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jeudi 3 octobre 2013

Point hebdomadaire n°36 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc


Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Point hebdomadaire n°36 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc

Le 16 novembre 2013, retenez bien cette date, l’ASDHOM organisera sa soirée annuelle de solidarité dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale (SSI). Notre campagne de parrainage des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc aura alors un an, jour pour jour. Et ce sera l’occasion de revenir sur cette action concrète de solidarité, de faire son bilan annuel et de réfléchir ensemble aux moyens pour l’améliorer et la faire évoluer.
En attendant ce premier anniversaire de la campagne, nous continuons à faire des points hebdomadaires pour vous tenir informés et pour sensibiliser à l’importance de parrainer par la correspondance une ou un détenu d’opinion au Maroc. Tenir à jour les listes de ces détenus n’est pas une mince affaire. Cela nécessite un suivi régulier car leur nombre bouge constamment. Nous avons essayé de tenir la cadence, mais des imperfections existent toujours car la collecte des informations n’est pas si évidente que cela.
Nous vous parlions dans le dernier point (N°35) de 245 prisonniers d’opinion. Nous avons fait une nouvelle mise à jour entre-temps et nous en sommes à 244. Vous trouverez ces listes, annotées des derniers éléments recueillis au 4 octobre 2013, sur la rubrique « Campagne de parrainage » du site de l’ASDHOM.
Ce point est consacré aux toutes nouvelles informations que nous avons collectées sur les différents groupes listés.

Groupe 20-Février-Tanger : Le prisonnier politique Abdelhalim Bakkali, incarcéré à la prison « Sept Villages » de Tanger sous le numéro 86222, observe une grève de la faim depuis le jeudi 3 octobre 2013 pour réclamer son inscription en Master (Management des organisations) à l’université Abdelmalek Essaâdi de Tanger. Il estime que l’administration a fait disparaitre son dossier de candidature par deux fois pour lui interdire la poursuite de ses études. Rappelons qu’Abdelhalim Bakkali est membre de l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs au Maroc (ANDCM) et du mouvement 20-Février. Il a été condamné à deux ans de prison ferme suite aux protestations populaires survenues le 8 mars 2012 à Béni Bouayach, non loin d’Al-Hoceima dans le nord du Maroc.

Groupe Sahraouis :
     -   Le prisonnier politique Atik Baray a été transféré le 29 septembre 2013 de la prison de Dakhla vers la prison de Laâyoune. Il se peut que ce transfert soit en lien avec le recours en cassation qu’il avait introduit après avoir été condamné, en compagnie de cinq autres défenseurs des droits de l’Homme sahraouis, à 3 ans de prison ferme. Atik Baray avait été arrêté à Dakhla le 14 novembre 2011 suite aux agressions dont étaient victimes des Sahraouis de ladite ville. Son recours en cassation a finalement été accepté et la date du 22 octobre 2013 a été fixée pour le rejuger. C’est une première dans les annales des procès intentés aux militants sahraouis.
-         La Cour d’appel d’Agadir a finalement rendu son verdict en ajoutant deux mois de prison ferme à chacun des six prisonniers politiques sahraouis qui avaient été arrêtés à Guelmim et condamnés le 19 septembre en première instance par le tribunal d’Agadir à des peines allant de 4 à 10 mois (voir points précédents). Il s’agit d’Ammar Laâouissid (62 ans) qui écope de dix mois, Ammar Daoudi et Taha Daoudi qui écopent d’un an, Babya Bahdach, Hamza Bazzi et Mustapha Ahcine qui écopent, eux, de six mois.
-         Le 28 septembre 2013, le citoyen sahraoui Mbarek Daoudi (57 ans), le père des deux frères Daoudi cités plus haut et condamnés à un an de prison ferme, est à son tour arrêté chez lui en compagnie de ses trois autres fils, Mohamed Daoudi, Brahim Daoudi et le mineur Hassan Daoudi. Après une garde-à-vue de trois jours, le Procureur du roi près du tribunal de première instance de Guelmim a décidé de transférer Mbarek Daoudi à Rabat pour être présenté devant le Procureur du roi près du tribunal militaire de Rabat. Ça promet ! Son fils, Brahim Daoudi, a, quant à lui, été transféré auprès du procureur du roi d’Agadir pour incompétence de celui de Guelmim. Son fils mineur Hassan Daoudi a, quant à lui, été libéré au bout de 10 heures passées au commissariat de Guelmim.
La ville de Guelmim connait un déploiement sans précédent des forces de l’ordre depuis les derniers événements d’Assa-Zag. Plusieurs d’autres arrestations (au mois 7) ont été opérées dont celle de l’étudiant sahraoui Mohamed Lamine Attar (22 ans), survenue le 1er octobre 2013.
-         D’autres arrestations ont été opérées le 1er octobre 2013  par la gendarmerie marocaine au sein des étudiants sahraouis (Mohamed Khalfoun et Youssef Attar) de la ville de Zag qui a connu le 25 septembre 2013 des manifestations de solidarité avec la famille de Rachid Ech-Chine, tué par balle le 23 septembre lors de l’intervention brutale des forces de l’ordre pour disperser le campement Tizimi. Le 2 octobre, c’est au tour de l’étudiant Azouz Cheikhi et de l’enfant mineur Nourdine Ech-chad (15 ans) d’être arrêtés. Un autre enfant mineur, Hamza Tamek (15 ans), a, lui aussi, été arrêté le même jour à Guelmim.
Ces quatre citoyens sahraouis arrêtés (Mohamed Khalfoun, Youssef Attar, Azouz Cheikhi et le mineur Nourdine Ech-chad) ont traduits le 3 octobre 2013 devant le tribunal de première instance de Guelmim qui a reporté le procès au 7 octobre 2013.

Groupe Liberté d’expression-Journalistes-Avocats :
-         L’avocat Me Mohamed El-Massaoudi, défenseur des droits de l’Homme, membre de l’AMDH de Casablanca, sera de nouveau traduit devant le tribunal le 18 octobre 2013. Le bureau régional de l’AMDH a appelé, comme il l’avait fait lors de l’audience du 20 septembre, à un rassemblement de soutien devant  le tribunal d’appel de Casablanca. Rappelons qu’il est connu pour avoir toujours défendu les prisonniers politiques. La justice lui reproche « le manque de respect dû aux magistrats et perturbation du déroulement de l’audience » lorsqu’il s’est mis, par manque de place, près du représentant du parquet lors d’un procès tenu en 2011 pour défendre le groupe de prisonniers politiques sahraouis Tamek.
-         Selon Aboubakr Jamai, directeur de la version francophone du site d’information électronique Lakome, son collègue, Ali Anouzla, directeur, lui, de la version arabophone du même site, risquerait de « six ans de prison, et jusqu’à vingt en cas de circonstances aggravantes ». « Il sera présenté à un juge d’instruction à Rabat, le 22 octobre 2013, puis traduit devant une cour d’assises, ou bien il bénéficiera d’un non-lieu » a dit Aboubakr Jamai au journal du Sud-ouest qui l’interrogeait, le 3 octobre, sur son collègue Ali Anouzla.

Groupe Liberté de culte : Nous venons d’apprendre que le citoyen Mohamed El-Baldi, arrêté à Taounate et accusé de « prosélytisme chrétien » (voir point n°35) a été libéré provisoirement sans caution par la Cour d’appel de Fès. La prochaine audience a été fixée au 10 octobre 2013. Il avait été condamné en première instance à deux ans et six mois de prison ferme et à une amende de 550 Dhs.   

Groupe UNEM-Fès : Le comité de familles des dix prisonniers politiques de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc, incarcérés à la prison Ain Kadous à Fès, a publié, le 30 septembre 2013, un communiqué de presse dans lequel il tire le signal d’alarme et interpelle les autorités marocaines sur les conditions de détention. Il rappelle que ces militants ont été arrêtés depuis le 15 avril 2013 et ne sont toujours pas jugés. Les dix détenus politiques observent depuis le 17 septembre une grève de la faim de 25 jours, susceptible d’être prolongée si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Ils exigent sinon leur libération immédiate, du mois l’amélioration de leurs conditions de détention et la tenue rapide de leur procès.

Nous sommes conscients à l’ASDHOM que nos points hebdomadaires sont de plus en plus longs. Ce n’est surement pas de notre faute. Nous ne pouvons faire l’économie d’informations préoccupantes et qui concernent au premier chef les prisonniers politiques et d’opinion au Maroc que nous soutenons à travers cette campagne de parrainage. Il est certes plus facile de se limiter à un cas très médiatique comme le font certains, mais l’ASDHOM a fait le choix de défendre toutes les victimes de violations de droits. Nous ne nous permettons pas de faire la sélection parmi elles.

Le bureau exécutif de l’ASDHOM
Paris, le 5 octobre 2013    

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