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samedi 3 mai 2014

Sur France Inter : Microcrédit, comment se faire des perles avec la sueur des pauvres ?

Chèr-es ami-es qui avez soutenu cette lutte et donné espoir aux femmes de la région de Ouarzazate, 

vous pouvez écouter l'émission sur la lutte des femmes contre le  microcrédit à Ouarzazate aujourd'hui lundi à 15h heure française première partie et demain mardi  2ème partie sur le site  de France Inter, rubrique programme puis émission La-bas si j'y suis:
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-au-maroc-les-dangers-du-micro-credit
Merci de relayer l'information, la lutte continue
Souad

 l'émission du lundi 28 avril 2014

Microcrédit, comment se faire des perles avec la sueur des pauvres ?

Dans une rue à Ouarzazate © Radio France - 2014 / Anaëlle Verzaux

Femmes marocaines soumises et voilées ? Pas toujours, pas ici à Ouarzazate où elles sont en lutte contre les requins du microcrédit pour abus de confiance, et conditions de crédit insoutenables qui ont entraîné surendettement et paupérisation aggravée. Pourtant, face à la pauvreté, le microcrédit faisait l'unanimité. Son fondateur, Muhammad Yunus, le "banquier des pauvres", prix Nobel 2006, incarnait cette générosité "équitable et durable", base du capitalisme social. Ils seraient 200 millions à travers le monde à "bénéficier" de cette aide. Aide ? Certes on trouve des exemples de réussite. Mais aussi beaucoup d'échecs et de faillites et de colère face aux sociétés prêteuses qui bâtissent des fortunes sur la misère du monde.
Reportage à Ouarzazate : Anaëlle Verzaux
 À lire
La microfinance : entre utilité sociale et rentabilité financière, de Florent Bédécarrats (2013, éditions L’Harmattan)
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Microcrédit, comment se faire des perles avec la sueur des pauvres ? (2) 


Amina Morad, leader du mouvement de lutte contre le microcrédit à Ouarzazate © Radio France - 2014 / Anaëlle Verzaux

Dans la région de Ouarzazate, au Maroc, 4600 personnes refusent de rembourser les prêts des organismes de microcrédit et réclament l’audit de ces institutions et leur convocation devant les tribunaux. C'était pourtant la solution miracle. Le microcrédit devait émanciper les plus pauvres en leur procurant des sommes modiques afin qu'ils puissent développer une activité. "Utiliser le capitalisme pour faire du bien", disait le banquier aux pieds nus. Bilan aujourd'hui, quelques rares miracles et beaucoup de désastres. Taux d'intérêts prohibitifs, méthodes de recouvrement mafieuses, entraînant jusqu'à des vagues de suicides comme en Inde. Derrière l'aura de sainteté du microcrédit, seuls les prêteurs profitent. À Ouarzazate, c'est les organismes de prêts qui poursuivent les victimes devant la justice !
Mais elles se battent ....
Le second volet d'un reportage à Ouarzazate d'Anaëlle Verzaux
 http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-microcredit-comment-se-faire-des-perles-avec-la-sueur-des-pauvres-2
 Programmation musicale
- Match Bettikh, par Gnawa Diffusion
- Whowa, par Oum
- Crédit, par Tama
 À visiter
Le site du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM), pour avoir des échos de laCaravane Internationale de Solidarité avec la lutte des femmes contre le microcrédit.
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  • Microcrédit. Pour une poignée de dirham
    par Pauline Imbach , Reine Tem , Sihem Azak, 25 avril
    Ce n’est pas le titre d’un film tourné à Ouarzazate au Maroc dans les studios de l’Atlas, mais l’histoire de milliers de femmes victimes du microcrédit. Lire ici 
  • Première journée du Séminaire du CADTM Afrique « Femmes, dette et microcrédit »
    par Christine Vanden Daelen, 22 avril. Lire ici 
  • Première réunion du Conseil international du CADTM à Rabat, Maroc
    par Maria Elena Saludas, Pauline Imbach, 21 avril. Lire ici 
  • Faire le procès de la Banque mondiale et mettre la Banque mondiale en procès
    par Najib Akesbi, IAV H2, Rabat, 18 Avril 201. Lire ici 
  • jeudi 25 juillet 2013

    Visite de solidarité avec les mineurs d’AGM mine( akka gold mining) , province de Tiznit



      le dimanche 21 juillet 2013 par Said , Wahid et Tisgmine



    La mine est située dans la province de Tiznit et à environ 70 Km au Sud Est   de Tafrout (soit à 280  au sud Est d’Agadir)


      L’exploration géologique  remonte aux années 80 et l’abattage a commencé  avec le BRPM ( bureau des recherches et des participations minières) 1996 et après l’étude de faisabilité l’exploitation  a commencé 1998 avec l’ONA( la société national d’investissement  actuellement). Mais la déclaration n’a été faite que 2001 .


    L’extraction a engendré des  impacts négatifs sur le milieu naturel (la pollution de l’air, du sol, de l’eau et la surexploitation de eaux souterraines (dans ce cadre les habitants du douar Inlioua proche de la mine  ont manifesté et ont arrêté le puits Sud jusqu’à ce que l’administration de la mine accepte de rembourser les quantités de l’eau qui a été asséché par l’exploitation ).


    Quand aux ouvriers ils travaillent dans une zone éloignée et dans  des conditions  de travail très sévères et risquées ( le travail dans le fond de la mine qui atteint 930 m de profondeur où les travailleurs sont exposés aux blessures voire à la mort (mort au moins de cinq personnes) ; aussi sont-ils  exposés à des maladies chroniques, à savoir : la silicose-à cause de l’inhalation de particules de silice dans le poumons ce que provoque des blessures dans les poumons et l’incapacité de respiration; la surdité-comme résultat du bruit des engins et des tirs de mines, aussi la sensibilité des yeux…..





     Alors le premier  bureau syndical  (CDT) des ouvriers titulaires (AGM) a été constitué en avril 2011, puis le deuxième bureau syndicale serait constitué pour les temporaires des trois sociétés soustraitantes de la même famille de Agazoumi qui sont : Agazoumi ; Top forage et Polytramines ; aussi  si AGM a besoin des ouvriers, Agazoumi les emploie sous forme de régie autrement l’ouvrier reste à la disposition de AGM mais administrativement il est lié à Agazoumi….

       Ces syndicalistes ont fait un sit-in à côté du puits principal de l’extraction -Puits Nord- depuis 13 jours  en protestant contre  la transmission  arbitraire de cinq activistes en réclamant la fin du chantier de Bouzarif -Province de Tata et le cahier revendicatif se résume en :


    1-    Le retour des activistes exclus et transmis à Oumgrane , au travail dans le même chantier ;

    2-   La déclaration des ouvriers dans la CNSS avec l’octroi des mêmes points que les jours travaillés ;

    3-    L’amélioration des salaires ;

    4-    L’embauche pour tous les temporaires ;

    5-    Arrêter le changement de matricule tous les trois dans la fiche de paie des temporaires ;

    6-    L’amélioration de la prime au logement ;

    7-    L’amélioration de la prime Aid Aladha ;

    8-    Le congé  annuel.

      De sa part l’administration fait croire à la minorité qui travaille  que l’extraction est normale et a essayé de briser la grève  en affectant les maçons (ouvriers journaliers qui travaillent dans le génie civil de la mine sans fiche de paie ) dans l’usine de traitement ! Parce que les gens qui ont de l’expérience sont en grève elle a essayé aussi de former les nouveaux pour exercer des tâches, et les affecter dans chantiers lointains, mais le militantisme et le combat des gréviste ont mis fin aux initiatives de l’administration.

    L’administration prétend qu’elle va arrêter l’exploitation dans ce site parce qu’il n’est rentable ! comme prétexte à ne pas répondre aux revendications des ouvriers.

    On note la non participation et la non solidarité  des techniciens , des agents de maitrise et des ingénieurs dans la grève ; bien qu’ils soient exploités et que  la majorité d’eux est universitaire !


    Une caravane de solidarité a été organisée par la CDT Agadir le Mardi 23 Juillet 2013 , en commençant par un sit-in devant  la province de Tiznit  puis un autre sit-in avec les femmes des mineurs grévistes puis un autre sit-in devant la mine  .


     Un débat a été fait  avec l’administration a abouti à la réalisation de trois points du dossier revendicatif, et les autres points seront discutés le 03 Septembre prochain :

    1- Le retour des activistes exclus et transférés à Oum Jrane , au travail dans le même chantier : ces activistes du syndicat ont refusé la transmission vers la mine  Oum Jrane pour éviter le harcèlement de l’administration puisque le syndicat est absent là , alors l’administration est  pour le traitement  normal de ces activistes comme tout le monde  avec uneaugmentation salariale de 50% ;

    3-L’amélioration des salaires : une augmentation  est promis par l’administration, en fonction de l’ancienneté 5%,10% et 15% ;
    5-Arrêter le changement du matricule tous les trois dans la fiche de paie des temporaires : l’administration a promis
    La  conservation de la même date  d’embauche

    SALUTATIONS



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    Photo1 : sit-in pour revendiquer le respect de la convention signée  avec l’administra

    samedi 25 mai 2013

    1500 ouvriers et ouvrières agricoles ont exprimé leur colère devant le siège du ministère de l'emploi.



    Par Aziki Omar , Attac-Maroc, 17/5/2013


    1500 ouvriers et ouvrières agricoles venant de différentes régions agricoles du pays ont exprimé leur colère devant le siège du ministère de l'emploi.
     Ce dernier, dont la mission principale est de veiller (soi disant) sur le respect du code de travail, n'a pas pris la peine de descendre de son bureau pour répondre aux revendications des protestataires , au contraire il a fait appel aux forces de l'ordre pour barrer la porte du ministère afin de le protéger. 
    Les victimes de l'exploitation et de la discrimination , encadré (e)s par la FNSA,  connaissent la source de leurs malheurs et ils ont décides de conquérir leur dignité et arracher leurs droits.

    http://www.youtube.com/watch?v=u9FXBcsJ5cM
       بدل النزول من مكتبه للتحاور مع العاملات والعمال اختار وزير التشغيل الاحتماء بقوات البوليس

    وقفة غضب واحتجاج ضد القهر والتهميش والتمييز وغياب الحوار نظمتها الجامعة الوطنية للقطاع الفلاحي امام مقر وزارة التشغيل ضمت ما يناهز 1500 عامل وعاملة زراعية قدموا من مختلف المناطق . 3 ساعات انزوى فيها وزير التشغيل في مكتبه الوثير بعد ان استدعى قوات السيمي لحمايته من غضب العمال والعاملات الذين من اجلهم تم اسوزاره . الجبن وانعدام الديمقراطية وتواطؤه مع فاروق شهير و فقدان القدرة على التجاوب مع مطالب العاملات والعمال الزراعيين جعلت السيد سهيل غير قادر على مواجهة اكبر واقوى نقابة بالقطاع الفلاحي والغابوي

    Extrait d'un article de Lakome :


    La question du salaire minimum agricole est un autre point de contentieux. Les syndicats ont d'ailleurs organisé une grande marche nationale début mai devant le ministère de l'Emploi pour réclamer la mise en œuvre de cet accord signé en avril 2011, qui prévoyait d'aligner progressivement le Smag d'ici trois ans.

    Le salaire minimum agricole ne s'élève qu'à 1576 DH par mois (48h de travail par semaine), contre 2431 DH pour le commerce et les services (44h par semaine). 80% des ouvriers agricoles ne sont pas déclarés à la CNSS. Les grands exploitants agricoles, le roi Mohammed VI en tête avec les Domaines Agricoles, disposent eux d'une exonération fiscale décidée par le roi lui-même (4,1 milliards DH de manque à gagner pour l'Etat au total en 2012), ainsi que des subventions publiques pouvant représenter aujourd'hui plus de 40% du coût d'investissement...

     http://fr.lakome.com/index.php/politique/831-embauche-directe-des-diplomes-chomeurs-la-justice-dement-benkirane

    vendredi 5 avril 2013

    Affaire des victimes des microcrédits de la région de Ouarzazate



    Solidarité avec Amina Mourad et Benasser Ismaini, coordinateurs du mouvement des victimes des microcrédits de la région de Ouarzazate
    par Souad Guennoun, Attac-Maroc, 4/4/2013
    Amina Mourad et Benasser Ismaini  sont convoqués au tribunal de Ouarzazate le 4 avril 2013.
    Leur procès a été reporté 14 fois. Les représentants des 5 organismes de  microcrédits qui avaient porté plainte ne se présentant pas aux convocations du tribunal.
    Amina Mourad et Benasser Ismaini sont trainés en justice pour avoir défendu, rassemblé les victimes des microcrédits dans leur région et mis à nu les abus des organismes des microcrédits.
    Aujourd’hui, au tribunal de Ouarzazate, 4 des 5 organismes de microcrédits se sont rétractés, ont retiré leur plainte, sans pour autant envoyer leurs avocats.
    Le procès est reporté au 25 avril 2013.
    C’est une première victoire pour le mouvement des victimes contre les organismes de microcrédits de la région de Ouarzazate. Les victimes des organismes des microcrédits qui sont venues en nombre manifester leur solidarité devant le tribunal,  ont marché dans la ville à l’annonce du jugement, en lançant les slogans : « dégage microcrédits » accompagnés de you you. La solidarité est plus qu’urgente et nécessaire pour transformer ce succès en victoire pour toutes les victimes des organismes de microcrédits et pour étendre et développer ce mouvement dans toutes les villes et régions.
    Pour exiger un réel développement qui s’attaque en profondeur aux sources de la pauvreté et stopper l’engrenage de la dette , pour des droits et une justice sociale, pour le jugement des organismes qui se nourrissent de la pauvreté des femmes.

    jeudi 17 janvier 2013

    La "petite bonne " s'est jetée de la terrasse de ses employeurs pour mettre fin a sa vie

    DR

    Par Association INSAF Casablanca – 14/1/2013
    Communiqué informatif au sujet de " la petite bonne" qui s'est jetée de la terrasse de ses employeurs pour   mettre fin a sa vie

    Le mercredi 10 janvier 2013 à 11h30, N. N.,"domestique" dans une famille de médecin au Quartier Bourgogne à Casablanca, s’est jetée de la terrasse de ses employeurs pour mettre fin, nous dira-t-elle, à sa vie de femme physiquement exploitée et psychiquement martyrisée. Le jeune du quartier qui a tenté de la rattraper en bas de l’immeuble est décédé des suites du choc avec le corps de N. N..

    Nous nous inclinons devant son acte spontané de citoyenneté et d’abnégation. Qu’il repose en paix.
    Depuis la parution sur le net, mercredi soir, des premières informations concernant ce drame, nous avons tout essayé pour situer N. N. afin de lui apporter protection et soutien. Il nous a fallu trois jours pour la rencontrer dans un hôpital public de Casablanca et nous entretenir avec son père, près du commissariat du lieu du drame.
    C’est dire les difficultés que nous avons, à chaque fois, à accéder à l’information et la manière inadmissible et condamnable dont la société civile est traitée pour l’empêcher de « faire son travail ».

    Originaire d’un village perdu dans la région de Fès N. N. est ballottée, en tant que « petite bonne », depuis près de 5 ans, entre plusieurs grandes villes du centre et du sud du pays. Comme pour les très nombreuses « petites bonnes » que nous avons « sauvées », son maigre salaire était perçu, directement, par son père.
    En 2010, elle a été victime d’un viol à Marrakech qui a marqué un tournant dramatique dans sa, déjà triste, vie. Ses parents auraient refusé de la recevoir à leur domicile et s’arrangent, depuis, à l’envoyer de maison en maison.
    Blessée et exaspérée, elle a tentée de mettre fin à sa vie en se coupant les veines.
    Devant l’indifférence de son entourage et la poursuite de son exploitation, elle a décidé de recommencer en se jetant de la terrasse de ses employeurs.

    Aujourd’hui, nous essayons avec nos moyens et ceux des associations partenaires de lui assurer, avec son accord, une aide psychologique, un accueil en foyer et une prise en charge dans sa région d’origine.
    Par-delà l’aspect anecdotique nécessaire pour informer l’opinion publique et interpeller les institutionnels concernés/responsables, cette dramatique affaire nous ramène à la réalité de la problématique des « petites bonnes » et à ses conséquences inhumaines que nous condamnons et que nous combattons avec force et détermination.
    Nous confirmons que l’éradication de cette pratique inhumaine est possible.
    A Chichaoua, nous avons pu sauver près de 200 filles.
    A El Kelaâ des Sraghnas, nous en avons sauvé plus de 50.
    Les filles retirées du travail domestique sont à l’école. En 2012, deux des filles ont obtenu le baccalauréat. Dans les zones de notre intervention, plus personne ne fait commerce de ses enfants.
    Grâce à la mobilisation du Collectif associatif pour "l’éradication de l’exploitation des filles mineures dans le travail domestique", l’ancien gouvernement a introduit des articles pénalisant l’emploi des filles mineures dans le travail domestique.
    Mais, l’affaire de N. N. nous rappelle l’urgence de promulguer une loi spécifique assortie de dispositions et de moyens concrets pour garantir le retrait des  "petites bonnes" du lieu de leur exploitation, leur protection, leur accompagnement médical et psychologique et leur réinsertion sociale et à l’école.
    Nous coordonnons les actions à entreprendre avec nos partenaires dans le cadre du Collectif associatif et en appellerons à toutes et tous de nous y joindre.
    Association INSAF Casablanca – Maroc14 janvier 2013

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    Maroc : Aucun ministre au chevet de la bonne qui a tenté de se suicider 

     Par
     
    Nassima. C'est le prénom de la jeune femme de ménage, qui a tenté de se suicider le 9 janvier dernier en sautant du 5ème étage d'un immeuble du quartier casablancais Bourgogne. Après avoir passé plusieurs jours à l'hôpital, elle en est ressortie comme si de rien n'était. Aucun officiel, pas même la ministre de la Femme et de la Famille, Bassima Hakkoui, ne se sont rendus à son chevet pour s'enquérir de son état de santé.
    C’est avant-hier, lundi 14 janvier, que Nassima, la jeune bonne de 19 ans, qui avait tenté de suicider le 9 janvier dernier est sortie de l’hôpital à Casablanca, nous a fait savoir aujourd’hui Omar El Kindi, le directeur de l’association Insaf. Nassima souffre d'un traumatisme cranien, d'une fracture au bras, d'une jambe cassée et de plusieurs hématomes sur le corps. Dès sa sortie, elle a été prise en charge par la Ligue Démocratique des droits des femmes et se trouve actuellement dans l’un de ses centres d’accueil à Casablanca.

    Où est Bassima Hakkaoui ?
    Cependant, entre le temps où la jeune femme est entrée de l’hôpital pour recevoir des soins et en est sortie, aucun officiel, aucun ministre, pas même Bassima Hakkoui, ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social ne se sont rendus au chevet de la jeune femme pour savoir comment elle allait. Yabiladi a tenté de joindre la ministre cet après-midi, mais sans résultat.
    Pourtant, le Premier ministre Benkirane n’a pas hésité à rendre visite « en secret » à la famille du jeune homme décédé après avoir tenté de rattraper la jeune femme dans sa chute, rapporte le site Mediapart parlant d’une visite le 9 janvier, le jour-même de son décès. « Ca ne coûtait rien au Premier ministre d’aller voir après, par curiosité, comment se sentait la jeune femme. Elle a été admise et soignée dans le pavillon 4 du CHU de Casablanca, un genre de hangar ouvert à tout le monde, où n’importe qui pouvait l’approcher », déplore Omar El Kindi. « Qu’aucun officiel ne se déplace après une tentative de suicide, on peut comprendre mais la manière dont cette affaire a été médiatisée, quelqu’un aurait pu au moins se déplacer. Chacun doit jouer son rôle », ajoute-t-il.
    La tentative de suicide de Nassima intervient au moment d’une autre tragédie : le décès de la famille Berrada le 5 janvier dernier dans le crash de leur avion bimoteur en France. Farid Berrada, PDG de la société Colorado, son épouse et ses trois enfants ont été enterrés hier à Casablanca. Des funérailles au cours desquelles se sont déplacés massivement des leaders politiques et chefs d’entreprises. La liste est longue : Abdelilah Benkirane, Taïb Fassi-Fihri, conseiller royal aux affaires étrangères, Karim Ghellab, président de la Chambre des représentants, Nabil Benabdallah, le ministre de l’Habitat, Driss Jettou, Président de la Cour des comptes ou encore Mohamed Kettani, PDG de Attijariwafa Bank.

    30 000 petites bonnes travaillent encore !
    Avec tout le respect que nous devons à la mémoire de la famille décédée et à ses proches, on ne peut rester indifférent face à ce manque d'égard de la part des autorités du pays. Lorsqu’une bonne tente de se suicider pour la deuxième fois afin de mettre fin à son calvaire, aucun élu ou officiel ne demande après elle, ni n’est là pour l’écouter ou la réconforter.
    La jeune femme vit pourtant un véritable cauchemar depuis qu’elle a 14 ans, âge où elle a commencé à travailler comme petite bonne à tout faire chez des familles aisées à Marrakech et à Casablanca. Un cauchemar qui n'est que le fruit des maux de la société marocaine dans laquelle elle a grandi. Le salaire qu’elle touchait allait directement dans les poches de ses parents qui la forcaient à travailler. En 2010, elle est victime d’un viol et s’ouvre les veines pour tenter de mettre fin à ses jours. Nassima a vécu et continue de vivre certainement ce que des milliers d’autres jeunes filles marocaines vivent au quotidien en silence. D’après les chiffres du Collectif pour l’éradication de l’exploitation des petites bonnes et l'Unicef, 30 000 fillettes travaillent encore aujourd'hui comme domestiques au Maroc alors que le pays interdit le travail avant 15 ans et que les enfants sont obligés d’aller à l’école jusqu’à 16 ans.

    « Le lieu de vie des petites filles est chez leurs parents plutôt que chez des employeurs, leur présence doit être obligatoire dans les écoles pour les former et les préparer à faire face aux réalités de notre société et leur temps doit être dédié à l’épanouissement personnel, psychologique et social qui leur permet une meilleure intégration et prise de conscience de leurs facultés et leur personnalité », affirme Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la famille, de la femme, du développement social, interrogée sur le sujet.
    Aucune pudeur
    Lors de notre entretien avec Omar El Kindi, ce dernier déplore la manière sensationnaliste dont les médias ont couvert l’affaire de la jeune bonne. Il explique avoir été choqué de voir la vidéo de Nassima dans son lit à l’hôpital, sans que la personne qui a filmé, ne floute une partie du visage de la jeune femme en guise de respect. Il s’est dit également choqué de voir la une d’un journal arabophone d’il y a quelques jours publiant le visage plein d’echymoses de la jeune femme.
     http://www.yabiladi.com/articles/details/14975/maroc-aucun-ministre-chevet
     

    mardi 11 août 2009

    HAUTES-PYRÉNÉES : Il fait travailler ses compatriotes gratuitement : esclavage ou bénévolat ?


    Par Hélène Dubarry, La Dépêche du Midi, 11/8/2009

    Le chef d'équipe marocain qui recrutait des compatriotes pour travailler dans les vignobles du Madiran a profité de « leurs coups de main » pour construire sa maison. Esclavage ou bénévolat ? La justice doit trancher.

    Dans la salle, une douzaine de couples de Marocains est présente et écoute sagement. Sans rien comprendre puisque ne parlant pas le français. À la barre, un de leurs compatriotes, Hassan : il est chef d'équipe et chargé du recrutement, au Maroc, d'ouvriers agricoles pour un vignoble du Madiran. Tous les six mois, l'équipe de 18 ouvriers est renouvelée. Mais en octobre, un des Marocains porte plainte à la gendarmerie. Et ce qu'il raconte va stupéfier les enquêteurs.

    Au Maroc, Hassan recrute : chaque ouvrier doit payer les frais administratifs, et doit en outre, pour « service rendu », c'est-à-dire avoir eu la chance d'être recruté, payer 3.000 € à Hassan. Avec 144 contrats, l'administration a calculé que ça faisait la bagatelle de 432. 000 € pour Hassan. Une fois en France, l'ouvrier doit s'acquitter du versement en liquide de 50 € par semaine. Et surtout, il y a la maison qu'Hassan se fait construire sur un terrain qu'il a acheté. Cette maison, dont il ne manque que le crépi, n'a pas vu un seul professionnel du bâtiment : tous les travaux ont été effectués par les ouvriers marocains, sur leurs congés ou leurs temps de repos. Le tout, « bénévolement ». Les gendarmes, au cours de leur enquête, ne trouveront aucune facture de travaux et les matériaux sont payés en liquide. Et si on ne marche pas dans le plan d'Hassan, c'est la menace du contrat non renouvelé.
    Les 3.000 € de « passage » ? Hassan semble tomber des nues et ouvre des yeux comme des billes. Les 50 € par semaine ? Là, il y a une réponse : « C'est une collecte pour aider quelqu'un s'il se blesse, ou pour payer les poussettes des enfants, aider les familles, les accompagner partout, ils ne savent pas le Français… ». Sauf que personne n'a jamais vu la couleur de cet argent. Et les travaux non payés de la maison ? : « Mais c'est juste des coups de main. Ils viennent quand ils veulent, je ne les force pas ; ils prennent le café à la maison. Comme ça, on reste entre compatriotes. Ils sont venus m'aider à titre d'amitié. » Pourtant, il n'y a aucun lien entre Hassan et ses ouvriers. Ni familial, ni d'amitié. La procureure Marie-Gabrielle Viché va lâcher le mot que tout le monde a en tête dans le prétoire : esclavage. « C'est l'illustration de l'exploitation incroyable de la misère humaine dans ce qu'elle a de plus pervers et de plus ignoble. »
    Le jugement sera rendu le 18 août.


    L'accusation : « C'est de l'exploitation, de l'esclavage. »
    « Je suis sidérée devant ses explications et l'indécence de ses positions, déplore la procureure. Il est en position de force pour embaucher et il l'utilise à des fins de pur enrichissement. C'est absolument incroyable : il fait travailler et se fait rémunérer pour avoir embauché. Quant à la construction de la maison pour laquelle il n'a engagé aucun frais, il n'y a aucun bénévolat là-dedans : il n'a aucun lien familial ou amical avec ses ouvriers. Ils viennent travailler sur leurs repos ou leurs congés : c'est une fraude destinée à l'enrichir. C'est véritablement de l'exploitation, de l'esclavage. C'est intolérable. C'est l'illustration de l'exploitation incroyable de la misère humaine dans ce qu'elle a de plus pervers et de plus ignoble. Je réclame deux ans de prison. »

    La défense : « Le bénévolat n'est pas interdit. La relaxe s'impose. »
    Pour Me Fillastre, le défenseur d'Hassan, les propos de la procureure ne tiennent pas la route.
    « C'est à l'accusation de prouver ce qu'elle avance. Or, elle ne démontre rien. Et parce qu'un ouvrier évincé du groupe porte plainte pour baver sur mon client, on déclenche tout ça ? Ces Marocains se retrouvent perdus au fin fond du Vic-Bilh, sans parler un mot de français, sans moyen de locomotion, sans connaître personne. Alors, ils se serrent les coudes, restent entre eux et s'entraident. Il ne leur demande rien. Il n'impose rien, ni horaires ni travail précis. Le bénévolat n'est pas interdit, que je sache. Mon client n'a commis aucune faute. La relaxe s'impose d'elle-même. Au lieu de venir pousser des cris d'orfraie maintenant, on aurait mieux fait d'établir de vrais faits avant.





    vendredi 17 juillet 2009

    Surexploitation des ouvrierEs agricoles de Chtouka Aït Bah


    Par Ali Fkir, 17/07/2009

    - Halte aux pratiques moyenâgeuses
    - Halte à la violence dont sont victimes les travailleurs et travailleuses de Chtouka Aït Baha: 70 milles personnes
    - Halte aux harcèlements sexuels dont sont victimes les ouvrières agricoles
    -Dénonçons la guerre menée par le patronat, avec la complicité de l'Etat, contre le mouvement syndical
    - Dénonçons la répression qui s'abat sur les militantEs syndicalistes
    - Dénonçons la ségrégation salariale dont sont victimes les ouvrierEs agricoles.

    Exemple: le SMAG(salaire minimum agricole garanti) est aux environs de 50 dh la journée, alors que l'ouvrierE agricole trime plus de 10 heures la journée de travail ; le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) est supérieur à 10 dh l'heure: plus de 80 dh la journée de travail .

    C'est scandaleux!
    Solidarisons - nous avec ces damnéEs/persécutéEs et qui ne sont autres que les producteurs et productrices de richesse. Par sa nature le capitalisme est inhumain, le capitalisme agraire constitue sa face la plus hideuse.