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lundi 17 février 2014

La France remet la Légion d'honneur à Aïcha Ech-Chenna

Par h24info.ma, 6/2/2014
Aïcha Ech-Chenna a été distinguée pour son travail de longue haleine en faveur des mères célibataires au Maroc.
Aïcha Ech-Chenna a été distinguée pour son travail de longue haleine en faveur des mères célibataires au Maroc. ©H24info
Aïcha Ech-Chenna, présidente de l’association "Solidarité féminine", se verra remettre, lundi à Rabat, les insignes de chevalier de la Légion d’honneur par l'ambassadeur de France au Maroc.
Charles Fries, l'ambassadeur de France au Maroc, va remettre les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur à  Aicha Ech-Chenna, lors d’une cérémonie qui se tiendra ce lundi 10 février.Présidente et fondatrice de l'association "Solidarité Féminine", Aïcha Ech-Chenna a été distinguée pour son travail de longue haleine en faveur des mères célibataires au Maroc.

La nomination de Aïcha Ech-Chenna au grade de Chevalier de la Légion d'honneur de la République française, avait été publiée au Bulletin officiel français le 31 mars dernier en même temps que celle de Charles Fries, de la Prix Nobel de Médecine Françoise Barré-Sinoussi, co-découvreuse du VIH (Grand officier).
Les étrangers peuvent en effet être décorés de la Légion d’honneur "s’ils ont rendu des services (culturels, économiques…) à la France ou encouragé des causes qu’elle défend (défense des droits de l’Homme, liberté de la presse, causes humanitaires…)".

Née en 1941 à Casablanca, infirmière de métier, Aicha Ech-Chenna a notamment été bénévole au sein de la Ligue de Protection de l'Enfance, de la Ligue de Lutte contre la Tuberculose et au planning familial. En 1985, émue par l'histoire d'une mère célibataire contrainte d'abandonner son enfant, elle fonde l'association Solidarité Féminine pour aider les mères seules démunies et souvent ostracisées par leur famille et la société à se prendre en charge.

Pour cela, Solidarité Féminine emploie des femmes dans deux restaurants, une boulangerie, quatre boutiques et un hammam. L'association leur fournit soins médicaux, crèches et formation professionnelle et leur assure aussi une assistance juridique, les aidant notamment à déclarer  et à obtenir des papiers pour leurs enfants.

En 1995, l’association recevait le prix des Droits de l’homme de la République Française à Paris. Et en 2009, Aïcha Ech-Chenna était lauréate du Prix Opus, qui a doté Solidarité Féminine d'1 million de dollars.

jeudi 31 octobre 2013

La colère d’une icône ,

La colère d’une icône


Aïcha Ech-Channa, Présidente de l’Association Solidarité féminine

Poser des questions à Ech-Channa est impossible. À peine arrivée au siège de l’association, sis quartier Palmier, la présidente fondatrice de l’Association Solidarité Féminine (ASF) se lance avec sa verve habituelle dans un plaidoyer fleuve pour un Maroc de l’égalité. Son franc parler et sa candeur font la signature de cette femme désormais icône. Elle tire à boulets rouges sur le gouvernement, le parlement et la société. Tout le monde en prend pour son grade. Elle s’indigne contre la loi Ramid sur la Kafala, interdisant aux non résidents au Maroc d’adopter des enfants. Elle qualifie de «passéiste» la jurisprudence 464 datant de 1983 éditée par la Cour de cassation. Cette décision stipule qu’un enfant né hors mariage ne peut être affilié à son père biologique, même si ce dernier souhaite le reconnaître et que le test ADN n’est pas islamique ! À 72 ans, Ech-Channa a encore des combats à mener. Rencontre.

L’Observateur du Maroc. Comptez-vous toujours cesser votre combat au sein de Solidarité féminine ?
Aïcha Ech-Channa. Quand je vois la situation des femmes célibataires et les difficultés qu’elles rencontrent encore, je suis en colère. Les lois ne changent pas et les mentalités aussi. J’ai 72 ans, je peux rester chez moi et arrêter tout, sauf que j’ai une mission à accomplir. Chaque jour, 24 bébés sont abandonnés au Maroc, malgré cette situation alarmante, notre société n’évolue pas.

Ce constat n’est pas nouveau…
Peut-être que j’ai une grosse fatigue causée par le désespoir. Ce sentiment refait surface surtout quand je reçois des cas qui réduisent à néant des années de travail. Après un grand effort de sensibilisation, des mamans gardent leurs bébés, mais voilà qu’on est rattrapé par la réalité. Il y a quelques semaines, une fille est recalée d’un concours professionnel car elle est née sous X. Je ne suis pas la seule à faire ce constat. Elles sont nombreuses comme moi à se battre pour un Maroc meilleur. Sauf que d’autres sont en train de nous faire reculer vers l’arrière. Aujourd’hui, je tire la sonnette d’alarme. Depuis des années, nous attendons des lois en faveur de l’enfant et la famille, sans rien voir venir. Même la Moudwana de 2004 est une grosse déception sur le terrain judiciaire.

Peut-être parce que les ONG comme vous ont déserté le terrain du plaidoyer politique pour s’occuper du volet de la prise en charge des bénéficiaires ?
Pas du tout. Je passe un temps énorme à faire du plaidoyer. Je suis invitée régulièrement au Parlement, j’y vais et j’explose. En face, la réponse concrète des législateurs est absente.

Les islamistes au gouvernement vous ont-ils compliqué la tâche ?
Je ne jette la pierre à personne. D’ailleurs, la jurisprudence de la Cour de cassation sur « l’enfant illégitime », ce n’est pas un texte du PJD. Concernant, ma relation avec Bassima Hakaoui, elle est normale. Nous n’avons pas postulé pour l’appel d’offre de son ministère car la problématique des femmes célibataires ne figure pas parmi les thèmes proposés. C’est notre choix. Moi, je suis en colère contre les députés, le gouvernement et plus généralement contre l’hypocrisie sociale au Maroc. Tout ça me fait mal, très mal.

Y a-t-il un point d’espoir dans ce tableau noir ?
Je me dis que notre grande réussite à l’ASF, c’est d’être rentrés dans les foyers marocains, grâce aux médias. Peut-être qu’en les secouant, on va arriver à changer les mentalités.

L’association a des difficultés de financer ses programmes. La pérennité de ses projets est-elle en danger ? 
 Nos bailleurs de fond internationaux ont soit terminé leur programmes soit quitté le Maroc à cause de la crise économique. Des projets comme le centre de remise en forme est sensé apporter de l’argent, sauf qu’il n’apporte pas autant d’argent qu’il le faut. La raison c’est la hausse continue du carburant. Tous les gouvernements qui se sont succédés l’ont fait et celui là est le champion dans l’augmentation des prix de base. On continue à tenir le coup grâce au chèque du prix Opus. Un montant qui devrait être destiné à la construction d’un troisième centre permettant d’assurer notre totale autonomie. Maintenant, la porte est ouverte aux dons.

Comment auriez-vous agi suite aux comportements des adolescents de Nador poursuivis pour avoir publié une photo de leur baiser sur les réseaux sociaux ?
Je suis contre leur arrestation et contre toute méthode abrupte. J’aurai expliqué à ces enfants les risques d’un tel acte dans une société comme la nôtre. Et ainsi éviter des poursuites judiciaires et toute cette tempête médiatique. Maintenant, ces enfants subiront les séquelles de cette affaire. Psychologiquement et sexuellement, ils ont été brisés. À l’ASF, nous sommes bien placés pour parler de ce type de cas. Aux yeux de la société, les filles que nous recevons ont gaffé et il faut les réhabiliter. Pour toutes ces raisons, il faut introduire d’urgence des programmes d’éducation sexuelle pour les enfants.
ASF
Les dates clés
1985 Création de l’ASF
1988 Ouverture du centre Tizi Ousli à Ain Sebaâ
1999 Ouverture du centre de Palmier, mise en place du centre d’écoute
2004 Ouverture du centre de remise en forme
2000 Ech-Channa reçoit la Médaille d’honneur du roi Mohammed VI
2005 Publication de l’étude «Grossesses de la honte» Soumaya Naamane
Guessous, Chakib Guessous et l’ASF
2009 Ech-Channa reçoit l’Opus Prize (USA) et le Prix Dona d’el Ano (Italie)
2013 Ech-Channa reçoit la Légion d’honneuhttp://lobservateurdumaroc.

lundi 7 octobre 2013

Mustafa Ramid : les enfants nés hors mariage sont des «Wlad l7ram»


Le ministre de la Justice Mustafa Ramid

La militante associative Aïcha Ech-Chenna rappelle une escarmouche qu'elle a eu l'année dernière avec le ministre de la Justice Mustafa Ramid à propos de la reconnaissance des enfants nés hors mariage au Maroc.

Vendredi 4 octobre 2013, au Cinéma Rif à Casablanca, un débat a suivi la projection en avant-première du film documentaire "Les joyaux de la tristesse", du réalisateur marocain Mohammed Nabil, sur le thème des mères célibataires et de leurs enfants*. Aïcha Ech-Chenna est alors intervenue et a rappelé une escarmouche qu'elle avait eue à ce sujet avec le ministre de la Justice et des Libertés, Mustafa Ramid, qui avait traité de «bâtards» les enfants nés en dehors du mariage.
Aïcha Ech-Chenna, présidente de l'association Solidarité Féminine, connue pour son soutien aux mères célibataires et leurs enfants, raconte qu'à l'occasion d'une journée dédiée à la situation des enfants, tenue en 2012 par l'Observatoire Marocain des Droits de l'Enfant, «nous prenions un thé dans une salle privée, et en présence de Bassima Hakkaoui et d'un représentant de l'UNICEF, je me suis adressé à Mustapha Ramid en évoquant l'article 446 du code pénal, alors le ministre me répondit : ah oui, conceâtardsrnant wlad L7ram (bâtards)».
L'article en question, voté en mars 1983, précise que «l'enfant né hors mariage est juridiquement considéré comme un enfant naturel, du fait que son père biologique ne le reconnaît pas». Il est encore en vigueur dans les tribunaux marocains.
Mme Chenna ajoute qu'elle avait déjà eu à débattre de cela, à maintes reprises, avec le ministre de la Justice et des Libertés, Me Mustapha Ramid, et qu'elle lui avait demandé l'abrogation de l'article 446. Elle note également que : «par la même occasion j'ai insisté en rappelant au ministre, qu'actuellement, ils sont 46,11 % des enfants nés vivants à avoir été conçus hors mariage, et que dans 20 ans ils seront 50 %».
Partant de ces chiffres, Mme Chenna a une fois de plus demandé au ministre de réviser cet article si vraiment il ne veut plus voir d'enfants naturels (oulad Zina). «Les lois mais aussi les mentalités doivent changer, et c'est un travail où il faudra investir beaucoup d'efforts», a-t-elle dit à Me Ramid, qui lui répondît en disant : «Allez donc faire des études et des recherches sur les mentalités au Maroc». A ces mots, la présidente de Solidarité Féminine commente que c'est au ministère de faire des recherches et des études, comme il est du devoir de la société civile de «titiller l'opinion publique et de tracasser le gouvernement».

*La projection et le débat ont été tenus dans le cadre de l'organisation « Marocains Pluriels Juniors ».


mercredi 21 août 2013

Aicha Ech-Chenna nommée Chevalier de la Légion d'honneur de la République française

 Par La vieeco, 2/4/2013

Aicha Ech-Chenna Maroc.

Présidente-fondatrice de l'Association "Solidarité Féminine", Mme Ech-Chenna a été nommée à cette prestigieuse distinction française, en récompense à ses 51 ans de services en faveur des mères célibataires au Maroc.
L'actrice associative marocaine Aïcha Ech-Chenna a été nommée au grade de Chevalier de la Légion d'honneur de la République française, lit-on au Bulletin officiel français du 31 mars.


Mme Ech-Chenna fait partie de la promotion de Pâques 2013 de la Légion d'honneur, au même titre que M. Charles Fries, ambassadeur de France au Maroc (Chevalier), de la Prix Nobel de Médecine François Barré-Sinoussi, co-découvreuse du VIH (Grand officier), de l'ex-footballeur Lillian Thuram, ainsi que d'autres personnalités françaises et étrangères.

Figure de proue de la société civile au Maroc, Aicha Ech-Chenna a débuté son action associative dans le bénévolat en adhérant à l'éducation sanitaire au sein de la Ligue de Protection de l'Enfance et au sein de la Ligue de Lutte contre la Tuberculose.

Elle a également oeuvré en faveur du planning familial et adhéré à l'Union nationale des Femmes marocaines à Casablanca, avant de créer l'association "Solidarité féminine" dont la vocation est d'aider les mères célibataires à se prendre en charge par leur propre effort.

Mme Echenna a été récompensée pour cette action en novembre 2009 à Minneapolis (Etats-Unis) du Prix Opus , une sorte de Nobel de l'humanitaire doté d'un million de dollars.

En 1995 à Paris, elle a reçu le prix des Droits de l'Homme de la République française.

Aïcha Ech-Channa est née en 1941 dans la médina de Casablanca. Elle a passé son enfance à Marrakech pour revenir à Casablanca en 1953 où elle devait poursuivre ses études à l'Ecole française Foch et au Lycée Joffre, avant de rejoindre, en 1960, l'Ecole d'Etat d'infirmière où elle obtient un diplôme d'Etat.

http://www.lavieeco.com/news/actualites/aicha-ech-chenna-nommee-chevalier-de-la-legion-d-honneur-de-la-republique-francaise-25062.html


lundi 15 octobre 2012

Situation des enfants abandonnés Les ONG inquiètes

Par aufait avec AFP 

Mme Ech-Chenna
Le Royaume connaît une inquiétante augmentation du nombre d'enfants abandonnés par leur mère célibataire, ont affirmé samedi plusieurs responsables d'ONG, dénonçant des préjugés sociaux tenaces et une législation dépassée.

Selon une étude dirigée par Insaf, association qui soutient les femmes et les enfants en détresse, 27.200 jeunes femmes ont eu un enfant hors mariage et 8.760 nouveaux-nés ont été abandonnés en 2009, soit 24 enfants en moyenne chaque jour.
Pour Omar Kindi, président d'Insaf et organisateur d'une conférence à Casablanca sur les violences et les discriminations visant les mères célibataires et leurs enfants, la législation ne suit pas les évolutions de la société.
Il cite en exemple l'article 490 du code pénal qui sanctionne les relations sexuelles hors mariage prévoyant jusqu'à un an de prison.
“Nous devons secouer la société marocaine et faire pression sur l'État et le Parlement pour faire changer les choses”
Aïcha Ech-Chenna, présidente de l'association Solidarité féminine.
Outre le changement de la loi, les militants ont également souligné la nécessité d'une éducation sexuelle pour permettre aux femmes d'éviter les grossesses indésirables.
Près de 60% des mères célibataires de moins de 26 ans sont analphabètes, selon Mme Ech-Chenna.
Mais l'arrivée en janvier du PJD au gouvernement rend difficile la réalisation de ces objectifs, selon certains participants.
Auparavant, plus de 10% du budget d'Insaf provenait de subventions publiques mais les nouvelles autorités ont mis fin au soutien financier qu'elles apportaient à l'association, a ainsi déclaré M. Kindi.

 Voir aussi:

lundi 19 juillet 2010

Prix de la Fondation américaine de l’Opus Prize à Aïcha Ech-Chenna

Par, Grand Angle. Jeudi 22 juillet à 22h00 sur 2M.
Pour son édition du mois de juin, l’équipe de Grand Angle a décidé de jouer au jeu du Best of. Avec au menu, entre autres, Aïcha Ech-Chenna, l’avortement, le désenclavement ou encore la communauté chinoise au Maroc. Présidente de l’association Solidarité féminine, Ech-Chenna est notre one million dollar lady. Grâce à ceprix de la Fondation américaine de l’Opus Prize, Solidarité féminine continuera son magnifique combat pour les droits des mères célibataires. 
 Autre moment fort de cette émission : le reportage consacré à l’avortement clandestin. Grand Angle revient également sur la triste histoire du douar d’Anefgou où une trentaine d’enfants et de femmes ont péri il y a deux ans à cause du grand froid. 
Et enfin, les «oubliés de San Nicola», le reportage sur les sans-papiers marocains vivotant dans cette petite localité du sud de l’Italie, prix du meilleur reportage francophone africain décerné cette année par CNN.
A ne pas rater...
source lavieeco.com