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vendredi 6 mai 2016

Désastre carcéral et responsabilité syndicale





Luk Vervaet, ex-enseignant dans les prisons, 4/5/2016

Tous les responsables de l’appareil judiciaire en Belgique, dirigeants syndicaux du secteur carcéral y compris, devraient être trainés devant un tribunal pour leur responsabilité dans la situation catastrophique de nos prisons, en particulier dans les maisons d’arrêt. Quoique ça ne changerait pas grand-chose. La Belgique a déjà été condamnée maintes fois par des tribunaux nationaux ou internationaux pour le traitement de ses détenus ; la dernière condamnation en référé de l’État belge date d’il y a quelques jours[1]. Nos responsables archivent tout simplement les condamnations les unes après les autres et continuent comme si ne rien était. 

Cela fait 25 ans qu’on assiste à une explosion carcérale en Belgique. Année après année, le nombre de détenus n’a fait qu’augmenter, pulvérisant tous les records de l’année précédente : de 5.176 en 1980, à 10.320 en 2009, 11.330 en 2012, et 12.697 en 2013.[2] En dix ans de temps, de 2003 à 2013, la population carcérale en Belgique a augmenté de 35,6 %. Si le taux de détention en Belgique était de 93,5 sur 100.000 personnes en 2010, il est de 113,8 en 2013. 

 Cette explosion du nombre de détenus a des conséquences dramatiques quant à la surpopulation des prisons et les maisons d’arrêt, ces dernières étant le plus souvent vétustes. Avec des conséquences au niveau de la santé mentale et physique des détenus, de l’éducation, des soins, d’hygiène, de la disponibilité du travail, du nombre de visites ou de promenades…

Ce que je reproche aux syndicats, ce ne sont pas leurs grèves. C’est leur droit le plus strict. Mais je souhaiterais bien deux choses.

Nous sommes en droit d’attendre des syndicats qu’ils n’utilisent pas, lors de leurs grèves, la situation intenable de souffrance et de désespoir des détenus et de leurs familles pour faire pression et obtenir gain de cause dans leurs revendications.  Qu’ils arrêtent de prendre les détenus en otage au lieu de leurs patrons du ministère de la Justice et de la direction générale des prisons. Les grèves peuvent aller jusqu’à provoquer la mise en feu des cellules ou d’autres formes de suicide.

Ce qu’on attend des syndicats, c’est une grève « au finish » contre la politique carcérale en Belgique. En adoptant la position corporatiste « si vous nous livrez autant de détenus, nous avons besoin d’autant de personnel », la politique syndicale se range dans les faits dans le camp patronal. Pourquoi est-ce à un bourgmestre de menacer de fermer la prison de Forest parce que les conditions y sont intenables et inhumaines ? Où sont les syndicats ? La même chose vaut pour les solutions aux problèmes. Au lieu de se s’attaquer à la source, là aussi les syndicats se sont inscrits dans la logique des gouvernements successifs : gérer les prisons comme des entreprises industrielles par l’élargissement et la modernisation du parc carcéral au moyen de Partenariats Publiques Privés. Ainsi, les seuls partenaires que la Direction générale des prisons et le ministère de la Justice ont trouvé pour défendre la construction de la méga-prison à Haren, de sont les syndicats. Les seuls absents de la plateforme pour sortir du désastre carcéral en Belgique[3], qui regroupe magistrats, avocats, organisations des droits de l’homme, habitants, ce sont les syndicats. 
On se rappelle de l’émission Pour ou Contre la méga-prison de Haren de la RTBF qui opposait (!) le président de la Ligue des droits de l’Homme Alexis Deswaef à Michel Jacobs, secrétaire fédéral CGSP Justice.

La Finlande a prouvé qu’on peut faire autrement. Dans son livre « Crime Control As Industry: Towards Gulags, Western Style » le criminologue norvégien Nils Christie décrit un pays qui a réussi à réduire de manière spectaculaire son taux d’incarcération, des plus élevés de l’Europe (160 détenus par 100.000 personnes) au niveau du deuxième le plus bas (54 par 100.000), après l’Islande. Comment ont-ils fait ? 
D’abord, en reconnaissant publiquement le taux d’incarcération comme quelque chose d’anormal, comme un vrai problème. Et non comme quelque chose qui démontrerait la fermeté et la détermination des autorités de protéger la population contre le crime et la délinquance. En se réalisant que le taux d’incarcération n’est pas lié au nombre de crimes et de délits, mais est déterminé par des décisions culturelles et politiques, basées sur la conception de la société que nous voulons.   
Deuxièmement par la création d’un front commun entre tous les acteurs concernés : pénitentiaires, universitaires, syndicales, judiciaires ayant pris la décision de tout mettre en œuvre pour diminuer et ce par tous les moyens possibles le nombre de détenus. Ce qui a eu sa répercussion dans les lois et la pratique de tous ces acteurs. Et ce qui a mené à un bouleversement des tendances.

En Belgique, on attend toujours ce moment.


vendredi 19 février 2016

Maroc : mercredi 24 février 2016, date de la grève générale nationale

Union Marocaine du Travail - Tendance Démocratique.
Secrétariat National
Rabat, le 11 février 2016.

Déclaration:
Suite à la décision des quatre centrales syndicales 
UMT, CDT, UGTM et FDT, 
faisons du mercredi 24 février 2016, 
date de la grève générale nationale, 
une journée historique de protestation de la classe ouvrière,
de l'ensemble des travailleurs et des masses populaires 
contre l'exploitation, le despotisme, la prévarication, 
l'injustice et l'oppression 
et pour un Maroc de  dignité, liberté, égalité et justice sociale.

Après avoir pris connaissance de la décision des quatre centrales syndicales (Union Marocaine du Travail, Confédération Démocratique du Travail, Union Générale des Travailleurs du Maroc, Fédération Démocratique du Travail), annoncée lors d'une conférence de presse conjointe le 10 février, d'appeler à une grève générale nationale de 24 heures le mercredi 24 février 2016, avec la participation de l'ensemble de la classe ouvrière et des autres catégories des travailleurs, nous, Secrétariat National de l'Union Marocaine du Travail-Tendance Démocratique, réuni le 11 février 2016 à Rabat, déclarons :
·       Notre appui total à cette décision militante revendiquée et attendue par les bases militantes durant des mois, depuis la grève générale nationale préventive du 29 octobre 2014 à laquelle le gouvernement a répondu par l’arrogance et le mépris des revendications urgentes des travailleurs.
·       Nous appelons les ouvriers(ères) – de l'industrie, des exploitations minières, de l'agriculture, du transport, du bâtiment, travaux publics, du commerce et services – les fonctionnaires des différents secteurs ministériels et des collectivités territoriales, les employés et les autres catégories de travailleurs en particulier les artisans, les petits commerçants et vendeurs ambulants, à participer à la grève générale du 24 Février 2016. 
Nous appelons également les enchômagés, les étudiants, les habitants des quartiers populaires et des zones rurales à s’activer pour le succès de cette bataille historique .
      Nous appelons toutes les forces politiques progressistes, les organisations syndicales et professionnelles, les associations des droits humains, des droits des femmes, les mouvements de jeunes, les associations culturelles, le glorieux mouvement du 20 février et toutes les forces militantes qui œuvrent pour les intérêts des travailleurs, à participer au succès de la bataille du 24 février.
La grève générale nationale du 24 février prochain vient couronner une série de luttes antérieures (6 avril 2014, 29 octobre 2014, 29 novembre 2015, 10 décembre 2015, …) et elle ne sera sans doute pas la dernière bataille vu l'agressivité continue du patronat, du Makhzen et de son gouvernement réactionnaire et l'obstination des institutions financières impérialistes à imposer leurs plans infernaux d'exploitation.
Afin de réussir l'étape du 24 février et pour préparer au mieux les luttes qui s'annoncent par la suite, il est primordial de renforcer le front interne à travers la moralisation et la démocratisation de l'action syndicale, l'unification des rangs ainsi que l'activation et le renforcement de la coordination syndicale ouvrière à travers son institutionnalisation et son élargissement à tous les secteurs professionnels et toutes les régions du pays.
Il est nécessaire également d'élargir cette coordination syndicale pour qu'elle englobe toutes les autres catégories populaires notamment les stagiaires, les enchômagés et les étudiants, sans oublier les autres catégories marginalisées et l’ensemble des forces démocratiques et progressistes.
Enfin, nous insistons avec force pour faire du mercredi 24 février, date de la grève générale nationale, un jour historique pour la protestation de la classe ouvrière et l’ensemble des travailleurs et des masses populaires contre l’exploitation, le despotisme, la prévarication, l’injustice et l’oppression, et pour un Maroc de dignité, de liberté, d’égalité et de justice sociale.
·       Vive la coordination syndicale dans la perspective de l'unité syndicale organisationnelle !
·       Vive la classe ouvrière indépendante et à l’avant-garde des luttes populaires
·       Vive le peuple !
--
Contact :
AMDH-Paris/Ile-de-France
Tél : 06 18 66 15 58
Email : amdh.paris@gmail.com
Facebook: AMDHParis
Site web: www.amdhparis.org
Twitter : @AMDHParis

Pour envoyer un message à ce groupe, envoyez un e-mail à l'adresse bureau-amdh-paris-idf-2014-2015@googlegroups.com.
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--
Bien cordialement,
JAITE Mohamed
Tél : (+33) 07.52.62.96.62
« Si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite », Bertolt

Brecht.

dimanche 26 juillet 2015

Maroc : « En 2022, les retraites ne seront plus versées », avertit le gouvernement



 
Le gouvernement Benkirane est décidé à réformer les caisses de retraites dans « les meilleurs délais ». Le gouvernement met en garde contre tout retard dans la mise en œuvre de ce chantier et se dit prêt à « assumer ses responsabilités ». 
L’Exécutif marocain est déterminé à réformer les caisses de retraite. Le gouvernement ne souhaite visiblement pas attendre une solution de compromis avec les syndicats pour lancer ce chantier. « La décision de mettre en œuvre la réforme dans les meilleurs délais a été prise », indique un communiqué de la réunion du conseil du gouvernement du jeudi 23 juillet.
« Un choix obligatoire », ajoute la même source. Dans le cas contraire, « le gouvernement sera, en 2018, dans l'obligation de faire des ponctions sur les salaires pour combler le déficit, ou de ne pas verser les pensions, en 2022, en l'absence de ressources financières nécessaires », avertit le texte. Tout retard devrait rendre la réforme « couteuse » et « impossible », met encore en garde le gouvernement.
Ce scénario catastrophe ne concerne dans un premier temps que les fonctionnaires affiliés à la Caisse marocaine de retraite, un organisme public. En revanche pour les adhérents de la CNSS (Caisse nationale de la sécurité sociale) ou au RCAR (Régime collectif d’allocation de la retraite, géré par la Caisse de dépôt et de gestion), ils ont quelques années de répit avant que les finances n’atteignent la zone rouge.

Benkirane répond au rejet des syndicats de son offre
Cette position ferme est affichée deux jours après le rejet par trois syndicats (UMT, CDT et FDT, le courant opposé à Lachgar) des « cadeaux » du gouvernement aux salariés en échange d’un accord sur son projet de redressement de la CMR. « Benkirane aurait proposé une augmentation des allocations familiales de 200 à 300 dirhams pour cinq enfants et non plus comme cela est en vigueur pour les trois premiers seulement. Il s’est dit également prêt à exonérer totalement les fonctionnaires qui gagnent 3 600 dirhams par mois de l’impôt général sur le revenu », nous confie une source syndicale.
Dans un communiqué, parvenu à notre rédaction, les trois syndicats qualifient l’offre de l’Exécutif de « très faible ». Selon eux, elle ne répond même pas au « niveau des aspirations et espoirs de la classe ouvrière marocaine et à l’ensemble des salariés de la fonction publique, des collectivités locales, des offices publics et semi-publics et ceux du privé ».
L’UMT, la CDT et la FDT se disent prêts à défendre les droits des travailleurs mais se refusent d’annoncer des grèves ou des protestations pour le moment. C’est pour eux une manière de laisser une chance au dialogue, d’autant qu’ils ont des amis au sein du gouvernement, notamment chez le PPS de Nabil Benabdellah qui est présent dans le tour de table de la direction de l’UMT.
Copyright Yabiladi.com

http://yabiladi.com/articles/details/37736/maroc-2022-retraites-seront-plus.html

mardi 28 octobre 2014

Grève générale au Maroc: Ça chauffe sur le front social




GRVE GNRALEMOUVEMENT SOCIAL - La grève générale du secteur public et du secteur privé risque de ralentir le fonctionnement administratif et économique du Maroc. Les clés pour comprendre ce mouvement de protestation.
Les participants
En plus des principales centrales syndicales, prendront part à la grève le Mouvement du 20 février, Al Adl wal Ihsane ainsi que le Collectif des organisations des droits de l'homme, qui regroupe une vingtaine d'associations des droits de l'homme. Des membres de l'Union nationale du travail au Maroc (UNTM), syndicat affilié au PJD, ont annoncé leur participation.
Faisant suite à l'appel de l'Union marocaine du travail (UMT), la grève générale est "exécutoire" selon Miloudi Moukharik, le secrétaire général du syndicat. Vite rejointe par la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération démocratique du travail (FDT), l'Union générale du travail du Maroc (UGTM), l'UMT comptera aussi sur la participation d'ONG.
Les revendications
Elles portent essentiellement sur la réforme de la retraite, au sujet de laquelle les syndicats ont exprimé à maintes fois leur mécontentement. La détérioration du pouvoir d'achat, le gel du dialogue social, le non-respect des libertés syndicales et le travail précaire sont également dénoncés par les centrales syndicales.
Ce qu'en pense le gouvernement
Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement, a déclaré à la MAP que "les motivations de cette grève ne sont pas compréhensibles, puisque le gouvernement s’attelle à l'exécution de ses engagements, dans le cadre du dialogue social et que la question de la réforme des régimes de retraite n'est toujours pas tranchée". Il a également indiqué que "le gouvernement n'acceptera aucune atteinte au fonctionnement des services publics et s'acquittera de son devoir de garantir la continuité des services sociaux". Le gouvernement Benkirane y voit une grève politique, fomentée par l'opposition pour troubler la paix sociale, surtout après l'annonce de la participation d'ONG et de partis politiques à la grève.
Les secteurs concernés
La grève touchera la fonction publique, les collectivités locales, les établissements publics et semi-publics, et le secteur privé. Il s'agit d'une grève générale et nationale d'une durée de 24H. Les syndicats ont souhaité en faire une grève préventive, visant à convaincre le gouvernement de se pencher sur les dossiers sociaux. Les services minimums et les services de sécurité seront en revanche assurés, selon un communiqué de l'UMT. Et les syndicats ont invité les fonctionnaires de l'éducation, de la santé, des collectivités locales et du privé à travailler pendant des heures supplémentaires après la grève, afin de compenser.
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samedi 31 mai 2014

Maroc : le REMDH inquiet de la condamnation de onze jeunes militants du Mouvement du 20 février après la manifestation pacifique du 6 avril 2014, à Casablanca Europe et Monde 28 mai Maghreb - Moyen-Orient Auteur de l'article : LDH Maroc : le REMDH inquiet de la condamnation de onze jeunes militants du Mouvement du 20 février après la manifestation pacifique du 6 avril 2014, à Casablanca Maroc : le REMDH inquiet de la condamnation de onze jeunes militants du Mouvement du 20 février après la manifestation pacifique du 6 avril 2014, à Casablanca Communiqué REMDH Copenhague, le 28 mai 2014- Le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH) exprime son inquiétude face au jugement rendu par le tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ de Casablanca, qui condamne onze jeunes activistes du M20F à des peines allant jusqu’à un an de prison ferme suite à leur participation à une manifestation syndicale pacifique. Le 6 avril dernier, une marche nationale de protestation était organisée à Casablanca pour la défense du pouvoir d’achat, la dignité, la liberté et la justice sociale. La manifestation autorisée par les autorités, était organisée par trois syndicats, la Fédération Démocratique du Travail (FDT), la Confédération Démocratique du Travail (CDT) et l’Union Marocaine pour le Travail (UMT) et soutenue par des organisations telles que le Mouvement du 20 février (M20F), l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM) et l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs (ANDCM). Environ dix mille personnes ont participé à cette marche pacifique. Pendant la manifestation, la police a tabassé puis arrêté onze jeunes militants leaders du Mouvement du 20 février, qui scandaient des slogans contre la corruption et le régime politique actuel. Ces arrestations ciblées ont eu lieu à l’intérieur du cortège et le reste des manifestants n’a pas été victime de violences. Depuis le 6 avril 2014, neuf d’entre eux étaient poursuivis en état d’arrestation et deux en liberté provisoire. Ils ont été accusés de « violence envers un agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions » (article 267 du code pénal marocain) et « participation » et « organisation d’une manifestation non déclarée » (article 11 et 14 du décret sur les rassemblements publics). Jeudi 22 mai 2014, le tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ de Casablanca a rendu son jugement et condamné les onze militants du Mouvement du 20 février à des peines allant jusqu’à un an de prison : Hamza Haddi, Youssef Bouhlal, Hamid Alla, Abdellatif Essarsri et Abdelghani Zaghmoun sont condamnés à un an ferme, A’aras Mustafa, Ayoub Boudad, Hakim Sarrokh et Mohamed Harraq à six mois fermes et enfin, Fouad Al-Baz et Amine Lekbabi à deux mois avec sursis. Ils devront également verser des dédommagements à hauteur de 50 000 dirhams (4,500 euros) à la Direction générale de la sûreté nationale. Le REMDH appelle les autorités marocaines à garantir de manière effective la liberté des citoyens marocains de se rassembler et de manifester pacifiquement et d’exprimer leurs opinions, même lorsque celles-ci sont critiques envers les institutions. Le REMDH juge ces condamnations arbitraires et appelle à la libération des manifestants détenus et à l’abandon des charges retenues contre eux. Le REMDH, appelle également l’Union européenne (UE) à travers la Délégation de l’UE ainsi que les ambassades des Etats-membres au Maroc, à entreprendre immédiatement toute action de protection à l’égard des défenseurs et militants des droits de l’Homme, et à demander aux autorités marocaines de mettre en œuvre les objectifs relatifs aux droits de l’Homme du Plan d’action UE-Maroc dans le cadre de la Politique européenne de voisinage. Actu

Maroc : le REMDH inquiet de la condamnation de onze jeunes militants du Mouvement du 20 février après la manifestation pacifique du 6 avril 2014, à Casablanca
Communiqué REMDH 

Copenhague, le 28 mai 2014- Le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH) exprime son inquiétude face au jugement rendu par le tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ de Casablanca, qui condamne onze jeunes activistes du M20F à des peines allant jusqu’à un an de prison ferme suite à leur participation à une manifestation syndicale pacifique.
 
  Le 6 avril dernier, une marche nationale de protestation était organisée à Casablanca pour la défense du pouvoir d’achat, la dignité, la liberté et la justice sociale. La manifestation autorisée par les autorités, était organisée par trois syndicats, la Fédération Démocratique du Travail (FDT), la Confédération Démocratique du Travail (CDT) et l’Union Marocaine pour le Travail (UMT) et soutenue par des organisations telles que le Mouvement du 20 février (M20F), l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM) et l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs (ANDCM). Environ dix mille personnes ont participé à cette marche pacifique.
Pendant la manifestation, la police a tabassé puis arrêté onze jeunes militants leaders du Mouvement du 20 février, qui scandaient des slogans contre la corruption et le régime politique actuel. Ces arrestations ciblées ont eu lieu à l’intérieur du cortège et le reste des manifestants n’a pas été victime de violences. Depuis le 6 avril 2014, neuf d’entre eux étaient poursuivis en état d’arrestation et deux en liberté provisoire. Ils ont été accusés de « violence envers un agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions » (article 267 du code pénal marocain) et « participation » et « organisation d’une manifestation non déclarée » (article 11 et 14 du décret sur les rassemblements publics).
Jeudi 22 mai 2014, le tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ de Casablanca a rendu son jugement et condamné les onze militants du Mouvement du 20 février à des peines allant jusqu’à un an de prison : Hamza Haddi, Youssef Bouhlal, Hamid Alla, Abdellatif Essarsri et Abdelghani Zaghmoun sont condamnés à un an ferme, A’aras Mustafa, Ayoub Boudad, Hakim Sarrokh et Mohamed Harraq à six mois fermes et enfin, Fouad Al-Baz et Amine Lekbabi à deux mois avec sursis. Ils devront également verser des dédommagements à hauteur de 50 000 dirhams (4,500 euros) à la Direction générale de la sûreté nationale.
Le REMDH appelle les autorités marocaines à garantir de manière effective la liberté des citoyens marocains de se rassembler et de manifester pacifiquement et d’exprimer leurs opinions, même lorsque celles-ci sont critiques envers les institutions. Le REMDH juge ces condamnations arbitraires et appelle à la libération des manifestants détenus et à l’abandon des charges retenues contre eux.
Le REMDH, appelle également l’Union européenne (UE) à travers la Délégation de l’UE ainsi que les ambassades des Etats-membres au Maroc, à entreprendre immédiatement toute action de protection à l’égard des défenseurs et militants des droits de l’Homme, et à demander aux autorités marocaines de mettre en œuvre les objectifs relatifs aux droits de l’Homme du Plan d’action UE-Maroc dans le cadre de la Politique européenne de voisinage.

mardi 18 mai 2010

Maroc : Dans le Gharb la "justice" est au services des grands propriétaires terriens

Par Ali Fkir, 18/5/2010
J'exprime mon entière solidarité avec le camarade Tahar Douraïdi, dirigeant syndicaliste, membre du CN d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, militant associatif, ex détenu politique... frère du martyr Boubker Douraidi .
Ce qui est arrivé au camarade n'est pas surprenant car toutes les administrations de la région du Gharb (fief des grands propriétaires terriens) sont au services de ces derniers. Ni les propriétaires terriens, ni l'Etat, ni les partis parlementaires ne peuvent en aucun cas accepter la "syndicalisation" active des ouvriers agricoles de la région.
Toute ma solidarité avec les victimes de l'arbitraire.
Ali Fkir

بيان إدانة موجه إلى الرأي العام الوطني والدولي
(من الدريدي الطاهر)
تم مساء يوم الإثنين 17 ماي 2010 تقديم إثنين من عمال الشركة الفلاحية EMC-LAND
المنضوون في فرع الجامعة الوطنية للقطاع الفلاحي بالقنيطرة، أمام المحكمة الإبتدائية بسوق الأربعاء الغرب متابعين بالفصل المشؤوم 288 من القانون الجنائي المتعلق بعرقلة حرية العمل.
وقد حضرت هذه المحاكمة إلى جانب أحد المسؤولين النفابيين بالمنطقة قصد مؤازرة رفاقنا المتابعين وبحكم مسؤوليتي في فرع القنيطرة وفي الكتابة التنفيذية للجامعة(إ م ش). وبذل إهتمام القاضي بالمحاكمة وأقوال الماثلين أمامه، قام بالنداء على أحد أفراد الشرطة تم همس في أذنه، ليتوجه بعد ذلك هذا الأخير مباشرة نحوي، رغم تواجدي في أبعد نقطة داخل القاعة من مكان جلوس القاضي ليدعوني ، من ذون كافة الحاضرين، إلى الجلوس (رغم عدم وجود مقاعد فارغة) أو الخروج من القاعة.
مباشرة بعد رفضي لذلك، أوقف القاضي الجلسة واستدعاني للمثول أمامه في تمرين كاريكاتوري لاستعراض سلطه(اهضر بالأدب ، نزل يديك...)، وبعدما سألته إن كان هناك قانون يمنع الوقوف في قاعات المحاكم رغم عدم وجود أماكن فارغة، أو يمنع رفع الأيدي أو يحدد مكانا معينا لوضعها، ثارت ثائرته وأمر مباشرة باعتقالي، تم أوقف الجلسة وقام باستدعائي إلى قاعة جانبية، وبعدما حاولت أن أوضح له دافع حضوري والإهانات المجانية التي وجه إلي والتي لا يمكن أن أقبلها من أي كان، حاول تهديدي بحضور إثنين من معاونيه ووكيل الملك حيث اعتبر هذا الأخير مخاطبتهم بصيغة الفرد (أنت) ودون استعمال صيغة سعادة القاضي والسيد الوكيل تحقير لمحكمتهم، ليأمر بعد ذلك بالإستمرار في اعتقالي، الذي امتد حتى أنهت المحكمة كافة الملفات المعروضة عليها.
تم بعد ذلك حاول مرة أخرى هو ومعاونوه دفعي إلى الإعتذار عن شيء لم أقم به، وتهديدي في نفس الوقت بتهييء محضر في حقي وتقديمي للمحكمة بتهمة تحقير هيئة قضائية.
وفي الأخير وبعد انتهائه من كل هذه العنتريات والصولات والجولات، قام بإرجاع بطاقتي الوطنية وأمر أفراد الشرطة بإخلاء سبيلي.
وإنني إذ أخبر الرأي العام بهذه الممارسات التي تمثل نمودجا صارخا للشطط في استعمال السلطة وقمع المواطنات والمواطنين داخل قاعات المحاكم، أعلن مايلي:
1- إدانتي لما تعرض له العمال خلال هذه الجلسة من استفزاز على يد هيئة قضائية كانوا يتوسمون فيها إنصافهم، وما تعرضت له نقابتنا، الجامعة الوطنية للقطاع الفلاحي(إمش) من محاولة للنيل من نضاليتها على يد نفس الهيئة التي من المفروض أن تعطي المثال في احترام الإطارات النقابية ودورها الرائد في تأطير العمال والعاملات.
2- إدانتي الصارخة لما تعرضت له شخصيا من محاولات الإهانة والإستفزاز من طرف رئيس الجلسة. ممارسات تكشف بالملموس حنين وتشبت بعض القضاة والمسؤولين بأساليب قمعية تحيل إلى ما تشهده عقليتهم من تخلف بنيوي، مع الأسف، في تناقض صارخ بين الأقوال والأفعال، وبين مغرب واجهته "ديمقراطية" ومكنون عمقه التخلف والإستبداد.
الدريدي الطاهر
القنيطرة في 18 ماي 2010

vendredi 17 juillet 2009

Surexploitation des ouvrierEs agricoles de Chtouka Aït Bah


Par Ali Fkir, 17/07/2009

- Halte aux pratiques moyenâgeuses
- Halte à la violence dont sont victimes les travailleurs et travailleuses de Chtouka Aït Baha: 70 milles personnes
- Halte aux harcèlements sexuels dont sont victimes les ouvrières agricoles
-Dénonçons la guerre menée par le patronat, avec la complicité de l'Etat, contre le mouvement syndical
- Dénonçons la répression qui s'abat sur les militantEs syndicalistes
- Dénonçons la ségrégation salariale dont sont victimes les ouvrierEs agricoles.

Exemple: le SMAG(salaire minimum agricole garanti) est aux environs de 50 dh la journée, alors que l'ouvrierE agricole trime plus de 10 heures la journée de travail ; le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) est supérieur à 10 dh l'heure: plus de 80 dh la journée de travail .

C'est scandaleux!
Solidarisons - nous avec ces damnéEs/persécutéEs et qui ne sont autres que les producteurs et productrices de richesse. Par sa nature le capitalisme est inhumain, le capitalisme agraire constitue sa face la plus hideuse.

mardi 16 juin 2009

Les bureaucrates syndicaux marocains à Genève

Pour ceux qui naïvement croyaient que le rôle des syndicats était de défendre les droits des travailleurs, il faut lire ce communiqué qui se passe de commentaires.
La délégation des travailleurs marocains, constituée de membres de la FDT, CDT, UMT et UGTM, qui participent à la 98ème session de la Conférence internationale à Genève, a refusé l'instrumentalisation de l'OIT pour des finalités propagandistes et politiques, et ce au moment où le Maroc a présenté un projet d'autonomie des provinces du Sud largement salué et soutenu par la communauté internationale (sic).
Elle en a fait part de son rejet, via un communiqué de la délégation syndicale, à la suite de la tentative de syndicats notamment l’un d’eux hostiles à l’intégrité territoriale du Maroc, de tenir une rencontre sur « les droits syndicaux et humains au Maroc ». Cette rencontre, qui devait se tenir au siège de l'OIT, a été avortée donc par les représentants des centrales syndicales marocaines en signe de protestation contre son caractère politique et anti-marocain (resic).
Devant l’insistance de la délégation marocaine à propos de l’illégalité de cette réunion qui n’avait d’objectif que de valider les mensonges véhiculés par le polisario (l'ennemi n'a pas droit aux majuscules) et ceux qui soutiennent leur thèse séparatiste, les organisateurs ont annulé cette rencontre et prié tout le monde de quitter la salle.
Dans son communiqué commun, la délégation syndicale marocaine a souligné que le débat sur les droits syndicaux et humains suppose l'existence d'organisations syndicales, des travailleurs syndiqués et un État qui dispose de toutes les attributions nécessaires et qui siège à l’ONU.
De ce fait, la tenue de cette rencontre en présence d'un syndicat fictif, non accrédité et n'appartenant pas à un pays membre de l'OIT contredit les principes, les objectifs de l’OIT et ne respecte pas la charte de cette organisation mondiale.
Par ailleurs, les syndicalistes marocains présents à la conférence ont également réaffirmé que la question des libertés syndicales, leur protection, leur élargissement, constituent de manière permanente une constante dans les orientations et les programmes d'action du mouvement syndical marocain (ouf, nous voilà rassurés).
Tout en déclarant son attachement aux principes et objectifs de l'OIT relatifs aux libertés syndicales et aux droits humains, la délégation marocaine a exprimé sa pleine disposition à recevoir toute organisation syndicale souhaitant prendre connaissance de la situation syndicale et des droits de l'Homme au Maroc, conclut le communiqué.