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mardi 18 septembre 2012

Justice pour Zyed et Bouna

Justice pour Zyed et Bouna

Adressée à : Ministre de la Justice

Cette pétition sera remise à:
Garde des Sceaux Ministre de la Justice Jean-François BOUTET Conseiller spécial Philippe ASTRUC Conseiller technique pénal
Pascale BRUSTON test Conseillère technique pénitentiaire et protection judiciaire de la jeunesse Muriel BARTHÉLÉMI Conseillère technique presse et communication test Eric LAFONTAINE Conseiller technique affaires réservées test
Christian VIGOUROUX Directeur de cabinet test Avocat général Avocat général


Signée 5 144 personnes ont signé.Il manque 2 356 signatures



A 24 heures de la décision de la Cour de Cassation dans l'Affaire Zyed et Bouna, leurs familles, le Collectif ACLEFEU et le Collectif contre le Contrôle au Faciès lancent une pétition urgente contre la confirmation du non-lieu, 7 ans après la mort des deux adolescents. Signez et faites passer le message!
C'est avec effroi que nous avons appris la préconisation de l'Avocat Général près la Cour de cassation, rattaché au Ministère de la Justice, de confirmer le non-lieu prononcé en faveur de deux policiers dans l'affaire de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, adolescents électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois en 2005.

Un non lieu, c'est pour un non-événement.
La mort de Zyed et Bouna n'est pas un non-événement. C'est un événement qui a bouleversé leurs familles, leur ville, ainsi que des dizaines de villes de France où la perte d'un proche au cours d'une interpellation est une expérience tragiquement connue. Ces deux enfants, comme leur ami Muhittin Altun qui leur a survécu, ont couru lorsqu'ils ont vu la police le 27 octobre 2005, non pas parce qu'ils étaient connus des services de police, avaient quelque chose à se reprocher, ou étaient en train de commettre un crime ou un délit. Ils ont couru car dans certains quartiers, les contrôles sur les jeunes, motivés par leur seule apparence vestimentaire ou leur origine, sont disproportionnés.
Comme le démontre le rapport "La Base de l'Humiliation" de Human Rights Watch, l'analyse "La Force de L'Ordre" de Didier Fassin et le racontent les nombreux témoignages de la web-série "Mon 1er contrôle d'identité" du Collectif contre le contrôle au faciès, le contrôle d'identité, pour un mineur de banlieue, est craint car il peut être accompagné de violences verbales, de propos vexatoires, de palpations génitales, de fouilles illégales, de petites "vannes" ou menaces. Il peut mener à une garde à vue, souvent sans suite, parfois sans explication, d'autres accompagnées d'une accusation pour outrage et rébellion, suivie de dédommagement à destination d'agents de police s'estimant lésés, dédommagement que des parents sans revenu convenable se voient tenus de régler sans comprendre comment leur enfant a pu soudain se mettre à attaquer un agent de police. Ces deux enfants ont couru et se sont cachés dans un transformateur électrique parce que dans certains quartiers, la police ne rassure pas : elle fait peur. Le rôle de la police, ce jour-là, n'était-il pas d'aller au delà de la peur de ces enfants, et d'assurer leur sécurité?

La mort de Zyed et Bouna a bouleversé la France. Elle a bouleversé le monde, dont le regard porté sur la République française a, à partir de ce jour-là, changé.
Préconiser la confirmation de ce non-lieu, c'est envoyer un message qui glace le dos de milliers de parents et de futurs parents. C'est leur dire que malgré les contrôles abusifs dont peuvent faire l'objet leurs enfants, personne n'est tenu de leur porter assistance s'ils se mettent en danger, s'éloignant lorsque s'approchent des agents de police. C'est risquer de leur envoyer le message que la police n'est pas là pour les protéger. Nous demandons au Garde des Sceaux d'intervenir auprès de l'Avocat Général près la Cour de Cassation, qui dépend du Ministère de la Justice, afin qu'il prenne la mesure du poids symbolique de sa recommandation, et qu'il la réévalue avant son audience devant la Cour de Cassation au Palais de Justice.

Les assocations signataires : 
Association Librelucha
Rythme tout terrain

Lettre de pétition

Bonjour,

Je viens de signer la pétition suivante adressée à Christiane Taubira, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux


Pas de non-lieu dans l'affaire Zyed et Bouna


Madame la Ministre,


C'est avec effroi que nous avons appris la préconisation de l'Avocat Général près la Cour de cassation, rattaché au Ministère de la Justice, de confirmer le non-lieu prononcé en faveur de deux policiers dans l'affaire de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, adolescents électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois en 2005.


Un non lieu, c'est pour un non-événement. La mort de Zyed et Bouna n'est pas un non-événement. C'est un événement qui a bouleversé leurs familles, leur ville, ainsi que des dizaines de villes de France où la perte d'un proche au cours d'une interpellation est une expérience tragiquement connue.


Ces deux enfants, comme leur ami Muhittin Altun qui leur a survécu, ont couru lorsqu'ils ont vu la police le 27 octobre 2005, non pas parce qu'ils étaient connus des services de police, avaient quelque chose à se reprocher, ou étaient en train de commettre un crime ou un délit. Ils ont couru car dans certains quartiers, les contrôles sur les jeunes, motivés par leur seule apparence vestimentaire ou leur origine, sont disproportionnés.


Comme le démontre le rapport "La Base de l'Humiliation" de Human Rights Watch, l'analyse "La Force de L'Ordre" de Didier Fassin et le racontent les nombreux témoignages de la web-série "Mon 1er contrôle d'identité» du Collectif contre le contrôle au faciès, le contrôle d'identité, pour un mineur de banlieue, est craint car il peut être accompagné de violences verbales, de propos vexatoires, de palpations génitales, de fouilles illégales, de petites "vannes" ou menaces. Il peut mener à une garde à vue, souvent sans suite, parfois sans explication, d'autres accompagnée d'une accusation pour outrage et rébellion, suivie de dédommagement à destination d'agents de police s'estimant lésés, dédommagement que des parents sans revenu convenable se voient tenus de régler sans comprendre comment leur enfant a pu soudain se mettre à attaquer un agent de police.


Ces deux enfants ont couru et se sont cachés dans un transformateur électrique parce que dans certains quartiers, la police ne rassure pas : elle fait peur. Le rôle de la police, ce jour-là, n'était-il pas d'aller au delà de la peur de ces enfants, et d'assurer leur sécurité?


La mort de Zyed et Bouna a bouleversé la France. Elle a bouleversé le monde, dont le regard porté sur la République française a, à partir de ce jour-là, changé.


Préconiser la confirmation de ce non-lieu, c'est envoyer un message qui glace le dos de milliers de parents et de futurs parents. C'est leur dire que malgré les contrôles abusifs dont peuvent faire l'objet leurs enfants, personne n'est tenu de leur porter assistance s'ils se mettent en danger, s'éloignant lorsque s'approchent des agents de police. C'est risquer de leur envoyer le message que la police n'est pas là pour les protéger.


Nous demandons au Garde des Sceaux d'intervenir auprès de l'Avocat Général près la Cour de Cassation, qui dépend du Ministère de la Justice, afin qu'il prenne la mesure du poids symbolique de sa recommandation, et qu'il la réévalue avant son audience devant la Cour de Cassation au Palais de Justice.


Cordialement,


[Votre nom]

samedi 14 mai 2011

Clichy-sous-bois :La deuxième mort de Zyed et Bouna.-

De Jacqueline Charretier (atp) - Uzès.9/5/2011


27 avril 2011. Le verdict est tombé à la fin du procès des policiers accusés de n'avoir pas porté secours aux trois enfants qui, le 27 octobre 2005, avaient pénétré dans les locaux d'un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois :
NON LIEU.
Pourtant, ce 27 octobre 2005, pas moins de onze policiers avaient pouchassé ces trois enfants qui rentraient vite chez eux, après une partie de foot, pour la rupture du jeûne un soir de ramadan. Pourtant, l'un de ces policiers avait annoncé l'entrée de ces jeunes dans l'enceinte du transformateur en pronostiquant leur mort.

Zyed et Bouna sont morts. Leur copain qui a survécu était gravement brûlé. Bien fait pour eux ! Dans la foulée, le ministre de l'Intérieur, sans un mot de compassion pour ces enfants et leurs familles et avant tout début d'enquête, avait repris, mot à mot, le rapport des policiers et condamné les jeunes sacrifiés. Plus que toute autre raison, c'est l'étincelle qui a allumé la révolte des banlieues. Et il semble bien que tous ceux qui, deux ans après, ont élu avec enthousiasme ce pourfendeur de la racaille à la présidence de la République aient totalement oublié cet événement prémonitoire de sa politique... ou, au contraire, en aient fait un argument de leur choix.

Et voilà, six ans après la mort de Zyed et Bouna, "Non lieu" pour ces "gardiens de la paix" qui avaient frénétiquement et aveuglément provoqué leur mort et, en tout cas, ne l'avaient pas prévenue, comme c'est le rôle de tout adulte responsable.

C'est révoltant - et désespérant. Et je ne peux m'empêcher de repenser à la plaidoierie si pertinente, humaine et juste d'Henri Leclerc dans sa défense de la famille du jeune -et innocent- lycéen de St. Ex, mort dans les locaux du commissariat de Mantes-la-Jolie, et qui, après onze ans d'attente d'un procès, a obtenu la condamnation, même si minimisée, de deux policiers responsables des coups et du médecin qui n'avait pas cherché à éviter l'issue fatale.

Mais aujourd'hui, le pouvoir suprême utilise le Parquet pour empêcher la justice de se faire et permettre au président de la République de resollliciter tranquillement un deuxième mandat qui lui permette de poursuivre son travail de sape des valeurs de la République, des fondements de la constitution et de l'indépendance des pouvoirs, tout en camouflant les turpitudes de sa politique.

Zyed et Bouna sont morts en 2005. C'est vraiment de leur faute. En 2011, la justice française nous dit : Circulez, il n'y a rien à voir. L'affaire est enterrée.