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samedi 28 juin 2014

Bassima Hakkaoui entre le marteau et l’enclume



Ecartelée entre ses propres convictions et un ministère 
plus honorifique que politique, Bassima Hakkaoui fait 
l’objet de nombreuses critiques. Explications.

Deux ans et demi après sa prise de fonction, Bassima Hakkaoui continue, à tort ou à raison, de faire couler beaucoup d’encre. Lors d’une visite à Guelmim, le 30 mai dernier, la ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et du Développement social aurait été la cible d’un lancer de chaussure raté. Quelques jours plus tôt, la presse évoque des démissions au sein de son ministère. Une rumeur démentie par son cabinet. Encore une occasion pour ses détracteurs de critiquer ouvertement son idéologie conservatrice, à défaut de pouvoir lui reprocher son appartenance au PJD. Le mouvement féministe, estampillé progressiste, se plaint de devoir jouer des coudes avec un parti au pouvoir « qui s’était opposé à la réforme de la Moudawana », lâche d’emblée Khadija Rougani, avocate et membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). D’autres, à l’instar de Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes, déplore « la propension de la ministre à exclure la société civile lorsqu’il s’agit d’élaborer des programmes ou des projets de loi en faveur des femmes ». Une fâcheuse habitude dont Bassima Hakkaoui est parfois capable de se défaire, à en croire Fatim-Zahra Alami, porte-parole du collectif Kafala Maroc : « Si la ministre s’y prend assez mal lorsqu’il s’agit des femmes, elle a en revanche créé le consensus autour du Plan de politique intégrée pour la protection de l’enfance, adopté en avril 2014, et pour lequel elle a sollicité l’ensemble des acteurs travaillant sur cette thématique ».

Ikram, le plan de la discorde

C’est le Plan Ikram pour l’égalité homme-femme qui a définitivement déterré la hache de guerre entre Hakkaoui et la majorité des ONG féministes. Initié par Nouzha Skalli (PPS) en 2011, il est devenu, en 2012, l’un des plus grands chantiers lancés par l’actuelle ministre. Sauf qu’il aurait été « amputé et conformé à ses convictions islamistes plutôt qu’à l’article 19 de la Constitution», tonne Saïd Saâdi, ex-ministre des Affaires sociales et de la Famille. Parmi les mesures supprimées par Bassima Hakkaoui, le droit à l’avortement partiel et « tout un volet consacré à la diffusion de la culture de l’égalité », poursuit Saâdi. Quelques mois plus tard, Bassima Hakkaoui a aussi élaboré un projet de loi contre les violences faites aux femmes. « Un texte primordial », selon Fouzia Assouli, qui regrette cependant « une loi trop généraliste, aux airs de mesurette, où aucun mécanisme de protection des femmes n’est prévu et où le viol conjugal n’est toujours pas pénalisé ». Interrogée sur la non-pénalisation du viol conjugal, Bassima Hakkaoui nous explique que « ce projet de loi punit le harcèlement sexuel de deux ans de prison ferme. Une peine qui peut aller jusqu’à cinq ans lorsque l’auteur est un parent ou un tuteur de la victime ».
Parmi les autres réalisations concrètes du Plan Ikram, la création de l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discriminations (APLCD), un mécanisme prévu par la Constitution de 2011. « Là encore, Bassima Hakkaoui a constitué sa propre commission sans nous consulter. Ce travail a été rendu il y a un an, et nous n’en avons plus jamais entendu parler depuis », affirme Fouzia Assouli. Cette instance, « élaborée en étroite collaboration avec la délégation interministérielle aux Droits de l’homme, est en circuit de validation », rétorque pour sa part la ministre.

Vraiment libre, la ministre ?

Bassima Hakkaoui dispose-t-elle réellement de toute la liberté nécessaire pour mener une politique publique en faveur du droit des femmes ? Le projet de loi contre la violence faite aux femmes, par exemple, « erre toujours dans le cimetière des projets de loi », fait remarquer Ghizlane Benachir, parlementaire USFP. « Je l’ai présenté dans un Conseil de gouvernement le 7 novembre 2013. J’espère qu’il sera adopté très prochainement », se contente de répondre Bassima Hakkaoui. Depuis que le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, s’est saisi du dossier, il est bloqué dans l’une des commissions du secrétariat général. « Il est certain que la ministre manque de flexibilité. Son propre camp n’hésite pas à la court-circuiter, comme Benkirane, qui a mis en doute les statistiques sur la violence envers les femmes », assure Fouzia Assouli. Et, surtout, « son ministère est transversal et partage toutes ses compétences avec d’autres ministères et institutions », poursuit-elle. En matière de femmes et de familles, Bassima Hakkaoui dépend fréquemment de Mustafa Ramid, ministre de la Justice et autre mastodonte de son parti. Un duo qui fait froid dans le dos des féministes caressant le rêve d’une réforme pénale. « Mais en dernier recours, il y a toujours le roi », déclare Fouzia Assouli.  «  Quant aux autres compétences de Bassima Hakkaoui, notamment le volet solidarité et développement social, elle doit partager le gâteau avec les ministres de la Santé, de l’Education ou encore des Finances. Et pour ne rien vous cacher, en matière de politiques sociales, c’est plutôt l’INDH qui tient le haut du pavé », détaille Saïd Saâdi. « Son ministère est un fourre-tout », résume-t-il. Au-delà des petites victoires de Hakkaoui, comme la mise à niveau de 1500 centres de protection sociale, ou encore l’élaboration d’un projet de politique publique en faveur des personnes handicapées, son ministère fait partie des parents pauvres de la Loi de Finances 2014, avec seulement un peu plus de 632 millions de dirhams de crédit ouvert au titre des dépenses. A défaut d’avoir une véritable marge de manœuvre, Bassima Hakkaoui ne peut que s’accrocher à ses espoirs.
http://telquel.ma/2014/06/24/bassima-hakkaoui-marteau-lenclume_140081

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samedi 11 janvier 2014

Viol des mineures au Maroc : Une loi débattue au Parlement : amendement rejeté.


viol mineures

La commission de justice, de législation et des droits de l’Homme se réunira ce mercredi pour débattre de la proposition de loi du PAM.

Par  Laila Zerrour, 7/1/2014

L’abrogation de l’article 475 du code pénal se fait toujours attendre alors que le gouvernement de Benkirane avait promis de réviser cette disposition. Les députés du PAM sont déterminés à poursuivre leur combat pour mettre un terme à cet article qui protège les violeurs à la condition que ceux-ci épousent leurs victimes.
La commission de justice, de législation et des droits de l’Homme se réunira ce mercredi pour débattre de la proposition de loi du PAM visant la révision de cet article. Il n’est pas inutile de rappeler à ce sujet que le groupe parlementaire du PAM avait déposé une loi au Parlement le 26 juin 2012. Le texte en question modifie une partie du premier alinéa de l’article 475 du code pénal qui stipule que : «Quiconque, sans violences, menaces ou fraudes, enlève ou détourne, ou tente d’enlever ou de détourner, un mineur de moins de dix-huit ans, est puni de l’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 200 à 500 dirhams».
Les députés du PAM veulent des sanctions plus sévères en proposant une peine de «cinq à dix ans» de prison. Ils souhaitent également abrogé l’alinéa 2 dudit article qui souligne que «Lorsqu’une mineure nubile ainsi enlevée ou détournée a épousé son ravisseur, celui-ci ne peut être poursuivi que sur la plainte des personnes ayant qualité pour demander l’annulation du mariage et ne peut être condamné qu’après que cette annulation du mariage a été prononcée».
Pour le PAM comme pour l’ensemble des ONG œuvrant pour la défense des droits de l’Homme, il s’agit d’une issue de secours pour permettre au violeur d’échapper à la justice. Depuis le suicide de Amina Filali en mars 2012, des voix au sein de la société civile et de la classe politique se sont élevées pour abroger cet article.
Plusieurs partis, en l’occurrence l’USFP, le PJD et le PAM, avaient manifesté des positions différentes dans cette affaire. L’USFP avait annoncé, à l’issue d’une réunion de son groupe parlementaire au mois de mars 2012, la création d’une commission d’information pour examiner le code pénal.
Du côté du PJD, rappelons que la ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui, avait reconnu que la loi, qui incrimine les victimes de viol, est un véritable problème et avait appelé à l’ouverture d’un débat national pour la réformer. L’affaire Amina Filali qui est loin d’être un cas isolé dans notre pays a révélé les nombreuses failles du système de protection de l’enfance. Face à ces dysfonctionnements, les organismes de protection de l’enfance avaient appelé à un respect de la Convention internationale des droits de l’enfant.
http://www.aujourdhui.ma/maroc-actualite/societe/viol-des-mineures-au-maroc-une-loi-debattue-au-parlement-107202.html

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mercredi 18 septembre 2013

Benkirane pas d’accord sur l’égalité entre les sexes à l’occidentale, ne fera pas la vaisselle .

Par panoramaroc16/9/2013 

Lors d’une réunion interministérielle sur le plan gouvernemental pour l’égalité des sexes, appelé Ikram, Benkirane a exprimé ses réserves sur ce point de l’égalité entre hommes et femmes. Le chef du gouvernement a fait sa sortie alors que sa ministre Bassima Hakkaoui présentait les grandes lignes du programme, et a évoqué le principe du « budget-temps ». Le ministre de l’Education nationale Mohamed Louafa l’interrompt alors : « Pardon, chère collègue, je suis le ministre de l’Education, mais j’ignore ce qu’est le budget-temps ».
La ministre de la famille et de la Solidarité répond à son questionneur qu’il s’agit de l’égalité entre hommes et femmes en temps de travail, demandant au ministre de la Fonction publique, Abdeladim Guerrouj, de continuer les explications puisque c’est son département qui effectue une étude sur ce budget-temps. Guerrouj : « Il s’agit de comptabiliser le temps de travail des femmes, non seulement à l’extérieur de leurs foyers, mais aussi dedans, afin d’atteindre une meilleure égalité entre hommes et femmes ».
C’est à ce moment que Benkirane intervient à son tour et coupe la parole à son ministre, demandant si l’homme doit partager les tâches ménagères avec son épouse. Puis, se tournant, hilare, vers le ministre de la Justice et de libertés Mustapha Ramid, le chef du gouvernement l’interroge : « Et toi, Si Ramid, accepterais-tu de partager les travaux ménagers avec ta femme ? ». Ensuite, plus sérieusement, Abdelilah Benkirane a exprimé ses réserves sur ce projet, contestant l’alignement sur les valeurs occidentales : « Le Maroc a sa culture et ses spécificités, et il ne peut donc accepter de telles choses ».

 http://www.panoramaroc.ma/fr/benkirane-pas-daccord-sur-legalite-entre-les-sexes-a-loccidentale/

dimanche 14 juillet 2013

Apppel à la démission de la ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social


  •  Lire les déclarations ahurissantes de Madame la Ministre !
    Par Najiba Berrada, facebook
    Bassima Hakkaoui est la seule figure féminine dans le gouvernement marocain actuel, députée du PJD parti politique à idéologie religieuse, et nommée ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, à partir de janvier 2012. Titulaire de diplôme d’études supérieures spécialisées de psychologie sociale en 1996 et d'un diplôme d'études approfondies dans la même spécialité en 1990, elle a travaillé au centre de formation des enseignants de Casablanca.

    Pendant son parcours de ministre, elle n’a fait que briller par un silence non justifié face aux débats et face à la conjoncture relative à la situation de la femme et de l’enfant au Maroc. Une situation alarmante viol, pédophilie, mères célibataires, mariages forcés, inégalités profondes entre hommes et femmes, enfants sans abris….

    Mais quand elle s’exprime, lors de débat ou de conférence de presse, elle se fait remarquer :

    - Madame ne trouve pas de mal au mariage filles mineures dotées d’une physionomie développée, ou d’un corps gracieux, selon elle si la fille est « fakhra » et capable à procréer qu’on la marie.

    - Selon elle, marier une fille à son violeur, n’est pas forcément un drame tragique, et c’est souvent une bonne solution, pour épargner à la victime le rejet de la société !!

    -  Madame s’estime à l’abri des agressions sexuelles et du harcèlement, du moment qu’elle est voilée et ne se livre pas aux regards des pervers !

    - Les 30 000 enfants vivant dans les rues au Maroc, selon madame Hakkaoui, sont le résultat direct des matchs de foot, ceci dit tous ces enfants viennent regarder des matchs de foot, se perdent et ne retrouvent plus leur chemin et restent dans les rues.

    - Et finalement, la ministre a présenté en conseil de gouvernement son «plan gouvernemental de l’égalité en perspective de la parité», IKRAM de son petit nom. Un plan pour le moins étrange dans sa conception de l’approche genre égalité hommes-femmes. Déjà, le nom qui renvoie à une action de charité est critiquable, comme si on parlait d’aumône et non pas de droits. 

     Pour le contenu, il y a eu omission de tout ce qui est en relation avec la légalisation de l’avortement dans des conditions particulières (incestes, mineures, handicapées.. etc. …) et incrimination des relations entre adultes consentants. Sans bien sûr oublier que le plan par de l’égalité à la parité,  que logiquement cela suppose qu’on a déjà l’égalité et qu’on est en quête de parité et aussi que l’égalité précède la parité. Pour moi ça ne colle pas du tout...

    Personnellement, depuis qu’elle est là, je sens qu’on recule, que la femme est humiliée tous les jours et que l’on n’avancera pas. Encore, 4 ans avec elle comme ministre et tout acquis sera perdu.

    C’est pour ça qu’aujourd’hui j’appelle, à signer la pétition pour la démission de « Bassima Hakkaoui », elle ne nous représente pas !
     http://www.ipetitions.com/petition/vengeons-ripamina-appel-a-la-demission-de-la/

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    Le raté de Bassima Hakkaoui sur Al Jazeera 

    Par Telquel, 25/7/2013


    Le raté de Bassima Hakkaoui sur Al JazeeraPassage raté pour Bassima Hakkaoui, ministre de la Femme et du développement social, sur la chaîne Al Jazeera. Interpellée sur la question de l’avortement, elle a rejeté en bloc les chiffres avancés par les associations, sans proposer l’ombre d’une stratégie pour gérer ce dossier. Quant au problème des enfants des rues, la responsable islamiste a expliqué que “ce sont les matchs de foot qui attirent ces enfants, qui restent coincés dans la ville faute de moyens pour rentrer chez eux”.
    http://www.telquel-online.com/Essentiel/Le-rate-de-Bassima-Hakkaoui-sur-Al-Jazeera/532

mardi 22 janvier 2013

Le gouvernement marocain fait un pas vers l'abrogation d'une loi décriée sur le viol




Le Monde.fr avec AFP 21/1/2013

Manifestation le 17 mars 2012 à Rabat pour dénoncer la mort d'Amina Filali. La jeune femme s'était suicidée après avoir été contrainte d'épouser l'homme qui l'avait violée

Le gouvernement islamiste du Maroc a apporté lundi son soutien à une proposition de loi visant à abroger un article du code pénal permettant à un homme coupable de viol sur mineure d'échapper à la prison s'il épouse sa victime, une mesure très attendue au sein de la société civile. Selon l'article 475 du code pénal, le viol est puni de plusieurs années de prison, à moins que la victime et son agresseur se marient. Le suicide, en mars 2012, d'Amina Filali, contrainte d'épouser l'homme qui l'avait violée, avait toutefois fait l'effet d'un électrochoc et les appels à l'abrogation de cet article s'étaient multipliés.

Lundi, le ministère de la justice a annoncé dans un communiqué qu'il soutenait une proposition de loi de membres de la chambre des conseillers (chambre haute) prévoyant la suppression de l'alinéa qui accorde au violeur la possibilité d'épouser sa victime en vue d'éviter sa condamnation. A ce stade, il faut encore que la proposition soit notamment adoptée par les deux chambres, des conseillers et des représentants (députés).
Dans son texte, le ministère de la justice se dit également prêt à aller plus loin que la seule suppression de l'alinéa décrié, en durcissant notamment les peines encourues (jusqu'à 30 ans de prison, contre cinq ans actuellement).
"NOUS NE POUVONS PAS IGNORER CE DRAME"
A l'époque du suicide d'Amina Filali, adolescente âgée de 16 ans, la ministre de la solidarité, de la femme et de la famille, Bassima Hakkaoui, unique femme membre du gouvernement de l'islamiste Abdelilah Benkirane, avait reconnu un "vrai problème" et préconisé un "débat pour réformer cette loi". "Nous ne pouvons ignorer ce drame. Il faut étudier la situation de manière approfondie avec la possibilité d'aggraver les peines dans le cadre d'une réforme de l'article" 475 du code pénal, avait de son côté déclaré le porte-parole du gouvernement, Mustapha El-Khalfi.
Cette affaire avait été révélatrice des contradictions de la société marocaine, alors que la Constitution adoptée en juillet 2011 dans le contexte du Printemps arabe prévoit l'égalité des sexes et bannit "toute discrimination".


samedi 19 janvier 2013

Mères divorcées avec enfants : 350 petits dirhams pour survivre !

Par Imane Nigrou, AufaitMaroc, 18/1/2013 

Bassima Hakkaoui Ministre de la solidarité, de la femme,  de la famille et du développement social (PHOTO ALM/CHAFIK ARICH)
Bassima Hakkaoui Ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social (PHOTO ALM/CHAFIK ARICH)

Fonds de solidarité familiale pour les mères divorcées 

et leurs enfants

350 petits dirhams(environ 35€ ndlr). C’est la somme allouée par le Fonds de solidarité familiale au profit de la mère divorcée et à chacun de ses enfants. Encore faut-il que l’indigence de ses bénéficiaires soit prouvée. Depuis sa mise en application en février 2011 et jusqu’à fin décembre 2012, elles étaient 803 femmes en charge de leurs enfants à avoir bénéficié du Fonds. Un appel d’inscription a été adressé aux bénéficiaires potentiels de cette aide lors d’une rencontre organisée, mercredi 16 janvier, par le département de la justice, en coopération avec la Caisse de dépôt et de gestion.
C’est tout sauf un scénario surprise. De nos jours, il est fréquent et même habituel que des pères de famille condamnés par la justice à payer une pension alimentaire suite à une rupture du contrat de mariage refusent de s’en acquitter. Dans un cas meilleur, avec prise de conscience ou sous pression, ces pères de famille cèdent et honorent leurs obligations mais avec beaucoup de retard. Entre temps, des mères sont livrées à elles-mêmes et mènent un combat sans merci afin d’assurer la survie de leur petite famille. C’est dans le dessein de leur apporter soutien que l’article 16 de la  loi de Finances 2010 avait prévu la création du Fonds de solidarité familiale.
Cette aide qui se chiffre à 350 DH pour chaque bénéficiaire plafonnée à 1.000 DH la famille est cependant jugée insuffisante. Ce point a été largement appuyé lors de cette rencontre par la ministre de la famille, Bassima Hakkaoui, qui, se voulant rassurante, précise : «il s’agit d’une aide qui vient s’ajouter aux autres présentées par les autres fonds tels que le Fonds de soutien de la cohésion sociale, le Fonds de développement rural et des zones montagneuses en milieu rural». Elle a également indiqué que son département suit de près l’impact de l’aide offerte par le Fonds sur le quotidien des bénéficiaires dans le cadre d’une éventuelle augmentation de l’aide.
Il est à noter que cette aide n’est allouée qu’en cas de retard de deux mois au moins dans le versement de la pension alimentaire, en cas d’impossibilité avérée d’exécuter la décision de justice relative à la pension alimentaire ou encore lorsque l’époux est absent. Par ailleurs, en plus du fait que la mère de famille et ses enfants soient dans l’une de ces situations, il leur incombe d’apporter la  preuve qu’ils sont indigents et ceci sans omettre de noter les difficultés judiciaires et les retards que les procédures d’octroi peuvent prendre. Dans ce sens, Nizar Baraka, ministre de l’économie et des finances,  précise que le département des finances agit en coordination avec le département de la justice et des libertés pour faciliter ces procédures «pour permettre aux femmes divorcées et à leurs enfants de bénéficier de ces services et protéger cette frange vulnérable de la société». A l’heure actuelle, et pour mener à bien cette opération, 160 millions DH ont été consacrés au Fonds tandis que le seuil de l’aide a été fixé à 290 millions DH. Et le besoin persiste...


jeudi 17 janvier 2013

La "petite bonne " s'est jetée de la terrasse de ses employeurs pour mettre fin a sa vie

DR

Par Association INSAF Casablanca – 14/1/2013
Communiqué informatif au sujet de " la petite bonne" qui s'est jetée de la terrasse de ses employeurs pour   mettre fin a sa vie

Le mercredi 10 janvier 2013 à 11h30, N. N.,"domestique" dans une famille de médecin au Quartier Bourgogne à Casablanca, s’est jetée de la terrasse de ses employeurs pour mettre fin, nous dira-t-elle, à sa vie de femme physiquement exploitée et psychiquement martyrisée. Le jeune du quartier qui a tenté de la rattraper en bas de l’immeuble est décédé des suites du choc avec le corps de N. N..

Nous nous inclinons devant son acte spontané de citoyenneté et d’abnégation. Qu’il repose en paix.
Depuis la parution sur le net, mercredi soir, des premières informations concernant ce drame, nous avons tout essayé pour situer N. N. afin de lui apporter protection et soutien. Il nous a fallu trois jours pour la rencontrer dans un hôpital public de Casablanca et nous entretenir avec son père, près du commissariat du lieu du drame.
C’est dire les difficultés que nous avons, à chaque fois, à accéder à l’information et la manière inadmissible et condamnable dont la société civile est traitée pour l’empêcher de « faire son travail ».

Originaire d’un village perdu dans la région de Fès N. N. est ballottée, en tant que « petite bonne », depuis près de 5 ans, entre plusieurs grandes villes du centre et du sud du pays. Comme pour les très nombreuses « petites bonnes » que nous avons « sauvées », son maigre salaire était perçu, directement, par son père.
En 2010, elle a été victime d’un viol à Marrakech qui a marqué un tournant dramatique dans sa, déjà triste, vie. Ses parents auraient refusé de la recevoir à leur domicile et s’arrangent, depuis, à l’envoyer de maison en maison.
Blessée et exaspérée, elle a tentée de mettre fin à sa vie en se coupant les veines.
Devant l’indifférence de son entourage et la poursuite de son exploitation, elle a décidé de recommencer en se jetant de la terrasse de ses employeurs.

Aujourd’hui, nous essayons avec nos moyens et ceux des associations partenaires de lui assurer, avec son accord, une aide psychologique, un accueil en foyer et une prise en charge dans sa région d’origine.
Par-delà l’aspect anecdotique nécessaire pour informer l’opinion publique et interpeller les institutionnels concernés/responsables, cette dramatique affaire nous ramène à la réalité de la problématique des « petites bonnes » et à ses conséquences inhumaines que nous condamnons et que nous combattons avec force et détermination.
Nous confirmons que l’éradication de cette pratique inhumaine est possible.
A Chichaoua, nous avons pu sauver près de 200 filles.
A El Kelaâ des Sraghnas, nous en avons sauvé plus de 50.
Les filles retirées du travail domestique sont à l’école. En 2012, deux des filles ont obtenu le baccalauréat. Dans les zones de notre intervention, plus personne ne fait commerce de ses enfants.
Grâce à la mobilisation du Collectif associatif pour "l’éradication de l’exploitation des filles mineures dans le travail domestique", l’ancien gouvernement a introduit des articles pénalisant l’emploi des filles mineures dans le travail domestique.
Mais, l’affaire de N. N. nous rappelle l’urgence de promulguer une loi spécifique assortie de dispositions et de moyens concrets pour garantir le retrait des  "petites bonnes" du lieu de leur exploitation, leur protection, leur accompagnement médical et psychologique et leur réinsertion sociale et à l’école.
Nous coordonnons les actions à entreprendre avec nos partenaires dans le cadre du Collectif associatif et en appellerons à toutes et tous de nous y joindre.
Association INSAF Casablanca – Maroc14 janvier 2013

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Maroc : Aucun ministre au chevet de la bonne qui a tenté de se suicider 

 Par
 
Nassima. C'est le prénom de la jeune femme de ménage, qui a tenté de se suicider le 9 janvier dernier en sautant du 5ème étage d'un immeuble du quartier casablancais Bourgogne. Après avoir passé plusieurs jours à l'hôpital, elle en est ressortie comme si de rien n'était. Aucun officiel, pas même la ministre de la Femme et de la Famille, Bassima Hakkoui, ne se sont rendus à son chevet pour s'enquérir de son état de santé.
C’est avant-hier, lundi 14 janvier, que Nassima, la jeune bonne de 19 ans, qui avait tenté de suicider le 9 janvier dernier est sortie de l’hôpital à Casablanca, nous a fait savoir aujourd’hui Omar El Kindi, le directeur de l’association Insaf. Nassima souffre d'un traumatisme cranien, d'une fracture au bras, d'une jambe cassée et de plusieurs hématomes sur le corps. Dès sa sortie, elle a été prise en charge par la Ligue Démocratique des droits des femmes et se trouve actuellement dans l’un de ses centres d’accueil à Casablanca.

Où est Bassima Hakkaoui ?
Cependant, entre le temps où la jeune femme est entrée de l’hôpital pour recevoir des soins et en est sortie, aucun officiel, aucun ministre, pas même Bassima Hakkoui, ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social ne se sont rendus au chevet de la jeune femme pour savoir comment elle allait. Yabiladi a tenté de joindre la ministre cet après-midi, mais sans résultat.
Pourtant, le Premier ministre Benkirane n’a pas hésité à rendre visite « en secret » à la famille du jeune homme décédé après avoir tenté de rattraper la jeune femme dans sa chute, rapporte le site Mediapart parlant d’une visite le 9 janvier, le jour-même de son décès. « Ca ne coûtait rien au Premier ministre d’aller voir après, par curiosité, comment se sentait la jeune femme. Elle a été admise et soignée dans le pavillon 4 du CHU de Casablanca, un genre de hangar ouvert à tout le monde, où n’importe qui pouvait l’approcher », déplore Omar El Kindi. « Qu’aucun officiel ne se déplace après une tentative de suicide, on peut comprendre mais la manière dont cette affaire a été médiatisée, quelqu’un aurait pu au moins se déplacer. Chacun doit jouer son rôle », ajoute-t-il.
La tentative de suicide de Nassima intervient au moment d’une autre tragédie : le décès de la famille Berrada le 5 janvier dernier dans le crash de leur avion bimoteur en France. Farid Berrada, PDG de la société Colorado, son épouse et ses trois enfants ont été enterrés hier à Casablanca. Des funérailles au cours desquelles se sont déplacés massivement des leaders politiques et chefs d’entreprises. La liste est longue : Abdelilah Benkirane, Taïb Fassi-Fihri, conseiller royal aux affaires étrangères, Karim Ghellab, président de la Chambre des représentants, Nabil Benabdallah, le ministre de l’Habitat, Driss Jettou, Président de la Cour des comptes ou encore Mohamed Kettani, PDG de Attijariwafa Bank.

30 000 petites bonnes travaillent encore !
Avec tout le respect que nous devons à la mémoire de la famille décédée et à ses proches, on ne peut rester indifférent face à ce manque d'égard de la part des autorités du pays. Lorsqu’une bonne tente de se suicider pour la deuxième fois afin de mettre fin à son calvaire, aucun élu ou officiel ne demande après elle, ni n’est là pour l’écouter ou la réconforter.
La jeune femme vit pourtant un véritable cauchemar depuis qu’elle a 14 ans, âge où elle a commencé à travailler comme petite bonne à tout faire chez des familles aisées à Marrakech et à Casablanca. Un cauchemar qui n'est que le fruit des maux de la société marocaine dans laquelle elle a grandi. Le salaire qu’elle touchait allait directement dans les poches de ses parents qui la forcaient à travailler. En 2010, elle est victime d’un viol et s’ouvre les veines pour tenter de mettre fin à ses jours. Nassima a vécu et continue de vivre certainement ce que des milliers d’autres jeunes filles marocaines vivent au quotidien en silence. D’après les chiffres du Collectif pour l’éradication de l’exploitation des petites bonnes et l'Unicef, 30 000 fillettes travaillent encore aujourd'hui comme domestiques au Maroc alors que le pays interdit le travail avant 15 ans et que les enfants sont obligés d’aller à l’école jusqu’à 16 ans.

« Le lieu de vie des petites filles est chez leurs parents plutôt que chez des employeurs, leur présence doit être obligatoire dans les écoles pour les former et les préparer à faire face aux réalités de notre société et leur temps doit être dédié à l’épanouissement personnel, psychologique et social qui leur permet une meilleure intégration et prise de conscience de leurs facultés et leur personnalité », affirme Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la famille, de la femme, du développement social, interrogée sur le sujet.
Aucune pudeur
Lors de notre entretien avec Omar El Kindi, ce dernier déplore la manière sensationnaliste dont les médias ont couvert l’affaire de la jeune bonne. Il explique avoir été choqué de voir la vidéo de Nassima dans son lit à l’hôpital, sans que la personne qui a filmé, ne floute une partie du visage de la jeune femme en guise de respect. Il s’est dit également choqué de voir la une d’un journal arabophone d’il y a quelques jours publiant le visage plein d’echymoses de la jeune femme.
 http://www.yabiladi.com/articles/details/14975/maroc-aucun-ministre-chevet
 

jeudi 27 décembre 2012

« La promotion des droits des femmes doit se faire graduellement » selon Benkirane

La dernière comparution de Benkirane au parlement a été réservée aux femmes. A l’exception des députées du PJD, les groupes ont quasiment tous pointé du doigt l’absence d’une politique claire du gouvernement sur ce dossier. 
Hier à la Chambre des représentants, la condition de la femme et les violences conjugales étaient au cœur de la séance mensuelle des questions de politiques générales. Un sujet sur lequel le gouvernement n’est guère à l’aise, la présence d’une seule ministre en est bien la cause. Associations, partis politiques, y compris de la majorité, sont tous unanimes pour décrier cette injustice, contraire à l’article 19 de la constitution qui appelle l’État marocain à œuvrer « à la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes. Il est créé, à cet effet, une Autorité pour la parité et la lutte contre toutes formes de discrimination. » Une instance qui attend, encore, de voir le jour.
Parfaitement conscient que son équipe n’a rien entrepris, jusqu’à présent, pour améliorer les conditions de la femme, Abdelilah Benkirane a commencé par lire une réponse écrite au cours de laquelle, il a effectué un voyage dans le temps, faisant d’abord une escale en 2004 pour parler de l’adoption d’un nouveau code de la famille puis en 2007, l’année qui a connu la réforme autorisant la femme marocaine à octroyer sa nationalité à ses enfants de père étranger.
Quant à l’avenir, le chef de l’exécutif a été contraint encore une fois de puiser dans la déclaration de son gouvernement, de janvier 2012, afin de réitérer que son équipe s’est engagée, durant son mandat, à prendre 17 mesures d’appui à l’égalité entre les hommes et les femmes. Benkirane a rappelé le plan d’action « Ikram » lancé par le département de Bassima Hakkaoui. Un projet qui a fait table rase de toutes les actions entreprises par les gouvernements précédents.

Benkirane contre son ministre de l’Education nationale
Une fois éloigné des réponses que ses conseillers lui ont préparées, Benkirane commence par déraper. Florilège. Sur la présence d’une seule femme dans son gouvernement, il renvoie la balle aux partis politiques qui ne lui ont pas présenté des candidates.
Sur la parité, il rappelle aux députées que si elles sont au parlement c’est grâce à la liste nationale (60 sièges), soulignant que sur 335 élus, issus des listes locales, seules figurent 7 femmes. Et de lancer aux députées «la promotion des droits des femmes doit se faire graduellement». Une opération qui, selon lui, « requiert discernement et maturité » afin de préserver l'union de la famille marocaine.
Interpellé sur l’absence de nouvelles femmes dans la liste des walis et gouverneurs, Benkirane a brandi la carte du manque de profils féminin adéquat pour exercer ce genre de fonctions. Et il a avancé le même argument pour l’absence totale de femmes consuls nommées par le département des Affaires étrangères. Des réponses n’ont pas convaincu les députées.
Saisissant une intervention d’une députée du PAM sur les conditions des jeunes femmes enseignantes affectées dans des régions lointaines, Benkirane a enjoint son ministre de l’Education nationale, l’istiqlalien Mohamed El Ouafa, de mettre un terme à ces nominations. Et de l’appeler à appliquer le principe de la discrimination positive.
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Violence contre les femmes Benkirane charge le HCP
Le taux des femmes violentées jugé irréaliste
Il a appelé l’opposition à faire preuve de patience
L’opposition déplore le retard dans la mise en place des instances constitutionnelles 
Violence contre les femmes Benkirane charge le HCP     Lors de son passage devant la Chambre des représentants, Abdelilah Benkirane n’a pas hésité à titiller les femmes en avançant qu’en «vertu des chiffres du HCP, il y aurait certainement parmi elles des femmes battues» 

  
Interpellé sur le bilan de son équipe au niveau de la promotion des droits de la femme lors de la séance mensuelle des questions sur les politiques publiques lundi dernier à Rabat, Abdelilah Benkirane n’a pas été convaincant. Il s’est contenté de rappeler des initiatives lancées par ses prédécesseurs suite à des instructions royales, ou encore des mesures prévues dans la Constitution ou dans le programme gouvernemental, mais qui sont restées lettre morte. C’est pour cela que majorité et opposition ont critiqué l’intervention de Benkirane et ont affiché leur volonté de savoir clairement «quand et comment le gouvernement compte concrétiser sa stratégie pour la promotion de la situation de la femme». Des députés de l’opposition, à l’image de Rachida Benmassaoud de l’USFP, ont critiqué l’approche du gouvernement, qui «agit plus en réactions qu’à travers des initiatives volontaristes». Or, pour le Chef du gouvernement, «la Constitution a incité à tendre progressivement vers la parité». Il s’en est pris aux députés de certains partis ayant conduit ou participé aux gouvernements précédents. «Vous ne pouvez pas me réclamer de tout résoudre dans une courte période, alors que vous n’avez pas réussi à régler ces problèmes lorsque vous étiez au gouvernement. Je ne suis pas en train de vous juger, mais je vous demande d’être patients», a-t-il lancé. Benkirane a été également interpellé sur la question de la violence à l’égard des femmes. Les députés ont estimé qu’en dépit des stratégies nationales de lutte contre cette forme de violence, les statistiques n’ont cessé d’augmenter. Au point où les derniers chiffres du Haut commissariat au plan (HCP) parlent de près de 60% de femmes violentées. Un chiffre que Benkirane a qualifié «d’irréaliste». Selon lui, «il y aurait eu certainement une erreur dans le calcul, car je crois que c’est exagéré même s’il s’agit d’un échantillon». Le Chef du gouvernement n’a pas hésité à titiller les députées en estimant qu’en «vertu de ces statistiques, il y aurait certainement parmi elles des femmes battues». De son côté, Bouchra Berjal, députée UC, a interpellé Benkirane sur ce qu’elle a qualifié de violence politique. Elle faisait allusion à «la privation des femmes de l’accès aux portefeuilles ministériels et aux hautes fonctions». En effet, plusieurs parlementaires ont critiqué la quasi-absence des femmes dans les nominations des gouverneurs mais aussi des consuls, après que le Chef du gouvernement avait promis de se rattraper suite à la nomination d’une seule femme dans l’équipe gouvernementale. Or, pour Benkirane, «il n’est pas raisonnable de nommer des femmes dans des postes de responsabilité uniquement pour plaire aux parlementaires. Ces femmes doivent d’abord faire leurs preuves ailleurs, notamment au sein des structures des partis, avant d’accéder aux hautes fonctions» (voir notre édition du 25 décembre). «Nous devons savoir que nous sommes au début du traitement de cette problématique, et nous devons éviter les spéculations et coopérer pour dépasser cette situation», a-t-il ajouté. Un constat que ne semblent pas partager les partis de l’opposition qui ont considéré qu’il «ne s’agit pas du début du processus, puisqu’il y a un cumul sur lequel nous devons capitaliser». Globalement, les partis de l’opposition ont considéré que les statistiques sur la violence à l’égard des femmes doit pousser l’Exécutif à «chercher des solutions innovantes pour mettre fin à cette pratique». Les députés ont été unanimes à déplorer le retard enregistré au niveau de la mise en place de certaines instances comme celle relative à la parité et la lutte contre la discrimination. De son côté, Benkirane a considéré que «la lutte contre la violence à l’égard des femmes nécessite l’adoption de mesures préventives reposant sur une culture de droits, la révision de l’arsenal juridique et son application rigoureuse».
Quid de Amina Filali
Le mariage des mineures était également au cœur des débats autour de la promotion de la situation de la femme. Sur ce point, le Chef du gouvernement a promis de prendre des mesures interdisant aux magistrats de statuer sur les mariages des mineures de moins de 15 ans. «Ces mariages seront interdits», a-t-il affirmé. Rappelant l’affaire de Amina Filali, Benkirane a souligné que «la défunte ne s’était pas suicidée suite à son mariage avec son violeur, mais plutôt parce qu’elle a été maltraitée par la famille de l’époux». Il a annoncé que l’article 475 du Code pénal sera supprimé pour mettre fin à cette problématique.


mercredi 5 décembre 2012

Oum Hamza » et les carabistouilles de Benkirane


Par Salah Elayoubi, demainonline

Oum Hamza
On ne compte plus les déclarations indignes des membres du gouvernement marocain sur l’une ou l’autre des problématiques de notre pays. C’est dans l’absence de vision politique et de tout  projet sociétal qu’il faut rechercher une explication à cette cacophonie digne d’une clownerie grandguignolesque.
On se souvient de Bassima Hakkaoui,  pourtant ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, bottant lamentablement en touche, sur le dossier de l’avortement ou encore de sa sortie sur le drame des enfants de la rue, qu’elle imputait aux matchs de foot agissant comme un aimant, dans la capitale économique,  face à un journaliste d’El Jazeera stupéfait. Mais qu’attendre de cette femme résignée qui ne s’est jamais, au moins étonnée, sinon offusquée,  de sa solitude dans le gouvernement, au milieu de tous ces hommes qui, même sur la photo officielle n’ont même pas eu l’élégance de lui céder une place au premier rang.
Que dire de Mohamed El Ouafa, pitoyable ministre de l’éducation nationale, cumulant  les bourdes, entre déclaration sotte, relevant de la pure fanfaronnade, sur le système scolaire américain et suggestion libidineuse à peine voilée, à son vis-à-vis, cette écolière qu’il a invitée à se trouver un mari.
Mustapha Ramid, en bon ministre, en charge de l’injustice, est passé, pour ce qui le concerne,  du « Forum de la dignité »,  aux déclarations indignes, en affirmant qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques au Maroc. Une insulte à l’intelligence de ses semblables qui n’ignorent pas que les marocains qui ont été condamnés par des juges aux ordres, l’avaient été pour s’être s’occupés de politique, depuis que leurs politiques s’étaient mis en tête de  se préoccuper d’enrichissement, de fructifications de comptes bancaires, de primes, d’acquisitions  immobilières, de limousines, et pour être tout à fait vulgaire, de « flouss » !
Chaque semaine amène sa moisson de perles, dont la dernière et pas des moindres, est celle du Premier de nos ministres, qui, pour justifier la répression des mouvements de protestations pacifiques  qui émaillent chaque jour les rues de nos villes, n’a rien imaginé mieux qu’imputer les violences à des manifestants, dont il prétend qu’ils sont armés de gourdins et de coutelas, infligeant le plus lourd bilan qu’une police puisse subir en terme de blessures, tous pays confondus ! Une autre de ces énormités auxquelles nous a habitués Benkirane.*
Ce sont les images qui se chargent de traduire la réalité et d’infirmer les propos du chef du gouvernement.  Les policiers qui s’équipaient, au début du mouvement du vingt février de protections anti-émeutes (boucliers, genouillères, coudières, casques et visières), ne prennent même plus cette précaution, pour s’attaquer aux militants dont ils connaissent le pacifisme.
Autant dire que les interventions relèvent de la promenade de santé pour des policiers qui,  non content de matraquer les citoyens, les dévalisent, les cambriolent, les rançonnent et les détroussent.

C’est à celle qu’on surnomme désormais « Oum Hamza »
que l’on doit la meilleure réponse au chef du gouvernement marocain.
Celle qui hante les manifestations du vingt février, en compagnie de ses trois fils, membres du mouvement,  raconte comment elle a été violemment extirpée du taxi qui l’emmenait à l’hôpital, s’enquérir de la santé son fils Hamza, blessé à la tête, au cours de la charge policière de dimanche.  Elle explique la violence gratuite des forces de l’ordre, les insultes les menaces et par-dessus tout, l’utilisation de barres de fer et d’outils tranchants contre les manifestants pacifiques !
Ce n’est pas la première fois que la dame apparaît sur une vidéo. Lors du faux procès intenté à ses fils, Hamza, Yassine et Mahjoub HEDDI,  pour de prétendus outrages à fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions et d’entrave à l’action de la justice, elle était apparue, au bord de l’apoplexie après la condamnation de deux d’entre eux à trois et six mois de prison. Depuis, on l’a revue haranguer les vingt févriétistes au cours d’un meeting restreint. Elle semble avoir rôdé et politisé son discours depuis. Et même si ce dernier reste basique, il n’en est pas moins frappé du coin du bon sens.
Ce dimanche 2 décembre, face à autant de violences policières gratuites, indignée, elle s’est interrogée si «…. nous ne serions face à une bande de malfaiteurs ou à une mafia ?», avant de faire mine de s’adresser aux policiers, en fixant sévèrement l’objectif de la caméra :
-          « Le peuple serait-il devenu l’ennemi, votre ennemi ? »
Ce ne sont pas tant les carabistouilles, les facéties ou les mensonges de Benkirane et son équipe, que l’indigence de la réponse qu’ils apportent aux revendications légitimes du peuple marocain qui est révoltante. Quant aux brutalités qui l’accompagnent, elles ne sont jamais que le miroir de l’impuissance du makhzen à contenir la colère populaire qui gronde depuis bien trop longtemps !
« Oum Hamza » peut donc éructer et épousseter ses deux mains, avec cette mise en garde sans frais, en forme de prophétie, aux responsables de la tragédie marocaine, au moment même où le deuxième round du printemps arabe vient de sonner pour les barbus de Tunisie et ceux d’ Egypte :
-          « Prenez bien garde au jour où le peuple descendra en masse dans la rue ! Ce jour-là, vous serez finis ! »

http://youtu.be/FXdT19rXPos
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* Humour :

Le respect des droits de l’Homme, "un choix irréversible" au Maroc

30 /11/2012



Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a assuré vendredi au Parlement que le respect des droits de l’Homme au Maroc était « un choix irréversible », en réaction à des critiques de députés évoquant de récentes violations de la part des pouvoirs publics. »Le respect des droits de l’Homme au Maroc est un choix irréversible », a déclaré M. Benkirane lors de la séance mensuelle consacrée aux questions sur la politique générale. »Le gouvernement reste vigoureusement attaché à la sauvegarde » de ces droits, a-t-il ajouté, affirmant, entre autres, que la presse exerçait « en toute liberté son métier ».Le chef du gouvernement répondait à des députés de l’opposition, notamment du Parti authenticité et modernité (PAM), qui venaient d’énumérer de « récents » cas d’atteinte aux libertés, selon eux.La presse « lance régulièrement des attaques infondées contre le gouvernement et, en dépit de cela, ce dernier ne réagit pas », a estimé Abdelilah Benkirane, ajoutant par ailleurs que les ONG marocaines pouvaient travailler « en toute liberté » sur le terrain.Le droit de rassemblement, a-t-il poursuivi, est assuré puisque plus de 17.000 manifestations ayant regroupé un total de près d’un million de personnes ont eu lieu en 2012 dans le royaume.M. Benkirane a défendu l’action de la police, alors que les manifestations de diplômés chômeurs ou du mouvement du 20-Février sont parfois dispersées par la force. »La dispersion par la police de rassemblements (non autorisés) se fait lorsque la circulation sur la voie publique est perturbée ou l’ordre public menacé », a-t-il fait valoir, jugeant que cela se passait « ainsi dans (tous) les pays du monde ».
 http://www.1001infos.net/maroc/le-respect-des-droits-de-lhomme-un-choix-irreversible-au-maroc.html





Trouble sur la voie publique !