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mercredi 4 août 2010

Tunisie. Sois journaliste et tais-toi

Par Clémentine Hillairet, Telquel, juillet 2010
Seul journaliste à avoir couvert les émeutes populaires de la région de Gasfa, le journaliste a été accusé par les autorités de faire partie d’un “groupe criminel”.Un reportage sur des émeutes populaires a conduit
le journaliste Fahem Boukadous en prison. Un cas malheureusement pas isolé dans un pays où les médias publics et privés sont contrôlés par l’Etat.
“Il va en prison comme il s’en va-t-en guerre”, écrit Taoufik Ben Brik à propos de Fahem Boukadous. Sans se connaître réellement, ces deux-là ont énormément en commun. Ils ont tous deux été arrêtés par les autorités tunisiennes et emprisonnés. Leur unique tort : celui d’êtrejournalistes.
Le premier, Taoufik Ben Brik, est sorti de ses geôles en avril, après avoir purgé une peine de six mois de prison pour “coups et blessures volontaires, dégradation des biens d'autrui et atteinte aux bonnes mœurs”. A l’origine de cet embastillement, la plainte d'une femme qui l'accusait d'avoir embouti sa voiture puis de l'avoir frappée et insultée. Une affaire aux allures de machination destinée à intimider le journaliste, qui avait eu le malheur de publier dans les médias français des écrits satiriques visant le président tunisien. Quant à Fahem Boukadous, il a été arrêté le 8 juillet dernier et condamné à quatre ans de prison pour avoir “diffusé des informations et constitué une entente criminelle susceptibles de porter atteinte aux personnes et aux biens”. Selon son avocate Radia Nasraoui, le verdict a été rendu illégalement, le 6 juillet dernier. Un jugement unilatéral et expéditif, sans accusé, ni plaidoirie. Pendant ce temps en effet, Fahem Boukadous était hospitalisé à Sousse suite à de graves crises d’asthme. “Mon transfert en prison signifie ma mort”, a déclaré le journaliste qui souffre d’insuffisance respiratoire depuis une vingtaine d’années et dont la santé risque de se dégrader s’il ne reçoit pas de soins.
On ne badine pas avec le pouvoir
L’histoire remonte à 2008. A l’époque, Fahem Boukadous, journaliste indépendant pour la chaîne satellitaire Al-Hiwar Ettounsi, filme les manifestations populaires dans la région de Gasfa, une région fortement marquée par le chômage. La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) vient de publier les résultats d’un concours d’embauche. La population, jugeant ces résultats frauduleux, se soulève contre l’absence de travail et la corruption. Bref, contre l’Etat tunisien. La répression est sanglante, trois jeunes manifestants sont tués. Fahem Boukadous est le seul journaliste à couvrir les événements. Ses reportages sont diffusés à l’étranger et sur les sites de partage Youtube et Dailymotion, censurés en Tunisie.
Pour les autorités tunisiennes, Fahem Boukadous ne serait pas un journaliste mais ferait partie d’ “un groupe criminel ayant endommagé des bâtiments publics et privés” et causé des “blessures sérieuses à des officiers”. A la fin de l’année, “le procès des 38” manifestants accusés est ouvert. Parmi eux, 33 sont condamnés pour “entente criminelle en vue de commettre des attentats contre les personnes et les biens, et rébellion armée commise par plus de dix personnes”. Boukadous est quant à lui condamné en première instance à six ans de prison. Après de nombreux appels et reports de procès, il a donc récemment écopé de quatre ans fermes.
Jugements en série
Le cas de Fahem Boukadous n’est malheureusement pas isolé. Le 4 août prochain, ce sera au tour du journaliste Mouldi Zouabi, reporter à Radio Kalima, d’être jugé. Alors qu’il avait porté plainte contre un proche des services de police pour agression, c’est finalement lui qu’on accuse de “violences aggravées et injures publiques”. Récemment, une journaliste tunisienne a également été agressée dans la ville française de Nantes par des policiers tunisiens en civil, le 1er juillet dernier. A son retour en Tunisie, elle a subi une “fouille corporelle humiliante”. Enfin, le journaliste Zouhair Makhlouf a été condamné le 1er
décembre 2009 à trois mois de prison et 6200 dinars (32 000 dirhams) de dommage et intérêts pour “avoir nui à un tiers au moyen d’un réseau public de télécommunication”. Une sanction forte pour avoir réalisé un reportage sur les conditions de travail dans la zone industrielle de Nabeul.
Les ONG, quant à elles, s’insurgent contre ce régime liberticide, à l’instar d’Amnesty International qui vient de publier un rapport au vitriol. Intitulé Des voix indépendantes réduites au silence, il dénonce la dangerosité du pays pour les défenseurs des droits de l'Homme.

dimanche 24 janvier 2010

Tunisie : Taoufik Ben Brik doit être libéré !


 Azza Zarad Ben Brik:
« Pour des raisons de santé, Taoufik doit être libéré en urgence »
Par Nadjia Bouzeghrane, 23/1/2010
Azza Zarad craint pour la vie de son époux, le journaliste tunisien Taoufik Ben brik, dont le procès en appel pour une affaire de droit commun se tient aujourd’hui à Tunis. Elle a repris hier l’avion pour Tunis après un déplacement de trois jours à Paris et à Strasbourg, où elle a eu de nombreux contacts avec des responsables politiques, des médias français et des parlementaires européens.
Une soirée pour les libertés en Tunisie et pour la libération immédiate des journalistes, Taoufik Ben Brik, gravement malade, emprisonné depuis le 26 novembre, et Zouheir Makhlouf, toujours détenu, bien qu’il ait épuisé sa peine de trois mois, a été organisée, mercredi soir, à la mairie du 2e arrondissement de Paris, à l’initiative d’organisations de défense des droits de l’homme tunisiennes, de la FIDH, de la LDH, de RSF et des amis(es) de Taoufik Ben brik. Azza Zarad a bien voulu répondre à nos questions.
- Avez-vous bon espoir quant à l’issue du procès en appel de Taoufik qui sera rendu aujourd’hui ?
Vu l’état de santé de Taoufik, j’espère qu’il sera libéré sur la base de son dossier médical.
- Vous êtes depuis mardi à Paris, après un déplacement à Strasbourg, quels soutiens avez-vous reçus ?
J’ai rencontré tout le bouclier cher à Taoufik, les médias qui lui ont manifesté leur soutien.
- Des médias français ?
Essentiellement des médias français, puisque Taoufik écrit pour des médias français. C’est pour cela que je me suis adressée à la France en premier lieu. Mais si je n’obtiens pas le résultat que j’attends de la France, j’irai vers d’autres pays où j’espère réaliser le but pour lequel je suis venue, la libération de Taoufik. J’ai rencontré aussi des personnalités politiques, la première secrétaire du parti socialiste, Martine Aubry, qui m’a chaleureusement accueillie et qui a été très sensible au cas de Taoufik, un cas humain urgent et qu’il faut régler dans l’urgence. J’ai aussi rencontré Marie-George Buffet, secrétaire nationale du parti communiste qui a exprimé beaucoup de compassion et de soutien ; j’ai aussi rencontré le président du groupe d’amitié franco-tunisien au sénat, Jean-Pierre Sueur qui a été lui aussi sensible à la question humaine, j’ai eu un contact avec Daniel Cohn Bendit et José Bové, des parlementaires européens à Strasbourg en charge du Maghreb.
Au parlement européen, la délégation qui m’accompagnait (lire ci-joint, ndlr) et moi-même, nous avons témoigné de la situation de la Tunisie au quotidien, nous avons exposé le cas des étudiantes qui sont en prison pour avoir demandé leur droit au logement en cité universitaire, nous avons parlé de l’autre journaliste, Zouheir Makhlouf, qui est encore en prison bien qu’il ait purgé sa peine en totalité. Nous avons aussi évoqué le cas des prisonniers du bassin minier de R’daïf, sans parti pris. Il est question de la dignité et des libertés des Tunisiens.
- Et du côté des médias arabes ?
Les confrères algériens de Taoufik, dont Omar Belhouchet, que Taoufik aime beaucoup, et les journalistes du quotidien El Watan, nous ont exprimé une solidarité inconditionnelle. Nous avons reçu aussi des marques de soutien du Maroc, du Liban et d’Egypte. Avec mon internet qui est souvent coupé, je n’ai pas accès à toutes les informations. En Allemagne aussi on a un soutien important. Depuis que Taoufik est en prison, la Tunisie est dans les journaux du monde entier, j’ai vu des articles dans des langues que je ne connais même pas. on a parlé de Taoufik en Palestine et même dans des pays africains.
- Et les Tunisiens, comment réagissent-ils ?
Un comité indépendant de journalistes s’est constitué et soutient Taoufik et Zouheir Makhlouf, il a même organisé une journée de grève de la faim, des féministes ont publié un appel dans lequel elles disent que « ce n’est pas parce que Taoufik Ben brik est féministe que nous le soutenons, mais parce que nous savons qu’il n’est pas capable d’actes de violence envers une femme », et elles ont manifesté leur indignation face à l’instrumentalisation de la femme.
- Qu’attendez-vous de la communauté internationale ?
J’ai constaté que les personnalités politiques avec lesquelles je me suis entretenues sont sensibles à la question des droits humains en Tunisie. Elles sont conscientes des dépassements et qu’il y a une différence entre la théorie, les conventions, les chartes signées et le quotidien vécu par les Tunisiens. Certaines démocraties européennes jouent le jeu de la complaisance, on finira par les convaincre d’arrêter de jouer ce jeu parce qu’elles sont complices d’un crime à l’encontre d’un peuple qui aspire à la dignité et à la liberté.
- Comment expliquez-vous l’acharnement des autorités tunisiennes contre Taoufik Ben Brik et les journalistes qui se battent pour la liberté d’expression et l’Etat de droit ?
C’est tout un état d’esprit, toute personne qui écrit dans un sens contraire touche à l’interdit. Le pouvoir en Tunisie est devenu en quelque sorte sacré, on n’y touche pas. Depuis 1988, on a muselé les journalistes, ce n’est pas nouveau. Le 11 septembre a été fatal aux journalistes. Un nouveau cap a été franchi par le régime tunisien, celui de monter des procès de droit commun aux journalistes pour éviter les procès d’opinion et les procès d’ordre politique.
- Est-ce que vous ressentez l’impact et l’influence du combat de Taoufik Ben brik et de ses camarades sur la société tunisienne ? Les choses bougent-elles ?
La société étouffe, les gens sont étouffés et comme le dit si bien notre poète Abou El Qassim Echabbi : « sous les cendres, il y a , on parle à voix basse chez soi lorsqu’on parle du régime, c’est pour vous dire à quel point on a peur, on n’a confiance en personne, on est assiégé. Moi, je ne peux pas rendre visite à qui je veux, mes amis ne peuvent pas venir chez moi, malgré cela, les Tunisiens sont solidaires, les gens en ont marre. Quand cela va-t-il réellement bouger ? on ne le sait pas, c’est un système tellement pernicieux, tellement cynique qu’il ne laisse pas beaucoup d’espoir. La ville de R’daïf a été assiégée pendant six mois, aucune personne ne pouvait en sortir ni y entrer.
- Est-ce que vous arrivez, malgré tout, à communiquer ?
Il m’est très difficile de communiquer avec les gens. L’Algérie est inaccessible par téléphone, ainsi que Reporters sans frontières. Mon téléphone ne sonne jamais, sauf à certains moments, pour la famille, ou quand ils se fâchent ou qu’ils estiment que je suis allée trop loin, comme lorsque j’ai publié un démenti pour répondre au Quai d’Orsay, ce jour-là ni ma mère ni mes enfants ne pouvaient me joindre.
- Et vos enfants, dans quel état d’esprit sont-ils ?
Mes enfants sont terrorisés. Quand il voit la police, mon fils me dit : « maman, vite, vite on monte dans la voiture, ou vite on rentre à la maison avant qu’ils nous fassent quelque chose. » La police l’a même escorté jusqu’à l’école. En 2000, mon fils a eu un choc et j’ai dû le faire soigner, il était devenu un autiste social, il ne communiquait plus, il ne jouait plus avec les enfants. Et maintenant, ça reprend.
- Vous continuez de travailler ?
La liberté et la dignité passent avant tout. Je suis prête à mourir. Aux policiers qui stationnent devant ma maison, moi et mes deux enfants, nous disons : « Messieurs, avancez et tuez-nous », nous n’avons plus rien à perdre. Rien. Nous préférons mourir que vivre sous la persécution de la police qui ne nous lâche pas.
- Vous avez vous-même ainsi que la famille de Taoufik observé pendant trois semaines une grève de la faim que vous avez arrêtée à la demande publique de vos soutiens, mercredi soir. Pourquoi cette grève ?
Nous n’avions plus d’autres moyens, on nous avait muselés, nous ne pouvions plus faire passer notre message. Il fallait donc faire une nouvelle action pour sensibiliser les gens sur la gravité de la situation et à l’urgence de la libération de Taoufik parce qu’il risque de mourir à chaque instant, même chez lui. Taoufik souffre d’une maladie très rare, le syndrome de cushing, soit un dysfonctionnement des glandes surrénales qui régulent le métabolisme. Cette maladie engendre un manque d’immunité, des allergies et un état d’extrême fatigue. Les glandes surrénales défaillantes sont remplacées par un médicament dont le dosage est minutieux et variable et qui doit être pris à des heures fixes. Récemment, un prisonnier est mort parce qu’il n’a pas eu les soins nécessaires au moment voulu. Taoufik est dans une prison de Siliana, à 130 km de Tunis, où il n’y a pas d’infrastructures hospitalières et la route jusqu’à Tunis est très mauvaise. D’où l’urgence de le libérer. On a droit à cinq minutes de visite une fois par semaine, on n’a le droit de parler de rien, seulement des enfants. C’est une véritable punition, parler à Taoufik de la solidarité internationale lui donnerait un bon moral, c’est ce qu’ils ne veulent pas.


Source : http://www.elwatan.com


jeudi 3 décembre 2009

Le journaliste tunisien Makhlouf Zouair condamné à trois mois de prison ferme


L'OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME - REMDH
COMMUNIQUE DE PRESSE


Paris-Genève-Copenhague, 2 /12/2009.
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) dénoncent fermement la condamnation de M. Zouhair Makhlouf.
Le 1er décembre 2009, la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Grombalia a reconnu M. Zouhair Makhlouf, journaliste tunisien indépendant, secrétaire général de « Liberté et équité » et candidat du Parti démocrate progressiste (PDP) lors des élections législatives du 25 octobre 2009, incarcéré depuis le 21 octobre 2009 à la prison de Mornaguia près de Tunis, coupable d'"avoir nui à un tiers au moyen d'un réseau public de télécommunication" (article 86 du Code des télécommunications). Il a été condamné à trois mois de prison ferme, à 200 dinars (environ 104 euros) d'amende et au versement de 6 000 dinars (environ 3 114 euros) de dommages et intérêts au plaignan.

M. Said El Jazi, qui avait accompagné M. Zouhair Makhlouf dans la réalisation d’un reportage sur la zone industrielle de la ville de Nabeul et qui était poursuivi pour les mêmes faits, a quant à lui été relaxé.

L'Observatoire et le REMDH dénoncent la décision de justice prononcée à l'encontre de M. Zouhair Makhlouf, et craignent qu'elle n'ait été rendue dans le but de sanctionner de façon directe ses activités de défense des droits de l'Homme.(1)

L'Observatoire et le REMDH rappellent en outre que lors de la dernière audience qui s'était déroulée le 24 novembre 2009, plusieurs violations du droit à un procès équitable avaient été relevées (cf. communiqué de presse de l'Observatoire et du REMDH du 26 novembre 2009).

Ce verdict contre M. Makhlouf s'inscrit dans la série d'actes de harcèlement judiciaire à l'encontre des journalistes ou des personnes qui ont été en contact avec des journalistes internationaux envoyés en Tunisie pour couvrir les élections du 25 octobre 2009.

L'Observatoire exprime également sa préoccupation quant aux conditions de détention de M. Taoufik Ben Brik, journaliste et co-fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), condamné le 24 novembre à six mois de prison ferme dans une affaire manifestement montée de toutes pièces, en grève de la faim depuis le 25 novembre, récemment transféré à la prison de Siliana à 200 km de Tunis, et privé d'une partie des médicaments qui lui sont nécessaires afin de traiter une maladie dont il est atteint.

L'Observatoire et le REMDH dénoncent fermement cette politique de répression contre les défenseurs des droits de l’Homme et appellent à la libération immédiate et inconditionnelle de MM. Zouhair Makhlouf et Taoufik Ben Brik, arbitrairement détenus, ainsi qu’à une réaction vive de la communauté internationale. L'Observatoire et le REMDH appellent tout particulièrement à une réaction de l'Union européenne, sur la base des lignes directrices sur les défenseurs.

Pour plus d’information, merci de contacter :
• FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18
• OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39
• REMDH : Marc Degli : +33 1 45 32 64 17 16

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[1] M. Makhlouf avait été convoqué par la police le 13 octobre 2009 suite à la plainte de M. Mourad Ladib, riverain de la zone industrielle de Nabeul pour avoir utilisé son image sans son consentement. M. Ladib, interviewé en toute connaissance de cause par M. Makhlouf, avait dénoncé la responsabilité de l’Etat dans la dégradation de l’environnement dans cette zone.

mercredi 2 décembre 2009

TUNISIE : INVITATION CONFÉRENCE DE PRESSE A PARIS


Invitation

La Ligue des droits de l’Homme (LDH), l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (programme conjoint Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) - Organisation mondiale contre la torture (OMCT)) et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) vous invitent à une conférence de presse qui se tiendra le jeudi 3 décembre 2009 à 11h30, au siège de la LDH, 138, rue Marcadet, 75018 Paris, sous la présidence de Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH, au cours de laquelle interviendront :
- Maître François-Xavier Matteoli, ancien bâtonnier du barreau des Hauts-de-Seine, mandaté à Tunis, le 19 novembre, par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (programme conjoint FIDH et OMCT) et le REMDH,
- Maître Pradel, avocat mandaté à Tunis, le 24 novembre, par les mêmes organisations
- Maître William Bourdon, avocat
- Maître Léa Forestier, avocat
- Maître Houcine Bardi, mandaté à Tunis, les 19 et 24 novembre, par le CRLDHT

Rendront compte de leur mission en Tunisie à propos des procès des journalistes Taoufik Ben Brik (verdict le 26 novembre), Zouhaïr Makhlouf (verdict le 1er décembre), de Mohamed Soudani (verdict le 24 octobre) et du groupe des étudiants de l’UGET (audience le 30 novembre).
Kamel Jendoubi, président du CRLDHT témoignera du contexte dans lequel se déroule cette répression policière et judiciaire.
Avec le soutien de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), d'Amnesty international (section France) et de l’Association des Tunisiens en France (ATF).
En vous remerciant par avance pour l’intérêt que vous voudrez bien accorder à cette rencontre et nous l’espérons, pour votre présence, veuillez recevoir, l’expression de nos salutations les meilleures.

mardi 1 décembre 2009

ACTION COMMUNE POUR LA LIBÉRATION DE TAOUFIK BEN BRIK ET ZOUHAYR MAKHLOUF


 TUNISIE, TMG, 1/12/2009

Le TMG demande au gouvernement tunisien de libérer des journalistes et de mettre un terme à sa politique de harcèlement

 - Réagissant avec colère aux peines de prison visant les
journalistes Taoufik Ben Brik et Zouhayr Makhlouf, les membres du groupe
d'observation de la Tunisie (TMG) ont demandé aux autorités tunisiennes de
mettre un terme immédiat à l'emprisonnement des journalistes.
Le 26 novembre, Ben Brik a été condamné à six mois de prison ferme. Il est
désormais détenu à la prison de Siliana, à environ 120 km de son domicile
de Tunis - loin de sa famille. Par la suite, Makhlouf a été condamné à
trois mois de prison et une amende de 6 000 dinars tunisiens (4 700 $US) ce
mardi 1er décembre.
Ben Brik, un opposant notoire qui écrit pour des journaux français, a
besoin d'une grande attention médicale en raison d'une maladie chronique.
Les membres du TMG craignent pour sa santé en prison. Il a été incarcéré le
29 octobre suite à la publication d'articles critiques sur la récente
réélection du Président Zine El Abidine Ben Ali pour un cinquième mandat le
25 octobre dernier. Ben Brik était accusé notamment d'une présumée
agression contre une femme, mais les accusations étaient clairement d'ordre
politique.
Makhlouf, un activiste politique et rédacteur du site d'information
tunisien Assabil Online, a quant à lui été arrêté le 20 octobre dernier
après avoir mis en ligne un reportage vidéo sur les problèmes
socio-économiques et environnementaux d'une zone industrielle de la région
de Nabeul.
A cette occasion, le Président du TMG, Rohan Jayasekera (Index on
Censorship), a déclaré: "Tout ceci est clairement le résultat d'une série
d'articles écrits par des journalistes critiques à l'égard du régime
tunisien. Alors que le Président tunisien Ben Ali renforce sa main mise sur
le pouvoir, nous sommes terriblement déçus par le fait qu'il se sente
obligé de punir ceux qui sont en désaccord avec lui", tout en ajoutant :
"Il est ridicule d'imaginer, une seule seconde, que Taoufik Ben Brik ferait
une pause sur le chemin de l'école avec sa fille pour agresser une femme en
pleine rue !"
Au-delà même de ces peines de prison, les membres du TMG sont extrêmement
inquiets au sujet des violations graves du droit à la liberté d'expression
et à la tendance que les autorités tunisiennes ont à recourir à la censure,
à l'intimidation et à la violence.
D'autres journalistes et d'autres activistes ont eu à souffrir de la
répression née des dernières élections. Certains ont été battus, kidnappés
ou détenus. D'autres se retrouvent encerclés par des policiers en civil 24
heures sur 24.
Nous appelons le gouvernement tunisien à libérer Taoufik Ben Brik et
Zouhayr Makhlouf et à cesser les agressions et le harcèlement des
journalistes et activistes indépendants en Tunisie. Les actions punitives
visant leurs familles doivent également s'arrêter, y compris le harcèlement
policier de la famille Ben Brik.
Ces peines de prison et ces agressions apparaissent clairement comme des
représailles suite aux menaces émises par le Président Ben Ali. Ce dernier
avait en effet averti que la loi serait appliquée "contre quiconque émettra
des accusations ou des doutes concernant l'intégrité de l'opération
électorale, sans fournir des preuves concrètes".
Le TMG compte 20 membres de l'Échange international de la liberté
d'expression (IFEX). Cela fait plus de cinq ans que ces derniers suivent de
près les violations de la liberté d'expression en Tunisie ; ils vont
continuer d'exiger du gouvernement tunisien qu'il respecte ses engagements
internationaux dans le domaine des droits de l'Homme et de la liberté
d'expression.


JOINT ACTION – TUNISIA ,1 /12/ 2009

TMG urges Tunisian government to free journalists and cease harassment

(IFEX-TMG) - Tunisia must immediately stop jailing journalists, say members
of the Tunisia Monitoring Group (TMG) reacting angrily to the sentencing to
prison of journalists Taoufik Ben Brik and Zouhayr Makhlouf.
On 26 November, Ben Brik was sentenced to six months in prison with no
chance to appeal. Regrettably, he has been transferred to a prison in
Siliana - nearly 120km away from his family in Tunis. Then on 1 December,
Makhlouf was sentenced to three months in prison and a fine of 6,000 dinars
(US$4,700.)
Ben Brik, a well-known critic who writes for newspapers in France, requires
medical attention for a chronic ailment and TMG members fear for his
well-being in prison. He was arrested on 29 October following publication
of critical articles on the recent re-election of President Zine El Abidine
Ben Ali on 25 October for a fifth term. The charges involve the alleged
assault of a woman but were clearly politically motivated.
Makhlouf, a political activist and contributor to Assabil Online, a
Tunisian news site, was arrested on 20 October after posting a video report
on the Internet about environmental, economic and social problems in an
industrial area of Nabeul.
"This is clearly the result of articles written by journalists who were
critical of the regime. Even after President Ben Ali has consolidated his
grip on power, we are terribly disappointed that he feels the need to
punish those who don't agree with him," said TMG Chair Rohan Jayasekera of
Index on Censorship. "It's ridiculous to think that Taoufik Ben Brik would
pause on his way to school with his daughter to assault a woman in the
street!"
In addition to the sentencing, TMG members are extremely concerned about
serious violations of the rights to freedom of expression, and the Tunisian
authorities' tendency to resort to censorship, intimidation and violence.
Other journalists and activists have suffered because of the clampdown
surrounding the elections – some having been beaten, kidnapped or detained,
others finding themselves surrounded 24 hours a day by plainclothes police.
We call on the Tunisian government to release Taoufik Ben Brik and Zouhayr
Makhlouf, and to stop attacking and harassing independent journalists and
activists in Tunisia. Furthermore, punitive actions against their families
must cease, including the police harassment and surveillance of Ben Brik's
family.
Clearly these sentences and assaults are reprisals after direct threats
voiced by President Ben Ali, who warned critics that the law would be
"brought to bear on anyone casting accusations or doubts on the integrity
of the electoral process without solid evidence."
The TMG is composed of 20 members of the International Freedom of
Expression Exchange (IFEX). After monitoring free expression violations in
Tunisia for over five years, TMG members will continue to press the
Tunisian government to respect its international human rights commitments.

ARTICLE 19: Global Campaign for Free Expression
Arabic Network for Human Rights Information
Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d'Information
Association mondiale de radiodiffuseurs communautaires
Bahrain Center for Human Rights
Cairo Institute for Human Rights Studies
Canadian Journalists for Free Expression
Cartoonists Rights Network International
Fédération Internationale des Journalistes
Index on Censorship
International Federation of Library Associations and Institutions
International PEN Writers in Prison Committee
International Press Institute
International Publishers' Association
Journaliste en danger
Maharat Foundation (Skills Foundation)
Media Institute of Southern Africa
Norwegian PEN
The Egyptian Organization For Human Rights
World Press Freedom Committee

_________________________________________________________________
DIFFUSÉ(E) PAR LE SECRÉTARIAT DU RÉSEAU IFEX,
L'ÉCHANGE INTERNATIONAL DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
555, rue Richmond Ouest, Bureau 1101, B.P. 407
Toronto (Ontario) M5V 3B1 Canada
tél: +1 416 515 9622 téléc: +1 416 515 7879
courrier électronique: alerts@ifex.org boite générale: ifex@ifex.org
Internet site: http://www.ifex.org/
_http://www.ifex.org/tunisia/2009/12/01/makhlouf_sentenced/fr/
Pour tout renseignement complémentaire:
Le groupe d'observation de la Tunisie
Rohan Jayasekera, Chair
c/o Index on Censorship
London United Kingdom
rj (@) indexoncensorship.org
tél: +44 20 7324 2522
http://campaigns.ifex.org/tmg

dimanche 25 octobre 2009

TUNISIE : Zouhair Makhlouf paie ses incursions dans le jardin secret du général Ben Ali



Par Khaled Ben M'Barek, CENTRE D'INFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LA TORTURE, Besançon, 25/10/2009
Militant contre la torture, il a popularisé l'affaire Faysal BARAKAT : Zouhair MAKHLOUF, militant associatif et opposant résolu à la tortiocratie du général Ben Ali, a été incarcéré en attendant son procès fixé au 3 novembre 2009.
Il avait été arrêté mardi 20 octobre, soi-disant pour avoir réalisé un reportage sur la zone industrielle de Nabeul. M. MAKHLOUF avait déjà été convoqué par la police, suite à une plainte d'un certain Mourad LADIB, qui l'accuse de ne pas avoir respecté son droit à l'image en l'ayant interrogé dans le reportage en question sans avoir obtenu son consentement. La victime devra rester en prison d'ici là, pour subir les débuts de la vengeance implacable de M. Ben Ali pour chaque coin de voile si adroitement levé par M. MAKHLOUF sur des réalités tunisiennes soigneusement camouflées par l'Etat policier : de ce point de vue, on peut estimer qu'il prend la place de Dr A. ELEUCH en tant que prisonnier personnel du président. De fait, c'est bien là qu'il faut chercher la raison des persécutions contre M.MAKHLOUF.
En effet, il est le premier à avoir documenté par des témoignages vivants filmés l'affaire Faysal BARAKAT, étudiant de 25 ans mort sous la torture le 8 octobre 1991, que j'avais soumis au Comité contre la torture des NationsUnies (CAT) depuis 1994. M. MAKHLOUF a mis en ligne les témoignages de personnes que j'avais citées dans ma communication au CAT, mais aussi d'autres que j'ai découverts dans le reportage, ainsi que la mère et le frère de la victime.L'ensemble corrobore parfaitement le crime tel que relaté au Comité depuis le dépôt de la communication il y a 15 ans.Tous les observateurs ont souligné la différence entre une affaire de mort sous la torture, que le pouvoir a fait mine de ne pas voir, et une autre de prétendu droit à l'image qu'il monte en épingle.
Or, le reportage en question de Zouhair MAKHLOUF a été mis en ligne le 11 octobre 2009 en soirée. M. MAKHLOUF a reçu sa première convocation à se présenter à la police le surlendemain 13 octobre. Nous avons formé l'espoir secret qu'il ne serait pas persécuté davantage qu'il ne l'était jusque là, mais nous ne nous faisions pas trop d'illusions. Il était clair que M. MAKHLOUF avait franchi une véritable ligne rouge. La nouvelle de son arrestation ne nous a donc pas tout à fait surpris.
Nous sommes en même temps heureux de constater qu'il s'est levé autour de lui un puissant courant de soutien très actif auquel participent toute l'opposition démocratique et l'essentiel de la société civile toutes tendances confondues.
Zouhair MAKHLOUF ne sera pas libéré d'ici dimanche et il sera la preuve vivante que des élections à l'ombre d'une tortiocratie ne sont qu'illusion et tromperie. Rien que pour cela, M. MAKHLOUF aura eu le dessus sur le général de renseignement Zine Ben Ali, ainsi mis à nu, en attendant de découvrir les décimales au-delà des 94 à 99 %.


CENTRE D'INFORMATION ET DE DOCUMENTATION SUR LA TORTURE
(CIDT-TUNISIE)
Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés
Membre du Réseau SOS-Torture de l'OMCT-Genève
Comité d'honneur :
M. Jacques FRANÇOIS
Mgr Jacques GAILLOT
Dr. Hélène JAFFÉ
M. Gilles PERRAULT
M. François DE VARGAS
Président :
Jean-Marc MÉTIN