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vendredi 15 août 2014

Ces mères courage qui bravent le conservatisme

👤 Par Omar Brouksy/AFP. Editing: Telquel.ma, 15/8/2014

Elles ont fait le choix de garder leur enfant dans une société impitoyable avec les mères célibataires. Aujourd’hui, elles témoignent à visage découvert et racontent leur calvaire, mais aussi leur victoire sur les difficultés de la vie.

« Je me bats pour mon fils malgré les regards et les jugements impitoyables », lance avec détermination Khadija, une mère célibataire de 27 ans, dans un rare témoignage sur le combat quotidien contre l’exclusion que mènent chaque année des milliers de Marocaines.

 Du siège de l’association « Solidarité féminine », à Casablanca, la capitale économique, Khadija semble connaître chaque recoin. Pour cause: elle y a vécu avec son fils, âgé aujourd’hui de six ans, pendant plus d’une année.
« J’ai rencontré le père biologique dans ma région d’Agadir. Lui habitait à Casablanca », confie à l’AFP la jeune femme.
Ce que nous avions appris à l’école sur la sexualité était limité. J’étais encore trop jeune, j’avais à peine 20 ans, j’étais sans expérience.
Khadija se retrouve enceinte, dans un pays où les relations sexuelles hors mariage sont officiellement proscrites.

Elle affirme en avoir informé « le père biologique », comme elle le nomme. « Mais il m’a répondu, moi je ne t’ai rien fait, et a disparu. Je me suis retrouvée seule ».
Selon une étude publiée en 2011 par l’association de défense des femmes Insaf et l’ONU, dans le cas de grossesses hors-mariage, plus de 7 futurs pères sur 10 sont informés, mais la plupart refusent de reconnaître l’enfant. 

D’après ce même rapport, près de 30 000 accouchements de mères célibataires sont recensés chaque année. Ces mères « sont amenées à vivre l’exclusion, le rejet, la discrimination voire l’exploitation », est-il souligné.

Pour éviter ces situations dramatiques, certaines ont recours à l’avortement, pourtant interdit par la loi, qui prévoit des peines d’un à cinq ans d’emprisonnement.

Entre 600 et 800 avortements clandestins seraient ainsi pratiqués chaque jour dans le royaume, selon l’Association de lutte contre l’avortement clandestin (Amlac).

 « Bouée de sauvetage »

En apprenant sa grossesse, Khadija décide pour sa part de garder l’enfant mais de quitter son village afin d’accoucher à Casablanca, où elle pense pouvoir « se fondre » parmi les cinq millions d’habitants de cette mégapole « où les gens sont trop occupés » pour prêter attention à son cas.

 « Je suis arrivée en fin de journée dans une gare routière sinistre », se rappelle-t-elle. « C’est une amie qui m’a informée de l’existence de Solidarité féminine. Ce fut ma bouée de sauvetage ».
Aïcha Chenna, fondatrice de l’ONG et figure emblématique du combat pour les mères célibataires, prend place dans la grande salle qui lui sert parfois de bureau.

 « Khadija a eu le courage d’assumer ce qui lui est arrivé », déclare-t-elle. « Plus de 150 enfants naissent hors mariage chaque jour au Maroc. C’est énorme », poursuit celle que la presse locale a surnommée « Mère courage ».

 »Il faut que l’Etat reconnaisse ce phénomène », souligne encore Mme Chenna, critiquant la « politique de l’autruche » des autorités.

Sollicité par l’AFP, le ministère de la Femme et de la Famille n’a pas donné suite.

 
« Enormément à faire »


D’après Aïcha Chenna, la société marocaine a un peu évolué. « A l’époque où j’ai commencé à militer, dans les années 1970, il n’était pas question de prononcer les mots ‘mères célibataires’ ». Ce que confirme la directrice de l’Insaf, Houda El Bourahi en relevant qu’on « parle plus de la mère célibataire qu’il y a 10 ou 20 ans ».

 « Mais il reste encore énormément à faire », s’exclament les deux militantes.
Après l’accouchement, Khadija dit avoir retrouvé le père biologique, qui « a fini par reconnaître son fils… avant de disparaître à nouveau dans la nature ».

Elle travaille aujourd’hui dans un salon de coiffure de Casablanca, parvenant -souvent difficilement- à subvenir seule à leurs besoins.

 « Je me bats tous les jours pour mon enfant », répète la jeune femme. Comme au moment de l’inscription à l’école, ou pour trouver un logement décent.

 « Les quartiers populaires sont moins chers mais les gens vous jugent souvent plus facilement. (…) Je veux que mon fils ne se sente pas différent », avance-t-elle.

En tant que mère célibataire, « les situations blessantes, on les vit presque chaque jour », lâche Khadija. « Je refuse que mon fils les vive à son tour ».

lundi 17 février 2014

La France remet la Légion d'honneur à Aïcha Ech-Chenna

Par h24info.ma, 6/2/2014
Aïcha Ech-Chenna a été distinguée pour son travail de longue haleine en faveur des mères célibataires au Maroc.
Aïcha Ech-Chenna a été distinguée pour son travail de longue haleine en faveur des mères célibataires au Maroc. ©H24info
Aïcha Ech-Chenna, présidente de l’association "Solidarité féminine", se verra remettre, lundi à Rabat, les insignes de chevalier de la Légion d’honneur par l'ambassadeur de France au Maroc.
Charles Fries, l'ambassadeur de France au Maroc, va remettre les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur à  Aicha Ech-Chenna, lors d’une cérémonie qui se tiendra ce lundi 10 février.Présidente et fondatrice de l'association "Solidarité Féminine", Aïcha Ech-Chenna a été distinguée pour son travail de longue haleine en faveur des mères célibataires au Maroc.

La nomination de Aïcha Ech-Chenna au grade de Chevalier de la Légion d'honneur de la République française, avait été publiée au Bulletin officiel français le 31 mars dernier en même temps que celle de Charles Fries, de la Prix Nobel de Médecine Françoise Barré-Sinoussi, co-découvreuse du VIH (Grand officier).
Les étrangers peuvent en effet être décorés de la Légion d’honneur "s’ils ont rendu des services (culturels, économiques…) à la France ou encouragé des causes qu’elle défend (défense des droits de l’Homme, liberté de la presse, causes humanitaires…)".

Née en 1941 à Casablanca, infirmière de métier, Aicha Ech-Chenna a notamment été bénévole au sein de la Ligue de Protection de l'Enfance, de la Ligue de Lutte contre la Tuberculose et au planning familial. En 1985, émue par l'histoire d'une mère célibataire contrainte d'abandonner son enfant, elle fonde l'association Solidarité Féminine pour aider les mères seules démunies et souvent ostracisées par leur famille et la société à se prendre en charge.

Pour cela, Solidarité Féminine emploie des femmes dans deux restaurants, une boulangerie, quatre boutiques et un hammam. L'association leur fournit soins médicaux, crèches et formation professionnelle et leur assure aussi une assistance juridique, les aidant notamment à déclarer  et à obtenir des papiers pour leurs enfants.

En 1995, l’association recevait le prix des Droits de l’homme de la République Française à Paris. Et en 2009, Aïcha Ech-Chenna était lauréate du Prix Opus, qui a doté Solidarité Féminine d'1 million de dollars.

mercredi 21 août 2013

Aicha Ech-Chenna nommée Chevalier de la Légion d'honneur de la République française

 Par La vieeco, 2/4/2013

Aicha Ech-Chenna Maroc.

Présidente-fondatrice de l'Association "Solidarité Féminine", Mme Ech-Chenna a été nommée à cette prestigieuse distinction française, en récompense à ses 51 ans de services en faveur des mères célibataires au Maroc.
L'actrice associative marocaine Aïcha Ech-Chenna a été nommée au grade de Chevalier de la Légion d'honneur de la République française, lit-on au Bulletin officiel français du 31 mars.


Mme Ech-Chenna fait partie de la promotion de Pâques 2013 de la Légion d'honneur, au même titre que M. Charles Fries, ambassadeur de France au Maroc (Chevalier), de la Prix Nobel de Médecine François Barré-Sinoussi, co-découvreuse du VIH (Grand officier), de l'ex-footballeur Lillian Thuram, ainsi que d'autres personnalités françaises et étrangères.

Figure de proue de la société civile au Maroc, Aicha Ech-Chenna a débuté son action associative dans le bénévolat en adhérant à l'éducation sanitaire au sein de la Ligue de Protection de l'Enfance et au sein de la Ligue de Lutte contre la Tuberculose.

Elle a également oeuvré en faveur du planning familial et adhéré à l'Union nationale des Femmes marocaines à Casablanca, avant de créer l'association "Solidarité féminine" dont la vocation est d'aider les mères célibataires à se prendre en charge par leur propre effort.

Mme Echenna a été récompensée pour cette action en novembre 2009 à Minneapolis (Etats-Unis) du Prix Opus , une sorte de Nobel de l'humanitaire doté d'un million de dollars.

En 1995 à Paris, elle a reçu le prix des Droits de l'Homme de la République française.

Aïcha Ech-Channa est née en 1941 dans la médina de Casablanca. Elle a passé son enfance à Marrakech pour revenir à Casablanca en 1953 où elle devait poursuivre ses études à l'Ecole française Foch et au Lycée Joffre, avant de rejoindre, en 1960, l'Ecole d'Etat d'infirmière où elle obtient un diplôme d'Etat.

http://www.lavieeco.com/news/actualites/aicha-ech-chenna-nommee-chevalier-de-la-legion-d-honneur-de-la-republique-francaise-25062.html


mercredi 19 septembre 2012

Aïcha Chenna : 50% des enfants qui naissent au Maroc sont des enfants naturels


un commentaire parmi d'autres...

Hamil al Amani
J’admire votre abnégation et votre courage, Mme Aïcha Chenna et j’abomine l’hypocrisie sociale et la bêtise arriérée qui prédominent dans la société marocaine. Il n’y a pas de soi-disant culture judéo-chrétienne d’une part, arabo-musulmane ou orientalo-bouddhiste de l’autre. Il y a l’être humain et sa nature. Le besoin sexuel est une pulsion essentielle chez tous les êtres vivants, parmi lesquels les mammifères et les primates, dont nous faisons partie, de façon indubitable. La solution aux grossesses non désirées et non assumées? Une éducation sexuelle libérée et responsable et l’apprentissage de la prévention, par l’usage du préservatif masculin (moyen le plus sûr, pour éviter les MST) ou tout autre moyen contraceptif. Nous avons des lois surannées, obsolètes et caduques, qui sont les causes de ce mal-être social dans lequel nous nous débattons.La voie à suivre n’est certes pas l’abstinence et la privation, qui sont antinaturelles. Le mariage n’est pas non plus le droit légal de copuler et de faire des enfants, il n’est qu’une forme de contrat social, parmi d’autres, tout aussi légitimes. Des adultes consentants et responsables sont libres d’user de leur corps ainsi que bon leur semble. Vous appelez ça hédonisme, libertinage, débauche? Libre à vous, mais laissez les autres vivre leur vie comme ils l’entendent.