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mardi 12 mai 2009

Libertés en danger

par ASDHOM, Paris, 11 mai 2009
L’ASDHOM qui a combattu au fil de ses 25 ans d’existence, les atteintes graves aux droits élémentaires exprime sa grande inquiétude quant à une recrudescence de ces dernières au Maroc.
Des brèves pas réjouissantes se succèdent les unes aux autres. On assiste à des interpellations ciblées de militants, à des vagues d’arrestations et d’enlèvements, à des condamnations arbitraires et à un silence assourdissant comme seule réponse aux grèves de faim que mènent des détenus d’opinion à travers différentes prisons du pays. Les disparitions forcées en série refont surface d’une façon alarmante.
Des défenseurs des droits de l’Homme font les frais de ces atteintes. C’est le cas de M. Chakib AL KHAYARI qui a été arrêté sans ménagement par les forces dites de sécurité à Nador, avant d’être mis illégalement en garde à vue et déféré devant un juge d’instruction à Casablanca pour se voir notifier des accusations infondées visant à le museler et à mettre un terme à son combat.
On emprisonne et on condamne les révoltés, victimes des inondations à Sidi Kacem (Khnichat), pour le simple fait d’avoir exprimé leur détresse et avoir dénoncé l’absence de secours appropriés.
On maltraite et on poursuit des journalistes d’AL AYAME, pour la photo (non publiée) d’une princesse. On condamne le bloggeur Houcine Barhoune à 6 mois de prison ferme pour ses critiques sur la toile des agissements des notables locaux de la région de Tétouan.
Après le procès des jeunes de Sidi Ifni, d’autres procès se déroulent ou se préparent à travers le pays…
Les pratiques du Maroc des années de plomb sont bien là… Elles se déroulent sous le regard bien vaillant d’un Conseil Consultatif des Droits de l’Homme qui est censé mettre en application les recommandations d’une autre instance étatique : l’IER. Laquelle instance avait été créée pour éluder en principe les violations graves des années de plomb, réparer et permettre une réconciliation…
Le Maroc qui a du mal à cicatriser ses blessures béantes est soumis de nouveau à une rude épreuve où l’arbitraire se perpétue.

Par les informations préoccupantes que nous relatons ci-dessous, nous voulons alerter les forces démocratiques et le mouvement de défense des droits humains sur la gravité de la situation et l’exigence de la vigilance.


Fès
Le 5 mai, six étudiant(e)s de l’université Mohamed Ben Abdellah ont été présentés en état de liberté devant le tribunal de 1ère instance de Fès. Le procès a été reporté au 2 juin.
Le lendemain, treize autres étudiants dont onze détenus à la prison locale Ain Kadouss ont été présentés devant le juge d’instruction de la cour d’appel de Fès. Ces détenus mènent une grève de la faim de quinze jours pour dénoncer les conditions de détention et la torture qu’ils ont subie lors des interrogatoires. Les familles, constituées en comité de soutien, se sont rassemblées devant le tribunal pour les soutenir et réclamer leur libération. Les forces de l’ordre ont usé de la force pour les disperser. Plusieurs manifestants ont été blessés et la tentative d’enlèvement d’une des responsables du comité de soutien a échoué grâce à la mobilisation des familles et des étudiants présents ce jour-là. En signe de solidarité avec les détenus, les étudiants ont manifesté massivement sur le campus universitaire de Dhar Lmahraz. Plus de deux cents d’entre eux ont entamé une grève de la faim de 48h et arrêté les cours pendant deux heures. Les forces de police ont investi le campus et des exactions ont été commises à l’encontre des étudiants. Le procès a, quant à lui, été reporté au 1er juin 2009.
L’ASDHOM s’inquiète de l’usage de la force pour mater le mouvement estudiantin. Elle exprime son soutien aux étudiants détenus qu’elle considère comme des détenus d’opinion. Elle interpelle les autorités marocaines pour retirer sans plus tarder ces forces de l’ordre du campus universitaire, libérer tous les étudiants détenus et procéder à l’amélioration des conditions d’études.

Tantan et Inzgane
Yahya Mohamed Alhafed Iâza, membre de l’AMDH -section de Tantan-, Ennajem Bouba et Ali Bouâmoud du CODESA, ainsi que d’autres prisonniers d’opinion, répartis sur les prisons locales d’Aït Melloul et Inzgane, sont en grève de la faim ouverte depuis le 4 avril 2009. Leur santé se détériore de jour en jour et le pire peut survenir à tout moment, surtout pour Mahmoud El Barkaoui et Hassan Khallad qui ne sont plus capables de communiquer ni de se mouvoir. Ils sont détenus en isolement total après avoir subi un traitement inhumain et dégradant et après avoir été transférés de force de la prison d’Inzgane à la prison d’Aït Melloul.
L’administration pénitentiaire pratique la sourde oreille à toutes leurs revendications légitimes. Elle leur refuse l’amélioration de leurs conditions de détention, les prive des visites de leurs familles et refuse de les séparer des prisonniers du droit commun. L’ASDHOM considère que ces détenus payent injustement pour avoir exprimé une opinion qui n’est pas celle des autorités marocaines concernant le conflit du Sahara.

A Goulmim, M. Abdallah Ouled Abdelkader Al Manfaâ a été enlevé le mercredi 6 mai 2009 de chez lui et devant sa femme par des personnes inconnues après lui avoir confisqué ordinateur et téléphone portable.

A Boujdour, c’est MM. Lahcen Zahid et Sedki Mustapha qui ont été enlevés à leur tour par des personnes inconnues après une surveillance très remarquée des agents de renseignements.

A Layoun et presque au même moment, l’élève Razaki Yassine, 18 ans, a subi le même sort lorsque des personnes l’ont cueilli à la sortie de la mosquée. Un peu plutôt dans la soirée, sa mère a reçu la visite de cinq personnes en civil se présentant de la police et qui ont fouillé sa maison à la recherche de livres et de documents appartenant à Yassine. Le citoyen Gaya Mohamed Saleh n’a pas échappé non plus à cette série d’enlèvements inquiétante. Après six jours de disparition forcée, ils ont été relâchés le 10 mai par leurs ravisseurs à Casablanca en compagnie de quatre autres citoyens dont nous n’avons pas les noms.
Les autorités locales déclinent toute responsabilité derrière ces enlèvements et déclarent ne pas connaître le lieu où ces citoyens sont retenus.

L’ASDHOM estime que ces enlèvements s’inscrivent dans la vague d’arrestation opérée à travers tout le pays contre des citoyens en raison de leurs pratiques religieuses (islamistes, chiites). Ces enlèvements et disparitions forcées nous rappellent un passé pas très glorieux. La liberté de culte se trouve malmenée, tout comme la liberté d’expression.

L’ASDHOM rappelle que le Maroc a signé le 6 février 2007 la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Elle lui demande de la ratifier et surtout de la mettre en application en abandonnant ces pratiques qui lui font tant de mal.

L’ASDHOM s’inscrit dans la campagne internationale, lancée en mai 2009 par des organisations de défense des droits de l’Homme, pour sauver la vie des prisonniers politiques en grève de la faim. Elle demande aux autorités marocaines de mettre fin aux exactions arbitraires et de se conformer à leurs engagements en matière de respect des droits de l’homme.

16 mai 2009 : Journée internationale de solidarité avec les diplômés chômeurs

Ils – et elles – se retrouvent chaque jour devant le siège du Parlement à Rabat. Ils –et elles- sont divisés en cinq groupes portant chacun une couleur différente, selon leur niveau d’études et de qualification. Les diplômé-es chômeur-ses sont au Maroc au bas mot 400 000. Ils mènent depuis de longues années un combat plutôt désespéré pour trouver un emploi dans un pays où, avec un Bac + 5, on se retrouve dans le meilleur des cas esclave téléphonique dans un centre d’appel, à moins d’obtenir, par relations et par bakchich, un poste subalterne dans lequel on fera le travail censé être fait par un supérieur incompétent. La photo ci-dessus résume bien la réponse du makhzen à la revendication d’un emploi digne.
Depuis la répression sauvage du soulèvement de Sidi Ifni, en juin dernier, le mouvement des diplômé-es chômeur-ses a suscité une vague de sympathie au-delà même des frontières du royaume. Dernier exemple en date
:
Journée internationale de solidarité avec les diplômés chômeurs
Par Agustín COSTA (Coordination syndicale Euromaghrébine)
La Coordination syndicale euromagrhebine (à laquelle adhèrent, entres autres, la CNT, les syndicats autonomes algériens et la CGT espagnole) propose de transformer le 16 mai 2009 en une journée internationale de lutte contre le chômage, la précarité et l´exclusion sociale, en soutien avec l´Association Nationale de Diplômés/ées en chômage du Maroc (ANDCM).
Le 16 mai 1993, Moustafa El Hamzaoui, militant de l´ANDCM, a été kidnappé, torturé et assassiné dans le commissariat de police de Khenifra.
Depuis lors, l´ANDCM a fait de cette date une journée qui maintient vivante la flamme de la lutte pour laquelle Mustafa El Hamzaoui a livrée sa vie.
Depuis lors, l´ANDCM, bien que n´étant pas légalisée, malgré la répression continue contre ses militants, maintient sa lutte pour le droit au travail et à s´organiser librement et pour une transformation démocratique réelle de la société marocaine.
A l´heure où le chômage et la précarité ne cessent d´augmenter, où les politiques fiscales ne bénéficient qu´au Capital, où les privatisations des entreprises et des services se multiplient, où on privatise les bénéfices et on socialise les pertes, il est plus nécessaire que jamais de globaliser la résistance, promouvoir des alternatives à la crise du capital.
C´est pourquoi nous appelons toutes les organisations impliquées dans la lutte contre le chômage, la précarité et l´exclusion sociale à participer 16 mai à Khenifra avec l´ANDCM à la journée de lutte en mémoire de Moustafa El Hamzaoui, ainsi qu´à effectuer des actions et des rassemblements devant les ambassades et les consulats marocains, exigeant la reconnaissance légale de l´ANDCM et le châtiment des coupables de l´assassinat de Mustafa El Hamzaoui.

من أجل حرية تكوين الجمعيات في المغرب، تضامن مع الجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب
Por la libertad de asociación en Marruecos. Solidaridad con la ANDCM
Pour la liberté d’association au Maroc. Solidarité avec l´ANDCM.
ANDCM: Solidaridad / Solidarité / التضامن

El 4 de abril de 2009
Los/as abajo firmantes, ciudadanos/as de las dos orillas del Mediterráneo, queremos expresar nuestra solidaridad con la Asociación Nacional de Diplomad@s en Paro de Marruecos que desde su creación el 26 de octubre de 1991, mantiene su lucha por el derecho al trabajo y a organizarse libremente y por una transformación democrática real de la sociedad marroquí. La historia de la ANDCM, que no es reconocida legalmente por el gobierno marroquí, es una historia llena de represión: prisión, apaleamientos, multas, detenciones y juicios injustos por parte del gobierno marroquí, ejercidos sobre la Asociación y sus militantes, por el delito de luchar por su derecho al trabajo y a organizarse libremente. El 16 de mayo de 1993 moría asesinado en la comisaría de policía de Khenifra el militante de la ANDCM, Mustafa El Hamzoui, sin que hasta hoy se hayan esclarecido los hechos, encontrado su tumba y castigado a los culpables. La fecha de su asesinato, el 16 de mayo, se considera el día internacional de lucha contra el paro, la precariedad y la exclusión social. Por todo ello, demandamos del gobierno marroquí: El reconocimiento legal de la ANDCM y su derecho al trabajo y a organizarse libremente El castigo a los culpables del asesinato de Mustafa El Hamzaoui
Nota: Estas firmas se entregarán en las embajadas y consulados marroquíes el 16 de mayo

Nous, signataires de cette lettre, citoyens/ennes des deux rives de la Méditerranée, voulons exprimer notre solidarité avec l’Association Nationale de Diplômés/ées chômeurs/euses du Maroc qui depuis sa création le 26 octobre 1991, maintient sa lutte pour le droit au travail et à s´organiser librement et pour une transformation démocratique réelle de la société marocaine. L’histoire de l’ANDCM, qui n’est pas légalement reconnue par le gouvernement marocain, est une histoire pleine de répression : prison, bastonnades, amendes, détentions et jugements injustes par le gouvernement marocain, exercés sur l’association et ses militants, pour le délit de combattre pour son droit au travail et à s´organiser librement. Le 16 mai 1993 mourait assassiné dans le commissariat de police de Khenifra le militant de l’ANDCM, Moustafa El Hamzaoui, sans que jusqu’à aujourd’hui on ait éclairci les faits, trouvé sa tombe et puni aux coupables. La date de son assassinat, le 16 mai, est considérée le jour international de lutte contre le chômage, la précarité et l’exclusion sociale. C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement marocain: La reconnaissance légale de l’ANDCM et de son droit au travail et à s´organiser librement . Le châtiment des coupables du meurtre de Moustafa El Hamzaoui Note : Ces signatures seront livrées dans les ambassades et les consulats marocains le 16 mai

نحن الموقعين أسفله، مواطنون ومواطنات ضفتي البحر الابيض المتوسط، نعبر عن تضامننا مع الجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب التي تأسست يوم 26 أكتوبر 1991 والتي مازالت تناضل من أجل الحق في الشغل والتنظيم ومن أجل تغيير ديموقراطي حقيقي في المجتمع المغربي. ان تاريخ الجمعية الوطنية لحملة الشهادات المعطلين بالمغرب الغير معترف به من طرف الحكومة المغربية هو تاريخ القمع: المنع، الاعتقالات، الغرامات، المحاكمات الصورية والمتابعات التي ينهجها النظام المغربي تجاه الجمعية ومناضليها وذلك بتهمة النضال من أجل الحق في الشغل والتنظيم. يوم السادس عشر من ماي 1993 تم اغتيال المناضل مصطفى الحمزاوي في مخفر الشرطة بمدينة خنيفرة، والى حدود اليوم لم يتم اجلاء الحقيقة حول موته ولازلت الجمعية تطالب بالكشف عن قبره ومحاكمة الجناة. ان تاريخ اغتياله، 16ماي يعتبر كيوم عالمي للنضال ضد البطالة والتهميش الاجتماعي. من أجل هذا نطالب الحكومة المغربية ب: الاعتراف القانوني بالجمعية وبحقها في التنظيم معاقبة المسؤولين عن اغتيال مصطفى الحمزاويملحوظة: سيتم تسليم هذه التوقيعات في السفارات والقنصليات المغربية يوم 16 اكتوبر 2009.
Para firmar/Pour signer
http://lsqueluchan.org/spip.php?article1566

lundi 11 mai 2009

La juste reconnaissance

éditorial du quotidien français Sud-Ouest, Bordeaux, 9/5/2009
C'est une chose de rendre hommage à l'armée d'Afrique. C'en est une autre de payer ses dettes envers elle. En ce jour anniversaire de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie, 80 000 anciens zouaves, goumiers, spahis, tirailleurs marocains, algériens, ou sénégalais attendent toujours réparation. Ces soldats d'Afrique du Nord et d'Afrique noire, dont le président de la République a, hier, légitimement salué l'action aux côtés des forces alliées, des combats de Sicile à l'entrée dans Berlin, n'ont toujours pas obtenu toute la reconnaissance due.

Cette force potentielle de près de 700 000 hommes, dont un tiers débarqua en Provence, était organisée sur le mode colonial : cadres blancs, soldats indigènes moins bien payés que leurs homologues européens et disposant d'un nombre inférieur de permissions. Après 1959 et la décolonisation, leurs pensions civiles et militaires se virent appliquer un coefficient négatif de « parité de pouvoir d'achat », disposition condamnée en 2001 par le Conseil d'État parce que discriminatoire. La dévaluation des rétributions consenties fit en effet dire qu'un soldat français valait aux yeux de la République 23 Cambodgiens, 7,5 Sénégalais et 4,2 Marocains !
L'action conjuguée d'articles de presse montrant l'errance de ces anciens combattants dans les rues de Bordeaux où ils venaient chercher leurs maigres pensions et du film « Indigènes » avait conduit Jacques Chirac à revaloriser les retraites, mais le compte des pensions est loin d'y être. La proposition de loi déposée à l'Assemblée au mois de novembre dernier (lire en pages 10 et 11) envisage « une juste reconnaissance de ces personnes », c'est-à-dire un rattrapage général qui placerait enfin à égalité tous les frères de sang de l'armée française. Mais il n'est pas sûr que la facture de 500 millions d'euros soit un jour réglée.
Au même moment en Angleterre, les Gurkhas, ces Népalais des régiments de l'armée britannique, se battent pour pouvoir disposer de la nationalité anglaise en échange des services rendus.
Pourquoi, soixante-quatre ans après la seconde Guerre mondiale, existe-t-il encore, chez d'anciens combattants, des « hommes » et des « sous-hommes » ?

Mohammed VI passé au vitriol

par Catherine Graciet, bakchich.info, 27 avril

Un livre au vitriol sur les dix ans de règne de Mohammed VI, signé par le cofondateur du plus grand hebdo marocain. Savoureux menu… Encore un peu relevé par le refus du Journal Hebdomadaire d’en publier les bonnes feuilles.
Les plumitifs du royaume enchanté qui se vouent aveuglément à la défense de Mohammed VI et du makhzen marocain ne pourront pas crier à l’ingérence étrangère. Cette fois, c’est un journaliste marocain qui s’attaque à la citadelle royale.
Co-fondateur avec
Aboubakr Jamaï du grand hebdo indépendant Le Journal Hebdomadaire, Ali Amar, 42 ans, publie ce mercredi chez Calmann-Lévy, Mohammed VI, le grand malentendu.
Peu amène, cet ouvrage tire le médiocre bilan des dix premières années de règne du fils de Hassan II et passe en revue différentes affaires qui ont égayé les débuts du jeune souverain : les petits week-ends en amoureux de Nicolas et Carla Sarkozy chez un Mohammed VI qui a mis à leur disposition son « petit palais de Jnane Lakbir, niché dans la Palmeraie » de Marrakech, le renvoi de l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri, l’assassinat du maître-chanteur Hicham Mandari, la pittoresque affaire de Talsint où le roi a cru que l’on avait trouvé du pétrole au royaume enchanté… Mais aussi des descriptions précises des dérives de l’entourage du monarque, sans oublier Lalla Selma, la rousse épouse de Mohammed VI. Bonnes feuilles.
Psychodrame au Journal Hebdomadaire
Grosse surprise dans les kiosques marocains le vendredi 24 avril. Les bonnes feuilles du livre d’Ali Amar qui devaient figurer dans le Journal Hebdomadaire n’y sont pas. Alors que le tout Rabat-Casa jase sur le pourquoi du comment de cette absence, Bakchich a joint les différents protagonistes de cette affaire qui livrent leur version des faits.
Omar Brouksy, rédacteur en chef du Journal Hebdomadaire : « Il était prévu de passer des bonnes feuilles du livre d’Ali Amar ainsi qu’une interview de l’auteur que nous avons réalisée. Puis Fadel Iraki (principal actionnaire du Journal Hebdomadaire) et Aboubakr Jamaï (co-fondateur du Journal et ancien directeur de la publication) m’ont téléphoné et m’ont dit que si c’était un livre sur le régime, l’un des principaux acteurs de l’ouvrage était le Journal Hebdomadaire. Ils m’ont dit que des gens leur (aux responsables du Journal) avait fait confiance en leur racontant des choses en “off” et que ces choses se retrouvaient maintenant dans le livre d’Ali Amar. Mais aussi que si le Journal publiait les bonnes feuilles, cela revenait à cautionner cette méthode de faire. J’étais libre de publier ou non les bonnes feuilles et j’ai pris la décision de consulter la rédaction. Après débat, nous avons alors décidé de ne rien sortir ».
Aboubakr Jamaï, co-fondateur du Journal Hebdomadaire et ancien directeur de la publication qui réside aujourd’hui aux Etats-Unis : « J’ai fortement recommandé la non-publication des bonnes feuilles du livre d’Ali Amar dans le Journal Hebdomadaire. Je ne voulais pas prendre position maintenant car il y avait des problèmes d’angle éditorial. On a reçu le livre trop tard pour réagir proprement. »
Ali Amar, co-fondateur du Journal Hebdomadaire, ancien directeur général et auteur de l’ouvrage Mohammed VI, le grand malentendu : « Jamais je n’ai pensé que l’on me ferait ce que l’on me fait en me jetant dans la fosse aux lions. Jamais ! Je n’ai pas lâché les sources qui nous avaient révélé des informations. Je témoigne de choses que j’ai vécues personnellement. C’est différent. C’est par exemple le cas de l’épisode où Aboubakr et moi rencontrons Edwy Plenel alors directeur de la rédaction du Monde, à Paris. Plenel ne s’était pas exprimé sous le sceau du secret et, pendant l’écriture du livre, j’ai téléphoné à Aboubakr pour vérifier avec lui que Plenel nous avait bien dit à tous les deux qu’André Azoulay (conseiller de Hassan II puis de Mohammed VI) avait bien dit du jeune roi que le Monde voulait interviewer : « n’y pensez pas, Edwy, ce jeune homme est ingénu. ».
Voilà qui promet de beaux débats dans les jours qui suivent…. La question est maintenant de savoir comment le Journal traitera du livre (ou ne traitera pas) de son co-fondateur et ancien directeur général. La réponse sans doute le vendredi 1er mai.
C.G.
© Khalid

Très riche roi des pauvres

D’emblée, Ali Amar dresse un portrait carabiné du roi Mohammed VI et de son penchant pour la fête avec les people.
« Samedi 2 novembre 2002 à Marrakech. C’est le pic de saison pour La Mecque du tourisme marocain après les longs mois d’accalmie qui ont suivi le 11-septembre, mais les hôteliers et les restaurateurs font grise mine. Sur ordre des autorités, comme à l’accoutumée, tous les débits de boisson baissent leur rideau aux musulmans : dans quelques jours c’est ramadan. Un tunnel d’un mois qui grève leur chiffre d’affaires, surtout lorsque le calendrier de l’Hégire le fixe en automne.
Vers 21 h 30, pourtant, à un jet de pierre du célèbre palace La Mamounia, dans la rue qui abrite Le Comptoir, un lounge-bar à la mode, l’ambiance n’est pas à la piété. De rutilantes limousines escortées de motards, tous gyrophares tournoyants, déversent dans un ballet incessant près de 300 convives aux portes de ce haut lieu de la vie nocturne marrakchie.
Ce soir, la jet-set internationale est invitée par P. Diddy, la star du rap américain, qui a choisi le Maroc pour souffler ses 33 bougies. Sont arrivés à bord de deux avions spécialement affrétés de New York et de Paris par la Royal Air Maroc : Naomi Campbell, Ivana Trump, Tommy Lee Jones, Joey Starr ou encore Gérard Depardieu. De nombreux artistes de la scène musicale new-yorkaise dont les chanteurs Usher ou Billy Crawford ont également fait le déplacement pour trois jours et trois nuits de libations à l’orientale. Coût de l’anniversaire : un million de dollars, selon la très people « Page Six » du New York Post et le tabloïd anglais The Sun, qui affirmeront que la somme pour régler la note salée provenait de la cassette personnelle de Mohammed VI.
L’information est relayée par toutes les gazettes mondaines de la planète et devient vite incommodante pour le jeune roi que l’on voit à la veille du mois sacré distribuer lui-même, à grand renfort de propagande, la soupe populaire aux nécessiteux du royaume. L’humoriste franco-marocain Jamel Debbouze, ordonnateur de ces soirées dignes des Mille et une nuits, est appelé à la rescousse.
Il dira benoîtement qu’il a organisé lui-même ces festivités à travers Kissman Events, la société d’événementiel qu’il a créée au Maroc à cette occasion. Plus cocasse encore, son agent Jean-Pierre Domboy affirmera qu’en réalité l’opération n’a été possible que « grâce à une conjonction de partenaires comme l’Office marocain du tourisme, la compagnie Royal Air Maroc, de grands palaces de Marrakech, ainsi que la chaîne de supermarchés Marjane ». Une bien fortuite conjonction de grandes entreprises publiques et de l’enseigne de grande distribution qui appartient à un holding royal.
Toujours est-il qu’officiellement, le roi Mohammed VI n’a en aucun cas offert quoi que ce soit sinon, toujours selon l’agent de Jamel Debbouze, « l’utilisation d’une quinzaine de voitures avec chauffeurs, attachés au Palais ». L’intention de Jamel, « qui s’implique de plus en plus dans la promotion de l’image de son pays d’origine, était de faire découvrir à P. Diddy et à ses amis américains la beauté du Maroc, le sens de l’hospitalité et de la fête de ses habitants et surtout de leur montrer qu’un pays musulman pouvait être tout à fait fréquentable ».
En réalité, le rétropédalage de Debbouze cache mal la gêne du Palais qui s’efforce depuis l’accession de Mohammed VI au trône en 1999, de façonner au souverain une image de « roi des pauvres » en rupture avec la magnificence médiévale de Hassan II. Des photos de paparazzi parues dans la presse, qui le montraient, alors prince héritier en jean et baskets, un paquet de Marlboro à la main, faisant ses emplettes dans les beaux quartiers de Paris, avaient déjà valu à sa garde rapprochée de sévères remontrances. Les débuts de son règne semblaient pourtant confirmer cette volonté du jeune roi de vivre au diapason de son peuple : plus modestement. »

© Khalid

(…) « le train de vie de sultan des temps modernes mené par Mohammed VI ne peut plus être tenu secret. Chaque année, le budget de l’État alloué à la monarchie s’élève à près de 300 millions d’euros. On y décompte les « listes civiles » qui comprennent notamment le salaire du chef de l’État (environ 36 000 euros par mois) ainsi que les indemnités que perçoit sa famille proche dont le détail reste confidentiel, atteignant 2,5 millions d’euros par an.
Cependant, l’essentiel des dépenses du monarque provient d’à-côtés budgétaires pharaoniques destinés à entretenir sa cour et ses proches collaborateurs (un millier de salariés qui n’engloutit pas moins de 160 millions d’euros chaque année). Des rallonges qui sont prestement votées par consentement tacite des élus de la Nation au pouvoir bien limité.
Le budget de fonctionnement de la maison royale – réparti en frais de personnel, frais de bouche, frais de déplacement, de téléphone, d’entretien des palais et de subventions diverses – représente plus de 2 % des dépenses totales de l’État. Il a augmenté de plus de 40 % depuis 2000. Il dépasse l’enveloppe allouée à la Justice, par exemple, et représente plus de vingt-cinq fois celle du Premier ministre et de son cabinet, réduit à la portion congrue et de facto à la figuration.
Les dépenses somptuaires du Palais, décuplées par le grand apparat de son protocole, atteignent des sommets pour chacune des coquetteries voulues par le roi. Mohammed VI dilapide par exemple 40 millions d’euros par an en frais de voyages, 1 million pour la nourriture des animaux du Palais, 6 millions pour le renouvellement de son parc automobile, près de 2 millions en dépenses vestimentaires chez les grands couturiers comme Gianfranco Ferre ou des stylistes en vogue comme Holland and Sherry, qui a annoncé en 2008 sur le site stv.tv que le roi faisait partie des 18 personnalités à lui avoir commandé l’habit le plus cher au monde : un costume en laine de lama des Andes pour la coquette somme de 35 000 livres sterling. La marque qui habille les grandes stars comme George Clooney et Tom Cruise précisait que le vêtement de Mohammed VI nécessitait un travail de dix-huit mois pour sa confection.
Des chiffres qui donnent évidemment le vertige dans un pays où le salaire minimum ne dépasse pas les 200 euros. »

Les deux têtes de Janus
Au menu de ce chapitre, la description des relations entre deux personnalités proches de Mohammed VI : les sieurs Fouad Ali el Himma et Mounir Majidi. Les deux hommes se livrent un combat de titans pour le pouvoir et l’oreille du souverain.
« Depuis que Mohammed VI est roi, les parcours fulgurants des deux hommes résument à eux seuls la « nouvelle ère ». Deux personnalités, devenues en dix ans les plus influentes du Maroc, qui n’ont presque aucun point en commun, sinon celui de vouloir être au plus près de Sa Majesté. Ils personnalisent deux archétypes de cette « Génération M6 », mais surtout deux versants d’un même pouvoir, dont le roi a lui-même tracé les contours : El Himma à la politique et à la sécurité en tant que ministre délégué de l’Intérieur, Majidi au business et à la gestion de la fortune royale en tant que chef du secrétariat particulier du roi.
Depuis qu’ils se sont hissés au pinacle du pouvoir, ces deux confidents de Mohammed VI font mine de respecter ce jeu de rôle, mais, à chaque faiblesse de l’un ou de l’autre, leur guerre d’usure laisse jaillir des étincelles. En coulisses, leur combat n’a pas repris : il ne s’est jamais interrompu. « Arrêter de surveiller l’autre serait déjà une erreur, cesser de s’en méfier, une faute », commente un habitué du sérail.
Les quelques patrons invités à la cène d’Elalamy qui abordent ce sujet en discrets conciliabules ont des raisons de s’inquiéter : ils font partie du clan Majidi, formaté autour des holdings royaux et du patronat. Et Majidi est de nouveau au centre de plusieurs polémiques qui pourraient favoriser ceux d’en face, affidés à l’aile sécuritaire du Palais.
Déjà en 2004, lorsque se préparait la relève au sein du patronat, El Himma avait saisi l’occasion d’avancer ses pions dans le pré carré des hommes d’affaires, soutenu en cela par le tour de vis sécuritaire donné au pays au lendemain des attentats sanglants du 16 mai 2003 à Casablanca, la capitale économique du royaume.
El Himma avait profité de l’événement pour accuser publiquement les grands patrons de la ville de ne pas suffisamment investir afin de stimuler l’économie marocaine, de réduire le chômage et ce faisant d’éradiquer la misère des banlieues, terreau fertile de l’islamisme radical. Il empiète alors sur le domaine réservé de Majidi, qui lui aussi veut contrôler à sa manière le patronat en y plaçant ses fidèles alliés. Parce qu’il s’agit de menace terroriste, parce que la sécurité nationale est en jeu, l’incursion d’El Himma sera tolérée par Mohammed VI.
Un geste qui sera très médiatisé et qui rappelle une vérité toute simple : dans la hiérarchie du pouvoir marocain, il n’y a pas de place pour deux vice-rois en période de crise. « Comment, dans ces conditions, parler d’attelage efficace destiné à secouer l’immobilisme du gouvernement ? », s’interroge la presse, qui critique cette polarisation du pouvoir autour du roi et qui ne crée que tensions et scandales à répétition.
Cette fois, le fer est croisé au cœur du business de Mohammed VI. Une violente controverse vient d’éclater autour du débarquement précipité de Khalid Oudghiri, un ancien cadre de la BNP promu au poste de P-DG d’Attijariwafa Bank, la banque contrôlée par les holdings du roi. Yassine Mansouri, le patron de la DGED (Direction générale des études et de la documentation), le service de contre-espionnage marocain, est destinataire en décembre 2006 d’une missive confidentielle de ses homologues français. La France, première partenaire économique du royaume, s’inquiète de voir malmenés ses intérêts au Maroc.
Mohammed VI est immédiatement informé. On ne saurait obscurcir le ciel dégagé des relations privilégiées avec Paris, alors que le soutien de l’Élysée et du Quai d’Orsay est si crucial sur le dossier du Sahara occidental. El Himma y voit une opportunité de porter l’estocade à son rival.
Une réunion extraordinaire est organisée au ministère de l’Intérieur en janvier 2007, à laquelle sont convoqués Majidi et ses lieutenants : Hassan Bouhemou, le patron de Siger (anagramme de Regis, « roi » en latin), holding du souverain qui contrôle l’Omnium Nord-Africain (ONA) et Attijariwafa Bank, Saâd Bendidi, à l’époque P-DG de l’ONA, et Khalid Oudghiri, le P-DG d’Attijariwafa Bank.
En face d’eux, El Himma aligne Chakib Benmoussa, le ministre de l’Intérieur, par ailleurs un ancien de l’ONA, et Yassine Mansouri, le chef des services secrets. La réunion est houleuse, mais au sein du clan Majidi, Oudghiri laisse entrevoir des positions opposées sur la stratégie de la banque vis-à-vis de l’ONA et de ses partenaires français, notamment AXA et Auchan avec qui la guerre est ouverte.
Oudghiri sera invité à s’exprimer plus librement à huis clos lors d’une deuxième rencontre avec les « sécuritaires ». À cette occasion, il s’opposera à l’idée de mettre la banque qu’il dirige au seul service des intérêts du roi. L’hostilité à l’égard des intérêts économiques de la France est pour lui une hérésie.
El Himma boit du petit-lait et s’empresse de s’en ouvrir à Mohammed VI qui attend des explications. Mais l’omerta qui règne au Palais veut que rien ne filtre, l’affaire devra rester secrète. Elle sera tranchée par le limogeage d’Oudghiri sans autre forme d’explication, Majidi préférant sacrifier un pion sur l’échiquier pour que les querelles sur les affaires royales ne soient pas rendues publiques, surtout lorsqu’elles se télescopent avec des enjeux diplomatiques.
Pire, alors que Oudghiri quitte le Maroc des mois plus tard pour prendre la direction d’une banque saoudienne, il sera accusé de malversations et de mauvaise gestion d’Attijariwafa Bank, au point qu’il fera appel pour sa défense à Me Vergès, le ténor du barreau parisien, pour se prémunir de la vengeance du clan Majidi qui ne lui a pas pardonné sa traîtrise. »

© Khalid
Génération M6
Tout au long de son livre, Ali Amar égrène plusieurs révélations sur l’histoire du Journal Hebdomadaire comme cet épisode concernant l’ancien Premier ministre Driss Jettou.
« Dans sa villa du Val d’Anfa à Casablanca, Driss Jettou me reçoit avec le sourire, ce 25 juillet 2008. Je n’avais pas vu l’ancien Premier ministre depuis des années. Le sujet pour lequel je souhaitais le rencontrer devient presque secondaire lorsqu’il se met à égrener des souvenirs communs. « Tu ne sais pas à quel point je vous ai défendu lorsque j’étais aux affaires. Tout le monde voulait votre peau, des gens au Palais bien sûr, mais plus encore chez les socialistes. Parfois, le Conseil du gouvernement faisait de votre cas une obsession. Ça n’a pas été de tout repos, crois-moi. » Je veux bien le croire en effet.
2 décembre 2000, Abderrahmane Youssoufi, Premier ministre socialiste à l’époque, entérine la mort du Journal. Je suis attablé avec Aboubakr Jamaï, Fadel Iraki et l’un des enfants de Mehdi Ben Barka à la terrasse d’un café du XVIe arrondissement à Paris lorsque nous apprenons la nouvelle. Nous décidons de rester en France encore quelques jours pour organiser notre contre-attaque, car cette fois-ci la bataille sera encore plus rude et nous savons que notre meilleure défense est notre exposition à l’opinion internationale.
L’interdiction de l’hebdomadaire coïncide avec la tenue au Maroc du premier congrès de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) dans un pays non démocratique. Dans son communiqué de protestation, la FIDH fait remarquer à Youssoufi les contradictions de sa décision. Il prétend la prendre dans « sa conviction de renforcer les espaces de liberté », alors même qu’il a utilisé le fameux article 77 du code de la presse qui a servi pendant des décennies à censurer son propre parti lorsque celui-ci était dans l’opposition. Le satisfecit que voulait donner cette puissante organisation au royaume en organisant son congrès à Casablanca pour la transition vers un État de droit dans laquelle il semblait s’être engagé va tourner à la catastrophe médiatique.
Driss El Yazami, l’ancien opposant du régime et cheville ouvrière de la FIDH, se sent floué par cette décision liberticide. À notre retour de Paris, il invite Aboubakr Jamaï à la tribune du Congrès. Face aux caméras du monde entier, après un discours percutant, le jeune patron du Journal annonce sa décision d’entamer sur-le-champ une grève de la faim illimitée afin d’obtenir l’autorisation de ressusciter sa publication.
Les débats prévus sur les avancées en matière de droits de l’homme sous Mohammed VI paraissent dès lors désuets. Youssoufi, qui avait quitté la salle avant l’intervention de Jamaï, est décrédibilisé. Ce scénario inattendu au Palais va le contraindre à reconsidérer sa position, surtout qu’une campagne de presse à l’internationale se fait de plus en plus l’écho de la fin du « printemps marocain ».
Fouad Ali El Himma, en retrait depuis le début de la crise, reprend langue avec Fadel Iraki, l’actionnaire principal du Journal. Le rendez-vous aura lieu à Marrakech, alors que Jamaï, cloîtré depuis presque une semaine dans son bureau où il a installé un lit de camp, reçoit sans interruption les médias et enchaîne les conférences de presse jusqu’à épuisement.
La mobilisation est à son comble, alors que l’État et sa justice se confondent dans des explications juridiques surréalistes pour justifier leur refus d’autoriser Jamaï à lancer un nouveau titre. Le parquet de Casablanca, censé donner ce sésame sur simple présentation d’un dossier, conformément au code de la presse, joue la montre en arguant que des pièces administratives n’ont pas été produites, sans pour autant préciser lesquelles.
Alors en route pour Marrakech, Fadel Iraki reçoit un coup de téléphone de son ami Abderrahim Lahjouji, le patron de la CGEM, l’équivalent marocain du MEDEF, avec qui il s’était entretenu durant la journée. Il lui demande de faire demi-tour d’urgence et de le retrouver à son bureau privé de la rue d’Alger.
Là, la surprise est de taille : Driss Jettou, alors conseiller du roi, l’y attend. Iraki m’appelle pour assister à la rencontre. L’échange est cordial, mais quelque peu tendu. Lahjouji y met beaucoup du sien, explique au conseiller les retombées néfastes de l’affaire et étale sous ses yeux les articles du Monde, du Figaro et de Libération qui parlent d’un retour aux années sombres. Jettou se tourne vers moi et me dit : « Écoute, je sais que tu es un garçon raisonnable. Le pays est lynché, demande à ton ami d’arrêter au moins sa grève de la faim et je te promets de solutionner le problème dans l’heure qui suit. Si vous faites ça, je vous invite tous les trois à dîner ce soir autour d’un tajine de poulet au citron. »
Ce à quoi je réponds que, si Jamaï reçoit son autorisation avant la fin de la journée, nous serions honorés d’être invités à sa table. Au même moment, nous apprenons qu’ordre a été donné au procureur du tribunal de première instance de Casablanca de remettre en mains propres à un Jamaï triomphal son sésame.
Jettou appelle alors El Himma de son portable et lui annonce avec satisfaction : « On a gagné ! » Nous dînerons alors le soir même autour du tajine promis au domicile de Lahjouji. Au dessert, Jettou aura cette phrase terrible : « Vous devez savoir qu’au Palais, on ne lit pas tous vos articles dans le détail. On s’arrête souvent sur un titre qui dérange, une formule, mais le sens général n’est pas souvent compris. Vous n’avez pas affaire à des intellectuels. »
Pour garder la face, le procureur du roi sera dépêché sur le plateau de télévision de la chaîne 2M pour annoncer que Le Journal a finalement produit les pièces manquantes imaginaires. Le publicitaire Nourredine Ayouch, un proche du Palais, était passé opportunément à l’administration du Journal pour demander une copie du dossier initial, remis un mois plus tôt au procureur. Il ira le déposer au greffe du Tribunal, offrant ainsi à l’État le prétexte officiel pour céder à la pression médiatique. »
Mohammed VI, Le grand malentendu. Dix ans de règne dans l’ombre de Hassan II. Par Ali Amar. Ed. Calmann-Lévy.

Le Maroc doit ratifier la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées !

Participez à la campagne d'Amnesty International!

Écrivez au ministre de la Justice, pour lui demander:

S.E M. Abdelwahed Radi
Ministre de la Justice
Place El Mamounia
Rabat
Maroc

Votre Excellence,
Le 6 février 2007, la Convention internationale pour la Protection de toutes les personnes contre les Disparitions Forcées a été ouverte à la signature à Paris. Je suis heureux de voir que le Maroc a été l’un des pays qui a signé la Convention pendant cet événement. Jusqu’à maintenant, 81 Etats ont signé ce texte et 10 l’ont ratifié. Je salue l’attitude positive du gouvernement marocain à l’égard de la Convention.
J’ai pris note des efforts que votre Etat a mis en place afin de participer aux activités de promotion de la Convention. Je suis également heureux de constater que les autorités marocaines ont affirmé, à de nombreuses occasions, qu’il n’y avait pas d’obstacles à la ratification de la Convention. Je souhaite toutefois que les autorités marocaines indiquent à quelle date la ratification de la Convention interviendra. Elle entrera en vigueur après 20 ratifications.
En s’engageant rapidement en ce sens, le Maroc pourrait se distinguer et figurer parmi les premiers Etats à ratifier ce texte et ainsi contribuer à son entrée en vigueur.
Je demande également que conformément aux recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation que des enquêtes complètes soient menées sur tous les cas de « disparitions forcées » qui ont été portés à l’attention des autorités, que les auteurs de ces crimes soient identifiés et poursuivis en justice.
Et que les agents de l’état suspectés d’être responsables de graves violations des droits humains soient suspendus de leurs fonctions en attendant qu’une procédure soit lancée.
En espérant que ma requête sera entendue, je vous prie de croire, Votre excellence, à l’expression de ma haute considération.
Nom, prénom
Adresse
Pays
Date
Signature
Retrouvez l’intégralité de l’action
en français: ici
en anglais: ici


Manifestation des Parents et Amis de Disparus au Maroc, Cablanca, 21 mars2009
© APADM

dimanche 10 mai 2009

Le Sahara occidental et les droits de l'homme: la Résolution 1871 du Conseil de Sécurité

par Beatriz Martínez Ramírez, 3/5/2009. Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : El Sahara occidental y los derechos humanos
Au moment même où « la France empêche l'ONU de veiller sur les droits de l’homme au Sahara » (1), le Maroc condamne Khalihenna Aboulhassan , le militant sahraoui défenseur des droits de l’homme, à deux ans de prison pour un délit sans preuve. Cela s'est passé ce 28 avril à Marrakech (2). Le pouvoir judiciaire marocain peut continuer à violer la loi, même si nous démontrons sa connivence dans les violations des droits de l’homme. Si le Conseil de Sécurité a pris en considération la « dimension humaine » dans sa dernière lecture de la réalité du Sahara occidental, reconnaissons-lui un manque d'habileté lorsqu'il substitue le terme de « droit » par celui de « dimension ». Imaginons que la Proclamation soit appelée « Déclaration Universelle des Sentiments Humains ». Lorsqu’il s’agit de défendre par-dessus tout les droits du capital – entendons bien : le capital en mouvement au Maroc -, le sens orienté qu’imprime le Conseil de Sécurité aux droits de l’homme est une autre chose.
Je compare cette scène à celle que Peter Weiss a créé pour son œuvre théâtrale « La persécution et l’assassinat de Jean-Paul Marat », le Marat-Sade dans la version espagnole d’Alphonse Sastre. Dans le salon du Conseil de Sécurité, transformé en salle de bains de la maison de santé, les membres du Conseil sont comme ces infirmiers qui tentent d'alléger l’ennui et l’enfermement des malades mentaux, en montant avec eux une œuvre écrite par Sade, client distingué de la maison utilisant l'art et la culture. Avec cette représentation, ils servent, « les principes sacrés déclarés par le solennel décret des droits de l'homme ».
L'ambassadeur français, Jean-Maurice Ripert, tel Charlotte Corday, avec un poignard humanitaire de fabrication marocaine caché dans la poitrine, a pris l’élan pour asséner le coup de poignard mortel. Sade, présent mais à l’écart des tempêtes diplomatiques et des ouragans de critiques, rit triomphant au pied de son fauteuil à l'Elysée (3).
Et c’est là que s’achève la comparaison, car entre personnes qui ont l’autorité pour la représentation du drame, le coauteur français du Conseil a décidé d'exclure du scénario les Saharouis, un peuple personnifié par Ahmed Boujari, représentant du Polisario à l'ONU, spectateur de cette farce et nullement disposé à ce que le Sahara Occidental suive le même sort que le malheureux Marat. Je demande de la compréhension au défunt Weiss et à mon ami Sastre si j’utilise cette œuvre de la littérature universelle pour cette « boutade ». L'affaire le mérite.
Le gouvernement français ne s’embarrasse plus de détours. Il manifeste ouvertement et décide, imitation métropolitaine des vieux temps des protectorats français et espagnol au Maroc, que le Sahara Occidental doit faire partie du royaume du Maroc. L'Espagne se pliera en silence, comme toujours, et « la République Française » sauvera ses « citoyens » des effets de la « crise » actuelle et des futures explosions de colère dans les « banlieues ». La paix sociale intérieure, ils la font dépendre du néocolonialisme.
Rappelons-nous, en 2005, dans « la ceinture rouge » à Paris, l’état d’exception avait été réactivé et était resté en vigueur pendant des mois, le même état d'exception qui fut imposé pendant la guerre d'Algérie. Son artisan avait été le ministre de l'Intérieur d’alors, Nicolas Paul Stéphane Sarkozy de Nagy-Bocsa, « Fachozy » pour les petits-fils et arrières petits-fils des anciens colonisés qui vivent dans les balieues des villes françaises, incapables de pouvoir se sentir citoyens français. Stigmatisés pendant des années par une presse qui leur attribue la responsabilité de donner des arguments aux fascistes de Le Pen, systématiquement insultés par leur Ministre comme étant de la « racaille »… Fachozy, disais-je, a résolu le grave problème du racisme et de la xénophobie répandu sur tout le territoire gaulois, en nettoyant ces quartiers au « kärcher ». Et il l'a parfaitement bien accompli. Deux Français sur trois ont approuvé sa gestion. Ce mérite, parmi d'autres soutiens, l’a porté à la présidence française.
Au-delà de la conjoncture dans laquelle la France s'est trouvée au Conseil de Sécurité, sans aucun appui, ce sont les USA qui tiennent la queue de la poêle. Ayons bien en tête les résolutions qu’il y a eu sur l'Iraq et la Palestine. Sans Bush ou avec Obama, ils sont les gendarmes du capital qui a signé l’unique Traité de libre-échange en Afrique, avec le Maroc, et c’est à Tan-Tan que l’on projette l'installation du siège central de l'AFRICOM. La domination des ressources énergétiques et minérales, son contrôle, sont l'objectif central des mouvements géostratégiques impérialistes.
La solution au problème humanitaire dans les camps de réfugiés sahraouis n'est pas l'aide et la solidarité internationale ad vitam aeternam. Le problème à résoudre en Afrique, ce ne sont pas les Sahraouis, mais l’indépendance de la dernière colonie d'Afrique, ce qui requiert aujourd'hui l’urgente intervention effective des casques bleus sur le territoire occupé par le Maroc, parce que c’est là que l’on torture, persécute, brime et massacre.
En ce sens, il se peut que le mouvement des acteurs, à un moment donné, favorise le déblocage de la situation qui se trouve dans l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Mais le scénario qui continue est encore celui que Sade a conçu. Qui n’est ni le seul, ni le seul possible. Il existe, il a toujours existé, un temps et un espace pour être les protagonistes indiscutables de notre œuvre. Pour le grand théâtre mondial du marché, nous qui défendons les véritables droits qui nous permettent d'être chaque fois plus humains, nous ne pouvons pas cesser d'être une « racaille » de fous dangereux. Le plus absurde c’est que sans nous, ils ne sont rien.
Notes
1 )
Ignacio Cembrero, El País, 2/05/09
2)
Poemario por un Sahara libre
3) Alfonso Sastre. “Persecución y asesinato de Jean-Paul Marat” (« La persécution et l’assassinat de Jean-Paul Marat »). Ed. Arguitaletxe HIRU, S.L. Hondarribia (Guipúzcoa) año 2000, 2ª edición.

samedi 9 mai 2009

La Capitale des Roses

Le Groupe Bnouhachem organise une rencontre - dédicace de « La Capitale des Roses », de Mohammed Nadrani et Abderrahman Kounsi le lundi 11 mai 2009 à partir de 17 Heures à la Bibliothèque Nationale à Rabat Un témoignage en 417 pages sur la disparition forcée pendant presque 9 années (1976-1984) passées au Complexe (Centre général de la DST) de Rabat,à Agdz, à Kalâat-M'gouna et à Skoura

Cet écrit sur le monde des ténèbres est le souffle que sortent encore une fois les disparus de la Capitale des roses et qui permet d’étaler les quatre vérités vécues pendant la période de leur disparition forcée. Ils continuent donc inlassablement la lutte. Ils revendiquent à cor et à cri le droit de savoir réclamé par toutes et tous les épris de liberté et particulièrement par les familles qui ont souffert et qui souffrent toujours de la disparition de leurs bien-aimé(e)s.
Les disparus de la Capitale des roses mènent avec opiniâtreté le combat pour la réalisation de rêves qu'ils n'ont cessés de défendre avant et après leur disparition forcée seuls ou en coordination avec les démocrates au sein du pays ou à l'échelle internationale.
Les disparus de la Capitale des roses avaient pris d'emblée après leur première rencontre, le 25 juin 1987, la décision de rompre irréversiblement avec ce silence complice et clamer leur indignation vis-à-vis des pratiques absolutistes encore en vigueur alors que la loi du silence planait au-dessus de tous les chefs. Fidèles aux idéaux pour lesquels ils ont frôlé la mort à maintes reprises et qui leur ont coûté énormément de sacrifices, les disparus de la Capitale des roses étaient au rendez-vous pour initier la structuration du Comité de Coordination des familles des disparus et des Victimes de la "disparition forcée" et contribué à la constitution du Forum Marocain pour la Vérité et la Justice dont ils assument des tâches de responsabilité au sein de ses instances dirigeantes depuis sa création.
Les disparus de la Capitale des roses agissent avec ténacité contre toutes les tentatives aspirant à tourner les pages du dossier desdites années de plomb sans la juste réparation des préjudices causés aux victimes.
Les Disparus de la Capitale des roses militent, sans relâche, pour qu’éclate au grand jour la vérité des dossiers des violations graves des droits humains des années dites de plomb par leurs communiqués, leurs déclarations à la presse nationale et internationale, les interviews avec les chaînes de télévisions, les visites des lieux secrets de détention lors de l’organisation des caravanes par les organisations des droits humains, l’organisation d’un sit-in devant le Complexe afin que ce lieu de détention illégale soit transformé en un musée pour la sauvegarde de la mémoire.
Au Complexe, nous étions quatorze jeunes kidnappés en tout avant que les services secrets n’isolent cinq braves militants pour les jeter dans les confins du désert.
Ahmed Saadani
À ce sujet, lire le rapport d'Amnesty International d'avril 1993 Maroc: les disparus. le mur du silence doit tomber

De nouvelles charges retenues contre un activiste emprisonné

Critique face à la politique de la drogue des autorités marocaines, Chekib El-Khayari est maintenant détenu depuis plus de dix semaines
par Human Rights Watgch, 1/5/2009

Lire aussi
Maroc : Le gouvernement doit libérer Chekib el-Khayari


« Il apparaît évident que les nouvelles charges retenues à l'encontre de M. el-Khayari constituent une tentative supplémentaire de faire taire les critiques sur un sujet politiquement sensible ainsi que de décourager les d'autres activistes. Les poursuites contre M. el-Khayari montrent qu'en dépit de la réputation du Maroc pour laisser libre cours au débat public et permettre l'évolution d'une société civile dynamique, les autorités restent prêtes à emprisonner les activistes qui dépassent certaines lignes rouges. »
Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch


(Washington) - La poursuite de la détention de Chekib El-Khayari montre les limites de la tolérance du Maroc face aux critiques, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. L'activiste des droits humains, originaire de la ville de Nador située dans le Nord du Maroc, se trouve en détention provisoire depuis plus de dix semaines maintenant.
Le 23 avril 2009, M. el-Khayari a comparu devant le juge d'instruction, Jamal Serhane, pour la première audience sur le fond depuis son arrestation le 18 février. Lors de cette audience, M. el-Khayari a récusé les charges d'avoir porté atteinte au corps constitués dont il a été accusé après avoir dénoncé des politiques laxistes d'interdiction de drogue. Juste avant l'audience il a appris que le procureur avait retenu trois nouvelles charges contre lui. Celles-ci se rapportent à des infractions mineures de douane et de réglementation de devises datant de 2006.
« Il apparaît évident que les nouvelles charges retenues à l'encontre de M. el-Khayari constituent une tentative supplémentaire de faire taire les critiques sur un sujet politiquement sensible ainsi que de décourager les d'autres activistes », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les poursuites contre M. el-Khayari montrent qu'en dépit de la réputation du Maroc pour laisser libre cours au débat public et permettre l'évolution d'une société civile dynamique, les autorités restent prêtes à emprisonner les activistes qui dépassent certaines lignes rouges. »
Avant son arrestation, M. el-Khayari avait fait plusieurs déclarations aux médias internationaux et lors de conférences en Europe, mettant en cause les efforts des autorités marocaines visant à supprimer le trafic de drogues illégales du Nord du Maroc vers l'Europe. M. el-Khayari est également défenseur des droits des Amazighs (Berbères). Il a critiqué les mauvais traitements commis par les forces de sécurité marocaines à l'encontre de migrants des pays d'Afrique tentant de rejoindre l'Europe clandestinement en passant par le Maroc ainsi que les traitements infligés par les forces de l'ordre marocaines et espagnoles aux alentours de la frontière espagnole, dans l'enclave de Melilla.
Les avocats de M. el-Khayari ont déclaré avoir eu connaissance des nouvelles charges reposant sur leur client seulement quelques minutes avant le début de l'audience en première instance à la Cour de Casablanca. Les charges dont il est accusé se rapportent à un versement de 225€ (288 $US) qu'il aurait reçu du quotidien espagnol El País en guise de rémunération d'un article qu'il a rédigé et qui est paru le 4 juillet 2006. Il est suspecté d'avoir ouvert un compte bancaire à Melilla pour y déposer le chèque d'El País et d'avoir retiré cet argent par la suite, sans passer par l'intermédiaire d'une banque marocaine ou sans en informer le Bureau des changes du Maroc.
L'instruction soupçonne ces transactions d'avoir violé les lois marocaines qui régissent l'ouverture de comptes bancaires à l'étranger par des Marocains résidants sur le sol marocain, et le transfert d'argent par des Marocains vers le Maroc. Ces violations sont passibles de peines pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.
« Que M. el-Khayari ait réellement violé ces réglementations monétaires ou non, la décision de l'accuser aussi tardivement et pour une somme aussi minime renforce tout simplement les suspicions de poursuites dont le motif serait principalement politique », a déclaré Sarah Leah Whitson.
Lorsqu'il achèvera son enquête, le juge Serhane devra statuer sur le fait de faire passer le dossier devant un tribunal, auquel cas il finalisera les chefs d'inculpation. En l'attente du procès, il a refusé de libérer provisoirement M. el-Khayari. Cependant, la Cour sera obligée de relâcher provisoirement M. el-Khayari au plus tard le 21 mai s'il n'a pas encore été jugé, puisque la loi marocaine limite la détention provisoire à trois mois lorsque les charges retenues font l'objet de délits comme c'est le cas ici.
Selon les articles 263 et 265 du Code Pénal, le chef d'accusation « d'outrage envers les corps constitués » est passible d'une peine allant d'un mois à un an d'emprisonnement ainsi que d'une amende de 1200 à 5000 dirhams (144$US à 600$US). Lors de l'audience du 23 avril, M. el-Khayari a affirmé qu'il n'avait pas critiqué les institutions d'Etat en tant que telles, mais seulement les agents d'Etat qui n'appliquaient pas avec diligence les lois d'interdiction des drogues.
Indépendamment des faits, les lois qui criminalisent et prévoient des peines de prison pour les actes « d'outrages envers les corps constitués » sont incompatibles avec le droit international qui régit le droit à la liberté d'expression et qui accentue particulièrement la nécessité de protéger la liberté de critiquer les acteurs politiques et les autorités étatiques.
Le juge Serhane a autorisé les avocats de M. el-Khayari à accéder au dossier complet après avoir initialement refusé de leur en fournir certaines parties. Toutefois, dans un écart des pratiques habituelles, il les a seulement autorisé à les consulter dans l'enceinte du tribunal et leur a interdit d'en faire des photocopies.
Critique face à la politique de la drogue des autorités marocaines, Chekib El-Khayari est maintenant détenu depuis plus de dix semaines

Un autre monde est possible

Samira Kinani, enseignante, est secrétaire générale adjointe de l’AMDH. Elle écrit des textes magnifiques, sous la signature "smirnova* : coups de gueule, coups de cœur, cris de désespoir et cris d’espoir comme le texte ci-dessous. Ses textes sont toujours bruts de décoffrage. Elles les publie immédiatement, sans les relire.
Ses nouveaux textes s'afichent dès leur parution dans notre rubrique « sites et blogs amis ».
Voici son dernier texte, inspiré par une rencontre du Forum Maghreb-Machrek du Forum social mondial, qui vient d'avoir lieu à Rabat.

you may say I'am dreamer,but I'm not the only one...

quelques jours...
discussions..
rencontres..
échanges...
un moment si exceptionnel..
pouvoir rencontrer
pouvoir parler
pouvoir échanger..
avec tant de militantEs
de divers pays:
du Mexique aux USA
de l'Allemagne au Portugal
de l'Algérie au Togo
du Chili au Brésil..
SénégalaisEs, AlgérienNEs, TunisienNes....
4 continents
diverses expériences
diverses méthodes
mais un seul rêve:
un monde meilleur
une vie digne pour Tous et Toutes..
le forum Machrek Maghreb
avec toutes ses insuffisances
-on veut toujours mieux et plus-
a été pour moi
un moment de rencontre
un moment privilégié
un moment de découverte
comment on nous voit
et à quel point notre vision des autres est juste..
voir se dérouler les travaux
du conseil international du forum social mondial
écouter les débats
les analyses..
sentir qu'on n'est pas seul
sentir qu'on n'est pas fou
sentir
que partout dans le monde
il y a quelque part
d'autres rêveurs
d'autres "fous/folles"
qui n'abdiquent pas
devant la machine infernale
du néo libéralisme
qui sont prêts
à lutter
à pondre des alternatives
où c’est l'humain qui compte
l'humain et ses lois
et non le marché et ses lois..
entendre les explications de ces peuples indigènes
qu'on a jadis humiliés
et qui sont là
debout
fiers
et prêts pour nous donner des leçons
leurs leçons
sur la vie
sur l'environnement
sur la mère terre..
voir toutes les couleurs
autour de la même table
vivant ensemble
dans une camaraderie
qui embue mes yeux..
sentir
le temps d'une semaine
que tout est possible
qu'il suffit de s'y mettre..
ça vous booste
ça vous donne un coup de fouet
ça vous renforce
ça vous dit aussi
qu'un autre monde est possible
smirnova, 9/9/2009

vendredi 8 mai 2009

L’USFP réclame la vérité sur l'affaire Ben Barka

L'Union socialiste des forces populaires (USFP) a remis jeudi à Rabat à une organisation publique en charge des droits de l'Homme un texte réclamant la lumière sur la disparition en 1965 du leader de la gauche marocaine Mehdi Ben Barka, dont le sort n'a jamais été élucidé. Des cadres du parti ont remis ce mémorandum à Ahmed Herzenni, président du Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH), dont les avis sont portés à la connaissance du roi Mohammed VI, a constaté l'AFP.
L'USFP, au gouvernement depuis mars 1998, est le prolongement de l'UNFP, parti créé en 1959 par Ben Barka. La démarche de l'USFP vise à "poser une nouvelle fois l'affaire du martyr Mehdi Ben Barka devant les membres du CCDH", selon le document. Le texte évoque une plainte que l'USFP avait déposée à Rabat en février 2001 devant un tribunal, portant sur "la disparition, la torture et l'assassinat de Mehdi Ben Barka" et rappelle également le dépôt en février 2004 au CCDH d'un mémorandum similaire par les socialistes.
Le président du CCDH a promis à la délégation une "réponse écrite dans les prochaines semaines", pour notamment l'informer des "démarches qui ont été effectuées et (des) choses qui n'ont pas pu être réalisées" par le CCDH dans ce dossier.
Avant la remise du mémorandum, des militants de gauche et des membres d'ONG marocaines ont manifesté devant le siège du CCDH pour réclamer que la "vérité" éclate sur la disparition de Mehdi Ben Barka. Ben Barka, leader de l'opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, a disparu le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp à Paris (VIe), lors d'une opération attribuée aux services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français. Cette affaire retentissante n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires. Le corps de Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions précises de sa mort n'ont pas été établies.
Source : AFP , 8/5/2009

Commentaires
1 - Peut - on m'expliquer pourquoi la direction de l'USFP organise son sit-in devant le CCDH sur la disparition du martyr Mehdi Ben Barka?
A mon humble avis, le sit-in doit être organisé:
- Pour des considérations juridiques: devant le ministère de la Justice, donc devant les bureaux d'Adelwahad Radi, le patron de l'USFP.
- Politiquement: devant le Palais, les États-majors des FAR et de la gendarmerie, devant la direction de la Sûreté nationale, devant le ministère de l'Intérieur..., car ces départements sont, directement ou indirectement, impliqués dans la disparition de ce grand militant que fut Mehdi Ben Barka.
Ali Fkir, 8/5/2009


2 - Une autre motivation du rassemblement, passée sous silence par la dépêche de l'AFP, était la déclaration, faite le 14 avril, par Hamid Chabat, maire de Fès, membre du comité exécutif de l'Istiqlal et secrétaire général du syndicat affilié à ce parti (UGTM), qualifiant Mehdi Ben Barka de "tueur", « responsable des liquidations et des évènements tragiques qui avaient eu lieu au Rif, à Souk Larbaâ et dans d'autres régions du pays ». Pour ces déclarations, qui s'inscrivent dans la campagne électorale pour les élections communales, où l'USFP et l'Istiqlal, alliés au gouvernement, sont en vive concurrence, la Chabiba Ittihadia (jeunesse de l'USFP) a déposé une plainte en diffamation qui a été examinée par la justice le 24 avril.

À la question Pourquoi avez-vous déclaré que Mehdi Ben Barka était un tueur ? , Chabat a répondu (interview au Journal Hebdo, mai 2009) :

" J’ai dit ça dans un contexte bien précis. Aujourd’hui, des ministres ont détourné la loi quand ils ont compris que leur parti n’allait pas réussir dans des élections syndicales. Ils ont reporté ces élections. C’était presque la même histoire au début de l’Indépendance avec les membres du parti de l’Istiqlal : ils assassinaient les résistants qui ne voulaient pas entrer dans les syndicats. Cela a été le cas lors des événements de Souk El Arbaa, du Rif, de Dar Bricha… Le responsable du parti de l’Istiqlal de cette époque sanglante, c’était Mehdi Ben Barka. Une période située juste avant les années de plomb que j’appellerai «les années de sang». Les choses ne se sont calmées qu’avec la scission de 1959. Tout cela est bien réel et les historiens marocains l’attestent. Il faut s’excuser auprès du peuple marocain par rapport à ces années sanglantes. Ce n’est pas une honte. Martyr ou pas, Ben Barka a commis des actes graves au nom du parti de l’Istiqlal. C’était le président du Comité exécutif du parti et c’était lui qui donnait les ordres. Ça, c’est l’Histoire du Maroc. Et si on veut porter plainte, on doit accuser les coupables de l’Histoire du Maroc, pas moi." (sic)

Rédaction SOLIDMAR, 10/05/2009

Un ressortissant marocain se pend avec ses lacets au commissariat de Bastia

par Christophe Laurent, Corse-Matin, 7/5/2009
C'est dans les sous-sols du commissariat de Bastia, où se trouvent les geôles, que le drame s'est déroulé. Hier soir, l'homme de 43 ans qui a tenté de se suicider par pendaison était dans un état grave.
Il était très exactement 9 h 35, hier matin, lorsque les sapeurs-pompiers du centre de secours de Bastia et le médecin urgentiste du Samu de Haute-Corse ont été alertés pour une tentative de suicide par pendaison dans les locaux du commissariat de Bastia. La victime, un ressortissant marocain âgé de 43 ans dont l'identité n'a pas été révélée par les autorités judiciaires, était totalement inconsciente lorsque les secouristes sont arrivés. Massages cardiaques, intubation, perfusion : le médecin urgentiste parvient à maintenir l'homme en vie. Évacué très rapidement vers l'hôpital de Falconaja, celui-ci a été placé en service de réanimation en tout début d'après-midi. Hier soir, son pronostic vital était engagé et les médecins n'hésitaient pas à évoquer « un état très grave ». Dès la connaissance du drame, le procureur de la République près le tribunal de grande instance, Jean-Jacques Fagni, et son substitut Pierre-Yves Pezzino, se sont rendus dans les locaux du commissariat pour tenter de comprendre et de mieux appréhender le déroulement des faits. Et ce, depuis le départ de cette affaire, en l'occurrence l'interpellation et le placement en garde à vue de l'homme ayant tenté de se suicider.
Comment a-t-il pu se trouver en possession de lacets ?
« Cet homme, apparemment sans domicile fixe, a été interpellé, avec un autre individu, par la brigade anti-criminalité dans la nuit de lundi à mardi, à 1 h 20 pour être précis, pour un flagrant délit de vol à la roulotte dans un véhicule », explique Jean-Jacques Fagni.
« Il se trouvait dans le cadre d'une prolongation de garde à vue et devait être présenté au parquet pour une comparution immédiate ce mercredi. Lorsqu'il a été interpellé, il a tenté de frapper les personnels de la BAC avec un marteau. Il était donc également poursuivi pour ces violences spécifiques sur des policiers en fonction. Son casier judiciaire fait état de douze mentions. Il a notamment été condamné à Chambery, Annecy, Bordeaux et Angoulême. »
Et jusque-là, aucun signalement d'une quelconque propension au suicide. Mieux : pendant sa garde à vue à Bastia, un médecin est venu le voir sans noter la moindre crainte à ce sujet.
Évidemment, il s'agit de savoir à présent comment cet homme a pu se trouver en possession de lacets en pleine garde à vue et surtout dans des cellules surveillées 24 heures sur 24.
« Le protocole veut que lorsque l'on entre en garde à vue, on est fouillé et on se débarrasse de tout ce qui peut porter atteinte à votre intégrité physique », poursuit Jean-Jacques Fagni. « Parfois, on fait retirer les lacets des chaussures. Parfois aussi, comme c'est le cas au commissariat de Bastia, on enlève ses chaussures directement ».
Le disque dur des caméras de surveillance a été saisi
« L'enquête, confiée à la police judiciaire de Bastia et à l'inspection générale de la police nationale, l'IGPN, dont les inspecteurs sont spécialement venus de Marseille, hier, s'efforcera de déterminer toutes les responsabilités. »
À Bastia, les geôles des gardés à vue se situent au sous-sol du commissariat. Chacune d'entre elles est normalement individuelle, en partie vitrée et en partie masquée par des pièces métalliques, ce qui peut expliquer certains « angles morts ».
Toutefois, chaque cellule est normalement placée sous l'oeil d'une caméra avec un terminal de surveillance situé au bout du couloir des geôles.
Les enquêteurs ont d'ailleurs saisi, dès hier matin, le disque dur de l'enregistrement.






Nombreuses entraves à la liberté de la presse

L'exercice de la liberté de la presse au Maroc a connu de "nombreuses entraves" entre 2008 et 2009, a estimé dimanche le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), à l'occasion de la journée internationale de la liberté de la presse."Il n'y a pas eu de changement majeur par rapport aux années précédentes", note le SNPM dans son rapport annuel (2008-2009) publié dimanche.Celui-ci fait toutefois mention des "nombreuses entraves qu'a connues la liberté de la presse", notamment des "agressions contre des journalistes" dans l'exercice de leur profession, ainsi que de tracasseries pour certains d'entre eux, notamment devant le Parquet
."Le cadre juridique régissant la profession n'a pas connu lui non plus de changement", a déclaré le président du SNMP Younes Moujahid, en référence à la "nécessité de réformer le code de la presse".
Dans le rapport, le SNPM réitère son attachement à la réforme de ce code appelant à la suppression des peines privatives de liberté, notamment les "articles punissant les atteintes aux +valeurs sacrées+, à savoir l'islam, l'intégrité territoriale et la monarchie".
Younes Moujahid estime toutefois que la "presse nationale évolue plus librement, connaît un essor, s'ouvre dans un esprit plus dynamique"."Heureusement, on n'est pas dans un système verrouillé. Mais il y a toujours un manque de garanties dans l'exercice de la profession", souligne-t-il.
Source: AFP, 4/5/2009

dimanche 3 mai 2009

Tous pour l'affirmation des droits de l'enfant


par Ali Fkir, 3/5/2009
Dans le cadre de ses activités relatives à la formation de ses militants dans le domaine des droits humains, et à ses initiatives visant la sensibilisation publique aux droits de l'enfant, l'AMDH a organisé une rencontre nationale sous le thème "tous pour l'affirmation des droits de l'enfant"les 1er, 2 et le 3 mai 2009 au centre estival de la CNSS à Mohammedia.
Des dizaines de militants de l'AMDH, représentant différentes sections du pays, étaient au rendez-vous.
Les participant-es (surtout les jeunes) ont enrichi positivement les débats, aussi bien au niveau des ateliers qu'au niveau séances plénières
Les représentant-es des organisations démocratiques des jeune (l'AMEJ, l'ADEJ...) ont contribué au succès de cette rencontre.
Bravo l'AMDH !

Pièce jointe

Pour avoir son visa, elle envoie une demande avec... une pierre comme pièce jointe
Une demande de visa est parvenue, jeudi au consulat général de Belgique à Casablanca, à l'intérieur d'un colis qui contenait également une pierre, ce qui a rendu le paquet suspect, a-t-on constaté sur place.
L'expéditrice s'est vu contrainte de placer une pierre de 1,5 kg à l'intérieur du colis pour qu'il réponde à la norme de pesage postal, rendant du coup sa missive suspecte auprès des services du consulat, a indiqué une source policière.
Aussitôt alertés, les services de police ont procédé à la mise en place du dispositif de sécurité nécessaire, pour découvrir qu'il ne s'agissait, en fait, que d'un colis anodin.
Une découverte qui suscita d'emblée l'hilarité générale et un grand soulagement de l'assistance après un moment d'appréhension.
La police a décidé d'ouvrir une enquête sur la demandeuse du visa, qui a été identifiée, a-t-on ajouté de même source.

Pour que nul n'oublie

Création d'un Espace Fadma Ouherfou à Agdz

Les participants à la deuxième caravane de Réconciliation "Fadma Ouherfou", organisée du 1 au 3 mai dans le sud-est (le départ a eu lieu à Errachidia vendredi matin), se sont recueillis, samedi à Agdz, sur la tombe de Fadma Ouherfou. Décédée à l'ancien bagne secret d'Agdz, Fadma Ouherfou constitue désormais le symbole de la Réconciliation, dans son approche Genre, comme le prévoient les recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation (IER).
Initiée par le réseau des associations de développement des oasis du Eud-Est (RADOSE), cette caravane qui rentre dans le cadre du suivi des recommandations de l'Instance Equité et Réconciliation vise la sauvegarde de la mémoire et la réconciliation des femmes de Ksar Sounate à Imilchil.

Des jeunes filles de Sountate composant la caravane de «la réconciliation Fadma Ouharfou». (Photo : www.map.ma)


Organisée en partenariat avec le Fonds de Développement des Nations unies pour la Femme (UNIFEM) et le CCDH, cette deuxième phase de la caravane a pour objectif de sensibiliser les acteurs locaux de Ouarzazate et de Zagora sur les souffrances endurées par les femmes pendant les années de plomb.
Les participants entendent à travers cette caravane présenter les expériences des projets pilotes menés par le RADOSE à Imilchil sur la préservation de la mémoire de Fadma Ouharfou et permettre aux jeunes d'Imilchil de rendre hommage à cette femme victime des violations passées des droits de l'Homme.

Source : aufait/MAP

Les fondements de la monarchie marocaine...

par Belmaïzi
... féodale et archaïque. Elle n’a rien compris à la marche de l’Histoire. Et elle se refuse à suivre les exemples d’autres monarchies éclairées et prospères… prétextant la relativité des tempéraments et des cultures (!), sous entendu que nous, les cancres et arriérés marocains, sommes éternellement à la périphérie, et n’avons rien compris à la démocratie et à l’émancipation. Nous n’avons donc aucun mérite selon cette vision arrogante et humiliante.

La reine du Danemark, par exemple, a traduit un certains nombre d’ouvrages du français au danois. Elle a fait nombre de créations (on la voit à quatre pattes en train de faire du collage sur un grand tableau de sa création. Elle a fait, entre autres, un « jeu de société » et d’autres bricoles, dont une belle petite cuillère, pour financer les associations qui s’occupent des réfugiés, des humbles et des plus démunis…). Moi- même, je l’ai vue à plusieurs reprises en ville, et dans les magasins côtoyant le commun des mortels… Et surtout, surtout qu’elle ne s’occupe réellement pas de la politique et de la gestion du pays. Elle est là comme garante du bon fonctionnement de la démocratie.
Et c’est d’ailleurs ce que Mohamed V avait compris et allait se soumettre au régime d’une véritable monarchie constitutionnelle où le roi ne s’implique plus dans le pouvoir décisionnel, où il « règne et ne gouverne pas » (lire « Les Trois Rois » d’Ignace Dalle). L’exemple du voisin espagnol est criant de promesses. Mais reste cruellement inaudible. Et on voit comment l’Espagne a percé si rapidement dans la voie de la prospérité et de la démocratie.

La monarchie marocaine, au lieu de se retirer de la politique et de laisser s’installer une culture démocratique et un véritable Parlement, elle a monopolisé tous les leviers du pouvoir de décisions et elle a infantilisé les partis politiques… les béni-oui-oui. Elle a même cru bien faire en pactisant avec quelques anciens opposants, comme Ben Zekri et Herzenni, ainsi que d’autres illustres héros négatifs.

Pourtant une nouvelle Constitution et un Etat de Droit sont salutaires et incontournables pour notre pays. Il s’agit de faire de la politique autrement.

Et puisque ce n’est pas ainsi, nous sommes condamnés à défendre nos droits toujours écrasés et violés, nous parant des cuirasses solides contre les nombreux périls qui nous guettent… Mais jusqu’à quand ?
(...)

Pétition pour la réouverture de la frontière algéro-marocaine

Vous aussi signez la pétition pour la réouverture des frontières Algéro-Marocaines, pour que les familles séparées depuis 1994 puissent oublier leur drame et retraverser cette frontière longue de quelques kilomètres seulement où le temps et les échanges se sont figés.Rassemblons-nous... pour la relance des relations bilatérales, pour un nouveau décollage économique bénéfique à l'ensemble des peuples de cette région en particulier et du Maghreb Arabe en général.
Signez cette pétition pour que cette fraternité entre l'Algérie et le Maroc ne subisse plus la fracture et la blessure de cette séparation.
Cliquez
ici pour signer
Relayez ce message à tous vos contacts et sur vos sites et blogs car il nous faudra être encore beaucoup plus nombreux pour peser en faveur de cette réouverture des frontières.

samedi 2 mai 2009

Rendez-nous nos disparus- Rendez-nous Houcine !

par la Famille EL MANOUZI , 1er Mai 2009
1er mai 1972 ; dernière « fête du tavail » à laquelle a participé le syndicaliste HOUCINE
1er mai 2008 . Déjà 36 ans que HOUCINE est séquestré dans un lieu secret au Maroc
- 1963 . Syndicaliste à l’âge de vingt ans, Houcine était un militant actif au sein de l’UMT. Sa participation à la conscientisation de la classe ouvrière marocaine a amené la RAM ( Royal Air Maroc), au sein de laquelle il travaillait, à le licencier.
- 1966, il est l’un des fondateurs de la section arabe de la centrale syndicale belge
- 1971, il est l’un des responsables défendeurs de la classe ouvrière marocaine en Lybie.
- 29 Octobre 1972, il est enlevé par les autorités marocaines en Tunisie pour mettre fin à ces activités syndicales et politiques
Depuis cette date et à ce jour, il fait parti des disparus politiques marocains dont le sort n’est connu que par ceux qui ne veulent pas que la vérité se sache.
Oui, le dossier des disparus politiques au Maroc n’est pas clos. Elles sont encore nombreuses les familles qui attendent depuis un temps incommensurable le retour de leur proche. La page ne peut être tournée sans que l’on sache la vérité.
Quelle faute ont commis nos disparus pour que leur sort demeure inconnu ? Pourquoi les privent t’on de la vie et de la liberté, de la prison ou de la tombe ?
Parfois, seuls leurs photos constituent la preuve matérielle qui demeure. Mais ces photos portées par leurs familles et leurs amis à chaque 1° Mai et chaque manifestation deviennent des drapeaux pour rappeler que sans vérité sur nos disparus, on ne peut parler de justice et de démocratie. Ces manifestations ne constituent pas une date qui rappelle une absence mais que ce sont des arbres que l’on plante pour l’éternité.
Les declarations récentes et abjectes de Chabatt, est un nouveau complot contre la vérité orchestré par ceux même qui sont les responsables des ce violations graves des droits de l’Homme et qui conservent la nostalgie des années noires et qui craignent la Justice et Chabatt n’est qu’une marionnette pour faire passer leurs discours
La seule chose que craignent les familles, c’est le silence d’une partie de notre société avec tous ses constituants autour du phénomène de la disparition dont s’habille l’oubli, la perte de mémoire, l’amnésie qui souille l’histoire de notre peuple.
La Vérité triomphera et le jour de la Justice viendra

Skoura : arrogance et provocation du wali

par Ali Fkir, 2 mai 2009
Le jeudi 29 avril 2009, le Wali de Fés-Boulmane a reçu les 10 représentants des paysans de Skoura, et ce dans le but de discuter des mesures urgentes à prendre par l’Etat pour éviter la catastrophe qui plane sur la vallée de Skoura. Les récoltes des céréales, les arbres, les animaux, les humains, la volaille…soufrent de pénurie d’eau depuis les inondations d’octobre 2008 qui ont endommagé le barrage, 22 km de canalisation, deux ponts….
Les représentants ont été surpris par le discours menaçant d’El Wali. Au lieu de se pencher consciencieusement sur la situation catastrophique et proposer des solutions concrètes et immédiates, El Wali s’était pris à « des gens qui sont derrière ces événements, des gens ont des buts politiques…. ».
Devant la réplique des représentants des paysans, le Wali a répondu qu’un « appel d’offres » a été lancé, et que les travaux vont bientôt commencer.
Les représentants, très déçus par le comportement arrogant et provocateur d’El Wali, ont regagné Skoura. Le dimanche 3 mai, se tiendra l’assemblée générale des paysans pour discuter des « résultats » de cet « entretien ». Pendant ce temps là, tout se dessèche dans la vallée, jadis verdoyante, de Skoura.
Rappelons au Wali de Fés-Boulmane que le comportement arrogant et provocateur du Gouverneur de Sefrou était à l’origine des émeutes qu’avait connues « sa » ville en septembre 2007.

vendredi 1 mai 2009

1er mai

par smirnova, 1er Mai 2009
ce matin
je n'ai fait attention
qu'à la marche de mon syndicat
sûr
j'ai remarqué une diminution
de la participation
mais l'enthousiasme
des particpantEs
et surtout celui des jeunes ouvrières
m'avaient comblée..
ce n'est qu'en regardant la télé
le "reportage" sur les défilés du 1 mai
où on a passé une quinzaine de "centrales"
des milliers d'ouvrierEs
disperséEs là et là
écoutant distraitement
les allocutions de "directions" éternelles
leur parlant de dialogue
leur parlant nationalisme
leur parlant coopération
pour résister à la crise!!!!
wa jabha lah had la crise..
comme si avant la crise
nos prolétaires vivaient le bonheur!!!
comme si notre patronat
avait attendu qu'on parle de crise
pour sortir ses canines!!!
ces ouvrierEs doivent le sentir
dans leur peau
toute cette misère
tout ce mépris..
et depuis longtemps..
souvenons nous
des luttes acharnées
juste pour pouvoir se syndiquer..
sûr que nos prolétaires savent
mais devant cette dispersion
devant cette banalisation du syndicalisme
et le meilleur dans l'histoire
c’est que à la création de chaque nouveau syndicat
en général dû à une scission
ceux qui sont sortis
appellent à l'union de la classe ouvrière!!!!!
cette classe exploitée
cette classe humiliée
cette classe
sans conscience de classe
grâce à toutes ces idéologies
qui la traversent
de l'extrême droite à...
et ça continuera
tant que notre prolétariat
ne comprenne pas
que ce n'est qu'en s'unissant
pour ses propres intérêts
-qui sont ceux de la majorité
de ce peuple
de plus en plus appauvri-
que le chemin pour la dignité
s'ouvrira...

Condamnations de l' agression contre le camarade Mustapha Khalid

J'ai appris que le camarade Mustapha Khalid militant de la Voie Démocratique à Khémisset a été agressé pendant qu'il distribuait le communiqué de la Voie démocratique à l'occasion du 1er Mai .
Je tiens à dénoncer cet acte barbare et makhzénien qui vise à museler la voie Démocratique et ses militants présents sur la terrain .
Aziz Akkaoui

Je dénonce vivement cette agression contre le camarade Mustapha Khalid à Khémisset, et je dénonce par la même occasion l'agression d'un flic déguisé en journaliste portant une caméra contre les camarades de l'AMDH section de Rabat durant la marche de 1er Mai et surtout contre le camarade Hassan Mahfoud membre de l'AMDH Rabat
Abdesselam Adib