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mercredi 19 septembre 2012

Le Printemps du Cinéma arabe 2ème édition

Par  L'Association du Cinéma Euro Arabe (ACEA)
 
28-30 septembre 2012
Cinéma La Clef

Si la première édition du Printemps du cinéma arabe était placée sous le signe des bouleversements dans le monde arabe, la programmation 2012 se veut le reflet d’un cinéma audacieux qui se cherche au-delà des révolutions et de tout ce qu’elles ont généré.
Le Printemps arabe certes suit son cours avec son lot d’espoirs,  ses contradictions, ses incertitudes et ses questionnements. Et nous continuerons à en témoigner… comme nous l’avons fait, durant l’année avec nos Vendredis de l’ACEA : un film suivi d’un débat.

Aux côtés d’un cinéma classique, émerge une diversité créative d’une jeunesse qui a moins peur de filmer ce qu’elle dit, ce qu’elle est, ce qu’elle vit… et nous avons pu le constater à travers le nombre croissant des productions indépendantes et la place grandissante des femmes réalisatrices.
Cette 2ème édition présente une trentaine de fictions, d’animations et de documentaires récents en provenance d’Algérie, dont on constate un certain réveil, de l’Egypte, de l’Irak, des Emirats et de la Jordanie avec un cinéma émergent, du Liban qui confirme sa vitalité et son énergie, du Maroc qui, grâce aux soutiens institutionnels occupe une place privilégiée, de la Tunisie, de la Palestine et de la Syrie où un cinéma courageux et inventif se manifeste surtout dans les marges.
Trois jours nous ont contraints à une sélection exigeante que nous avons voulue diversifiée. Elle ne peut donc être qu’un reflet partiel de l’ensemble de la production arabe ou euro-arabe. Chaque festival est une aventure financière difficile avec peu de partenaires et il faut beaucoup de passion et de détermination pour exister …
Une programmation dense de par son contenu, riche en émotion et en découvertes, à partager avec vous!   



Une trentaine de fictions, d'animations et de documentaires récents en provenance d’Algérie, d’Egypte, des Emirats, d’Irak, de Jordanie, du Liban, du Maroc, de Palestine, de Tunisie et de Syrie a été sélectionnée.
Plusieurs films seront présentés en avant-première et seront suivis de débats avec les réalisateurs : Faouzi Bensaïdi, Merzak Allouache, Rami Nihawi, ismaël, Simone Fattal, Rania Rafei, Yasmeen Fanari ... 
Une soirée spéciale en hommage à l’Organisation Internationale de la Francophonie avec le film Yamo de Rami Nihawi, précédé du film  d’animation L’Mrayet de Nadia Rais.
Comme l’année dernière, une séance sera dédiée aux Ateliers Varan du Caire.
Une nouvelle édition riche en émotion et en découvertes que nous souhaitons partager avec vous.
Samedi 29 septembre 2012 à 16h00 
Le cinéma du Printemps arabe : nouvelles réalités, nouveaux défis.
Une table ronde animée par Houda Ibrahim, journaliste, spécialiste du cinéma
Avec cinéastes et professionnels du monde arabe.
Accès libre

Dernière minute…..dernière minute….
Jeudi 27 septembre 2012 à 20h30
Avant-première internationale

Le Cri
de Khadija Al Salami, Yémen-France (2012) 90'
en présence de Khadija Al Salami
Qui aurait-on pu imaginer que les femmes yéménites puissent descendre dans la rue pour crier leur douleur ? Pour changer leurs réalités? Pour instaurer une véritable démocratie ? Impossible dans un pays où la femme n'a aucun droit, où même sa voix est un sujet tabou. Et pourtant, Khadija al Salami, bravant les interdits, a filmé ces femmes, les a interviewées dans le dernier soulèvement contre les régimes dictatoriaux. Parmi elles, Tawakkol Karman, prix Nobel de la paix 2011. Et les autres qui sont-elles ? Qu'attendent-elles?
Un témoignage bouleversant !




        Programme sous réserve de modifications 

Tous les films sont en version originale sous-titrée français
Les séances en présence des réalisateurs ou producteurs seront suivies d’un débat dans la salle polyvalente.

Vendredi 28 septembre
13h30
- Salam Ghourba de Lamia Alami, Maroc-USA-Suisse (2011) 15’
Dans un quartier défavorisé de Casablanca, Fatima, 30 ans, attend avec anxiété le moment de rejoindre son mari émigré en France. Les papiers d'immigration n’arrivant pas, elle prendra, avec son fils 10 ans, tous les risques pour quitter le Maroc…

- Leaving Baghdad (Al raheel min Baghdad) de Koutaïba al Janabi, Irak-Emirats Arabes Unis-Royaume Uni (2010) 85’
Un road movie poignant qui se déroule en Irak à la fin des années 90, en pleine dictature du régime de Saddam Hussein. Sadik, le caméraman privé du dictateur, cherche à fuir son pays,
chargé de lourds secrets. Il est poursuivi par la police irakienne…

15h30
- Autoportrait de Simone Fattal, Liban-France (2012) 46’ (Doc)
En 1972, Simone Fattal, peintre, invite deux vidéastes dans son atelier de Beyrouth pour l'aider à réaliser son autoportrait. Le film ne fut jamais achevé, et les bandes dormirent des années durant dans un tiroir. En 2012, Simone Fattal décide de digitaliser les rushes et le film reprend vie, dans un nouveau montage d'Eugénie Paultre.
En présence de Simone Fattal

- Les Trois disparitions de Soad Hosni de Rania Stephan, Liban (2011) 68’ (Doc)
Ode à une période clé du cinéma égyptien à travers une de ses actrices les plus vénérées, Soad Hosni, qui a représenté des années 60 aux années 90, la femme arabe moderne dans toute sa complexité et ses paradoxes. Récit imaginaire et tragédie en 3 actes, entièrement constitué d’extraits VHS de ses films.


17h45
The Last Friday de Yahya Al Abdallah, Jordanie-Emirats Arabes Unis (2011) 88’
Un père divorcé d’une quarantaine d’années, chauffeur de taxi à Amman, apprend qu’il doit impérativement subir une opération chirurgicale. Pour cela, il lui faut rapidement trouver la somme d’argent nécessaire. Il prend conscience de l’absurdité de sa condition.


19h30
Soirée d’Ouverture
Death For Sale (Mort à vendre) de Faouzi Bensaïdi, Maroc-Belgique-France-Emirats Arabes Unis (2011) 117’
A Tétouan, Soufiane, Malik et Allal, trois amis inséparables vivent de vol à la tire. Un jour, ils décident de changer leur destin : braquer la grande bijouterie de la ville. Mais leur rencontre avec Dounia, une prostituée du club "La Passarella", va venir perturber leurs plans et les forcer à choisir entre l'amitié ou l'amour, l'honneur ou la trahison, le vice ou la raison...
En présence de Faouzi Bensaïdi

22h00
- Bahari de Ahmed Ghoneimy, Égypte (2011) 13’
Un soir, Amr se balade seul dans les rues de Bahari, quartier en marge d'Alexandrie. Alors qu'il recueille des images pour un projet artistique, il en vient à filmer un groupe d'enfants. Deux hommes du quartier l’interpellent. L'incompréhension s'installe…

- Zahra de Houda Lakhdar, Maroc (2012) 13’
Zahra est une femme au foyer d’apparence ordinaire. On la découvre assise sur un banc, à un arrêt de taxi dans une zone déserte. Fatiguée des tâches de mère et d’épouse, elle nous confie ses contradictions…

- Unfold de Ingrid Chikhaoui, France -USA (2011) 18’
Elias et Susan à New York : leur amour, l'exil et le Printemps Arabe...

- Derrière moi les oliviers de Pascale Abou Jamra, Liban (2012) 20’
Après 10 ans passés en Israël, Mariam et son frère reviennent dans leur village au Sud Liban. Enfants d’un agent de l’armée de « Lahd » qui coopérait avec l’armée israélienne avant la libération de cette région en 2000, ils sont rejetés par leur entourage…

Le Masseur (Ettayeb) de Anouar Lahouar, Tunisie (2011) 23’
Ounaïess un simple masseur, travaille au bain-maure de son quartier. Faute de pouvoir compter sur le laveur funéraire, les frères d'un défunt font appel à lui pour laver le corps.
Il accepte mais effectue le travail à sa manière…

Samedi 29 septembre
14h00
- Ibn Al ‘Am on line de Ali Atassi, Syrie (2012) 36’ (Doc)
Onze ans après le premier film « Ibn al-Am » et à la lumière de la Révolution Syrienne, Ali Atassi revisite le portrait de Riad al-Turk, 82 ans et célèbre opposant qui passa 18 années de sa vie en prison sous le régime de Hafez Assad. Le 12 mars 2011, il publie un article-manifeste « La Syrie ne sera jamais le royaume du silence ». Quelques jours après, il entre en clandestinité…

- Ateliers Varan-Semat-CFI : Le Caire 2012  (Doc)
- Pendant la nuit de Noha Al Maadawy, Egypte, 15’
«Tu es trop émotionnelle et si peu réaliste, c’est vrai que je ne suis pas du genre
réaliste»
- 28.01.2011 de Mahmoud Farag, Egypte, 19’
Les morts de ce jour de tuerie reviennent en rêve …
- Pour Nina de Osama El Wardani, Egypte, 20’
Nina vient de mourir. Ses proches la suppriment une deuxième fois…
- Mahragan de Omar Al Shamy, Egypte, 25’
     Ce groupe de musique Chaabi révolutionne la musique égyptienne.
En présence de David Ghéron Tretiakoff, coordinateur de l’Atelier du Caire

16h15
Le Thé ou l’électricité de Jérôme Le Maire, Belgique-France-Maroc (2012) 92’(Doc)
Le Thé ou l’électricité est l’histoire épique, filmée pendant trois ans, de l’arrivée de l’électricité à Ifri, un village isolé et enclavé au cœur du haut Atlas marocain.
Sous nos yeux se dessine l’image d’une modernité impitoyable à laquelle le petit village va être relié. Un film d'une grande humanité.

18h00
74 (La reconstitution d’une lutte) de Rania Rafei et Raed Rafei, Liban (2012) 95’
1974. Le Liban est en pleine ébullition intellectuelle, culturelle et politique.
Au printemps et pendant 37 jours, une poignée d’étudiants occupent l’American University of Beirut pour protester contre l’augmentation des frais de scolarité.
Printemps 2011, en pleines révolutions arabes,,Rania et Raed Rafei réinterrogent la situation présente à la lumière de cette période riche d’espoirs, prélude aussi à la guerre civile.
En présence de Rania Rafei

20h30
Séance Organisme International de la Francophonie
- L’Mrayet (Les Lunettes) de Nadia Raïs, Tunisie-France (2012) 11’30 (Animation)
Boum Mrayet est né dans un univers où les êtres portent des lunettes dès leurs naissances. Devenu adulte, il s’engage dans une firme chargée d’écrire le futur … Un jour, il ôte ses lunettes et décide de changer tout un système… 
En présence de Nadia Rais

Yamo de Rami Nihawi, Liban-Emirats Arabes Unis (2011) 68’(Doc)
Le cinéaste revient auprès de sa famille au Liban, après 10 ans d’absence.  Son père est parti, mais il y retrouve ses frères, sa sœur et sa mère. Jour après jour, il filme des bouts de cette existence quotidienne qui l’entoure. Surtout Nawal, sa mère, une femme qui a vécu tous les événements terribles ayant touché le pays. A travers les traces de son histoire, le cinéaste cherche à retrouver son identité.
En présence de Rami Nihawi


Dimanche 30 septembre
12h00
- The Ceramica Cleopatra workers occupation(L’occupation de l’usine de céramique Cléopatra) de Philip Rizk et Jasmina Metwalli (collectif Mosireen), Egypte (2012) 4’(Doc)
Après la révolution, l’occupation de l’usine de céramique Cleopatra, un des fleurons de l’industrie égyptienne. Les travailleurs témoignent des mauvaises conditions de leur travail…
- They inherit millions, we inherit disease (Ils héritent des millions, nous héritons des maladies) de Philip Rizk et Jasmina Metwalli (collectif Mosireen) Egypte (2012) 8’(Doc)
A la Compagnie des Engrais de Suez, les travailleurs, en grève pour de meilleures conditions de travail et l’augmentation des primes de risque, dénoncent  aussi le gaspillage des fonds publics par les administrateurs de la société…

- In the shadow of a man (Dans l’ombre d’un homme) de Hanan Abdalla Egypte (2011) 65’ (Doc)
Un portrait  politique de l’Egypte, mais aussi une réflexion sur le partage de pouvoir et l’émancipation, à travers le récit intime de quatre femmes de générations et classes sociales différentes qui racontent leurs histoires d’amour, de mariage, de divorce, la violence au sein de la famille ou leur rapport au travail...

13h45
Babylon de Ala Eddine Slim, ismaël et Youssef Chebbi, Tunisie (2012) 121’(Doc)
Printemps 2011 à la frontière tuniso-libyenne. Sur un territoire vierge en pleine nature, des populations arrivent. Rapidement, une ville se construit de nulle part. Peuplée de plusieurs nationalités, ses habitants parlent des langues différentes. Cette nouvelle Babylone prend rapidement la forme d’une cité à la fois ordinaire et singulière…
En présence de  ismaël

16h15
- Tuj de Khaled Abdulwahed, Syrie (2012) 2’15
Syrie… des balles et un ballon…

- Five Broken Cameras (Cinq caméras brisées) de Emad Burnat et Guy Davidi, Palestine-Israël-France (2011) 90’(Doc)
Dans son village, Bil’in en Cisjordanie, où s’érige le « mur de séparation », Emad n’a cessé de filmer depuis la naissance de son fils cadet. Ses cinq caméras cassées l’une après l’autre livrent la chronique d'un territoire progressivement colonisé et l’escalade de la répression…

18h30
- The Curse (La Malédiction) de Fyzal Boulifa, Maroc, Royaume-Uni (2012) 16’
Fatine s'est aventurée loin du village pour retrouver son amant. Quand un petit garçon la surprend, elle n’a plus qu'une idée en tête, rentrer chez elle…

- Le Repenti de Merzak Allouache, Algérie-France (2012) 87’
Algérie région des hauts plateaux. Rachid, un jeune djihadiste quitte la montagne et regagne son village. Selon la loi dite de « pardon et de concorde nationale », il doit se rendre à la police et restituer son arme. Amnistié il devient un « repenti ». Mais la loi ne peut effacer les crimes… Violence, secrets et manipulations vont s’enchevêtrer…
En présence de Merzak Allouache (sous réserve)


20h30
Soirée de Clôture
- 2 Animations de Yasmeen Fanari , Syrie-Royaume-Uni
            - ABC Double speak (2010) 3’21
- In fear of Eurabia (2010) 1’04
Illustratrice d'animation et artiste Syrienne, Yasmeen Fanari nous livre 2 animations de 2010 qui prennent un sens nouveau avec la révolution syrienne.
Nouveau dictionnaire de mots sur la violence dans le monde et l’islamophobie en Europe. En présence de Yasmeen Fanari

- Café Regular, Cairo de Ritesh Batra, Inde-Egypte (2011) 11’
Le Caire. Assis à la terrasse d’un café, un jeune couple aborde pour la première fois certains sujets, et tente de trouver sa place dans un monde qui change brutalement.

- Rengaine de Rachid Djaïdani, France (2012) 75’
Paris, aujourd'hui. Dorcy, jeune noir chrétien veut épouser Sabrina, une jeune maghrébine, musulmane. Sauf que Sabrina a quarante frères et que ce mariage vient cristalliser un tabou bien ancré dans les mentalités de ces deux communautés: pas de mariage entre Noirs et Arabes. Slimane le grand frère, gardien des traditions, va s'opposer par tous les moyens à cette union...








AUTOUR DU PRINTEMPS DU CINEMA ARABE DEUXIEME EDITION

Projection en continu

Gulf Film Festival : Sélection de 15 courts métrages  du programme de L’Atelier « Cherries of Kiarostami », Emirats Arabes Unis (2011) 90’
Pendant 10 jours Abbas Kiarostami, lors de la 4ème édition du Gulf Film Festival a aidé et guidé les travaux de cinéastes émergents sur le thème de la solitude.
Salle polyvalente

Table ronde

. Samedi 29 septembre à 16h
Le cinéma du Printemps arabe : nouvelles réalités, nouveaux défis
animée par Houda Ibrahim, journaliste, spécialiste du cinéma,
en présence de :
Faouzi Bensaïdi (réalisateur marocain)
Merzak Allouache (réalisateur algérien) (sous réserve)
Rami Nihawi (réalisateur libanais)
ismaël (réalisateur tunisien)
Rania Rafei (réalisatrice libanaise)
David  Ghéron Tretiakoff, cinéaste et coordinateur aux Ateliers Varan

Salle polyvalente, entrée libre



Aïcha Chenna : 50% des enfants qui naissent au Maroc sont des enfants naturels


un commentaire parmi d'autres...

Hamil al Amani
J’admire votre abnégation et votre courage, Mme Aïcha Chenna et j’abomine l’hypocrisie sociale et la bêtise arriérée qui prédominent dans la société marocaine. Il n’y a pas de soi-disant culture judéo-chrétienne d’une part, arabo-musulmane ou orientalo-bouddhiste de l’autre. Il y a l’être humain et sa nature. Le besoin sexuel est une pulsion essentielle chez tous les êtres vivants, parmi lesquels les mammifères et les primates, dont nous faisons partie, de façon indubitable. La solution aux grossesses non désirées et non assumées? Une éducation sexuelle libérée et responsable et l’apprentissage de la prévention, par l’usage du préservatif masculin (moyen le plus sûr, pour éviter les MST) ou tout autre moyen contraceptif. Nous avons des lois surannées, obsolètes et caduques, qui sont les causes de ce mal-être social dans lequel nous nous débattons.La voie à suivre n’est certes pas l’abstinence et la privation, qui sont antinaturelles. Le mariage n’est pas non plus le droit légal de copuler et de faire des enfants, il n’est qu’une forme de contrat social, parmi d’autres, tout aussi légitimes. Des adultes consentants et responsables sont libres d’user de leur corps ainsi que bon leur semble. Vous appelez ça hédonisme, libertinage, débauche? Libre à vous, mais laissez les autres vivre leur vie comme ils l’entendent.

mardi 18 septembre 2012

Le Maroc sous surveillance internationale

Par Attac Maroc, 18/9/2012


Le séjour du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, qui se poursuivra jusqu’au 22 septembre, est l’occasion idoine pour toutes les associations et les victimes de tortures de présenter directement leurs doléances à l’Argentin, Juan Mendez. Une petite revanche pour elles sur un État dont les représentants ne cesse de clamer que le recours à la torture est bien révolu.


Les droits de l’Homme au Maroc sont sous haute surveillance internationale. C’est le grand oral devant les Nations Unies. La torture est au cœur de cet examen. Les preuves de sa pratique sont de plus en plus évidentes. Le royaume est dans une situation très délicate. L’image du pays, qui entend se positionner comme un modèle dans la région du Maghreb en matière de respects des droits de l’Homme selon les standards internationaux, se trouve ainsi écornée.
Dans une tribune parue au quotidien Akhbar Al Yaoum, Me Abderrahim Jamai, président de l’Observatoire des prisons et également membre de la Haute instance de la réforme de la justice, explique que « l’enquête menée au Maroc par une instance internationale officielle a une autre portée, celle d’établir que l’Etat a failli dans la protection de ses citoyens et a échoué à leur garantir une existence humaine et leur assurer leurs droits, malgré la loi et la constitution ».
Pour cet ancien bâtonnier, « il n’est désormais plus possible ni admissible de la part de l’Etat ou de ce que l’on appelle la commission interministérielle ou encore le Haut-délégué à l’Administration pénitentiaire ou encore les ministères de la Justice et de l’Intérieur, etc, etc… de démentir des faits réels et d’en contester l’évidence ». Son appel sera-t-il entendu par le gouvernement ? A en juger par la réaction peu avenante, en date du 13 septembre, du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi sur le rapport d’un collectif de 18 ONG, la réponse tend, plutôt, vers le non. Une position qui est loin d’être sur la même longueur d’onde que celle de son collègue à la Justice. Prudent, Mustapha Ramid déclarait en mai dernier au parlement que le gouvernement « ne tolérera pas la torture et les autres formes de mauvais traitement dans les locaux de la police ».

Le CDH de l’ONU n’a pas la crédibilité d'Amnesty ou de HRW
Si les associations des droits de l’Homme ont anticipé la venue de Juan Mendez par l’élaboration de rapports sur la pratique de la torture, l’Etat n’est pas resté les bras croisés. La semaine dernière, le très officiel CNDH du tandem El Yazami-Sebbar a présenté un rapport accablant sur la situation des asiles et des hôpitaux psychiatriques au Maroc. Une première. Mais aussi un moyen de prendre une longueur d’avance sur les observations de Juan Mendez. Et c’est n’est pas une simple coïncidence si la mission de l’inspection du CNDH a concerné uniquement les centres hospitaliers psychiatriques de Arrazi à Salé et celui de Berrechid, deux établissements qui figurent sur l’agenda du rapporteur spécial de l’ONU.
En dépit de ce grand intérêt que suscite la visite de Juan Mendez, notamment chez les ONG, il est peu probable que les résultats en soient à sa hauteur. Il est utile de rappeler que Mendez est au Maroc sur une invitation du gouvernement Benkirane, lequel espère récupérer le siège vacant de la Libye au Conseil des droits de l’Homme. Le CDH, créé en 2006, est une instance relevant de l’ONU et qui souffre d’un manque de crédibilité par rapport à Amnesty international ou Human Rights Watch à cause justement de sa complaisance avec les Etats peu respectueux au respect des droits de l’Homme, comme Cuba, Iran ou la Libye de Kadhafi. En comparaison avec ces trois régimes, le Maroc peut se targuer d’être un « modèle ».
Lu sur http://www.yabiladi.com/articles/details/12942/torture-maroc-sous-surveillance-internationale.htmlhttp://www.yabiladi.com/articles/details/12942/torture-maroc-sous-surveillance-internationale.html
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 Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture visite les prisonniers politiques sahraouis à El Aaiun occupée
Prison noire d'El Aaiun
El Aaiun (territoires occupés du Sahara occidental), 18 sept 2012 (SPS) Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Juan Mendez et la délégation qui l’accompagne ont visité la triste prison noire (carcel negra) d’El Aaiun sous de strictes mesures de sécurité, a-t-on appris de source judiciaire sahraouie sur place.
 La délégation a visité le groupe des prisonniers politiques sahraouis de la ville de Dakhla occupée qui l’ont exprimé leurs revendications pour l’autodétermination du peuple sahraoui et les dures conditions et les mauvais traitements auxquels ils sont soumis, en violation des droits et des conventions internationales.
 M. Mendez a également rencontré le membre du comité contre la torture, président des victimes des mines de Dakhla, Hassana Elouali, qui l’a informé sur le déroulement des procès iniques, les mauvais traitements dont sont victimes les prisonniers politiques sahraouis.
"Nous avons subis la torture physique et psychologique, le viol, la persécution et l'humiliation", a expliqué le militant sahraoui des droits humains.
Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture a aussi rencontré des mineurs sahraouis qui ont été victimes de viol à l'intérieur des cellules de la prison noire, a ajouté la même source. Le Maroc sous surveillance internationale

Justice pour Zyed et Bouna

Justice pour Zyed et Bouna

Adressée à : Ministre de la Justice

Cette pétition sera remise à:
Garde des Sceaux Ministre de la Justice Jean-François BOUTET Conseiller spécial Philippe ASTRUC Conseiller technique pénal
Pascale BRUSTON test Conseillère technique pénitentiaire et protection judiciaire de la jeunesse Muriel BARTHÉLÉMI Conseillère technique presse et communication test Eric LAFONTAINE Conseiller technique affaires réservées test
Christian VIGOUROUX Directeur de cabinet test Avocat général Avocat général


Signée 5 144 personnes ont signé.Il manque 2 356 signatures



A 24 heures de la décision de la Cour de Cassation dans l'Affaire Zyed et Bouna, leurs familles, le Collectif ACLEFEU et le Collectif contre le Contrôle au Faciès lancent une pétition urgente contre la confirmation du non-lieu, 7 ans après la mort des deux adolescents. Signez et faites passer le message!
C'est avec effroi que nous avons appris la préconisation de l'Avocat Général près la Cour de cassation, rattaché au Ministère de la Justice, de confirmer le non-lieu prononcé en faveur de deux policiers dans l'affaire de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, adolescents électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois en 2005.

Un non lieu, c'est pour un non-événement.
La mort de Zyed et Bouna n'est pas un non-événement. C'est un événement qui a bouleversé leurs familles, leur ville, ainsi que des dizaines de villes de France où la perte d'un proche au cours d'une interpellation est une expérience tragiquement connue. Ces deux enfants, comme leur ami Muhittin Altun qui leur a survécu, ont couru lorsqu'ils ont vu la police le 27 octobre 2005, non pas parce qu'ils étaient connus des services de police, avaient quelque chose à se reprocher, ou étaient en train de commettre un crime ou un délit. Ils ont couru car dans certains quartiers, les contrôles sur les jeunes, motivés par leur seule apparence vestimentaire ou leur origine, sont disproportionnés.
Comme le démontre le rapport "La Base de l'Humiliation" de Human Rights Watch, l'analyse "La Force de L'Ordre" de Didier Fassin et le racontent les nombreux témoignages de la web-série "Mon 1er contrôle d'identité" du Collectif contre le contrôle au faciès, le contrôle d'identité, pour un mineur de banlieue, est craint car il peut être accompagné de violences verbales, de propos vexatoires, de palpations génitales, de fouilles illégales, de petites "vannes" ou menaces. Il peut mener à une garde à vue, souvent sans suite, parfois sans explication, d'autres accompagnées d'une accusation pour outrage et rébellion, suivie de dédommagement à destination d'agents de police s'estimant lésés, dédommagement que des parents sans revenu convenable se voient tenus de régler sans comprendre comment leur enfant a pu soudain se mettre à attaquer un agent de police. Ces deux enfants ont couru et se sont cachés dans un transformateur électrique parce que dans certains quartiers, la police ne rassure pas : elle fait peur. Le rôle de la police, ce jour-là, n'était-il pas d'aller au delà de la peur de ces enfants, et d'assurer leur sécurité?

La mort de Zyed et Bouna a bouleversé la France. Elle a bouleversé le monde, dont le regard porté sur la République française a, à partir de ce jour-là, changé.
Préconiser la confirmation de ce non-lieu, c'est envoyer un message qui glace le dos de milliers de parents et de futurs parents. C'est leur dire que malgré les contrôles abusifs dont peuvent faire l'objet leurs enfants, personne n'est tenu de leur porter assistance s'ils se mettent en danger, s'éloignant lorsque s'approchent des agents de police. C'est risquer de leur envoyer le message que la police n'est pas là pour les protéger. Nous demandons au Garde des Sceaux d'intervenir auprès de l'Avocat Général près la Cour de Cassation, qui dépend du Ministère de la Justice, afin qu'il prenne la mesure du poids symbolique de sa recommandation, et qu'il la réévalue avant son audience devant la Cour de Cassation au Palais de Justice.

Les assocations signataires : 
Association Librelucha
Rythme tout terrain

Lettre de pétition

Bonjour,

Je viens de signer la pétition suivante adressée à Christiane Taubira, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux


Pas de non-lieu dans l'affaire Zyed et Bouna


Madame la Ministre,


C'est avec effroi que nous avons appris la préconisation de l'Avocat Général près la Cour de cassation, rattaché au Ministère de la Justice, de confirmer le non-lieu prononcé en faveur de deux policiers dans l'affaire de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, adolescents électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois en 2005.


Un non lieu, c'est pour un non-événement. La mort de Zyed et Bouna n'est pas un non-événement. C'est un événement qui a bouleversé leurs familles, leur ville, ainsi que des dizaines de villes de France où la perte d'un proche au cours d'une interpellation est une expérience tragiquement connue.


Ces deux enfants, comme leur ami Muhittin Altun qui leur a survécu, ont couru lorsqu'ils ont vu la police le 27 octobre 2005, non pas parce qu'ils étaient connus des services de police, avaient quelque chose à se reprocher, ou étaient en train de commettre un crime ou un délit. Ils ont couru car dans certains quartiers, les contrôles sur les jeunes, motivés par leur seule apparence vestimentaire ou leur origine, sont disproportionnés.


Comme le démontre le rapport "La Base de l'Humiliation" de Human Rights Watch, l'analyse "La Force de L'Ordre" de Didier Fassin et le racontent les nombreux témoignages de la web-série "Mon 1er contrôle d'identité» du Collectif contre le contrôle au faciès, le contrôle d'identité, pour un mineur de banlieue, est craint car il peut être accompagné de violences verbales, de propos vexatoires, de palpations génitales, de fouilles illégales, de petites "vannes" ou menaces. Il peut mener à une garde à vue, souvent sans suite, parfois sans explication, d'autres accompagnée d'une accusation pour outrage et rébellion, suivie de dédommagement à destination d'agents de police s'estimant lésés, dédommagement que des parents sans revenu convenable se voient tenus de régler sans comprendre comment leur enfant a pu soudain se mettre à attaquer un agent de police.


Ces deux enfants ont couru et se sont cachés dans un transformateur électrique parce que dans certains quartiers, la police ne rassure pas : elle fait peur. Le rôle de la police, ce jour-là, n'était-il pas d'aller au delà de la peur de ces enfants, et d'assurer leur sécurité?


La mort de Zyed et Bouna a bouleversé la France. Elle a bouleversé le monde, dont le regard porté sur la République française a, à partir de ce jour-là, changé.


Préconiser la confirmation de ce non-lieu, c'est envoyer un message qui glace le dos de milliers de parents et de futurs parents. C'est leur dire que malgré les contrôles abusifs dont peuvent faire l'objet leurs enfants, personne n'est tenu de leur porter assistance s'ils se mettent en danger, s'éloignant lorsque s'approchent des agents de police. C'est risquer de leur envoyer le message que la police n'est pas là pour les protéger.


Nous demandons au Garde des Sceaux d'intervenir auprès de l'Avocat Général près la Cour de Cassation, qui dépend du Ministère de la Justice, afin qu'il prenne la mesure du poids symbolique de sa recommandation, et qu'il la réévalue avant son audience devant la Cour de Cassation au Palais de Justice.


Cordialement,


[Votre nom]

Un bulletin d’information royal

Par Ahmed Benseddik, demainonline, 18/9/2012

 Le jeune Abdelmalik s’est réveillé comme à son habitude chaque matin, a pris son petit déjeuner et ensuite a quitté son domicile situé à proximité du siège de la Fédération Royale Marocaine de Football pour rejoindre son travail en tant qu’employé au sein de l’Académie du Royaume du Maroc. Quand il s’est approché de l’avenue de l’Armée Royale, il a observé le passage du Convoi Royal qui se dirigeait de la Résidence Royale au Palais Royal. La voiture Royale était escortée par des motards de la brigade Royale, suivie d’un véhicule de la Gendarmerie Royale et un autre fourgon de la Garde Royale. Il a allumé l’autoradio pour écouter le bulletin d’information. Comme toujours, ce dernier commence par les Activités Royales. Ainsi, il a appris qu’un discours Royal serait diffusé ce soir-là, et que le Cabinet Royal allait bientôt accueillir les invités du Roi. Par ailleurs, la ville de Sefrou, en pleine célébration du festival des cerises (en arabe: l’amour des rois), se prépare à son tour pour la visite Royale. A cette occasion, le Wali de sa Majesté le Roi pour la région de Fès et le gouverneur de Sa Majesté le Roi pour la province de Sefrou veillent à l’application des instructions Royales pour la réalisation des grands chantiers Royaux.
Abdelmalik son chemin, il passa devant l’Institut Royal de la Culture Amazighe, et l’Institut Royal pour la Recherche sur l’Histoire du Maroc, puis s’est approché de l’entrée du Royal Golf Dar Essalam de Rabat.
Le bulletin d’information se poursuit : le ministère de la Maison Royale – un ministère sans ministre – annonce qu’une audience Royale sera accordée aux membres du Conseil Royal Consultatif des Affaires Sahariennes. D’autre part, le chambellan du Roi, accompagné par des conseillers du Roi, le directeur de la bibliothèque Royale et de l’historiographe du Royaume, a remis un généreux don Royal à une confrérie soufie qui célèbre sa fête annuelle sous le Haut Patronage du Roi. Les membres de la confrérie ont exprimé leur immense gratitude suite à cette bienveillance Royale et apprécient à sa juste valeur le noble geste du Roi qui les a honorés.
De son coté, son Altesse Royale a présidé la cérémonie d’inauguration du nouveau siège de la Royal Air Maroc, a remis à son Président Directeur Général une décoration Royale et a exhorté son encadrement  à s’inspirer de la volonté Royale pour aller de l’avant, accomplir la vision Royale éclairée qui consiste à développer ce secteur  stratégique pour le bénéfice des sujets de Sa Majesté le Roi et des touristes visitant de son Royaume.
Sur un autre registre, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Sa Majesté le Roi, a présidé la cérémonie d’installation des nouveaux ambassadeurs de Sa Majesté le Roi : tout en leur rappelant les fondements de la diplomatie Royale, il les a félicités pour la confiance Royale et leur a remis les dahirs Royaux ainsi que les lettres Royales à remettre aux chefs d’Etat auprès de qui ils vont représenter Sa Majesté le Roi.
Quant au ministre de la Justice, il a tenu une réunion avec les représentants des professions judiciaires, en particulier les procureurs du Roi et commissaires Royaux : la réunion a été consacrée  aux moyens à mettre en œuvre pour exécuter les jugements   prononcés au nom de Sa Majesté le Roi et les efforts pour préserver les droits des justiciables devant les tribunaux du Royaume, ainsi que la simplification de la procédure de grâce Royale.
Enfin, le Directeur de l’Institut Royal des Etudes Stratégiques est occupé  à la mise en œuvre de l’ordre Royal consistant à réaliser deux études : la première porte sur les scénarios à même de réaliser le vœu Royal de restructurer la Cour Royale, consolider la position centrale de l’institution Monarchique et mieux faire respecter les prérogatives Royales ; la deuxième porte la bonne gouvernance au sein des Forces Armées Royales et en particulier la Marine Royale.
Arrivé à son  bureau, Abdelmalik a trouvé ses collègues en train de lire les journaux, deux gros titres ont attiré son attention : « le préfet de police de Casablanca limogé suite à une colère Royale », et « comment la fortune Royale a été multiplié par cinq en dix ans ?».
Abdelmalik a mis sa main dans sa poche, il y a trouvé un seul billet de vingt dirhams et quelques comprimés d’aspirine. Il en a avalé un avec une gorgée d’eau de source de marque Ain Sultan, puis il a bien  respiré profondément pour inhaler de l’oxygène Royal en méditant ce verset coranique  « Dis :  » Ô mon Dieu, Souverain suprême ! Tu donnes le pouvoir à qui Tu veux et Tu l’enlèves à qui Tu veux ! Tu honores qui Tu veux et Tu abaisses qui Tu veux ! Tu détiens le Bien et Ta puissance n’a point de limite ! » 3-26.

 URL courte: http://www.demainonline.com/?p=7288


Droits de l'homme: quand il pleut des dénonciations sur le Maroc !

par Salah Elayoubi, 18/9/2012

A l’heure où le régime marocain tente d’occulter l’essentiel de son ADN, et d’échapper à des réformes structurelles de ses modes de gouvernance, en recherchant la protection de l’administration américaine, pas moins de dix huit (18) associations de défense des droits de l’homme lui ont rappelé ses réalités et remis les pendules à l’heure, lors d’une conférence de presse sur l’état des Droits de l’homme dans notre pays.

De la liberté d’opinion, à la lutte contre la corruption, en passant par la mal gouvernance, tout a été passé au crible.
Un rapport aussi circonstancié qu’accablant pour Rabat et qui n’a pas non plus, occulté la maltraitance criminelle des migrants sub-sahariens, pris dans la nasse répressive, pour avoir osé transiter par notre pays, dans leur recherche d’une vie meilleure.
Les conférenciers ont évoqué les incidents qui ont émaillé le champ politique marocain, telle  l’interdiction faite au parti majoritaire au gouvernement, le PJD de manifester pacifiquement à Tanger, ou encore les procédures judiciaires menées contre des membres des force de police, des douaniers ou des militaires policiers  que les conférenciers ont jugées contraires à la loi.
Ils n’ont pas non plus épargné le chef du gouvernement qui est passé des promesses électorales de lutter activement contre la corruption et les injustices, à cette formule désormais célèbre,  selon laquelle  « Dieu absout les fautes passées ».
La conférence a également évoqué les récentes condamnations injustes des activistes du mouvement du vingt février et la répression injustifiée de manifestations pacifiques, qui n’a pas épargné les journalistes couvrant les événements.

Dans une démocratie qui se respecte, les organes de presse et les chaînes de télévision auraient couvert ce point de presse,  pour en donner la plus large publicité, et ce rapport aurait provoqué un tollé dans le microcosme politique. Toutes tendances confondues, les parlementaires seraient montés au créneau, pour interroger le gouvernement sur ces transgressions insupportables  des droits de l’homme,  exiger une enquête parlementaire et des sanctions à la clé contre les responsables.

Mais au Maroc, l’autisme est une réalité tangible et un sport national pratiqué, à peu d’exceptions près, par les politiciens de tous bords. Le parlement marocain est réputé abriter de bien silencieux personnages qui n’ont jamais intégré dans leur cahier des charges, la première d’entre elles et la plus sacrée de toutes, celle qui consiste à « parlementer », soit porter la parole du peuple dans cet hémicycle,  y exposer ses souffrances, dénoncer les dérives coupables ou les injustices et les indignités qui le frappent et chercher à y remédier par les moyens de la démocratie !
Au lieu de quoi, le pouvoir marocain qui s’éprouve toujours  à l’abri d’un retour de manivelle, continue de jouer la montre et compte sur l’essoufflement des mouvements citoyens, sur la répression policière et les peines de prison pour réduire le mouvement printanier marocain !

Lourde erreur ! L’histoire de l’humanité est riche d’enseignements qui confirment que ce qui ne peut s’exprimer dans la paix, a tendance à se radicaliser.  La dernière manifestation de soutien à l’Islam a clairement démontré que la rue se tient toujours en embuscade et possède des réserves non négligeables qu’elle n’a pas encore mis à disposition de la contestation.
Le régime marocain aura donc beau recruter à tour de bras des policiers et les armer du meilleur matériel ou encore rechercher des « parapluies » auprès de ses parrains traditionnels, il ne ferait, in fine,  pas l’économie d’un soulèvement généralisé qui pourrait l’emporter jusqu'au caniveau !

Alors qu’il pleut des dénonciations au niveau national, Juan Mendez, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, alerté par les organisations de droits de l’homme et les comités de soutien aux différents prisonniers marocains, a entamé une visite dont les autorités marocaines, rompues à l’exercice de la désinformation du travestissement de la réalité et  du mensonge,  prétendent  qu’elle s’est faite à leur invitation, entendez par là, à leur propre initiative. Un pieux mensonge, si on prend la peine de décrypter la généalogie de cette mission et le message de l’envoyé spécial de l’ONU :

- « Ma cause première est d’engager un dialogue avec les décisionnaires et les acteurs clés afin, d’aider les autorités à faire respecter l’Etat de droit »

Un langage diplomatique exquis qui occulte mal, au mieux, une admonestation, sinon une condamnation   pure et simple des méthodes du Maroc.
Et nul doute que Monsieur  Mendez trouvera matière à admonestation, une fois qu’il aura visité le Sahara occidental où le Maroc se comporte en véritable administration coloniale, réprimant à hue et à dia ses contradicteurs pour mieux ouvrir le territoire à la prédation du roi.  Ce dernier, armé de son toupet habituel a  trouvé, après l’agriculture, à Dakhla sur des terres confisquées, un nouveau moyen d’enrichissement, à moindre frais,  dans les énergies renouvelables.  Débarrassé d’une petite partie de son empire industriel, le monarque marocain qui est dénoncé par plusieurs députés européens, pour l’utilisation quasi frauduleuse des fonds de l’Union européenne, avec la complicité de l’entreprise française Siemens, confisque des milliers d’autres hectares, au nez et à la barbe des Sahraouis médusés par tant d’outrecuidance, de cupidité et de manque d’intelligence politique, pour en faire le support de ses projets d’énergie solaire et éolienne !

Le roi qui pensait sans doute qu'en éloignant ses activités du nord, il  y gagnerait en anonymat dans la prédation en aura été pour ses frais !

La répression sauvage n’aura pas découragé les contempteurs du régime marocain et les pourfendeurs de ses méthodes de faire remonter  une pluie de dénonciations vers la  communauté internationale. Ceci expliquant sans doute cela,  la fondation Robert Kennedy a dénoncé le « climat de terreur » qui règne au Sahara accusant le Maroc de ne pas respecter les droits humains en se basant, sur les innombrables rapports qui lui sont parvenus et sur « l'omniprésence des forces de sécurité dans la région ».

Cette visite ne pouvait pas plus mal tomber pour le Maroc et le curieux toilettage de ses prisons n’occultera pas la réalité d’un régime qui s’enfonce, jour après jour, dans une dérive despotique qui nous impose la triste conclusion que ce sursaut démocratique maintes fois promis depuis plus de soixante cinq ans de larmes, de sang et d’ignominies, ne surviendra jamais.
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Par APSO LUMENT, 18/9/2012
 
Visite du rapporteur spécial de l'ONU sur la torture hier à El Aaiun. Manifestations sahraouies pacifiques violemment réprimées. Il y a des blessés.
Le régime torture dans les prisons, dans ses locaux et dans la rue... Monsieur le rapporteur,voila ce qu'on ne veut pas qu'il soit dit. Les faits demeurent.

lundi 17 septembre 2012

Mise au point de la situation à Imider

Mouvement : sur la Voie de 96 – ImiDer –
                    Province de Tinghir
Mise au point
Alebban, Le jeudi 13 septembre 2012
 
Hommage et respect à l'esprit du martyr "Lahcen Usbdan», un martyr du soulèvement populaire, la bataille héroïque historique de la population d’Imider, Année 1996 ;
Un salut de défi et de résistance aux militants et activistes de la cause imidrienne;
Un salut de défi et de résistance aux détenus de la pensée libre, spécialement, les détenus de la cause imidrienne pendant les années 1986.1996 et 2011. Ainsi que les détenus de 2011-2012 ; ceux libérés et ceux qui croupissent dans les geôles du déshonneur du Makhzen. Notamment Mustapha Ouchtoubane, Bennaser Mohamed, Lahcen Karim, Omar Taib, Ljihad Mohamed et Faska Laadad.
 Un salut de honte et de déshonneur aux ennemis de la cause imidrienne, cause juste et légitime.
 
Depuis le 1er août 2011, la commune d'Imider poursuit une lutte historique. Elle a varié ses formes pacifiques de protestation. Cela a permis la tenue depuis le 20 août 2011 d’un sit-in sur le mont Alebban. Cette action est menée depuis plus de 13 mois. La détermination de la population n’a été érodé ni par les conditions naturelles difficiles ni par la campagne impressionnante de la part du «Makhzen» et de médias au service de parties bien connues... Cette campagne hostile vise à désinformer l’opinion publique concernant les acquis réels de la population d’Imider dans le cadre de l'initiative "Programme de développement des zones minières".

 Pour rappel, en raison de l’absence forcée des enfants des classes durant une saison complète (2011/2012), cette année a été déclarée officiellement et audacieusement par la délégation provinciale de l’éducation nationale «une année blanche». Une décision prise au cours de la réunion tenue, le 31 août 2012, en présence du comité du dialogue (représentant de la population) et de l'autorité locale. Elle se basait sur un rapport du comité régional chargé de la discussion de l'état des établissements d'enseignement de la commune, daté du 30 juillet 2012.

C’est dans ce contexte que les parents et tuteurs des élèves de la commune ont suggéré la mise sur pied d’une colonie de vacances destinée à aider à la préparation psychologique des élèves.

C'est ce rapport du comité régional qu’ont adopté la soi-disant «police judiciaire» et la soi-disant «procuration générale» dans le procès des 5 militants jugés le 09 août 2012, qui permet de dévoiler toutes les ‘‘mains invisibles’’ qui ont contribué de près ou de loin à la fabrication du dossier de détention des 5 détenus du 12 juillet 2012.

Dans le même contexte, le «Makhzen» continue à manœuvrer pour faire taire les voix unies autour de droits légitimes. À titre d’exemple, il exploite des ‘‘mains invisibles’’ se prévalant de manière mensongère du titre de représentant légitime et légal de la population de la commune et par conséquent, éligibles à négocier en son nom.
Toutes ces manœuvres dilatoires visent essentiellement à saper la légitimité du Comité de dialogue, qui avait mené rondement un dialogue en 15 rondes, et à entraver la démarche positive qui a porté notre cause. Ces ‘‘mains invisibles’’ craignent l’impact négatif du succès de notre mouvement sur leurs intérêts et leur réputation.

Étant donné ce qui précède, nous déclarons à l'opinion publique locale, nationale et internationale ce qui suit:
Notre Condamnation:
- Des arrestations arbitraires contre les militants de la cause imidrienne.
- De La gestion irresponsable des droits légitimes de la population.
- Des provocations et des menaces telles que les poursuites à l'encontre comité de dialogue et la mobilisation  des voyous pour provoquer des conflits.

Notre attachement à:
-L’innocence des détenus de notre cause juste et légitime.
- La justice de notre cause et de la légitimité de nos revendications.
-Au dialogue comme une option stratégique, au pacifisme et à la démocratie exemplaire comme des principes universels encadrant notre lutte pour récupérer nos droits bafoués.

Notre solidarité  inconditionnelle avec:
-Les  détenus de notre cause et de leurs familles dans leur détresse.
- Tout détenu d’opinion libre sans aucune exception.
- Tous les soulèvements populaires au Maroc et à l'étranger, réclamant la dignité.

Notre détermination à poursuivre la lutte dans les formes que nous voyons adéquates pour récupérer nos droits et jusqu’à la libération de nos détenus innocents.
« D’abord, ils  vous  ignorent. Ensuite, ils se moquent de  vous. Puis  ils vous  attaquent. Et, alors, vous  gagnez » Mahatma Gandhi

« Les Six de Bernoussi » et l’avocat du diable

Par Salah Elayoubi, demainonline 17/9/2012

 
Une autre réalité que le régime marocain aura du mal à camoufler est, sans aucun doute,  son acharnement coupable contre les militants du mouvement du vingt février.
 
Le tribunal d’Ain Sebaa est devenu le symbole de cet acharnement judiciaire, depuis les condamnations des deux plus célèbres d’entre eux, Mouad Lhaqed et de Younes Belkhdim.
Ses murs résonnent encore des protestations des familles et des cris des militants au prononcé des peines à l’encontre de Samir Bradley, Tariq Rochdi, Abderrahman Assal condamnés à dix mois fermes,  Youssef Oubella, Nour Essalam Kartachi  condamnés à   huit fermes et  Laila Nassimi à  six  mois avec sursis.
Pourtant, pendant un court moment, dans cette salle d’audience d’Ain Sebaa,  les « six de Bernoussi » ont cru entrevoir un moment d’humanité et une lueur d’espoir,  lorsqu’ils ont pu psychanalyser leur douleur en racontant leur calvaire, au cours des interrogatoires. Une abomination où se mêlent la barbarie et le vice. Une affaire aux antipodes de toute procédure judiciaire, avec pour seuls objectifs, imprimer la terreur dans l’esprit des militants, venger l’humiliation qu’ils infligent au makhzen depuis plus de dix-huit mois et  leur confectionner des procès-verbaux « téléphonés ».
Même lorsque le juge a feint d’afficher une curiosité paternaliste pour le « modus operandi » de la manifestation, il ne s’est pas écoulé grand temps, avant que le public ne comprenne qu’il instruisait à la recherche du détail qui tue, comme la concordance entre l’heure de la manifestation et celle de la prière, dont l’accusation a prétendu qu’elle était préméditée pour inciter les fidèles à se joindre aux militants ! Argument hilarant pour qui sait qu’avec cinq prières quotidiennes, il est difficile de ne pas empiéter sur l’une ou l’autre d’entre elles !
Dans ce tribunal où la justice n’a jamais eu droit de cité, » les Six » ont eu affaire avec la dictature, dans ce qu’elle a de plus brutal. Les thuriféraires qui galvaudent le terme démocratie seraient bien inspirés de se convaincre que dans les pays où celle-ci a cours, les salles d’audience sont propres et empreintes d’une solennité qui confine au sacré, car on y juge des  humains. Le respect qu’on leur doit est à ce prix.
A Ain Sebaa, à écouter les vitupérations de cet avocat du diable, celui de la police, on jugeait des animaux, des bêtes sauvages. Une justice d’abattage à pas d’heure, dans le désordre, le brouhaha, la saleté, et la présence massive des forces de l’ordre.
L’état pourtant, si prodigue envers sa police se montre bien pusillanime à équiper ses salles d’audience piètrement conçues, d’un matériel de sonorisation, afin de rendre audible les débats et de leur donner la plus large publicité. Mais il est vrai que la justice marocaine n’en a cure. Elle déteste la publicité et lui préfère le secret des complots et les chuchotements des « Taalimates », ces instructions venues d’en haut !  Des micros auraient diffusé les échanges et les auraient vulgarisé jusque dans la salle des pas perdus, démontant le mécanisme de la fraude judiciaire et de l’injustice qui ont emporté tant de nos compatriotes et brisé à tout jamais leur destin.
Tout dans ces journées interminables, aura été déployé pour se venger des vingtfévriétistes et rien n’aura dérangé ce juge qui se sera contenté de juger sur la base de procès-verbaux truqués et d’aveux extorqués dans des conditions qui relèvent du secret de Polichinelle. Ni la violence délibérée de la police contre une manifestation pacifique, ni la procédure policière entachée de tortures abominables, ni les témoins de l’accusation aux abonnés absents, ni les témoignages concordants des militants,  ni le brio des plaidoiries de la défense, ni même la honte ou la décence, n’auront réussi à renverser la marche de l’injustice et convaincre les magistrats que le procès prenait les allure louches de règlement de comptes.
Autant de manigances qui n’auront pas entamé d’un iota la détermination des uns et des autres. Pour preuve, cette lettre rédigée du fond de sa cellule expiatoire numéro 8, dans l’aile 7, de la prison locale de Oukacha, par Younes Belkhdim, « Le poéte du peuple »  qui a entamé une grève de la faim le 4 septembre.
Il s’est invité au débat se rappelant au souvenir de ceux qui pensent à tort, avoir mis le mouvement marocain de contestation à genou. Des lignes qui en disent plutôt long sur la détermination de nos militants, leur courage et leur soif de dignité :
-« Je reste honoré et fier de payer, derrière les barreaux, le prix de la liberté. Et je considère que le feuilleton des intimidations, des enlèvements, des tortures, des procès montés et des incarcérations n’est qu’un aveu de la légitimité des objectifs du Mouvement du 20 Février que nous essayons d’atteindre par des actions de protestations non-violentes et civilisées. »

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