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samedi 9 mai 2009

La Capitale des Roses

Le Groupe Bnouhachem organise une rencontre - dédicace de « La Capitale des Roses », de Mohammed Nadrani et Abderrahman Kounsi le lundi 11 mai 2009 à partir de 17 Heures à la Bibliothèque Nationale à Rabat Un témoignage en 417 pages sur la disparition forcée pendant presque 9 années (1976-1984) passées au Complexe (Centre général de la DST) de Rabat,à Agdz, à Kalâat-M'gouna et à Skoura

Cet écrit sur le monde des ténèbres est le souffle que sortent encore une fois les disparus de la Capitale des roses et qui permet d’étaler les quatre vérités vécues pendant la période de leur disparition forcée. Ils continuent donc inlassablement la lutte. Ils revendiquent à cor et à cri le droit de savoir réclamé par toutes et tous les épris de liberté et particulièrement par les familles qui ont souffert et qui souffrent toujours de la disparition de leurs bien-aimé(e)s.
Les disparus de la Capitale des roses mènent avec opiniâtreté le combat pour la réalisation de rêves qu'ils n'ont cessés de défendre avant et après leur disparition forcée seuls ou en coordination avec les démocrates au sein du pays ou à l'échelle internationale.
Les disparus de la Capitale des roses avaient pris d'emblée après leur première rencontre, le 25 juin 1987, la décision de rompre irréversiblement avec ce silence complice et clamer leur indignation vis-à-vis des pratiques absolutistes encore en vigueur alors que la loi du silence planait au-dessus de tous les chefs. Fidèles aux idéaux pour lesquels ils ont frôlé la mort à maintes reprises et qui leur ont coûté énormément de sacrifices, les disparus de la Capitale des roses étaient au rendez-vous pour initier la structuration du Comité de Coordination des familles des disparus et des Victimes de la "disparition forcée" et contribué à la constitution du Forum Marocain pour la Vérité et la Justice dont ils assument des tâches de responsabilité au sein de ses instances dirigeantes depuis sa création.
Les disparus de la Capitale des roses agissent avec ténacité contre toutes les tentatives aspirant à tourner les pages du dossier desdites années de plomb sans la juste réparation des préjudices causés aux victimes.
Les Disparus de la Capitale des roses militent, sans relâche, pour qu’éclate au grand jour la vérité des dossiers des violations graves des droits humains des années dites de plomb par leurs communiqués, leurs déclarations à la presse nationale et internationale, les interviews avec les chaînes de télévisions, les visites des lieux secrets de détention lors de l’organisation des caravanes par les organisations des droits humains, l’organisation d’un sit-in devant le Complexe afin que ce lieu de détention illégale soit transformé en un musée pour la sauvegarde de la mémoire.
Au Complexe, nous étions quatorze jeunes kidnappés en tout avant que les services secrets n’isolent cinq braves militants pour les jeter dans les confins du désert.
Ahmed Saadani
À ce sujet, lire le rapport d'Amnesty International d'avril 1993 Maroc: les disparus. le mur du silence doit tomber

De nouvelles charges retenues contre un activiste emprisonné

Critique face à la politique de la drogue des autorités marocaines, Chekib El-Khayari est maintenant détenu depuis plus de dix semaines
par Human Rights Watgch, 1/5/2009

Lire aussi
Maroc : Le gouvernement doit libérer Chekib el-Khayari


« Il apparaît évident que les nouvelles charges retenues à l'encontre de M. el-Khayari constituent une tentative supplémentaire de faire taire les critiques sur un sujet politiquement sensible ainsi que de décourager les d'autres activistes. Les poursuites contre M. el-Khayari montrent qu'en dépit de la réputation du Maroc pour laisser libre cours au débat public et permettre l'évolution d'une société civile dynamique, les autorités restent prêtes à emprisonner les activistes qui dépassent certaines lignes rouges. »
Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch


(Washington) - La poursuite de la détention de Chekib El-Khayari montre les limites de la tolérance du Maroc face aux critiques, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. L'activiste des droits humains, originaire de la ville de Nador située dans le Nord du Maroc, se trouve en détention provisoire depuis plus de dix semaines maintenant.
Le 23 avril 2009, M. el-Khayari a comparu devant le juge d'instruction, Jamal Serhane, pour la première audience sur le fond depuis son arrestation le 18 février. Lors de cette audience, M. el-Khayari a récusé les charges d'avoir porté atteinte au corps constitués dont il a été accusé après avoir dénoncé des politiques laxistes d'interdiction de drogue. Juste avant l'audience il a appris que le procureur avait retenu trois nouvelles charges contre lui. Celles-ci se rapportent à des infractions mineures de douane et de réglementation de devises datant de 2006.
« Il apparaît évident que les nouvelles charges retenues à l'encontre de M. el-Khayari constituent une tentative supplémentaire de faire taire les critiques sur un sujet politiquement sensible ainsi que de décourager les d'autres activistes », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les poursuites contre M. el-Khayari montrent qu'en dépit de la réputation du Maroc pour laisser libre cours au débat public et permettre l'évolution d'une société civile dynamique, les autorités restent prêtes à emprisonner les activistes qui dépassent certaines lignes rouges. »
Avant son arrestation, M. el-Khayari avait fait plusieurs déclarations aux médias internationaux et lors de conférences en Europe, mettant en cause les efforts des autorités marocaines visant à supprimer le trafic de drogues illégales du Nord du Maroc vers l'Europe. M. el-Khayari est également défenseur des droits des Amazighs (Berbères). Il a critiqué les mauvais traitements commis par les forces de sécurité marocaines à l'encontre de migrants des pays d'Afrique tentant de rejoindre l'Europe clandestinement en passant par le Maroc ainsi que les traitements infligés par les forces de l'ordre marocaines et espagnoles aux alentours de la frontière espagnole, dans l'enclave de Melilla.
Les avocats de M. el-Khayari ont déclaré avoir eu connaissance des nouvelles charges reposant sur leur client seulement quelques minutes avant le début de l'audience en première instance à la Cour de Casablanca. Les charges dont il est accusé se rapportent à un versement de 225€ (288 $US) qu'il aurait reçu du quotidien espagnol El País en guise de rémunération d'un article qu'il a rédigé et qui est paru le 4 juillet 2006. Il est suspecté d'avoir ouvert un compte bancaire à Melilla pour y déposer le chèque d'El País et d'avoir retiré cet argent par la suite, sans passer par l'intermédiaire d'une banque marocaine ou sans en informer le Bureau des changes du Maroc.
L'instruction soupçonne ces transactions d'avoir violé les lois marocaines qui régissent l'ouverture de comptes bancaires à l'étranger par des Marocains résidants sur le sol marocain, et le transfert d'argent par des Marocains vers le Maroc. Ces violations sont passibles de peines pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.
« Que M. el-Khayari ait réellement violé ces réglementations monétaires ou non, la décision de l'accuser aussi tardivement et pour une somme aussi minime renforce tout simplement les suspicions de poursuites dont le motif serait principalement politique », a déclaré Sarah Leah Whitson.
Lorsqu'il achèvera son enquête, le juge Serhane devra statuer sur le fait de faire passer le dossier devant un tribunal, auquel cas il finalisera les chefs d'inculpation. En l'attente du procès, il a refusé de libérer provisoirement M. el-Khayari. Cependant, la Cour sera obligée de relâcher provisoirement M. el-Khayari au plus tard le 21 mai s'il n'a pas encore été jugé, puisque la loi marocaine limite la détention provisoire à trois mois lorsque les charges retenues font l'objet de délits comme c'est le cas ici.
Selon les articles 263 et 265 du Code Pénal, le chef d'accusation « d'outrage envers les corps constitués » est passible d'une peine allant d'un mois à un an d'emprisonnement ainsi que d'une amende de 1200 à 5000 dirhams (144$US à 600$US). Lors de l'audience du 23 avril, M. el-Khayari a affirmé qu'il n'avait pas critiqué les institutions d'Etat en tant que telles, mais seulement les agents d'Etat qui n'appliquaient pas avec diligence les lois d'interdiction des drogues.
Indépendamment des faits, les lois qui criminalisent et prévoient des peines de prison pour les actes « d'outrages envers les corps constitués » sont incompatibles avec le droit international qui régit le droit à la liberté d'expression et qui accentue particulièrement la nécessité de protéger la liberté de critiquer les acteurs politiques et les autorités étatiques.
Le juge Serhane a autorisé les avocats de M. el-Khayari à accéder au dossier complet après avoir initialement refusé de leur en fournir certaines parties. Toutefois, dans un écart des pratiques habituelles, il les a seulement autorisé à les consulter dans l'enceinte du tribunal et leur a interdit d'en faire des photocopies.
Critique face à la politique de la drogue des autorités marocaines, Chekib El-Khayari est maintenant détenu depuis plus de dix semaines

Un autre monde est possible

Samira Kinani, enseignante, est secrétaire générale adjointe de l’AMDH. Elle écrit des textes magnifiques, sous la signature "smirnova* : coups de gueule, coups de cœur, cris de désespoir et cris d’espoir comme le texte ci-dessous. Ses textes sont toujours bruts de décoffrage. Elles les publie immédiatement, sans les relire.
Ses nouveaux textes s'afichent dès leur parution dans notre rubrique « sites et blogs amis ».
Voici son dernier texte, inspiré par une rencontre du Forum Maghreb-Machrek du Forum social mondial, qui vient d'avoir lieu à Rabat.

you may say I'am dreamer,but I'm not the only one...

quelques jours...
discussions..
rencontres..
échanges...
un moment si exceptionnel..
pouvoir rencontrer
pouvoir parler
pouvoir échanger..
avec tant de militantEs
de divers pays:
du Mexique aux USA
de l'Allemagne au Portugal
de l'Algérie au Togo
du Chili au Brésil..
SénégalaisEs, AlgérienNEs, TunisienNes....
4 continents
diverses expériences
diverses méthodes
mais un seul rêve:
un monde meilleur
une vie digne pour Tous et Toutes..
le forum Machrek Maghreb
avec toutes ses insuffisances
-on veut toujours mieux et plus-
a été pour moi
un moment de rencontre
un moment privilégié
un moment de découverte
comment on nous voit
et à quel point notre vision des autres est juste..
voir se dérouler les travaux
du conseil international du forum social mondial
écouter les débats
les analyses..
sentir qu'on n'est pas seul
sentir qu'on n'est pas fou
sentir
que partout dans le monde
il y a quelque part
d'autres rêveurs
d'autres "fous/folles"
qui n'abdiquent pas
devant la machine infernale
du néo libéralisme
qui sont prêts
à lutter
à pondre des alternatives
où c’est l'humain qui compte
l'humain et ses lois
et non le marché et ses lois..
entendre les explications de ces peuples indigènes
qu'on a jadis humiliés
et qui sont là
debout
fiers
et prêts pour nous donner des leçons
leurs leçons
sur la vie
sur l'environnement
sur la mère terre..
voir toutes les couleurs
autour de la même table
vivant ensemble
dans une camaraderie
qui embue mes yeux..
sentir
le temps d'une semaine
que tout est possible
qu'il suffit de s'y mettre..
ça vous booste
ça vous donne un coup de fouet
ça vous renforce
ça vous dit aussi
qu'un autre monde est possible
smirnova, 9/9/2009

vendredi 8 mai 2009

L’USFP réclame la vérité sur l'affaire Ben Barka

L'Union socialiste des forces populaires (USFP) a remis jeudi à Rabat à une organisation publique en charge des droits de l'Homme un texte réclamant la lumière sur la disparition en 1965 du leader de la gauche marocaine Mehdi Ben Barka, dont le sort n'a jamais été élucidé. Des cadres du parti ont remis ce mémorandum à Ahmed Herzenni, président du Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH), dont les avis sont portés à la connaissance du roi Mohammed VI, a constaté l'AFP.
L'USFP, au gouvernement depuis mars 1998, est le prolongement de l'UNFP, parti créé en 1959 par Ben Barka. La démarche de l'USFP vise à "poser une nouvelle fois l'affaire du martyr Mehdi Ben Barka devant les membres du CCDH", selon le document. Le texte évoque une plainte que l'USFP avait déposée à Rabat en février 2001 devant un tribunal, portant sur "la disparition, la torture et l'assassinat de Mehdi Ben Barka" et rappelle également le dépôt en février 2004 au CCDH d'un mémorandum similaire par les socialistes.
Le président du CCDH a promis à la délégation une "réponse écrite dans les prochaines semaines", pour notamment l'informer des "démarches qui ont été effectuées et (des) choses qui n'ont pas pu être réalisées" par le CCDH dans ce dossier.
Avant la remise du mémorandum, des militants de gauche et des membres d'ONG marocaines ont manifesté devant le siège du CCDH pour réclamer que la "vérité" éclate sur la disparition de Mehdi Ben Barka. Ben Barka, leader de l'opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, a disparu le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp à Paris (VIe), lors d'une opération attribuée aux services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français. Cette affaire retentissante n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires. Le corps de Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions précises de sa mort n'ont pas été établies.
Source : AFP , 8/5/2009

Commentaires
1 - Peut - on m'expliquer pourquoi la direction de l'USFP organise son sit-in devant le CCDH sur la disparition du martyr Mehdi Ben Barka?
A mon humble avis, le sit-in doit être organisé:
- Pour des considérations juridiques: devant le ministère de la Justice, donc devant les bureaux d'Adelwahad Radi, le patron de l'USFP.
- Politiquement: devant le Palais, les États-majors des FAR et de la gendarmerie, devant la direction de la Sûreté nationale, devant le ministère de l'Intérieur..., car ces départements sont, directement ou indirectement, impliqués dans la disparition de ce grand militant que fut Mehdi Ben Barka.
Ali Fkir, 8/5/2009


2 - Une autre motivation du rassemblement, passée sous silence par la dépêche de l'AFP, était la déclaration, faite le 14 avril, par Hamid Chabat, maire de Fès, membre du comité exécutif de l'Istiqlal et secrétaire général du syndicat affilié à ce parti (UGTM), qualifiant Mehdi Ben Barka de "tueur", « responsable des liquidations et des évènements tragiques qui avaient eu lieu au Rif, à Souk Larbaâ et dans d'autres régions du pays ». Pour ces déclarations, qui s'inscrivent dans la campagne électorale pour les élections communales, où l'USFP et l'Istiqlal, alliés au gouvernement, sont en vive concurrence, la Chabiba Ittihadia (jeunesse de l'USFP) a déposé une plainte en diffamation qui a été examinée par la justice le 24 avril.

À la question Pourquoi avez-vous déclaré que Mehdi Ben Barka était un tueur ? , Chabat a répondu (interview au Journal Hebdo, mai 2009) :

" J’ai dit ça dans un contexte bien précis. Aujourd’hui, des ministres ont détourné la loi quand ils ont compris que leur parti n’allait pas réussir dans des élections syndicales. Ils ont reporté ces élections. C’était presque la même histoire au début de l’Indépendance avec les membres du parti de l’Istiqlal : ils assassinaient les résistants qui ne voulaient pas entrer dans les syndicats. Cela a été le cas lors des événements de Souk El Arbaa, du Rif, de Dar Bricha… Le responsable du parti de l’Istiqlal de cette époque sanglante, c’était Mehdi Ben Barka. Une période située juste avant les années de plomb que j’appellerai «les années de sang». Les choses ne se sont calmées qu’avec la scission de 1959. Tout cela est bien réel et les historiens marocains l’attestent. Il faut s’excuser auprès du peuple marocain par rapport à ces années sanglantes. Ce n’est pas une honte. Martyr ou pas, Ben Barka a commis des actes graves au nom du parti de l’Istiqlal. C’était le président du Comité exécutif du parti et c’était lui qui donnait les ordres. Ça, c’est l’Histoire du Maroc. Et si on veut porter plainte, on doit accuser les coupables de l’Histoire du Maroc, pas moi." (sic)

Rédaction SOLIDMAR, 10/05/2009

Un ressortissant marocain se pend avec ses lacets au commissariat de Bastia

par Christophe Laurent, Corse-Matin, 7/5/2009
C'est dans les sous-sols du commissariat de Bastia, où se trouvent les geôles, que le drame s'est déroulé. Hier soir, l'homme de 43 ans qui a tenté de se suicider par pendaison était dans un état grave.
Il était très exactement 9 h 35, hier matin, lorsque les sapeurs-pompiers du centre de secours de Bastia et le médecin urgentiste du Samu de Haute-Corse ont été alertés pour une tentative de suicide par pendaison dans les locaux du commissariat de Bastia. La victime, un ressortissant marocain âgé de 43 ans dont l'identité n'a pas été révélée par les autorités judiciaires, était totalement inconsciente lorsque les secouristes sont arrivés. Massages cardiaques, intubation, perfusion : le médecin urgentiste parvient à maintenir l'homme en vie. Évacué très rapidement vers l'hôpital de Falconaja, celui-ci a été placé en service de réanimation en tout début d'après-midi. Hier soir, son pronostic vital était engagé et les médecins n'hésitaient pas à évoquer « un état très grave ». Dès la connaissance du drame, le procureur de la République près le tribunal de grande instance, Jean-Jacques Fagni, et son substitut Pierre-Yves Pezzino, se sont rendus dans les locaux du commissariat pour tenter de comprendre et de mieux appréhender le déroulement des faits. Et ce, depuis le départ de cette affaire, en l'occurrence l'interpellation et le placement en garde à vue de l'homme ayant tenté de se suicider.
Comment a-t-il pu se trouver en possession de lacets ?
« Cet homme, apparemment sans domicile fixe, a été interpellé, avec un autre individu, par la brigade anti-criminalité dans la nuit de lundi à mardi, à 1 h 20 pour être précis, pour un flagrant délit de vol à la roulotte dans un véhicule », explique Jean-Jacques Fagni.
« Il se trouvait dans le cadre d'une prolongation de garde à vue et devait être présenté au parquet pour une comparution immédiate ce mercredi. Lorsqu'il a été interpellé, il a tenté de frapper les personnels de la BAC avec un marteau. Il était donc également poursuivi pour ces violences spécifiques sur des policiers en fonction. Son casier judiciaire fait état de douze mentions. Il a notamment été condamné à Chambery, Annecy, Bordeaux et Angoulême. »
Et jusque-là, aucun signalement d'une quelconque propension au suicide. Mieux : pendant sa garde à vue à Bastia, un médecin est venu le voir sans noter la moindre crainte à ce sujet.
Évidemment, il s'agit de savoir à présent comment cet homme a pu se trouver en possession de lacets en pleine garde à vue et surtout dans des cellules surveillées 24 heures sur 24.
« Le protocole veut que lorsque l'on entre en garde à vue, on est fouillé et on se débarrasse de tout ce qui peut porter atteinte à votre intégrité physique », poursuit Jean-Jacques Fagni. « Parfois, on fait retirer les lacets des chaussures. Parfois aussi, comme c'est le cas au commissariat de Bastia, on enlève ses chaussures directement ».
Le disque dur des caméras de surveillance a été saisi
« L'enquête, confiée à la police judiciaire de Bastia et à l'inspection générale de la police nationale, l'IGPN, dont les inspecteurs sont spécialement venus de Marseille, hier, s'efforcera de déterminer toutes les responsabilités. »
À Bastia, les geôles des gardés à vue se situent au sous-sol du commissariat. Chacune d'entre elles est normalement individuelle, en partie vitrée et en partie masquée par des pièces métalliques, ce qui peut expliquer certains « angles morts ».
Toutefois, chaque cellule est normalement placée sous l'oeil d'une caméra avec un terminal de surveillance situé au bout du couloir des geôles.
Les enquêteurs ont d'ailleurs saisi, dès hier matin, le disque dur de l'enregistrement.






Nombreuses entraves à la liberté de la presse

L'exercice de la liberté de la presse au Maroc a connu de "nombreuses entraves" entre 2008 et 2009, a estimé dimanche le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), à l'occasion de la journée internationale de la liberté de la presse."Il n'y a pas eu de changement majeur par rapport aux années précédentes", note le SNPM dans son rapport annuel (2008-2009) publié dimanche.Celui-ci fait toutefois mention des "nombreuses entraves qu'a connues la liberté de la presse", notamment des "agressions contre des journalistes" dans l'exercice de leur profession, ainsi que de tracasseries pour certains d'entre eux, notamment devant le Parquet
."Le cadre juridique régissant la profession n'a pas connu lui non plus de changement", a déclaré le président du SNMP Younes Moujahid, en référence à la "nécessité de réformer le code de la presse".
Dans le rapport, le SNPM réitère son attachement à la réforme de ce code appelant à la suppression des peines privatives de liberté, notamment les "articles punissant les atteintes aux +valeurs sacrées+, à savoir l'islam, l'intégrité territoriale et la monarchie".
Younes Moujahid estime toutefois que la "presse nationale évolue plus librement, connaît un essor, s'ouvre dans un esprit plus dynamique"."Heureusement, on n'est pas dans un système verrouillé. Mais il y a toujours un manque de garanties dans l'exercice de la profession", souligne-t-il.
Source: AFP, 4/5/2009

dimanche 3 mai 2009

Tous pour l'affirmation des droits de l'enfant


par Ali Fkir, 3/5/2009
Dans le cadre de ses activités relatives à la formation de ses militants dans le domaine des droits humains, et à ses initiatives visant la sensibilisation publique aux droits de l'enfant, l'AMDH a organisé une rencontre nationale sous le thème "tous pour l'affirmation des droits de l'enfant"les 1er, 2 et le 3 mai 2009 au centre estival de la CNSS à Mohammedia.
Des dizaines de militants de l'AMDH, représentant différentes sections du pays, étaient au rendez-vous.
Les participant-es (surtout les jeunes) ont enrichi positivement les débats, aussi bien au niveau des ateliers qu'au niveau séances plénières
Les représentant-es des organisations démocratiques des jeune (l'AMEJ, l'ADEJ...) ont contribué au succès de cette rencontre.
Bravo l'AMDH !

Pièce jointe

Pour avoir son visa, elle envoie une demande avec... une pierre comme pièce jointe
Une demande de visa est parvenue, jeudi au consulat général de Belgique à Casablanca, à l'intérieur d'un colis qui contenait également une pierre, ce qui a rendu le paquet suspect, a-t-on constaté sur place.
L'expéditrice s'est vu contrainte de placer une pierre de 1,5 kg à l'intérieur du colis pour qu'il réponde à la norme de pesage postal, rendant du coup sa missive suspecte auprès des services du consulat, a indiqué une source policière.
Aussitôt alertés, les services de police ont procédé à la mise en place du dispositif de sécurité nécessaire, pour découvrir qu'il ne s'agissait, en fait, que d'un colis anodin.
Une découverte qui suscita d'emblée l'hilarité générale et un grand soulagement de l'assistance après un moment d'appréhension.
La police a décidé d'ouvrir une enquête sur la demandeuse du visa, qui a été identifiée, a-t-on ajouté de même source.

Pour que nul n'oublie

Création d'un Espace Fadma Ouherfou à Agdz

Les participants à la deuxième caravane de Réconciliation "Fadma Ouherfou", organisée du 1 au 3 mai dans le sud-est (le départ a eu lieu à Errachidia vendredi matin), se sont recueillis, samedi à Agdz, sur la tombe de Fadma Ouherfou. Décédée à l'ancien bagne secret d'Agdz, Fadma Ouherfou constitue désormais le symbole de la Réconciliation, dans son approche Genre, comme le prévoient les recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation (IER).
Initiée par le réseau des associations de développement des oasis du Eud-Est (RADOSE), cette caravane qui rentre dans le cadre du suivi des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation vise la sauvegarde de la mémoire et la réconciliation des femmes de Ksar Sounate à Imilchil.

Des jeunes filles de Sountate composant la caravane de «la réconciliation Fadma Ouharfou». (Photo : www.map.ma)


Organisée en partenariat avec le Fonds de Développement des Nations unies pour la Femme (UNIFEM) et le CCDH, cette deuxième phase de la caravane a pour objectif de sensibiliser les acteurs locaux de Ouarzazate et de Zagora sur les souffrances endurées par les femmes pendant les années de plomb.
Les participants entendent à travers cette caravane présenter les expériences des projets pilotes menés par le RADOSE à Imilchil sur la préservation de la mémoire de Fadma Ouharfou et permettre aux jeunes d'Imilchil de rendre hommage à cette femme victime des violations passées des droits de l'Homme.

Source : aufait/MAP

Les fondements de la monarchie marocaine...

par Belmaïzi
... féodale et archaïque. Elle n’a rien compris à la marche de l’Histoire. Et elle se refuse à suivre les exemples d’autres monarchies éclairées et prospères… prétextant la relativité des tempéraments et des cultures (!), sous entendu que nous, les cancres et arriérés marocains, sommes éternellement à la périphérie, et n’avons rien compris à la démocratie et à l’émancipation. Nous n’avons donc aucun mérite selon cette vision arrogante et humiliante.

La reine du Danemark, par exemple, a traduit un certains nombre d’ouvrages du français au danois. Elle a fait nombre de créations (on la voit à quatre pattes en train de faire du collage sur un grand tableau de sa création. Elle a fait, entre autres, un « jeu de société » et d’autres bricoles, dont une belle petite cuillère, pour financer les associations qui s’occupent des réfugiés, des humbles et des plus démunis…). Moi- même, je l’ai vue à plusieurs reprises en ville, et dans les magasins côtoyant le commun des mortels… Et surtout, surtout qu’elle ne s’occupe réellement pas de la politique et de la gestion du pays. Elle est là comme garante du bon fonctionnement de la démocratie.
Et c’est d’ailleurs ce que Mohamed V avait compris et allait se soumettre au régime d’une véritable monarchie constitutionnelle où le roi ne s’implique plus dans le pouvoir décisionnel, où il « règne et ne gouverne pas » (lire « Les Trois Rois » d’Ignace Dalle). L’exemple du voisin espagnol est criant de promesses. Mais reste cruellement inaudible. Et on voit comment l’Espagne a percé si rapidement dans la voie de la prospérité et de la démocratie.

La monarchie marocaine, au lieu de se retirer de la politique et de laisser s’installer une culture démocratique et un véritable Parlement, elle a monopolisé tous les leviers du pouvoir de décisions et elle a infantilisé les partis politiques… les béni-oui-oui. Elle a même cru bien faire en pactisant avec quelques anciens opposants, comme Ben Zekri et Herzenni, ainsi que d’autres illustres héros négatifs.

Pourtant une nouvelle Constitution et un Etat de Droit sont salutaires et incontournables pour notre pays. Il s’agit de faire de la politique autrement.

Et puisque ce n’est pas ainsi, nous sommes condamnés à défendre nos droits toujours écrasés et violés, nous parant des cuirasses solides contre les nombreux périls qui nous guettent… Mais jusqu’à quand ?
(...)

Pétition pour la réouverture de la frontière algéro-marocaine

Vous aussi signez la pétition pour la réouverture des frontières Algéro-Marocaines, pour que les familles séparées depuis 1994 puissent oublier leur drame et retraverser cette frontière longue de quelques kilomètres seulement où le temps et les échanges se sont figés.Rassemblons-nous... pour la relance des relations bilatérales, pour un nouveau décollage économique bénéfique à l'ensemble des peuples de cette région en particulier et du Maghreb Arabe en général.
Signez cette pétition pour que cette fraternité entre l'Algérie et le Maroc ne subisse plus la fracture et la blessure de cette séparation.
Cliquez
ici pour signer
Relayez ce message à tous vos contacts et sur vos sites et blogs car il nous faudra être encore beaucoup plus nombreux pour peser en faveur de cette réouverture des frontières.

samedi 2 mai 2009

Rendez-nous nos disparus- Rendez-nous Houcine !

par la Famille EL MANOUZI , 1er Mai 2009
1er mai 1972 ; dernière « fête du tavail » à laquelle a participé le syndicaliste HOUCINE
1er mai 2008 . Déjà 36 ans que HOUCINE est séquestré dans un lieu secret au Maroc
- 1963 . Syndicaliste à l’âge de vingt ans, Houcine était un militant actif au sein de l’UMT. Sa participation à la conscientisation de la classe ouvrière marocaine a amené la RAM ( Royal Air Maroc), au sein de laquelle il travaillait, à le licencier.
- 1966, il est l’un des fondateurs de la section arabe de la centrale syndicale belge
- 1971, il est l’un des responsables défendeurs de la classe ouvrière marocaine en Lybie.
- 29 Octobre 1972, il est enlevé par les autorités marocaines en Tunisie pour mettre fin à ces activités syndicales et politiques
Depuis cette date et à ce jour, il fait parti des disparus politiques marocains dont le sort n’est connu que par ceux qui ne veulent pas que la vérité se sache.
Oui, le dossier des disparus politiques au Maroc n’est pas clos. Elles sont encore nombreuses les familles qui attendent depuis un temps incommensurable le retour de leur proche. La page ne peut être tournée sans que l’on sache la vérité.
Quelle faute ont commis nos disparus pour que leur sort demeure inconnu ? Pourquoi les privent t’on de la vie et de la liberté, de la prison ou de la tombe ?
Parfois, seuls leurs photos constituent la preuve matérielle qui demeure. Mais ces photos portées par leurs familles et leurs amis à chaque 1° Mai et chaque manifestation deviennent des drapeaux pour rappeler que sans vérité sur nos disparus, on ne peut parler de justice et de démocratie. Ces manifestations ne constituent pas une date qui rappelle une absence mais que ce sont des arbres que l’on plante pour l’éternité.
Les declarations récentes et abjectes de Chabatt, est un nouveau complot contre la vérité orchestré par ceux même qui sont les responsables des ce violations graves des droits de l’Homme et qui conservent la nostalgie des années noires et qui craignent la Justice et Chabatt n’est qu’une marionnette pour faire passer leurs discours
La seule chose que craignent les familles, c’est le silence d’une partie de notre société avec tous ses constituants autour du phénomène de la disparition dont s’habille l’oubli, la perte de mémoire, l’amnésie qui souille l’histoire de notre peuple.
La Vérité triomphera et le jour de la Justice viendra

Skoura : arrogance et provocation du wali

par Ali Fkir, 2 mai 2009
Le jeudi 29 avril 2009, le Wali de Fés-Boulmane a reçu les 10 représentants des paysans de Skoura, et ce dans le but de discuter des mesures urgentes à prendre par l’Etat pour éviter la catastrophe qui plane sur la vallée de Skoura. Les récoltes des céréales, les arbres, les animaux, les humains, la volaille…soufrent de pénurie d’eau depuis les inondations d’octobre 2008 qui ont endommagé le barrage, 22 km de canalisation, deux ponts….
Les représentants ont été surpris par le discours menaçant d’El Wali. Au lieu de se pencher consciencieusement sur la situation catastrophique et proposer des solutions concrètes et immédiates, El Wali s’était pris à « des gens qui sont derrière ces événements, des gens ont des buts politiques…. ».
Devant la réplique des représentants des paysans, le Wali a répondu qu’un « appel d’offres » a été lancé, et que les travaux vont bientôt commencer.
Les représentants, très déçus par le comportement arrogant et provocateur d’El Wali, ont regagné Skoura. Le dimanche 3 mai, se tiendra l’assemblée générale des paysans pour discuter des « résultats » de cet « entretien ». Pendant ce temps là, tout se dessèche dans la vallée, jadis verdoyante, de Skoura.
Rappelons au Wali de Fés-Boulmane que le comportement arrogant et provocateur du Gouverneur de Sefrou était à l’origine des émeutes qu’avait connues « sa » ville en septembre 2007.

vendredi 1 mai 2009

1er mai

par smirnova, 1er Mai 2009
ce matin
je n'ai fait attention
qu'à la marche de mon syndicat
sûr
j'ai remarqué une diminution
de la participation
mais l'enthousiasme
des particpantEs
et surtout celui des jeunes ouvrières
m'avaient comblée..
ce n'est qu'en regardant la télé
le "reportage" sur les défilés du 1 mai
où on a passé une quinzaine de "centrales"
des milliers d'ouvrierEs
disperséEs là et là
écoutant distraitement
les allocutions de "directions" éternelles
leur parlant de dialogue
leur parlant nationalisme
leur parlant coopération
pour résister à la crise!!!!
wa jabha lah had la crise..
comme si avant la crise
nos prolétaires vivaient le bonheur!!!
comme si notre patronat
avait attendu qu'on parle de crise
pour sortir ses canines!!!
ces ouvrierEs doivent le sentir
dans leur peau
toute cette misère
tout ce mépris..
et depuis longtemps..
souvenons nous
des luttes acharnées
juste pour pouvoir se syndiquer..
sûr que nos prolétaires savent
mais devant cette dispersion
devant cette banalisation du syndicalisme
et le meilleur dans l'histoire
c’est que à la création de chaque nouveau syndicat
en général dû à une scission
ceux qui sont sortis
appellent à l'union de la classe ouvrière!!!!!
cette classe exploitée
cette classe humiliée
cette classe
sans conscience de classe
grâce à toutes ces idéologies
qui la traversent
de l'extrême droite à...
et ça continuera
tant que notre prolétariat
ne comprenne pas
que ce n'est qu'en s'unissant
pour ses propres intérêts
-qui sont ceux de la majorité
de ce peuple
de plus en plus appauvri-
que le chemin pour la dignité
s'ouvrira...

Condamnations de l' agression contre le camarade Mustapha Khalid

J'ai appris que le camarade Mustapha Khalid militant de la Voie Démocratique à Khémisset a été agressé pendant qu'il distribuait le communiqué de la Voie démocratique à l'occasion du 1er Mai .
Je tiens à dénoncer cet acte barbare et makhzénien qui vise à museler la voie Démocratique et ses militants présents sur la terrain .
Aziz Akkaoui

Je dénonce vivement cette agression contre le camarade Mustapha Khalid à Khémisset, et je dénonce par la même occasion l'agression d'un flic déguisé en journaliste portant une caméra contre les camarades de l'AMDH section de Rabat durant la marche de 1er Mai et surtout contre le camarade Hassan Mahfoud membre de l'AMDH Rabat
Abdesselam Adib

« NOS LIEUX INTERDITS » un film de Leila KILANI sur les disparus

Samedi 2 mai 2009 au 20 heures au Cinéma l’ECRAN St-Denis (93)Métro Ligne 13 arrêt St Denis Basilique

Dans le cadre du panorama des cinémas du Maghreb, la Voie Démocratique apporte sa contribution pour l’année 2009, en animant le débat autour du film :
« NOS LIEUX INTERDITS » de Leila KILANI

Ce film, s’inscrivant dans la démarche de l’Instance Equité et Réconciliation, se veut libérateur de la parole de quatre familles affectées par les atrocités du règne Hassan II. C’est l’occasion, pour nous aussi de revenir sur ses crimes non élucidés, les charniers découverts, l’impunité dont jouissent certains responsables de l’Etat. Nous nommons particulièrement l’artisan de la répression du 04 avril 2009, le Général LAANIGRI.

Votre soutien serait d’un grand appui aux forces démocratiques marocaines qui relèguent au second plan la duperie du Maroc officiel, celui du mensonge et dévoilent au grand jour l’impunité dont jouissent des tortionnaires, et l’absence de la Vérité.

Nous invitons au débat le représentant du Forum Marocain Vérité et Justice en Europe : Larbi MAANINOU, avec le témoignage de la famille du disparu BEN BERKA : Saad BEN BERKA et le Frère du disparu Omar EL OUASSOULI : Karim EL WASSOULI

Le régime marocain aidé par une certaine élite intéressée et corrompue a mené une politique de propagande agressive et mensongère concernant le règlement du lourd dossier des violations graves des droits humains durant les années de plomb. En effet, le pouvoir a toujours voulu le réduire aux seules questions d’indemnisation et réparations matérielles. Les victimes et leurs familles ne cessent de demander vérité, justice et la fin de l’impunité.

Où est ce prétendu règlement ?

Les disparus :

- aucune dépouille de disparus présumée décédé n’a été restituée à la famille,
- aucun résultat d’ADN n’a été communiqué alors que les premiers échantillons d’ADN ont été prélevés des corps des victimes il y a maintenant plus de trois ans. Il s’agit de plus de 180 victimes alors que les familles attendent l’identification de toutes les victimes qui se comptes par milliers.
- le rapport final de l’IER a fait état d’un nombre de 66 cas dont le sort était encore non élucidé. Le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme, refuse de communiquer aux familles l’identité de ces cas et les résultats d’éventuelles investigations supplémentaires,
- le CCDH piétine le droit des familles à savoir la vérité en refusant de leurs communiquer les informations collectées lors des investigations,

La vérité :

- le pouvoir s’obstine à continuer à accorder une impunité totale aux responsables des crimes commises. Certains d’entre eux continuent à exercer des responsabilité et au plus haut sommet de l’état.
- L’appareil judiciaire continue à être le bras armé de cette politique d’impunité. Les plaintes sont systématiquement classé sans suite comme celle du fils du martyr Amine TAHANI,

Les réformes : l’Etat au Maroc est récidiviste

- le mouvement des droits humains marocain n’a cessé de demander des réformes capables de garantir la non répétition de violations graves des droits humains dans notre pays. Non seulement, il en est rien mais plus grave encore, des responsables de ses crimes continuent à occuper des postes clefs dans le pouvoir peut être un peu édulcoré
- .C’est le cas du Général LAANIGRI : cité parmi les 45 responsables des crimes des années de plomb, ses forces sont à l’avant-garde des répressions que le Maroc a connue ses derniers temps (à Sidi Ifni aux universités, contre les enchômagés... ).
- La dernière sauvagerie en date est l’intervention du 4 avril dernier 2009 lors d’un sit-in pacifique appelé par l’alliance de 3 organisations politiques dont la Voie Démocratique pour protester contre l’OTAN et le G20. Résultat, un bain de sang orchestré par les hommes du général LAANIGRI laissant une vingtaine de blessés.

Aujourd’hui, plus que jamais, la communauté internationale est saisie pour élucider les crimes du passé et du présent. Les intérêts économiques ne doivent pas se réaliser au détriment des valeurs universelles des droits de l’Homme.
Enfin, nous interpellons les candidats aux élections européennes à intégrer dans leur programme le refus de tout accord de l’Union Européenne avec un Etat irrespectueux des droits humains.

Assez de mensonges
Nous voulons nos disparus, nous voulons les nôtres
Voie démocratique
Section France

France: Récit d’une expulsion manu militari de Sète à Tanger

par Rachid Hallaouy, Yabiladi.com, 27/04/2009

Né en octobre 1987, de nationalité marocaine, Hassan El Bouyahyaoui est arrivé en France en juin 2003 sur inscription au passeport de son père. Depuis la séparation de ses parents - Hassan avait une dizaine d’années- il n’a jamais revu sa mère, ni ses 2 frères et sœurs.

Scolarisé de 2003 à juillet 2007, dont les deux dernières années au centre de formation d’apprentissage professionnel Henri Martin à Lézignan (Corbières), son père, résidant en France depuis 1974, est aujourd’hui invalide à 80%. Son frère aîné, qui a eu exactement le même parcours que Hassan, est, lui, en situation régulière.
Comment Hassan El Bouyahyaoui est-il arrivé à une situation …d’expulsion ? «A 18 ans, j’ai fait une demande de titre de séjour et j’ai obtenu une prolongation de 6 mois du fait de mon inscription en CAP mécanique en alternance, en fonction d’un accord qui existait alors avec le Rectorat, mais dénoncé depuis par la préfecture», précise-t-il.
Suite à son échec aux épreuves théoriques du CAP en juillet 2007, sa demande de renouvellement de titre de séjour a été rejetée le 29/11/07. Un rejet confirmé le 27/03/08. Entre temps, Hassan avait retrouvé, grâce à l’association Passerelles, une nouvelle formation en mécanique par alternance. Ce qui a motivé sa nouvelle demande de titre de séjour.Contrôlé par les autorités compétentes, le 18 février 2009, il a été placé au centre de rétention de Sète et il a été libéré le 20 février 2009 par décision du juge.
Hassan Bouyahyoui déposait alors un nouveau dossier de demande de réexamen de sa situation, le 9 mars 2009. Mais, contrôlé à nouveau le 10 mars, il est expulsé par bateau de Sète vers Tanger, le soir même. Personne n’était là pour l’accueillir au Maroc, un pays qu’il n’a pas revu depuis 6 ans.Depuis, Hassan est retourné à Oujda, où il vit dans une petite chambre près de son grand-père, très âgé, sourd et aveugle, qui n’a pas pu l’accueillir. Parti à la recherche d’une autre grand-mère, il a appris qu’elle était décédée. Un cousin l’a hébergé quelques jours à Taza, puis l’a «invité» à quitter le lieu et «à se débrouiller». Depuis, Hassan est hébergé ici et là.
Il n’a plus d’argent et ne trouve aucun boulot. Très perturbé par l’expulsion, il s’est fait renverser par une voiture quelques jours après son arrivée et il s’est fracturé la cheville.
«Nous avons mis Hassan en contact avec des personnes du RESF Maroc, qui essaient de répondre à ses appels au secours. Il cherche une place en foyer et du travail. Sans résultat à ce jour. Hassan se bat pour essayer de survivre dans ce pays qu’il ne connaît plus. Il est d’autant plus désespéré que les nouvelles de sa famille à Montpellier ne sont pas bonnes. Son père, malade, supporte mal la séparation avec son fils qui s’occupait de lui avec beaucoup d’amour et de respect. Sa santé se dégrade», indique Hicham Barakat, acteur associatif à Oujda.
«Mon seul rêve est de pouvoir travailler et vivre enfin avec mon père et mon frère. Nous venions tout juste de trouver un petit appartement pour vivre ensemble, après des années de galère. Quand l’expulsion est venue tout casser !» déclare Hassan El Bouyahyoui.
En France plusieurs associations essayent de venir en aide à Hassan et exige son retour en France. On compte parmi elles le Comité de soutien de Hassan, RESF 34, la Cimade ...

jeudi 30 avril 2009

Élections communales du 12 juin (1)


Participer ou non…

Par Omar Brouksy, Le Journal, 24/4/2009

Annahj Addimocrati (la Voie démocratique) est un parti d’extrême-gauche fraîchement reconnu par l’Etat.
Il est dirigé par Abdallah El Harrif, un militant convaincu ayant passé, à cause de ses idées politiques, plus de dix-sept ans en prison. Son parti est l’héritier du mouvement marxiste Ilal Amam qui comptait parmi ses dirigeants Driss Benzekri. C’est une formation qui a toujours appelé au boycott des élections en avançant des arguments politiques et juridiques cohérents. Au cours d’une rencontre entre les responsables de la presse écrite marocaine et le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa, le 13 avril à Rabat, celui-ci a déclaré que, lors de la campagne électorale des communales (prévue pour juin prochain), Annahj Addimocrati n’aura pas le droit d’exprimer ses opinions sur les télévisions et les radios publiques.
C’est une atteinte grave au principe démocratique, à la liberté d’expression et au pluralisme politique, fondements de la liberté. Le boycott des scrutins est en lui-même un positionnement qui véhicule des idées politiques. Et les contribuables marocains ont le droit d’en être informés et d’en débattre. Mais si l’on essaie d’évaluer la question du boycott des élections par Annahj Addimocrati, il importe d’apporter les nuances suivantes.
Ne pas participer aux élections parlementaires est une décision hautement respectable, car pendant et après le scrutin législatif, qui est un scrutin national, les enjeux sont liés à la conception du pouvoir et son exercice, et non pas à l’action locale. Tant que l’Exécutif reste sous le contrôle et la conduite de l’institution royale -qui conduit la politique générale de l’Etat et détermine les priorités budgétaires-, la non-participation aux législatives peut se comprendre largement. Mais, s’agissant des communales, l’enjeu est différent. Il n’est pas national et il ne porte pas sur le gouvernement de l’Etat.
Et même si le rôle et les attributions du gouverneur, autorité déconcentrée par excellence, sont considérables sur le plan local, il n’en demeure pas moins que la présence des militants d’un parti comme Annahj Addimocrati peut être politiquement très utile. Ils sont déjà implantés sur le plan local et leur dynamisme social, notamment à travers l’Association marocaine des droits humains (AMDH), est de notoriété publique. Il est alors injuste que ce qu’ils sèment soit récolté politiquement, par d’autres formations favorables à l’autoritarisme et au conservatisme societal. Disposer des moyens financiers de l’Etat pour renforcer l’assise et l’action locales n’est pas incompatible avec les fondamentaux d’Annahj Addimocrati, à savoir un vrai partage du pouvoir politique et une vraie réforme constitutionnelle.
Source :
http://www.lejournal-press.com/edito.php?numero_j=392

Commentaires

Point de vue respectable, mais il ignore complètement la mainmise (juridiquement soulignée) de l'intérieur sur les "les conseils élus". Ceux qui ont tenu le même discours que Omar Brousky et ont participé à la "gestion" des affaires locales y ont laissé des plumes: PSU ( à Bouarfa, Khénifra, Beni tadjit, boulmane..), le CNI (à Mohammedia...), PJD (à Meknés, Mohammedia,Témara...), l'USFP (partout où il est), PPS (El Houceima, Souissi...) et cela pour ne citer que les forces animées de bonnes intentions. La solution transitoire (point de vue personnel) réside dans le boycott général pour amener le palais à négocier d'égal à égal.
Ali Fkir
L'ADMINISTRATION PRÉPARE LA MASCARADE DU 12 JUIN. LA CARTE DES RÉSULTATS EST PLUS AU MOINS DÉJÀ ÉTABLIE PAR RABAT. RESTENT LES DERNIÈRES RETOUCHES. LES AGENTS LOCAUX VONT (PLUS AU MOINS DIRECTEMENT) DIRIGER L'OPÉRATION. ON DEMANDE DÉJÀ AUX CITOYENS D’ALLER VOTER: SI VOUS NE VOULEZ VOTER POUR AUCUN PARTI, METTEZ SUR LE BULLETIN VIVE LE ROI ! ET DIRE QU'IL Y EN QUI SE PRÉCIPITENT POUR CAUTIONNER CETTE MASCARADE A LA ROYALE. QUELLE DÉCHÉANCE !!
Mustapha L.

« La répression marocaine contre les enfants mineurs sahraouis est systématique et a des connotations stratégiques »

Une interview de Ali Salem TAMEK علي سالم التامك

Santa Cruz de Tenerife. - Ali Salem Tamek est un symbole pour le peuple sahraoui. Fondateur du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA), il a été emprisonné et torturé en de nombreuses occasions. Actuellement et depuis deux ans, les autorités de Rabat l’empêchent de faire des études de journalisme en lui refusant un droit fondamental de plus : celui à l'éducation. Déclaré « ennemi public numéro un » au Maroc par le fait de son soutien à l'autodétermination du Sahara, il n’a pas été seul a avoir vécu dans sa propre chair la plus cruelle des violences. Sa femme également a été violée par cinq policiers marocains alors qu’elle venait lui rendre visite à la prison et devant les yeux de sa fille âgée de moins de 4 ans. « Cette situation impose à tous les Sahraouis de penser la même chose : chercher chaque jour une nouvelle forme de lutte », a-t-il déclaré au Service de Communication Sahraoui des Iles Canaries (SCSC).

Le nouveau représentant du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross, a déjà effectué une tournée dans la région et Ban Ki-Moon a tenu compte de ses appréciations dans son dernier rapport au Conseil de Sécurité, avez-vous perçu quelque changement ?

« Ross est arrivé après que son prédécesseur, Vont Walsum, il viole le principe de neutralité qu’il aurait dû maintenir mais il s’était aligné sur une des parties en abandonnant l'objectivité qu’il était présumé représenter. Il s'agit d'une personnalité au profil beaucoup plus important, autant par son expérience de la région que par le fait d'avoir été informé en permanence sur la question sahraoui car il a été ambassadeur US en Algérie. De plus, indirectement, son avis est un avis de poids aux USA. Notre principal espoir est l'amélioration de la situation des droits humains au Sahara occupé par le Maroc. Cependant, il semble encore trop tôt pour que des changements se produisent et, malgré cela, le dernier rapport du secrétaire général au Conseil de Sécurité n'aborde pas cette question de manière claire, nous sommes déçus ».

Le Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA), dont vous faites partie, s'est récemment réuni à Rabat avec des représentants de l'ambassade des USA pour traiter de la situation du Sahara, croyez-vous que l'arrivée d'une nouvelle administration à Washington peut changer la situation de blocage du conflit ?

« Nous maintenons des contacts permanents avec l'ambassade US. Le thème à traiter tourne toujours autour de la situation des droits humains au Sahara et à la répression dont les militants sahraouis sont victimes et qui s’abat sur la population civile en général. Nous travaillons également sur la situation de nos prisonniers politiques dans les prisons marocaines. Quant à la nouvelle administration usaméricaine, il convient de signaler que les premiers rapports du Département d'État démontrent qu’elle n’a pas planché directement sur le problème sahraoui. Ils maintiennent toujours une certaine bienveillance avec le Maroc. Bien que nous ayons gardé de nombreux contacts avec des hommes politiques usaméricains, on ne voit pas encore de résultats concrets ni positifs ».

Depuis le mois de mai 2005, dans les prisons marocaines, les prisonniers politiques sahraouis font des grèves de la faim très dures pour réclamer des conditions d’incarcération plus acceptables. Actuellement où en est la situation ?

« Ils sont toujours torturés, enfermés dans des cachots réduits et isolés comme les trois étudiants qui ont fait récemment une grève de la faim pendant 56 jours, à la limite du péril de leur vie, dans une prison de Marrakech. Leur délit est d’avoir participé à une manifestation pacifique. Tandis que, le conducteur d'autobus qui a tué deux étudiants sahraouis à Agadir en décembre a été condamné seulement à 4 mois de prison et maintenant il est sorti. Bien que les organismes internationaux qui ont pour tâche de surveiller le respect des droits fondamentaux soient au courant de la réalité, nous ne voyons toujours pas d'améliorations et, le plus dangereux, c’est que les puissances qui pourraient avoir une influence dans le concert international traitent la question des droits de l’homme dans le sens de leurs intérêts politiques, et non comme un principe universel dont nous tous devrions jouir. Je profite de cette occasion pour demander à la communauté internationale qu’elle fasse pression sur le Maroc et sauve ainsi la vie du prisonnier sahraoui Yahya Mohamed El Hafed (1), qui se trouve dans un état de santé critique, il a été transféré dans un cachot d’isolement de la prison d'Ait Melloul à Agadir ».

Mais face au blocus habituel de l’information, le témoignage des violations permanentes des droits humains par le Maroc au Sahara est déjà connu…

« Oui, mais, par exemple, depuis deux ans, même le rapport sur le Sahara du Haut commissaire aux droits de l’homme de l'ONU n’est toujours pas publié. Amnesty International, Human Rights Watch, la délégation ad hoc du Parlement Européen et les organisations comme Frontline ont visité les territoires occupés par le Maroc et ils ont vu, de leurs propres yeux, la répression sur notre peuple. Y compris l'Association marocaine de défense des droits humains (AMDH) a mis en évidence la situation et, malgré tout, il semble qu’il n’y ait pas d’écho à l'ONU ni dans les principaux pays, puisque l’ordre de protéger la population n’a pas encore été donné aux casques bleus de la MINURSO. Tout ceci engendre frustration et tristesse pour les milliers de Sahraouis et les amis du Sahara ».

Toutefois, le rapport préliminaire du Parlement Européen est censé avoir porté un coup dur à l'administration marocaine…

« Même le rapport du Parlement Européen, qui confirme les violations des droits humains, oublie des circonstances telles que les viols des femmes et des prisonniers ou la spoliation des ressources naturelles. Ils ont été les témoins du blocage marocain autour de leur hôtel, des arrestations et de la répression généralisée des forces de sécurité. N'oublions pas que le Maroc a tardé deux ans pour autoriser cette visite et il a eu le temps de préparer le scénario idéal, il a organisé un contrôle de fer du groupe des eurodéputés et c’est lui qui a déterminé le temps de son séjour afin d’éviter qu'ils puissent voir les constantes manifestations contre l'occupation ».


Cette frustration faute d'avancée pourrait-elle amener un retour à la guerre ? Et, dans ce cas-là, la guerre pourrait-elle s’étendre cette fois-ci aux villes sahraouies occupées par le Maroc ?


« Les lois internationales garantissent le droit de se défendre et de résister pour la défense des droits légitimes des peuples. Notre cause est une cause juste, claire et transparente. Depuis la signature du cessez-le-feu en 1991, cela fait 18 ans que nous sommes dans une impasse qui n'est ni la guerre ni la paix. Divisés par un mur miné, un des plus dangereux du monde, soumis à la répression brutale et supportant la spoliation de nos richesses, le Maroc continue à ignorer la légalité et les résolutions de l'ONU. Cette situation impose à tous les Sahraouis de penser la même chose : chercher chaque jour une nouvelle forme de lutte. Ce n'est pas une question émotionnelle, mais stratégique, qui marquera le destin de notre peuple, une option imposée et non choisie. Mais c’est notre représentant, le Front Polisario, qui prendra la décision ».


Les enfants et adolescents mineurs sahraouis sont une cible particulièrement touchée par la répression marocaine au Sahara, Quel est le but de cette nouvelle stratégie du Maroc ?


« Il s'agit d'une question de grande importance qui n'a rien de fortuit. Le régime marocain ne fait rien de façon spontanée. La répression contre les enfants mineurs sahraouis est systématique et a des connotations stratégiques. Ces enfants, ces jeunes qui sont aujourd’hui emprisonnés, torturés et violés sont nés dans un environnement d’occupation et de soulèvement permanent et se sont eux qui adaptent et actualisent cette culture de la résistance. Le Maroc essaye d'annihiler leurs actions parce qu'il connaît leur importance pour le peuple sahraoui. C'est pourquoi nous avons constitué récemment le Forum pour la Protection de l'Enfance en tant qu’outil pour faire connaître cette campagne d'extermination de nos enfants mineurs. Des enfants de 5 ans ont été torturés pour avoir brandi le drapeau sahraoui ».


Bien que le Maroc ne réduise pas le degré de violence de sa répression, il se forme chaque fois davantage de groupes de défense des droits humains au Sahara, quelque chose a-t-il changé pour que ce phénomène se produise ?


« Non, la répression marocaine est dirigée contre tous les droits civils et politiques des Sahraouis, parmi lesquels ceux de se réunir et de s’organiser. Toutes les organisations qui se sont constituées sont interdites légalement c’est pourquoi leur apparition et leur activité représentent une énorme réussite qui est le résultat de la lutte des Sahraouis pour leur liberté. Ce n’est ni un cadeau ni un crédit de l’État marocain. Et cela n’implique ni ouverture ni nouvelle démocratie de la part du Maroc ».


Et, qu’en est-il de l'appui du gouvernement espagnol aux thèses marocaines pour le Sahara ?


« Personnellement, le gouvernement espagnol ne me semble pas trop démocratique parce que dans cette affaire sa position ne reflète pas la volonté politique des peuples d'Espagne. Ces peuples sont l'élan central, le cœur de la solidarité avec le Sahara vers le monde. En attendant, le gouvernement de Zapatero brandit le drapeau des droits de l’homme mais il n’endosse pas la responsabilité de son rôle historique au Sahara et il détourne son regard lorsqu’on lui parle de l'extermination des Sahraouis. C'est une question de business ».


Notes

1- Yahya Mohamed El Hafed

Le défenseur des droits humains Yahya Mohamed el Hafed Aaza torturé et placé à l’isolement

Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce de la torture et de la mise à l’isolement du défenseur des droits humains M. Yahya Mohamed el Hafed Aaza, actuellement détenu dans la prison d’Aït Melloul. Yahya Mohamed El Hafed Aaza est membre de la branche de Tan-Tan de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), ainsi que de l’assemblée constitutive du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA).

Le 4 mars 2008, Front Line avait lancé un appel urgent concernant l’arrestation arbitraire de Yahya Mohamed El Hafed Aaza.

Le 3 avril 2009, Yahya Mohamed El Hafed Aaza et neuf autres prisonniers sahraouis auraient été victimes de torture dans la prison Enzkan. Ils ont ensuite été transférés dans la prison d’Aït Melloul, où Yahya Mohamed El Hafed Aaza a été placé à l’isolement, sans couverture ni vêtements et sans suffisamment d’eau et de sucre, dont il a besoin car il mène une grève de la faim. Yahya Mohamed El Hafed Aaza souffre de rhumatismes, d’asthme, d’anémie et d’autres maladies pour lesquelles il a passé trois mois à l’hôpital quand il été emprisonné à Enzkan. Le 4 avril 2009, sa femme et son père n’ont pas été autorisés à lui rendre visite et il leur a été demandé d’avoir une autorisation du Directorat des Prisons à Rabat (qui se situe à 700km d’Aït Melloul).

Yahya Mohamed El Hafed Aaza a été arrêté le 29 février 2008 alors qu’il travaillait dans son magasin à Tan-Tan, dans le sud du Maroc. Il semble que son arrestation soit liée à des manifestations pacifiques en faveur de l’indépendance, qui avaient eu lieu deux jours plus tôt à Tan-Tan. En septembre 2008, il a été condamné à 15 ans de prison lors d’un procès inéquitable. Yahya Mohamed El Hafed Aaza avait déjà été victime d’intimidations. En 2004 et 2006, il avait été arrêté par les services marocains de renseignement militaire. En 2005, il aurait été enlevé par ces mêmes services pendant deux semaines, durant lesquelles il a été torturé.

Front Line pense que la torture et la détention continue de Yahya Mohamed El Hafed Aaza a un lien direct avec son travail en faveur des droits humains. Front Line est très inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de Yahya Mohamed El Hafed Aaza.


Source : Front Line (Protection des Défenseurs des Droits Humains), 23 avril 2009

Quelques repères historiques sur le mouvement des défenseurs des droits humains au Sahara Occidental
Depuis toujours, la répression contre la population sahraouie a été liée à la question de sa libre détermination. Pays colonisé par l'Espagne jusqu'en 1975, toute tentative de création d'un mouvement nationaliste a été durement réprimé par les autorités coloniales. Depuis l'invasion marocaine en novembre 1975, le régime alaouite a utilisé toutes ses ressources répressives contre la population civile sahraouie: bombardements au napalm, arrestations massives, assassinats.
Durant les premières années de l'occupation marocaine, la question des violations systématiques des droits humains a été entièrement occultée par le conflit militaire, alors que des centaines de civils étaient arrêtés, torturés, puis "disparus" pour le simple fait d'être sahraoui.
1989: création de l'Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA). Quelques membres de familles, en exil, s'inspirant des expériences latino- américaines, fondent leur association qui deviendra au fil des ans la référence au niveau international. Participation aux commissions et sous-commissions des droits de l'homme de l'ONU, contacts avec des ONG internationales…
1991: en juin, le Maroc annonce la "libération" de plus de 300 disparus sahraouis dont il niait l'existence. Peu à peu, ils feront connaître le calvaire des centaines de disparus enlevés par les autorités marocaines.
1993: création à Rome du Bureau pour le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental, aujourd'hui BIRDHSO.
1994: des rescapés des bagnes secrets libérés en 1991, créent le "Comité de coordination des victimes sahraouies de la disparition forcée" qui entame différentes démarches pour la reconnaissance de leurs droits.
Août 2000: création à El Ayoun (capitale du Sahara Occidental occupé) de la Section Sahara du Forum Vérité-Justice qui regroupera la majorité des défenseurs sahraouis des droits de l'homme.
Septembre 2001: création à El Ayoun du "Comité pour la libération de Mohamed Daddach et tous les prisonniers politiques sahraouis". Son travail conjoint avec le BIRDHSO et d'autres organisations internationales, aboutira à la libération des 26 prisonniers politiques sahraouis en novembre 2001. Depuis lors, Sidi Mohamed Daddach devient le symbole de la lutte pour la défense des droits humains au Sahara Occidental. Il obtiendra le prix RAFTO des droits de l'homme (Norvège) en 2002
2002: Création du "Comité pour la libération de Ali Tamek Salem (membre du Forum Vérité-Justice arrêté et condamné par les autorités marocaines) et prisonniers politiques sahraouis.
Juin 2003: Dissolution par les autorités marocaines du Forum Vérité-Justice - Section Sahara.
Janvier 2004: libération de Tamek et 11 autres détenus politiques sahraouis
Source :
http://www.birdhso.org/appel0904.html, 14 avril 2009
Lire également
Rapport sur les intimidations perpétrées par les autorités marocaines contre les défenseurs Sahraouis des droits de l'homme. 14 avril 2004
Rapport annuel sur les violations des droits humains au Sahara Occidental 2006

SCANDALE. La tante indigne

Par Zoé Deback,envoyée spéciale à Khénifra,avec Lahcen Aouad , TELQUEL Magazine, 24/4/2009







Hafsa Amahzoune. Alitée à l’hôpital militaire de Meknès, elle affirme être la victime, et non la coupable, de l’agression. (DR)


L’agression d’une avocate par une tante de Mohammed VI, devant des policiers paralysés, a fait exploser la colère des habitants de Khénifra.TelQuel a mené l’enquête… et a levé bien des lièvres sur les abus de pouvoir collectionnés par Hafsa Amahzoune.

“Hafsa, dehors ! Khénifra ne t’appartient pas !” Près du marché central, en plein centre de cette petite ville du Moyen-Atlas, une foule d’environ 4000 personnes – femmes et hommes, jeunes et moins jeunes – a scandé ce type de slogans pendant une heure et demie. L’ambiance est électrique en ce samedi 19 avril. De nombreux habitants de villages satellites sont même descendus dans la bourgade, à l’appel de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), pour dénoncer les “agissements” de Hafsa Amahzoune, une des demi-sœurs de Lalla Latifa, la mère du roi Mohammed VI. Parmi les manifestants, de nombreux plaignants qui attendent l’issue d’un procès contre elle ou certains membres de sa famille. Comme ces habitants d’Aguelmous qui accusent le fils de Hafsa d’une vaste affaire d’escroquerie.

Les deux barrages que la police a dressés pour l’occasion sur la route d’Aguelmous - qui n’est autre que le “fief” du clan Amahzoune – ne les ont pas empêchés de venir brandir une banderole de leur cru. Un peu en retrait des manifestants, près de vieilles dames tatouées qui guettent l’improbable touriste qui achètera un tapis de laine coloré, des badauds n’hésitent pas à y aller de leur commentaire. Il semble que Hafsa – de l’avis de tous, la “chef” du clan Amahzoune - soit la personne la plus détestée de la région. Presque tout le monde connaît cette dame frisant la cinquantaine, auto-proclamée “princesse”, qui se déplace exclusivement en voiture, toujours coiffée d’un foulard, son corps imposant camouflé par une jellaba.

Au moment où Mustapha Addari, président de la section locale de l’AMDH, fustige au micro “cette mafia qui terrorise la région”, plusieurs manifestants brandissent des photos du visage tailladé et ensanglanté de Fatima Sabiri, l’avocate qui a été agressée par Hafsa Amahzoune, quelques jours auparavant. “Cette fois, la princesse est allée trop loin, commente un groupe de lycéens, filles et garçons. C’est pour ça que tout le monde est venu”.

Rodéo devant le poste de police
Avant tout, ce qui scandalise la région, c’est que l’agression a commencé juste devant le poste de police, et s’est poursuivie à l’intérieur. Le motif de l’altercation soulève aussi l’indignation, car c’est le même qu’on retrouve derrière de nombreux contentieux entre la population de Khénifra et des membres de la famille Amahzoune. “Quand ils veulent quelque chose, ils le prennent, tout simplement”, résume une dame qui habite dans leur voisinage.

Cette fois-ci, ce que voulait Hafsa - en ces jours difficiles de grève des transports - c’était de l’essence pour sa station-service, située sur la route de Meknès. De nombreux témoignages concordants permettent de reconstituer les événements de la soirée du mardi 14 avril. Ce jour-là, un camion-essence doit livrer du carburant à la station-service appartenant au mari de Fatima Sabiri, un homme d’affaires nommé Abdelghani Labbak.

La tante du roi, accompagnée de plusieurs de ses hommes de main, n’hésite pas à arrêter le camion et à exiger du chauffeur qu’il vienne remplir les réservoirs de sa propre station. Celui-ci refuse et fonce vers sa destination, pris en chasse par plusieurs véhicules. Arrivé à la station de Labbak, le chauffeur, menacé par les hommes de Hafsa, prend la fuite à pied. Le propriétaire entreprend de défendre sa livraison de carburant, mais une bagarre éclate entre ses employés et ceux de Hafsa.

Abdelghani Labbak appelle alors sa femme, avec l’idée qu’en tant qu’avocate, elle saurait faire entendre raison à Hafsa. Mal lui en prend… “J’ai défendu ces dernières années plusieurs victimes d’escroquerie, qui ont gagné leurs procès contre Hafsa, nous explique la juriste, dans la chambre d’hôpital où elle se remet de ses nombreuses blessures. Elle me considère donc comme son ennemie personnelle”. En effet, à peine arrivée, Fatima Sabiri est violemment prise à parti par la tante du roi.

Au bout d’un moment, son mari lui conseille de rentrer chez elle, accompagnée de deux amis. “Mais Hafsa et ses filles nous ont pris en chasse, toujours avec leurs sbires, raconte l’avocate. Nous étions poursuivis par trois pick-up bourrés d’hommes armés, et nous avons décidé d’aller demander protection au commissariat”. Après une course effrénée, l’avocate et ses amis parviennent à se garer dans une ruelle où se trouvent, d’un côté, le poste de police, et de l’autre côté, à quelques dizaines de mètres, celui de la gendarmerie.

Mais aucun policier ne réagit aux coups de klaxon et de sonnette. “Alors, la bande nous a rattrapés, se souvient Fatima Sabiri, les larmes aux yeux. Hafsa, aidée par ses filles, m’a arraché les cheveux par poignées et étranglée par derrière avec mon foulard. Elle a hurlé : “Voilà l’avocate qui s’oppose à la princesse Hafsa ! Je vais te faire retirer ta nationalité !”. A un moment donné, elle a sorti un couteau et m’a tailladé le visage plusieurs fois. On m’a aussi rouée de coups. J’ai perdu connaissance et me suis réveillée à la clinique”.

La suite, ce sont ses amis qui la lui ont racontée. Les agents de police, qui se sont enfin manifestés, la ramène, évanouie, à l’intérieur du poste de la police, “pour la protéger”. Par contre, les agents n’empêchent pas Hafsa de briser une vitre, ni d’entrer dans le poste de police en menaçant d’achever sa victime. Depuis, la vitre a été réparée… mais aucun procès-verbal n’a été rédigé.

Le mari de Fatima Sabiri a tout de même déposé une plainte auprès du procureur du roi et des policiers sont allés interroger Hafsa Amahzoune, admise à l’hôpital militaire de Meknès. Elle est toujours alitée dans une chambre (étonnamment spartiate) de cet établissement réputé. Avec sa voix rude et autoritaire, dans un dialecte teinté de berbère, la matriarche nous a livré sa version de l’histoire. Selon elle, une partie du carburant du camion lui était destinée. Elle reconnaît avoir poursuivi l’avocate en voiture, mais affirme être la victime, et non la coupable, de l’agression : “J’ai reçu un coup à la tête et me suis évanouie”. Nous ne verrons pourtant aucune cicatrice… “Je ne peux pas la montrer, car je ne dois pas bouger la tête”, nous explique-t-elle.

Hafsa a même une explication pour les blessures au visage de Fatima Sabiri : “C’est en brisant la vitre du commissariat que cette avocate s’est coupée au visage”. Quant au sit-in organisé pour protester contre ses actes, elle nous a tout bonnement déclaré que “ces gens ont été payés pour manifester”.

Le retour de manivelle
“En réalité, pour la première fois, elle a peur”, estime Aziz Akkaoui, membre de l’AMDH à Khénifra. Une très bonne nouvelle, pour ce militant?: “Après des années d’un comportement qui relève du féodalisme, les Amahzoune, qui sont beaucoup moins proches de la famille royale que les gens d’ici ne l’imaginent – les autorités locales les premières – sentent qu’ils vont peut-être devoir répondre de leurs actes”.

Ainsi, plusieurs membres de la famille se sont excusés par voie de presse de l’acte de Hafsa, et pour la première fois deux de ses enfants ont rendu visite à l’AMDH pour arrondir les angles. “Pour une fois, ils n’étaient pas du tout arrogants, racontent les militants. Ils nous ont même avoué qu’aucun avocat n’avait accepté de défendre leur mère, ni à Khénifra, ni à Meknès”.

Autre signe que le vent a tourné : avant la manifestation, les responsables de la police ont précisé à l’AMDH qu’ils fermeraient les yeux si les slogans visaient Hafsa, pourvu qu’ils laissent de côté son royal neveu… “Avec cette manif, on sent qu’on a brisé un tabou, estime Mustapha Addari, président de la section locale de l’AMDH. Les gens commencent à parler”. Depuis des années, l’AMDH a aidé des dizaines de personnes à monter un dossier contre certains membres de la famille. “Mais grâce à la complaisance des notables locaux, y compris dans l’entourage du procureur du roi et du président du tribunal, les procès contre des membres de la famille Amahzoune aboutissent rarement, regrette Mustapha Addari. Beaucoup de dossiers traînent depuis des années”.

La plupart de ces plaignants sont venus à la manifestation et exposent volontiers leurs déboires autour d’une table de café. Ainsi, Mohamed Benhalou, un éleveur de 72 ans, nous a raconté comment, en août 2008, il a constaté la disparition de ses 20 brebis et 3 chèvres. En suivant, avec ses fils, les traces laissées par son cheptel manquant, il aboutit à une écurie appartenant à un certain Mohamed Sarouiti. C’est le mari de Mina Amahzoune, la sœur de Hafsa (une autre demi-tante du roi, donc). Dès qu’ils comprennent à qui ils ont affaire, les gendarmes traînent les pieds pour venir perquisitionner.

L’éleveur et ses fils, refoulés par les employés de la ferme, décident alors de monter la garde à proximité. “Au bout de trois jours, nous avons senti une odeur infecte, se souvient avec horreur le vieux paysan. Cette fois, les gendarmes ont bien été obligés de revenir et d’ouvrir les écuries. Ils ont trouvé, cachées dans du foin, les 23 bêtes éventrées, y compris les 15 brebis qui étaient gravides !”

Malgré toutes ces évidences, le propriétaire de l’écurie n’a même pas été convoqué par la gendarmerie. “On a lancé un avis de recherche contre lui : voilà ce que les gendarmes nous ont répondu, s’indigne Aziz Akkaoui. Pourtant, moi, je le vois souvent au café !” Par contre, la famille a proposé un arrangement à l’éleveur, pour un montant de 10 000 DH. Il a refusé, ses pertes totales étant quatre fois plus élevées. Depuis huit mois, il attend que la justice fasse son travail...

La majorité des plaignants qui s’adressent à l’AMDH évoquent des affaires d’escroquerie, d’après Aziz Akkaoui. Le militant nous confie même qu’un jour une victime lui a montré une sorte de carte de visite, utilisée par Hafsa pour lui inspirer confiance. On pouvait y lire : “Son Excellence, la Princesse Lalla Hafsa, Tante du Roi”, comme s’il s’agissait de titres véritables. “Il y a tellement de gens qui viennent nous voir après avoir été escroqués par les Amahzoune, qu’à un moment j’avais même lancé l’idée de monter une Association des victimes de Hafsa”, s’amuse le militant.

La liste dressée par l’AMDH est longue : achats jamais payés, salaires non versés, terrains accaparés, voire promesses fallacieuses d’user de leur influence (réelle ou supposée) pour obtenir des visas ou des diplômes. Ainsi, un jeune homme, Mohamed Sellak, nous a déclaré qu’il faisait partie des six personnes d’Aguelmous escroquées en 2006 par l’un des fils de Hafsa. Mohamed lui a remis 45 000 DH contre la promesse d’un diplôme de baccalauréat pour son petit frère, et de l’entrée à l’académie de police sans concours. Le jeune homme n’a bien sûr rien obtenu. Là aussi, une procédure judiciaire est en cours… Mais beaucoup d’autres victimes n’ont jamais porté plainte, par peur de représailles.

Pourtant, dans les jours à venir, l’AMDH espère récolter davantage de témoignages à visage découvert. “Après la manifestation, nous avons reçu des dizaines de réclamations, raconte Mustapha Addari. Comme cette lycéenne qui nous a dit avoir été tabassée par Hafsa et une de ses filles”.

Ghnima Habri est un autre exemple. Cette tisserande de 54 ans n’avait jusque-là osé raconter son histoire qu’à un de ses voisins, membre de l’AMDH. Non seulement elle est allée à la manifestation, mais elle a accepté de nous détailler comment, en 1998, elle a été torturée par Hafsa Amahzoune qui avait entendu dire que son mari avait des relations avec Ghnima. “Je ne les connaissais même pas, raconte-t-elle. Elle m’a fait venir chez elle sous le prétexte de me donner un ouvrage, puis m’a fait déshabiller et m’a brûlée avec de l’eau bouillante et à l’aide d’un clou chauffé sur le feu”. Elle montre ses cicatrices à la nuque et à la main, avant d’indiquer dans un geste pudique qu’on lui a surtout brûlé l’entrejambe. “Le lendemain, je suis partie à Laâyoune et depuis je vis dans le Sud. Beaucoup de gens ont même cru que j’étais morte”.

Dans ce contexte ubuesque, la section de l’AMDH à Khénifra s’est fixé comme priorité de lutter contre l’impunité et de promouvoir la réforme de la notion du “sacré” dans la Constitution. Elle espère que l’agression de Fatima Sabiri sera l’occasion pour les gens de la région de se rebeller contre les abus de pouvoir de toutes sortes.

HISTOIRE. La terre, la tribu et le roi
Les fils du chef de la tribu berbère des Zayane, Moha Ou Hamou Zayani, n’ont pas toujours été à la hauteur de leur père, grand résistant à la colonisation. Après sa mort en 1922, ils ont collaboré avec les Français pour mater définitivement la rébellion dans la région. L’un d’eux est devenu le pacha Hassan Amahzoune et un de ses frères, le caïd Amahrouq. Ces deux notables ont alors reçu des colons les meilleures terres des tribus (notamment les terres collectives), devenant de grands propriétaires terriens.
En 1961, après la mort inattendue de Mohammed V, le Palais conseille à Hassan II de s’allier aux notables d’une région encore rétive à accepter l’autorité du Makhzen, en prenant femme (entre autres) dans la tribu des Zayane. Il en prendra deux : une petite-fille du caïd Amahrouq (Fatima), et une petite-fille du pacha Amahzoune, nommée Latifa par le Palais, et qui deviendra “mère des princes”.
En 1978, Hassan II instaure un comité royal chargé de résoudre le casse-tête foncier de la région. En effet, les contentieux se sont accumulés entre les descendants du pacha Amahzoune et du caïd Amahrouq et les autres tribus, qui réclament leurs droits traditionnels sur les terres attribuées par les Français. Le comité royal tranche pour la restitution des terres tribales, notamment aux Aït Moussa. Les Amahrouq honoreront leur engagement, mais les Amahzoune possèdent toujours, à aujourd’hui, une grande partie de la région. C’est surtout après la mort de Hassan II que Hafsa et ses frères et sœurs, nés de Sidi Ali Amahzoune et de quatre mères différentes, commenceront à tirer parti de leur parenté avec le nouveau roi.

ECLAIRAGE. Qui est prince(sse) au Maroc ?
Réponse : ça dépend de l’époque…
Avant le règne de Hassan II, le titre de prince s’octroyait avec largesse. Le dahir de 1949 décrète que sont princes et princesses (avec le titre Son Altesse Royale, SAR) les enfants du roi, et leurs enfants. Le titre pouvait être aussi octroyé (précédé d’un “simple” Son Altesse, SA) aux frères et sœurs du roi (et leurs enfants), ainsi qu’aux oncles paternels du roi (et leurs enfants mâles). Un chapitre prévoyait une peine d’emprisonnement pour toute personne qui utiliserait le titre de prince illégalement.
Bien plus tard, Hassan II émet un autre dahir pour limiter la transmission du titre de prince. Ses propres petits-enfants en sont exclus, avec une seule exception à la règle : SA Lalla Soukaïna (parce qu’elle était, dit-on, sa petite-fille préférée). Il l’accorde aux enfants de son frère (mais pas à leurs enfants), en revanche pas à ceux de ses sœurs. Qu’en est-il des épouses du roi, ou encore des conjoints des princes et des princesses ?
Ni le dahir de 1949, ni la coutume, n’en avait jamais fait des princes(ses). Encore moins Hassan II. Lalla Latifa, sa femme (dont on ne sait presque rien) ne semble avoir reçu que le titre traditionnel de Mère des princes. A fortiori, ses frères et sœurs du Moyen-Atlas ne sont en aucun cas des Altesses ! Plus récemment, Mohammed VI a donné une toute nouvelle orientation en faisant de sa femme Lalla Salma une Altesse Royale. Mais là encore, cela ne rejaillit sur aucun membre de sa famille…

PRÉCÉDENT. Le retour du syndrome de Korsakoff ?
8septembre 2008, sur la corniche de Casablanca. Hassan Yacoubi, le mari de la princesse Lalla Aïcha (sœur de Hassan II), grille un feu rouge et un jeune agent de police lui demande ses papiers. Réaction du mari de la tante du roi : “Tu n’es qu’une mouche, je suis ton seigneur !”. Puis Yacoubi - qui n’est pourtant pas prince – illustre ses propos en sortant un revolver de sa boîte à gants en tirant sur le policier à bout portant (il s’est grièvement blessé à la jambe). Peu après, tombe une dépêche de l’agence officielle MAP, qui explique que Yacoubi “souffre de la maladie de Korsakoff, qui entraîne une dégénérescence mentale grave”.
D’après les encyclopédies de médecine, le syndrome de Korsakoff est une affection dégénérescente du cerveau, due généralement à un alcoolisme chronique. Les symptômes sont une amnésie sévère et une altération du raisonnement, avec des fabulations et de fausses reconnaissances. Au point de se croire supérieur aux autres citoyens ?

Source:
http://www.telquel-online.com/370/couverture_370.shtml