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vendredi 5 février 2010

Le journal le plus indépendant du Maroc poussé à la fermeture

Par Cerise Maréchaud, Rue89, 1/2/2010
Le Journal hebdo, symbole de lutte contre le pouvoir, a fermé pour liquidation judiciaire. Une décision en réalité politique.
Le dernier numéro du Journal hebdo, sur un trottoir de Casablanca, le 30 janvier (Cerise Maréchaud)
(De Casablanca) Mercredi 27 janvier, en plein bouclage, Le Journal hebdo, publication pionnière et icône de la liberté de la presse marocaine, a été fermé de force pour « liquidation judiciaire », sur ordre du tribunal de commerce.
Débarquement d'huissiers, changement des serrures, mise sous scellés des locaux. A première vue, pour une raison légale : Le Journal hebdomadaire croulait sous des dettes de plus de 450 000 euros envers la sécurité sociale marocaine (CNSS) et la direction des impôts.
Mais pour Aboubakr Jamaï, co-fondateur (à 29 ans et sans expérience journalistique) du Journal hebdo en 1997 et son directeur de publication jusqu'en 2007, ces problèmes financiers ne viennent pas de nulle part : « Entre les procès à la chaîne et la stratégie concertée de boycott des annonceurs qui nous a fait perdre 80% de nos recettes publicitaires, les autorités ont tout fait pour acculer Le Journal à l'asphyxie financière. »
Ali Anouzla, directeur du quotidien arabophone indépendant AlJarida Al Aoula (récemment condamné à un an de prison avec sursis pour une enquête sur la santé du roi), partage ce sentiment :
« C'est une décision politique pour exécuter Le Journal. De nombreuses entreprises de presse sont endettées auprès de la sécu et des impôts, sans parler de l'État lui-même ».
Ultime manœuvre venue d'en-haut pour porter le coup de grâce à un hebdo sans concession qui, depuis douze ans et trois mois, ne laissait pas le pouvoir dormir tranquille. Si de nombreux médias indépendants sont nés dans le sillon du « Journal » (son nom initial et diminutif actuel), « c'était celui qui allait le plus loin », témoigne Kawtar Bencheikh, membre de la rédaction depuis 2006.
« Les enfants de l'alternance »
Mais c'est son statut de pionnier qui l'a fait entrer dans l'Histoire. Boubker (son surnom) Jamaï raconte : « Le Journal est né le 17 novembre 1997, trois jours après les législatives qui ont amené Abderrahmane Youssoufi (socialiste) au gouvernement. Nous étions “les enfants de l'alternance”, inspirés par El Pais, né en 1976 après la mort de Franco. »
Sauf qu'en 1997, l'ancien roi Hassan II est vieux mais bien vivant et toujours craint. Pourtant, Le Journal réclame ouvertement le départ de Driss Basri (ancien ministre de l'Intérieur tout-puissant de Hassan II) et le retour de l'opposant Abraham Serfaty, exilé en France après dix-sept ans de bagne au Maroc.
Pire, en 1999, Le Journal « jette une pierre dans le jardin secret de Hassan II » en faisant sa Une d'un entretien avec Malika Oufkir, fille du général putschiste exécuté en 1972, qui vécu vingt ans en détention secrète avec sa famille (lire « La Prisonnière », coécrit avec Michelle Fitoussi, paru en 1999).
« On a osé dire qu'on ne pouvait pas ne pas compatir, et on n'a jamais été aussi certain de notre interdiction. Pourtant Hassan II n'a rien fait. Et dans sa dernière interview, avec Jean Daniel dans Le Nouvel Observateur, il a dit regretter ce qui s'était passé. Je pense que nous y sommes en partie pour quelque chose. »
L'interview de Malika Oufkir est un « point de rupture ». Le Journal fera bien d'autres « coups » : en juin 2001, il publie conjointement et simultanément avec Le Monde les révélations d'un ancien agent secret du Cab-1 (le premier cabinet des services secrets marocains), Ahmed Boukhari, sur la disparition de l'icône de la gauche, Mehdi Ben Barka. Il osera titrer « Que fait le roi ? » avec pour illustration, la photo d'un trône vide.
Il enquêtera sur la fausse découverte de pétrole à Talsint, dans l'Est marocain, annoncée en grande pompe puis démentie, une des pires humiliations du nouveau règne. Mais non sans en payer chèrement le prix dès 2000.
Après l'intronisation de Mohammed VI, « Le Journal verra sa lune de miel avec le régime se transformer en opposition ouverte », écrit Ali Amar, l'un de ses cofondateurs et ancien directeur en 2007-2008, dans « Mohammed VI, le grand malentendu ».
« Escroquerie intellectuelle »
Boubker Jamaï assène :« Penser que la vraie rupture c'était Mohammed VI, c'est une escroquerie intellectuelle dans laquelle tout le monde est tombé, on en a beaucoup souffert.
La vraie dynamique d'ouverture a été impulsée par Hassan II à un moment où, pour des raisons notamment géostratégiques, il avait compris l'intérêt de lâcher du lest. Je ne parle pas de démocratisation, mais d'une certaine libéralisation politique. Mohammed VI, lui, a clairement parlé de “monarchie exécutive”. »
Moins d'un an après son arrivée sur le trône, quand la presse internationale célèbre le « printemps marocain », Le Journal, alors imprimé en France en format tabloïd (avec l'aide initiale de Serge July de Libération puis de Philippe Thureau-Dangin de Courrier international), est saisi à la douane pour avoir publié pour la première fois au Maroc une interview de Mohamed Abdelaziz, chef du Front Polisario qui revendique l'indépendance du Sahara occidental (l'intégrité territoriale est une des lignes rouges de la liberté d'expression).
Ali Anouzla témoigne :
« Ils ont été traités comme des traîtres par leurs confrères alors qu'aujourd'hui, le pouvoir est en négociation directe avec les indépendantistes. »
Quelques mois plus tard, Le Journal est fermé définitivement par décret pour avoir révélé, documents à l'appui, l'implication de la gauche dans le coup d'État d'Oufkir contre Hassan II. Le Journal est mort, vive « Le Journal hebdomadaire » : après une grève de la faim largement médiatisée de Boubker Jamaï, le titre renaît sous un autre nom début 2001. Selon Ali Amar :
« Le ton demeure. Le retour à la torture est dénoncé, les dépenses somptuaires du roi révélées, le reniement des socialistes récupérés pointé du doigt. »
Amendes record
Les ennuis continuent. Le Journal critique la diplomatie marocaine et met en cause l'ancien ministre des Affaires étrangères dans une transaction immobilière à Washington : peines de prison et dommages et intérêts records (à l'époque) condamnant Média Trust, ancienne société éditrice du Journal.
En 2006, parce que Le Journal a publié une photo AFP où l'on aperçoit les caricatures danoises du prophète (minuscules et gribouillées en noir avant la sortie en kiosque), une manifestation haineuse (avec slogans antisémites et extrémistes) se tient en bas de la rédaction, orchestrée par le ministère de l'Intérieur et relayée par les médias étatiques comme la chaîne 2M.
Quelques mois plus tard, Le Journal est condamné à payer 270 000 euros de dommages et intérêts au Belge Claude Moniquet, du centre de recherche Esisc (Centre européen de recherche, d'analyse et de conseil en matière stratégique), pour avoir qualifié son rapport sur le Front Polisario de « téléguidé par le Palais ». Refusant l'offre de son ami Moulay Hicham, cousin du roi, de payer, Boubker Jamaï quitte la direction du Journal et s'exile aux États-Unis. La mythique publication The New Yorker publie un article fleuve sur sa « croisade ».
Car c'est bien à ce « croisé », intellectuel respecté (passé par Yale et Oxford) aux analyses fines et d'autant plus tranchantes, incarnation d'une ligne éditoriale inflexible et jusqu'au-boutiste, qu'en veulent principalement les autorités.
Absent du territoire marocain, Boubker Jamaï l'est aussi des colonnes du Journal, laissé relativement tranquille pendant deux ans, ce qui lui permet de reprendre du poil de la bête financièrement. Il plaide :
« Chaque fois qu'on a pu rembourser nos dettes, on l'a fait. Et on n'a pas à rougir de nos ventes. »
De 25 000, celles-ci ont tout de même chuté de plus de moitié ces dernières années. Est-ce le désintérêt croissant des Marocains pour la politique (bien que Le Journal s'adresse à l'élite francophone), ou au contraire le virage en 2004 vers un format et un contenu « magazine » mal apprécié des lecteurs inconditionnels ? Pas assez de sensationnalisme ? La « stratégie de distribution malhonnête », qui, selon Kawtar Bencheikh, a rendu Le Journal parfois difficile à trouver dans certains kiosques stratégiques ?
Baptême du feu
Dans ce contexte, témoigne-t-elle, l'équipe vivait « au jour le jour sous tension, en sous-effectif, sans moyens pour enquêter ou partir en reportage, sans structure, ni contrat, ni mutuelle » -au risque de décrédibiliser leur combat pour la bonne gouvernance à l'échelle du pays.
« On travaillait de manière artisanale, poursuit-elle, chaque numéro était un combat », créant, malgré des divergences parfois profondes dans la rédaction, une sorte d'union sacrée. Le Journal a été un baptême du feu pour de nombreux journalistes.
En dépit de ces difficultés, et notamment depuis le retour de Boubker Jamaï (en tant qu'éditorialiste et collaborateur) au printemps 2009, Le Journal est resté offensif jusqu'au bout : sur la « bêtise monumentale » -dixit Jamaï- de l'affaire Aminatou Haidar (militante indépendantiste du Sahara occidental expulsée début novembre vers les Iles Canaries avant de rentrer au Maroc après une grève de la faim retentissante). Ou encore sur l'ingérence du Palais dans les affaires, un tabou ultrasensible propre à l'ère Mohammed VI.
« Cette dernière sanction montre que le pouvoir se sent acculé », estime Boubker Jamaï, qui fustige sans ciller le « sous-développement politique et institutionnel du Maroc » et « la limitation intellectuelle au sommet de l'État ». Symbole d'une espérance il y a douze ans, Le Journal l'est aujourd'hui d'une grande déception.
Boubker Jamaï persiste, au présent :
« La société marocaine est mûre pour la démocratie et le roi doit répondre de ses actes. C'est ça notre ligne éditoriale. »
Des réflexions sont en cours pour ressusciter à nouveau l'hebdo rebelle. Le Journal n'a peut-être pas totalement tourné la page.

mercredi 3 février 2010

Tunisie : Le sort de Taoufik Ben Brik est scellé

Par Walfadjri,3/2/2010
Jugé coupable d’agression sur une femme, le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik a été condamné samedi à six mois de prison ferme par la Cour d’appel de Tunis. Ecroué le 29 octobre, le journaliste âgé de 49 ans a été jugé pour ‘faits de violence, outrage public aux bonnes mœurs et dégradation volontaire des biens d’autrui’ suite à une plainte déposée contre lui par Rym Nasraoui, une femme d’affaires tunisienne de 28 ans.
Le verdict vient de tomber. Le journaliste tunisien, Taoufik Ben Brik, a été condamné samedi par la Cour d’appel de Tunis à six mois de prison pour violences contre une femme. L’intervention de son entourage, des organisations des droits de l’Homme et des autorités françaises n’auront pas réussi à faire plier le gouvernement tunisien au grand ‘regret’ de Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie. ‘Je suis pour la liberté de la presse, je pense qu’il faut absolument la respecter, et je m’efforce (...) de défendre cette position partout. Nous avons essayé au maximum de défendre cette liberté de la presse’, a-t-il déclaré.
D’après l’avocate militante des droits de l’Homme, Radhia Nasraoui, le journaliste tunisien devrait rester détenu à Siliana (130 km de Tunis), sauf mesure de grâce présidentielle ou pourvoi en cassation possible dans les dix jours. ‘Encore une fois, nous avons une décision d’Etat et non de justice’, a réagi son épouse Azza Zarrad, affirmant vouloir ‘porter l’affaire devant les Nations unies’.
Taoufik Ben Brik, âgé de 49 ans, n’a cessé de clamer son innocence, se disant la cible d’un ‘procès politique’ dans le cadre d’une ‘affaire fabriquée par les services spéciaux’, pour le punir de ses écrits hostiles au régime. ‘J’ai été arrêté deux heures après la parution d’une interview imaginée’, avec le président Zine El Abidine Ben Ali, au moment où il postulait à sa réélection pour un nouveau mandat en octobre dernier, avait-il expliqué, le 23 janvier, à l’issue de son premier procès dont le verdict avait été reporté au 30 du même mois.
Auteur d’écrits satiriques ciblant le chef d’Etat tunisien dans les médias français, Taoufik Ben Brik avait été arrêté le 29 octobre et condamné le 28 novembre dernier, à la suite d’une plainte déposée contre lui par Rym Nasraoui, une femme d’affaires de 28 ans qui l’accusait d’avoir embouti sa voiture et de l’avoir battue et insultée devant deux témoins. Il avait été jugé en première instance coupable de ‘faits de violence, outrage public aux bonnes mœurs et dégradation volontaire des biens d’autrui’.
Depuis l’incarcération du journaliste à la prison de Siliana, sa femme mais aussi ses frères et sœurs avaient multiplié les démarches pour le faire sortir. Ils avaient notamment entamé une grève de la faim le 6 janvier dernier pour protester contre les conditions de détention de Taoufik Ben Brik, qui souffre du syndrome de Cushing, une maladie dégénérative des défenses immunitaires.

jeudi 28 janvier 2010

Maroc : Mise sous scellés du Journal Hebdomadaire


Par Rachid Hallaouy, Yabiladi, 28//1/2010

Après le titre de presse Economie et Entreprises qui a vu débarquer des éléments de la police judiciaire, courant décembre 2009, pour opérer à une saisie - suivie d’une vente aux enchères improvisée – dans le cadre d’une procédure pénale avec à la clé une condamnation financière d’environ 6 millions de dirhams, c’est au tour du Journal Hebdomadaire de bénéficier d’un traitement de «choc» quasi identique.
En effet, mercredi 27 janvier 2010, en fin de journée, des éléments de la police judiciaire de Casablanca se sont rendus au siège du titre de presse, sis boulevard des FAR à Casablanca et ont demandé expressément aux membres du personnel, présents sur les lieux, de quitter les locaux.
Dans la foulée, une mise sous scellés a été effectuée par les policiers. Cette «situation» fait suite à la condamnation à 3 millions de dirhams, en 2006, pour l’affaire Claude Moniquet, Directeur du Centre European Strategic Intelligence and Security Center (ESIC), basé à Bruxelles, et qui avait mené une réflexion et des travaux, sur le thème «Front Polisario : partenaire crédible de négociation ou séquelle de la guerre froide et obstacle à une solution pacifique au Sahara occidental».
En outre, et selon des informations recoupées, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) réclamerait près de 4 millions de Dh d’arriérés pour non règlement de cotisations sociales depuis plusieurs années ainsi que par l’administration fiscale. Me Tabih, avocat des parties plaignantes, a déclaré à l’AFP que cette décision de justice concernait les dirigeants de Média Trust, mais aussi Trimédia, qui a remplacé la première et qui édite la publication depuis sept ans.
Est-ce la fin de l’aventure du Journal Hebdomadaire ? Comment la profession va réagir à ce nouveau coup de vis ? Y aura-t-il une mobilisation internationale de soutien ? Une certitude à ce jour, l’hebdomadaire francophone ne sera pas disponible dans les kiosques ce week-end.

jeudi 21 janvier 2010

Le journaliste tunisien Fahem Boukadous condamné à 4 ans de prison

19 janvier 10
Paris-Copenhague-Genève, le 18 janvier 2010 - Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), expriment leur profonde inquiétude suite à la poursuite des actes de harcèlement judiciaire à l’encontre des journalistes indépendants en Tunisie.
Le 13 janvier 2010, le Tribunal de première instance de Gafsa (sud de la Tunisie) a condamné M. Fahem Boukadous, correspondant de la télévision satellitaire Al Hiwar et du journal en ligne Al Badil, à quatre ans de prison pour « participation à une entente visant à préparer et à commettre des agressions contre des personnes et des biens ». La décision n’a pas été accompagnée d’une décision d’incarcération, dans l’attente de la décision de la Cour d’appel, fixée au 23 février 2010.
En décembre 2008, M. Fahem Boukadous avait été condamné par contumace à une peine de six ans d’emprisonnement durant la vague de procès sanctionnant les manifestations pacifiques des habitants dans la région minière de Gafsa-Redeyef, après qu’il eut publié une série d’articles et de reportages décrivant la mobilisation des habitants de cette région. La procédure intentée contre M. Boukadous visait explicitement à sanctionner son travail de journaliste. Cette décision avait été confirmée en appel le 5 février 2009. Suite à la répression du mouvement de protestation de Gafsa-Redeyef et de leurs relais, M. Boukadous était entré en clandestinité. Après la libération conditionnelle des prisonniers du bassin minier de Gafsa-Redeyef à la veille des élections présidentielles et législatives en novembre dernier, M. Boukadous s’était présenté aux autorités de police pour que sa cause soit entendue en justice, bien que les autorités n’avaient annoncé aucune mesure de clémence en sa faveur [1].
Le déroulement de l’audience du 13 janvier a été marqué par de graves violations des dispositions de droit interne tunisien et des standards internationaux relatifs au procès équitable. Le juge a ainsi omis d’énoncer les charges qui pèsent contre le journaliste, se contentant de lui adresser une question sur sa "relation avec le bassin minier" avant de lever la séance pour délibération. Les demandes de renvoi présentées par les avocats de M. Boukadous, fondées sur l’absence du bulletin des antécédents judiciaires du prévenu dans le dossier criminel ont été ignorées. Le procès aura duré au total une dizaine de minutes.
Cette décision intervient alors que nos organisations ont été informées de plusieurs nouvelles mesures de représailles à l’encontre de deux journalistes condamnés à des peines de prison ferme pour avoir dénoncé des violations des droits de l’Homme. Ainsi, M. Zouhair Makhlouf sera détenu jusqu’à l’examen de l’affaire en appel, le 20 janvier [2], soit au delà du 18 janvier, terme de la peine qui avait été prononcée le 1er décembre 2009 par le Tribunal de première instance de Grombalia. Depuis sa condamnation, les avocats de M. Makhlouf se sont vu empêchés de rendre visite à leur client en prison.
Par ailleurs, M. Taoufik Ben Brik demeure emprisonné à la prison de Siliana suite à sa condamnation le 26 novembre 2009 à une peine de six mois de prison ferme. Depuis cette date, l’administration pénitentiaire s’oppose arbitrairement à la visite de ses avocats, et restreignent abusivement les visites de la famille. Par ailleurs, l’état de santé de M. Ben Brik, qui est atteint d’une maladie rare du système immunitaire, s’est considérablement dégradé depuis son incarcération, et il ne bénéficie actuellement pas des soins médicaux adéquats dont il a un besoin vital. L’audience du procès en appel a été fixée au 23 janvier 2010.
Mme Azza Zarrad, la femme de M. Ben Brik, qui mène depuis le 6 janvier avec plusieurs membres de sa famille une grève de la faim pour protester contre la détention de son mari, participera à une délégation mandatée conjointement par le REMDH et l’Observatoire à l’occasion de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg du 18 au 21 janvier durant laquelle se tiendra un débat sur la Tunisie.
Nos organisations appellent à la cessation de toutes les procédures intentées abusivement à l’encontre de MM. Fahem Boukadous, Taoufik Ben Brik et Zouhair Makhlouf, ainsi qu’à la libération immédiate et inconditionnelle de ces deux derniers, et demandent une nouvelle fois aux autorités tunisiennes de mettre un terme au harcèlement des défenseurs des droits de l’Homme et des journalistes indépendants et de se conformer à ses engagements internationaux et régionaux.
En vue du débat sur la Tunisie organisé dans le cadre de la prochaine session plénière du Parlement européen, nos organisations invitent enfin les parlementaires européens à adopter une résolution demandant :
* à ce que l’ouverture d’éventuelles négociations sur un « statut avancé » UE-Tunisie soit strictement conditionnée par une amélioration concrète de la situation des droits de l’Homme en Tunisie ; * à la Tunisie la libération immédiate des défenseurs des droits de l’Homme en Tunisie emprisonnés ; * à la Tunisie de garantir l’exercice de la liberté d’expression et de la liberté d’information, notamment sur Internet, et de mettre un terme aux actes de harcèlement, en particulier judiciaire, contre les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes indépendants, conformément aux instruments internationaux et régionaux ratifiés par la Tunisie ; * une mise en œuvre effective des lignes directrices de l’Union européenne sur les défenseurs des droits de l’Homme.
Pour plus d’information, merci de contacter :
* REMDH : Mathieu Routier +33 1 48 18 06 86
* OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39
* FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18
[1] M. Mohieddine Cherbib, président de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), reste également sous le coup d’une condamnation par contumace à une peine de deux ans et deux mois de prison prononcée lors des procès de Gafsa Redeyef.
[2] En application du Code de procédure pénale, lorsque le ministère public fait appel d’une décision, le prévenu reste sous l’effet du mandat d’arrêt.

jeudi 3 décembre 2009

Le journaliste tunisien Makhlouf Zouair condamné à trois mois de prison ferme


L'OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME - REMDH
COMMUNIQUE DE PRESSE


Paris-Genève-Copenhague, 2 /12/2009.
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) dénoncent fermement la condamnation de M. Zouhair Makhlouf.
Le 1er décembre 2009, la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Grombalia a reconnu M. Zouhair Makhlouf, journaliste tunisien indépendant, secrétaire général de « Liberté et équité » et candidat du Parti démocrate progressiste (PDP) lors des élections législatives du 25 octobre 2009, incarcéré depuis le 21 octobre 2009 à la prison de Mornaguia près de Tunis, coupable d'"avoir nui à un tiers au moyen d'un réseau public de télécommunication" (article 86 du Code des télécommunications). Il a été condamné à trois mois de prison ferme, à 200 dinars (environ 104 euros) d'amende et au versement de 6 000 dinars (environ 3 114 euros) de dommages et intérêts au plaignan.

M. Said El Jazi, qui avait accompagné M. Zouhair Makhlouf dans la réalisation d’un reportage sur la zone industrielle de la ville de Nabeul et qui était poursuivi pour les mêmes faits, a quant à lui été relaxé.

L'Observatoire et le REMDH dénoncent la décision de justice prononcée à l'encontre de M. Zouhair Makhlouf, et craignent qu'elle n'ait été rendue dans le but de sanctionner de façon directe ses activités de défense des droits de l'Homme.(1)

L'Observatoire et le REMDH rappellent en outre que lors de la dernière audience qui s'était déroulée le 24 novembre 2009, plusieurs violations du droit à un procès équitable avaient été relevées (cf. communiqué de presse de l'Observatoire et du REMDH du 26 novembre 2009).

Ce verdict contre M. Makhlouf s'inscrit dans la série d'actes de harcèlement judiciaire à l'encontre des journalistes ou des personnes qui ont été en contact avec des journalistes internationaux envoyés en Tunisie pour couvrir les élections du 25 octobre 2009.

L'Observatoire exprime également sa préoccupation quant aux conditions de détention de M. Taoufik Ben Brik, journaliste et co-fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), condamné le 24 novembre à six mois de prison ferme dans une affaire manifestement montée de toutes pièces, en grève de la faim depuis le 25 novembre, récemment transféré à la prison de Siliana à 200 km de Tunis, et privé d'une partie des médicaments qui lui sont nécessaires afin de traiter une maladie dont il est atteint.

L'Observatoire et le REMDH dénoncent fermement cette politique de répression contre les défenseurs des droits de l’Homme et appellent à la libération immédiate et inconditionnelle de MM. Zouhair Makhlouf et Taoufik Ben Brik, arbitrairement détenus, ainsi qu’à une réaction vive de la communauté internationale. L'Observatoire et le REMDH appellent tout particulièrement à une réaction de l'Union européenne, sur la base des lignes directrices sur les défenseurs.

Pour plus d’information, merci de contacter :
• FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18
• OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39
• REMDH : Marc Degli : +33 1 45 32 64 17 16

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[1] M. Makhlouf avait été convoqué par la police le 13 octobre 2009 suite à la plainte de M. Mourad Ladib, riverain de la zone industrielle de Nabeul pour avoir utilisé son image sans son consentement. M. Ladib, interviewé en toute connaissance de cause par M. Makhlouf, avait dénoncé la responsabilité de l’Etat dans la dégradation de l’environnement dans cette zone.

mardi 20 octobre 2009

Sarkozy, vampire des médias

Un reportage de la Télévision Suisse Romande comme on n'est pas prêt d'en voir sur une télévision française !

Cliquer ici pour le visionner

jeudi 20 août 2009

Qui est Younès Moujahid ?


La première réponse à Khaled Ben M’Barek (lire ci-dessous : URGENT ! Avis de recherche : qui est ce vrai-faux journaliste marocain ? )

Par si Mo BEL,19/8/2009

C'est un transfuge de la gauche des années 70. Vous ne devez pas ignorer le bon usage que certains régimes (comme ceux de chez nous) savent faire de pareils spécimen. Il avait fait partie de la première bande à part à renier le mouvement dont il avait fait partie dès les premiers jours de prison. Ce qui est, à la limite, compréhensible quand la direction fait de trop grosses conneries. Mais la bande s'était empressée de faire cela le plus publiquement du monde, alors que les coups pleuvaient encore dru; et le public qu'elle visait se situait au Palais (de Rabat) et tout autour.

À la décharge du pauvre Younès, il était l'un des plus jeunes d'entre nous quand tout cela lui était tombé sur la caboche tout d'un coup."Tu grandiras, tu oublieras et tu épouseras la plus belle des femmes", nous disaient mère et grand-mère quand on se faisait bobo


et le commentaire de Khaled

...En effet, une frange non négligeable de militants de toutes nos contrées en est venue plus ou moins rapidement à se demander "à quoi bon ?...", alors que la vie s'en va si vite ?? Ceux-là ont vite fait de présenter leurs services au plus offrant. M. Moujehid est effectivement le spécimen que j'avais supputé. Nul besoin d'être clerc pour le découvrir. Il s'est fait inviter tous frais payés à Tunis, a ostensiblement présenté le faux témoignage que l'on attendait de lui, a avantagé les usurpateurs et est reparti d'où il était venu. Sa "neutralité" aura poussé un syndicat tunisien (relativement) influent entre les mains du pouvoir.
De ce point de vue, on a une faune de mercenaires prêts à répondre à toute invitation.

Mais je ne comprends toujours pas : est-ce ce spécimen-là qui est le premier responsable du journalisme marocain ?? Dans lequel cas, comment rien n'aurait été fait pour lui demander pour quelle raison il est allé casser du confrère tunisien ? Combien cela lui a été payé ? Quelle incidence ce comportement aura-t-il sur le journalisme marocain, notamment en relation avec les organisations internationales du secteurs, qui ont majoritairement rejeté le putsch gouvernemental comme tel (encore RSF ce jeudi) ?
C'est cela qui ternit fortement la très forte image que se fait tout le monde du journalisme marocain, surtout en Tunisie...

lundi 10 août 2009

Le CPJ demande au Roi du Maroc la réforme du code de la presse/CPJ urges Moroccan king to reform media restrictions

English below
Le 29 juillet 2009
Sa Majesté le Roi Mohamed VI du Maroc
C/o Son Excellence M. Aziz Mekouar, ambassadeur du Royaume du Maroc aux États-Unis d'Amérique
1601 21st Street NW
Washington, D.C. 20009
Fax: ‎202-265-0161‎
Votre Majesté,
À la veille du 10e anniversaire de votre ascension au trône, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) vous écrit pour exprimer notre déception face à l'utilisation continue du pouvoir judicaire pour réprimer la liberté d'expression au Maroc. Des organisations internationales des droits de l'homme avaient félicité le Maroc avant votre ascension pour avoir fait d'importants progrès allant dans le sens du respect de l'État de droit. Malheureusement, quelques années plus tard, votre royaume s'est retrouvé parmi les 10 nations du monde entier où la liberté de la presse s'est
dégradée le plus.
Le gouvernement du Maroc utilise systématiquement le pouvoir judiciaire pour régler des comptes avec les journalistes contestataires et n'a pas mis en œuvre une loi sur la presse qui mettrait fin à la pénalisation de la liberté d'expression.
Les attaques croissantes contre les journalistes contestataires, notamment les peines de prison et les décisions des tribunaux qui imposent des amendes écrasantes et privent les journalistes de leur droit d'exercer leur profession, avait amené le CPJ à envoyer
une mission d'enquête au Maroc en 2007. De hauts responsables marocains, notamment l'ancien Premier ministre Driss Jettou, avaient ainsi déclaré à la délégation du CPJ que les autorités marocaines feraient de leur mieux pour promouvoir et protéger la liberté de la presse et qu'une loi moins restrictive sur la presse serait bientôt adoptée par le Parlement, à la suite de « larges consultations » avec les professionnels des médias.
Cependant, à ce jour, le nombre de peines de prison et d'amendes excessives prononcées contre des journalistes contestataires dans des affaires de diffamation reste croissant et les journalistes ainsi que les avocats des droits humains continuent de déplorer l'absence d'un pouvoir judiciaire indépendant au Maroc, ce que même l'actuel Premier ministre marocain Abbas Al-Fassi, alors ministre, avait reconnu dans une interview en 2007 avec Al-Massae, le principal quotidien du pays.
Par exemple, plus de 20 quotidiens et hebdomadaires ont été publiés le 10 juillet courant sans éditoriaux pour protester contre les récentes décisions des tribunaux d'imposer de lourdes amendes à trois quotidiens et un mensuel financier pour diffamation. Le plus scandaleux de ces verdicts a été prononcé le 29 juin dernier lorsqu'un tribunal de Casablanca a
ordonné à Al-Massae, Al-Jarida Al-Oula et Al-Ahdath Al-Maghrebia de payer chacun une amende de 100.000 dirhams (soit 12.484 dollars américains) et des dommages-intérêts d'1 million de dirhams (soit 125.213 dollars américains) au dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi
Beaucoup de journalistes et de défenseurs des droits humains ont déclaré au CPJ que la principale menace planant sur le journalisme indépendant au Maroc est le manque d'indépendance de la justice. « Le vrai problème ne vient pas de la loi restrictive sur la presse, mais plutôt du pouvoir judiciaire lui-même, surtout lorsque le pouvoir exécutif est à l'origine d'une affaire portée en justice contre un journaliste », a déclaré au CPJ un éminent avocat des droits de l'homme.
La distribution du quotidien français Le Monde, daté le 15 juillet courant, a été retardée et l'hebdomadaire français Le Courrier International a été interdit pour la semaine du 9 au 15 juillet courant, ont rapporté des journaux français et marocains. Le Monde a publié un point de vue critique du
journaliste lauréat Aboubakr Jamaï, ancien directeur de publication de l'hebdomadaire marocain Le Journal Hebdomadaire, dans lequel il a décrit votre règne comme étant caractérisé par une « guerre contre le journalisme indépendant alimenté par les interdictions, la répression judiciaire et les boycotts des annonceurs ». Jamaï, a été contraint à l'exil à la suite d'un verdict politique sans précédent pour diffamation en 2006. Le numéro interdit du Courrier International avait repris un article précédemment publié par Le Journal Hebdomadaire et intitulé « le Roi Mohamed VI, toujours aussi riche », en marge d'une nouvelle caricature jugée diffamatoire par les autorités marocaines.
En 2007, nous vous
avons demandé d'instituer sept mesures spécifiques pour réformer les rapports entre les médias et le gouvernement dans votre pays. Malheureusement, aucune de ces mesures, notamment la dépénalisation de la diffamation, n'a été mise en œuvre à ce jour. Nous vous exhortons à nouveau d'ordonner aux autorités de votre royaume de mettre en œuvre une nouvelle législation qui respecte les normes internationales en matière de la liberté d'expression et mette un terme à l'emprisonnement de nos collègues ou à leur musèlement par des amendes écrasantes. La liberté d'expression, pierre angulaire de la démocratie, ne peut être protégée sur la base d'une loi restrictive sur la presse ou lorsque l'indépendance du pouvoir judiciaire n'est pas pleinement garantie.
Merci de l'attention que vous prêtez à ces questions importantes. Nous sommes impatients de recevoir votre réponse.
Veuillez agréer, Votre Majesté, l'expression de nos sentiments distingués.
Joël Simon
Directeur exécutif
Source :
http://cpj.org/fr/2009/07/post-1.php
His Majesty King Mohamed VI of Morocco ‎
C/o His Excellency Aziz Mekouar, Ambassador of the Kingdom of Morocco to the United States ‎
1601 21st Street NW‎
Washington, D.C. 20009‎‎
Via facsimile: ‎202-265-0161‎

Your Majesty,
On the eve of the 10th anniversary of your ascent to the throne, the Committee to Protect Journalists is writing to express our disappointment with the continued use of the courts to suppress freedom of expression. International human rights groups praised Morocco before your ascension to the throne for having made significant steps toward the rule of law. Unfortunately, just a few years later it was among the 10 nations worldwide where press freedom had
deteriorated the most.
The government has consistently used the judiciary to settle scores with critical journalists and failed to initiate a press law that would end the criminalization of freedom of expression.
Rising attacks on critical journalists--including jail sentences and court rulings that impose crippling fines and strip journalists of the right to practice their profession--led CPJ to send a
fact-finding mission to Morocco in 2007. High-ranking officials, including former Prime Minister Driss Jettou, told the CPJ delegation that Moroccan authorities would do their best to promote and protect press freedom and that a less restrictive press law would soon be passed by parliament, following "broad consultations" with media professionals.
Yet, to date, the number of jail sentences and excessive fines handed down to critical journalists in defamation cases is still on the rise, and journalists and human rights lawyers continue to deplore the absence of an independent judiciary, which even former minister and current Prime Minister Abbas Al-Fassi acknowledged to be the case in a 2007 interview with Al-Massae, the country's leading daily.
For example, on July 10, more than 20 dailies and weeklies were published without editorials to protest recent court decisions imposing heavy fines on three dailies and a financial monthly for defamation. The most outrageous of these verdicts was issued on June 29 when a Casablanca court
ordered Al-Massae, Al-Jarida Al-Oula and Al-Ahdath Al-Maghrebia to each pay a fine of 100,000 dirhams (US$12,484) and damages of 1 million dirhams (US$125,213) to Libyan leader Muammar Qaddafi.
Many journalists and human rights lawyers told CPJ that the main threat hovering over independent journalism in Morocco is a lack of judicial independence. "The real problem does not stem from the restrictive press law, but mainly from the judiciary itself, particularly when the Executive Branch is behind a court case filed against a journalist," a prominent human rights lawyer told CPJ.
The distribution of the July 15 issue of the French daily Le Monde was delayed and the French weekly Le Courrier International for the week of July 9-15 was banned, reported French and Moroccan papers. Le Monde carried a critical opinion piece by
award-winning journalist Aboubakr Jamai, former editor of the Moroccan weekly Le Journal Hebdomadaire, in which he described your reign as characterized by a "war against independent journalism fuelled by bans, judicial repression and advertisers' boycotts." Jamai was forced into exile following a politically motivated and record-breaking defamation ruling in 2006. The banned issue of Le Courrier International had republished an article previously run by Le Journal Hebdomadaire titled, "King Mohamed VI, as rich as ever," alongside a new cartoon deemed defamatory by Moroccan authorities.
In 2007, we
asked you to institute seven specific measures to reform the way the media and the government interact. Unfortunately, to date all of those measures remain unfulfilled, including the decriminalization of defamation. We urge you again to instruct authorities to initiate new legislation that would abide by international standards for freedom of expression and turn the page on jailing our colleagues or silencing them through crippling fines. Freedom of expression, a cornerstone of democracy, cannot be protected under a restrictive press law or when the independence of the judiciary is not fully guaranteed.
Thank you for your attention to these matters. We look forward to your reply.
Sincerely,
Joel Simon
Executive Director

dimanche 9 août 2009

"Volupté, mystère, sérénité, équilibre et force" : le serment d'allégeance de Paris-Match


Une fois de plus, Paris-Match (le poids des mots, le choc des photos) nous fait la totale à propos du 10ème anniversaire de l'accession au trône de M6. Aucun mot-clé ne manque:
"le visage moderne de la transition"
"plus populaire que jamais. Tranquillement, il guide son peuple vers les valeurs du XXIe siècle"

"chaleur moite"

"lourd destin"

"à la tête du glorieux et complexe ­héritage de ses ancêtres"

"sa compassion pour les gens modestes et les déshérités n’est pas feinte"

"être très riche ne l’empêche pas d’avoir la fibre sociale "

"Une vraie révolution"

"Longue, fine, gracieuse, chevelure roux vénitien, teint de porcelaine, yeux bleus, ­ravissant sourire... Le peuple ­marocain a, pour la première fois de son histoire, découvert le visage radieux de sa nouvelle princesse. Intelligente et fort diplomate, Lalla Salma..."

"Mohamed VL (sic) cultive avec volupté le goût du mystère".

Et ça continue comme ça, sur des pages et des pages. Madame Caroline Pigozzi ne recule devant rien. Dernier exemple de sa prose :"Qui a eu comme moi le privilège de faire le reportage historique paru dans Paris Match en novembre 2005, à l’occasion du ­cinquantenaire de l’indépendance, a pu mesurer la complicité, l’affection profonde et la joie évidente qu’éprouvent les vingt-neuf membres du clan royal à se retrouver. En particulier Mohammed VI, son frère le prince Moulay Rachid et leurs trois sœurs, Lalla Meriam, Lalla Hasna et Lalla Asma, qui entament des conversations sans fin, comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des lustres. On ne peut imaginer à quel point cette sérénité familiale donne à Sa Majesté équilibre et force."

Bref, si vous voulez vous détendre un moment, visitez http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Mohammed-VI-le-visage-moderne-de-la-tradition-118638/, sans oublier le portfolio dix ans de règne en photos ! Et surtout ne posez pas la question qui fâche : combien le Palais a-t-il payé pour ce publi-reportage ?

Photo Ali Linh PARU DANS PARIS-MATCH

jeudi 21 mai 2009

L'aval de l'ONU pour un cybercafé en Algérie

par Kamel Daoud
Tout le monde le sait, le seul parti d'opposition qui reste vivant dans ce pays, c'est le Net. Le Web. Internet. La Toile. Le militantisme du clavier. C'est là que les Algériens parlent. Parlent de tout et de rien. S'opposent. S'expriment. Disent. Disent non et se rencontrent, s'aiment ou s'insultent. C'est pourquoi le régime local tente aujourd'hui pour bloquer Internet, le surveiller, le réglementer, le cadenasser comme la Chine ou la Tunisie. Des projets de loi sont déjà en rédaction pour réduire cette liberté d'expression à une expression surveillée. Un jour, vous irez dans un cybercafé sous la caméra, vous ne pourrez surfer qu'en déposant votre CIN et vous ne pourrez le faire sans en rendre compte au propriétaire qui doit en rendre compte aux polices d'État. Un jour ?
Non. Cela a déjà commencé. Pour ceux qui le savent, «ouvrir» un cybercafé aujourd'hui, en Algérie, demande plus d'effort et de papiers que pour recréer le FIS ou le MTLD de Messali. Cet emploi, qui intéresse souvent l'emploi du jeune, est maillé par une série de procédures tout simplement incroyables. Jugez-en : au service des registres de commerce, on vous demande d'abord un dossier d'agrément avec 10 copies de plan de situation, un plan de masse, un extrait de rôle, la copie de votre CIN, un contrat de location ou un acte de propriété, un extrait de naissance d'origine... etc. Est-ce tout ? «Non», vous répond l'Etat qui encourage officiellement l'emploi et les technologies nouvelles. Reste l'autre parcours complètement surréaliste : avec ce dossier, vous devez introduire une demande auprès de la DRAG, à la wilaya de votre wilaya.
Là, les services de la réglementation dispatchent votre dossier sur huit services qui doivent tous faire une enquête, une sortie sur terrain et répondre par l'aval ou le niet et faire remonter leurs réponses vers la wilaya. En voici la liste, valable pour un dossier d'adhésion du Kosovo à l'ONU : la DCP (Direction de la concurrence et des prix), la Protection Civile, la Police, la direction de la Santé, l'APC, La direction de l'Environnement, la direction de l'Habitat et la direction de la Jeunesse et des sports. «Ne manque que l'accord d'El-Barade'i de l'Agence internationale de l'énergie atomique», explique un Algérien sorti vivant de ce Tora-Bora bureaucratique.
Sachant la numérisation très avancée des administrations algériennes, on devine le temps qu'il faut pour que tout ce beau monde soit d'accord.
Par la suite, Obama ayant été réélu, la DRAG vous donne votre agrément et vous voilà heureux et vivant, ou presque. Car, là aussi, l'ouverture du cybercafé impose un avis commodo-incommodo dans un journal avec un délai d'un mois à attendre pour commencer. A la fin, ce n'est plus un emploi de jeune mais un vieillissement pour l'emploi.
Ceci pour un cybercafé. On devine donc le temps qu'il faut pour le reste : créer une entreprise plus vite qu'au Qatar par exemple. Marcher sur la lune avec un comité de soutiens cosmonautes, inventer un nouveau carburant. Ceci, en attendant la nouvelle réglementation qui va encadrer ces nouvelles Kasmates de la mondialisation où l'oxygène algérien et ses jeunes se réfugient de temps en temps. Combien met-on de temps à ouvrir un cybercafé en Algérie ? Voici une échelle de mesure : huit fois le temps qu'il faut pour réviser une Constitution, six fois le temps qu'il faut pour faire voter ce peuple par téléchargement.
Kamed Daoud est chroniqueur et auteur algérien. Auteur de :
“La Fable du Nain” - Roman - Ed: Dar El Ghard. Oran
“Ô Pharaon” - Récit - Ed: Dar El Ghard. Oran
- “Raîna-Raîkoum” - Recueil de Chroniques - Ed: Dar El Ghard. Oran
- “Mac Arabe” - Recueil de Chroniques sur l’Actualité Arabe - Ed: Dar El Ghard. Oran
La chronique ci-dessus est extraite de Raîna-Raîkoum


vendredi 8 mai 2009

Nombreuses entraves à la liberté de la presse

L'exercice de la liberté de la presse au Maroc a connu de "nombreuses entraves" entre 2008 et 2009, a estimé dimanche le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), à l'occasion de la journée internationale de la liberté de la presse."Il n'y a pas eu de changement majeur par rapport aux années précédentes", note le SNPM dans son rapport annuel (2008-2009) publié dimanche.Celui-ci fait toutefois mention des "nombreuses entraves qu'a connues la liberté de la presse", notamment des "agressions contre des journalistes" dans l'exercice de leur profession, ainsi que de tracasseries pour certains d'entre eux, notamment devant le Parquet
."Le cadre juridique régissant la profession n'a pas connu lui non plus de changement", a déclaré le président du SNMP Younes Moujahid, en référence à la "nécessité de réformer le code de la presse".
Dans le rapport, le SNPM réitère son attachement à la réforme de ce code appelant à la suppression des peines privatives de liberté, notamment les "articles punissant les atteintes aux +valeurs sacrées+, à savoir l'islam, l'intégrité territoriale et la monarchie".
Younes Moujahid estime toutefois que la "presse nationale évolue plus librement, connaît un essor, s'ouvre dans un esprit plus dynamique"."Heureusement, on n'est pas dans un système verrouillé. Mais il y a toujours un manque de garanties dans l'exercice de la profession", souligne-t-il.
Source: AFP, 4/5/2009

mercredi 22 avril 2009

Lettre n°8

Nos rubriques : VIE QUOTIDIENNE AU ROYAUME DE L’ARBITRAIRE, TORTURE, LUTTE DES DÉTENUS, DIPLÔMÉS CHÔMEURS, MÉMOIRE, MÉDIAS, ENFANTS, MIGRATIONS

Sommaire
PLEINS FEUX SUR Hafsa Amahzoune, la tante royale qui joue du couteau ou le syndrome du makhzen
La honte : Le Maroc torture par procuration…
Conditions d’incarcération inhumaines des détenus sahraouis
Soutenons les diplômés chômeurs
Près de 40 ans après avoir été emprisonnés pendant 8 mois, les 215 incarcérés de Tagounit auront enfin droit à un suivi médical
Pour être accepté comme journaliste au Maroc, il faut ne rien écouter, ne rien voir et ne rien dire ?
De plus en plus d’enfants en situation précaire, malgré l’admirable travail des associations
Les expulsions continuent, mais la frontière entre Maroc et Algérie reste fermée.

PLEINS FEUX SUR Hafsa Amahzoune, la tante royale qui joue du couteau ou le syndrome du makhzen

Selon des informations concordantes (victimes, témoins oculaires et militants des droits humains ...de la région de Khénifra, capitale du Moyen-Atlas): A la tête d'une milice déchaînée d’une quarantaine de personnes, la tante maternelle du roi a voulu s'emparer d'un camion-citerne transportant pour 200 millions de centimes de carburant en direction d'une station appartenant à la famille de l'avocate Fatima Sabri. Devant les protestations de Fatima, de son mari et des travailleurs de la station, la milice s'est déchaînée (sur ordre de la fameuse tante), l'avocate Fatima est allée se réfugier au quartier général de la sécurité régionale. La tante a fait irruption dans ce haut lieu de…l’insécurité et, sous les yeux des policiers, a agressé sauvagement l'avocate au couteau, semant la pagaille dans le commissariat (cassant, insultant...). Personne n'a osé interpeller la tante du roi qui n'en est pas à son premier méfait (les victimes n'ont jamais obtenu justice).
Hospitalisée à Meknès, Fatima Sabri a reçu 12 points de suture. Elle a porté plainte contre Hafsa Amahzoune pour coups et blessures volontaires. Les avocats du barreau de Meknès ont boycotté les audiences le jeudi 16 avril en signe de solidarité avec leur collègue, victime de l’impunité dont bénéficient les membres de la famille royale, gens de sac et de corde.Rappelons qu'il y a plusieurs mois, le mari de la tante du roi (civil sensé n'être pas armé selon la loi marocaine), Hassan Yacoubi , a dégainé un pistolet pour tirer sur un policier de la circulation qui l'avait arrêté pour non respect flagrant du code de la route. Le policier a passé des semaines dans une clinique alors qu'il n'y a eu aucune poursuite judiciaire contre l'agresseur, interné en asile psychiatrique (il serait atteint du syndrome de Korsakoff, autre manière de dire le syndrome du makhzen…)


chouha
cette jeune avocate
mutilée
agressée
en plein poste de police!!!!!!!
l'agresseur
n'est autre
qu'une tante du roi!!!!
cette jeune femme
a subi
les conséquences
de l'impunité
qui REGNE
et le fils de flan
le cousin de frtalan
tu peux faire ce que tu veux!!
la loi
les autorités
c’est pour nous
les pauvres...........
smirnova

AMDH KHENIFRA
Un sit in de protestation a été organisé le 18 avril devant le marché central de Khénifra pour:
1- exprimer la solidarité avec l'avocate victime de l'agression.
2- dénoncer les agissements criminels de la tante du roi , actrice des violations graves des droits humains dans la province de Khénifra.
3-mettre les parties concernées devant leurs responsabilité Les citoyens et citoyennes ont répondu massivement à l'appel de l'AMDH section Khénifra pour dire NON au despotisme et dénoncer la barbarie médiévale de cette mafia qui se cache derrière le palais royale pour semer la terreur et arnaquer les citoyens
Source : AMDH section de Khenifra proteste contre Hafsa Amahzoune tante du roi
http://amdh-section-de-rabat1.skyrock.com/

Rappel : il y a 7 mois un oncle du roi, Hassan Yacoubi, a tiré sur un policier qui lui demandait ses papiers
QUAND UN MEMBRE DE LA FAMILLE ROYALE TRAITE LES CITOYENS D'INSECTES

Un sh'rif tire sur un policier à Casablanca
Le mari d'une princesse (sœur de Hassan II) a tenté d'abattre, mardi a Casablanca un policier en uniforme. Ce dernier lui avait simplement demandé les papiers de la voiture.
A la clinique où il a été transporté d'urgence, Tariq Mouhib, policier de la circulation à Casa-Anfa, a du mal à croire ce qu'il a vécu ce mardi 9 septembre 2008. Les yeux larmoyants, il touche l'impact de la balle sur sa cuisse gauche, murmure quelques mots inaudibles, puis replonge dans un état second.A l'entrée de sa chambre, deux policiers interdisent l'accès aux collègues et membres de la famille venus rendre visite au jeune policier. «Nous avons des ordres stricts. Personne n 'a le droit de lui parler maintenant», nous répond-on. C'est que l'affaire est assez grave. Peu avant l'heure du f'tour, vers 18h 30, Tarik, 32 ans, arrête une voiture luxueuse qui venait de griller un stop au niveau de la corniche casablancaise. «Lorsqu 'il demande les papiers de la voiture au conducteur, ce dernier lui répond : tu n'es qu 'une sale mouche et tu oses me demander mes papier», raconte un proche du policier Tarik Mouhib. Ce dernier insiste et redemande à voir les papiers de ce conducteur si particulier. Exaspéré, ce dernier descend de sa voiture (un 4x4 Infinity noir) et sort un pistolet de sa boîte à gants. «Tu crois être le seul à avoir une arme l'yemmak ? Moi aussi, j'en ai une, espèce de bakhouch (insecte)», répond le conducteur. Quelques secondes plus tard, une première balle quitte le foyer du pistolet pour se loger en haut de la cuisse gauche du policier. Sans perdre conscience, ce dernier s'écroule et se tord de douleur. Rapidement, une foule se forme autour de la scène et des policiers, qui étaient en poste à proximité, accourent sur place. La confusion est totale. Le policier est évacué assez rapidement, mais le conducteur est encerclé par des dizaines de curieux qui faisaient du sport ou qui regagnaient leurs domiciles en cette heure de pointe. Très vite, un cordon sécuritaire est installé tout autour de la voiture. Toute la préfecture de police de Casablanca a fait le déplacement. Les mines sont défaites et les traits sont graves. Les radios crachotent, au moment où notre conducteur reste confortablement installé dans son fauteuil en cuir, constamment accroché à son téléphone. «C'est un ch'rif. Quelqu'un de très important. La situation est très délicate», affirme, entre deux messages radios, un adjoint du préfet de police de Casablanca. Quand des photographes de presse commencent à shooter «le conducteur VIP», un policier prend le volant du 4x4 et se fraye difficilement un chemin au milieu de la foule pour disparaître dans le trafic casablancais.
A la clinique où il a été transporté, la situation du jeune policier est jugée stable. «C'est une balle à fragmentation. Nous n'avons pu extraire que le gros morceau. Six petites particules sont encore plantées dans la cuisse. Nous ne pourrons nous exprimer qu'après 24 heures», explique un infirmier sur place. Dans la salle de radiologie, le jeune policier est en pleurs. Deux mots reviennent dans sa bouche : «Il m'a traité de bakhouch, de debbane. Je n'ai pourtant fait que mon boulot».
Tarik est ensuite placé dans une chambre sécurisée, avec double vitrage. Une infirmière reste constamment a son chevet, pendant que plusieurs commissaires et autres responsables de la wilaya défilent dans les couloirs de la clinique casablancaise. La famille du jeune policier est d'abord interdite de lui rendre visite, mais sa mère est autorisée, exceptionnellement, à le prendre dans ses bras. En quittant la chambre, elle est visiblement sous le choc. Elle murmure des mots inaudibles, avant d'éclater en sanglots : «Je n'ai que deux fils et ils ont voulu me tuer le premier». A
la tombée de la nuit : une question est sur toutes les lèvres : qui peut bien être le conducteur de la voiture ? «On sait que c'est quelqu'un de très important et qu'il est proche de la famille royale. C'est tout», affirme un policier présent à la clinique. A Rabat, une réunion de crise réunit plusieurs responsables au siège de la DGSN. Cherche-t-on à étouffer l'affaire ou à masquer l'identité du conducteur ? Mystère. Toujours est-il que vers 21 heures de la même soirée: un nom circule avec insistance.
Hassan Yacoubi, mari de l'une des sœurs de Hassan II, et donc tante du roi Mohammed VI. L'homme venait apparemment tout juste de quitter le golf d'Anfa en compagnie dé quelques amis quand le policier l'a intercepté .
Presque au même moment (vers 21 heures 30), une autre information plonge la famille du jeune policier dans un gros chagrin. Hassan Yacoubi vient d'être admis en hôpital psychiatrique. Il souffrirait, selon des sources informées, de troubles comportementaux et psychiques. La belle astuce !
La dépêche officielle confirme cette version des faits. «... dans un état de démence avancé, Hassan Yacoubi (HY) a fait usage d'une arme à feu, blessant légèrement à la jambe, le policier. HY souffre depuis plusieurs années de la maladie de Korsakoff, qui entraîne une dégénérescence mentale grave. Il a suivi divers traitements psychiatriques pendant cinq ans dans des établissements spécialisés, au Maroc et en Italie», peut-on lire sur la dépêche. M. Yacoubi est peut-être atteint d'une maladie mentale grave, mais comment expliquer dans ce cas qu'il puisse quand même bénéficier d'un permis de port d'arme depuis 1995 ? La même dépêche de la Map affirme d'ailleurs que ce permis ne lui a été retiré qu'après l'incident du mardi 9 septembre. Cela veut dire qu'un malade mental s'est baladé pendant plusieurs armées avec un pistolet chargé à portée de main.
Qui en porte la responsabilité «L'affaire suit son cours normal. L'enquête se poursuit et le parquet est maintenant saisi de l'affaire. On ne peut donc pas prévoir l'évolution des événements», affirme un haut gradé au sein de la préfecture de police de Casablanca. Affaire à suivre. Dans son entourage, Tarik Mouhib est présenté comme une personne équilibrée. Il est entre en fonction en 2002 et a toujours servi dans le district de Casa Anfa. «Cela veut dire qu'il est habitué à traiter avec ce genre de personnages. Si ce conducteur lui avait dévoilé son identité, Tarik l'aurait salué avec respect et l'aurait laissé filer. C'est malheureusement comme ça que marche notre pays», affirme un collègue à Tarik avant de conclure : «Nous acceptons d'être insultés par ces gens qui se croient tout permis. Ils nous crachent dessus ou nous collent des baffes. Là, ils nous tirent carrément dessus. Ils ont raison de nous considérer comme des insectes finalement».
Source : Driss Bennani, Le Soir Echos, septembre 2008

TORTURE
L’odyssée de Binyam Mohamed
Cet Éthiopien résident au Royaume-Uni a été kidnappé par la CIA au Pakistan en 2002 et détenu d’abord en Afghanistan, puis au Maroc, où il a passé 18 mois dans les geôles royales, -où il a été copieusement torturé - avant de se retrouver à Guantanamo en 2004. Il a été libéré en février 2009 et a pu rentrer chez lui en Grande-Bretagne. Avec Abou Elkassim Britel et Ahmed Agiza, il a porté plainte contre une filiale de Boeing, Jeppesen Dataplan Inc. Ils l'accusent d'avoir servi de prestataire à la CIA lorsque celle-ci transportait par avion privé des terroristes présumés, capturés illégalement et acheminés vers d'obscures destinations pour y être interrogés sous la torture.
Lire à ce sujet :
Torture dans les prisons marocaines de la CIA après Guantanamo, par Mohamed Mahamud Embarec, 28/3/2009
« À Guantánamo, j’ai obtenu un doctorat en torture et maltraitances » - Entretien avec Binyam Mohamed, par Moazzam Begg, 26/3/2009

LUTTE DES DÉTENUS SAHRAOUIS
Le défenseur sahraoui des droits de l’homme Yahya Mohamed Elhafed Iaazza en isolement au ¨cachot ¨
Le défenseur sahraoui des droits de l’homme Yahya Mohamed Elhafed Iaaza (43 ans), père de trois enfants, membre de L’ AMDH section TanTan et membre du CODESA et le prisonnier politique sahraoui Najem Bouba ( 28 ans ), continuent d’être isolés dans des cachots séparés à la prison locale d’Ait-Melloul . Le dit cachot est une cellule individuelle de superficie ne dépassant pas 3 m2 dépourvue de conditions d’aération et de luminosité non dotée non plus d’ameublement ni de couvertures, aménagée d’un trou ouvert a l’air libre supposé servir de toilettes ..les deux prisonniers sont interdits d’appeler les gardiens ni de communiquer avec autrui , pour leur prise de position en faveur de la cause sahraouie, ils font l’objet de manœuvres scandaleuses montées par les gardiens semant la xénophobie et le chauvinisme aveugle.
Les deux prisonniers politiques sahraouis,Yahya Mohamed Elhafed Iaaza et Najem Bouba, ont été transferes contre leur gré de la prison d’inzegane à la prison d’Ait Melloul , les yeux bandés , les mains menottées le long du trajet, les deux prisonniers ont été sévèrement torturés . À l’arrivée ils ont été conduits séparément chacun dans un quartier loin de l’autre, respectivement au quartier dit tawba´´ et au quartier rahma, soi-disant par mesure disciplinaire mais sans toutes fois qu’ils comparaissent devant un conseil disciplinaire comme prévoit la loi 23/98 régissant les prisons marocaines .
L’unique explication est la volonté explicite de punir les prisonniers politiques sahraouis, qui ne ratent aucune occasion de comparution devant un tribunal pour scander des slogans indépendantistes et revendiquer le droit du peuple sahraoui a l’autodétermination, comme ce fut le le cas lors de leur dernier jugement le 1er et 2 avril 2009 devant la cour pénale d’Agadir.
Les prisonniers politiques sahraouis Bouamoud Ali, Bouba Najem, Hassan Khallad, Elmahjoub Aaillal , Salam Charafi, Mahmoud Elbarkaoui, Mayara Elmoujahid, Abdelghani Ban, Lefkir Lahcen, Mohamed Salmi, se sont alors exposés a des recettes de torture sauvage par l’administration pénitentiaire d’Inzegane, et ont été éparpillés dans les cellules en les isolant les uns des autres et en confisquant leurs biens tout en maintenant Ali Bouamoud à l’isolement au cachot.
La délégation pénitentiaire aurait pris la décision de transfert de Yahya Elhafed et Najem Bouba le 7 avril 2009 à la prison locale d’Ait Melloul, et de les soumettre à l’isolement total du monde extérieur et les priver de leurs droits aux visites , à la promenade et aux soins médicaux, sachant que Yahia a des crises d’asthme chronique et a été privé des médicaments de traitement.Les prisonniers politiques ont réagi contre cette intervention brutale de l’administration pénitentiaire en entamant une grève de la faim illimitée qui met leur santé en grand danger : isolés dans les cachots, ils sont privés de l’usage d’ eau et de sucre comme seule nourriture de base, notamment Yahia Elhafed, Najem Bouba et Ali Bouamoud .
Selon des membres de la famille, Yahya Mohamed Elhafed Iaaza, qui purge une peine de 15 ans de prison ferme, souffre de maladies chroniques comme l’asthme , les rhumatismes , l’anémie et une gastrite en stricte relation avec des grèves de la faim précédentes, tout comme son camarade Najem Bouba, condamné à 4 ans de prison ferme et qui souffre de crises néphrétiques chroniques et d’ophtalmie . Il venait d’achever un traitement de 15 jours a l’hôpital provincial Hassan II à Agadir , et tous deux étaient hospitalisés au dispensaire pénitentiaire d’Inzegane pour des fins de soins et traitements poursuivis sous contrôle périodique du médecin néphrologue du dit hôpital. .
Source : Bureau exécutif du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme CODESA, Laayoune, Sahara occidental, 10 / 04 / 2009


DIPLÔMÉS CHÔMEURS
Pétition
Nous, signataires de cette lettre, citoyens/ennes des deux rives de la Méditerranée, voulons exprimer notre solidarité avec l'Association Nationale de Diplômés/ées chômeurs/euses du Maroc qui depuis sa création le 26 octobre 1991, maintient sa lutte pour le droit au travail et à s´organiser librement et pour une transformation démocratique réelle de la société marocaine. L'histoire de l'ANDCM, qui n'est pas légalement reconnue par le gouvernement marocain, est une histoire pleine de répression : prison, bastonnades, amendes, détentions et jugements injustes par le gouvernement marocain, exercés sur l'association et ses militants, pour le délit de combattre pour son droit au travail et à s´organiser librement.
Le 16 mai 1992 mourait assassiné dans le commissariat de police de Khenifra le militant de l'ANDCM, Moustafa El Hamzaoui, sans que jusqu'à aujourd'hui on ait éclairci les faits, trouvé sa tombe et puni aux coupables. La date de son assassinat, le 16 mai, est considérée le jour international de lutte contre le chômage, la précarité et l'exclusion sociale.
C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement marocain :
. - la reconnaissance légale de l'ANDCM et de son droit au travail et à s´organiser librement .
- le châtiment des coupables du meurtre de Moustafa El Hamzaoui
Note : Ces signatures seront livrées dans les ambassades et les consulats marocains le 16 mai Nom et prénom
Organisation
Profession
Ville
Pays
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MÉDIAS
Le photographe de Reuters, Rafael Merchante, a finalement pu obtenir le renouvellement de son accréditation. Steve Chrisp, haut responsable de l’agence Reuters s’est déplacé à Rabat afin de rencontrer le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri, pour régler le problème. L’agence britannique a demandé à son photographe de s’abstenir de toute déclaration à la presse sur ses conditions de travail au Maroc et de tout commentaire sur la décision des autorités marocaines.
Source : maghreb-ddh 15-04-09

MÉMOIRE
Il n’est jamais trop tard pour bien faire…
Le CCDH rend effective la recommandation spéciale relative aux victimes de Tagounit
Rabat - Le Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH) est parvenu en collaboration avec le gouvernement à rendre effective la recommandation spéciale relative aux victimes de Tagounit, dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation (IER), a annoncé, mardi à Rabat, le président du Conseil, M. Ahmed Herzenni. Intervenant à l’ouverture d’une rencontre avec des membres du groupe dit "de Casablanca", à l’occasion de la mise en œuvre de la recommandation spéciale relative aux victimes de Tagounit (ville au sud-est du Maroc), M. Herzenni a souligné que la mise en œuvre de cette recommandation, dans son volet indemnisations, s’avère le stade ultime en matière de réparation à titre individuel et ce, conformément aux normes et critères préconisés par l’IER.
La mise en œuvre de la recommandation spéciale relative aux victimes de Tagounit, par delà les montants qui leur sont alloués, contribuera sans nul doute à lever les souffrances de ces victimes, notamment en ce qui concerne la couverture médicale, considérée comme l’une des formes durables de réparation à titre individuel, a -t- il précisé.
Les victimes de Tagounit (215 personnes), notamment des personnes précarisées et des sans domicile fixe, avaient fait l’objet de rafles entre décembre 1971 et début mars 1972 à Casablanca, en relation avec les préparatifs pour une grande manifestation internationale dans la capitale économique. Ils ont été par la suite emprisonnés pour une durée de près de 28 mois dans un centre de détention à Tagounit.
Près de 77 dossiers ont été reçus par l’IER, dont 62 ont bénéficié d’indemnisations, alors que le reste est en instance pour complément de dossier. Les membres du groupe ont désormais accès à la couverture médicale, hormis quelques cas dont le dossier devra être complété.
La rencontre d’aujourd’hui revêt un caractère historique pour les victimes de Tagounit qui ont subi l’enlèvement et plusieurs formes de torture, a indiqué dans une déclaration à la MAP, M. Mohamed El Ouatikou, ancien détenu à Tagounit, se félicitant à cet égard des efforts déployés par le CCDH pour la mise en œuvre de cette recommandation spéciale.

ENFANTS MAROCAINS EN SITUATION PRÉCAIRE
“L’abus sexuel”, “les petites bonnes” et “les enfants de la rue” sont les sujets chauds de la presse au Maroc
Ainsi, les droits des enfants, surtout sa protection des différentes formes d’exploitation économique, retiennent l’attention de 20% des articles, alors que la maltraitance et l’exploitation sexuelle des enfants constitue le sujet de près de 18% des articles, selon cette étude réalisée par l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE) et l’Unicef. L’étude est annexée d’un document élaboré par l’Unicef qui récapitule ce qui est interdit à un journaliste de faire lorsqu’il traite d’un sujet en relation avec l’enfant. Il s’agit notamment de décliner l’identité et afficher l’identité visuelle d’un enfant objet d’un abus sexuel, accusé d’un délit ou condamné et de publier un reportage susceptible de mettre l’enfant et sa famille en danger. Ont pris part à cette rencontre, notamment, la ministre du Développement social, de la famille et de la solidarité, Mme Nouzha Skalli, le directeur exécutif de l’ONDE, M. Said Raji et le représentant de l’Unicef au Maroc, M. Aloys Kamuragiye.

Source : MAP
L'art au service de la lutte contre l'exploitation des enfants au Maroc
20.04.2009
Une exposition pour la sensibilisation à la situation des enfants vulnérables et les efforts déployés par le Maroc pour les protéger des diverses formes d'exploitations se tient actuellement dans le Royaume, à l'initiative de l'Agence espagnole de la coopération internationale (AECI) en collaboration avec le ministère de la Justice a rapporté la MAP.
L'exposition a commencé sa tournée à Tanger dans la deuxième semaine d'avril
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Droits des enfants
L'État marocain a signé en 1993 la Convention des Droits de l'Enfant adoptée par l'ONU en 1989, charte qui reconnaît à chaque enfant le droit de grandir dans un climat de "bonheur, d'amour et de compréhension". Le devoir de l'État est donc de protéger l'enfant contre toutes les formes de violence, contre l'abandon et l'exploitation. En accord avec les Conventions internationales, le gouvernement marocain a fixé dans le nouveau Code du travail l'âge légal du travail à 15 ans. L'Éducation étant aussi un droit pour l'enfant, le gouvernement a lancé une vaste campagne de scolarisation dans le Primaire. Il y a en effet urgence car les enquêtes estiment qu'un million et demi d'enfants ne sont pas scolarisés.
La réalité vécue par les enfants marocains issus de familles citadines ou rurales défavorisées est donc bien éloignée de l'idéal énoncé par l'ONU. La violence, les enfants la subissent sous plusieurs formes : selon l'Organisation Internationale du Travail, le Maroc reste aux côtés de la Chine et de l'Inde "l'un des pays présentant les pires formes de travail des enfants". Leur nombre est évalué à 600.000, dont l'âge s'échelonne entre 6 et 15 ans. les salaires se situent en dessous de toutes les normes, les heures ne sont aucunement réglementées. Les garçons occupent des emplois dans les commerces ou des entreprises.
Les filles sont employées dans le textile et de nombreuses autres, entre 7 et 10 ans, recrutées dans les campagnes et littéralement achetées à des parents très pauvres, deviennent les "petites bonnes" taillables et corvéables à merci dans les familles citadines. Des tentatives pour scolariser quelques heures par semaines ces enfants travailleurs restent des exceptions.
Ceux qui ne peuvent plus supporter les conditions de travail accompagnées assez souvent de brutalités commises par l'employeur, s'enfuient et vont grossir le flot des "enfants des rues" issus de familles pauvres déstructurées, enfants de mères célibataires, enfants abandonnés.Ces enfants, certains très jeunes, vivent dans l'insécurité totale de la rue, sans aucune hygiène, mal nourris, exposés à l'exploitation sexuelle dès dix ans, aux rafles de la police, emprisonnés souvent puisque le vagabondage est un délit...
Ces enfants ont été longtemps ignorés par la société, non recensés puisque totalement en marge mais une sensibilisation du public, grâce au travail des associations et des spécialistes de l'enfance, commence à changer le regard des citoyens sur ces "parias" et à mobiliser des gens très divers en faveur de ces enfants dans des structures qui tentent de pallier les carences de l'État. L'État lui aussi commence à s'inquiéter : les kamikazes de ces dernières années avaient vécu leur enfance dans ces quartiers misérables, sans infrastructures d'éducation et de soins... Source : CIIP
http://ritimo.org/index.htm

Mohammedia: Des enfants en situation difficile seront bientôt abrités
Education & Enfance - Actualités générales
Par Abdelmajid Boustani, lematin.ma , 4/1/2009
Un nouveau centre sera construit dans la Kasbah
Le nombre d'enfants en situation difficile connaît un développement exponentiel à Mohammedia. Agés entre 5 et 18 ans, ces enfants passent toute leur journée dans la rue. Quelques-uns d'entre eux rentrent «chez eux» le soir alors que d'autres passent la nuit sans abri. Conscients de la gravité de cette problématique, le conseil régional du Grand Casablanca et le comité régional de l'INDH ont financé la construction d'un centre d'accueil pour ces jeunes citoyens.
Installé dans l'enceinte de la Kasbah, ce projet inédit a pour vocation d'améliorer la qualité de vie de plus de 100 enfants en situation difficile. D'un coût global de 1.088.427 DH, dont 185.000 DH financés par l'INDH, cet espace vise à renforcer l'infrastructure sociale de la cité des fleurs. Toujours en cours de construction, le centre accueillera des filles et des garçons âgés de 7 à 18 ans pour les orienter vers des activités sportives, éducatives et de loisirs afin de changer leur destin et de leur assurer un avenir meilleur.
Avec l'accompagnement de l'association la Kasbah, il leur assurera un soutien éducatif et psychologique. En effet, soucieuse de l'avenir des tout-petits en situation précaire, l'association prend la responsabilité de mener un rôle d'accompagnement, d'éducation, de soutien et d'information. Il s'agit, en fait, de créer une perspective d'émancipation sociale, tout en jouant le rôle de conseiller pour cette catégorie de la population. Il est à rappeler que ladite association établit un plan de travail bien ficelé. Tout d'abord, elle mène des enquêtes de terrain pour identifier les enfants en situation difficile.
Une fois le travail de recensement terminé, les éducateurs emmènent ces petits citoyens au centre d'accueil qui les prend en charge. Vient ensuite le travail d'écoute et de réconfort, afin de faciliter leur insertion sociale. Une équipe formée d'éducateurs, d'assistantes sociales, de pédiatres et de psychologues sera ainsi mise à la disposition des enfants pour assurer leur accompagnement. Cependant, il est à noter que dans le cas des enfants en situation difficile, la priorité est donnée à la réintégration dans leur milieu familial, avant d'étudier d'autres possibilités de réinsertion afin de sauvegarder une image sociale stable de la famille marocaine. Il est à rappeler que ce projet entre dans le cadre de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH).
Grâce au soutien des différents partenaires, le nouveau centre d'accueil disposera de l'infrastructure adéquate pour offrir plus d'opportunités à cette catégorie d'enfants. Il sera doté d'un réfectoire, de dortoirs, d'espaces éducatifs ainsi que d'une salle de soins. Pour les responsables de ce projet, le nouveau centre sera un défi pour redonner le sourire à ces enfants marginalisés, dont la rue représente la seule issue.
Rappelons que différentes causes sont à l'origine de la situation de ces personnes notamment les problèmes familiaux : divorce, remariage, violence, prostitution, analphabétisme, pauvreté (dans certaines familles monoparentales, ces enfants sont la principale source de revenus)… Selon certaines statistiques, 5,22% de la population de la ville de Mohammedia est pauvre. Ce taux varie entre 3,37 % et 7,11 %, selon les communes. Les enfants représentent 47% des personnes en situation de précarité.
Devant l'ampleur du phénomène, il est urgent d'encourager toute action associative qui vise à assister les enfants en situation difficile et à faciliter leur insertion sociale et professionnelle. Les responsables à tous les niveaux sont conscients de la réalité des choses et doivent s'impliquer pour associer des politiques sociales et des mécanismes de lutte contre les déficits sociaux, en mobilisant aussi les pouvoirs publics, les collectivités locales, les acteurs de la société civile et le secteur privé pour relancer le développement économique et la promotion sociale.
D'où la nécessité d'une stratégie cohérente dans le domaine social en faisant de la lutte contre l'exclusion, la pauvreté, l'analphabétisme une priorité. Cette stratégie doit être fondée sur une approche de proximité. Dans cette approche, la priorité doit être accordée à la prise en charge des enfants en situation précaire et à l'amélioration de leur condition de vie par la mise en place de structures sociales ainsi que des services de base, notamment dans les quartiers défavorisés.


MIGRATIONS
APPEL POUR LA CONVERGENCE DES INITIATIVES MAGHRÉBINES
Depuis la fermeture des frontières terrestres algéro-marocaines, en 1994, la population riveraine ne cesse de vivre un drame humain. Séparés par des frontières devenues des murs invisibles, les membres d’une même famille se trouvent, ainsi, obligés de prendre l'avion à partir de Casablanca ou Alger, chacune à plus de 500 kilomètres de la frontière, pour espérer rejoindre les leurs, alors qu’ils vivent parfois, à moins de 1km les uns des autres (exemple de la ville de Ahfir et Ghazaouate avec la frontière dans la ville).
Outre le fait que l’avion est un moyen de transport onéreux et inaccessible à la plupart, la distance à parcourir dans la légalité est plus que décourageante ! Il ne leur reste plus qu’à emprunter « trik el ouahda », qui reste la seule solution pratique pour ces familles même si son coût n'est pas à la portée de tous .
Cette voie, dont le nom signifie – ironie du sort – route de l’unité supposée maghrébine, leur permet de se déplacer entre les deux frontières, mais en toute illégalité ! Réduits à traverser illégalement la frontière, ces personnes sont des proies aux marchandages des gardes frontières, tant algériens que marocains. Pourquoi ces populations doivent-elles faire les frais de décisions politiques obsolètes et étrangères aux réalités humaines ?
Pourquoi brûler leur droit à la liberté de circulation sur l’autel de la souveraineté étatique ? Pourquoi les personnes ne peuvent-elles circuler ALORS que les biens, eux, connaissent une circulation illégale florissante ? Le destin de familles entières serait-il moins important que celui des marchandises ?
Aujourd’hui, il faut mettre un terme à cette hypocrisie en relançant le processus de réouverture des frontières terrestres algéro-marocaines aux citoyens des deux pays. La mise en œuvre de solutions concrètes (laissez passer ou jour fixé par semaine) devrait pouvoir assurer la circulation des familles des deux côtés de la frontière.
D’ailleurs, le 22 février 2009, les frontières terrestres algériennes se sont ouvertes pour laisser passer la caravane humanitaire venant de Londres et en direction de Gaza en Palestine, pour venir en aide au peuple palestinien à Gaza victime d’une nouvelle agression militaire. Preuve que l'ouverture est possible quand la volonté politique existe ! C’est un signe d’espoir qu’il ne faut pas laisser s’évanouir sans réagir.
C’est pourquoi, nous lançons: Un APPEL à soutien à toutes les forces vives (société civile, syndicats et partis politiques) du Maroc et de l'Algérie, à tous les maghrébins où qu'ils se trouvent, au Maghreb ou non, ainsi qu'à tous les militants des droits humains. Un APPEL pour créer une forte synergie qui amènera les autorités des deux pays à trouver des solutions humanitaires et à les concrétiser rapidement.
Un APPEL POUR LA CONVERGENCE DE TOUTES LES INITIATIVES MAGHRÉBINES AYANT POUR BUT LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN DURABLE DU MAGHREB.
Pour signer l’APPEL: envoyez Nom, Prénom, Qualité, Organisation à l'adresse mail suivante:
fatiha_daoudi@yahoo.fr
Premières signataires: Fatiha DAOUDI, présidente de Ryage.com, association pour le développement humain et culturel de la région de l’Oriental marocain, Alima BOUMEDIENE THIERY, parlementaire, association CHEMS, Bouchra BOULOUIZ, écrivaine
DOUCEUR ANGEVINE ET ACHARNEMENT POLICIER
Un papa marocain séparé de ses filles : une fois de plus une vie de famille brisée au nom du quota des expulsions...mais, bien sûr, dans un souci humanitaire...
Il y a quelque temps nous avions appris l'arrestation d'un papa alors qu'il sortait de l'école Aldo Ferrarro, à Angers, où il venait de déposer sa petite fille. Ammar Amedjar est marocain, marié avec une jeune femme d'origine marocaine qui réside en France depuis l'âge d'un an, titulaire d'une carte de résident (10 ans).
Ils se sont mariés en 2005 au Maroc. Après le mariage, elle rentre en France, où vit toute sa famille, pour rechercher un emploi, afin de pouvoir faire une demande de regroupement familial. Déchirée, entre la France où est sa vie depuis toujours et le Maroc où se trouve son mari, elle fait des aller-retour au moins 2 fois par an pour pouvoir le voir. Des enfants naissent : Maria a trois ans et demi, Amina 7 mois.
En mars 2008, lassé d'attendre ce regroupement familial, Ammar entre en France avec un visa de trois mois ; lorsque celui-ci expire, il décide de rester près de sa femme et de ses deux filles. En juin 2008, à quelques jours de la naissance de leur seconde fille, la police l'interpelle à son domicile, l'emmène en garde à vue puis en rétention à Rennes.
Arrivé à l'aéroport, il refuse de monter à bord. Il est remis en garde à vue et passe en comparution immédiate à Rennes. Il est libéré mais condamné à un mois de prison pour refus d'embarquement. Il retourne chez lui ; quelques jours après la police revient à son domicile vers 8 h du matin en lui demandant de les suivre pour des formalités administratives à la préfecture. Hésitant, il accepte pourtant et se retrouve à nouveau en garde à vue.
L'après midi même, il est emmené à l'avion et craignant une nouvelle condamnation, il embarque pour Casablanca. Après 2 mois passés loin de sa femme et de ses 2 petites filles, il décide en septembre de revenir clandestinement en France.
Et voilà que le 6 février, à la veille des vacances scolaires, il est arrêté, à moins de 100 m de l'école où il vient à pieds, comme chaque matin, déposer sa petite fille. Un policier prévient ensuite sa femme qu'il est conduit à la maison d'arrêt d'Angers pour purger sa peine. La petite Maria ne comprend pas pourquoi son papa n'est pas venu la chercher. La femme d'Ammar ne peut plus poursuivre ses démarches professionnelles.
Un nouvel APRF lui a été notifié en prison. Un recours a été fait qui sera jugé lundi 16 février à 10h au Tribunal administratif.
Si l'APRF est confirmé, Ammar sortirait de prison à l'issue de sa peine pour être reconduit au Maroc alors que sa femme et ses filles sont en France où elles ont passé toute leur vie. Peut-on encore affirmer que l'immigration est gérée avec un souci d'humanité ?
Monsieur Sarkozy jadis, Monsieur Hortefeux plus récemment, Monsieur Besson aujourd’hui, M. Darcos, Ministre de l'Education il y a peu, se sont à plusieurs reprises engagés publiquement à ce qu'il n'y ait pas d'arrestation dans les écoles ou à leurs abords...
Ammar Amedjar n'a commis aucun autre délit que de vouloir vivre auprès de sa femme et de ses enfants. Il l'a demandé légalement. Il en a attendu l'autorisation durant des années pendant lesquelles les autorités se sont moquées de lui et de sa famille. Quand il a décidé de rester auprès de ses enfants, la réponse a été la police, l'interpellation, la violence, la condamnation, la déloyauté et, pour finir, l'arrestation à la porte de l'école de son enfant et la prison.
Les lois et les textes qui interdisent de fait le regroupement familial et la délivrance des visas doivent être abrogés. Nous demandons , la délivrance immédiate d'un titre de séjour vie privée et familiale à Ammar Amedjar. En vain... L'acharnement continue contre Ammar.
Le 18.04.09, alors que sa femme et ses filles l'attendaient à la sortie de la prison de Villepinte, il a été embarqué pour le centre de rétention de Bobigny et un avion est prévu le soir même à 21h. Il est temps que cesse cet acharnement: Ammar n'a-t-il pas payé assez cher son simple désir de vivre auprès de sa femme , de Maria, 3 ans et d'Amina, 9 mois?
Pour RESF 49, Katia Beudin 06 81 54 96 34
Vous pouvez manifester votre protestation (courtoise !) auprès de la préfecture de Maine-et-Loire Numéros tel : 02 41 81 81 81 & 02 41 81 80 20 Fax:02 41 88 04 63
c
abinet-prefet@maine-et-loire.pref.gouv.fr

Source :
Resf.info@rezo.net - http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/resf.info