Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est RÉPRESSION POLICIÈRE ET JUDICIAIRE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est RÉPRESSION POLICIÈRE ET JUDICIAIRE. Afficher tous les articles

samedi 23 janvier 2010

Les reconqérants de l'Andaousie à l'ombre pour de longues années


Ils étaient 15, tous de condition modeste et travaillant dans le secteur informel, âgés de 25 à 30 ans, et originaires d'Agadir, Essaouira, Casablanca et Sefrou. Leur chef Rachid Zerbani était un tailleur de 29 ans. Ils ont été arrêtés en août 2008 et accusés d'avoir préparé des attentats à Agadir et à El Ayoune. Le nom de leur groupe était tout un programme : Fath El Andalous, littéralement (Re)conquête de l'Andalousie. Leur procès n'a mobilisé aucun défenseur des droits humains. Voici la dépêche officielle de l'agence MAP du 9 janvier 2010 annonçant leurs condamnations:
Quatorze membres de la cellule terroriste Fath Al Andalous ont été condamnés à des peines allant de 4 à 15 ans de prison ferme, jeudi 7 janvier par la Chambre criminelle de premier degré chargée des affaires de terrorisme à l'annexe de la Cour d'appel à Salé. Le principal prévenu, Rachid Zerbani, a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle et à une amende de 500.000 dhs. Kamal Zaïmi, Abdelmoula Amara et Abderrahim El Aoufi ont été condamnés à 10 ans de prison ferme et à 500.000 dhs d'amende chacun, alors que Lahcen Aït Abed, Abdelaziz Herram et Mohamed Boulehfa ont écopé de 8 ans, assortis d'une amende de 500.000 dhs.
La même juridiction a également condamné Mohamed Aydoun, Khalid Aqeddar et Mustapha Aït El Houcine à 8 ans de prison ferme et à 4 ans de prison ferme Rachid Zitouni, Rachid Jemmal et Mohcine Merkado.
Pour sa part, Mohamed Afellous, poursuivi en état de liberté provisoire, a été condamné à une amende de 5.000 dhs.
Lors de son réquisitoire, mercredi, le procureur avait demandé des peines allant de 10 à 30 ans de prison à leur encontre, affirmant qu'ils avaient tissé des liens opérationnels avec des dirigeants d'organisations terroristes en Algérie, en Mauritanie, en France, en Espagne et au Proche Orient.
Selon lui, les préparatifs avaient atteint un stade avancé et les éléments de cette cellule avaient entamé le repérage des cibles, en l'occurrence des infrastructures touristiques à Agadir et une caserne militaire à Laâyoune.
La défense des accusés avait plaidé leur acquittement, arguant de l'absence de preuves matérielles et demandant le rejet des procès verbaux de la police judiciaire.
Les membres de la cellule, démantelée fin 2008, étaient poursuivis, chacun en ce qui le concerne, pour "constitution d'une bande criminelle en vue de préparer et commettre des actes terroristes dans le cadre d'une entreprise collective visant à porter gravement atteinte à l'ordre public par l'intimidation et la violence, financement du terrorisme, participation, fabrication et détention d'explosifs, atteinte aux valeurs sacrées et réunions publiques non autorisées".
Selon des sources policières, cette cellule "terroriste" était active dans plusieurs villes du royaume et disposait de matières chimiques et du matériel électronique entrant dans la fabrication d'explosifs.


La Grande Mosquée de Cordoue, dans l'Andalousie qui suscite des rêves de reconquête

jeudi 21 janvier 2010

Le journaliste tunisien Fahem Boukadous condamné à 4 ans de prison

19 janvier 10
Paris-Copenhague-Genève, le 18 janvier 2010 - Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), expriment leur profonde inquiétude suite à la poursuite des actes de harcèlement judiciaire à l’encontre des journalistes indépendants en Tunisie.
Le 13 janvier 2010, le Tribunal de première instance de Gafsa (sud de la Tunisie) a condamné M. Fahem Boukadous, correspondant de la télévision satellitaire Al Hiwar et du journal en ligne Al Badil, à quatre ans de prison pour « participation à une entente visant à préparer et à commettre des agressions contre des personnes et des biens ». La décision n’a pas été accompagnée d’une décision d’incarcération, dans l’attente de la décision de la Cour d’appel, fixée au 23 février 2010.
En décembre 2008, M. Fahem Boukadous avait été condamné par contumace à une peine de six ans d’emprisonnement durant la vague de procès sanctionnant les manifestations pacifiques des habitants dans la région minière de Gafsa-Redeyef, après qu’il eut publié une série d’articles et de reportages décrivant la mobilisation des habitants de cette région. La procédure intentée contre M. Boukadous visait explicitement à sanctionner son travail de journaliste. Cette décision avait été confirmée en appel le 5 février 2009. Suite à la répression du mouvement de protestation de Gafsa-Redeyef et de leurs relais, M. Boukadous était entré en clandestinité. Après la libération conditionnelle des prisonniers du bassin minier de Gafsa-Redeyef à la veille des élections présidentielles et législatives en novembre dernier, M. Boukadous s’était présenté aux autorités de police pour que sa cause soit entendue en justice, bien que les autorités n’avaient annoncé aucune mesure de clémence en sa faveur [1].
Le déroulement de l’audience du 13 janvier a été marqué par de graves violations des dispositions de droit interne tunisien et des standards internationaux relatifs au procès équitable. Le juge a ainsi omis d’énoncer les charges qui pèsent contre le journaliste, se contentant de lui adresser une question sur sa "relation avec le bassin minier" avant de lever la séance pour délibération. Les demandes de renvoi présentées par les avocats de M. Boukadous, fondées sur l’absence du bulletin des antécédents judiciaires du prévenu dans le dossier criminel ont été ignorées. Le procès aura duré au total une dizaine de minutes.
Cette décision intervient alors que nos organisations ont été informées de plusieurs nouvelles mesures de représailles à l’encontre de deux journalistes condamnés à des peines de prison ferme pour avoir dénoncé des violations des droits de l’Homme. Ainsi, M. Zouhair Makhlouf sera détenu jusqu’à l’examen de l’affaire en appel, le 20 janvier [2], soit au delà du 18 janvier, terme de la peine qui avait été prononcée le 1er décembre 2009 par le Tribunal de première instance de Grombalia. Depuis sa condamnation, les avocats de M. Makhlouf se sont vu empêchés de rendre visite à leur client en prison.
Par ailleurs, M. Taoufik Ben Brik demeure emprisonné à la prison de Siliana suite à sa condamnation le 26 novembre 2009 à une peine de six mois de prison ferme. Depuis cette date, l’administration pénitentiaire s’oppose arbitrairement à la visite de ses avocats, et restreignent abusivement les visites de la famille. Par ailleurs, l’état de santé de M. Ben Brik, qui est atteint d’une maladie rare du système immunitaire, s’est considérablement dégradé depuis son incarcération, et il ne bénéficie actuellement pas des soins médicaux adéquats dont il a un besoin vital. L’audience du procès en appel a été fixée au 23 janvier 2010.
Mme Azza Zarrad, la femme de M. Ben Brik, qui mène depuis le 6 janvier avec plusieurs membres de sa famille une grève de la faim pour protester contre la détention de son mari, participera à une délégation mandatée conjointement par le REMDH et l’Observatoire à l’occasion de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg du 18 au 21 janvier durant laquelle se tiendra un débat sur la Tunisie.
Nos organisations appellent à la cessation de toutes les procédures intentées abusivement à l’encontre de MM. Fahem Boukadous, Taoufik Ben Brik et Zouhair Makhlouf, ainsi qu’à la libération immédiate et inconditionnelle de ces deux derniers, et demandent une nouvelle fois aux autorités tunisiennes de mettre un terme au harcèlement des défenseurs des droits de l’Homme et des journalistes indépendants et de se conformer à ses engagements internationaux et régionaux.
En vue du débat sur la Tunisie organisé dans le cadre de la prochaine session plénière du Parlement européen, nos organisations invitent enfin les parlementaires européens à adopter une résolution demandant :
* à ce que l’ouverture d’éventuelles négociations sur un « statut avancé » UE-Tunisie soit strictement conditionnée par une amélioration concrète de la situation des droits de l’Homme en Tunisie ; * à la Tunisie la libération immédiate des défenseurs des droits de l’Homme en Tunisie emprisonnés ; * à la Tunisie de garantir l’exercice de la liberté d’expression et de la liberté d’information, notamment sur Internet, et de mettre un terme aux actes de harcèlement, en particulier judiciaire, contre les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes indépendants, conformément aux instruments internationaux et régionaux ratifiés par la Tunisie ; * une mise en œuvre effective des lignes directrices de l’Union européenne sur les défenseurs des droits de l’Homme.
Pour plus d’information, merci de contacter :
* REMDH : Mathieu Routier +33 1 48 18 06 86
* OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39
* FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18
[1] M. Mohieddine Cherbib, président de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), reste également sous le coup d’une condamnation par contumace à une peine de deux ans et deux mois de prison prononcée lors des procès de Gafsa Redeyef.
[2] En application du Code de procédure pénale, lorsque le ministère public fait appel d’une décision, le prévenu reste sous l’effet du mandat d’arrêt.

samedi 19 septembre 2009

L’ASDHOM condamne l’intervention brutale des forces de l’ordre à Khouribga



Par le bureau executif de l' ASDHOM, Paris, 17/9/2009
asdhom@asdhom.org

Le fleuron de l’économie marocaine fait parler de lui et de la plus détestable des manières. L’Office Chérifien des Phosphates (OCP) s’appuie sur les forces de l’ordre pour empêcher et mater un sit-in pacifique que tentaient d'organiser les ouvriers de la société SMSI-Régie (société appartenant au groupe OCP) devant son siège social de Khouribga.


Ces ouvriers, soutenus par des syndicalistes et des défenseurs des droits humains, voulaient juste attirer l’attention des responsables de l’OCP, de l’opinion publique et des autorités marocaines sur le drame que vivent les 850 ouvriers licenciés abusivement par la société SMSI-Régie. Forts du soutien du syndicat UMT (Union Marocaine du Travail) et d’autres associations démocratiques de la société civile telle l’AMDH qui a organisé le 13 septembre 2009 une caravane sur Khouribga, les ouvriers ont mené une série d’actions pour réclamer la réintégration des licenciés.


L’OCP n’a que faire de leurs doléances. Il leur tourne le dos et leur refuse le dialogue social. Il est même allé un peu plus loin le mardi 15 septembre quand il a fait appel aux services des forces de l’ordre. Ces derniers n’ont pas fait dans le détail. L’assaut s’est soldé par plusieurs bléssés parmi les ouvriers et leurs familles venues les soutenir. 44 arrestations ont été opérées dont 4 parmi les délégués syndicaux UMT présents au sit-in.


Conduits au commissariat, les ouvriers y ont subi de longs interrogatoires, insultes et intimidations. Après les avoir dissuadés de la poursuite de leur mouvement revendicatif, les autorités locales ont procédé à la libération des 40 ouvriers arrêtés et ont signifié aux 4 délégués syndicaux la comparution devant la tribunal de 1ère instance le mardi 29 septembre 2009. Il s’agit de : OUASSIF Jilali, BELOUAFI Rachid, BOUKDIR Abderrahman et FAKHORI Omar.




L’ASDHOM considère que ces licenciements sont injustes et abusifs. Elle apporte tout son soutien aux 850 familles brisées et se joint à tous les syndicalistes et les défenseurs des droits humains qui se sont courageusement mobilisés pour réclamer la réintégration des ouvriers licenciés.
L’ASDHOM dénonce vigoureusement la violence des forces de l’ordre à l’égard des manifestants et leurs familles et demande d’abandonner immédiatement les poursuites judiciaires engagées contre les quatre militants syndicaux.
L’ASDHOM interpelle les responsables marocains à quelque niveau que ce soit pour veiller au respect de la dignité de ces travailleurs et pour engager un vrai dialogue social avec leurs représentants afin de trouver une solution à leur calvaire.
L’ASDHOM ne ménagera pas ses efforts pour sensibiliser l’opinion nationale et internationale à la situation sociale des ouvriers licenciés de SMSI-Régie qui ne cesse de se dégrader et faire porter la responsabilité à l’Etat Marocain, propriétaire du groupe OCP, qui ne respecte pas ses engagements en matière de liberté syndicale.


asdhom@asdhom.org

jeudi 17 septembre 2009

Honni soit qui MALI pense ou : le Maroc n'est pas l'Iran

Par Ayman El Kayman, 15/9/2009

Un jour Jeha était assis devant une rôtisserie et aspirait l’air avec un air de satisfaction goulue. Le rôtisseur sortit de son échoppe et demanda : « Que fais-tu, Jeha ? » Celui-ci répondit : « Je me repais des fumets de ta rôtissoire ». « Ah, alors, mon gaillard, il va falloir que tu me paies ». « Bien sûr », répondit Jeha, et sortant de sa poche quelques piécettes, il les fit tinter sur le pavé : « Voilà, je pense que le son de mes pièces est le bon prix pour l’odeur de tes rôtis »


C’est une de ces infos du genre « incroyable mais vrai » comme seul le royaume enchanté du roitelet noceur et milliardaire – mais oui, vous savez bien de qui je veux parler, le pote à Djamel Debbouze – peut en livrer :


15 jeunes gens qui s’étaient donné rendez-vous dimanche 13 septembre devant la gare de Mohammedia, au sud de Casblanca, avec l’intention d’aller pique-niquer en forêt, ont été arrêtés par la police bien avant d’avoir pu déballer leurs sandwiches. Ils ont été, dans les heures qui ont suivi, condamnés à des peines allant d’un mois à douze mois de prison ferme, en application de l’article 222 du Code pénal marocain, qui interdit "le non-res­pect du jeûne par les Mu­sul­mans sous peine de trois mois d'in­car­cé­ra­tion".

Le Conseil des Oulémas a commenté cette « ten­ta­tive de rup­ture pu­blique du jeûne par un groupe d'agi­ta­teurs, en vio­la­tion de l'un des pi­liers de l'Islam, ar­guant que cela s'ins­crit dans le cadre de l'exer­cice des li­ber­tés in­di­vi­duelles », et mis en garde contre " les ré­per­cus­sions de ces actes sur la vie de la oumma".
Ainsi donc, une quinzaine de sandwiches tirés du sac en plein jour durant le Ramadan mettrait en danger la vie, la sécurité et la sérénité d’un miliard et demi de Musulmans. Eh ben, dis donc, elle est mal barrée, la Oumma, dans ce cas!!!...
On croit rêver.

Ainsi donc, le royaumelet voudrait faire concurrence à la Pétrosaoudie et transformerait subrepticement sa police – qui, comme tout le monde le sait, est composée des meilleurs Musulmans de la planète – en police religieuse.

Mais alors, les démocrates, les laïcards, les défenseurs de la veuve et de l’orphelin afghans, gazaouis, iraquiens et cachemiris opprimés par de sméchnats barbus, vous qui êtes prêts à donner le prix Nobel à toute Musulmane arborant string et minijupe au nom de la liberté, où êtes-vous, où sont vos lettres ouvertes, vos pétitions, vos rassemblements devant les ambassades et consulats du Maroc ?

Et que fait donc Miss Rama Yade ? (Oh pardon, j’oubliais qu’elle n’est plus secrétaire d’État aux droits de l’homme mais aux Sports ; ça ne fait rien, elle pourrait militer pour faire reconnaître comme nouvelle discipline olympique la course de fond de non-jeûneurs poursuivis par la police).
Je ne vous entends pas. Quoi ? Qu’est-ce que vous grommelez ? Quoi ? Que le Maroc, ça n’est pas l’Iran ? Ah bon ? Que le Roi est notre ami ? Ah bon. Je crois que je comprends.

Pourtant le MALI, Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles, a tout pour vous plaire : d’abord il est dirigé par deux femmes modernes, Zineb Razhoui et Betty Lachgar. Ensuite, il a à première vue tout l‘air d’être un groupe de défense de la sacro-sainte laïcité comme vous les aimez. Mais bon, il n’a pas l’air de susciter votre enthousiasme. Et à seconde vue, on croit comprendre pourquoi.

Peut-être est-ce parce qu’il déclare ne pas être « un groupe anti-islam », mais être « pour la liberté de culte, et si nous revendiquons la suppression d’un article liberticide du code pénal (art.222), nous sommes également solidaires des citoyennes tunisiennes qui se font lyncher pour avoir mis le hijab, ou des Tunisiens qu’on harcèle sur le chemin de la mosquée… »
Décidément, ces dames, Zineb et Betty, n’ont pas compris comment il fallait s’y prendre pour devenir des martyres riches et célèbres dans la république enchantée des droits de l’homme. Il ne fallait pas annoncer que vous alliez sandwicher en forêt, mais que vous alliez faire un strip-tease devant la Mosquée Hassan II à l’heure de la grande prière ! Peut-être alors l’OTAN vous aurait-il apporté un appui aérien, avec la bénédiction des

redekersifaouiphilippevalglucksmannhenrilevygeertdewildershayyanhirsiali !!!
Ceci dit, imaginez que ces 15 jeunes gens auraient été des habitants de Téhéran et non pas de Casablanca et qu’ils aient subi la moitié du quart du sort subi par nos MALIstes : ça aurait fait l’ouverture de tous les journaux télévisés, de CNN à France24, pendant au moins 48 heures, et les déclarations de condamnation auraient fusé de toutes les capitales du monde libre. Mais bon, les MALIstes ne sont que de vulgaires sujets de SM M6. Donc, silence radio. Circulez, ya rien à voir, rien à bouffer, rien à espérer.
Dans ce royaumelet-là, c'est Ramadan 365 jours par an. Un drôle de Ramadan, sans Nuit du destin...

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

Liberté de culte garantie par la constitution, ou application de l'article liberticide 222 du code pénal ?

L'information:

Entendu sur France Inter le 16/9/2009
­
Des « non jeûneurs » s’affichent en public au Maroc, les autorités sévissent
APA Rabat (Maroc) Un groupe de "non jeû­neurs" a dé­frayé la chro­nique au Maroc en s'affi­chant en pu­blic près de Ca­sa­blan­ca, s'at­ti­rant les foudres des jeû­neurs et des au­to­ri­tés re­li­gieuses et sé­cu­ri­taires du pays, rap­porte mardi la presse ma­ro­caine.
Les po­pu­la­tions de Mo­ham­me­dia ( 25 km au sud de Ca­sa­blan­ca) ont été in­for­mées de "la ten­ta­tive de rup­ture pu­blique du jeûne par un groupe d'agi­ta­teurs, en vio­la­tion de l'un des pi­liers de l'Islam, ar­guant que cela s'ins­crit dans le cadre de l'exer­cice des li­ber­tés in­di­vi­duelles", in­dique un com­mu­ni­qué du Conseil des Ou­lé­mas. Les Ou­lé­mas du pays ont mis en garde contre " les ré­per­cus­sions de ces actes sur la vie de la oumma".La po­lice avait fait avor­ter di­manche cette ten­ta­tive de "rup­ture pu­blique du jeûne", menée par une jour­na­liste in
­dé­pen­dante, in­dique-t-on. Les "non-jeû­neurs" au­raient pro­je­té de de­man­der l'abro­ga­tion de l'ar­ticle 222 du Code pénal ma­ro­cain qui in­ter­dit "le non res­pect du jeûne par les Mu­sul­mans sous peine de trois mois d'in­car­cé­ra­tion".Des cou­rants "laïcs" très mi­no­ri­taires achoppent constam­ment sur la na­ture conser­va­trice de la so­cié­té, à plus de 99 pour cent mu­sul­mane.



Communiqué du M.A.L.I, 17/9/2009

(Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles)

Depuis l’évènement du dimanche, la presse, les autorités et certaines forces politiques ont mené une campagne de lynchage et de diffamation contre les militants du Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles.

Un retour sur l’évènement s’impose :Le groupe MALI s’est créé sur Facebook il y a quelques semaines autour d’une discussion sur la liberté de jeuner ou de ne pas jeuner, les premiers échanges se sont passés dans un cadre où règnaient tolérance et respect. Un évènement a été programmé, celui de pique-niquer SYMBOLIQUEMENT à la forêt de Mohammedia, et non devant la gare. Le but de l’action n’était nullement la provocation, mais était de mettre au courant les autorités que des citoyens avaient une revendication. Il n’est pas inutile de rappeler que le MALI n’est pas un groupe anti-islam. Nous sommes pour la liberté de culte, et si nous revendiquons la suppression d’un article liberticide du code pénal (art.222), nous sommes également solidaires des citoyennes tunisiennes qui se font lyncher pour avoir mis Al Hijab, ou des Tunisiens qu’on harcèle sur le chemin de la mosquée…
En revendiquant notre droit d’exister et de réfléchir de la sorte, nous insistons sur le fait que MALI n’est pas une organisation de provocation envers une quelconque sensibilité. Notre but est d’attirer l’attention sur des incohérences entre à la fois le Droit International, la Constitution marocaine, et l’arsenal juridique marocain, des incohérences qui coûtent cher aux citoyens marocains, et qui nuisent aux libertés collectives et individuelles.Nous, militants pour les libertés individuelles au Maroc, condamnons fortement les multiples interpellations policières et arrestations des membres activistes du MALI sans aucun motif valable. Nous condamnons également, l’emballement médiatique qui a accompagné l’affaire dans un flou total, induisant en erreur l’opinion publique, mettant en danger notre sécurité physique.


Arrestations et condamnations des non jeûneurs

Par Ali Fkir, 16/9/2009

Selon le journal "Assabah" proche de l'ONA, 15 citoyens viennent d'être condamnés à des peines variant entre 1 mois et 12 mois de prison ferme pour avoir bouffé publiquement en plein mois de ramadan. Ces personnes ont été arrêtées et condamnées à Casablanca et ne comprennent pas. les jeunes qui ont tenté de manger publiquement le dimanche 13 septembre à la gare de Mohammedia et qui font actuellement l'objet d'arrestation sans indications sur le lieu de leur détention.
Le père de l'étudiant MOUKTAFI Abderrahim (militant associatif) n'arrive pas à retrouver les traces de son fils, pourtant arrêté officiellement par la police.
Des bruits font état d'une vague d'arrestations pour non respect du jeûne.


Des réactions :
Par Azim Moslih, 16/9/2009

Tout en condamnant l'arrestation de ces «jeûneurs» en plein Ramadan et surtout la disparition de leur trace, je pense que leur arrestation et condamnation ne sont pas étonnantes dans la mesure où la loi marocaine est claire là-dessus. Mais restons quand même vigilant pour la suite de la chose.

Par Ahmed Assermouh, 19/9/2009

Je suis scandalisé par cette nouvelle et appelle à ce que cette condamnation soit portée à la connaissance du monde entier pour savoir que ce monde bien inféodé et bien préoccupé par la recherche humiliante de l’obtention « garantie » des énergies périssables laissant en attente les droits humains!!!
Le terrorisme religieux ne mène nulle part sauf au rejet catégorique et méprisable de la religion.
Je refuse d’aller au paradis les menottes aux mains !

A QUI LE TOUR ?

Par Ali Fkir, 17/9/2009

Les militants de l'ANDCM (association qui a plus de 70 sections et des milliers de membres) -section de Nador ont organisé le mardi 15 septembre 2009 un sit in de tout ce qu'il y a de pacifique, et cela dans le cadre de leur mouvement légitime pour leurs droits au travail, et pour la reconnaissance juridique de leur association de diplôméEs chômeurs victimes de l'exclusion et de marginalisation du fait qu'ils/qu'elles sont issuEs de couches populaires.
La réaction de l'appareil répressif fut violent. On dénombre plusieurs blessés.

Jeudi 11 septembre 2009 c'était le tour des protestataires contre la hausse des prix
Mardi matin 15 septembre c'était le tour des ouvriers de Khouribga qui protestaient contre leur licenciement abusif par le groupe étatique, l'OCP.
Mardi après-midi c'était le tour des jeunes diplômés en quête de leurs légitimes droits.
A QUI LE TOUR?
Dénonçons ces pratiques répressives qui visent en premier lieu les humbles et leurs et leurs enfants

سيناريو عنف هستيري غير مبرر :كانت الساعة تشير إلى حوالي الرابعة وعشرين دقيقة من بعد زوال اليوم الثلاثاء ( 15 شتنبر)، حينما وصل المعطلون إلى واجهة العمالة حيث يعتصمون على غرار ما دأبوا عليه في الأيام القليلة الماضية، بمجرد ما حاول هؤلاء الاقتراب من الرصيف "المقدس" المقابل لباب العمالة انهال عليهم رجال الأمن والمخازنية بالضرب في مختلف أنحاء الجسم وبشكل عشوائي، ولما وقع بعض من المعطلين على الأرض شرع هؤلاء في التنكيل بهم بالركلات العشوائية والرفس، دونما أي اعتبار للطبيعة السلمية لاحتجاجات هذه الفئة ومشروعية مطالبها.................................................... ................................................ خلف هذا التدخل إصابة عدد من المعطلين بكدمات في مختلف انحاء الجسم، ونقل اثنين من بينهم إلى المستشفى الحسني لتلقي الإسعافات الضرورية بعد إصاباتها في اليد والرجل. وفضلا عن القمع الذي جوبه به احتجاج المعطلين لم يسلم هؤلاء من الكلام الساقط لمسؤولين امنيين من قبيل " هاهوما ازوامـ... جاو"، " سير تقود"، "سير تقود ازامـ... لكبير" إلى غير ذلك من الألفاظ النابية التي كان يتلفظ بها مسؤول امني رفض إلى جانب آخرين كانوا برفقته طلب الإسعاف للمعطلين الذين كانا ممددين على الأرض وهما يتألمان من شدة الإصابة التي ألحقها
...........بهما رجال الأمن و المخازنية

mercredi 16 septembre 2009

L'Etat tente de briser la résistance ouvrière

Par Ali Fkir, 16/9/2009

Après le succès de la caravane de solidarité organisée par l'AMDH, les 850 ouvriers licenciés abusivement par l'OCP (groupe étatique), ceux-ci ont élaboré ainsi leur programme de lutte pour la 3ème semaine de septembre 2009:
- Le 15/09/2009: sit in devant les locaux administratifs de l'OCP à Khouribga de 10h du matin à 16h
- Le 16/09/2009: même forme de lutte et dans les mêmes conditions
- Le 19/09/2009: sit in au centre de la ville de 16h à 22h
- Le jour d'el aïd fitre (dimanche ou lundi) sit in de 7h à 10h

Rapport relatif au premier sit in:
- Les forces de répression ont quadrillé tout le quartier où se trouvent les locaux de l'OCP
- Les forces de répression se sont attaquées aux ouvriers et à leur famille, aux militants des droits humains, aux syndicalistes. Les badauds et autres citoyenNes ont eu leur part de la bastonnade. Plusieurs blesséEs. Arrestation de 41 ouvriers dont 4 du bureau syndical.
- Au commissariat: après prise d'empreinte, de photos...les ouvriers ont fait l'objet d'un interrogatoire provocateur : ton appartenance politique, qui vous pousse à agir ainsi, quels sont tes rapports avec les responsables de l'Union locale de l'UMT. Il faut quitter l'UMT et rejoindre un autre syndicat (rappelons qu'au Maroc il existe plus de 20 autres syndicats tous crées par des partis politiques ou par l'Etat pour affaiblir la combativité de la classe ouvrière). Aujourd'hui seuls l'UMT et la CDT ont une certaine légitimité ouvrière.
- Après ce calvaire, les 41 ouvriers ont été relâchés. Quatre d'entre eux sont poursuivis en liberté provisoire. Leur procès aura lieu le mardi 29 septembre 2009, il s'agit de:
OUASSIFI El Jilali, BELOUAFI Rachid, BOUKDIR Abderrahmane, FAKHOURI Omar
Au lieu d'agir en ETAT DE DROIT, l'Etat marocain a agi en Etat voyou. Il n'a fait en réalité que dévoiler sa nature de gendarme au service du patronat.
Dénonçons cette répression policière! Solidarisons nous avec les 850 prolétaire et avec leurs familles!

dimanche 16 août 2009

Le procès le plus étrange de l’histoire de la justice marocaine



par Mohamed Sassi, Al Massae, 6/8/2009. Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Original :
أغــرب محاكمة في تاريخ القضاء المغربي



Le 27 juillet dernier, la cour spéciale antiterroriste de Rabat-Salé, au terme du long procès surréaliste du soi-disant « réseau Belliraj », a rendu un verdict incroyable mais attendu.
Le principal accusé, Abdelkader Belliraj a été condamné à la réclusion à perpétuité. Les six prisonniers politiques faisant partie des 35 accusés ont reçu les condamnations suivantes :


Mustapha Mouatassim et Mohamed Amine Regala, dirigeants du parti Al Badil Al Hadari (Alternative civilisationnelle), Mohamed Marouani, dirigeant du parti Oumma : 25 ans
Laabadla Maâ El Aïnine, du Parti Justice et Développement, et Abdelhafid Sriti, correspondant la chaîne de télévision Al Manar : 20 ans
Hamid Najibi, Parti socialiste unifié : 2 ans.
Voici un commentaire du juriste marocain Mohamd Sassi, publié par le quotidien marocain Al Massae . (
Tlaxcala)

Hamid Najibi - Laabadla Maâ El Aïnine - Abdelhafid Sriti


Mohamed Marouani- Mustapha Mouatassim - Med Amine Regala



Le procès le plus étrange qu’ait connu le Maroc dans une période où le ministre de la Justice est le premier secrétaire de l’UFSP. Il n’était pas supposé porter atteinte à l’impartialité du juge mais plutôt créer une ambiance favorable à celle-ci.

Les deux conditions à remplir pour un juge ayant à rendre un verdict, où que ce soit dans le monde, sont la transparence et le caractère équitable du jugement au terme d’un procès où le débat contradictoire a été possible et où les droits des accusés ont été respectés. Toute personne, où qu’elle se trouve sur la planète, devrait pouvoir discuter un jugement et apprécier s’il a été rendu dans le respect des lois et des droits des accusés. C’est ce raisonnement qui a conduit les organisations de défense des droits humains les plus représentatives et les plus influentes à exprimer leur solidarité avec les six prisonniers politiques de l’affaire Belliraj.

Ces six hommes étaient connus pour leur engagement de longue date dans un travail politique pacifique et le choix de la violence fait autrefois par certaines organisations auxquelles certains d’entre eux ont appartenu fait partie d’un passé lointain et d’une histoire révolue. Cette évolution est de notoriété publique. Les affirmations du ministre l’Intérieur, selon lequel ces hommes auraient fait partie d’une cellule jihadiste armée n’ont jamais été étayées, elles ont été contradictoires et, pour tout dire, peu convaincantes pour quiconque réfléchit un tant soit peut. C’est pour ces raisons qu’un grand nombre de personnalités, d’organisations politiques et de la société civile ont pris et fait et cause pour les accusés et ont défendu les six prisonniers politiques. Le juge aurait du trouver d’autres éléments que les accusations sans fondement émanant du ministère de l’Intérieur, pour pouvoir convaincre l’opinion publique par des preuves concrètes.

Ceux et celles qui ont défendu Marouani, Mouatassim, Regala, Laabadla Maâ El Aïnine, Sriti et Najibi ne sont pas moins soucieux que le juge ou le ministre de la sécurité intérieure et de la paix domestique. Ils ne peuvent pas être moins intelligents et clairvoyants pour identifier les menaces contre la sécurité intérieure.
La version officielle a été présentée sous trois angles :
1°- Cette « organisation terroriste » aurait été fondée lors de la « rencontre de Tanger » de 1992, avec deux ailes, l’une politique –ce sera l’association « Al Badil Al Hadari » (Alternative civilisationnelle), fondée en 1995 et l’association Al Haraka Min Hajli El Oumma (Mouvement pour la Cause de la Nation), fondée en 1998, toutes deux confluant dans le parti Al Badil Al Hadari, créé en 2005 -, et l’aile militaire, chargée d’opérations terroristes avec armes à feu et explosifs, de l’assassinat de personnalités connues – ministres, responsables, officiers supérieurs et citoyens juifs -, de hold-up et de cambriolages pour se financer ;
2°- La police a dit avoir saisi des armes hautement sophistiquées que la « cellule » aurait introduit au Maroc, et ce serait là la preuve de l’extrême dangerosité de ces « terroristes »
3°- Cette « cellule » aurait commencé –ou essayé de commencer - à mettre en œuvre son programme : exemple : l’opération « Macro » (une tentative de hold-up). Elle aurait aussi essayé d’assassiner un citoyen juif marocain appelé Azemkot.
Seul point faible dans ce scénario : tout cela – Tanger, Macro, Azemkot – se serait passé avant la création de l’Instance Équité et Réconciliation et l’adoption de la législation antiterroriste. Or, la première a tourné définitivement la page du passé et de la violence d’avant 1999, et la seconde ne peut s’appliquer que rétroactivement. Pour surmonter ces failles dans le scénario, on a trouvé des explications comiques : ainsi le projet terroriste relève d’une criminalité chronique, récurrente de 1992 à 1996, en 2002, 2004 et 2005 – or, pendant toute cette période, le seul événement a été la tentative d’assassinat d’Azemkot ; quant aux armes qui auraient été introduites au compte-gouttes au Maroc , on a interprété les propos tenus par Mustapha Mouatassim à Redouane Khalidi, lors de l’enterrement, en 2004, du père du journaliste Hassan Moukdad –« Nous tiendrons ce que nous avons promis ».

Cette phrase, selon la vision officielle, est une preuve suffisante de ce que le projet terroriste était toujours en cours : pendant douze ans, les concepteurs de ce projet auraient « planifié soigneusement », sans jamais passer aux actes. Après les attentats du 16 mai 2003, Mouatassim et Regala ont été les premiers à descendre manifester sur l’avenue Mohamed V à Rabat pour manifester et dire non au terrorisme. Comment imaginer qu’une telle hypocrisie et une telle duplicité soient possibles chez des êtres humains, pendant une si longue période, qui auraient caché leur double jeu à toute monde, y compris leurs proches ?

Quand les avocats ont pu consulter les dossiers de l’accusation, la première infamie qu’ils ont trouvé, c’était que l’unique source ayant orienté l’enquête était le « président » de la « cellule Belliraj », évoqué dans un procès-verbal du 18 février 2008. Mouattasim et Regala ont été arrêtés sur cette seule base, au même moment où sortait l’information que les deux hommes étaient interdits de se rendre à l’étranger. Ces arrestations politiques se sont fondées sur les prétendus aveux de Belliraj. On a ensuite assisté à un feuilleton d’absurdités, d’où il ressort que Belliraj lui-même était une victime de la guerre des services [marocains et belges, NdT]. Les défenseurs des droits humains étaient, quant à eux, convaincus dès le départ, de l’innocence des six prisonniers politiques et que le dossier d’accusation était un tissu d’absurdités qui ne pouvait déboucher sur un procès équitable. Où sont les preuves fiables que les six étaient impliqués dans un projet terroriste ?

On ne nous a rien montré au procès, à part les armes présentées en vrac, comme des bibelots dans une brocante, sans qu’il soit possible pour le public et les observateurs de les regarder de près ou sur un grand écran. Il est indiscutable que des armes peuvent entrer au Maroc. En 1994, suite à l’opération « Atlas Isni » [attaque d’un hôtel de Marrakech, pour laquelle plusieurs Franco-Algériens et Franco-Marocains ont été condamnés à mort et attendent leur exécution à la prison de Kénitra, NdT], on a en effet débusqué des réseaux de trafiquants de drogue utilisant ce genre d’armes pour régler des comptes entre eux ou contre la Sûreté nationale. Il est possible que des armes achetées en Europe et destinées à alimenter la guerre civile dans l’Algérie voisine aient transité par le Maroc, mais comment affirmer la provenance et la destination des armes exhibées au procès Belliraj ? Aucun lien n’ pu être établi entre les accusés et ces armes.

En outre, les armes présentées au tribunal ne l’ont pas été dans les formes légales –presque toute la presse l’a noté – et on remarqué sur les photos que les armes d’abord présentées par la police à la presse puis au tribunal n’étaient pas les mêmes, ce qui n’est vraiment pas sérieux, comme tout le procès, mené par la justice avec un je-m’en-foutisme flagrant. Aucun des détails scabreux qui ont émaillé le procès n’ a suscité la moindre réaction du président de la cour, comme par exemple la confusion dans la date de création du groupe « Choix islamique » créée en 1981 et non pas, comme l’affirment les procès-verbaux, en 1992.

On a pratiqué des amalgames incroyables : ainsi, pour l’opération « Macro », les avocats des Six ont exposé au tribunal que d’autres accusés avaient déjà été convaincus de culpabilité et condamnés et que leurs clients n’avaient donc rien à voir avec cette affaire. Le dossier d’accusation du « réseau Belliraj » contenait des procès-verbaux qui étaient des copiés-collés de ceux du procès des vrais auteurs de l’opération « Macro », remontant à 1994. Cela a laissé le président de la cour imperturbable. De même lorsque Me Khalid Soufiani a demandé au président de lui montrer où, parmi les accusés, se trouvait le « Grand Blond avec des taches de rousseur » évoqué dans un procès-verbal. Ce « Grand Blond » venait tout droit des procès-verbaux d’enquête sur la tentative d’assassinat contre Azemkot, que les policiers s’étaient contentés de reverser au dossier Belliraj…
Ces procès-verbaux falsifiés auraient du normalement conduire à une nullité de procédure mais il n’en a rien été. La cour a rejeté toutes les requêtes en nullité présentée par les défenseurs comme elle refusé d’entendre des témoins comme le professeur Harazni [président du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme, ancien militant d’extrême--gauche détenu sous Hassan II, aujourd’hui membre du PPS, gauche modérée, NdT], qui avait déclaré devant des millions de téléspectateurs marocains que Mouatassim l’avait prévenu qu’il avait eu vent que des armes avaient pénétré au Maroc et qu’il avait transmis l’information à qui de droit.

Y a-t-il un tribunal au monde qui puisse prétendre qu’un témoignage comme celui d’El Harazni n’aurait pas été essentiel ici et de nature à changer l’issue du procès ? Et comment un procès pouvait-il être équitable alors qu’on refusait de donner la parole à des personnalités, associatives et officielles, défenseurs des droits humains, hommes politiques ou représentants de la société civile marocaine, dont Sion Assidon [ancien prisonnier politique, sous Hassan II, détenu à Kénitra, NdT]. Ce dernier s’était présenté au tribunal, demandant à témoigner sur les accusés, qu’il connaissait bien. Devant le refus de la cour de l’entendre, il a du rédiger un témoignage écrit.

Comment ce procès pouvait-il être équitable, quand la cour a refusé d’examiner le passeport de Laabadla, où il apparaît qu’il n’avait pas quitté le territoire national, alors qu’il était accusé de s’être rendu en Belgique ?


Comment ce procès pouvait-il être équitable alors qu’on a refusé d’entendre les six accusés sur les tortures subies pendant leur détention, de la part de tortionnaires dont ils connaissaient même l’identité ?
Comment ce procès pouvait-il être équitable alors que le président de la cour déclarait qu’il n’avait pas d’opinion sur la présence de caméras dans l’enceinte du tribunal alors que celle-ci relevait théoriquement de son autorité ?
Et comment ce procès pouvait-il être équitable alors que les avocats ont vécu des galères qu’ils n’avaient jamais connu dans leur carrière ? Comme par exemple la quasi-impossibilité de rencontrer leurs clients et de consulter leurs dossiers d’accusation ?
Est-ce que la télévision publique marocaine peut aire une émission spéciale pour interroger ces avocats sur cet étrange procès ?

Deux éléments provoquent la douleur : ce procès le plus étrange dans l’histoire judiciaire du Maroc s’est déroulé ici et maintenant [et pas à une époque reculée, NdT], alors que c’est le premier Secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires qui est ministre de la Justice. Il n’était pas supposé porter atteinte à l’impartialité du juge mais plutôt créer une ambiance favorable à celle-ci.

samedi 1 août 2009

«On peut comparer le commissariat de Jamaâ El Fna à Tazmamart ou Guantanamo !»

Une interview de Zahra Boudkour
Par Hicham Bennani, Le Journal Hebdomadaire N°405, 24/07/2009

-Le jeudi 9 juillet 2009, vous avez été condamnée à 2 ans de prison ferme par le tribunal de Marrakech. Vous attendiez-vous à un tel verdict ?

(Long silence) J’ai pris deux ans de prison avec neuf autres étudiants. Un étudiant a écopé de quatre ans. Nous étions tous préparés à une telle sentence. Nous étions même prêts à subir bien pire que la prison. La prison, ce n’est qu’un petit lieu de détention.

-Vous n'avez donc pas été déçue après le procès ?
Nous étions préparés psychologiquement. Le temps nous donnera raison car la vérité finit toujours par triompher. En attendant, je reste en prison encore quatre à six mois en attendant le procès en appel.

-Que s’est-il passé au tribunal en ce «jeudi noir» ?
Rien de spécial. Nous sommes restés fidèles à nos déclaration habituelles devant le juge. Nous avons déclaré que toutes les accusations intentées à notre encontre étaient infondées.

-De quoi étiez-vous accusés exactement ?

De tentative d’homicide et d’avoir mis le feu dans la rue. Les gens qui nous ont collé ce procès sont bien connus. Le policier qui a été blessé pendant les manifestations n’a même pas été capable de désigner la personne qui l’a agressé. Le pire, c’est qu’au moment où il a été brutalisé, nous étions déjà au commissariat !

-Qu’avez-vous déclaré pendant le procès ?

Juste avant l’énoncé du verdict, le juge nous a donné l’occasion de nous exprimer une dernière fois. Nous assumons nos actes jusqu’au bout, quel que soit le jugement.


-Quels sont les problèmes que vous rencontrez actuellement dans la prison civile de Boulmharez ?

Il n’y a même pas un endroit où on peut se rendre pour consulter un médecin. Le médecin vient nous voir une seule fois par semaine. Même si quelqu’un est malade pendant la semaine, il doit attendre le vendredi. Et nous devons patienter jusqu’au lundi pour recevoir les médicaments. Peu importe qu’on attende, on peut mourir à petit feu…

-Le médecin est donc inefficace…

Ce mois-ci, le médecin nous a rendu une seule visite. Chaque fois que je prends un traitement, cela ne me fait aucun effet. J’explique pourtant au médecin que je souffre de plusieurs maux.…Je ne sais même pas quelles sont vraiment mes maladies et le médecin est incapable de me le dire !

-Lorsqu’il y a urgence médicale, que se passe-t-il ?

On peut toujours attendre…des heures et des heures…

-De quels symptômes souffrez-vous ?

J’ai un mal de crâne récurrent, qui s’accentue lorsque je me lave la tête depuis qu’on m’a frappée avec une barre fer au commissariat de Jemaâ El Fna. J’ai également d’étranges douleurs au ventre et dans certaines parties de mon corps.…

-Décrivez-nous le cadre dans lequel vous vivez depuis mai 2008…

Il est exécrable. Nous sommes trop nombreux dans un petit espace envahi par les cafards. Nous sommes une cinquantaine dans un lieu qui ne prendrait normalement pas plus de vingt personnes. Beaucoup de femmes sont très malades, elles souffrent des poumons et crachent du sang. Même les enfants sont dans un très sale état, ils ont des cafards sur le visage.…
-Quelles sont les conditions d’hygiène ?On se douche à l’eau froide une seule fois par semaine. Nous sommes une cinquantaine de personnes à nous partager un seul sanitaire.…


-Où dormez-vous ?

Dans de piteuses conditions. Il y a des détenues qui sont un peu mieux loties que d’autres. Mais nous dormons toutes sur de vieilles guenilles.

-Et que mangez-vous ?

De la nourriture pitoyable. En été, on mange des lentilles, des haricots, des fèves,… (silence) des carottes, des pommes de terre…c’est-à-dire tout ce qui est fait avec beaucoup d’eau.


-Est-ce qu’on vous maltraite en prison ?

(Silence) Non, non. On ne nous frappe pas…

-Vous gardez le sourire, malgré ce qui vous arrive…

Je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort, alors autant garder le sourire. Que voulez-vous que je fasse ?

-Est-ce que vous recevez des visites de votre famille ?

Une fois par semaine. Et seulement une dizaine de minutes au maximum dans un vacarme total. Les responsables font parfois attendre nos familles pendant des heures car les visites des hommes, qui sont 6 000, passent avant celles des femmes.…


-Rappelez-nous ce que vous avez subi le 15 mai 2008 au commissariat de Jamaâ El Fna ?

On nous a menotté les mains et les pieds. On nous a également bandé les yeux. C’est à partir de là que nous avons été torturés durant cinq jours en continu. On a reçu des coups partout sur le corps. J’ai reçu une barre de fer sur la tête et j’ai eu un œil touché. Je ne pouvais même pas aller aux toilettes. On m’a même déshabillée.…

-Si vous saviez que tout cela allait arriver et que vous alliez écoper de deux ans de prison, auriez-vous agi de la même manière ?

Pour être militante, il faut persévérer. Nous savions déjà tout ce nous allions endurer. Rien n’est gratuit. Il s’agit d’abord d’un sacrifice individuel. Je ne m’attendais pas à ce que la justice nous offre des fleurs ou nous déroule un tapis rouge. Bien au contraire. Tout ce que nous pourrons subir ne changera jamais nos convictions et je ne regrette rien.


-Vous êtes donc prête à tout pour le militantisme ?

Je suis prête à donner deux ans de ma vie en prison pour que les choses changent au Maroc. Je peux même donner quatre ans, dix ans ou toute ma vie pour que les conditions du peuple marocain s’améliorent.


-Les rumeurs selon lesquelles vous auriez demandé une grâce royale sont donc fausses ?Evidemment. Je ne vois pas pourquoi je vais demander une grâce royale puisque je suis innocente.


-Savez-vous que vous êtes devenue un symbole pour les défenseurs des droits de l’homme au Maroc ?

Il n’y a aucune amélioration dans le domaine des droits de l’homme au Maroc. Les noms des principaux boucs-émissaires ont peut-être changé, mais la justice est toujours la même. On peut comparer le commissariat de Jamaâ El Fna à Tazmamart ou Guantanamo !

-De quoi sera fait votre avenir, une fois que vous sortirez de prison ? Allez-vous rester au Maroc ?

Je ne sais pas si je resterai ici ou pas. Je ne pense pas à cela. Ce qui compte, c’est que je continuerai à me battre pour toutes les idées qui m’ont conduite en prison. Je vais finir mes études à l’université et défendre mesconvictions.

BIO EXPRESS

28 novembre 1987 : Naissance à Zagora.

28 novembre 1989 : Décès de sa mère.

15 mai 2008 : Arrêtée et torturée par la police de Marrakech

9 juillet 2009 : Condamnée à 2 ans de prison ferme

jeudi 30 juillet 2009

Communiqué de l'AMDH à propos du procès Belliraj


Par Association Marocaine des Droits Humains Bureau central, 30/07/2009

Dans l’absence de toutes les garanties et conditions d’un procès équitable,
la Cour d’appel de Salé émet des lourdes et inéquitables sentences dans le dossier dit «cellule Belliraj» ce qui confirme que la Justice est, comme par le passé, impliquée dans les violations graves des droits humains
Après une année et demi de séances du procès, la Cour d’appel de Salé a émis, le mardi 28 juillet à 3 heures et demi du matin de lourdes et inéquitables sentences à l’encontre des détenus poursuivis dans le dossier dit « cellule Belliraj » concernant les six détenus politiques : Mohamed El Marwani, secrétaire général du parti al-Umma, Mustapha Moatassim, secrétaire général du parti al-Badil al-Hadari et son porte parole officiel Mohamed Amine Reggala condamnés à 25 ans de prison ferme chacun, Abdelhafid Sriti, correspondant de la chaîne libanaise al-Manar au Maroc, Mae al-Aynayn El Abadla, membre du Conseil national du parti Justice et Développement condamnés à 20 ans de prison ferme chacun et Hamid Najibi, membre du Parti Socialiste Unifié condamné à deux ans de prison ferme. Les sentences prononcées vont de la condamnation à une année de prison avec sursis à la prison à perpétuité.
Ce procès a été globalement caractérisé, tant pour les six détenus politiques que pour tous les autres détenus, par l’absence des conditions et des garanties du procès équitable violées durant les diverses étapes de la détention à la prononciation des sentences.
Les ayant considérés comme détenus politiques, et n’ayant aucunement cessé de revendiquer la libération des six détenus depuis leur incarcération tout en dénonçant les diverses violations que leur procès a connues, le Bureau central de l’Association Marocaine des Droits Humains :
1- Dénonce ces lourdes et injustes sentences émises dans le cadre d’un procès politique n’ayant nullement pour objet de faire prévaloir la Justice et l’application de la loi.
2- Condamne la violation manifeste du droit à un procès équitable dans cette affaire du fait du non-respect des mesures juridiques lors de l’arrestation, durant l’instruction judiciaire et pendant le procès dévoilées particulièrement dans :
· La violation du principe de la présomption d’innocence du fait des directives adressées à la Justice par des responsables gouvernementaux, de la condamnation préalable des détenus par le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Communication, porte parole officiel du Gouvernement et de la dissolution du parti Al-Badil al-Hadari par le Premier ministre avant même la saisine du Parquet général ;
· La pratique de l’enlèvement et l’arrestation arbitraire et la violation des mesures juridiques relatives ;
· L’absence de la défense durant la détention préventive et pendant l’interrogatoire préliminaire à l’encontre de ce qui est prévu dans les normes internationales pour un procès équitable ;
· Le refus d’enquêter sur les assertions de torture exprimées par les détenus ;
· La privation de la défense d’accéder au dossier y compris les rapports de la police judiciaire ;
· Le rejet systématique du Tribunal de toutes les plaidoiries et des requêtes présentées par la défense confirmant la nullité et des rapports de la police judiciaire et des rapports des perquisitions et sans même vérifier les requêtes demandant d’enquêter sur les falsifications ;
· Le refus du Tribunal de convoquer ni d’entendre les témoins à charge ou à décharge en dépit de la requête de la défense ;
· Son refus de faire retirer les caméras de la salle d’audience sachant que cet acte viole la loi et influence la Justice ;
3- Réaffirme que le déroulement de ce procès et ses résultats prouvent encore une fois que :
· La Justice marocaine vit une situation dégradée et grave qui réside dans l’absence d’une Justice autonome et intègre à même de garantir la protection des droits et la défense des libertés.
· La Justice reste, comme par le passé, impliquée dans les violations graves des droits humains et ne constitue qu’un outil servant à blanchir et légitimer ces violations.
· Les quelques acquis partiels dans le domaine des droits humains se sont dissipés et que les abus du passé revoient le jour dans une atmosphère caractérisée par l’inflation du discours officiel relatif à la démocratie et aux droits humains.
Renouvelant ses revendications pour la libération des six détenus politiques, le Bureau central considère que la grande difficulté de la Justice au Maroc est inhérente à l’importance qui lui est réservée dans la Constitution en tant qu’appareil sous les ordres des appareils exécutifs. Ainsi, la revendication d’une Justice autonome est intimement liée à celle d’une Constitution démocratique tant dans la forme que dans son contenu et de sa ratification comme base indispensable à l’édification de l’Etat de droit et de la société de citoyenneté avec tous les droits.

mercredi 29 juillet 2009

Maroc: Abdelkader Belliraj condamné à la prison à perpétuité

Le Belgo-marocain Abdelkader Belliraj, accusé d'avoir dirigé un réseau terroriste de 35 membres au Maroc et à l'étranger, a été condamné mardi à la prison à perpétuité par le tribunal antiterroriste de Salé (près de Rabat).
AFP - le 28 juillet 2009, 06h35
La peine de mort avait été requise le 1er juin par le procureur contre Abdelkader Belliraj, principal accusé dans cette affaire.
Le verdict est tombé aux premières heures de la matinée mardi, à l'issue d'une mise en délibéré commencée lundi après-midi.
Abdelkader Belliraj est soupçonné d'avoir dirigé un réseau d'islamistes radicaux et d'avoir commis six meurtres en Belgique à la fin des années 80 et au début des années 90, ce qu'il nie catégoriquement.
Les membres de ce réseau, dont le procès a débuté le 16 octobre 2008, sont poursuivis pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat", "association de malfaiteurs en vue de préparer et commettre des actes terroristes", "meurtre avec préméditation", "tentative d'homicide volontaire avec préméditation", "vol qualifié et tentative de vol qualifié" et "détention illégale d'armes et d'explosifs".
Leur chef présumé, Abdelkader Bellarij, 50 ans, a été arrêté le 18 février 2008 au Maroc avec plusieurs autres personnes en possession d'"un important arsenal d'armes à feu", selon l'accusation.
"Je n'ai pas introduit d'armes à feu au Maroc et nie toute tentative d'actions de ma part visant le renversement du régime", a-t-il plusieurs fois affirmé au cours de son procès.
Abdelkader Belliraj a également nié catégoriquement avoir contribué à faire passer des armes au Front islamique du Salut (FIS, dissout) algérien. "Jamais je n'ai fait cela", a-t-il dit.
Le procès des 35 prévenus (dont deux en liberté provisoire) est parfois ponctué de protestations d'organisations de défense des droits de l'Homme contre l'implication dans cette affaire de six islamistes réputés modérés.
Parmi eux, le chef du parti Al Badil Al Hadari (Alternative civilisationnelle), Mustapha Moâtassim. Ce parti a été dissout par décret gouvernemental en février 2008.



vendredi 10 juillet 2009

Groupe de Zahra Boudkour : verdict scandaleux !

par le Comité belge pour la libération des étudiants détenus à Marrakech, Bruxelles, 9/07/09

Après 14 mois de détention, le jugement des Etudiants Universitaires (Groupe de Zahra Boudkour) s'est continué aujourd’hui jeudi 9 juillet 2009 au sein de la chambre criminelle de la cour d'appel de Marrakech.

Le procès a été caractérisé par :
- La présence en masse de tous les corps de répression secrets et apparents dans la salle et dans le hall, ainsi qu'autour de la cour ;
- La présence de presque de toutes les familles des détenus ainsi que leurs camarades, après avoir été fouillés ;
- Le soutien aux détenus de 12 avocats
- Discussions autour d'un seul dossier mais avec 12 accusations
- Le jugement a duré de 10h à 13h 45 mn.


Les avocats ont tenté de démontrer que le jugement a un caractère politique, que le dossier des détenus est vide et qu’ il n’y a aucune preuve qui les accuse.
Quand la parole a été donnée aux détenus, ils ont affirmé qu’ils sont innocents et qu'ils sont jugés pour leurs convictions politiques dont ils ne changeront pas même en martyrs.
A la fin et après délibération les verdicts tombent comme suit :

- 4 ans de prison ferme pour le camarade Mourad Chouini
- 2 ans de prison ferme pour Zahara Boudkour et ses 9 camarades






Déclaration au sujet des condamnations
Le makhzen vient de frapper aveuglément, et d’une manière abusive et disproportionnée avec les faits reprochés au « groupe de Zahra ». Les lourdes condamnations contre les jeunes étudiants détenus à Marrakech sont non seulement scandaleuses et révoltantes, mais elles portent la marque de tant de violations sur le plan du droit. Elles sont la preuve irréfutable que le makhzen est dépassé par son arrogance et son éternel arbitraire féodal accoutumé à violer régulièrement le socle des valeurs démocratiques que nous défendons, et à mépriser l’Etat de Droit que nous rêvons d’instaurer, de toutes nos forces et notre résistance.

Le makhzen bafoue toutes les valeurs du dialogue et du « contrat social ». Depuis l’arrestation du « groupe de Zahra » – ainsi que l’ensemble des péripéties endurées par ces étudiants : tortures ; grève de la faim et ses graves conséquences de santés ; la maltraitance des prisonniers et de leurs familles ; le non respect de leurs droits en tant que détenus d’opinion…– les appels de toutes parts à la raison et au respect des libertés se sont fait entendre, mais sans que les autorités marocaines daignent y répondre. Le mépris des signataires de la « PETITION POUR LA LIBERTATION DES ETUDIANTS DETENUS A MARRAKECH » qui a réuni des centaines de personnes et de personnalités de tous les pays, est à mettre sur la liste des provocations de l’Etat marocain et de ses élites sans vision et sans éducation politique moderne. La pédagogie de la terreur et de la peur semée, il y a 50 ans, au sein de la société marocaine, continue à enfoncer le Maroc dans le tunnel des contentieux. Cette dérive makhzénienne est le signe têtu de l’immobilisme insultant les espoirs du changement et piétinant la mémoire collective.

Les contentieux s’accumulent et prouvent que l’Etat marocain se refuse à décoller et à ouvrir les horizons sur une société émancipée, paisible et démocratique. Mais jusqu’à quand ?!

jeudi 9 juillet 2009

Au secours : on nous gave de démocratie !!!

Par Smirnova, 9/7/2009

Demain dans diverses villes du pays nos tribunaux"veillent" à l'ordre, à la securité", de qui?"

Marrakech : la jeune Zahra et ses camarades dont on ne parle plus des tortures qu'elle/ils ont subies, du report incessant et injustifié de procès. Plus d'un an qu’elle/ils croupissent dans les prisons . Même leurs familles n'ont pas été épargnées !!!

FES : un groupe d'étudiants militant pour de meilleures conditions de vie, pour la dignité, se retrouvera face à des juges prêts à tout pour que l'"ordre" se rétablisse !

Salé : le groupe connu comme "groupe des 6" qu'on a mêlé à la cellule Belerij

Des islamistes, un militant du PSU (parti socialiste unifié)!!! des profs à l'université, des secrétaires généraux de partis, un journaliste.. une affaire qui a défrayé la chronique, une affaire, d'ailleurs que plus j'essaie de suivre moins je comprends!!

Vendredi c’est au tour des militants d'Annahj Addimocrati d'entendre le verdict pour le "crime" qu'ils ont commis : Oser appeler au boycott des élections communales !!

Le 14 ce sera au tour de notre secrétaire général de la section de Khenifra et du directeur du journal Almichaal.

Il y a quelques jours 3 journaux ont été condamnés à verser des amendes au roi des rois sir Kadhafi !!!!!

et on nous rebat les oreilles de démocratie qui s'installe !!

de changement!!!

Et ce dans un coma sidérant des soi-disant partis politiques qui veulent qu'avec ça on ait confiance en eux !!! klate l3affa hadi!!!


Un été "démocratique" par excellence.........

dimanche 28 juin 2009

Pétition pour la libération du groupe de Zahra

Cyber @ction 325: libération du groupe de Zahra
Un seul clic suffit
Pour demander la libération des 11 étudiants de Marrakech du groupe de Zahra toujours détenus à la prison de Boulmharez depuis 14 mois.

Ils ont été arrêtés en mai 2008, emprisonnés à la prison de Boulmharez à Marrakech, sauvagement torturés par la police pour avoir protesté contre les mauvaises conditions de vie et d’études. La police s’est acharnée de manière particulièrement abjecte sur Zahra Boudkour, la seule fille du groupe. Le 11 juin ils ont entamé une grève de la faim de 46 jours à l’issue de laquelle plusieurs d’entre eux étaient dans le coma.. Un procès en appel a eu lieu le 4 août : leur détention a été prolongée. Depuis les procès sont ajournés de mois en mois …
Voilà bientôt 14 mois qu’ils subissent une détention injuste et injustifiée, que les droits de l’homme y sont bafoués, que le pouvoir qui ose parler de « marche vers un Etat de droit » s’abaisse à harceler et mépriser la jeunesse qui est l’avenir du pays. Le dernier procès a eu lieu le 28 mai. Leurs familles ont voulu y assister. Elles ont été tabassées, humiliées, menacées de viol…
Zahra est très malade, elle souffre d’une maladie gynécologique à la suite d’un viol à la matraque. On lui refuse le droit d’être examinée par un gynécologue. Le doyen de la fac s’acharne à lui faire échouer ses examens qu’elle tente de préparer malgré son état...
A bout de force elle se remet en grève illimitée de la faim. Plutôt mourir que subir ces humiliations !
"Pendant les années les plus noires du protectorat, pendant les années les plus dures du règne de Hassan II, un tel acharnement contre des prisonniers d'opinion et leurs familles était inconcevable.." Khalid Jamaï.
Merci de votre mobilisation pour tenter d'obtenir leur libération.
Marie José Fressard Solidarité Maroc 05 (
solidmar05@gmail.com)
Alain Uguen Association Cyber @cteurs
COMMENT AGIR ?
Sur le site
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=421
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php?id=421
Par courrier électronique
C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :
1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre choix : libération de Zahra et de ses 10 compagnons
5- Adressez votre message aux adresses suivantes :
courrier@pm.gov.ma
lididi@justice.gov.ma
mailto:info@amb-maroc.fr
cyberacteurs@wanadoo.fr
Cliquer ici :
<
mailto:cyberacteurs@wanadoo.fr;contact@diplomatie.gouv.fr;courrier@pm.gov.ma;lididi@justice.gov.ma
Ou ici selon votre logiciel de messagerie
<
mailto:cyberacteurs@wanadoo.fr,contact@diplomatie.gouv.fr,courrier@pm.gov.ma,lididi@justice.gov.ma
Vérifiez que les 4 adresses apparaissent bien
6- Envoyez le message
les Belges peuvent écrire à Karel De Gucht, leur ministre des Affaires Etrangères :
mailto:kab.bz@diplobel.fed.be
Cette cyber @ction est aussi signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org/
Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au Premier Ministre du Maroc, au Ministère de la justice marocain, au Ministre des Affaires étrangères français et à Cyber @cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.
############
Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
code postal Localité :
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre
Je me joins à Solidarité Maroc 05 pour protester vivement contre la longue détention de 11 étudiants de Marrakech du groupe de Zahra toujours détenus à la prison de Boulmharez et demande aux autorités de procéder d’urgence à leur libération .
Dans l'attente de vous lire, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma vigilance citoyenne

samedi 27 juin 2009

Après la condamnation de Chakib El Khyari

Je tiens à exprimer ma vive et sincère solidarité avec Chakib El Khiari, arrêté arbitrairement et condamné injustement. C'est scandaleux!
 
Ali Fkir, Annahj Addimocrati, Mohammedia - Maroc
Ma solidarité avec chakib khiari
Hassane Aride syndicaliste Guercif
Toute ma solidarité avec le militant chakib el khiari
Ahmed Aamer Cordinateur section annahj Tanger
Ma solidarité avec le militant Chakib El Khiari
Abdesselam Adib, Membre d'AMDH, Rabat
Toute ma solidarité avec le militant Chakib El khiari
Aziz Akkaoui, AMDH Khénifra

Lettre à Sa majesté le roi Mohammed VI
par ENCOD, Bruxelles, 26 juin 2009
Sire,
Durant ce jour international contre les drogues nous attirons votre attention sur le sort du grand militant Marocain des droits de l’homme Chakib El Khayari.
Chakib El Khayari a été arrêté à Casablanca le 18 février 2009. Comme Président de l’association de droits de l’homme du Rif, il avait fait des déclarations critiques dans la presse au sujet du niveau de corruption des agences de contrôle des drogues de l’état marocain. Ces agences ferment les yeux quant à l’exportation illicite du haschich du Maroc, et pratiquent une politique répressive quant aux paysans qui cultivent le cannabis. Ces politiques minent le développement de la région de diverses manières.
Les accusations contre EL Khayari n’ont pas justifié sa détention. Les divers organismes des droits de l’homme ont demandé sa libération, de nombreux courriers ont été envoyés aux autorités marocaines, mais jusqu’à maintenant, il n’y a aucun signe qui montre que le Maroc prend ces appels au sérieux.
Le mercredi 24 juin, EL Khayari a été condamné à trois ans de prison et à 68.000 euros d’amende, pour " offense envers les autorités et transactions de devises non autorisées." Ce dernier point fait référence aux accusations que EL Khayari a reçu ( quelques centaines) d’euros pour payer un billet d’avion vers l’Europe. EL Khayari a été invité régulièrement à toutes sortes de congrès et conférences en Europe.
Le verdict contre EL Khayari est un triste exemple de l’état de la situation des droits de l’homme et de la lutte contre le trafic illicite de drogue au Maroc. Des autorités marocaines ne veulent pas que la vérité au sujet d’une politique de drogue qui a échoué soit entendue.
Chakib EL Khayari est un homme courageux, qui n’a pas peur de se lever contre des trafiquants de drogue ou des fonctionnaires corrompus. Il est d’une catégorie de citoyen dont le Maroc devrait être fier. Ce verdict porte atteinte à la réputation du pays et de ses politiques de drogue.
Nous vous demandons de faire tout votre possible pour obtenir la libération immédiate de Chakib EL Khayari.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir Votre Majesté, nos salutations respectueuses.
Au nom d’ENCOD,
Marisa Felicissimo, Belgique
Antonio Escobar, Espagne
Frederick Polak, Pays-Bas





عاجل: ثلاث سنوات نافذة في حق شكيب الخياري

الدار البيضاء ـ طارق العاطفي:


تلا القاضي حسين جابر، في تمام الخامسة والنصف من بعد زوال يومه الأربعاء 24 يونيو 2009، بالغرفة الجنحية بالمحكمة الابتدائية لعين السبع بالدار البيضاء، منطوق حكم يدين رئيس جمعية الريف لحقوق الإنسان شكيب الخياري بثلاث سنوات سجنا نافذا وغرامة لفائدة إدارة الجمارك بمبلغ 753.930 درهما مع الإجبار في سنة واحدة حبسا وتحميل الصائر في الأدنى.

وقد اعتبرت هيئة دفاع الحقوقي شكيب الخياري العقوبة المنطوق بها بحكم مؤاخذة موكلها بإهانة هيئات منظمة ومخالفة قوانين الصرف بالمخيفة، وذلك على حدّ تعبير المحامين طارق السباعي ومنير بلخضر وفاطمة غيشا، الذين حضروا الجلسة واعتبروا القرار مرضيا لمطالب النيابة العامة وإدارة الجمارك وفق ما هو مُتضمّن في محاضر الشرطة القضائية التي نفى محتواها شكيب لخياري بحكم أنّه لم يطّلع على فحواها.

أسرة الخياري اتخذت الحكم بصدر رحب إيمانا بأنّ التضامن الدولي تجاه ملف شكيب الخياري هو حكم بالبراءة لم تستصدره المحاكم، وحسب تعبير أخيه أمين، فالأمل معقود على محكمة الاستئناف لتصحيح الخطأ الكبير الذي وقع فيه الملف ابتدائيا، لأنّ هذا الجزاء لا يستحقّه شكيب الخياري الذي حاول فضح بعض مظاهر لفساد لصالح وطنه.

طارق السباعي المحامي، لم يجد من تعليق على الحكم سوى أن يقول : "مَا أنزل الله به من سلطان" قبل أن يدعو كافة الحقوقيين بالمغرب والعالم إلى مساندة الخياري والعمل على استصدار قوانين كونية وقطرية تحمي فاضحي الفساد من أي متابعة كيفما كان طرفها.


Des Marocains aux Pays Bas ont organisé un Sit-in en face du consulat du Maroc
Le président de l’Association rifaine des droits de l’Homme, Chakib Khayari, poursuivi notamment pour “atteinte à corps constitués”, a été condamné mercredi 24 juin à trois ans de prison ferme ainsi qu’à verser aux douanes marocaines plus de 753 000 Dhs (env 69 000 €).
Ce militant, connu pour ses positions antigouvernementales, était poursuivi pour “atteinte à corps constitués, infraction au code des changes et dépôt de fonds dans une banque étrangère sans l’autorisation” de l’Office des changes. Son arrestation, le 17 février à Casablanca, avait été annoncée par l’organisation américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW).
Selon l’agence de presse MAP, citant un communiqué du ministère de l’Intérieur, les déclarations de M. Khayari sur le démantèlement (le 13 janvier dernier) d’un réseau de trafiquants de drogue présumés à Nador (nord du Maroc) sont “dénuées de tout fondement”. Le président de l’Association rifaine des droits de l’Homme avait notamment déclaré que certaines des personnes impliquées dans ce réseau avaient pu “accéder à des postes importants au sein d’institutions de l’Etat”, a-t-on également indiqué de même source.
La mobilisation s’organise après le prononcé du verdict. Un Sit-in a été organisé par des marocains aux Pays Bas en face du siège du consulat du Maroc. Plusieurs personne montrent leur soutien à Chakib sur le groupe Facebook
Free Chakib El Khayari – الحرية للحقوقي شكيب الخياري ainsi que sur son compte Twitter @FreeChakib.
L’ONG Human Rights Watch par la voix de sa directrice MENA, Sarah Leah Whitson a déclaré: “le Maroc s’est ouvert dans une certaine mesure. Mais le traitement de l’affaire Al Khayari montre que lorsqu’on se permet d’aborder les sujet qui fâchent les officiels, alors ils vous tombent dessus comme toute la misère du monde”. L’ONG s’est également fendue d’un communiqué dont voici le texte:

المغرب: فاضح الإتجار في المخدرات ينال حُكماً جائراًالقضية انتهاك لحرية التعبير وتقويض الإصلاحات التي تتبناها الحكومة
(نيويورك، 24 يونيو/حزيران 2009) – قالت هيومن رايتس ووتش أن الحُكم بثلاث سنين الصادر اليوم في حق الناشط الحقوقي شكيب الخياري يعتبر تذكيراً قوياً بتقدم المغرب غير الحثيث والمتقلب بمجال حقوق الإنسان. وقد أدين الخياري – الذي انتقد مسؤولين حكوميين جراء مزاعم بتواطئهم في الإتجار في المخدرات – بتهمة “إهانة هيئات منظمة [مؤسسات الدولة]” وجراء مخالفات صغيرة للأنظمة الحاكمة للحسابات البنكية والعملات الأجنبية.
والخياري هو رئيس جمعية الريف لحقوق الإنسان؛ منظمة مستقلة تقع على مدينة الناظور الساحلية الواقعة على البحر المتوسط، وناشط بمجال حقوق الأمازيغ (البربر) وقبل القبض عليه في 17 فبراير/شباط 2009، أدلى الخياري بتصريحات عديدة لوسائل الإعلام الدولية وفي مؤتمرات في أوروبا عن الإتجار في المخدرات من شمال المغرب إلى أوروبا، متهماً في معرض حديثه بعض المسؤولين بالتواطؤ في الإتجار أو التخاذل في مكافحة الإتجار في المخدرات. وجاهر الخياري بانتقاد إساءة معاملة المهاجرين والإساءات من قبل قوات الأمن المغربية والإسبانية على حد سواء على الحدود مع منطقة مليلية التي تسيطر عليها إسبانيا. وتجعل كل هذه العوامل من منطقة الريف قضية حساسة بالنسبة للمغرب.
وقالت سارة ليا ويتسن، المديرة التنفيذية لقسم الشرق الأوسط وشمال أفريقيا في هيومن رايتس ووتش: “يتقدم المغرب على بعض الأصعدة، لكن معاملة السلطات لشكيب الخياري تُظهر أنه حين يجاهر أحدهم بالحديث بأسلوب يزعج المسؤولين؛ فإنهم يداهمونه بقوة طاغية”.
وقد أدان القاضي جمال سرحان بمحكمة الدار البيضاء الابتدائية الخياري بـ “إهانة هيئات منظمة [مؤسسات الدولة] جراء انتقاده لسجل الدولة في التعامل أمنياً مع ملف الإتجار في المخدرات. كما أدانه القاضي بتهمة مخالفة أنظمة فتح الحسابات البنكية بالخارج واستيراد عملة أجنبية إلى المغرب. وإحدى التهم المزعومة الموجهة للخياري كانت فتح حساب بنكي في مليلية لإيداع مبلغ 225 يورو (288 دولاراً) تلقاها من صحيفة إلبايس الإسبانية اليومية مقابل مقال كتبه للصحيفة في عام 2006.
ومخالفات الخياري المالية المزعومة تخص مبالغ نقدية صغيرة ولم تُضف إلى ملف الاتهامات إلا في أخر مرحلة التحقيق في قضيته. ويغذي هذا من الشكوك بأن الدافع وراء نسب هذه الاتهامات كان رغبة السلطات في نزع المصداقية عنه وسجنه لمدة أطول من العقوبة المخصصة لاتهام “إهانة هيئات منظمة [مؤسسات الدولة]“. والاتهام الوارد في الفصلين 263 و265 من مجموعة القانون الجنائي، يُعاقب عليه بالحبس لمدة تتراوح بين شهر وسنة، وغرامة مالية تُقدّر بمبلغ 1200 إلى 5000 درهم (144 إلى 600 دولار).
وأثناء محاكمته احتج الخياري، بدون نتيجة، على أنه لم يقم بإهانة “هيئات منظمة [مؤسسات حكومية]” في حد ذاتها، بل انتقد أفراداً يشتغلون في وظائف مع الدولة. وحسب ما ورد في وسائل الإعلام على نطاق واسع، فإن عدد من المسؤولين يخضعون حالياً للمحاكمة جراء التواطؤ – حسب الزعم – في الإتجار في المخدرات في منطقة الريف.
وبغض النظر عن الحقائق الواردة في قضية الخياري، فإن القوانين التي تجرم “إهانة هيئات منظمة [مؤسسات الدولة]” وتقضي بفرض عقوبات بالحبس على هذه الجريمة، لا تستقيم وأحكام القانون الدولي الحاكمة للحق في حرية التعبير، والتي تشدد على الحاجة لحماية حرية انتقاد رجال السياسة وسلطات الدولة.
وبالإضافة إلى الحُكم بالسجن ثلاث سنوات، فقد غرّم القاضي سرحان الخياري بمبلغ 753000 درهم (نحو 90360 دولاراً). والخياري، البالغ من العمر 30 عاماً، محتجز في سجن عكاشة في الدار البيضاء. وقد رفضت المحكمة منذ اعتقاله الإفراج عنه حتى الانتهاء من محاكمته. وقال محاموه إنهم يعتزمون الطعن في الحكم الصادر في 24 يونيو/حزيران.
وقالت سارة ليا ويتسن: “حُكم اليوم القاسي على الخياري ينتهك الحق الأساسي في حرية التعبير، والدافع وراء الحُكم هو إسكات ناشط حقوقي بارز في منطقة الريف وترهيب النشطاء الآخرين”.
للمزيد من تغطية هيومن رايتس ووتش لقضية شكيب الخياري، يُرجى زيارة:· “المغرب: ينبغي إخلاء سبيل الناشط الحقوقي” (بيان صحفي، مارس/آذار 2009)، على:
http://www.hrw.org/ar/news/2009/03/19-0· “المغرب: احتجاز ناشط حقوقي” (بيان صحفي، فبراير/شباط 2009)، على: http://www.hrw.org/ar/news/2009/02/19· “المغرب: ينبغي إسقاط الاتهامات الجنائية بحق المُدافع عن حقوق الإنسان والصحفي” (بيان صحفي، يونيو/حزيران 2008)، على: http://www.hrw.org/ar/news/2008/06/30-0
لمزيد من المعلومات، يُرجى الاتصال:في واشنطن، إريك غولدستين (الإنجليزية والفرنسية): +1-917-519-4736 (خلوي)في واشنطن، عبد الرحيم صابر (العربية والفرنسية والإنجليزية): +1-202-701-7654 (خلوي