu
Des voix s’élèvent tout d’un coup dans cette après midi où le temps semblait s’être figé.
Des voix qui entonnent un chant jailli du fond des cellules de Derb Moulay Chrif, du fond des celles de la prison central de Kénitra.
Un chant pétri de mots forgés dans la douleur, dans la souffrance, dans l’espoir au plus fort des années de plomb, écrit par des militants venus d’Azrou, dans les années 70.

« Camarades, nous avons rendez-vous,
Rendez-vous que nous ne raterons pas.
Dans nos rangs, les masses se tiennent à nos côtés.
Et la main tendue de la lutte qui nous invite.
Nous l’allumerons révolution dans les collines, dans les montagnes.
Révolution que nous ferons éclore sur chaque pouce de terrain.
Rien ne peut venir à bout de la volonté d’un peuple.
Ni la prison, ni les dangers ne nous font peur.
Les tyrans du régime ont fait leur temps.
Et, déjà pointe leur crépuscule ».

Chant clamé par les militants d’ « Ila Al Amam » et de « 23 Mars », victimes de la répression sauvage des années 70 et 80, venus rendre un dernier hommage à un des leurs. Un homme d’une rigueur, d’une rectitude, d’une honnêteté sans faille. Un homme nommé Abdel Fettah Fakihani.
1949 fut l’année qui le vit naître, celle de 1972, celle où il fut enlevé et torturé une première fois.
Il n’avait que 23 printemps, âge où il fut condamné à perpétuité… plus deux années pour outrage à magistrat !
Leurs mémoires remontent le temps : déjà prés de quarante années. Ils étaient jeunes et rêvaient d’une révolution qui enfanterait un monde meilleur et un Maroc où régneraient la justice, l’égalité, la démocratie, la liberté, la dignité.
Et qu’importait le prix à payer.


Et le prix fut des plus exorbitants.
Fakahani et ses camarades subirent les pires tortures, les pires humiliations par un même tortionnaire en chef, Youssfi Kaddour, aujourd’hui libre comme le vent, jouissant d’une impunité totale et d’une retraite confortable pour " sévices rendus."
Abdel Fattah faillit perdre l’usage de ses deux pieds, résultat d’infections purulentes causées par de terribles séances de falaka.
Il en emportera les stigmates jusqu’à la fin de ses jours.
Il mena, toujours, avec ses camarades, pour arracher quelques droits élémentaires et le statut de prisonniers politiques, de longues grèves de la faim.
Saida Mnbhi naquit, elle aussi, à Marrakech, en 1952 et fut arrêtée, pour appartenance à « Il Al Amam » en 1976.
24 ans, presque le même âge que Fakahani, Elle « séjourna » au centre de Derb Moulay Chrif où elle subit , elle aussi, les pires tortures, par les sbires du même Youssfi Kaddour et fut condamnée à cinq ans …plus deux ans pour…outrage à magistrat !
Avec tous ses compagnons, elle observa une première grève de faim pour que le procès ait lieu .La seconde, durant le procès, pour protester contre les violations des droits de la défense et des inculpés, et la dernière, entamée le 8 novembre 1977, dura 40 jours pour réclamer le statut de prisonnier politique et des conditions humaines de détention. Le 11 décembre 1977, elle meurt à l’âge de 25 ans.
Du fond de son calvaire, avec des mots-pierres, elle écrivit


« La prison, c’est laid
Tu la dessines, mon enfant
Avec des traits noirs
Des barreaux et des grilles
Tu imagines que c’est un lieu sans lumière
Qui fait peur aux petits
Aussi pour t’indiquer
Tu dis que c’est là-bas
Et tu montres avec ton petit doigt
Un point, un coin perdu
Que tu ne vois pas
Peut être, la maîtresse t’a parlé
De prison hideuse
Que tu ne vois pas
Peut-être la maîtresse t’a parlé
De maison de correction
Où l’on met les méchants
Qui volent les enfants
Dans ta petite tête
S’est alors posée une question
Comment et pourquoi
Moi qui suis pleine d’amour pour toi
Et tous les autres enfants
Suis-je là-bas ?
Pour que demain
La prison ne soit plus là »


Comme Fakahani, Saida, Zahra Boudkour, née un 28 novembre 1987 à Zagora, mena une grève de plus de 40 jours pour réclamer le statut du prisonnier politique et des conditions humaines de détention.
Un même combat. Un même adversaire.
Aujourd’hui, elle souffre de toutes sortes de maladies, conséquences des tortures subies et des conditions moyennes âgeuses de son incarcération.
« Ce n’est pas le système qui nous juge, ce sont nous qui le jugeons», ne cesse t-elle pas de répéter.
Il est 18 h. Nous sommes au cimetière des « chouhadas ». La tombe est béante. Elle attend notre ami, elle attend une partie de nous même.
L’épopée se poursuivra, se poursuit ; ses héros avaient, hier, pour noms : Mohamed Bennouna, Fakahani, Saida Mnbhi et de centaines d’autres.
Aujourd’hui, elle a pour nom Zahra Boudkour et ses amis.
Dans une lettre adressée à ses amies, du fond de sa cellule elle écrit : « Nous forgerons un chemin pour des lendemains meilleurs. Le chemin de la victoire sera long, périlleux, mais, nous l’emprunterons car telle est la loi de l’Histoire. L’arbre que nous avons planté donne déjà ses fruits… », Et de citer ces vers de Mahmoud Darwich : « Nous sommes ceux qui naissent sous les arbres, sous la pluie, de la pierre, des défaites. Toujours des nouveaux nés. Depuis le début, nous naissons et renaissons sans fin ».Un cri d’espoir qui rejoint celui Fakahani, près de 40 années plus tard.
Adieu l’ami, nous hériterons de ton livre testament : « Le couloir ». Et d’un sous titre : « Des bribes de vérités sur les années de plomb ».
Des bribes, car ces années perdurent. Et la lutte aussi.