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mardi 1 décembre 2009

Taoufik Ben Brik en prison : situation inhumaine

Par Khaled Ben M'Barek, 1/12/2009

Azza Ben Brik nous informe de ce qui suit en fin de journée, ce lundi 30
novembre :
Azza, ses beaux-frères Jalel et Fathi et sa sœur Saïda se sont rendus à la
prison de Siliana pour rencontrer Taoufik Ben Brik.Ils ont dû attendre de 
12h00 à près de 17h00. La direction de la prison les a laissé poiroter des
heures durant le temps que tous les autres visiteurs soient partis.
Pas de portable, pas de panier, pas de sac personnel, pas de médicaments,
pas d'échange de linge. Et au bout, la visite n'a pas dépassé les six minutes,
encadrée par 4 agents du côté du détenu et 6 du côté de ses visiteurs, à moins
d'un mètre des interlocuteurs.
L'essentiel de ce qui est à retenir de l'échange c'est que Taoufik était en
grève de la faim depuis mercredi 25 novembre, pour protester contre sa
détention. Ce jour-là, la prison avait prétendu que Ben Brik refusait les
visites, ce qui est évidemment faux.
Autre certitude : Taoufik ne reçoit ni traitement ni médicament. Il est apparu
grandement affaibli et mal en point. Il a justifié sa grève comme étant l'ultime
moyen de se faire entendre.
Les quelques minutes restantes ont été consacrées à supplier le détenu pour
qu'il arrête sa grève de la faim, ce à quoi il semble avoir consenti, mais nul
n'en sait rien. Les visiteurs n'ont donc rien pu savoir de plus sur les
conditions de détention.
Bousculés, chassés, les visiteurs ont protesté à l'annonce de la fin de la
visite.Ils ont été jetés hors de la prison et leur carte de visite, encore valide,
leur a été confisquée.
Siliana est à l'intérieur des terres du côté du nord-ouest de la Tunisie. En
hiver, il y fait très froid et Taoufik a un système immunitaire très diminué,
dossier médical ayant été déposé auprès de l'administration pénitentiaire,
sachant qu'il s'agit justement d'un pénitencier, alors que la peine de Taoufik
n'est pas définitive, ce qui est pour le moins inhabituel...
Ces pratiques, Azza et Jalel en sont convaincus, visent à provoquer la mort de
Ben Brik. Comme ils n'ont pas pu récupérer son linge sale, il devra continuer à
la porter..
Fin de l'info, Azza

samedi 7 novembre 2009

Tunisie : dernière minute

Par Khaled Ben M'barek ,7/11/2009


Nous apprenons à l'instant que le domicile du journaliste et plume libre Slim
Boukhdhir est encerclé par la flicaille du général Ben Ali, qui renvoie
quiconque tente de lui rendre visite. Sa famille est terrorisée.
Nous ignorons jusqu'à cet instant les causes de cet assaut qui était de toute
façon prévisible.
Le général de renseignement Zine Ben Ali avait promis de se venger et sa
vengeance est en marche. Les Tunisiens y feront face ; les dégonflés et les
traîtres regarderont et béniront ; les amis du peuple tunisien se mobiliseront
et la victoire sera du coté de l'Histoire.
Slim, Taoufik, Zouhair sont la fierté et l'honneur d'un pays que l'on voudrait
sans fierté et sans honneur. Leur martyr fera par payer.
C'est la seule chose que l'Histoire retiendra du règne de l'Infâme de Tunis..

Manoeuvres du général Ben Ali pour faire oublier les nouveaux prisonniers


Par Khaled BEN M'BAREK, Coordinateur du CIDT-Tunisie, 6/11/2009

Victorieux, les militants du Bassin minier ont retrouvé la liberté


C'est avec grand bonheur que nous avons appris la libération des héros des
luttes sociales de Rdeyef et du bassin minier de Gafsa. Nous félicitons
chaleureusement les compagnons de lutte, leurs familles et leurs soutiens
tunisiens et internationaux pour cette victoire historique. Nous saluons les
déclarations dignes et déterminées du leader du mouvement, Adnane HAJJI,
estimant que la liberté n'est pas un cadeau et que la lutte est loin d'être
finie.
Cette issue heureuse montre de façon éclatante que la digne résistance finit
toujours par payer. C'est là une réponse cinglante à tous ceux qui travaillent à
saper le potentiel de lutte du peuple tunisien. Quels que soient leurs mobiles
et leurs intentions, ils inspirent davantage la pitié que le mépris.
C'est dans le droit fil de ce souffle salvateur et de foi dans la victoire du
peuple que nous appelons la société civile tunisienne, les organisations et les
militants amis du peuple tunisien, ainsi que les médias objectifs à contrecarrer
le dessein du général Ben Ali consistant à faire passer sa vengeance contre ses
opposants en contrepartie de l'élargissement des militants du Bassin minier. Ce
serait aussi l'occasion de redorer le blason de son obsessionnel 7-Novembre en
ce 22ème anniversaire.
Face à une levée de bouclier comme les Tunisiens n'en avaient plus connu depuis
le SMSI, le pouvoir a manœuvré avec le cynisme froid caractéristique des menées
du renseignement, dans le but d'obtenir les faveurs de milieux qu'il sait avoir
mis dans une posture intenable. Certains de ses soutiens traditionnels les plus
bienveillants ont éprouvé le besoin de se démarquer, parfois de manière assez
spectaculaire, tant à propos du résultat des élections qu'en ce qui concerne la
vendetta qui les a accompagnées et les a suivies, contre les opposants et les
journalistes, notamment l'indomptable Taoufik BEN BRIK.
Nous voudrions espérer que tout intervenant de bonne foi dans l'affaire
tunisienne, national ou étranger, s'abstiendra d'exprimer toute forme de
satisfaction à l'endroit du gouvernement tunisien pour avoir remis des innocents
en liberté. Tant que les militants, notamment les journalistes opposants
Taoufik BEN BRIK et Zouhair MAKHLOUF seront maintenus en détention, il s'agit
bien d'un chantage sous forme de deal des plus odieux : je vous offre les
militants du Bassin minier et vous me cédez les journalistes.
Relâcher la pression serait encourager le potentat sénilisant à aller jusqu'au
bout dans l'assouvissement de sa vengeance. Ce serait donc perpétuer le calvaire
des victimes -Taoufik BEN BRIK et leur faire courir les pires risques que l'on
peut imaginer lorsque l'on est livré sans défense à une vengeance quasi-privée.
Les prisonniers personnels de M. Ben Ali s'appellent désormais Taoufik BEN BRIK
et Zouhair MAKHLOUF. Les deux sont malades et ont besoin de soins spécifiques.
Ce sera pour leur geôlier une raison de plus de les garder le plus longtemps
possible.
Seule une mobilisation vigoureuse et une campagne de soutien déterminée sauront
desserrer l'étau autour des victimes


Centre d'information et de documentation sur la Torture (CIDT-TUNISIE)
cidtunisie@free.fr     CCP N° : 6 458 94 X DIJON
Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés
Membre du Réseau SOS-Torture de l'OMCT-Genève

dimanche 25 octobre 2009

TUNISIE : Zouhair Makhlouf paie ses incursions dans le jardin secret du général Ben Ali



Par Khaled Ben M'Barek, CENTRE D'INFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LA TORTURE, Besançon, 25/10/2009
Militant contre la torture, il a popularisé l'affaire Faysal BARAKAT : Zouhair MAKHLOUF, militant associatif et opposant résolu à la tortiocratie du général Ben Ali, a été incarcéré en attendant son procès fixé au 3 novembre 2009.
Il avait été arrêté mardi 20 octobre, soi-disant pour avoir réalisé un reportage sur la zone industrielle de Nabeul. M. MAKHLOUF avait déjà été convoqué par la police, suite à une plainte d'un certain Mourad LADIB, qui l'accuse de ne pas avoir respecté son droit à l'image en l'ayant interrogé dans le reportage en question sans avoir obtenu son consentement. La victime devra rester en prison d'ici là, pour subir les débuts de la vengeance implacable de M. Ben Ali pour chaque coin de voile si adroitement levé par M. MAKHLOUF sur des réalités tunisiennes soigneusement camouflées par l'Etat policier : de ce point de vue, on peut estimer qu'il prend la place de Dr A. ELEUCH en tant que prisonnier personnel du président. De fait, c'est bien là qu'il faut chercher la raison des persécutions contre M.MAKHLOUF.
En effet, il est le premier à avoir documenté par des témoignages vivants filmés l'affaire Faysal BARAKAT, étudiant de 25 ans mort sous la torture le 8 octobre 1991, que j'avais soumis au Comité contre la torture des NationsUnies (CAT) depuis 1994. M. MAKHLOUF a mis en ligne les témoignages de personnes que j'avais citées dans ma communication au CAT, mais aussi d'autres que j'ai découverts dans le reportage, ainsi que la mère et le frère de la victime.L'ensemble corrobore parfaitement le crime tel que relaté au Comité depuis le dépôt de la communication il y a 15 ans.Tous les observateurs ont souligné la différence entre une affaire de mort sous la torture, que le pouvoir a fait mine de ne pas voir, et une autre de prétendu droit à l'image qu'il monte en épingle.
Or, le reportage en question de Zouhair MAKHLOUF a été mis en ligne le 11 octobre 2009 en soirée. M. MAKHLOUF a reçu sa première convocation à se présenter à la police le surlendemain 13 octobre. Nous avons formé l'espoir secret qu'il ne serait pas persécuté davantage qu'il ne l'était jusque là, mais nous ne nous faisions pas trop d'illusions. Il était clair que M. MAKHLOUF avait franchi une véritable ligne rouge. La nouvelle de son arrestation ne nous a donc pas tout à fait surpris.
Nous sommes en même temps heureux de constater qu'il s'est levé autour de lui un puissant courant de soutien très actif auquel participent toute l'opposition démocratique et l'essentiel de la société civile toutes tendances confondues.
Zouhair MAKHLOUF ne sera pas libéré d'ici dimanche et il sera la preuve vivante que des élections à l'ombre d'une tortiocratie ne sont qu'illusion et tromperie. Rien que pour cela, M. MAKHLOUF aura eu le dessus sur le général de renseignement Zine Ben Ali, ainsi mis à nu, en attendant de découvrir les décimales au-delà des 94 à 99 %.


CENTRE D'INFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LA TORTURE
(CIDT-TUNISIE)
Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés
Membre du Réseau SOS-Torture de l'OMCT-Genève
Comité d'honneur :
M. Jacques FRANÇOIS
Mgr Jacques GAILLOT
Dr. Hélène JAFFÉ
M. Gilles PERRAULT
M. François DE VARGAS
Président :
Jean-Marc MÉTIN

jeudi 8 octobre 2009

Lettre ouverte aux "concurents" du général Ben Ali

Par Khaled Ben M'Barek,Besançon, 6/10/2009



Si Mostfa, Sid'Ahmed, Si Néjib, chers compatriotes,
Depuis les premières « élections » législatives et présidentielles organisées en1989, il s'est toujours trouvé quelqu'un pour dire qu'il ne faut pas jouer lachaise vide et qu'il faut tenter de réformer de l'intérieur. Depuis, le généralBen Ali a toujours pris ces gens-là comme témoins d'une forme de régularité deSES élections. C'était, nous disait-on, un moyen de promouvoir le processus démocratique. La loi électorale a été actionnée comme miroir aux alouettes,comme un éternel début potentiel, comme la promesse d'une maturité en devenir.A chaque fois, Ben Ali est le premier surpris par la facilité avec laquelle ça marche. Il n'a même pas besoin de recourir à autant de répression qu'il l'atoujours prévu et préparé, puisqu'une bonne frange de la société politique,toutes tendances confondues, entre dans son jeu, se montre aussi crédule et court éperdument après on ne sait quels dividendes électoraux.
Chers compatriotes, Ben Ali se prépare à vous utiliser contre vous-mêmes et contre votre peuple pour demeurer au pouvoir, avec une certaine légitimité qu'il tire de vous et de votre présence à ses côtés, même en tant que challengers.Comment pouvez-vous admettre que les résultats de ces « élections » sont décidées d'avance jusqu'au moindre détail pour ensuite vous précipiter pour yparticiper à quelque titre que ce soit ? Comment ne craignez-vous pas pour la part quelconque de crédibilité que vous pouvez revendiquer auprès de l'opinion tunisienne ? Etes-vous à ce point disposés à compromettre une vie de lutte militante pour un résultat qui pourtant ne fait pas l'ombre d'un doute ? Est-il possible qu'un militaire insignifiant se joue d'éminents intellectuels comme vous ?
Compteriez-vous sérieusement rivaliser avec les agents Bouchiha, Mouada, Thabetou Inoubli ? Même le Tajdid, cher Sid'Ahmed Brahim, se voit doublé par le parti écolo fantoche de Khammaci, qui se présente miraculeusement presque dans toutes les circonscriptions et qui est parti pour récupérer une bonne partie des sièges qui auraient pu être attribués à l'ex-PCT, qui montre des velléités d'autonomie.
Messieurs, même mus par la meilleure bonne volonté du monde à son égard, le général s'est débrouillé pour vous éliminer d'une course présidentielle pourtant gagnée d'avance et très haut la main par lui. Il vous a ainsi évité, sauf à Sid'Ahmed Brahim, la grande humiliation des zéros virgule quelques poussières qu'il avait infligé à d'autres avant vous. Allez-vous vous laisser faire ? L'expérience ne vous est-elle d'aucun secours ? N'avez-vous pas pitié de votre propre amour propre ainsi avili ?

Et n'allez surtout pas prétendre protester après coup ! Ben Ali aura beau jeu,comme à chaque fois depuis 1989, de vous traiter de mauvais joueurs. Vous entrez dans le jeu uniquement pour gagner, mais si vous perdez vous renversez la table. Pour une fois, il faudra reconnaître à cet instant que sa logique est plus cohérente que la vôtre.

Messieurs, vous avez chacun une vie d'activisme politique et il peut être possible que ce soit votre dernière campagne « électorale », du moins en tant que responsable de vos formations. Profitez-en pour rétablir la valeur de l'action politique dans notre pays, pour déposer devant l'Histoire votre témoignage véridique que JAMAIS sous le général de renseignement Zine Ben Ali aucune élection digne de ce nom n'a vu le jour, jamais aucun vrai parlement n'a été élu, aucune institution n'a été authentiquement républicaine.

Profitez-en, Messieurs, pour sortir du magma gluant des marchandages, des compromissions, du faux témoignage rémunéré en sièges - c'est le cas de la dire- sonnants et trébuchants.

Nombre de milieux étrangers ont les yeux fixés sur vous, vous font confiance et souvent accordent leur perception de la réalité tunisienne et leurs prises de position avec l'idée que vous leur donnez sur la situation dans notre pays.Votre présence aux côtés de Ben Ali laisse à penser à beaucoup d'entre eux qu'il s'agit d'une course démocratique pour quelque alternance, même purement virtuelle. Dès lors, les étrangers ne peuvent plus se montrer plus tunisiens que les Tunisiens. Ce slogan détestable nous l'avons entendu des années durant dans les années 90-2000, souvent de gens dont la sincérité ne pouvait souffrir d'aucun soupçon.

Jusqu'à quand allez-vous reproduire ce schéma à la Sisyphe ? Quand est-ce que vous allez rejoindre les aspirations de la masse des Tunisiens qui, même accablés d'impuissance, cherchent divers modes de contestation, parfois ostensible, pour signifier leur ras-le-bol et leur soif d'un changement désespérément attendu depuis deux décennies ? N'avez-vous pas vu que des jeunes Tunisiens ont pris les armes face à cette banquise bénalienne qui s'apparente à un Désert des Tartares ?

Messieurs, chers compatriotes,
L'ennemi de la liberté s'apprête à nous gouverner encore de cinq ans en cinq ans et ne se voit pas exister hors du pouvoir. Il est ligoté dans une logique absolument implacable : ce qu'il a commis envers le peuple tunisien lui vaudrait devant un tribunal régulier un châtiment proportionnellement adapté à la souffrance tragique provoquée. Or, il sait qu'un éventuel successeur ne peut construire aucune espèce de légitimité s'il ne commence par débénaliser le pays au Kärcher et à la soude caustique.

La solution qui semble d'ores et déjà être mise en oeuvre c'est la succession monarchique. Mais que faire en l'absence d'un héritier mâle en âge de prendrela relève ? Ben Ali ne semble nullement rassuré à l'idée de lancer l'une de ses filles dans l'arène. Reste LA solution : un gendre jeune et (plus ou moins) politiquement vierge, qui doit tout à son beau-père et grand-père de ses enfants, donc qui, certainement en sera le protecteur. j'ai nommé le désormais fameux Sakhr El Matri.

Je vous appelle solennellement, dès ce mercredi à Paris, à proclamer, avec le CRLDHT et nos amis de France et d'ailleurs, notre hostilité commune résolue à la transmission monarchique de la Tunisie au gendre de l'actuel Régent ou à tout autre. Il est de votre responsabilité de ne pas laisser pourrir la situation comme cela se passe en Egypte et en Libye, où l'on n'est pas loin de considérer que les dés sont jetés. Le peuple tunisien doit être mis en garde contre ce sort funeste que l'on prépare pour ses générations à venir. Mais nul ne vous écoutera si vous êtes en même temps impliqués, même à votre corps défendant, dans une falsification caractérisée de la volonté populaire par de médiocres faussaires dont l'avenir du pays est le dernier des soucis.

Je suis encore une fois navré de ne pouvoir être parmi vous en cette soirée demercredi, mais je suis soulagé à l'idée d'avoir pu vous communiquer une partie de ma détresse que nul ne parte au secours du peuple tunisien en cette épreuve dite électorale.
Je vous suis reconnaissant de m'avoir écouté.

Khaled BEN M'BAREK, réfugié politique depuis 16 ans, antitortiocrate privé deson pays et qui n'y rentrera que quand la liberté y rentrera, tête haute,dignité et honneur intacts pour témoigner contre Ben Ali et ses courtisans et ses rabatteurs, tous honnis jusqu'au siècle des siècles.

samedi 29 août 2009

Ahmed Eleuch, nouveau prisonnier personnel du général Ben Ali

Par Khaled Ben M'barek,coordinateur du CENTRE D'INFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LA TORTURE CIDT-TUNISIE, 27/8/2009
Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés
Membre du Réseau SOS-Torture de l'OMCT-Genève
Comité d'honneur :
M. Jacques FRANÇOIS
Mgr. Jacques GAILLOT
Dr. Hélène JAFFÉ Besançon,
M. Gilles PERRAULT
M. François DE VARGAS
Président : Jean-Marc MÉTIN

Psychiatre parisien tombé entre les mains des tortionnaires de Tunis, AHMED ELEUCH est le NOUVEAU PRISONNIER PERSONNEL DU GENERAL BEN ALI. C'est donc à présent quasiment certain : Ahmed ELEUCH est voué à purger les 4 ans de prison auxquels l'avait condamné un simulacre de tribunal, bras articulé du pouvoir.
Dr. ELEUCH, psychiatre franco-tunisien en région parisienne depuis deux décennies, était rentré le 31 juillet à Tunis pour rendre visite à ses vieux parents malades. Auparavant, il avait tenté vainement d'obtenir son passeport tunisien. Selon toute vraisemblance, la police politique de l'ambassade l'aurait soumis au chantage classique : s'aligner sur le pouvoir ou rester sans passeport. Il semble même qu'un repenti tunisien l'ait appelé pour l'inciter à faire le voyage sans crainte. Etait-ce un guet-apens ou ce débris de l'opposition a-t-il lui-même été abusé par la police ?... Toujours est-il que Dr. ELEUCH aurait obstinément rejeté cette ignominie, lui qui est resté éloigné de son pays depuis de si longues années, attristé par le sort fait à son peuple, privé de tous ses droits, hormis celui de consommer et d'applaudir.
Médecin et intellectuel connu et respecté dans les milieux de l'immigration et de la diaspora tunisiennes, Dr. ELEUCH avait foi dans un islam ouvert, éclairé et fédérateur, loin de la violence et des soubresauts sanglants, comme certains pays musulmans ont pu en connaître. C'est cet homme-là qui a refusé d'abdiquer sa liberté et de courber l'échine, qui doit aujourd'hui servir d'exemple, si besoin était. Il a osé.
Or, le général de renseignement Zine Ben Ali, qui gouverne la Tunisie depuis 22 ans et qui rempile pour cinq ans en octobre prochain, n'apprécie pas qu'on le contrarie. MARZOUKI, HOSNI, BENSEDRINE, YAHYAOUI OU ABBOU, entre autres, l'ont contrarié. Tous ont été à un moment ou à un autre ses prisonniers personnels. Ils ne sortent de prison qu'après avoir subi ce que ce tortionnaire en chef espère être des séquelles irréversibles. Or, Dr. ELEUCH est un être modeste qui n'a jamais recherché la notoriété. En lui infligeant quatre an de prison ferme, M. Ben Ali semble avoir calculé qu'il se retrouvera en tête à tête avec sa victime, surtout par ces temps difficiles où nombre d'anciens opposants se sont mués en agents zélés de la tortiocratie, avec pour mission de débarrasser le militaire au pouvoir de ses opposants à l'étranger, notamment en France, y compris par de véritables opérations d'intox et de renseignement. L'un de ces agents installé en Suisse a tenté en vain une intox d'envergure auprès du Comité des Nations unies contre la Torture. Mais la « culture de la torture » qui règne à Tunis y est si connue que c'était peine perdue. Par ailleurs, on n'oubliera pas que le général Ben Ali vient de déposer officiellement sa candidature aux élections du 25 octobre, pour exercer le pouvoir jusqu'en 2014 et jusqu'à ce que mort s'ensuive. Il a donc besoin de faire taire toutes les voix discordantes, tant qu'il n'y a pas un prix à payer. Autrement, il peut se montrer pragmatique, voire magnanime.
C'est pour cela que nous appelons toutes les parties capables de lui porter secours, notamment le milieu médical en France, à se mobiliser pour que le franco-tunisien puisse voir ses parents et rallier sa famille et son cabinet médical au plus vite. Cela ne sera certainement pas facile, mais seul, il n'a aucune chance.
__________________________________________________________________________________________> Centre d'information et de documentation sur la Torture (CIDT-TUNISIE).> Association Loi 1901> 5A, rue Emile SCAREMBERG. F25000 Besançon. France - Tél : (33 3) 81 82 23 49 -> Courriel : cidtunisie@free.fr> CCP N° : 6 458 94 X DIJON

jeudi 20 août 2009

Qui est Younès Moujahid ?


La première réponse à Khaled Ben M’Barek (lire ci-dessous : URGENT ! Avis de recherche : qui est ce vrai-faux journaliste marocain ? )

Par si Mo BEL,19/8/2009

C'est un transfuge de la gauche des années 70. Vous ne devez pas ignorer le bon usage que certains régimes (comme ceux de chez nous) savent faire de pareils spécimen. Il avait fait partie de la première bande à part à renier le mouvement dont il avait fait partie dès les premiers jours de prison. Ce qui est, à la limite, compréhensible quand la direction fait de trop grosses conneries. Mais la bande s'était empressée de faire cela le plus publiquement du monde, alors que les coups pleuvaient encore dru; et le public qu'elle visait se situait au Palais (de Rabat) et tout autour.

À la décharge du pauvre Younès, il était l'un des plus jeunes d'entre nous quand tout cela lui était tombé sur la caboche tout d'un coup."Tu grandiras, tu oublieras et tu épouseras la plus belle des femmes", nous disaient mère et grand-mère quand on se faisait bobo


et le commentaire de Khaled

...En effet, une frange non négligeable de militants de toutes nos contrées en est venue plus ou moins rapidement à se demander "à quoi bon ?...", alors que la vie s'en va si vite ?? Ceux-là ont vite fait de présenter leurs services au plus offrant. M. Moujehid est effectivement le spécimen que j'avais supputé. Nul besoin d'être clerc pour le découvrir. Il s'est fait inviter tous frais payés à Tunis, a ostensiblement présenté le faux témoignage que l'on attendait de lui, a avantagé les usurpateurs et est reparti d'où il était venu. Sa "neutralité" aura poussé un syndicat tunisien (relativement) influent entre les mains du pouvoir.
De ce point de vue, on a une faune de mercenaires prêts à répondre à toute invitation.

Mais je ne comprends toujours pas : est-ce ce spécimen-là qui est le premier responsable du journalisme marocain ?? Dans lequel cas, comment rien n'aurait été fait pour lui demander pour quelle raison il est allé casser du confrère tunisien ? Combien cela lui a été payé ? Quelle incidence ce comportement aura-t-il sur le journalisme marocain, notamment en relation avec les organisations internationales du secteurs, qui ont majoritairement rejeté le putsch gouvernemental comme tel (encore RSF ce jeudi) ?
C'est cela qui ternit fortement la très forte image que se fait tout le monde du journalisme marocain, surtout en Tunisie...

mardi 18 août 2009

URGENT ! Avis de recherche : qui est ce vrai-faux journaliste marocain ?

Par Khaled Ben M'Barek, 17/8/2009



Je viens à l'instant de voir un reportage sur Al Jazeera à propos du prétendu "congrès extraordinaire" du syndicat national des journalistes tunisiens. Le président légitime du syndicat Néji Bghouri a pris la parole, alors qu'aucun fantoche de ce congrès n'a daigné répondre aux questions de la journaliste pugnace Faïrouz Ziani.Jusqu'ici rien que de trop normal.


Mais cela se corse lorsqu'on nous annonce un journaliste et responsable syndical marocain : un certain Younès Moujahid. MmeZiani lui demande ce qu'il en pense. Il répond qu'il participe au congrès parceque - tenez-vous bien ! « la direction légitime a eu recours à la justice. », qui a rejeté sa requête. "Nous sommes face à une décision de justice", a-t-il dit sans avoir l'air de rire. J'en ai conclu de suite qu'il est soit ignorant des réalités tunisiennes, soit complaisant pour des raisons d'intérêt personnel.

J'ai quand même continué à suivre l'interview de cet individu apparemment sans scrupules : Semblant perplexe, Mme Ziani lui fait remarquer que l'Union internationale des Journalistes n'a pas reconnu ce congrès et a écrit au Bureau légitime du syndicat qu'elle refusait d'y prendre part pour ne pas le cautionner. Le prétendu journaliste a répondu qu'il était lui-même vice-président de l'Union internationale et a cherché à délégitimer la positionde l'organisation. Mme Ziani l'a alors achevé en lui lançant à la figure que l'Union dont il se réclamait avait informé le bureau légitime ainsi que l'opinion que le dénommé Mjehid (c'est le nom de notre fameux journaliste) ne pouvait être à ce faux congrès qu'en son nom personnel et aucunement au nom de l'Union internationale.

Au lieu de se suicider, notre homme a tenté d'embarquer l'Union internationale dans sa prétendue neutralité par laquelle il apportait son concours à des putschistes dirigés directement du palais de Carthage, notre makhzen national.


Question à tous les amis marocains :
Qui est ce Moujahid, présenté comme président du syndicat des journalistes marocains ??
Il serait ainsi le patron de gens tels que Ali Lemrabet ou de Khalid Jemaï, par exemple ?!.
Absolument n'importe quoi !
Merci d'éclairer notre lanterne

PS : J'en ai appris encore un peu plus depuis que j'ai commencé la rédaction du présent sujet, mais je serais heureux de connaître l'avis de ceux qui connaissent ce personnage.