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samedi 14 mars 2015

Avortement: la réforme de la loi en 2015?





Rencontre nationale, débats, commission interministérielle : pour le ministre Houcine El Ouardi, la réforme de la législation sur l’avortement est en bonne voie et pourrait aboutir d’ici la fin de l’année 2015.

Après des années de tergiversations, la révision des articles 449 à 504 du Code pénal, qui sanctionnent lourdement la pratique de l’avortement (sauf si la vie de la mère est en danger), serait-elle pour cette année ? C’est ce qu’a laissé entendre le ministre de la Santé interviewé ce jeudi 12 mars sur la chaîne de radio 2M. Quand la journaliste lui a demandé si « la réforme [était] pour 2015 », Houcine El Ouardi a répondu « oui oui ». Mais tout en expliquant qu’il ne peut pas s’engager, car la révision du Code pénal dépend également du ministère de la Justice.
Des propos que Houcine El Ouardi a commentés pour Telquel.ma. « Bien sûr, je ne peux pas m’engager sur une date précise : la question ne dépend pas que de moi. Le ministère de la Justice est impliqué, puisqu’il s’agit du Code pénal ». Néanmoins, le ministre estime « que la réforme est engagée, elle devrait donc voir le jour cette année ». Et de rajouter « si ça ne tenait qu’à moi, je la présenterai la semaine prochaine, il est évident que c’est une des priorités du ministère ».

Une libéralisation partielle

Les déclarations de Houcine El Ouardi font suite à la rencontre nationale sur le thème « L’avortement : Encadrement législatif et exigences de sécurité sanitaire », organisée mercredi à Rabat. Le ministre y a qualifié de « restrictive, sévère et inéquitable » la législation actuelle et a indiqué qu’elle engendrait « de nombreux avortements clandestins aux conséquences sanitaires graves », pour mieux annoncer que son ministère travaillait sur un plan d’action en trois volets pour lutter contre les avortements clandestins. En commençant par libéraliser l’avortement en cas de viol, inceste, malformation fœtale grave ou maladie mentale de la mère.
Mais parce que cette libéralisation ne permettrait pas à toutes les femmes d’avorter, le deuxième axe du plan du ministère vise à « faciliter l’accès des femmes victimes de l’avortement clandestin aux prestations de santé reproductive sans aucune crainte d’être poursuivies, et améliorer la qualité de la prise en charge des complications ». Enfin, le ministre a indiqué que le troisième axe du plan du ministère était de développer la sensibilisation, notamment à travers l’éducation sexuelle dans les écoles.

Une polémique comme point de départ

Décidément, depuis quelques semaines, le dossier de l’avortement clandestin semble avancer à grand pas. Tout a commencé en février avec la destitution du Pr Chafik Chraïbi de ses fonctions de chef de service de la maternité des Orangers de Rabat, après le tournage d’un reportage sur l’avortement diffusé sur la chaîne France 2. La polémique soulevée par la mise à l’écart du médecin et fondateur de l’Association marocaine contre l’avortement clandestin a remis le débat au premier plan.
Plusieurs partis de la majorité (PJD) ou de l’opposition (PAM, USFP) se sont déclarés en faveur d’une libéralisation partielle de l’avortement, ou du moins pour un débat sur la question. Et le 3 mars dernier, le ministre de la Santé assurait à Telquel.ma qu’une commission interministérielle constituée de membres des ministères de la Santé, de la Justice, mais aussi de représentants du Conseil des ouléma travaillait à réviser le Code pénal. Finalement, le Pr Chraïbi devrait se voir restituer son poste dans les semaines qui viennent. Il était même invité par le ministère de la Santé à participer à la rencontre-débat du 11 mars.


jeudi 29 janvier 2015

El Ouardi :«48,9% des Marocains souffrent ou ont souffert de troubles psychiques.


  El Ouardi: «48,9% des Marocains souffrent de troubles psychiques»
 Crédit : Yassine Toumi

Des chiffres troublants ont été révélés par le ministre de la Santé Houcine El Ouardi à la Chambre des conseillers mardi 27 janvier. Lors de la session des questions orales au sein de la deuxième chambre portant sur les services psychiatriques des hôpitaux, le ministre a affirmé que « 48,9% des Marocains souffrent ou ont déjà souffert de troubles psychiques».
Le constat d’El Ouardi ne s’est pas arrêté la. Il a également évoqué d’autres chiffres qui font froid dans le dos : 26,5% des Marocains souffrent de dépression et 14% de Marocains ont déjà tenté de se suicider au moins une fois.
En révélant ces statistiques, le ministre a reconnu le manque d’infrastructures au sein des hôpitaux du pays pour soigner ces maladies. Il a cependant annoncé « la création prochaine de trois hôpitaux psychiatriques régionaux afin d’atteindre 3 400 lits au lieu des 2 453 lits existants actuellement ». De même, il a précisé que 100 psychologues sortent chaque année des facultés de médecine marocaines.

 

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mercredi 5 décembre 2012

Les syndicalistes de la santé s'indignent


Prélèvements sur les salaires 

Par Salma Raiss,  aufait,

Sit-in des syndicalistes du secteur de la santé, en septembre dernier./DRLa décision gouvernementale relative aux prélèvements sur les salaires des grévistes crée des remous. Après les fonctionnaires des collectivités locales, les syndicalistes du secteur de la santé se sont indignés fortement, après avoir remarqué, la semaine dernière, les prélèvements d’importantes sommes sur leurs salaires, à cause de leur participation à des grèves et manifestations.


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Après le ministère de la Justice et des libertés et les collectivités locales, c'est au tour des syndicats de la santé de s'indigner contre les prélèvements sur les salaires des grévistes. Ce mouvement de colère vient s'ajouter à celle causée par le décret du ministre de tutelle, Houcine El Ouardi, permettant aux lauréats des instituts privés d’exercer dans le public.
En protestation contre la décision du gouvernement de faire des prélèvements sur les salaires des grévistes, les quatre syndicats du ministère de la Santé affiliés à la Fédération démocratique du travail (FDT), à la Confédération démocratique du travail (CDT), à l'Union générale des travailleurs marocains (UGTM) et à l'Union nationale des travailleurs marocains (UNTM), ont décidé d’observer un énième sit-in, jeudi 6 décembre, devant les sièges des délégations de la santé, au niveau national.
Ce sit-in intervient après maintes autres manifestations tenues par les syndicats, pour “déplorer cette décision gouvernementale, que les fonctionnaires du secteur jugent “unilatérale, précipitée et impopulaire”, a expliqué Mustapha Chennaoui, secrétaire général du syndicat national de la santé, affilié à la CDT.
“Les prélèvements sur les salaires ont été opérés et cela sera à l’origine d’une réaction forte, voire agressive, de la part des centrales syndicales.”
Dr Mustapha Chennaoui, secrétaire général du syndicat national de la santé.
Il considère que c'est inacceptable et illégal, étant donné que la grève est un droit fondamental et constitutionnel des fonctionnaires, tant qu'elle se tient dans un cadre pacifique.
Et Dr Chennaoui de souligner que la grève est l'ultime recours des syndicats pour faire entendre leurs revendications, qui tombent, depuis longtemps, dans la sourde oreille du ministère de tutelle.

Appel à la restitution des sommes défalquées
Le syndicaliste a, par ailleurs, précisé, que ces prélèvements interviennent au moment où les fonctionnaires de la santé s’attendaient à l’application du contenu de l’accord du dialogue social du 5 juillet 2011. Cet accord comprend entre autres la rémunération du rendement, de la garde et de la permanence, l’activation de la rémunération de la responsabilité, la motivation du médecin chef et l’infirmier chef exerçant dans les centres de santé et le personnel travaillant dans les unités de santé mobiles.
Dans un communiqué conjoint, les quatre syndicats appellent à un retrait immédiat de la décision gouvernementale et à la restitution des sommes d’argent défalquées sur les salaires des grévistes.
La bataille s’annonce dure, puisque le chef de gouvernement, Abdelillah Benkirane, est catégorique et n’entend pas revenir sur cette décision.