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mercredi 5 décembre 2012

Les syndicalistes de la santé s'indignent


Prélèvements sur les salaires 

Par Salma Raiss,  aufait,

Sit-in des syndicalistes du secteur de la santé, en septembre dernier./DRLa décision gouvernementale relative aux prélèvements sur les salaires des grévistes crée des remous. Après les fonctionnaires des collectivités locales, les syndicalistes du secteur de la santé se sont indignés fortement, après avoir remarqué, la semaine dernière, les prélèvements d’importantes sommes sur leurs salaires, à cause de leur participation à des grèves et manifestations.


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Après le ministère de la Justice et des libertés et les collectivités locales, c'est au tour des syndicats de la santé de s'indigner contre les prélèvements sur les salaires des grévistes. Ce mouvement de colère vient s'ajouter à celle causée par le décret du ministre de tutelle, Houcine El Ouardi, permettant aux lauréats des instituts privés d’exercer dans le public.
En protestation contre la décision du gouvernement de faire des prélèvements sur les salaires des grévistes, les quatre syndicats du ministère de la Santé affiliés à la Fédération démocratique du travail (FDT), à la Confédération démocratique du travail (CDT), à l'Union générale des travailleurs marocains (UGTM) et à l'Union nationale des travailleurs marocains (UNTM), ont décidé d’observer un énième sit-in, jeudi 6 décembre, devant les sièges des délégations de la santé, au niveau national.
Ce sit-in intervient après maintes autres manifestations tenues par les syndicats, pour “déplorer cette décision gouvernementale, que les fonctionnaires du secteur jugent “unilatérale, précipitée et impopulaire”, a expliqué Mustapha Chennaoui, secrétaire général du syndicat national de la santé, affilié à la CDT.
“Les prélèvements sur les salaires ont été opérés et cela sera à l’origine d’une réaction forte, voire agressive, de la part des centrales syndicales.”
Dr Mustapha Chennaoui, secrétaire général du syndicat national de la santé.
Il considère que c'est inacceptable et illégal, étant donné que la grève est un droit fondamental et constitutionnel des fonctionnaires, tant qu'elle se tient dans un cadre pacifique.
Et Dr Chennaoui de souligner que la grève est l'ultime recours des syndicats pour faire entendre leurs revendications, qui tombent, depuis longtemps, dans la sourde oreille du ministère de tutelle.

Appel à la restitution des sommes défalquées
Le syndicaliste a, par ailleurs, précisé, que ces prélèvements interviennent au moment où les fonctionnaires de la santé s’attendaient à l’application du contenu de l’accord du dialogue social du 5 juillet 2011. Cet accord comprend entre autres la rémunération du rendement, de la garde et de la permanence, l’activation de la rémunération de la responsabilité, la motivation du médecin chef et l’infirmier chef exerçant dans les centres de santé et le personnel travaillant dans les unités de santé mobiles.
Dans un communiqué conjoint, les quatre syndicats appellent à un retrait immédiat de la décision gouvernementale et à la restitution des sommes d’argent défalquées sur les salaires des grévistes.
La bataille s’annonce dure, puisque le chef de gouvernement, Abdelillah Benkirane, est catégorique et n’entend pas revenir sur cette décision.

dimanche 3 juin 2012

Le maire de Fès s'en prend bassement à Ahmed Benseddik

Par demainonline, 3/6/2012

  Hamid Chabat se cherche de nouveaux ennemis 

Image du profil
Ahmed Benseddik
Au lieu de s’occuper de ses problèmes familiaux, qui sont nombreux, le maire de Fès et patron du syndicat de l’Istiqlal (L’Union générale des travailleurs du Maroc, UGTM), Hamid Chabat, s’en prend à Ahmed Benseddik, le concepteur de la commémoration des 1200 ans de la capitale spirituelle du Maroc. « Il devait se chercher un médecin », lance Chabat lors d’une émission radio. 

Hamid Chabat
Pour lui, Benseddik, qui dirigeait la centrale thermale de Moulay Yaâcoub, et à qui on a piqué l’idée de la commémoration de Fès, n’aurait jamais dû alerter les autorités marocaines des risques d’effondrement des murs de l’édifice sur les clients. « Cela fait des années que Benseddik est parti et les murs tiennent toujours bon », s’est exclamé le maire. Sauf qu’au Maroc, tant que les murs tiennent, c’est bon, mais dès qu’ils s’effondrent, comme on le voit un peu partout aujourd’hui, il faut vite un coupable.

samedi 31 mars 2012

Droit au logement discriminatoire à l’OCP au Sahara Occidental

Par APSO, 29/3/2012

Le groupe national marocain OCP exploite notamment le phosphate à Phosboucraa au Sahara Occidental occupé, en contravention du droit international selon l’avis juridique de l’ONU de 2002.

Les droits des travailleurs sahraouis du phosphate ont été progressivement annulés à partir de l'invasion et de la colonisation marocaine en 1975. Suivant une politique visant la dissolution ou disparition du peuple originaire sahraoui, les travailleurs de Phosboucraa ont été massivement remplacés par des colons marocains, surtout aux postes à responsabilité.
Les avantages sociaux acquis par les Sahraouis pendant la période coloniale espagnole ont été supprimés pour les Sahraouis, dont certains revendiquent toujours le respect de leur droit à la retraite par exemple, ou d'être traités de la même façon que les travailleurs marocains au regard des grilles de salaire et promotion. (Cf CSTS)

Depuis 1975, pour inciter au travail, l'OCP fournit des logements à leurs familles. Tous ces logements se trouvent au Maroc. Les travailleurs sahraouis, habitant sur leur terre et sous la colonisation, n'ont jamais bénéficié de cet avantage, l'OCP n'ayant jamais construit d'habitations au Sahara Occidental.
Les travailleurs sahraouis du phosphate qui ne sont pas intéressés par un logement au Maroc demandent donc que leur soit accordé en argent ce qui est donné en nature aux autres travailleurs, pour pouvoir construire leurs maisons eux-mêmes au Sahara Occidental.
1000 à 1500 travailleurs sahraouis pourraient n’avoir jamais bénéficié de l’aide au logement qui semble conditionnée à la localisation de la maison au Maroc et non au Sahara Occidental. Cela constitue donc un avantage discriminatoire, favorisant les colons marocains.

Lors d’une réunion entre le directeur de société Phosboucraa et la société Al Omran ( société de constructions immobilières) ceux ci se sont accordés pour construire des logements à Agadir et Marrakech pour les employés de la compagnie. De nouveau des employés ont revendiqué des logements à El Aaiun ou bien une compensation. Cela devait être traité lors de la réunion du 29 février 2012.

Mouloud
Pendant cette réunion, les représentants de l’employeur ont prétexté le besoin d’une pause cigarette pour partir sans discuter le problème. C’était une fois de trop pour le syndicaliste sahraoui Mouloud Amaidan qui a refusé de partir de la salle de réunion. Selon lui la réunion n’était pas finie, et il en avait assez des promesses constamment non tenues. La protestation s’est par la suite transformée en Sit-in, la direction refusant de poursuivre la réunion.
Lors d’une réunion organisée le 8 mars et à laquelle Mouloud Amidan n’était pas invité, il semble que les représentants des salariés présents aient donné leur accord à la compagnie pour les constructions qu’elles proposaient, au Maroc. (détails voir info EM)
http://ap-so.blogspot.fr/
Mouloud Mohamed M'barek Amidan est né en 1965 à El Aaiun. Il est employé depuis 1986 comme cadre de OCP Phosboucraa, au département de gestion à El Marsa. Il est membre du bureau national du syndicat UGTM (Union Générale des Travailleurs au Maroc), élu représentant des travailleurs depuis deux mandats et membre du comité du dialogue avec l'administration.

Alors qu’on lui refuse le PV de la réunion qu’il soupçonne d’être un faux, mais aussi de pouvoir recevoir la visite du médecin du travail, et que s’exercent des pressions sur sa famille et les travailleurs sahraouis, Mouloud Amidan mène une grève de la faim du 9 au 14 mars, dans la salle de réunion qu’il n’a toujours pas quittée.

Il reçoit, daté du 13 mars, un avis l’informant qu’il sera « rayé des contrôles de la société » s’il ne justifie pas son « absence irrégulière depuis le 1er mars ». Une réunion avec le directeur le 27 mars n’aboutit à rien.

Le 29 mars, un Sit-in de protestation pour le respect des droit des travailleurs et de solidarité avec les syndicalistes a réuni 120 personnes. Un appel est lancé pour de nouveaux Sit-in lundi et mardi prochain.

Pour l’anecdote, les équipes de sécurité de l’entreprise ont été renforcées par plus d’une centaine d’agents de sécurité de compagnie privées et 12 chiens. 1 syndicaliste sahraoui agacé et déterminé est donc très dangereux pour les dirigeants marocains !

APSO, 28 mars 2012
Sources : EM, APSO Sahara, les Syndicalistes