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jeudi 18 septembre 2014

5 raisons pour lesquelles la rentrée sociale risque d’être chaude. Grève 24/9/2014



5 raisons pour lesquelles la rentrée sociale risque d’être chaude
Le gouvernement d'Abdelilah Benkirane ne peut plus reculer face aux réformes prioritaires et urgentes. /DR
Dernière mise à jour le 16/9/2014 
Après un weekend au vert à Ifrane, le gouvernement d’Abdelilah Benkirane se prépare à une rentrée sociale tendue, entre dossiers cruciaux à gérer et menaces des organisations syndicales.

1. La réforme du régime des retraites qui tarde

Promise depuis des années, la réforme du régime des retraites a encore pris du retard malgré la situation alarmante des finances de la Caisse marocaine des retraites.
Les propositions faites par le cabinet Benkirane durant l’été ont réveillé de nombreux opposants au gouvernement, qui critiquent le relèvement de l’âge du départ à la retraite de 2 à 5 ans et l’augmentation du taux de cotisation. Cependant, L’Economiste livre dans son édition de mardi que le gouvernement a décidé ce week-end de débloquer 5 milliards de dirhams pour financer cette réforme.
Abdelilah Benkirane devra également faire face aux parlementaires. /DR
Abdelilah Benkirane devra également faire face aux parlementaires. /DR

2. La réforme de la Caisse de compensation doit être menée à terme

Le sujet est tabou, pourtant le PJD l’avait pris à bras le corps lors de la campagne électorale d’il y a trois ans. Le régime de compensation devait être réformé tant il accablait les caisses de l’Etat.
Un effort a été entrepris puisque les dépenses liées à la Caisse de compensation se sont établies à 6,6 milliards de dirhams à fin mars 2014, contre 16,5 milliards un an auparavant, selon le bulletin de la Trésorerie générale du royaume publié en avril dernier.
Pourtant, la Cour des comptes appelle par l’intermédiaire de son président, Driss Jettou, a poursuivre les efforts, notamment la décompensation totale de l’essence et du fuel industriel.

3. La promotion de l’emploi en berne

Le patronat et les syndicats sont inquiets quant à la politique d’austérité et aux décisions que va prendre le gouvernement Benkirane pour favoriser la relance de l’emploi. Et les chiffres ne se veulent pas rassurants.
En effet, selon le Haut commissariat au plan (HCP), le taux de chômage est passé de 8,8% à 9,3% de la population active lors du deuxième trimestre 2014.
Le taux de chômage national continue de grimper. /DR
Le taux de chômage national continue de grimper. /DR

4. Le risque de grève générale et de menace sur la paix sociale

Face à cette situation sociale, la Confédération Démocratique du Travail (CDT) a appelé, samedi dernier, à l’organisation d’une grève nationale pour « protester contre la politique du gouvernement et sa gestion du dialogue social ». Cette grève serait suivie par un sit-in devant le Parlement.
L’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) n’est pas en reste et se dit déterminée à faire pression sur le gouvernement pour que celui-ci respecte ses engagements de concertation avec les centrales syndicales pour mener ces reformes décisives. L’UGMT reproche ainsi au gouvernement de mener ces questions sociales « de façon unilatérale et injuste », au détriment de la classe ouvrière marocaine. Un appel à la grève a été lancé pour le mercredi 24 septembre.

Les principales centrales syndicales ont appelé à une grève nationale le 24 septembre. /DR
Les principales centrales syndicales ont appelé à une grève nationale le 24 septembre. /DR

5. Le droit de grève remis en cause

Cette volonté assumée des principaux syndicats de rompre le climat d’apaisement social, par des grèves sectorielles et générales, n’est pas surprenant après la décision du gouvernement de systématiser la déduction des jours de grèves des salaires des fonctionnaires grévistes, comme dans le privé.
Cette annonce faite en novembre dernier par Mustapha Ramid, ministre de la Justice et des libertés, avait été suivi par des ordres de prélèvements sur les salaires des fonctionnaires grévistes de la Justice et de la Santé. Les enseignants grévistes ont également été touchés par cette « décision gouvernementale, appliquée dorénavant systématiquement ».
M.C.

mardi 19 mars 2013

La lutte des ouvrières du textile au coeur de la crise

Conférence-débat / -Femmes contre micro-crédits-
 
Invitation à l’évènement organisé par l’Association Marocaine des Droits Humains
 Paris/Ile de France

Projection des documentaires de Souad Guennoun :
-  La lutte des ouvrières du textile
-  Les ouvrières du textile au coeur de la crise
Suivi d’un débat.
VENDREDI 22 / 03 / 2013 Salle du Scribe l’Harmattan 17, rue Frédéric Sauton 75 005- Paris Métro : Maubert-Mutualité

Souad Guennoun
Un certain nombre de garanties minimales pour les travailleurs (euses) sont prévues par la constitution marocaine et le code du travail : droit de grève, négociation collective, fixation d’un salaire minimum, limitation des heures de travail, paiement prévu des heures supplémentaires, liberté syndicale, protection des délégués syndicaux vis-à-vis du licenciement, etc.
Beaucoup parmi ces acquis ont d’ailleurs été réaffirmés par la suite, le Maroc ayant ratifié un certain nombre de textes juridiques internationaux n’ayant qu’une valeur déclarative (déclaration universelle des droits de l’Homme) ou ayant force obligatoire (le pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, les conventions fondamentales de l’OIT).
Toutefois, nous pouvons constater un gap énorme entre ce qui est prévu par les textes et la pratique quotidienne. La réalité, telle qu’on va la voir au travers de ces deux documentaires portant sur les ouvrières du textile, est faite de violations systématiques des droits les plus basiques des travailleurs (euses) : travailleurs (euses) sous-payés, en violation des dispositions légales et souvent sans contrat de travail ; volumes horaires de travail non réglementaires ; non-paiement systématique des heures supplémentaires ; diabolisation et licenciement des salariés syndiqués.
Cette exploitation éhontée des travailleurs (euses) est d’autant plus répandue dans le secteur du textile qu’elle touche particulièrement une des catégories les plus vulnérables de la population : les femmes, analphabètes qui plus est, ayant le plus grand mal à défendre leurs droits, vis-à-vis de leur employeur comme vis-à-vis de leur environnement familial, les empêchant parfois de militer, s’investir dans la lutte syndicale du fait de cette pression sociale qui les enserre dans des carcans moraux étouffants. La condition féminine devient alors un élément encore plus discriminant par rapport aux hommes au niveau des rémunérations et conditions de travail et souffre de harcèlements sexuels de manière récurrente de la part de leur hiérarchie et patrons au sein des entreprises.
S’ajoute à cette situation l’impéritie des autorités compétentes en matière de respect de droit du travail (police, justice, ministère de l’emploi, inspection et médecine du travail) et même leur collusion avec les patrons véreux. Nous verrons par exemple lors du premier documentaire comment les ouvrières en grève furent tabassées par les forces de la répression pour le simple fait de soutenir un piquet de grève, ou encore, dans le second documentaire comment, à travers l’exemple de la société Bogart, la médecine du travail contribue au licenciement des salariés pour des raisons hautement improbables.
Cette complicité entre autorités et patrons s’appuie souvent aussi sur l’arsenal législatif, en ayant recours de manière abusive à l’article 288 du code pénal afin de qualifier de simples grèves, ou appels à la grève d’infractions à la législation sociale. Ainsi, l’interprétation systématiquement extensive de cet article conduit à caractériser de « délit d’entrave » à la liberté du travail tout acte de grève. ce qui se traduit souvent par des sanctions pécuniaires et des peines d’emprisonnement.

Cependant la lutte porte ses fruits dans certains cas. Le militantisme syndical contribue dans bien des cas, comme nous allons le voir avec notre série de documentaires, à une amélioration réelle des conditions de travail, à redonner confiance en l’avenir à ces femmes, et à leur permettre de s’émanciper.
L’AMDH apporte un soutien moral et juridique à ces victimes de violations et suit toutes ces affaires depuis un certain nombre d’années. Cela a conduit l’association à élaborer un mémorandum comportant ses revendications à cet égard. Parmi elles figurent:
La ratification par le Maroc du protocole facultatif annexé au pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), qui permet de consacrer la justiciabilité de ces droits. Cela permettra aux citoyens marocains d’être entendus par le Comité des Droits Économiques Sociaux et Culturels de l’ONU à propos de cas concrets de violation par le Maroc d’un des droits énoncés dans le PIDESC;
La ratification de toutes les conventions fondamentales –qui regroupe les principes et droits considérés comme fondamentaux au travail- émanant de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et notamment et de toute urgence la convention n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical;
La ratification des conventions suivantes de l’OIT :
o La convention n° 47 des quarante heures,
o La convention n° 102 sur la sécurité sociale,
o La convention n° 141 sur les organisations de travailleurs (euses) ruraux,
o La convention n° 168 sur la promotion de l’emploi et la protection contre le chômage.

Refuser, dans le contexte actuel qui se caractérise par une forte hostilité aux activités syndicales et la collusion entre les autorités et les employeurs dans la répression des syndicalistes et la permissivité par rapport à leur licenciement, toute réglementation du droit de grève par le gouvernement hostile aux travailleurs (euses). Tout projet de loi à cet effet étant considéré dans ce cadre comme devant nécessairement apporter un recul par rapport aux maigres libertés syndicales.
Appliquer le droit du travail dans les zones franches, partant du principe qu’il ne peut y avoir de zone de non-droit ou dérogatoire au regard de la législation et la réglementation du travail.
Ouvrir une enquête sur les « listes noires » de syndicalistes expulsés du travail en vue de leur fichage et utilisées dans certaines entreprises privées, en violation des droits les plus basiques des syndicalistes.

Entrée libre

PS : La salle ayant une capacité d’accueil limitée, nous vous prions de bien vouloir confirmer votre présence en envoyant un mail à l’adresse suivante : amdh.paris@gmail.com
Un mail de réponse vous sera adressé.