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lundi 20 mars 2017

Le Maroc sans gouvernement ? Le FMI assure le job jusqu’en 2021

par Salaheddine Lemaizi CADTM 20/3/2017

 

Essaouira, Maroc ( CC - Flickr - Juan Antonio F. Segal )

Dans la lutte des places, en cours, pour la formation du prochain gouvernement marocain, la politique économique du pays pour les cinq prochaines années semble décidée d’avance par le FMI. A ATTAC Maroc, nous refusons cette servitude économique volontaire.
Le Maroc est sans gouvernement depuis plus de cinq mois. Les tractations pour la formation du prochain exécutif sont au point mort. Le Parti justice et développement (PJD) [Islamiste, pro-monarchie], est sorti vainqueur des élections législatives du 7 octobre 2016. Depuis ce jour-là, ce parti fait face à un chantage de la part de partis affiliés au Makhzen |1|. Pendant que les négociations s’enlisent, un acteur habitué aux situations de crise politique s’immisce dans la gestion économique du pays. Le Fonds monétaire international (FMI) s’offre un boulevard pour « accélérer le rythme des réformes structurelles ».
Aidé par un ministre des Finances par intérim |2| aligné sur les positions du FMI et de la Banque mondiale et un directeur de la Banque centrale, artisan de l’ajustement structurel permanent au Maroc depuis trois décennies |3|, ainsi que par la haute technocratie du département des Finances, le FMI obtient gain de cause sur quasiment toutes ses demandes. Ainsi tout le processus de démocratie électorale se trouve vidé de son sens. Avant d’analyser le contenu de ce programme, deux remarques s’imposent sur le manque de transparence du Maroc et la nature anti-démocratique du FMI.

Sur l’absence de transparence gouvernementale
À travers le suivi de la relation FMI-Maroc depuis quatre ans par ATTAC Maroc |4|, nous ne pouvons qu’être scandalisés par le manque de transparence des autorités marocaines sur ce dossier. Au moment de la signature de la première Ligne de précaution et de liquidité (LPL) en juillet 2012, les représentants de l’État marocain ont nié s’être engagés sur des réformes précises. Or, ils seront démentis par leur partenaire, le FMI. L’institution financière publiait la lettre d’intention signée par le ministre des Finances marocain et le directeur de la banque centrale, mentionnant des engagements chiffrés sur quatre ans |5|.
Précisons que le LPL n’est pas un prêt mais simplement « une assurance contre les chocs externes » destinée aux pays « dont l’économie est foncièrement solide et qui ont fait leurs preuves en appliquant une politique économique avisée, mais qui restent exposés à certains facteurs de vulnérabilité », selon le FMI. Ce que ne dit pas cette institution c’est que cette assurance comprend deux niveaux de conditionnalités et a couté aux contribuables 540 millions de DH (dirham marocain) en quatre ans |6|, sans que le Maroc ne reçoive un seul dirham.
Dans un pays qui respecte ses citoyens et leur intelligence, le minimum aurait été de publier ces informations sur les sites officiels marocains, accompagné d’une traduction de ce document vers l’arabe, langue officielle du pays. Au lieu de cela, l’État marocain préfère la stratégie de l’autruche.

De l’anti-démocratique FMI
Il ne faut pas se leurrer non plus sur la nature du FMI. Cette institution est le contraire d’une institution démocratique. « Le FMI s’est vu adjoindre un mode de fonctionnement proche de celui d’une entreprise » |7|, décrivent Damien Millet et Éric Toussaint. Entre les État-actionnaires du FMI les rapports de force sont fortement déséquilibrés. Les États-Unis disposent, à eux seuls, de 17 % des droits de vote au sein du Conseil d’administration du FMI, contrôlant de facto cette institution et ses choix. Ce pouvoir est démesuré si on le compare à celui des Pays en voie de développement dont les droits de vote sont ridiculement réduits eu égard à la taille des populations qu’ils représentent (voir graphique ci-dessous). Les réformes apportées à cette répartition des votes n’ont pas changé l’ADN anti-démocratique du FMI. 

Lire l'article : http://www.cadtm.orghttp://www.cadtm.org/Le-Maroc-sans-gouvernement-Le-FMI/Le-Maroc-sans-gouvernement-Le-FMI

vendredi 5 février 2016

L’OMS pointe une série de faiblesses du système de santé au Maroc


L’OMS pointe une série de faiblesses du système de santé au Maroc
Crédit : Yassine Toumi

Pénurie de ressources humaines, secteur privé mal réglementé, dépenses limitées accordées aux soins préventifs des maladies… Les points faibles du secteur de la santé, selon l’OMS

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport, présenté le 2 février à Rabat par le ministère de la Santé, sur « l’évaluation des fonctions essentielles de santé publique ». Dans ce rapport, plusieurs points ont été soulevés notamment le faible nombre de médecins en comparaison à la population, le manque d’investissements dans le secteur de la santé et un budget qui reste très limité dédié aux soins préventifs des maladies ainsi que l’absence d’une stratégie globale pour la gestion et la gouvernance de la recherche dans la santé publique.

6 médecins pour 10 000 habitants

Selon l’OMS, le système marocain de santé dépend fortement d’un personnel de santé vieillissant. De plus, «le Maroc manque cruellement de personnels de santé», indique l’organisation qui ajoute que «le secteur de la santé souffre également de la mauvaise répartition des personnels tant d’un point de vue géographique qu’en termes de combinaison de compétences et de spécialités». L’OMS recense, en se référant à son rapport de 2013, 6,1 médecins pour 10 000 habitants, 9 infirmières et sages-femmes, 1,4 dentiste et 2,7 pharmaciens pour ce même nombre d’habitants.
Face à cette pénurie des médecins, l’OMS note que le gouvernement a lancé une initiative visant à former 3300 docteurs en médecine par an à l’horizon de 2020 en vue d’atteindre l’objectif d’une densité d’un médecin pour 1 000 habitants.
Dans ce rapport, il est aussi relevé qu’il existe «une faible fidélisation et une faible motivation du personnel médical surtout dans les zones reculées, la généralisation de la double pratique, qui contribue à réduire la performance.»

Peu de dépenses accordées à la santé

Malgré le fait que le pourcentage des dépenses gouvernementales consacrées à la santé dans les dépenses totales du gouvernement a augmenté, passant de 4,8 % en 1998 à 6,3 % en 2010, l’OMS explique que «cette part est encore inférieure à celles des pays ayant un niveau de développement similaire». Pour étayer son constat, l’organisation s’est référée aux dépenses de l’État consacrées aux soins préventifs qui ne représentent que «3,8 % du total des dépenses consacrées à certaines maladies non transmissibles (diabète, maladies cardiovasculaires, cancers et broncho-pneumopathie chronique obstructive).» 

Le secteur privé mal réglementé

L’OMS reproche également au ministère de tutelle son incapacité à réguler le secteur privé qui exerce dans le domaine de la santé. L’organisation note que l’expansion du secteur privé, qui rassemble 6 763 cabinets privés et 439 cliniques, situés principalement en zone urbaine et sur la côte atlantique nord, «est mal réglementée et qu’il est nécessaire d’établir de meilleurs partenariats entre celui-ci et le secteur public» qui compte 2689 établissements de santé de soins primaires et 144 hôpitaux.
Une autre critique adressée au gouvernement concernant le secteur privé est «l’inexistence de données contrôlées sur le nombre de médecins exerçant dans les cliniques et les établissements privés». Un problème majeur, selon l’organisation.

mardi 28 octobre 2014

Grève générale au Maroc: Ça chauffe sur le front social




GRVE GNRALEMOUVEMENT SOCIAL - La grève générale du secteur public et du secteur privé risque de ralentir le fonctionnement administratif et économique du Maroc. Les clés pour comprendre ce mouvement de protestation.
Les participants
En plus des principales centrales syndicales, prendront part à la grève le Mouvement du 20 février, Al Adl wal Ihsane ainsi que le Collectif des organisations des droits de l'homme, qui regroupe une vingtaine d'associations des droits de l'homme. Des membres de l'Union nationale du travail au Maroc (UNTM), syndicat affilié au PJD, ont annoncé leur participation.
Faisant suite à l'appel de l'Union marocaine du travail (UMT), la grève générale est "exécutoire" selon Miloudi Moukharik, le secrétaire général du syndicat. Vite rejointe par la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération démocratique du travail (FDT), l'Union générale du travail du Maroc (UGTM), l'UMT comptera aussi sur la participation d'ONG.
Les revendications
Elles portent essentiellement sur la réforme de la retraite, au sujet de laquelle les syndicats ont exprimé à maintes fois leur mécontentement. La détérioration du pouvoir d'achat, le gel du dialogue social, le non-respect des libertés syndicales et le travail précaire sont également dénoncés par les centrales syndicales.
Ce qu'en pense le gouvernement
Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement, a déclaré à la MAP que "les motivations de cette grève ne sont pas compréhensibles, puisque le gouvernement s’attelle à l'exécution de ses engagements, dans le cadre du dialogue social et que la question de la réforme des régimes de retraite n'est toujours pas tranchée". Il a également indiqué que "le gouvernement n'acceptera aucune atteinte au fonctionnement des services publics et s'acquittera de son devoir de garantir la continuité des services sociaux". Le gouvernement Benkirane y voit une grève politique, fomentée par l'opposition pour troubler la paix sociale, surtout après l'annonce de la participation d'ONG et de partis politiques à la grève.
Les secteurs concernés
La grève touchera la fonction publique, les collectivités locales, les établissements publics et semi-publics, et le secteur privé. Il s'agit d'une grève générale et nationale d'une durée de 24H. Les syndicats ont souhaité en faire une grève préventive, visant à convaincre le gouvernement de se pencher sur les dossiers sociaux. Les services minimums et les services de sécurité seront en revanche assurés, selon un communiqué de l'UMT. Et les syndicats ont invité les fonctionnaires de l'éducation, de la santé, des collectivités locales et du privé à travailler pendant des heures supplémentaires après la grève, afin de compenser.
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samedi 9 novembre 2013

Projet de loi :Le harcèlement sexuel bientôt puni

Ahfait, 4/11/2013
Le harcèlement sexuel sera passible d'une peine de prison allant d'un mois à deux ans, selon le projet de loi./DR





    Selon nos confrères d'Aujourd'hui le Maroc, le ministère de la Solidarité, de la femme et du développement aurait élaboré un projet de loi pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les espaces publics ou sur le lieu de travail.

    Cette loi considérera, si elle est votée, “harcèlement sexuel tout acte importun à l’encontre d’un tiers dans les espaces publics à travers des actes, des propos ou des gestes à caractère sexuel ou dans le but d'obtenir un acte de nature sexuelle”.
    L'auteur d'un tel délit sera passible d'une peine de prison allant d'un mois à deux ans ainsi que d'une amende de 1.000 à 3.000 dirhams. Ces condamnations pourraient doubler si le délit en question a lieu au travail ou si ce harcèlement est l'œuvre d'une personne dépositaire de l'autorité publique.
    Le texte, publié sur le site du secrétariat général du gouvernement, puni également les auteurs de vidéos ou enregistrements audio à caractère sexuel, diffusé publiquement sur Internet. La peine s'élèvera de deux à cinq ans de prison et d'une amende de 5.000 à 10.000 dirhams. Une peine qui pourra doubler en cas de récidive ou si l'auteur des faits est l'époux ou un membre de la famille de la femme à laquelle on a porté atteinte.
    Ceci devrait faire taire les nombreuses critiques visant la ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui, accusée de manque d'action envers la cause des femmes violentées ou agressées. Ce projet de loi devrait être prochainement présenté par le gouvernement.
     Voir aussi:

    Harcèlement sexuel au Maroc : Un collectif d'associations critique le projet de loi


      
    Préparé par le département de Bassima Hakkaoui, aidé par Mustapfa Ramid, le projet de loi sur le harcèlement sexuel ne  pas à tout le monde. Dans un communiqué diffusé mercredi, un collectif d’associations marocaines, féministes notamment, fustigent le texte, tout en soulignant l’« incohérence » de ses dispositions.
    Le projet de loi sur la violence faite aux femmes, condamnant le harcèlement sexuel au Maroc, continue de faire parler de lui. Le texte, élaboré par le ministère de la Solidarité, de la Femme et du Développement social, en collaboration avec le ministère de la Justice et des Libertés, devrait être présenté ce jeudi 7 novembre, au conseil du gouvernement. Mais avant cela, un collectif d’associations marocaines, pour la défense des droits de la femme notamment, s’est penché dessus hier, mercredi, lors d’une réunion pour en débattre.

    Incohérence ?
    Leur verdict a été rendu le même jour. Dans un communiqué qui nous est parvenu, ces associations, qui comptent parmi elles la coalition Printemps de la dignité regroupant à elle seule plus de 20 ONG, critiquent « la confusion et l’absence de cohérence de l’approche adoptée dans l’élaboration de ce projet »,  tout en déplorant « l’abandon des fondamentaux de l’approche genre dans les objectifs » du texte.
    Ces dites associations estiment également qu’il y a une « confusion engendrée par l’inclusion de l’enfant, de manière générique et désordonnée, dans un texte qui traite de la violence faite aux femmes ». Elles dénoncent aussi « l’absence dans ce projet d’une vision globale et claire de la lutte contre la violence fondée sur le genre, dans ses dimensions de prévention, de protection, de répression et de prise en charge ».
    Leur « mise à l’écart de l’élaboration de ce projet et leur exclusion de toute consultation, en leur qualité de principaux acteurs dans la lutte contre violence fondée sur le genre, depuis de nombreuses années », sont également mises en cause dans le communiqué.

    Les vidéos à caractère sexuel incluses
    Ces associations n’ont pas été les seules à critiquer le texte de loi. Celui-ci fait déjà polémique depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. Et pour cause, les dispositions qui y sont contenues ne sont pas toutes claires. A commencer par la définition du harcèlement sexuel qui y figure, en l’occurrence : « tout acte importun à l’encontre d’un tiers dans les espaces publics à travers des actes, des propos ou des gestes à caractère sexuel ou dans le but d'obtenir un acte de nature sexuelle ».
    Il prévoit une peine de prison comprise entre un mois et deux ans, ainsi qu’une amende de 1000 à 3000 dirhams à l’encontre des auteurs de harcèlement sexuel. « Cette peine est doublée si ce délit est commis par un collègue dans le cadre professionnel ou par des personnes chargées de veiller à l’ordre ou à la sureté dans les espaces publics », explique le texte. Mais ce n’est pas tout. Ce dernier s’intéresse également aux enregistrements audio ou vidéo à caractère sexuel.  
    « L‘auteur d’un enregistrement vocal ou en images portant atteinte au corps de la femme, diffusé publiquement et ayant pour conséquence ou but la diffamation » risque, en effet, une peine de deux à cinq ans de prison et une amende allant de 5 000 à 10 000 dirhams, détaille l’article 495 de la loi. Celle-ci pourrait, là aussi, être doublée en cas de récidive ou « si le délit est commis par l’époux ou un membre de la famille, un tuteur ou une personne ayant une quelconque autorité sur la victime ». Des dispositions qui peuvent, en effet, semer la confusion chez les citoyens.

    Demande de report 
    Dans son communiqué, ces associations réclament le report de l’adoption du projet « dans sa version actuelle » ainsi que sa révision « pour permettre une bonne cohésion au niveau de la vision, de l'approche et des dispositions ». Le gouvernement n’a pas encore réagit à cet appel. Affaire à suivre.

    Le Maroc veut interdire l’importation de marchandises dans les fourgons des MRE dès 2014


     

    Les MRE transporteraient en moyenne 150 fourgons pleins de marchandises chaque jour vers le Maroc, selon l’administration des Douanes et Impôts indirects (ADII). Le gouvernement Benkirane qui veut interdire ce type d’activité, a pris des mesures allant dans ce sens dans le projet de loi de finances 2014. Si tout se déroule comme prévu, le texte entrera en vigueur dès le 1er janvier. Mais pour les MRE, la priorité est ailleurs.
    Le gouvernement veut mettre fin à l’importation des marchandises transportés dans les fourgons par les MRE. Il a, à cet effet, proposé – dans le projet de loi de finances 2014 - un amendement de l’article 146 qui autorise l’admission temporaire des fourgons et des marchandises.

    Produits « de mauvaise qualité » et difficiles à contrôler
    Selon l’Administration des Douanes et Impôts indirects (ADII), citée par L’Economiste ce trafic poserait un problème de sécurité pour la population marocaine. « Ces marchandises sont souvent de mauvaise qualité, de la ferraille, des pièces détachées de véhicules usagés, plaquette de freins… Ils constituent un danger », indique Nabil Lakhdar, directeur de la Facilitation et de l’Informatique à l’ADII.
    En outre le nombre de ces importations rendrait le contrôle douanier complexe, selon l’ADII, puisqu’en moyenne 150 fourgons pleins de marchandises passent les frontières chaque jour – en provenance de l’étranger - pour approvisionner le marché local. « C’est tellement compliqué [de contrôler toutes ces entrées, ndlr] que cela peut être source de corruption. Nous avons connu des problèmes de ce genre en 2012 et des douaniers ont été accusés à tort », explique M. Lakhadar. Effectivement plusieurs douaniers ont été arrêtés l'an dernier, mais ces derniers ont été finalement acquittés.

    Seuls les « effets personnels » destinés à un usage personnel seront autorisés
    Par ailleurs, la Douane marocaine entend également « harmoniser le régime de l’admission temporaire avec les standards internationaux » et mieux définir les marchandises pouvant bénéficier du dit régime. Au final, les autorités chérifiennes veulent lutter contre le marché de l’informel au Maroc, en partie alimenté par les importations commerciales des MRE.
    Si la mesure concernant les importations de marchandises de MRE est finalement adoptée, l’on imagine bien le dommage que cela pourrait causer à certains MRE qui en avaient fait leur gagne-pain, surtout en temps de crise. A ce moment, seuls les véhicules et effets importés par les MRE et destinés à un usage personnel seront temporairement admis sur le territoire national, à compter du 1er janvier prochain.

    Que fait-on de la «principale » revendication des MRE ?
    Il faut dire que la plupart des MRE qui se lancent dans ce type de commerce le fait, afin de survivre à la crise qui sévit en Europe notamment, depuis quelques années. Et la mesure voulue par le gouvernement ne réjouit pas de l’autre côté de la rive méditerranéenne. « C’est bien de lutter contre l’informel, mais est-ce la priorité ? », s’interroge Salem Fkire, président de Cap Sud MRE.
    L’homme estime que plusieurs questions sont abordées quand « la première revendication » des Marocains du monde, à savoir la prorogation de l’admission temporaire des véhicules des MRE, reste sans suite. Cap Sud MRE avait en effet demandé, pour 2013, que celle-ci passe d’une durée de six mois (actuellement en vigueur) à douze mois. Et ce, moyennant l’acquittement de la vignette fiscale en cas de dépassement des six mois de présence sur le territoire. « L’amendement proposé, le 23 novembre 2012 dans loi de finances 2013 avait été retoqué pour des raisons de forme. Nous aimerions savoir ce que le gouvernement a prévu pour l’année prochaine », indique M. Fkire. D’autant plus que cette mesure permettra « 1 milliard à 1,5 milliard de dirhams de rentrées de devises supplémentaires », ajoute-t-il.
    En août dernier, le gouvernement a prolongé l'abattement du dédouanement des véhicules importés par les retraités MRE, sans aborder les points concernant les deuxième et troisième générations. De plus, le projet de loi de finances 2014 n’aborde pas la question.

    mardi 8 octobre 2013

    Nador : trois ados emprisonnés à cause de baisers postés sur facebook, le procès fixé au 11 octobre


    Nador : trois ados emprisonnés à cause de baisers postés sur facebook, le procès fixé au 11 octobre 

     

    En vue de dénoncer la colère de députés du PJD, à bord d’un avion, contre des séquences osées d’un film, l’écrivain et peintre marocain Moulim Laâroussi, publiait, fin janvier, sur facebook la photo d’un baiser avec sa femme, sans qu’il soit poursuivi par la justice. Une chance que trois adolescents de Nador n’ont pas eue. Accusés d’atteinte à la pudeur, ils risqueraient un mois à deux ans d’emprisonnement (article 483 du code pénal).
    Pour un flirt, un adolescent et sa petite amie de Nador sont, depuis le jeudi, détenu dans le centre de protection de l’enfance, relevant du ministère de la Jeunesse et des Sports. Les deux écoliers du lycée Tarik Ben Zyad, respectivement âgé de 15 et 14 ans, sont accusés d’ « atteinte à la pudeur » après avoir posté sur facebook la photo de leurs baisers.

    Un journal local aurait participé, peut-être sans le savoir, dans l’arrestation en publiant une copie de la photo. Le jeune qui a pris la photo, 15 ans, est également derrière les barreaux pour le même délit. Le procès des trois adolescents devra s’ouvrir le vendredi 11 octobre au tribunal de première instance de Nador.

    Une Inquisition des temps modernes, dénoncée sur les réseaux sociaux
    Lever de bouclier sur les réseaux sociaux, contre l’arrestation des trois adolescents. La solidarité a pris la forme de publication, sur des comptes personnels sur facebook ou Twitter, de photos de baisers de couple. L’affaire est très suivie, également, par la presse internationale, au point de concurrencer le dossier d’Ali Anouzla. Il est prévu que lors du procès de vendredi prochain, la présence à Nador, de représentants d’associations locales, nationales et internationales, pour soutenir les trois ados.

    Il n’y a pas que les laïcs qui ont déclaré leurs solidarité avec les trois élèves du lycée Tarik Ben Zyad de Nador, le salafiste Abdelouhad Rafiki, alias Abou Hafs, libéré suite à une grâce royale en février 2012, a exprimé, sur sa page facebook, son hostilité à cette arrestation, appelant les promoteurs de la vertu sur les réseaux sociaux à suivre les crimes qui méritent mieux la réprobation.

    Que risquent les trois ados ?
    Ils sont poursuivis pour atteinte à la pudeur. Le code pénal marocain a réservé tout un article à cette accusation : « Quiconque, par son état de nudité volontaire ou par l'obscénité de ses gestes ou de ses actes, commet un outrage public à la pudeur est puni de l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 120 à 500 dirhams. L'outrage est considéré comme public dès que le fait qui le constitue a été commis en présence d'un ou plusieurs témoins involontaires ou mineurs de dix-huit ans, ou dans un lieu accessible aux regards du public ».
    Toutefois, le texte est sujet à diverses interprétations. D’abord « l’outrage » n’était pas public et ensuite le texte ne mentionne pas les sanctions quand des mineurs sont les « auteurs » de l’ « obscénité ».
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     Bons baisers du Maroc 

    Mahdi Zahraoui, bladi.net, 6 octobre 2013 Bons baisers du Maroc

    L’un des exercices les plus ardus à pratiquer dans le plus beau pays du monde est d’analyser et de décortiquer la scène publique en étant muni du bistouri de la raison et de la logique. Mener cette tâche à bon escient peut vous doter d’une migraine, une pratique quotidienne de cet exercice est le droit chemin à l’asile psychiatrique.

    En Jordanie, on a revu les prix des carburants à la hausse, le peuple a répondu avec un soulèvement où les portraits du roi Abdallah II ont été vandalisés. Au Soudan, des victimes sont tombées sous la répression du sanguinaire Omar El-Bechir suite à la même décision. Quant au Maroc et grâce à son exception réputée, une seule augmentation n’a pas suffi. Du coup, on a récidivé, dans la joie et la bonne humeur. Lors de la première augmentation, un pantin est sorti calmer les ouistitis que nous sommes en affirmant qu’il veillera à ce que le prix des bananes n’augmentera guère. La deuxième fois, le pantin n’a même pas daigné s’adresser aux ouistitis. Sublime.

    Notre pays est sans gouvernement depuis plusieurs mois. Énième preuve que ce dernier n’est qu’un pare-chocs sans surplus. « Une croissance à 7% », « une lutte acharnée contre le despotisme et la corruption », « une bonne gouvernance et de la transparence » … C’étaient les slogans du PJD lors de sa campagne. Maintenant Benkirane invite les marocains à remercier Dieu « car ils ont de l’électricité et en prime, sans coupure … ». Pauvre tyrannie terrassée … Chabat prend les rênes de l’Istiqlal et invite les ânes aux manifestations « politiques » au boulevard le plus important de la capitale. Mezouar, avec ses primes qu’on ne présente plus, s’apprête à reprendre les finances du pays. Cerise sur le gâteau : le pauvre PJD « Dénonce, fustige et crie » à l’égard des « pratiques douteuses » ayant conduit à la perte de son siège à Moulay Yaacoub. Ah oui, c’est vous qui allez éradiquer le despotisme ? Riez ou pleurez, vous avez au moins le choix.

    Et afin de veiller à l’exception marocaine, il fallait emprisonner le plus dangereux terroriste du pays : Anouzla. Et oui, avec sa plume il menait constamment des attentats nuisant à la sérénité des marocains. Les sujets de sa majesté qui offrent leurs âmes et corps au commandeur des croyants veulent que le budget royal soit de 15 fois celui de son confrère espagnol et adorent qu’on gracie les pédophiles ayant abusé de leur progéniture. Qu’en savent les mille et une organisations internationales qui ont fustigé cette arrestation ? Qu’en sait le Washington Post à l’exception marocaine ? Qu’en savez-vous bande de nihilistes ? Soulignons ici la prestation ubuesque d’un présumé porte-parole du gouvernement pour défendre cette arrestation. C’est une excellente manifestation de l’incompétence et de la bassesse d’un ministre qui s’est converti au rôle du « Berrah » du régime, faute de pouvoir exercer ses fonctions dans un ministère qu’on bannit dans les pays démocrates.
    Ah oui, n’oublions pas les baisers. Nous avons mis en taule, les voyous, les tueurs les pédophiles (pardon, ceux-là on les gracie) et les corrompus. Vint le tour des adolescents du baiser. Entre temps allons raconter aux citoyens d’Imider et d’Anefgou comment on a inventé « le militantisme des baisers » et comment on a créé le front national à la défense des lèvres insoumises pour contrecarrer les « atteintes féroces » aux libertés individuelles. Quand on aura fini, rendons une visite à Anouzla et présentons-lui nos fulgurants accomplissements … à la défense du baiser.
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    samedi 24 août 2013

    Enseignement au Maroc, vu par le roi et vu par Ali Fkir


    Enseignement : le réquisitoire du roi contre El Ouafa et Benkirane 


    La charge est violente et tient dans un discours... royal. A l'occasion du 60ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, le souverain a dressé un réquisitoire sur l'action du gouvernement en matière d'enseignement. Abdelilah Benkirane, Mohamed El Ouafa, mais également Lahcen Daoudi sont les principaux visés. Le gouvernement Benkirane II n'est pas encore formé qu'il part déjà avec deux discours royaux critiques sur l'action du gouvernement Benkirane I. Decryptage.

    Visiblement, le roi Mohammed VI n’est pas satisfait de l’action du gouvernement Benkirane. Et c'est la seconde fois qu'il tient à le faire savoir publiquement. Comme lors de son allocution de la Fête du trône, du 30 juillet, le discours du 20 août, consacré essentiellement à l’enseignement, est une critique à l’action menée par ce cabinet dans un secteur très sensible. Le souverain n’a pas apprécié que le ministre de l’Education, Mohamed El Ouafa, arrête le Programme d’urgence, lancé le 15 janvier 2009, par son prédécesseur, Ahmed Akhchichine, un membre du PAM.

    Les reproches de Mohammed VI à El Ouafa
    Le gouvernement Abbas El Fassi « a déployé les moyens et les potentialités nécessaires pour mener à bonne fin le Plan d’urgence, dont il n’a, d’ailleurs, entamé la réalisation qu’au cours des trois dernières années de son mandat », reconnaît le monarque. « Malheureusement, les efforts nécessaires n’ont pas été entrepris pour consolider les acquis engrangés dans le cadre de la mise en œuvre de ce Plan », a-t-il ajouté.
    Fin juillet 2012, l’actuel ministre de l’Education nationale enterre le programme d’urgence. Devant les membres de la Commission de l’Enseignement, Culture et Communication à la Chambre des représentants, El Ouafa ne faisant pas dans la dentelle, armé de conclusions d’un audit interne, annonçait que ce programme a couté aux finances de l’Etat plus de 3,3 milliards de dh pour de maigres réalisations.
    Ne partageant nullement la décision unilatérale de Mohamed El Ouafa, Mohammed VI a déploré que « sans avoir impliqué ou consulté les acteurs concernés, on a remis en cause des composantes essentielles de ce plan, portant notamment sur la rénovation des cursus pédagogiques, le programme du préscolaire et les lycées d’excellence ».

    Epargner l’enseignement des joutes politiciennes
    Encore une fois, le roi remet en question les allégations du cabinet Benkirane sur la qualité du lègue laissé par les équipes précédentes. « Pour toutes ces considérations, le gouvernement actuel aurait dû capitaliser les acquis positifs cumulés dans le secteur de l’éducation et de la formation, d’autant plus qu’il s’agit d’un chantier déterminant s’étendant sur plusieurs décennies ».
    Sur un ton direct, le souverain souligne qu’« il n’est pas raisonnable que tous les cinq ans, chaque nouveau gouvernement arrive avec un nouveau plan, faisant l’impasse sur les plans antérieurs, alors qu’il ne pourra pas exécuter le sien intégralement, au vu de la courte durée de son mandat. Par conséquent, le secteur de l’éducation ne doit pas être enserré dans un cadre politique stricto sensu, pas plus que sa gestion ne doit être l’objet de surenchères ou de rivalités politiciennes ».
    Et d’ajouter, sans être plus exlicite, qu’ « il faut renoncer à la polémique stérile et détestable qui n’est d’aucune utilité, si ce n’est le règlement de comptes étriqués et la pratique de l’injure et de la calomnie. La stigmatisation des individus ne contribue pas à régler les problèmes, mais plutôt à les exacerber ». Pour mémoire, l'actuel ministre de l’Enseignement supérieur, le PJDiste Lahcen Daoudi, accusait publiquement Akhchichine de dilapidation de deniers publics pour servir des intérêts personnels.

    « Le seul parti auquel j’appartiens est le Maroc »
    Le roi est parfaitement conscient que le réquisitoire qu’il vient de présenter mais surtout ses éloges à l’action de l’ancien ministre de l’Enseignement, d’Ahmed Akchichine, un membre du PAM, de surcroît très proche de Fouad Ali El Himma, pourrait donner libre cours à des interprétations différentes, notamment chez les personnes visées par les critiques de Mohammed VI.
    En vue de les stopper net, le souverain a tenu à préciser que « la franchise de mon propos, cher peuple, tient à la charge suprême qui m’échoit d’assumer ta direction. En effet, ton premier serviteur n’est affilié à aucun parti et ne participe à aucune élection. Le seul parti auquel je suis fier d’appartenir, grâces en soient rendues à Dieu, c’est bien le Maroc ».

    La réforme de l’enseignement reste sous le giron du palais
    Si le gouvernement Benkirane a fait preuve de mauvaise gestion de ce secteur et d’un retard dans l’adoption de la loi organique du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, le souverain prend les choses en main et décide « d’opérationnaliser le Conseil supérieur de l’Enseignement dans sa version actuelle, afin d’assurer l’évaluation des réalisations accomplies dans le cadre de la décennie de la Charte nationale d’Education et de Formation et de se pencher sur ce grand chantier national ».
    Sans tarder, il vient de nommer son conseiller, Omar Azziman à la tête du CSE. Une instance créée, le 14 septembre 2006. Et c’est un autre conseiller royal, feu Meziane Belfquih, décédé le 9 mai 2010, qui en assurait la présidence. 

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    • Comble de l'ingratitude: Le roi dans son discours d'hier, a fortement réprimandé le gouvernement, dont le chef Benkirane et son parti - PJD -, ont joué un rôle majeur pour avorter le mouvement du 20 février et ont tout fait pour protéger la monarchie et le roi contre les effets du printemps démocratique. Au lieu de les remercier, il les humilie en permanence et leur colle la responsabilité de l'échec d'un chantier qui était dans son giron. Le Makhzen est ingrat. La théorie du kleenex fonctionne parfaitement.
      • Ayour Anoual C'est quoi cette responsabilité quant à la médiocrité de l'enseignement que le Makhzen lui endosse? Que peut faire un gouvernement sans pouvoir de décision? De qui se moque-t-on? Qui a mis l'éducation à terre depuis les années 70? Qui a supprimé l'enseignement de la philosophie et la sociologie, outils fondamentaux pour l'analyse et la réflexion?...La liste est longue et je n'ai pas envie de perdre mon temps!
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        L’enseignement au Maroc? MON RÊVE :

        Par Ali Fkir
        1- La généralisation (verticalement et horizontalement)
         2 - La gratuité  
        3–La gestion démocratique (enseignants/syndicats, élèves/étudiants,parents d'élèves, administration, forces politiques, associations des droits humains...)
         4- Le contenu essentiellement laïc, démocratique...: au primaire pas d’éducation nationale, ni d'éducation islamique… 
        Il faut se limiter :
        a - aux langues (arabe, tamazight, français...)
        b -aux calculs et autres petits exercices de logique
        c-aux sciences élémentaires traitant l'environnement (la faune, la flore, l'humain) avec des petites sorties sur le "terrain"
        d- aux activités créatives et récréatives.
        Toute réforme qui ne commence pas par le primaire/la base, est vouée à l'échec
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    Le système éducatif marocain
    Exemples de belles réalisations,
     sans doute encore trop rares 
    www.youtube.com
    Le Directeur de Sciences-Po Rabat sur le système éducatif marocain