Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est CDT. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CDT. Afficher tous les articles

mardi 7 avril 2015

Réflexion (matinale) sur le syndicalisme marocain

 Par Ali Fkir, 6/4/ 2015
La marche du 2 avril 2015 est une source de leçons pour ceux et celles qui sont à "la recherche" d'un syndicalisme militant. La marche était composée à plus de 70% d'ouvriers (essentiellement agricoles), de petits bourgeois de l’administration étatique , de jeunes (étudiants, lycéens, chômeurs), de quelques militants politiques (essentiellement marxistes)...etc. L'organisation était parfaite, Toutes les composantes tenaient à l'unité et au respect des slogans "préfixés". La surenchère petite bourgeoise avait laissé place à l'esprit responsable.
Le syndicalisme marocain vit son agonie. Plus de 90% des travailleurs boudent aujourd'hui les syndicats existants. La naissance de la TENDANCE DÉMOCRATIQUE qui traverse l'UMT et la CDT, principaux syndicats du pays, ouvre de nouvelles perspectives pour l'épanouissement d'un syndicalisme militant. Un syndicalisme qui se doit mettre à la poubelle de l'Histoire l'esprit de collaboration de classes, l'esprit de "paix sociale", l'esprit qui privilège le "respect des valeurs sacrées(hhhh)" aux dépens des aspirations légitimes des travailleurs.
Conditions du succès de la TENDANCE DÉMOCRATIQUE:
-Gestion démocratique interne
-L'ouverture sur les 90% des travailleurs non syndiqués. Il ne faut pas "se chamailler" avec les bureaucrates des centrales existantes, bureaucrates aliénés au régime et au patronat, sur la poignée de syndiqués (moins de 10%). C'est une perte de temps. Les emblèmes des "maisons existantes" ont perdu leur éclat de jadis. Ils sont devenus repoussants.
-Développement de l'esprit de combativité, de résistance, L'ESPRIT DE CLASSE. La formation syndicale classique n'est pas suffisante. Elle est nécessaire mais loin d'être suffisante. Les travailleurs doivent être conscients de leur appartenance de classe, de l’impossibilité de coexistante de classes. La lutte est l'aspect principal dans les rapports ouvriers-patrons. La lutte syndicale n'a pour finalité que "d'adoucir" l'exploitation et non de la supprimer, c'est pourquoi, le mouvement syndical ne doit en pas être "indépendant" de la lutte politique du peuple marocain, ni insensible aux luttes des travailleurs des autres pays. Comme le capitalisme n'a pas de frontières, l'internationalisme prolétarien n'en a pas aussi.
Sans la triple formation: syndicale, politique idéologique, la TENDANCE DÉMOCRATIQUE régénérera les maladies qui ont mené l'UMT et la CDT à la décadence.
   


jeudi 18 septembre 2014

5 raisons pour lesquelles la rentrée sociale risque d’être chaude. Grève 24/9/2014



5 raisons pour lesquelles la rentrée sociale risque d’être chaude
Le gouvernement d'Abdelilah Benkirane ne peut plus reculer face aux réformes prioritaires et urgentes. /DR
Dernière mise à jour le 16/9/2014 
Après un weekend au vert à Ifrane, le gouvernement d’Abdelilah Benkirane se prépare à une rentrée sociale tendue, entre dossiers cruciaux à gérer et menaces des organisations syndicales.

1. La réforme du régime des retraites qui tarde

Promise depuis des années, la réforme du régime des retraites a encore pris du retard malgré la situation alarmante des finances de la Caisse marocaine des retraites.
Les propositions faites par le cabinet Benkirane durant l’été ont réveillé de nombreux opposants au gouvernement, qui critiquent le relèvement de l’âge du départ à la retraite de 2 à 5 ans et l’augmentation du taux de cotisation. Cependant, L’Economiste livre dans son édition de mardi que le gouvernement a décidé ce week-end de débloquer 5 milliards de dirhams pour financer cette réforme.
Abdelilah Benkirane devra également faire face aux parlementaires. /DR
Abdelilah Benkirane devra également faire face aux parlementaires. /DR

2. La réforme de la Caisse de compensation doit être menée à terme

Le sujet est tabou, pourtant le PJD l’avait pris à bras le corps lors de la campagne électorale d’il y a trois ans. Le régime de compensation devait être réformé tant il accablait les caisses de l’Etat.
Un effort a été entrepris puisque les dépenses liées à la Caisse de compensation se sont établies à 6,6 milliards de dirhams à fin mars 2014, contre 16,5 milliards un an auparavant, selon le bulletin de la Trésorerie générale du royaume publié en avril dernier.
Pourtant, la Cour des comptes appelle par l’intermédiaire de son président, Driss Jettou, a poursuivre les efforts, notamment la décompensation totale de l’essence et du fuel industriel.

3. La promotion de l’emploi en berne

Le patronat et les syndicats sont inquiets quant à la politique d’austérité et aux décisions que va prendre le gouvernement Benkirane pour favoriser la relance de l’emploi. Et les chiffres ne se veulent pas rassurants.
En effet, selon le Haut commissariat au plan (HCP), le taux de chômage est passé de 8,8% à 9,3% de la population active lors du deuxième trimestre 2014.
Le taux de chômage national continue de grimper. /DR
Le taux de chômage national continue de grimper. /DR

4. Le risque de grève générale et de menace sur la paix sociale

Face à cette situation sociale, la Confédération Démocratique du Travail (CDT) a appelé, samedi dernier, à l’organisation d’une grève nationale pour « protester contre la politique du gouvernement et sa gestion du dialogue social ». Cette grève serait suivie par un sit-in devant le Parlement.
L’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) n’est pas en reste et se dit déterminée à faire pression sur le gouvernement pour que celui-ci respecte ses engagements de concertation avec les centrales syndicales pour mener ces reformes décisives. L’UGMT reproche ainsi au gouvernement de mener ces questions sociales « de façon unilatérale et injuste », au détriment de la classe ouvrière marocaine. Un appel à la grève a été lancé pour le mercredi 24 septembre.

Les principales centrales syndicales ont appelé à une grève nationale le 24 septembre. /DR
Les principales centrales syndicales ont appelé à une grève nationale le 24 septembre. /DR

5. Le droit de grève remis en cause

Cette volonté assumée des principaux syndicats de rompre le climat d’apaisement social, par des grèves sectorielles et générales, n’est pas surprenant après la décision du gouvernement de systématiser la déduction des jours de grèves des salaires des fonctionnaires grévistes, comme dans le privé.
Cette annonce faite en novembre dernier par Mustapha Ramid, ministre de la Justice et des libertés, avait été suivi par des ordres de prélèvements sur les salaires des fonctionnaires grévistes de la Justice et de la Santé. Les enseignants grévistes ont également été touchés par cette « décision gouvernementale, appliquée dorénavant systématiquement ».
M.C.

samedi 29 mars 2014

6 avril, une dure journée attend Benkirane


Les syndicats CDT, FDT et UMT réunis
Les syndicats CDT, FDT et UMT réunis
Les ouvriers affiliés à trois centrales syndicales vont marcher le 6 avril pour manifester leur mécontentement. Les chefs de L’Union Marocaine du Travail (UMT), de la Confédération Démocratique du Travail (CDT) et de la Fédération Démocratique du Travail (FDT) ont finalement décidé de manifester  à Casablanca pour dénoncer la détérioration des conditions sociales et économiques de la classe ouvrière. 

 Selon Miloudi  Moukhariq le SG de l’UMT, les trois syndicats veulent ainsi  dénoncer le « blocage » du dialogue social et « l’atermoiement » du gouvernement à résoudre les problèmes des travailleurs et des salariés. En janvier dernier, les trois syndicats avaient décidé de constituer un front commun, d’unifier leurs rangs et de coordonner ensemble leurs actions syndicales en vue de défendre les droits de la classe ouvrière marocaine. Cette initiative « historique et sans précédent » n’est pas « un choix tactique » mais traduit une conviction profonde de toutes les instances et organisations syndicales, de « la nécessité de sortir de l’état de la division pour passer à une étape de coordination des initiatives et d’unification des efforts des militants syndicalistes pour faire face aux tentatives visant le mouvement syndical et la classe ouvrière », avaient annoncé les trois centrales.

jeudi 25 juillet 2013

Visite de solidarité avec les mineurs d’AGM mine( akka gold mining) , province de Tiznit



  le dimanche 21 juillet 2013 par Said , Wahid et Tisgmine



La mine est située dans la province de Tiznit et à environ 70 Km au Sud Est   de Tafrout (soit à 280  au sud Est d’Agadir)


  L’exploration géologique  remonte aux années 80 et l’abattage a commencé  avec le BRPM ( bureau des recherches et des participations minières) 1996 et après l’étude de faisabilité l’exploitation  a commencé 1998 avec l’ONA( la société national d’investissement  actuellement). Mais la déclaration n’a été faite que 2001 .


L’extraction a engendré des  impacts négatifs sur le milieu naturel (la pollution de l’air, du sol, de l’eau et la surexploitation de eaux souterraines (dans ce cadre les habitants du douar Inlioua proche de la mine  ont manifesté et ont arrêté le puits Sud jusqu’à ce que l’administration de la mine accepte de rembourser les quantités de l’eau qui a été asséché par l’exploitation ).


Quand aux ouvriers ils travaillent dans une zone éloignée et dans  des conditions  de travail très sévères et risquées ( le travail dans le fond de la mine qui atteint 930 m de profondeur où les travailleurs sont exposés aux blessures voire à la mort (mort au moins de cinq personnes) ; aussi sont-ils  exposés à des maladies chroniques, à savoir : la silicose-à cause de l’inhalation de particules de silice dans le poumons ce que provoque des blessures dans les poumons et l’incapacité de respiration; la surdité-comme résultat du bruit des engins et des tirs de mines, aussi la sensibilité des yeux…..





 Alors le premier  bureau syndical  (CDT) des ouvriers titulaires (AGM) a été constitué en avril 2011, puis le deuxième bureau syndicale serait constitué pour les temporaires des trois sociétés soustraitantes de la même famille de Agazoumi qui sont : Agazoumi ; Top forage et Polytramines ; aussi  si AGM a besoin des ouvriers, Agazoumi les emploie sous forme de régie autrement l’ouvrier reste à la disposition de AGM mais administrativement il est lié à Agazoumi….

   Ces syndicalistes ont fait un sit-in à côté du puits principal de l’extraction -Puits Nord- depuis 13 jours  en protestant contre  la transmission  arbitraire de cinq activistes en réclamant la fin du chantier de Bouzarif -Province de Tata et le cahier revendicatif se résume en :


1-    Le retour des activistes exclus et transmis à Oumgrane , au travail dans le même chantier ;

2-   La déclaration des ouvriers dans la CNSS avec l’octroi des mêmes points que les jours travaillés ;

3-    L’amélioration des salaires ;

4-    L’embauche pour tous les temporaires ;

5-    Arrêter le changement de matricule tous les trois dans la fiche de paie des temporaires ;

6-    L’amélioration de la prime au logement ;

7-    L’amélioration de la prime Aid Aladha ;

8-    Le congé  annuel.

  De sa part l’administration fait croire à la minorité qui travaille  que l’extraction est normale et a essayé de briser la grève  en affectant les maçons (ouvriers journaliers qui travaillent dans le génie civil de la mine sans fiche de paie ) dans l’usine de traitement ! Parce que les gens qui ont de l’expérience sont en grève elle a essayé aussi de former les nouveaux pour exercer des tâches, et les affecter dans chantiers lointains, mais le militantisme et le combat des gréviste ont mis fin aux initiatives de l’administration.

L’administration prétend qu’elle va arrêter l’exploitation dans ce site parce qu’il n’est rentable ! comme prétexte à ne pas répondre aux revendications des ouvriers.

On note la non participation et la non solidarité  des techniciens , des agents de maitrise et des ingénieurs dans la grève ; bien qu’ils soient exploités et que  la majorité d’eux est universitaire !


Une caravane de solidarité a été organisée par la CDT Agadir le Mardi 23 Juillet 2013 , en commençant par un sit-in devant  la province de Tiznit  puis un autre sit-in avec les femmes des mineurs grévistes puis un autre sit-in devant la mine  .


 Un débat a été fait  avec l’administration a abouti à la réalisation de trois points du dossier revendicatif, et les autres points seront discutés le 03 Septembre prochain :

1- Le retour des activistes exclus et transférés à Oum Jrane , au travail dans le même chantier : ces activistes du syndicat ont refusé la transmission vers la mine  Oum Jrane pour éviter le harcèlement de l’administration puisque le syndicat est absent là , alors l’administration est  pour le traitement  normal de ces activistes comme tout le monde  avec uneaugmentation salariale de 50% ;

3-L’amélioration des salaires : une augmentation  est promis par l’administration, en fonction de l’ancienneté 5%,10% et 15% ;
5-Arrêter le changement du matricule tous les trois dans la fiche de paie des temporaires : l’administration a promis
La  conservation de la même date  d’embauche

SALUTATIONS



C:\Documents and Settings\Administrateur\Bureau\Photo9.jpg
Photo1 : sit-in pour revendiquer le respect de la convention signée  avec l’administra

samedi 18 mai 2013

Affaire Hamid Majdi : un procès politique ?






Manifestation de soutien à Hamid Majdi devant le tribunal de Marrakech - Mercredi 8 mai 2013

Accusé de possession de drogue, le syndicaliste et conseiller municipal de Ouarzazate dénonce «un coup monté». Hamid Majdi s'attaque depuis plusieurs années aux pratiques anti-sociales de certaines entreprises de la région, notamment de la filiale minière du holding royal SNI.
Hamid Majdi, secrétaire général adjoint à l'Union locale de la Confédération Démocratique du Travail (CDT) Ouarzazate, et conseiller municipal de la ville (PSU), est poursuivi en état de liberté pour possession de drogue. Il risque de 5 à 10 ans de prison ferme. Les Douanes réclament également une amende de 800 000 DH.
La dernière audience du procès a eu lieu mercredi dernier au tribunal de première instance de Marrakech, où le groupe de soutien à Hamid Majdi ainsi que les mouvements démocratique de la région (CDT, PSU, PADS, Annajh Addimocrati, AMDH) ont organisé un sit-in de solidarité.
Lors de son réquisitoire, le procureur a affirmé que Hamid Majdi n'était pas poursuivi pour ses activités syndicales et politiques mais pour un délit de droit commun, et que tous les indices concordaient pour déterminer sa culpabilité. Ses avocats qualifient au contraire ce procès de politique. Ils soulignent les incohérences du dossier et dénoncent un coup monté pour faire taire leur client.

Hamid Majdi, un syndicaliste qui dérange

Hamid Majdi
 Hamid Majdi, père de famille de 48 ans, est originaire de Demnate, à 100 km de Marrakech. Il est engagé dans l'action syndicale de la région depuis plus de vingt ans, au sein de la Confédération démocratique du travail (CDT). Employé à la préfecture de la province de Ouarzazate, où il a crée en 1999 une section de la CDT, il est également conseiller municipal de la ville sous l'étiquette PSU. C'est d'ailleurs avec sa casquette de conseiller municipal qu'il dépose une plainte en 2011 contre l'ancienne équipe de la mairie de Ouarzazate. «J'ai découvert que des millions de dirhams manquaient dans les caisses de la ville. Où est parti cet argent ? J'ai des documents qui prouvent ce que j'avance mais malgré ma plainte il ne se passe rien», affirme t-il à Lakome.
Dans cette région marquée par l'exclusion et la misère sociale, Hamid Majdi est de tous les combats, malgré «les pressions qui ne s'arrêtent jamais». La CDT Ouarzazate comprend plusieurs sections qui couvrent les secteurs minier et hôtelier, les deux principales activités économiques de la région. «A Ouarzazate, nous nous sommes battus contre certains propriétaires hôteliers qui ne déclarent pas leurs employés à la CNSS ou qui les ont licenciés lorsque ceux-ci ont entamé une grève. Il y a eu des décisions de justice en notre faveur : elles ne sont pas appliquées !», explique-t-il.
Manifestation à Ouarzazate à l'appel de la CDT (janvier 2012) :
Soutien aux mineurs de Managem
Mais le grand conflit social auquel participe Hamdi Majdi depuis plus d'un an concerne les mineurs de Bou Azzer, localité qui abrite une mine de cobalt exploitée par SMI (Managem, filiale du holding royal SNI). «C'est une bataille pour faire appliquer le code du travail. Dès que nous avons crée un bureau de la CDT à la mine, la direction l'a fermé et a licencié les syndicalistes. Grèves, arrestations de mineurs, marches pacifiques ont suivi», affirme Hamid Majdi. Il dénonce les sous-déclarations à la CNSS et le fait que certains ouvriers sont engagés par des sociétés de sous-traitance avec des contrats à durée déterminée de trois mois, renouvelables à l'infini, bien qu'ils travaillent depuis plus de dix ans à la mine. Il explique par ailleurs que les conditions de travail sont particulièrement difficiles et que la sécurité des mineurs n'est pas respectée : 9 mineurs sont morts depuis 2011. «J'ai des documents qui prouvent tout ce que j'avance. On ne réclame pas des augmentations de salaire, simplement le respect du code du travail !», lance-t-il.
Marche de solidarité avec les mineurs de Bou Azzer (octobre 2012) : 

Novembre 2012 : l'arrestation
Début novembre 2012, alors qu'il participe à une marche de solidarité avec les mineurs d'Imider, une autre mine de la région exploitée par Managem, Hamid Majdi reçoit un coup de téléphone. «Il s'agissait d'une femme, une certaine Nawal, qui se présentait comme une syndicaliste vivant en France et qui souhaitait vivement me rencontrer. Elle m'a dit qu'elle était en ce moment au Maroc et m'a demandé de venir la voir à Skhirat. J'ai eu des doutes et j'ai refusé, bien qu'elle m'ait rappelé plusieurs fois pour insister», explique-t-il à Lakome.
Mi-novembre, après la fête de l'Aïd, Hamid Majdi décide de se rendre à Marrakech pour visiter sa famille. Il reçoit alors un nouveau coup de téléphone de la dénommée Nawal, qui lui apprend qu'elle compte elle aussi venir à Marrakech ce jour-là pour voir sa mère. «Elle m'a demandé de venir la chercher devant la gare de Marrakech le lendemain matin, ce que j'ai fait. Elle devait repartir le soir-même par avion».

La mystérieuse "Nawal"
Lorsque Hamid Majdi arrive devant la gare, «Nawal» est accompagnée d'une vieille femme, qu'elle présente comme étant une domestique de sa mère qu'il faut déposer au domicile familial. Le syndicaliste s'exécute puis se rend dans un café avec Nawal devant l'hypermarché de la ville. «Je sentais que quelque chose ne tournait pas rond mais tant qu'on était en public, je ne craignais rien», affirme-t-il. Hamid Majdi prend alors congé de Nawal et se rend chez sa famille. Une heure plus tard, nouveau coup de fil de la mystérieuse femme, qui lui demande de passer la chercher en fin d'après-midi pour l'amener à l'aéroport. Elle lui donne rendez-vous dans un café. Problème : Hamid Majdi s'y rend mais n'y trouve personne. Le téléphone de Nawal est désormais éteint. Après avoir attendu près d'une heure, il décide de partir.
C'est en sortant de ce café, alors qu'il s'apprêtait à entrer dans sa voiture, que des policiers en civil surgissent. «Ils étaient huit et ont encerclé mon véhicule. Ils ont pris la clé, m'ont mis derrière la voiture et ont commencé à fouiller. Je n'ai pas vu ce qu'ils faisaient. Un des policiers est alors revenu vers moi en brandissant des sachets de drogue, de la chira et de la cocaïne, en disant qu'ils l'ont trouvé dans ma voiture, sous mon siège et côté passager !», explique le syndicaliste.

Les incohérences du dossier
Il est alors arrêté et amené au commissariat. La maison de sa famille est également fouillée mais les policiers ne trouvent rien. «Ils m'ont amené avec eux, j'étais menotté devant ma mère, comme un vulgaire trafiquant, c'était dur... ». Après être passé devant un juge d'instruction, il est relâché et poursuivi en état de liberté pour possession de drogue.
Lors de son interrogatoire, Hamid Majdi raconte aux policiers l'histoire de la mystérieuse Nawal, qu'il pense être au moins complice de ce qu'il appelle «un coup monté». Les policiers se rendent à la gare de Marrakech pour examiner les caméras de surveillance. Et là surprise : ils se rendent compte que la dénommée Nawal n'est pas arrivée en train à Marrakech, elle était déjà sur place ! Les caméras l'identifient clairement : elle est entrée dans la gare puis en est ressortie dès que le syndicaliste est arrivé devant le bâtiment. Les caméras la montrent aussi entrer dans la voiture de Majdi, côté passager.
La suite est alors invraisemblable : les enquêteurs n'ont pas cherché à retrouver cette femme ! Ils n'ont pas non plus relevé ses empreintes sur la voiture de Majdi (qui a été saisie par la police). Les avocats du syndicaliste ont également demandé à prélever les empreintes sur les sachets de drogue, afin de les comparer avec celles de l'accusé. Demande rejetée...
Le dossier précise que la police a été informée ce jour-là par un coup de fil anonyme. Lors du procès, qui s'est ouvert en décembre dernier, le mystérieux témoin ne s'est pas présenté, le procureur invoquant la protection des témoins. Les avocats de Majdi ont demandé à ce que le juge le rencontre quand même en privé. En vain...
«Le dossier est complètement vide, le procureur dit simplement que je suis coupable car la police aurait trouvé la drogue dans ma voiture. Pourquoi refusent-ils d'examiner les indices, la voiture, les empreintes, les téléphones, les vidéos ? Lorsque mes avocats ont demandé ça, le procureur n'a rien répondu !», lance Hamid Majdi.
Selon lui, il est impossible de savoir ce que va décider le juge, alors que le verdict est prévu pour le 22 mai prochain. «Normalement je ne devrai pas être inquiet, ils savent très bien que je suis innocent. Mais au Maroc la justice n'est pas indépendante, c'est un procès politique. Tout peut arriver et ça fait peur...».
Hamid Majdi demande deux choses : que son innocence soit reconnue et que la vérité soit faite pour trouver «qui se cache derrière ce complot».
Manifestation de soutien à l'ouverture du procès Majdi (décembre 2012) :

Le «précédent» Sokrate
L'affaire Majdi fait bien sûr penser à celle du jeune blogueur Mohamed Sokrate, ancien militant du 20 février, condamné en appel en octobre dernier à un an et demi de prison ferme pour "possession et trafic de drogue". Il avait été arrêté il y a un an, en mai 2012, à la sortie d'un cybercafé à Marrakech. Les policiers affirmaient avoir trouvé sur lui 400 grammes de haschich. Son père et son frère avaient également été interpellés, «enlevés» selon eux, et relâchés après que Sokrate ait signé le procès-verbal de la police. Le jeune blogueur, dont la condamnation a provoqué l'indignation de la société civile marocaine et des ONG internationales, est toujours incarcéré.
Il fait d'ailleurs partie des 206 détenus politiques recensés par l'AMDH et le collectif Mamfakinch dans leur base de données récemment mise en ligne, freekoulchi.org.




Ajouter un Commentaire

vendredi 26 avril 2013

Première victoire pour Amina Mourad et Benasser Ismaini, coordinateurs du mouvement des victimes des microcrédits de la région de Ouarzazate


Par Souad Guennoun, Attac-Maroc, 25/4/2013

Amina Mourad et Benasser Ismaini, les deux coordinateurs du mouvement des victimes des microcrédits de la région de Ouarzazate sont passés devant le juge au tribunal de Ouarzazate ce jeudi 25 avril 2013 .
Leur procès a été reporté 14 fois. Les représentants des 5 organismes de  microcrédits qui avaient porté plainte ne se présentant pas aux convocations du tribunal. Amina Mourad et Benasser Ismaini sont trainés en justice pour avoir défendu, rassemblé les victimes des microcrédits dans leur région et mis à nu les abus des organismes des microcrédits.
Le 4 avril 2013, 4 des 5 organismes de microcrédits se sont rétractes, ont retiré leurs plaintes, sans pour autant envoyer leurs avocats.
 Aujourd’hui, ce jeudi 25 avril 2013 au tribunal de Ouarzazate : une première victoire !
 Le procès de Amina Mourad et Benasser Ismaini, s'est tenu ce jour avec une présence importante de femmes et l’appui du syndicat CDT, la mobilisation et le soutien international  ont permis une première victoire : tous les chefs d'inculpations retenus contre les deux coordinateurs du mouvement des victimes des microcrédits dans la région de Ouarzazate ont été retirées sauf l’accusation pour insulte, ils sont condamnés à payer une amende de 4000 dh chacun.
C’est  une première victoire pour le mouvement des victimes des organismes de microcrédits de la région de Ouarzazate. Majoritairement des femmes, certaines venues de Kalaat Magouna, Agdz, M'Hamid, Zagoura,  elles sont venues en nombre manifester leur solidarité devant le tribunal, et dans le tribunal, malgré une présence importante des forces de répression. A l’annonce du jugement, elles sont sorties en manifestation soutenues par les syndicalistes de la CDT. Elles ont marché dans la ville en lançant les slogans : « dégage microcrédits » accompagnées de you you.
Une première victoire qu'il faut saluer haut et fort .
Mais la lutte continue pour demander réparations des préjudices: depuis 2 ans Amina et Nasser sont trainés devant la justice.
Pour poursuivre la lutte contre les organismes de microcrédits au-dessus de la loi, pour refuser de payer, pour un réel développement
La solidarité est plus qu’urgente et nécessaire pour transformer ce succès en victoire pour toutes les victimes des organismes de microcrédits , pour étendre et développer ce mouvement dans toutes les villes et régions.
Pour exiger un réel développement qui s’attaque en profondeur aux sources de la pauvreté et stopper l’engrenage de la dette , pour des droits et une justice sociale, pour le jugement des organismes qui se nourrissent de la pauvreté des femmes.

mardi 2 avril 2013

Benkirane embarrassé par l’ampleur de la grandiose marche du 31 mars 2013 à Rabat "Pour l'ensemble des droits et des libertés"

Par Ali Fkir, 31/3/2013

FÉLICITATION et mille fois BRAVO !


Rabat: marée humaine à la marche du 31 mars 2013, marche des travailleurs par excellence dont l'initiative revient à la CDT et à la FDT. Pour celles et ceux qui connaissent Rabat: la tête de la marche à Bab Rouah , la queue toujours à Baba Al Had. GRANDIOSE MARCHE Syndicales (CDT, FDT, UMT courant démocratique), soutenue par la gauche démocratique et progressiste, le MVT20FEVRIER... Les islamistes ont préféré ne pas y assister. FÉLICITATION AUX ORGANISATEURS ET A TOUTES ET A TOUS CELLES/CEUX QUI ONT CONTRIBUE AU SUCCÈS DE CETTE DÉMONSTRATION DE FORCE! Bâtissons ensemble un front uni contre le makhzen, un front démocratique et progressiste.


 






















Plusieurs milliers de travailleurs ont défilé ce dimanche à Rabat contre les politiques menées par le gouvernement actuel. Une marche dont la principale cible a été le chef du gouvernement.


 L'opposition marocaine s'est réunie ce dimanche, le temps d'une marche organisée à l'appel des deux centrales syndicales, la CDT et la FDT. A cet appel, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont répondu, ainsi que quelques dizaines de membres du mouvement du 20 février.
La marche pour « les droits et les libertés » s'est transformée en un procès contre le gouvernement actuel. « Benkirane dégage, tu n'as rien pu faire ! » scandaient les manifestants, dont des dirigeants de partis politiques comme Habibi El Malki et Driss Lachgar (USFP) ou Nabila Mounib (PSU)...
Les islamistes d'Al Badil Al Hadari et d'al Oumma ont également été de la partie, la manifestation qui a rassermblé 30.000 personnes selon les organisateurs a appelé au départ du gouvernement actuel et la « chute » de son chef.
Mais il n'y avait pas que la gauche et les islamistes d'opposition dans la marche d'aujourd'hui, plusieurs individus appartenant au PAM et au RNI, partis de l'opposition parlementaire ont rejoint la protestation. Celle-ci a, d'ailleurs, ressuscité le martyr Omar Benjelloun après que les militants de la mouvance ittihadie aient scandé le célèbre slogan anti-islamiste « criminels, criminels, les assassins de Benjelloun ».
 http://fr.lakome.com/index.php/politique/587-syndicats-une-marche-anti-benkirane
--------------------------------------------

Des milliers de personnes manifestent à Rabat à l'appel de syndicats

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Rabat "pour l'ensemble des droits et des libertés", affichant leur mécontentement à l'égard de la politique du gouvernement, à l'appel notamment de deux organisations syndicales, a constaté un photographe de l'AFP.
Selon la même source, les manifestants, qui ont achevé leur marche devant le Parlement, dans le centre de la capitale, étaient entre 5.000 et 10.000. La police a pour sa part évoqué le chiffre de 3.000 participants.
Organisée sous le signe "Pour l'ensemble des droits et des libertés", cette manifestation s'est déroulée dans le calme, le cortège brandissant des pancartes et scandant des slogans anti-corruption, "contre la vie chère et pour l'emploi",  et plus généralement contre la politique du gouvernement.
"Le Maroc vit une régression sociale", Abdelilah "Benkirane (le chef du gouvernement, ndlr) nous emmène dans un ravin", ont clamé des manifestants, parmi lesquels des membres du mouvement pro-réformes du 20-Février.
D'après l'agence MAP, des partis de l'opposition ainsi que des associations et des organisations actives dans les domaines des droits humains et de la société civile s'étaient également joints au cortège.

Cette manifestation constitue "une sorte de mise en garde" au gouvernement, ont déclaré des syndicalistes cités par la MAP. Le parti islamiste Justice et développement (PJD) d'Abdelilah Benkirane, qui dirige le gouvernement, est arrivé au pouvoir par les urnes fin 2011-début 2012, dans le tumulte du printemps arabe.
Confronté à un ralentissement de la croissance l'an dernier ainsi qu'à un creusement du déficit public, il doit mener au cours des prochains mois d'importantes réformes sociales, concernant les retraites mais aussi la caisse de compensation, qui subventionne à grand frais des produits de première nécessité.
****************************************************************************************************************************************************
(APS) dimanche 31 mars 2013 14 : 56
Maroc : marche à Rabat contre la politique économique et sociale du gouvernement
RABAT - Plusieurs centaines de travailleurs marocains de différents secteurs ont manifesté dimanche à Rabat contre la politique économique et sociale du gouvernement dirigé par Abdelilah Benkirane, à l’appel de deux syndicats, la Fédération démocratique du travail (FDT) et la Confédération démocratique du travail (CDT), a-t-on constaté.
Placée sous le signe "Pour l’ensemble des droits et des libertés", cette marche a été soutenue par des organisations de la société civile, des partis politiques de gauche et par une branche dissidente de l’un des principaux syndicats marocains, l’Union marocaine du travail (UMT).
Venant de différentes villes du royaume, les manifestants ont réclamé la démission de l’actuel gouvernement de coalition dirigé par le Parti justice et développement (PJD, islamiste), le respect du droit syndical dans les secteurs privé, public et semi-public et contre les prélèvements des salaires des grévistes notamment ceux des collectivités locales et contre la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs.
Dans des déclarations à la presse, les initiateurs à cette marche ont indiqué que l’objectif de cette action est de dénoncer la politique du gouvernement qui menace la paix sociale du Maroc suite à la hausse du coût de la vie, du taux de chômage et au non-respect des accord conclus avec les syndicats.
Selon le Haut-Commissariat marocain au plan (HCP), le taux de chômage est passé de 8,9 % en 2011 à 9,0 % en 2012 augmentant de 1.028.000 à 1.038.000 chômeurs en 2012, soit 10.000 chômeurs en plus.
La même source a relevé que le coût de la vie a augmenté de 2,6% en janvier 2013 par rapport au même mois de l’année 2012.
Le gouvernement de coalition marocain est dirigé depuis janvier 2012 par le PJD, vainqueur des législatives anticipées du 25 novembre 2011 avec 107 sièges sur 395 députés de la chambre des représentants.
L’exécutif comprend des membres du Parti de l’Istiqlal (conservateur, 60 députés), du Mouvement populaire (MP, libéral, 32 députés) et du Parti du progrès et du socialisme (PPS, ex-communiste, 18 sièges).
URL Source : http://www.aps.dz/Maroc-marche-a-Rabat-contre-la.html
----------------------------------------

marche Rabat 31 mars 2013
1 avr. 2013
de S G Attac - Maroc
Marche unitaire Rabat 31/3/2113: à l'appel des syndicats CDT , FDT et ODT: une "marche pour les droits et libertés" contre les mesures du gouvernement Benkirane qui a rassemblé militants de la gauche radicale pour l'unité syndicale , du M20Février, Attac, également des islamistes mais aussi les partis de droite RNI et PAM dans l'opposition au Parlement contents de reprendre le slogan "dégage Benkirane", espérant prendre la place...Une étrange large coalition contre le gouvernement Benkirane
Afficher l'album
Voir le diaporama

----------------------------------------------------------------
 
  Benkirane embarrassé par l’ampleur de la manifestation. 

 Le chef du gouvernement n’en revient pas de l’ampleur de la manifestation syndicale de dimanche à Rabat. Enivré par des sondages rassurants sur sa popularité personnelle, Abdelilah Benkirane ne s’attendait pas à une telle démonstration de force contre la politique de son gouvernement. Surtout que l’imposante marche qui a drainé plusieurs dizaines de milliers de manifestants, a été organisée à l’appel de la CDT et de la FDT, deux de principales centrales syndicales du pays, auxquelles se sont jointes plusieurs figures de l’opposition. Surtout aussi que la manifestation intervient au moment où la colère gronde à l’intérieur même de la majorité menée par les islamistes.

 Lors de la dernière réunion des chefs de la coalition gouvernementale, l’Istiqlal s’est vivement opposé à toute nouvelle hausse des prix. C’est dire que les projets de Benkirane pour réformer, même partiellement, la caisse de Compensation, ne font pas consensus à l’intérieur de la majorité. Une réforme devenue pourtant inévitable pour faire face à l’inquiétante détérioration des indicateurs économiques et financiers du pays. Réuni samedi, le comité central de l’Istiqlal s’est clairement opposé à toute nouvelle mesure d’austérité qui accablerait davantage les citoyens et rendrait le gouvernement plus impopulaire encore.
 De fait, 15 mois après son arrivée aux affaires, Abdelilah Benkirane et son cabinet mi-islamiste peinent à convaincre. Pire encore, la seule mesure économique concrète décrétée jusqu’à présent, à savoir l’augmentation des prix de l’essence et du gazole, a eu un effet impopulaire évident. Le reste tient soit à l’effet d’annonce soit aux déclarations de bonnes intentions. On est loin des promesses électorales du PJD de porter le salaire minimum à 3000 DH. Plus loin encore l’objectif d’atteindre une croissance de 7%. A la place, le pays doit faire face à un marasme économique aggravé par un chômage persistant, la hausse effrénée des prix, le déficit des services publics…
 La marche syndicale de dimanche a sonné l’alarme d’un mécontentement social difficilement contenu. La balle est aujourd’hui dans le camp du chef du gouvernement.