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vendredi 17 juillet 2015

Deux mois de prison avec sursis pour les personnes ayant rompu le jeûne en public à Marrakech




Publication:
MARRAKECH
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JUSTICE – Les cinq personnes arrêtées lundi 6 juillet à Marrakech pour avoir rompu le jeûne en public sur la place Jemaâ El Fna n'iront pas en prison. Les six accusés ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis, nous apprend Omar Arbib, militant de l'AMDH à Marrakech.
"Nous sommes satisfaits de ce jugement, même si l'on espérait qu'ils soient innocentés", affirme le militant pour les droits humains qui insiste sur la nécessité "d'annuler l'article 222 du code pénal criminalisant la rupture du jeûne en public pendant ramadan".
"Dans le procès verbal, aucun article du code pénal pour lequel ils ont été poursuivis n'a été mentionné. C'est sur cela que la défense à basé sa plaidoirie", rapporte-t-il.
Rappelons que l’article 222 du code pénal prévoit "l’emprisonnement d’un à six mois ainsi que d’une amende" à tout citoyen "notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane" qui "rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion".

dimanche 21 juillet 2013

Ramadan :Ces Marocains qui ne jeûnent pas


Par AufaitMaroc, 14/7/2013

Une partie des Marocains décident chaque année de ne pas suivre le troisième pilier de l'islam, le jeûne, par conviction ou à cause d’une maladie... Une infime partie, seulement 2% de la population selon des statistiques officielles, ose braver la loi et le courroux familial ou sociétal même si, fait révélateur du tabou, aucune des personnes ayant témoigné n’a voulu dévoiler son identité. (voir aussi : “C'est l'islam ou rien, c'est de l'inquisition”).

Certains Marocains qui n'observent pas le jeûne, ont tout le mal du monde pour manger, de peur du jugement des autres./K.Alaoui

Certains Marocains qui n'observent pas le jeûne, ont tout le mal du monde pour manger, de peur du jugement des autres./K.Alaoui AgrandirVoir aussi:
    “Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l'emprisonnement d'un à six mois”, dit l'article 222 du Code pénal marocain.

    Loin d’entrer dans l’interprétation de cette loi qui revient au goût du jour à chaque Ramadan au Maroc, la parole est ici donnée à des Marocains, qui n’observent tout simplement pas le jeûne. Pourquoi ne jeûnent-ils pas ? Comment font-ils pour ne pas heurter leur famille, leurs collègues et tout simplement la société ?
    “Je ne jeûne plus depuis l’université”, soutient ce journaliste arabophone de 46 ans. La raison : il est croyant mais ne s’acquitte même pas du deuxième pilier de l’islam, la prière, alors il se demande “à quoi bon faire le jeûne pendant le Ramadan, qui en le troisième”?

    Des raisons aussi diverses que les dé-jeûneurs
    “Ramadan est la période typique où la relation avec la religion, que je considère comme relevant de la vie strictement privée, est totalement dévoyée. Ne pas jeûner à mes yeux, c’est surtout rejeter toute l’hypocrisie qui, dans notre société, entoure de plus en plus un mois sensé être dédié à la piété, à la solidarité avec ceux qui souffrent de malnutrition, et pendant  lequel on évite le gaspillage… Le spectacle autour de nous est aux antipodes de ces recommandations. Aucune envie de faire partie de ce cirque,” conclut cette Casablancaise décidément bien remontée contre Ramadan.
    Pour ce jeune cadre de Fès, son refus de jeûner durant le Ramadan découle de son éducation “sans contraintes religieuses”. “Mon père n'est pas très attaché à ses obligations religieuses. Il nous a appris à prier, à aller vers les pauvres, mais les contraintes, ce n’était pas pour nous. Au final, j'ai gardé cette philosophie. Je ne m'en porte pas plus mal, tant que je suis en osmose avec moi-même et Dieu. Mes amis le comprennent facilement. Ils savent que je ne suis pas mauvais”, explique-t-il.

    Jeûneur le week-end, dé-jeûneur le reste de la semaine
    Si ce jeune cadre a été éduqué de manière religieuse mais sans contraintes, d’autres n’échappent au regard de la famille et des voisins. Ils se retrouvent obligés de cacher leur jeu.
    “Je fais un effort quand je rentre chez moi à El Jadida, le week-end, car Ramadan est synonyme de regroupement familial. Mais le reste de la semaine, je n'en ai aucune envie. Là où je travaille, peu de gens le font. Mais comme moi, la plupart des Marocains qui ne respectent pas le jeûne, se cachent de leur famille et de leurs voisins. On entretient l'hypocrisie ambiante du Ramadan.”
    Une jeune femme habitant à Casablanca.
    Pour manger, certains sont obligés de jouer à cache-cache ou de se terrer chez eux. “Durant le Ramadan, je mange chez moi où dans mon lieu de travail si les conditions le permettent”, dixit le journaliste arabophone. Ce dernier précise cependant qu'il n'est pas pour autant contre l'article 222 interdisant aux musulmans de manger en public durant le Ramadan.
    “Je trouve qu’avec la loi interdisant de manger dans un lieu public durant le Ramadan, l’État a bien raison. Les gens ont tendance à croire qu’il défend la religion alors qu’il y est question d’ordre public.”
    Un journaliste arabophone de 46 ans.
    Idem pour ce jeune entrepreneur malade, à qui son médecin a conseillé de ne pas observer le jeûne. “Durant le Ramadan, je vais chez ma grand-mère trois fois par jour, pour grignoter, prendre un café et fumer. Je ne mange pas un repas complet pour ne pas heurter les gens qui sont dans la maison et qui jeûnent”, précise-t-il. Pour lui, il n’est pas question de manger en public, ni même sur son lieu de travail.

    Au-delà donc de l’article 222 du code pénal, c'est bien le regard des autres qui dérange.
    Ce qui ne devrait pas être le cas, selon Abdelbari Zemzami, membre du conseil des oulémas de Marrakech, qui demande aux musulmans sur le site goud.ma de rompre le jeûne s’ils ne peuvent pas résister à la forte chaleur. Interrogé sur ce que pourrait penser la société marocaine de cela, Zemzami répond: “la société n’a rien à faire dans cette question. Le jeûne est une question entre l’individu et Dieu à laquelle personne ne devrait interférer…”
    Voilà qui est dit !

    Et chez les autres ?
    • En Turquie, la laïcité prévaut malgré un gouvernement islamiste assez strict sur le respect des piliers de l'islam. À Istanbul, à la différence de chez nous, restaurants et cafés restent ouverts durant la journée et servent les clients qui le désirent. Le mois sacré correspond aussi à une période encore plus animée qu'à l'accoutumée, pendant laquelle la grande ville touristique turque bouillonne.
    • Au Niger, pays qui annonce une population composée à 97% de musulmans, Ramadan est, comme ici, l'occasion pour beaucoup de revenir dans le droit chemin de la spiritualité. Les mosquées sont pleines, le jeûne est très respecté, pourtant les bars et restaurants restent ouverts. Le soir, l'alcool coule à flots et certains se permettent une ou deux cigarettes dans la journée... pour couper la faim. Idem pour le Sénégal.
    Kisito Ndour et Mathieu Catinaud

    jeudi 15 mars 2012

    Maroc -Scandaleux ! Le pays où le viol est déguisé en mariage.


    Slate : lu sur Febrayer, 15/3/2012

    L’article 475 du Code pénal marocain permet au violeur d’une femme mineure d’épouser sa victime pour échapper à sa peine. Les violeurs se voient proposer par les juges d’épouser leurs victimes, au lieu de purger leur peine d’emprisonnement de cinq ans maximum et d’être ainsi exemptés de toutes sanctions.

    Cette loi stipule que tout homme ayant enlevé ou séduit une fille mineure peut être acquitté s’il l’épouse avec le consentement de son tuteur légal. La législation marocaine ne reconnaît pas par ailleurs le viol conjugal.

    Amina F., une jeune fille de 16 ans habitant la ville de Larache (Nord du Maroc) ne l’a pas supporté.

    «La lycéenne qui a été contrainte de se marier à un membre de sa famille qui l’a violée alors qu’elle n’avait pas encore 15 ans s’est donnée la mort après avoir ingurgité une forte dose de poison», relate Febrayer.

    D’après le quotidien «Al Massae», «la jeune fille a décidé d’avaler un poison pour rat au domicile de sa belle famille, désespérée par les mauvais traitements dont elle était victime de la part de son mari, ainsi qu’en raison du rejet de son propre père».

    «Elle n’a pu trouver aucun soutien auprès de sa propre famille, ni auprès des autorités», précise Febrayer

    «Pour éviter la «hchouma», le déshonneur, la famille de la victime et la famille du violeur se sont entendues sur un mariage pour que l’affaire ne s’ébruite pas. La jeune fille a subi dès lors des maltraitances de sa belle-famille et de son époux» peut-on lire sur Afriquinfos.

    L’annonce du suicide a enflammé les réseaux sociaux et fait réagir nombre d’associations féministes qui se mobilisent depuis des années pour faire abolir cet article, sans succès.

    Quelques jours avant le suicide d’Amina F., dans un communiqué publié à l’occasion du 8 mars, journée internationale de la femme, le Mouvement Alternatif pour les libertés individuelles (MALI) s’insurgeait de cet état de fait.

    «L’appareil judiciaire marocain, ses magistrats, ainsi que le législateur, voient la femme victime de viol comme une "anomalie sociale" qu’il convient de "racheter" par le mariage. La sauvegarde de l’hypocrisie sociale est donc plus importante aux yeux du législateur que le crime en soi».

    Pour ce mouvement, l’Etat n’est ni plus ni moins «complice des violeurs» car il légalise leur crime.

    Cette histoire n’est malheureusement pas un cas isolé au Maroc. «Elles vivent avec leur violeur pour échapper à l’opprobre de la société», titrait récemment La Vie Eco qui rapporte le cas de jeunes femmes contraintes de se marier avec leurs agresseurs.
    http://www.slateafrique.com/84123/maroc-mariage-force-viol-femme-suicide

    lundi 5 octobre 2009

    Rien ne sera plus comme avant !

    Par Ahmed Assermouh, 5/10/2009

    MALI ! MOUVEMENT ALTERNATIFPOUR LES LIBERTE INDIVIDUELLES jaillit de nulle part, sans avertir, à Mohammedia et en pleine période de ramadan 2009.

    Des jeunes et des moins jeunes décident, volontairement et vaillamment, de mettre un terme à tant de silence, tant d’hypocrisie, tant d’humiliation, tant de tartufferie, tant de terrorisme, tant de mensonge et tant de souffrance.

    L’article° 222 du code pénal marocain punit tous ceux et toutes celles qui refusent d’être musulmans(Es) dans un pays sous la botte de l’arabisme et de l’islamisme, de un à douze mois de prison ferme.
    Une sorte d’épée de Damoclès qui guette et épie dans l’ombre, les Femmes et les Hommes qui tiennent à faire valoir leur différence, leur cohérence et leur attachement indéfectible à la liberté religieuse reconnue dans la loi fondamentale du Royaume.
    Faut- il le rappeler, le mois de ramadan est une longue période de la vie où rien ne se fait au plan travail, rendement, rigueur et efficacité.
    On est étourdi toute la journée et on passe la nuit à manger et à boire pour ceux qui en ont les moyens.
    Au fait, qui jeûne pendant ce mois de « ferveur » religieuse imposée sous peine de lynchage et/ou de prison?
    Le musulman pardi !
    et qui est musulman dans un pays dit musulman ?
    Au Maroc en tout cas, tout(e) marocain((e) est forcément musulman(e).
    Donc il (elle) est obligé(e) de jeûner.
    C’est ainsi !
    L’état arabiste et intégriste a donc disposé, (article 222 du code pénal), qu’un(e marocain(e) qui ne simule pas son jeûne en public risque entre un à six mois de prison ferme !!!
    Six mois de cachot parce que vous avez bu une gorgée d’eau ou avalé une bouchée de pain !!!
    Le comble c’est que pendant 11 mois de l’année tout le monde ignore et se fout allègrement de celles et de ceux, et ils sont des millions, qui ne peuvent ni boire ni manger quand la faim et la soif les torturent.
    Pendant le mois de ramadan, en revanche, on les surveille et on les contrôle pour les attraper entrain de rompre le jeûne et enfin les envoyer au cachot. Belle morale ! Bel exemple ?
    Sinon, les acteurs décideurs vous soufflent à l’oreille que vous pouvez boire et manger en vous cachant !
    L’humiliation absolue!

    Ils oublient, ces mécréants si ignares, que le dieu de l’islam entend et voit tout !
    Alors c’est dieu qu’il faut craindre ou c’est l’homme ? Au Maroc les deux !

    Et l’ennui c’est que le deuxième est réellement présent et prend beaucoup de liberté par rapport au premier !!!

    Voilà pourquoi aussi, on parle d’ un milliard de musulmans dans le monde quand il n’y en a même pas 300 millions !
    MALI gicle de Mohammedia et donne la preuve éclatante que ceux que l’on considère, par la force, comme étant des musulmans
    Ne le sont pas en réalité.

    La prouesse exceptionnelle et historique que vient de signer MALI dans un Pays où on veut envoyer les gens au paradis les menottes aux mains,
    Reste un tournant majeur dans la vie religieuse des Marocaines et des Marocains.

    Rien ne sera plus comme avant !

    Les tracasseries, les embûches, les velléités de faire peur, les menaces de tout genre, n’y feront rien.
    La liberté et la dignité n’ont pas de prix.
    Elles valent tout sacrifice.
    Le coran menace les gens du jugement dernier.
    Les humains les jugent et exécutent leurs jugements ici bas !
    où est le salut ?

    Qui a chargé les humains de juger et de condamner leur semblables?

    Quand on sait que ces jeunes et moins jeunes de MALI sont en majorité, semble-t-il, des Femmes, l’enivrement est somptueux !
    Et l’espoir renait.
    La femme musulmane est la victime facile de l’homme. Ce fait est corrélé par les textes dits sacrés.
    La volonté et le courage des acteurs de MALI aura des conséquences immenses ………………………………..
    L’AMDH a joué son rôle auprès des Maliens et de la façon qui sied à son statut.

    samedi 19 septembre 2009

    Maroc : « Les Dieux sont tombés sur la tête »


    Par le bureau exécutif de l'ASDHOM, Paris, 20/9/2009

    Six jeunes marocains dont une femme se revendiquant du MALI -un Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles- ont été embarqués le dimanche 13 septembre 2009 par la police judiciaire de la ville de Mohammedia (non loin de la capitale Rabat) au moment où ils s’apprêtaient à organiser un rassemblement pour rompre publiquement le jeûne du ramadan.

    Ce groupe, dit groupe des « non jeûneurs », entendait protester contre un article du code pénal -article 222- qui « punit la non observation du jeûne pendant ramadan au Maroc » et qui stipule : « Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps de ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l'emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 12 à 120 dirhams ». Ce groupe, créé récemment sur Facebook, se fixe comme objectif la défense de la liberté personnelle, la liberté d’opinion et la liberté de conscience et de culte (voir son site sur Facebook)
    http://www.facebook.com/group.php?gid=128065536460&ref=ts
    Son intention était d’exprimer une opinion d’ailleurs largement partagée par tous les défenseurs des droits de l’Homme et qui relève la contradiction flagrante entre le code pénal et la juridiction marocaine d’une part, la constitution marocaine et les textes internationaux relatifs aux droits de l’Homme, notamment l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, d’autre part qui stipule : "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites."
    Les membres des forces de l’ordre qui ont participé à l’évacuation musclée du groupe n’ont pas entendu les appels des militants de l’AMDH, présents au moment des faits. Le groupe a été embarqué vers une destination inconnue.
    L’ASDHOM qualifie cette évacuation d’enlèvement déguisé puisque sur tout le groupe, seuls cinq ont été ramenés chez eux le vendredi 18 septembre à 2h du matin après s’être fait déposséder de leurs téléphones portables et avec obligation de se présenter la journée au commissariat d’Al Mohammedia pour les « besoins de l’enquête ».
    Le traitement sécuritaire et médiatique de cette affaire nous inquiète. L’intervention du Conseil des Oulémas (Théologiens) qui a qualifié cet évènement d’"odieux qui défie les enseignements de dieu et du prophète avec tout ce qu'il engendre comme sanction grave" donne le ton. Cela nous rappelle l’affaire de Kser El Kébir où une vindicte populaire était lancée contre des personnes soupçonnées d’avoir organisé un « mariage homosexuel » et les arrestations abusives du 14 mars 2009 qui ont touché 25 citoyens soupçonnés d'homosexualité lors du Moussem Sidi Ali Ben Hamdouch (Région de Meknès).
    L’ASDHOM a toutes les raisons de s’inquiéter du sort qui sera réservé à ce groupe dont les opinions ne semblent pas du tout du goût des gouvernants. Sa sécurité physique est hautement en jeu.
    Les dernières arrestations arbitraires en dehors de tout cadre légal d’une dizaine de journalistes qui ont osé publier des articles relatifs à l’état de santé du chef de l’Etat ne sont pas pour nous rassurer. Nous sommes encore plus inquiets quand on sait qu’à Fès, les forces de l’ordre ont exhibé à la face de la population locale d’un quartier de la Médina quatre détenus (présumés innocents, car non encore jugés), menottés et torse nu, tel un trophée de chasse.
    L’ASDHOM condamne fermement ces agissements sécuritaires et demande à l’Etat marocain de se conformer à ses engagements en matière de respect des libertés fondamentales. Elle considère que l’article 222 du code pénal marocain est anticonstitutionnel et exige par conséquent son abrogation.
    L’ASDHOM considère qu’une réforme en profondeur de la justice en garantissant son indépendance de l’exécutif est nécessaire. La loi marocaine doit être en harmonie avec le référentiel universel en matière des droits de l’Homme. C’est une urgence et l’ASDHOM ne fait là que rappeler une recommandation d’une certaine IER.
    En attendant, l’ASDHOM réclame la libération immédiate des détenus d’opinion et l’arrêt des poursuites engagées contre le groupe des « non jeûneurs ».

    jeudi 17 septembre 2009

    Inquiétude de l'AMDH à propos de la répression subie par les jeunes du MALI


    COMMUNIQUÉ DU BUREAU CENTRAL DE L'AMDH, 17/9/2009


    Le bureau central de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) suit, avec grande inquiétude, les développements, à la suite de la décision d’un groupe de jeunes qui se sont organisés en mouvement appelé « Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles » (MALI), d’organiser, dans la ville de MOHAMMADIA, une rencontre en vue de revendiquer l’abrogation de l’article 222 du code pénal ; dans ce cadre le bureau central enregistre ce qui suit :



    ــ Les autorités sécuritaires de la ville de MOHAMMADIA n’ont pas respecté le droit à la libre circulation des personnes suscitées vu qu’elles ont été extradées de la ville
    ــ L’incitation implicite à la violence, à travers la publication de l’Agence Maghreb Presse (MAP) du lundi 14 septembre d’une information comportant le nom d’un membre du mouvement, l’accusant d’être l’instigatrice et allant jusqu'à citer le nom de l’hebdomadaire avec lequel elle travaillait auparavant
    ــ L’offensive inconsidérée menée par quelques organismes et quelques médias et qui constitue une menace réelle pour la sécurité physique de ces citoyennes et citoyens.
    ــ Les menaces et harcèlements à l’égard des membres du mouvement « MALI » aussi bien de la part des autorités que des citoyens qui laissent planer le recours à la violence.
    ــ L’arrestation de citoyens, dont font partie des journalistes, en rapport avec l’événement sans aucune formulation de l’objet de la poursuite



    S’appuyant sur le référentiel universel des droits humains et notamment sur le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques que le MAROC a ratifié depuis trente ans et plus précisément sur l’article 18, le bureau central de l’AMDH :



    ــ Exprime son inquiétude quant au comportement répressif et menaçant des autorités devant cet événement qui s’inscrit dans le cadre de la liberté d’opinion et de croyance, faisant fi de leurs engagements en matière des droits humains tels que reconnus universellement
    ــ Exprime sa solidarité avec les citoyennes et citoyens arrêtés et poursuivis du fait qu’ils ont exprimé leur opinion et leur position sur un sujet en rapport avec la liberté de croyance et demande la libération des détenus et l’arrêt de toute poursuite; l’ AMDH se déclare prête à soutenir celles et ceux qui seraient poursuivis judiciairement dans cette affaire .
    ــ Lance un appel à toutes les forces vives du pays afin qu’elles adoptent une attitude mûre et démocratique envers cet événement et qu’elles évitent les déclarations haineuses et populistes
    ــ Réclame avec force l’adéquation des lois marocaines, et parmi elles la constitution, avec les pactes internationaux sur les droits humains que le MAROC a ratifiés et en prenant en considération la primauté de ces pactes sur la législation locale comme l’a recommandé l’instance Equité et Réconciliation elle-même.

    AMDH : Rue AKensous, imm 6, n°1, Avenue Hassan II Quartier Diour Jamaa, près du AutoHoll, RABAT
    Tel: (+212)37730961 – Fax: (+212)37738851 Email:
    http://fr.mc245.mail.yahoo.com/mc/compose?to=amdh1@mtds.com – site-web: http://www.amdh.org.ma/
    ONG constituée le 24 juin1979- reconnue d'utilité publique (décret n° 2.00.405 du 24 Avril 2000)

    Honni soit qui MALI pense ou : le Maroc n'est pas l'Iran

    Par Ayman El Kayman, 15/9/2009

    Un jour Jeha était assis devant une rôtisserie et aspirait l’air avec un air de satisfaction goulue. Le rôtisseur sortit de son échoppe et demanda : « Que fais-tu, Jeha ? » Celui-ci répondit : « Je me repais des fumets de ta rôtissoire ». « Ah, alors, mon gaillard, il va falloir que tu me paies ». « Bien sûr », répondit Jeha, et sortant de sa poche quelques piécettes, il les fit tinter sur le pavé : « Voilà, je pense que le son de mes pièces est le bon prix pour l’odeur de tes rôtis »


    C’est une de ces infos du genre « incroyable mais vrai » comme seul le royaume enchanté du roitelet noceur et milliardaire – mais oui, vous savez bien de qui je veux parler, le pote à Djamel Debbouze – peut en livrer :


    15 jeunes gens qui s’étaient donné rendez-vous dimanche 13 septembre devant la gare de Mohammedia, au sud de Casblanca, avec l’intention d’aller pique-niquer en forêt, ont été arrêtés par la police bien avant d’avoir pu déballer leurs sandwiches. Ils ont été, dans les heures qui ont suivi, condamnés à des peines allant d’un mois à douze mois de prison ferme, en application de l’article 222 du Code pénal marocain, qui interdit "le non-res­pect du jeûne par les Mu­sul­mans sous peine de trois mois d'in­car­cé­ra­tion".

    Le Conseil des Oulémas a commenté cette « ten­ta­tive de rup­ture pu­blique du jeûne par un groupe d'agi­ta­teurs, en vio­la­tion de l'un des pi­liers de l'Islam, ar­guant que cela s'ins­crit dans le cadre de l'exer­cice des li­ber­tés in­di­vi­duelles », et mis en garde contre " les ré­per­cus­sions de ces actes sur la vie de la oumma".
    Ainsi donc, une quinzaine de sandwiches tirés du sac en plein jour durant le Ramadan mettrait en danger la vie, la sécurité et la sérénité d’un miliard et demi de Musulmans. Eh ben, dis donc, elle est mal barrée, la Oumma, dans ce cas!!!...
    On croit rêver.

    Ainsi donc, le royaumelet voudrait faire concurrence à la Pétrosaoudie et transformerait subrepticement sa police – qui, comme tout le monde le sait, est composée des meilleurs Musulmans de la planète – en police religieuse.

    Mais alors, les démocrates, les laïcards, les défenseurs de la veuve et de l’orphelin afghans, gazaouis, iraquiens et cachemiris opprimés par de sméchnats barbus, vous qui êtes prêts à donner le prix Nobel à toute Musulmane arborant string et minijupe au nom de la liberté, où êtes-vous, où sont vos lettres ouvertes, vos pétitions, vos rassemblements devant les ambassades et consulats du Maroc ?

    Et que fait donc Miss Rama Yade ? (Oh pardon, j’oubliais qu’elle n’est plus secrétaire d’État aux droits de l’homme mais aux Sports ; ça ne fait rien, elle pourrait militer pour faire reconnaître comme nouvelle discipline olympique la course de fond de non-jeûneurs poursuivis par la police).
    Je ne vous entends pas. Quoi ? Qu’est-ce que vous grommelez ? Quoi ? Que le Maroc, ça n’est pas l’Iran ? Ah bon ? Que le Roi est notre ami ? Ah bon. Je crois que je comprends.

    Pourtant le MALI, Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles, a tout pour vous plaire : d’abord il est dirigé par deux femmes modernes, Zineb Razhoui et Betty Lachgar. Ensuite, il a à première vue tout l‘air d’être un groupe de défense de la sacro-sainte laïcité comme vous les aimez. Mais bon, il n’a pas l’air de susciter votre enthousiasme. Et à seconde vue, on croit comprendre pourquoi.

    Peut-être est-ce parce qu’il déclare ne pas être « un groupe anti-islam », mais être « pour la liberté de culte, et si nous revendiquons la suppression d’un article liberticide du code pénal (art.222), nous sommes également solidaires des citoyennes tunisiennes qui se font lyncher pour avoir mis le hijab, ou des Tunisiens qu’on harcèle sur le chemin de la mosquée… »
    Décidément, ces dames, Zineb et Betty, n’ont pas compris comment il fallait s’y prendre pour devenir des martyres riches et célèbres dans la république enchantée des droits de l’homme. Il ne fallait pas annoncer que vous alliez sandwicher en forêt, mais que vous alliez faire un strip-tease devant la Mosquée Hassan II à l’heure de la grande prière ! Peut-être alors l’OTAN vous aurait-il apporté un appui aérien, avec la bénédiction des

    redekersifaouiphilippevalglucksmannhenrilevygeertdewildershayyanhirsiali !!!
    Ceci dit, imaginez que ces 15 jeunes gens auraient été des habitants de Téhéran et non pas de Casablanca et qu’ils aient subi la moitié du quart du sort subi par nos MALIstes : ça aurait fait l’ouverture de tous les journaux télévisés, de CNN à France24, pendant au moins 48 heures, et les déclarations de condamnation auraient fusé de toutes les capitales du monde libre. Mais bon, les MALIstes ne sont que de vulgaires sujets de SM M6. Donc, silence radio. Circulez, ya rien à voir, rien à bouffer, rien à espérer.
    Dans ce royaumelet-là, c'est Ramadan 365 jours par an. Un drôle de Ramadan, sans Nuit du destin...

    Bonne semaine, quand même !
    Que la Force de l’esprit soit avec vous !
    ...et à mardi prochain !